Mais qui veut donc la peau des 24 loups ?

Résumons la situation. En règle générale, les humains ne tolèrent aucune concurrence. Eux seuls ont le droit d’occuper le monde, de torturer, d’éliminer. Le Loup, qui habitait les terres qu’on appelle la France depuis des centaines de milliers d’années – peut-être davantage que nous -, a été buté par les soudards habituels. Des primes d’État, de la strychnine, des coups de fusil, et bon débarras. Au tout début des années Trente du siècle écoulé, le Français de souche était enfin tranquille. Seul, rotant, égrotant à l’occasion, mais peinard.

Et puis le Loup est revenu. Seul, contrairement à ce que fantasment tant de crétins. Seul. Depuis ses refuges italiens des monts Apennins, où il n’avait jamais disparu. En 1992, il est vu dans le Mercantour, au-dessus de Nice. Comme c’est un athlète accompli, comme c’est un aventureux personnage, il n’a cessé depuis d’avancer. Les Alpes, puis la vallée du Rhône, la ligne TGV, l’autoroute, le fleuve. Il a installé quelques compagnons dans les Cévennes, il a été vu dans le Gers, il a poussé même jusqu’aux Pyrénées catalanes. Je crois que l’on peut appeler cela un miracle.

Combien sont-ils ? Peut-être 250, peut-être un peu plus, alors qu’ils étaient aux environs de 25 000 au moment de la Révolution de 1789. Il y en a 2500 en Espagne, sans doute 1200 en Italie. Mais la France éternelle retrouve, intactes, ses mœurs barbares. Le député socialiste de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), Christophe Castaner, vient d’annoncer en fanfare que 24 loups pourraient être légalement abattus en cette année 2013. Cela donne un article burlesque, tiré d’une dépêche de l’AFP (ici) , où le faux le dispute au controuvé. Mais commençons par rire. Le communiqué tautologique de Castaner annonce délicieusement  « un accord unanime accepté par tous ». À trop vouloir prouver, on finit par se ridiculiser.

Mais l’important est ailleurs. Le titre dit en effet : « Ecolos et éleveurs d’accord sur le nombre de loups à tuer ». Est-ce vrai ? Bien sûr que non. Castaner se fabrique une place dans les journaux télévisés grâce au Loup, voilà à peu près tout. On n’a pas assez dit combien de roitelets de province, qui de droite qui de gauche, à propos du Loup ou au sujet de l’Ours, ont bâti de la sorte leur image publique. Certes, il est plus facile d’encourager les tirs sur le loup que de régler le sort du pastoralisme en France. Cette activité, sans solution de continuité chez nous depuis le Néolithique, est proche de l’extinction à cause de l’évolution mondialisée de l’économie, que soutient de toutes ses forces le député Castaner. Mais comme il n’a aucunement l’intention de risquer sa carrière pour les bergers, il se contente de servir la soupe aux porteurs de flingots. C’est bien.

Cette pantomime commune s’inscrit dans le cadre d’un Plan Loup 2013-2017, annoncé le 5 février par la ministre de l’Écologie, Delphine Batho, et le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Sa philosophie repose sur une indifférence fondamentale aux gravissimes questions posées par l’effondrement de la biodiversité. Ces gens s’en cognent totalement. Oui aux colloques, oui aux breloques, oui aux larmoiements télévisés sur le sort de l’Éléphant et du Tigre, mais sus au Loup.  Je sais qu’ils trouveront ces propos déplacés, outranciers,voire imbéciles. J’assume sans difficulté. Le plan Loup prévoit de tuer de plus en plus de loups, et de faciliter les indemnisations pour les brebis qu’ils pourraient croquer. Prose, lamentable prose de Le Foll et Batho : « Le loup est et restera une espèce strictement protégée. Il est néanmoins possible de tenir compte de la bonne dynamique de population de l’espèce afin de mettre en place une gestion plus fine ». La gestion plus fine, c’est le flingue.

