Europacity, la reine des bouses (une si belle idée Auchan)

 Cet article a été publié dans Charlie-Hebdo du 10 octobre 2012

À Gonesse, riante cité coincée entre les aéroports de Roissy et du Bourget, Auchan veut créer un lieu enchanté, avec 500 boutiques, une piste de ski, un parc nautique, un golf, une gare. Avec deux fois plus de visites qu’à Eurodisney.

Tâchons de rester calme, et commençons par une idée de balade pour les heureux habitants de la région parisienne. Jusqu’au 27 octobre, rendez-vous à l’exposition « EuropaCity 2012 Alliage(s) et Territoire(s) ». On y verra jusqu’où peut aller le génie urbain, surtout quand il a pour alliés Auchan et ses hypermarchés. Soit Gonesse, une ville de la banlieue nord-est de Paris – près de 30 000 habitants -, enterrée par le monde officiel, coincée entre l’aéroport du Bourget et celui de Roissy. Regardons de plus près deux cités de la ville, Les Marronniers – réfugiés d’Irak et de Turquie – et la Fauconnière, peuplée de Noirs et d’Arabes. Un pont les sépare, que tout le monde appelle la passerelle des embrouilles. Baston compris et pire si affinités.

Le maire, installé depuis 1995, est socialo. Jean-Pierre Blazy est redevenu député en 2012, après une éclipse de cinq ans qui lui a visiblement rongé les sangs. Incapable, il n’est certes pas le seul, de régler si peu que ce soit les problèmes de sa banlieue, il s’est laissé embobiner d’une manière stupéfiante par des commerciaux endimanchés d’Immochan, filiale immobilière d’Auchan. Ce groupe pèse plus de 44 milliards d’euros de chiffre d’affaires et ne sait plus quoi faire de la thune que les pauvres viennent claquer chez lui.

D’où l’idée des cerveaux de la boîte, imaginée en 2008, et fourguée dans la foulée à un Blazy tout ébahi – hypothèse charitable – par sa beauté et sa profondeur. Premier mouvement : récupérer au bas mot, dans le triangle qu’on appelle la Patte d’oie, 700 hectares d’une terre encore cultivée, et dont la qualité du sol est d’exception. Place ensuite à la table à dessin. En deux coups de cuiller à pot, Blazy et Auchan se mettent d’accord sur le projet Europacity. En résumé, la chose deviendrait un paradis commercial de 500 boutiques – 170 au Forum des Halles -, comprenant une dizaine d’hôtels, un vaste golf, un parc aquatique, un musée de l’Europe, un cirque permanent, une piste de ski artificielle, sans compter la station d’un métro automatique droit venu de Paris, ainsi qu’une gare au milieu des champs actuels. Le tout bâti sur un promontoire d’où l’on pourra admirer, si l’on a envie de se pendre, le Sacré-Cœur et la Défense.

Entre 25 et 40 millions de visites sont attendus chaque année, contre 15 actuellement chez Eurodisney, ce pauvre garçon. Dans un premier temps, l’œuvre coûterait 1,7 milliard d’euros. Où en est-on ? Une bataille au couteau oppose en ce moment même quatre cabinets d’architectes, qui doivent être départagés avant la fin de l’année. Quatre formes sublimes sont en compétition : un carré, un ovale, un triangle et un serpentin. La langue de belle-mère a été inexplicablement oubliée.

C’est un projet de gauche, ne pas oublier. Soutenu par tout le PS régional, et par Patrick Braouezec, ancien ponte du PC passé chez Mélenchon, qui a remis un Label Grand Paris à Blazy et à Europacity. C’est bien mérité, car comme le dit Auchan dans son incomparable propagande (ici), « EuropaCity tisse les usages – culture, loisirs, hôtels, séminaires, évènements, shopping – pour une expérience unique, un parcours immersif, ludique et pédagogique. Articulé autour du thème « de l’art de vivre à l’européenne », de ses cultures, de ses valeurs, de son ouverture au monde, EuropaCity constitue un lieu exceptionnel, un trait d’union humain, totalement innovant, généreux et durable ».

Aussi incroyable que cela semble, les opposants existent. Rassemblés dans un vaste collectif (ici), ces ennemis du progrès pointent quelques menus problèmes qu’on ne peut tous évoquer. Concurrent direct de centres commerciaux voisins – O’Parinor (Aulnay), My Place (Sarcelles) ou Aéroville (en construction) -, Europacity ne pourra s’imposer que contre eux. Les infrastructures géantes de transport prévues pousseront toujours plus à l’urbanisation de cette zone agricole. La terre, parlons-en une seconde : l’Île-de-France ne produit que 1,6 % de ce qu’elle mange. Demain, 0% ?

En ces temps de bulle de l’immobilier commercial, de crise et de chômage de masse, le risque de fiasco est plutôt évident. Et un éventuel succès signifierait « toujours plus de démesure, plus de luxe, toujours plus de clients » dans un « prétendu “lieu de vie” (avec des activités de loisirs et de culture bas de gamme) ». C’est la merde.