Revenons aux élucubrations de Castaner. Le Groupe national Loup (GNL) me fait penser, mutatis mutandis, au Comité permanent amiante (CPA), qui a permis à l’industrie de l’amiante de continuer de fourguer son poison mortel avec l’aval des syndicats ouvriers dûment représentés (ici). Comme le CPA, le GNL regroupe tout le monde, ce qui permet à Castaner de parler d’unanimité : les services d’État, les éleveurs, les politiques, les associations de protection de la nature. Ces dernières sont trois à siéger dans cette structure consultative, qui sert en fait de paravent « démocratique » aux décisions prises ailleurs, pour des raisons essentiellement politiciennes. Trois : le WWF, France Nature Environnement (FNE), et Ferus

En tout cas, 24 loups au tableau de chasse de 2013. J’ai voulu savoir ce que les associations-caution avaient dit au cours de la fatidique réunion du GNL. Car en effet, ou, ou. Ou elles sont d’accord avec l’abattage de 24 loups, ou non. Qui ne dit mot consent ? Aucune, je le constate, n’a osé se démarquer des propos « unanimistes » de Castaner. Cela ne m’étonne guère, soyons franc, de la part du WWF et de FNE. Mais Ferus, que j’ai toujours tenue pour une association combattive (ici) ? Pour en avoir le cœur net, j’ai appelé le président de Ferus, Jean-François Darmstaedter. Son propos ne m’a pas paru d’une clarté cristalline, mais enfin, voici : « Nous ne sommes pas d’accord avec les tirs de prélèvement de loups. Le GNL est consultatif et l’État y annonce ses décisions, sans vote. Nous n’avons pas approuvé. Nous prenons acte de la décision d’abattre 24 loups ».

Dieu du ciel, si Ferus en est là, où en sont les autres ? Et jusqu’où iront les tirs contre les loups ? Je précise pour finir un point essentiel. Défendre le Loup est une affaire complexe, et il est certain que sa présence peut être, localement, une grave gêne pour les éleveurs. Je ne me fous pas de ces derniers, et toute solution véritable passe par une prise en compte de leurs problèmes. Ceci posé, tout est question de cadre, de paradigme si vous voulez. L’ancienne manière de penser – le progrès, la domination de la nature, la croissance, l’économie avant tout – conduit tout droit à une deuxième extermination du Loup en France. Car cet animal est un obstacle réel au développement sans fin des activités humaines.

Si l’on modifie radicalement les priorités, si l’on admet cette triste évidence que la vie disparaît à folle vitesse, si l’on reconnaît que l’emprise humaine sur les écosystèmes et le vivant doit être diminuée, alors oui, des solutions seront trouvées. Sur fond de déprise agricole et de disparition – que je regrette – de la civilisation paysanne, des millions d’hectares, en France, sont retournés à la friche, et bien souvent à la forêt. Le Loup a sa place, une grande et belle place chez nous, et ceux qui pensent le contraire sont des adversaires de l’écologie.

Le GNL est un adversaire décidé de l’écologie. Ceux qui y siègent sont ou seront des adversaires de l’écologie. Je viens d’avoir mon ami Pierre Athanaze, président de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas), au téléphone. L’Aspas (ici) est une magnifique association, à laquelle il n’est pas interdit d’adhérer. Et Pierre, outragé et furieux, vient de me dire : « Tu sais quoi ? On est en train de gérer le Loup, qui est une espèce protégée, comme un gibier. Comme une espèce chassable ». Et il a raison. Le Loup, si fragile encore, devient une cible, avec la complicité d’associations censées le protéger. Le Loup s’apprête à être tiré comme un lapin.

36 réflexions au sujet de « Mais qui veut donc la peau des 24 loups ? »

  1. ceci révele une fois de plus la petitesse de pensée de certains éleveurs,dirigeant,et d’autres personnages ;rien ne change,et surtout on ne veux pas changer ,l’intelligence est inégalement partager,et l’ouverture d’esprit encore moins,a ce rythme ,les émotions deviendrons rares en dehors des jeux vidéo,et des jeux joute poliques,monolithiques dans leurs façons de voir le monde.

  2. Sachant que l’humour est la politesse du désespoir, j’avais tenté de poster ça avant-hier sur la Buvette mais cela a dû être considéré comme un troll.

    Y’a un truc que je ne pige pas.
    Canis lupus est le seul consommateur français à ne bouffer *que* de l’ovin français.
    L’autre l’Homo prétendument sapiens, consomme majoritairement de l’ovin exotique, surtout néo-zélandais.
    Or, j’apprends le même jour :
    1) à la radio, que les éleveurs se plaignent de la concurrence tarifaire déloyale de l’agneau néo-zélandais;
    2) ici, qu’ils obtiennent la tête de 24 des consommateurs qui ne mangent que de la viande française.
    Pas logique, tout ça.