38 réflexions au sujet de « Europacity, la reine des bouses (une si belle idée Auchan) »

  1. Un cauchemar, un de plus. Un monde à l’agonie que l’on tente de faire briller pour faire oublier la détresse infinie, mais c’est tout en toc, ça précipite le trépas annoncé…

    J’imagine, à la place, des jardins par milliers qui pourraient nourrir les jardiniers, les jardinières, enivrer les abeilles, les papillons, fleurir les âmes, élever les enfants au-delà des horizons couleur ciment, cultiver les adultes épris de beauté. Réapprendre les gestes simples, butiner les lumières d’une fleur de courge quand vient l’été, se réjouir que le ciel soit à la pluie, être surpris par une herbe voyageuse, se demander par quel miracle des graines aussi minuscules peuvent inventer des mondes aussi vastes…
    Je rêve un peu, je n’ai jamais supporté les cauchemars, c’est vous dire si les mots sont pour moi des voyages.

    Quand je vivais en banlieue parisienne, je m’étais mis en tête de cultiver des petits légumes sur une parcelle de jardin. Pas facile, de dénicher un lieu où vivre ses utopies, mêmes infimes. J’ai cherché pendant des mois, en vain. Je ne pensais plus trouver quand j’ai rencontré un jour une vieille dame qui m’a donné sa confiance pour faire revenir les saisons dans son bout de lopin, pour entendre encore le chant des bourdons à l’affût des merveilles. Elle avait cultivé son potager toute sa vie et depuis quelques années, elle ne pouvait plus. Ce bout de terre qui chante à nouveau, c’était sa jeunesse qui revenait. Elle me parlait de sa vie d’avant, je lui changeais une ampoule, j’allais lui prendre ses médicaments et nous regardions courir les potimarrons sans dire un mot.
    C’est sans doute le plus beau des jardins qu’il m’ait été donné de cultiver. Parce qu’il était improbable, parce que la voix émue de la vieille dame pour dire merci valait tous les festins du monde.

    C’est loin, tout ça. Loin d’où je vis, loin d’aujourd’hui, loin de ces temples du commerce où tout s’achète et tout se vend. Tout, sauf l’essentiel.
    Frédéric

  2. Frédéric me fait rêver avec les jolies images qu’il projette.
    Je n’ai pas encore de jardin à mes pieds; peut-être l’année prochaine,un tout petit mais un ami très cher m’a permis de développer une immense tendresse pour le sien qui est un bout de moi désormais et auprès duquel je me plais à rêver et à atteindre une certaine forme de sérénité.
    Enivrer les butineurs, nourrir l’âme humaine, réapprendre la beauté dans la simplicité….tout un monde qui ne se marchande pas, du moins pas encore.
    Alors merde à ce nouveau temple de l’illusion qui est une véritable atteinte à la dignité humaine et qui ne pourra que se retrouver en déficit très rapidement.
    Merci pour ce doux rêve Frédéric qui réchauffe l’Âme et le Coeur dans ce monde qui me paralyse de plus en plus.
    Cordialement
    Cathou

  3. non ce n’est pas la guerre…en y réfléchissant quelle a été la réaction des français pendant l’occupation? la résistance çà a été combien fort? l’histoire toujours instruit..en 2012, combien vont se lever pour défendre la terre et ses saletés? et combien se serviront, travestis, de ces sujets pour faire avancer LEUR cause personnelle? et qui seront les dindons de la farce? les oiseaux, les enfants, les eaux et les abeilles…hélas rien de bien nouveau sous le soleil

  4. Cette langue de bois des promoteurs !… On pense inévitablement au « Domaine des Dieux » d’Astérix. Le regretté Goscinny savait si bien montrer l’absurdité de notre société…

  5. Ce GPI (Grand Projet Inutile) sert bien au gouvernement qui recule devant le mouvement puant des pigeons (chefs d’entreprises qui menacent de s’exiler : mais qu’ils se cassent !), pour montrer qu’ils sont costauds en matant les plus faibles.

    Bon stan, vu que vous n’avez pas dégainé de jeu de mot :
    je propose Ammochan (pour Amochant).

  6. PEYRE, votre information est erronée : la victime n’est pas le « PDG d’ExxonMobil » mais un simple cadre. Le vrai PDG d’Exxon, c’est un certain Rex Tillerson.

  7. Et pourquoi pas un tel projet sur l’île de la Jument,dans le golf du Morbihan ,tant qu’on y est ?
    Qu’on leur pourrisse leur paradis !

    Ils n’en auront jamais assez,il faut qu’ils détruisent tout ,ces rapaces.