    Plus sérieusement, hélas !
    S’il n’y avait rien à attendre du WWF et pas grand chose de FNE, je suis extrêmement déçu de la réaction de Ferus : http://www.ferus.fr/actualite/plan-national-loup-2013-2017-reaction-de-ferus
    Il tente manifestement à minimiser la portée de cette décision mais ne convainc pas.

    Certes, il rappelle “que la protection des troupeaux est LA solution efficace” mais se félicite du rôle donné à l’ONCFS :
    “les tirs de défense renforcée, …, seront obligatoirement sous le contrôle d’un agent de l’ONCFS, à proximité directe de l’unité d’action : c’était une demande forte des associations que ce ne soit pas les éleveurs sans contrôle ou les chasseurs qui fassent le boulot.”
    L’ONCFS, c’est bien le “machin” qui a été confisqué par les chasseurs, me semble-t-il.

    Espérons que l’action de l’ASPAS devant la Commission Européenne aboutira, mais dans combien de temps si c’est le cas ?

    D’après la dépêche de l’AFP, il va y avoir une consultation publique. Elle sera inutile, comme toutes les autres mais il ne faudra quand même pas la rater.

  3. Le loup est revenu dans les Vosges. Deux loups exactement pour l’instant : un en montagne, un en plaine. La situation est ubuesque ! Un seul loup en montagne, ce fut tout de suite, il faut le tuer ! parce qu’il avait égorger quelques brebis. Il y a des solutions pour une cohabitation entre le loup et le berger. mais c’est plus facile de le tuer que de réfléchir sur les bonnes pratiques à mettre en place. Mais, nous, l’homme, nous devons tout de suite montrer que nous sommes les maîtres du monde et donc de tuer le loup, le mal absolu,mangeur d’enfant.

  4. On pourrait se demander : Sauver des loups, pourquoi ? Vint-quatre loups, qu’est-ce que c’est ?
    Ce serait, je crois, sauver plus que des loups. Ce serait laisser une place à la nature sauvage qui nous dérange un peu, si peu comparé à ce qu’on lui doit. Mais l’Homme n’aime pas se sentir débiteur et encore moins gêné dans ses activités lucratives. Le pire de tout, c’est qu’il soit atteint dans son statut en haut de la pyramide. Dominer, maîtriser, c’est à lui que revient ce rôle. Alors il va gérer, encore ce mot, remettre de l’ordre, des chiffres. Et il dira que c’est pour protéger le loup. Il le dit déjà. Désolé, on vous tue, mais c’est pour votre bien, hein.

    La place du loup n’est plus parmi les arbres. Elle est sous la terre, parce qu’il faut faire place nette. Tout ce qui gêne la machine à produire doit dégager. Qui sera le prochain sur la liste ? Qui l’est déjà en bonne partie ? Pas difficile à deviner.

  5. Membre de l’aspas, je tien a dire que l’été va être chaud en alpage, je retourne sur le terrain, et faite moi confiance, je vais les collées au cu.

  6. bonjour,

    je ne comprends pas bien le passage suivant

    “Certes, il est plus facile d’encourager les tirs sur le loup que de régler le sort du pastoralisme en France. Cette activité, sans solution de continuité chez nous depuis le Néolithique, est proche de l’extinction à cause de l’évolution mondialisée de l’économie, que soutient de toutes ses forces le député Castaner.”

    .. n’est-ce pas pour protéger le pastoralisme que certains (dont les politiques cités) veulent tuer des loups? l’élevage industriel est-il menacé par la présence des loups d’ailleurs?

    @philippe
    vous dites qu’il y a des solutions pour une cohabitation entre le loup et le berger. pourriez-vous succinctement les exposer?

    voici ce qu’il disent sur wikipédia

    “Les années 1970 ont vu une recrudescence de l’utilisation des chiens d’élevage (le chien de montagne des Pyrénées ou montagne des Pyrénées, appelé dans les Pyrénées patou), et le développement de nouvelles méthodes de contrôle des prédateurs par les éleveurs, dont beaucoup ne sont pas mortelles. Les ânes et les lamas sont utilisés depuis les années 1980 pour garder les moutons, en utilisant le même principe de base que pour les chiens de berger. La présence concomitante dans les pâtures d’animaux plus grands tels que les bovins ou les chevaux, peut contribuer à dissuader les prédateurs, même si ces espèces ne gardent pas activement les moutons. De nouvelles méthodes modernes de protection des moutons utilisent des techniques dissuasives qui ne sont pas mortelles pour les prédateurs telles que les gyrophares et les alarmes sonores.”

    présence d’ânes, de lamas, de bovins ou chevaux?
    …est-ce à cela que vous pensez?

    merci’

  7. Vidéo terrifiante, merci René. Le résumé d’une histoire de l’Homme sur la terre. Et la réponse à la question : Qui sera le prochain sur la liste ?

  8. Luci,

    J’ai été trop rapide, trop elliptique, et cela m’arrive souvent. Ce que j’ai voulu dire, c’est que monsieur Castaner soutient des politiques générales qui condamnent un pastoralisme qui plonge ses racines dans le Néolithique. Il n’attaque pas le Loup pour défendre le pastoralisme, il se batpour être sur les photos. Il se bat pour exister sur la place publique. Et grâce au Loup, en plus !

    Pour le reste, franchement, le Loup sert de défouloir à des gens parfois très sincères, mais qui ne savent pas s’en prendre à leurs véritables adversaires.

    Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  9. @ P’tit nouveau

    ” D’après la dépêche de l’AFP, il va y avoir une consultation publique. Elle sera inutile, comme toutes les autres mais il ne faudra quand même pas la rater.”

    Qu’est-ce qu’une consultation publique ? Un instrument de contrôle des foules , basé sur le constat que l’expression verbale ou écrite de ses opinions ou doléances permet de faire baisser l’état de tension qui risque sinon d’aboutir à la violence physique . En donnant la parole aux concitoyens , on les flatte indirectement en leur laissant supposer que leur avis est intéressant et on les calme en leur laissant croire qu’il sera pris en compte . Je me souviens ( un exemple parmi d’autres ) de la consultation publique organisé par M. Barnier sur la place de l’animal dans la société … Au final , REACH va donner du travail aux Mengele autorisés afin de tester sur des animaux la nocivité de la cohorte de produits aussi chimiques qu’inutiles , tests sans réelle valeur mais qui servent de protection juridique en cas de plaintes des consommateurs .
    La consultation publique est le chapeau ( j’ai oublié le nom exact ) qu’on enlève de la cocotte-minute pour éviter qu’elle n’explose .

    Ceci dit , j’y réponds toujours , surtout lorsqu’on me demande , à la fin du questionnaire , d’exprimer un avis libre . J’y mentionne ce qui précède , c’est à dire que je ne suis pas dupe de ces manoeuvres grossières permettant principalement au pouvoir en place de se maintenir .

  10. Au sujet des ânes, je confirme qu’ils gardent effectivement les moutons et les chèvres avec lesquels ils vivent: le mien, quand quelque chose l’inquiète, commence par rentrer “ses” chèvres dans leur abri à coup de dents, puis se place en avant poste, face au danger supposé,en particulier si c’est un canidé

  11. Bonjour,

    Merci a toutes et tous,

    “Les Alpes, puis la vallée du Rhône, la ligne TGV, l’autoroute, le fleuve. Il a installé quelques compagnons dans les Cévennes, il a été vu dans le Gers, il a poussé même jusqu’aux Pyrénées catalanes, et ensuite il a décidé de rendre visite a Léa, qui l’a appellé Valentin. Je crois que l’on peut appeler cela un miracle.”

    🙂

    Belle journée,

  12. Mesures anti-loup : non, les protecteurs de la nature ne sont pas d’accord !

    25/03/2013 6:36 am

    Malgré les accords d’hier entre le gouvernement, les éleveurs et certaines associations, l’ASPAS s’oppose fermement au massacre stupide et inutile de 24 loups. L’ASPAS, qui a déjà agi au niveau européen pour la protection de l’ortolan, prépare une riposte cinglante, et rappelle que le loup est encore une espèce protégée…

    L’abattage de 24 loups, annoncé par ce fameux plan loup, est tout simplement stupide [voir l’article Ecolos et éleveurs d’accord pour tuer 24 loups maximum par an]. Absurde au niveau biologique, il n’est qu’une mesure démagogique destinée à calmer les éleveurs les plus hostiles au loup, qui ne se satisferont pas longtemps de cette mesure, car leur but est l’éradication totale de tout prédateur. Ces abattages arbitraires ne peuvent apporter de solution durable à la cohabitation entre troupeaux et grands prédateurs. C’est oublier ce que les scientifiques et les protecteurs rappellent depuis des années :

    – Le loup ne représente qu’une infime proportion de la mortalité des troupeaux.