  8. Bonjour a tous,
    @ Laurent fournier
    Il y a fort a parier que ce message ( en plusieurs parties) sera mon dernier. Je vais donc essayer d’etre le plus simple possible, je ne voudrais pas que l’ambiguite des emotions brouille une derniere fois ce qui devrait etre une simple reflexion entre gens de bonne foi. Il est parfaitement normal que lorsque nous touchons a une question aussi centrale que la non-violence, le debat s’anime.
    J’ai ose ecrire ici que la non violence est une non pensee. Je persiste et signe. C ela ne veut pas dire que l’action non-violente ne soit pas une arme de resistance tres utiles en certaines situations. Donc que selon moi elle doit etre discutee dans ce cadre, a savoir une reflexion strategique de guerre puisque c’est la Guerre “Meme’ selon Fabrice. En retour Laurent Fournier, brilliant contributeur regulier de ce site, s’appuyant sur son expertise en culture indienne m’a traite sans autre forme de proces de maoiste?terroriste et autre extremiste, sous entendu vous etes un cretin et on ne discute avec les cretins, on leur clou le bec. J’ai bien essaye de sensibilser Laurent au fait que je vivais aussi en Inde depuis 5 ans et lui ai chaudement conseille de s’interesser a la Pensee de Sri Aurobindo pere bien avant Gandhi du movement independantiste indien, theoricien de la resistance non violente, L”Indien que les anglais ont longtemps considere comme l’ennemi public numero (alors meme qu’il avait cesse toute action revolutionnaire)et pour cause, Il compris des 1910 que l’independence etait certaine et qu’il fallait maintenant preparer les conditions pour que l’Inde soit prete a en faire AUTRE CHOSE qu’ une pale copie du systeme europeen (dominant a l’epoque mais que lui savait déjà en faillite comme il l’ecrivit des 1905.
    Le debat entre Sri Aurobindo et Gandhi est exactement celui de la non violence et bien plus que cela. Vous le refusez le refusez par une pirouette douteuse …… dommage.
    Je suis desole Laurent que vous n’ayez meme pas essaye d’aller faire un tour dans cette Oeuvre dont tout indien un peu cultive vous dira qu’elle est le dernier honneur de l’Ame indienne. Votre attitude sur ce point et votre choix d’ignorer un element de debat aussi pertinent prouve, dans mon monde de cretin, votre suffisance et votre legeretee quand a votre reelle desir de chercher ensemble une voie.

  9. À propos de Pylm et pour tous,

    Je passe un dernier commentaire de Pylm, et j’arrête là, car les trois qui suivent ne sauraient être acceptés sur Planète sans visa. Je le répète inlassablement, Planète sans visa n’accueille ni n’accueillera les insultes.

    Autre chose : j’ai le sentiment d’être ici votre hôte. Cela me fait plaisir, il n’y a aucun doute. Poussons un peu plus loin : vous êtes mes commensaux, et je m’en félicite. Mais il existe des règles de courtoisie et de respect, qui font partie de cette agréable relation. Planète sans visa n’est évidemment pas un dégueuloir.

    Un dernier mot sur Pylm : il n’est pas interdit de séjour ici. S’il veut commenter, il est le bienvenu. S’il veut aboyer et mordre, qu’il cherche un autre lieu.

    Fabrice Nicolino

  10. Monsieur,

    trop c’est trop, je vous somme de publier mes 5 messages qui n’ont absolumenet rien d’insultant, en les retenant et les jugeant de la sorte c’est vous qui m’insulter. C’est vous qui par votre acharnement a defendre l’indefendable qui vous etes mis seul dans cette situation.
    vous et moi savons ce qu’il en est mais il en va de mon honneur vis a vis aussi des lectreurs de ce site
    votre message est une honte et la negation absolue des valeurs que vous dites defendre.Dans ces mails je prouve que non seulement vous me connaissez suffisement pour vous interdire d’ecrire me concernant comme vous le faites .
    c’est ca que vous ne voulez pas publier et vous pensez vous en sortir comme ca, (…)

    Si vous maintenez votre position je vous remerie d’annoncer publiquement que Je tiens naturellement copie des mails censures a la disposition directe de ceux qui le souhaitent ils pourront constater par eux meme,.

    Masis il a fort a parier que meme ca vous n’aurez pas le courage de le faire .
    Vous ne m’avez pas chasse du site, ca vous pouviez le faire autoriser ma presence et ma participation et me censurer comme vous le faites ca c’est pas possible…..
    mais enfin jusqu’ou aller vous aller comme ca???????

    Ajout de Fabrice Nicolino : ceux qui veulent recevoir ce que je n’ai pas publié peuvent écrire à l’auteur pour le recevoir : pylemazou@hotmail.fr

  11. Bonjour,

    Message non prioritaire mais merci à François pour la rectif.
    Comme quoi, toujours vérifier les informations que l’on reçoit…. Je suis désolée d’avoir communiqué un message erroné.

    Marilyne (!!)

  12. Et après les politiques jurent tous la main sur le coeur qu’ils travaillent pour la « transition écologique » et que l’artificialisation des terres est une préoccupation de premier plan. Ce qui est marrant, d’ailleurs, avec l’artificialisation des terres, c’est qu’il n’est jamais question de l’arrêter, mais d’en réduire le rythme.
    Notre-Dame-des-Landes était une première manière de tester la réalité de la social-écologie en peau de lapin. Voici une nouvelle occasion.
    Notons d’ailleurs le lien direct entre le projet écologique (lol) du grand Paris et cette volonté de saccager l’un des derniers lambeaux de ce qui fut l’une des plus belles terres agricoles d’Europe.

  13. Mais non PYLM, je ne vous ai pas traite de Maoiste ni d’extremiste ni bien sur de terroriste! Relisez! Si vous lisez la presse Indienne regulierement, vous etes surement au courant du debat en cours sur les Maoistes, et du soutien moral dont ils beneficient aupres d’une partie de la classe moyenne urbaine. J’ai meme pris soin d’ecrire que certains de mes amis ne leur trouvent pas que des defauts. Ce n’etait pas une figure de style! Ce sont quand meme mes amis! Je me suis exprime ici sans macher mes mots, exactement comme je le fais avec eux, et on discute, sans prendre la mouche! C’est vrai que par ecrit c’est souvent un peu difficile d’accorder ses violons… En fait il faut se souvenir que meme lorsqu’on emploie un style « parle », l’ecrit reste l’ecrit, il faut peut-etre le prendre avec un peu de distance, serieusement bien sur, mais avec de la distance en ce qui concerne tout ce qui est personnel.