    – Abattre un loup désorganise les meutes et les pousse à conquérir de nouveaux territoires.

    – Les troupeaux doivent être protégés de façon efficace avant d’envisager toute mesure de tir d’un loup. C’est ce qui se pratique dans tous les pays où les grands prédateurs cohabitent avec le pastoralisme.

    Cette mesure ne contribue en rien à résoudre la crise que traverse la filière ovine dans tous les départements français, et non pas les quelques départements où le loup est revenu.

    L’Espagne abrite plus de 2 500 loups, L’Italie 1 500. La France est-elle incapable de préserver sa biodiversité ?

    Comme pour la « gestion » calamiteuse de l’ortolan, du grand hamster ou du grand tétras, l’ASPAS porte donc le dossier à la Commission Européenne pour obliger la France à enfin protéger sa nature. Oui, nous sommes des extrémistes : nous demandons le respect des lois…

    [

  13. Je cite le Dauphiné Libéré :

    “La Confédération Paysanne n’est pas d’accord avec le président du Groupe national loup quand il parle “d’une vraie adhésion” des éleveurs au plan loup. “La vraie adhésion des éleveurs est une vue de l’esprit, qui ne correspond en rien à la réalité insupportable vécue par les éleveurs sur le terrain”, dénonce le syndicat agricole.

    “Si la possibilité de se défendre doit bien évidemment être laissée aux éleveurs pour défendre leur cheptel attaqué, dès que c’est le cas, les possibilités d’utiliser des armes à canons rayés pour prélever des loups est d’abord du ressort des agents publics et non pas une charge supplémentaire à infliger aux éleveurs ni aux bergers”, constate la Confédération paysanne. Elle regrette que “le plan ne prévoit absolument rien de ce que la Confédération paysanne a soutenu comme proposition […]”

    Et constate que ce plan ”ne répondra pas à la pression insoutenable que produit la prolifération de l’espèce loup sur les activités pastorales.”

  14. Est ce qu il existe une étude sur l état execte actuel du pastoralisme dans les alpages français j ai passé l été dernier dans le Mercantour j y ai vue dans le parc soit disant protégé des hordes de moutons qui dévastent les quelques brins d herbe qui poussent entre les cailloux en me demandant comment ensuite après le massacre se nourrisent les chamoix et autre herbivores?
    J y ai entendu des bergers obligés par leurs patrons à aller paturer dans des zones à loup exprés, quelle est la vérité sur ces éleveurs profiteurs sur l état exacte de cette ”activité” car le pauvre berger payé au lance pierre lui n est que le dindon de la farce dans l histoire

  15. Il n’y a pas que ” 2 loups” dans les Vosges, il faut cesser de croire ce que dit l’oncfs et ce que reprennent certaines associations locales…..concernant L’Aspas, j’ai le regret d’avoir constater que les délégations régionales, se fourvoient avec férus et d’autres, en totale contradiction avec les propos de monsieur Athanaze…Le premier intérêt du canidé, c’est clair, c’est bien qu’il va nous obliger au partage des milieux naturels, sa protection est donc indispensable, je ne comprends pas que férus et le wwf soient encore présents au sein du Groupe Non aux Loups de Lefoll et Batho….c’est une erreur qui va coûter, au loup, un peu, aux éleveurs, beaucoup!

  16. Une question que je me pose à propos de Ferus : récemment ils ont relancé leur com avec le petit chaperon rouge. Cette fois-ci on peut voir une image du chaperon rouge avec un fusil sur fond de loup. Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il faut tirer les loups ?
    Pas très clair leur message !

  17. La seule solution acceptable est le piégeage sélectif du loup à l’aide pièges à lacet.
    Le nombre de 24 atteint conformément à la Loi et hop c’est terminé, les pièges sont enlevés…
    Une autre espèce est prise : relâchée immédiatement.
    Le piégeage la seule vraie méthode écologique !

  18. @ azer
    Nous sommes bien d’accord. D’autant que dans un dossier comme celui-ci, on peut compter sur une forte mobilisation des éleveurs et chasseurs pour remplir “la boîte”.
    Mais comme tu le dis, et sans être dupe, il faut quand même montrer que d’autre avis existent, même si nos brillants décideurs s’en moquent et espèrent nous endormir.