    Enfin je ne suis pas « expert » en quoi que ce soit, sauf peut-etre en ce qui concerne mon metier, mais la c’est quand meme normal, chacun doit s’efforcer d’etre expert en ce qu’il fait, mais en tout cas je ne suis surement pas expert sur l’Inde, et je reconnais sans detour je n’ai jamais pris la peine d’etudier la pensee d’Aurobindo (ni de quantite d’autres figures importantes, comme Ambedkar, etc.), meme si le personnage d’Aurobindo, resistant revolutionaire devenu mystique, m’est plutot sympathique. Mais vous reconnaitrez que je ne me prevaut pas de mon ignorance a son sujet pour lui chercher querelle!

    Enfin, puisque mes commentaires donnent lieu parfois a des reactions un peu vives ou parfois chargees d’emotion, en particulier de gens dont j’apprecie beaucoup ce qu’ils ecrivent (Valerie Quilis, Frederic Wolff, Martine, Sancho, etc.) j’en profite pour dire ici que j’apprecie beaucoup ces echanges et aussi que j’en apprends beaucoup.

    Donc, excusez-moi si mes commentaires ont pu donner l’impression d’etre des attaques personnelles, je crois que si ce fut le cas ca n’a pu etre que par inadvertance, manque d’attention ou de sensibilite, et je ferais plus attention maintenant.

    Amicalement a tous,
    Laurent

  14. Les femmes de Kudankulam en prison: Dites au monde que nous sommes ici!

    La prison centrale de Trichy, construite il y a juste deux ans, a un vieil air colonial.

    Elle renferme plus de 600 femmes condamnées pour divers actes de violence ou illégaux. Mais elle n’a jamais rien vu comme les 7 femmes de Kudankulam. Depuis le 9 septembre 2012, lorsque les gens de plusieurs villages comme Idinthakarai, Kudankulam, Kutapulli et Kuthankuzhi se sont rassemblés pour dire Non a la Centrale Nucléaire, il ya eu des informations sur la lutte organisée par le Mouvement Populaire Contre l’Energie Nucléaire (PMANE). Comme le nom de ce mouvement l’indique, cette lutte n’est pas seulement a propos d’une centrale nucléaire. Mais elle est pour un monde libéré de l’énergie nucléaire.

    A travers les deux grilles jaunes, soudées serré, et un couloir, Xavieramma me regardait avec des larmes dans les yeux:

    « Nous sommes ici pour que le monde n’ait plus jamais de centrales nucléaires, qui sont dangereuses et ruineuses. Quand j’étais à Delhi pour l’Audience Publique sur l’Energie Nucléaire en Aout 2012, j’ai vu tellement de gens venus des quatre coins du pays qui élèvent leur voix pour protester. Ce n’est pas simplement la peur de perdre leur terre et leur mer, mais il est question de créer des espaces ou la vie elle-même est en danger. Qui voudrait vivre dans des endroits pareils? »

    Selvi avait un regard direct et intense:

    « Nous sommes ici depuis plus d’un mois. On nous accuse de nouvelles choses à chaque fois qu’on nous emmène au tribunal. Ce n’est qu’après avoir pris part à la lutte que nous avons réalisé qu’essayer d’affirmer notre propre droit à vivre comme bon nous semble, en poursuivant notre gagne-pain traditionnel et aussi en remettant en cause des activités qui sont mises en œuvre sans consulter les gens, est équivalent au crime et à l’insurrection. »

    Sundari, apparemment la plus épuisée des trois, semblait retrouver des forces en commençant à parler:

    « Il ne s’agit pas de vengeance personnelle ni de colère. Nous sommes ici pour une cause collective – Nous sommes ici pour le monde. C’est pour cela que je ne suis ni triste ni en colère. Je sais que sous le chapiteau temporaire (pandal) d’Idinthakarai, toutes nos sœurs, enfants et frères gardent vivante la flamme de la lutte. »

    Demandant brièvement des nouvelles de leurs familles – Sundari sur ses deux petits, Xavieramma sur sa mère âgée, Selvi sur son fils adolescent, les femmes évoquent bien vite à nouveau la grande manifestation.

    Le jour d’avant, Xavieramma était assise dans la cour de l’église, faisant des beedis et les assemblant en paquets de la taille précise pour la vente. Sa mère qui était avec elle se préparait à vendre le poisson dès que les marins retourneraient à la mer. C’est ainsi qu’elles faisaient vivre la famille.

    Sundari était allée sur la plage avec ses enfants, qui avec son mari l’ont soutenue de bout en bout alors qu’elle s’absentait de la maison pour organiser le rassemblement. Confiante sur la résilience de ses petits, elle dit:

    « Ma fille est forte et déterminée. Peut-être un peu comme moi. Mais mon fils a un peu peur. Apres tout il n’a que sept ans. » Mais elle semblait avoir confiance en son mari et sa famille pour s’occuper d’eux.

    La voix de Selvi se cassa en un sanglot alors qu’elle s’inquiétait de son fils épileptique. Mais le fait que le village d’Idinthakarai, comme beaucoup de villages, maintient très fort les liens de la communauté était assez évident pour que les trois ne se fassent pas trop de soucis pour leur famille et leurs enfants.

    Nous évoquèrent tous les événements survenus après le 10 septembre, debout dans le couloir de la prison, comme un kaléidoscope. Les cris de Tamil, Melrit et des autres, lorsque que Udayakumar annonça sa décision de rendre à la police pour protéger les gens, ont traversé les murs en béton massif de la prison. L’hélicoptère des garde-côtes semble avoir volé bas sur leurs têtes aussi, ce fameux jour où les gens se tenaient debout dans la mer (poussés par la police). Les pleurs de Chellamma sont aussi venus à leurs oreilles, comme les larmes des enfants de Sahayam. Elles ressentirent aussi la chaleur et le froid du sable, lorsque beaucoup s’enterrèrent sur la plage. N’ont-elles pas pleure aussi lorsque les jeunes se sont enterres eux-mêmes dans le cimetière, dans la chaleur de l’après-midi? La grande scène des 1000 bateaux qui se sont rassemblés pour assiéger la centrale depuis l’océan, le 8 octobre, semble aussi avoir eu lieu sous leurs yeux.

    L’énergie et l’enthousiasme avec lesquels les 3 sœurs demandaient des nouvelles et échangeaient à propos de leur chère lutte, suscitait des réactions variées chez les autres femmes prisonnières, qui se tenaient debout derrière les inquiétantes barres soudees, attendant leurs visiteurs.

    Les trois n’eurent aucun mot de désespoir ou de colère à propos de leur emprisonnement. Elles étaient sures et fières de la cause pour laquelle elles avaient été incarcérées. Elles parlèrent des 4 autres amies femmes du village de Kootatpulli qui étaient aussi avec elles. Xavieramma ignora la question sur son bras blessé lorsqu’elle tomba dans la mer ce jour. Sundari n’avait aucune pensée pour ses brulures sur les lèvres et sur ses joues (causées par les bombes lacrymogènes de la police). Elles voulaient dire au monde qu’elles sont ici, dedans, enfermées de manière simplement physique avec du béton et de l’acier. Leur esprit indomptable, leur conviction d’être ensemble pour une cause de paix, leur volonté de construire une vie où il n’y aurait pas de poisons qui mutilent les systèmes vitaux de la terre, dépassait toutes les structures les plus fortes, pour atteindre le monde à l’extérieur.

    Alors que l’heure de la fin de la visite était venue, Xavieramma leva ses bras, dans son geste qui lui est propre et dit:

    « Nous nous reverrons bientôt. S’il te plait dit à tous les amis que nous allons bien ».

    Le regard de Sundari étincela alors qu’elle disait:

    « Nous gagnerons, nous gagnerons. Je sortirais et je t’appellerais. Nous nous reverrons à Idinthakarai, ou je t’inviterais à manger ».

    Selvi partit vite et dit: « Dit a tout le monde que nous sommes encore ici ».

    Oui, n’oublions pas qu’elles sont encore dans la prison pour femmes de Trichy, si loin de leurs maisons et de leurs proches, s’accrochant à leur vision d’un monde libéré d’une des plus toxiques des inventions humaines.

    Sundari, Xavieramma et Selvi en conversation avec Anitha S. le 12.09.2012 à la prison pour femmes de Trichy.

    http://www.dianuke.org/koodankulam-women-from-prison-tell-everyone-we-are-still-here/

  15. « Conversation.
    Foire où chacun propose ses petits articles mentaux, chaque exposant étant trop préoccupé par l´arrangement de ses propres marchandises pour s´intéresser à celles de ses voisins. »

    Ambrose Bierce, « Le dictionnaire du Diable ».
    A consulter sans modération quand on ne comprend plus ses congénères. L´humour arrondit les angles. 🙂

  16. Cette phrase de Anitha S. m’a frappé: « L’énergie et l’enthousiasme avec lesquels les 3 sœurs demandaient des nouvelles et échangeaient à propos de leur chère lutte »…

    Les belles femmes de Kudankulam aiment leur lutte. Elles aiment ce qu’elles font!

    Apres avoir nettoyé la maison, elles nettoient le monde…

    Quel contraste avec le spectacle désolant (ce n’est qu’un exemple sans intéret a part d’etre absolument typique), d’un titre comme « la guerre sans l’aimer », suivi (sans surprise) par: « les imbéciles ont gagné ».

  17. @ Laurent Fournier
    Merci pour votre dernier message, et je vous prie de recevoir en retour mes excuses si le ton colerique de mes dernieres interventions a pu en brouiller le fond.
    Je me permet de revenir sur cette question de non-violence, mais en vous proposant une autre approche. Vous connaissez sans doute la notion (juridique) d’obligation de moyen par opposition a l’obligation de resultat. En tant que Pere je me sens tenu d’une obligation de resultat. Un imperieux devoir de tout tenter pour preserver a ma file une chance de Futur. Meme si nous divergeons sur ce que pourrait etre ce futur, nous nous accordons je crois sur le fait que si rien ne change tres vite , nous aurons capitule sans nous battre et sacrifie le futur. Certains déjà commencent a croire que l’affaire est pliee. Je n’en crois rien, au contraire je crois que seule la nature explosive de notre situation est susceptible de nous contraindre a repenser un autre futur. Et que, meme si cela peut sembler paradoxale, une analyse plus globale de cette crise permet d’y voire une formidable opportunite.
    La question est donc de savoir si le culte de la non-violence est susceptible de garantir que nous parviendrons a temps a notre but. Je doute que vous puissiez en etre certain. Si vous posiez la question a un enfant d’aujourd’hui , preferes tu que je me batte pour ton futur ou preferes tu mourir pour mes valeurs? Et qu’il vous demande en reponse quelles sont tes valeurs, meritent elles que tu me sacrifies?
    On ne meurt pas pour la non-violence, on peut mourir pour la paix dans le monde, ou la protection de baleines, mais pas pour la non violence. Elle ne constitue qu’un moyen, peut etre excellent, peut etre le seul, mais le moyen n’est pas le but, ou alors il faudra expliquer a l’enfant qu’il doit mourir car vous refusez par dessus tout de vous sacrifier.
    Dans un message precedent, (peut etre pas publie?!?) je prends l’exemple de ces moines tibetains qui toutes les semaines ou Presque vont s’immoler pour manifester leur desespoir. Ce geste pour vous est il non violent? Si oui alors pardonnez moi d’etre revenu a la charge car nous sommes d’accord, si par contre votre vision de la non violence reprouve ce type de sacrifice, alors je maintiens ma position, une non violence, refusant ce type de sacrifice n’a aucune chance de changer quoi que soit.
    p.s; pour la quiche a coonoor vous etes mon invite, l’article dans le hindu date de 2 ans et depuis nous avons pas mal avance, visiblement pas assez pour meriter le respect de fabrice, dommage.

  18. Qu’est-ce qui pourrait empêcher la reine Europacity de répandre sa bouse à Gonesse ? Les gaz de schistes !
    Imaginez le combat testostéronique des géants :
    – La bouse : Des millions de visiteurs vont venir m’admirer. Ils vont baver d’envie en me contemplant, je leur ferai connaître l’orgasme absolu, je les viderai de leur compte en banque jusqu’au dernier centime.
    – Le gaz : Des camions viendront rien que pour moi, ils vont faire vibrer de plaisir 700 hectares de terre fertile.
    – La bouse : Ne parlez pas de ce que vous ignorez. Le plaisir, c’est mon rayon : 500 boutiques, des hôtels, un golf, un parc aquatique, un musée de l’Europe, un cirque permanent, une piste de ski artificielle… Qui dit mieux ?
    – Le gaz : Vous n’êtes rien sans moi. Je suis la force, le moteur, la puissance qui alimente toutes les bouses du monde…
    – La bouse : Je créerai des milliers d’emplois.
    – Le gaz : Des milliers, des millions…
    – La bouse : Des millions, des milliards…

    Bon, un peu de sérieux. A propos des gaz de schistes (j’espère que vous admirez la transition qui m’évite le hors sujet), un article intéressant :
    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article21313
    On y lit les « entourloupes » du pouvoir, les formules alambiquées et ambigües ouvrant la porte au pire.
    Et un argument choc d’un préfet qui déclarerait que « si les hommes des cavernes avaient fait comme nous, s’ils avaient refusé de sortir de leurs grottes, rien n’aurait jamais bougé »
    Le ton du débat est donné.
    Daniel Cohn-Bendit propose que les responsables politiques des différents pays de l’UE fassent des stages de six mois à un an dans un autre Etat membre afin d’avoir une approche européenne des grandes questions. Une idée qui, soit-dit en passant, ferait avancer la cause écologique d’un pas décisif.
    Moi, je suggère autre chose : Que nos élites aillent faire des séjours dans les mines d’uranium et de coltan en Afrique, sur les terres de l’Inde où des paysans se suicident par milliers à cause des Ogm, à Fukushima ou à Tchernobyl… Et au fond de la grotte de Baumugnes, dans le Vercors, où Anne Cautain et Bernadette Touloumond se terrent pour échapper aux pollutions électromagnétiques qui les tuent à petit feu. Tout ça parce que nos décideurs se foutent des questions de santé publique et refusent de créer des zones blanches. L’âge des cavernes, nous y retournons en courant, Monsieur le Préfet.
    Je ne sais plus qui a dit : « Nous étions au bord du gouffre, mais heureusement, nous avons fait un grand pas en avant ! »
    Frédéric

  19. Sale journée hier.
    Des frelons avaient élu domicile au bord de la petite route qui mène à l’estuaire, très proche de la maison.Sur le sommet d’un mur, bien à l’abri d’un petit essaim. Mon fils en avait peur. Alors nous allions régulièrement leur rendre visite, j’ai laissé mon fils observer et mettre des mots; sa peur s’est évanouie; ils étaient devenus nos amis. Et puis hier matin, un humain déguisé les a aspergés d’une poudre blanche bien dense.
    Ils n’embêtaient personne.
    Ils faisaient seulement partie de ce tout qui ne peut continuer à exister que dans l’équilibre….

    Mon fils en fin d’après-midi est rentré avec un frelon agonisant sur une feuille d’automne. Saupoudré de blanc. Il agonisait, j’ai abrégé ses souffrances. Je suis sortie sur la petite route et là, constatant que d’autres membres de la colonie agonisaient aussi, sur le macadam froid et humide, j’ai abrégé leurs souffrances.
    Après ces gestes extrêmement pénibles, je me suis sentie très mal, très triste, découragée….mais j’ai malgré tout joué au ballon.

    L’homme est décidément sans pitié lorsqu’il est guidé par ses peurs.

    L’espoir qui m’anime encore est entretenu par mon fils âgé de 9 ans dont les yeux brillent devant un bel arbre encore debout, devant une fleur que le soleil couchant embellie, devant un insecte qui le surprend; cette sensibilité m’émeut toujours beaucoup. L’école laïque qu’il découvre seulement cette année est entrain de gommer subtilement mais sûrement ses différences, je le sens.

    Hier soir, j’avais envie que la Terre s’arrête de respirer pour tous nous emporter.
    Que la bouse se répande copieusement……

  20. Frederic, votre « transition » est habile et me donne envie de poursuivre…

    Les projets « en competition » des cabinets d’architectes montrent le niveau ou notre epoque est tombee: L’argent est desperement en recherche d’idees qui pourraient le justifier, lui redonner un peu d’honneur. Ici des « nuages », la une dalle de beton avec du « bio » dessus (« bio, forcement bio… »)… Mais sans remonter jusqu’a l’age des cavernes, il y eu une epoque (dont il reste des traces, encore vivaces, dans les marges et no-man’s land encore epargnees par le monde moderne) ou c’etait les hommes qui rivalisaient d’initiatives pour avoir l’honneur de contribuer, financierement ou en nature, a une idee!

    Choisissez vos valeurs, Monsieur le Prefet! Nous avons choisi les notres…

  21. Bien les gars. Continuez comme ça. Sauf que, pour moi, le non-violent la découvre à son insu alors qu’un autre s’autoproclame.
    Je m’en retourne chez les « bestioles » où les règles sont claires.

  22. Bob Marley had this idea. Kind of a virologist idea. He believed that you can cure racism and hate; litterally cure it, by injecting music and love into people’s lives. When he was scheduled to preform at a peace rally, a gun man came to his house and shot him down. Two days later he walked on stage and sang.
    Somebody asked him, « Why? » He said,

    « The people who are trying to make the world worse are not taking a day off. How can I light up the darkness. » (les gens qui essaient de rendre le monde plus mauvais ne prennent pas un jour de congé. Comment pourrais-je illuminez l’obscurité?

  23. Sunita Narain, dans un éditorial écrivait que les pauvres sont à l’avant-garde du mouvement écologique, car ce sont les seuls dont la survie même est menacée de manière immédiate et tangible.

    Pour les autres, l’environnement technologique dans lequel ils vivent leur donne l’illusion qu’ils pourront peut-être échapper au pire, à l’image de ces voitures climatisées dont l’air intérieur est systématiquement toujours plus empoisonné que l’air extérieur (études pointées du doigt par Sunita Narain encore), de leurs filtres a eau (anti-bactéries en Inde, anti-métaux lourds en France), etc.

    Le handicap le plus difficile pour la lutte écologique en France et dans les autres pays développés, c’est qu’ils n’ont plus de paysans. Il n’y a plus grand-monde pour s’opposer au nouvel aéroport ou a la « bouse » de Gonesse. Les « propriétaires », raréfiés, ont vendu leur terre, et ceux qui voudraient la protéger ne sont pas propriétaires et on leur dit qu’ils ne peuvent pas se prévaloir de droits.

    L’avantage de l’Inde c’est qu’elle a encore un milliard de gueux, qui savent pertinemment que tout ce que le système peut leur offrir, et encore, en étant optimiste, c’est 1,2 dollars par jour a la place de 1,1 dollar par jour. Ce milliard de gueux est protégé par sa pauvreté même: Le système dépend d’eux, il s’effondrerait s’ils s’arrêtaient de travailler ne serait-ce qu’un seul jour, mais eux n’en dépendent que très peu. Ils vivent directement du lopin minuscule, du petit étang, des 3 ou 5 arbres, de la terre qu’ils ne possèdent en général pas mais sur laquelle ils ont un droit d’exploitation transmis de génération en génération… L’économie pour eux ne veut rien dire, mais si on leur coupe leur arbre, si on leur assèche leur rivière ou empoisonne leur nappe souterraine, ils passent de vie à trépas. Le gouvernement sous la pression du FMI, de la Banque Mondiale, etc. s’efforce bien de changer cela, de les rendre plus dépendants, plus serviles envers l’économie, mais ca prendra du temps, ce n’est pas gagné, il n’y arriveront probablement pas.

    Le mouvement « occupy » aux Etats-Unis ou en Angleterre, ou des « indignés » en Espagne, est une tentative de la classe moyenne du monde développé de réclamer à nouveau son statut de « gueux » auquel elle avait cru avoir échappé pour toujours. Elle réalise maintenant qu’elle se retrouve dans une situation peut-être pire encore: Celle de gueux économiques qui ont perdu le privilège des serfs d’antan, celui d’être le lien indispensable entre l’arbre, le champ, la rivière… et l’argent.

    Paradoxalement, la bouse de Gonesse aurait peut-être plus de difficulté à voir le jour en Inde!

    Reconquérir l’écologie est vraiment une question de droits de l’homme. Ici, là-bas, partout, bravo à ceux qui ont le courage de s’opposer!

  24. Laurent,
    Du bio-béton et des bios nuages pour aménager la ville moderne, pour réconcilier la nature et la modernité, avec une démarche résolument orientée vers l’avenir, des partenariats rapprochant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux… Nous y sommes. La transition écologique est en marche, l’honneur est sauf… Sauve qui peut !
    Frédéric

  25. Merci à Fabrice Nicolino pour cet article qui dit l’essentiel sur ce dangereux projet pharaonique et mégalo du groupe Auchan.

    Vous pouvez agir contre ce projet d’Auchan en élisant Auchan à la première place de la catégorie « Plus vert que vert » des Prix Pinocchio du développement durable 2012 (organisés par Les amis de la Terre France) :
    http://www.prix-pinocchio.org/nomines.php

    Parlez-en autour de vous et comme les lauréats des prix Pinocchio seront dévoilés dès le 13 novembre 2012, il faut faire vite pour voter !

  26. Cher tous,
    Sauf a faire erreur, et dans ce cas fabrice ne manquera pas de le signaler, au dela du sentiment agreable d’etre en compagnie de gens qui reflechissent le monde et partagent leurs experiences et leur coup de colere , nous essayons tous de comprendre le sens et les moyens d’influer sur le cours de evenements relates brillament par notre hote. Nos echanges sur la notion de non-violence en temoignent.
    A plusieurs reprise j’ai tente de proposer une autre grille de lecture de cette crise Globale, en tentant de la regarder comme nous le proposent des gens comme Ed.Morin, P.Viveret,P.van Eersel, P Rabhi, et meme N Hulot dont l’opportunisme semble etre le principal talent….
    Ils ne sont naturellement pas les inventeurs de cette vision de Crise evolutive, mais ils lui pretent suffisament d’attention pour avoir parraine une conference sur le sujet a la Sorbone le 13/10/12 http://www.evolutionconscience.com/?lang=en
    J’aimerai savoir si quelqu’un ici connait ce mouvement (regroupe sous le concept de pensee integrale)?
    Cette pensee qui ces dernieres annees est entrain de revolutionner notre facon de penser le monde trouve sa legitimite scientifique et son explication dans le vision quantique de notre univers. Le monde quantique n’est pas une mystique, meme si sa comprehension releve pour les non inities de la foi. Elle est au contraire le degre de connaissance objective le plus eleve du fonctionnement de tout cet apparent bordel. Le monde quantique mis en equation il y a plus d’un siècle permet bien plus que la fabrication des ecrans de tele ultra moderne, c’est avant tout une vision ( une philosophie revolutionnaire reconciliant les savoirs spirituels les plus anciens , et la science objective la plus en pointe aujourd’hui).
    Si je me permet d’insister sur cette voie c’est qu’elle propose en plus de son caractere exceptionnel, de veritablement proposer une comprehension globale de ce qui se joue et elle nous ouvre des perspectives qui nous font sortir du cycle depressif qui s’installe (ici entre autre).
    Alors qui en veut de la crise evolutive qui transforme la peur en courage et le desespoir en moment de gloire.
    Amities quantiques

  27. @ Laurent,
    Ne pas connaitre ou ne pas comprendre la pensee quantique ne serait constituer une raison pour en ecarter l’existence, vous en conviendrez. Or, justement dans ce Monde ultime et merveilleux , la guerre que nous identifions comme telle dans notre vision materialiste se vie tout a fait autrement. Il s’agit d’une guerre quantique, et oui elle est non violente au sens ou vous l’entendez. Toute fois il subsiste une violence incontournable pour parvenir a en posseder les armes , c’est la violence qu’il faut se faire pour plier notre pensee quotidienne a cette autre realite du Monde.
    Bien a vous

  28. Bonjour Pierre-Yves, je ne connais pas bien ces gens-la, sauf de nom pour certains. Sur la mecanique quantique j’ai lu quelques livres passionants de Bernard d’Espagnat, mais je n’ai pas pu etablir de rapport avec la vie sociale. (Dans le cadre de mon metier, j’ai observe certaines evolutions au cours du XX siecle d’une pensee analytique des structures vers une pensee ou la volonte joue un role plus important, qui va peut-etre dans le sens de cette conference, mais c’est assez specialise et ca n’a pas encore ete documente a ma connaissance).

    Connaissez-vous Yeshayahu Ben-Aharon? J’ai lu un petit livre bouleversant de lui il y a quelques annees, sur « l’evenement central du XX siecle ». Il est tres actif en ce moment et donne des conferences en plusieurs endroits. Il y a une tres belle conference de lui sur la philosophie Francaise du XX siecle, donnee il y a quelques annees en France mais en Anglais, disponible ici:

    http://www.event-studies.org/wp-content/uploads/being-human-2011-03-YBA-Colmar.pdf

    Nicanor Perlas a ecrit un livre formidable sur la societe civile il y a quelques annees, qui a clarifie beaucoup de choses pour moi.

    Bien a vous,
    Laurent

  29. Les commentaires de pylm n’ont rien à voir avec l’article et on dirait qu’il cherche à faire diversion par rapport au sujet de l’article (Europa City, Auchan, la grande distrib’…): pourquoi le laisser plus longtemps encombrer cet espace ?

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