    @ Thetrapper
    Hein !
    La seule méthode écologique est de laisser le loup tranquille, comme tous les autres prédateurs d’ailleurs. Relâcher les autres espèces, je n’y crois pas une seconde et de toute façon, c’est une fausse solution.
    C’est aux niveaux de la défense des troupeaux qu’il faut agir. On sait le faire, les solutions existent et ont fait leurs preuves.

  19. Ici, en Wallonie, l’on va rouvrir la chasse aux blaireaux qui avait été interdite. Tout ça parce qu’ils boulottent quelques épis de maïs aux agriculteurs productivistes.
    J’ai envoyé un mail au ministre lui demandant d’ouvrir la chasse aux agriculteurs qui empoisonnent le sol, l’eau, la terre,qui nous empoisonnent (et eux par la même occasion) à coup d’intrans, me croirez-vous, je n’ai pas eu de réponse.

  20. Je vous souhaite à tous de rencontrer un loup sauvage en marche vers le massif de son choix, comme j’ai eu la chance de le voir venir dans ma direction en Juin 2007, dans le O4. Le hasard des rencontres, comme on dit, m’a fait arriver en crête d’un parcours à moutons clôturé au moment même où il s’apprêtait à franchir un petit vallon à sec. A peine m’a t-il vu surgir en crête qu’il s’est retourné sur lui-même dans un mouvement d’une extrême légèreté; il a fait demi-tour avec grâce et sans un bruit puis a disparu dans le bois sans que j’ai pu voir comment il a franchi la clôture. J’ai compté 90 pas jusqu’au vallon et cherché là quelque indice de sa volte-face et de sa fuite, mais rien, pas un poil laissé dans les pruneliers, pas un cailloux déplacé (ne parlons pas de trace car le sol de cet adret était sec et compact). De cette rencontre furtive qui s’est passée comme dans un rêve, je garde le souvenir d’un pelage doré à reflets rougeoyants (à la lumière du couchant)et d’un être d’une infinie discrétion à qui j’ai promis aussitôt de ne rien dire de cette rencontre avant des années et encore de n’en parler qu’à des “gens de bien” soit à mon fils, à ma soeur, une amie géologue, un pote agriculteur “Bio”. J’ai tenu parole sans remords particulier pour les statistiques qui dépendent des observations des gardes forestiers des éleveurs et des chasseurs, dans le souci de laisser à cet être d’une grande élégance assez de temps et d’espace pour qu’i se sente autant “chez lui” dans les Préalpes que j’aime à m’y sentir “chez moi”, malgré l’urbanisation, l’administra -tion et les dégâts de l’agrochimie. Nos contemporains sont passés maîtres dans l’art de la confusion: Ils voient les dangers où ils ne sont pas et sont quasiment aveugles et sourds à tout ce qui leur empoisonne la vie!

  21. Gil Garcin
    Quelque chose d’indéfinissable dans votre récit ce matin m’a touchée, et c’est le hasard d’une autre impression, quelques minutes plus tard, qui soudain met les choses au clair : en froissant de vieux journaux pour faire du feu, je viens de tomber sur une page du Midi Libre (récupéré chez les voisins) consacrée au « grand blanc » en Méditerranée. Une phrase en intertitre m’a sauté aux yeux : « Le requin blanc est un rempart. S’il tombe, c’est que la biodiversité se sera écroulée ».
    Ce qui m’apparaît, avec cette phrase pleine de bonnes intentions (François Sarano, qui la prononce, aime de toute évidence le monde sauvage d’amour véritable), c’est que nous sommes sortis de la nature au point d’être devenus incapables d’en parler, au point que ses défenseurs eux-mêmes, en utilisant systématiquement des mots comme « biodiversité », ne se rendent même plus compte qu’ils ne font qu’entretenir le mal en croyant le combattre : ces mots-là n’éveilleront aucune conscience, ne feront dresser aucune oreille, parce qu’ils sont là, au fond, pour nous rassurer. Ils nous rassurent en nous confirmant ce que désormais nous croyons tous au fond : que le monde n’est le monde de l’homme. Le vocabulaire technique, devenu le seul organe palpateur de notre civilisation, transforme les créatures en « biodiversité » et le désastre en problème technique, et par là empêche précisément de percevoir ce qu’il est censé évoquer, comme un écran chaque fois interposé. C’est terrible.
    Et ce qui est vrai de ce mot-là l’est pour des dizaines, des centaines d’autres, évidemment, dont je n’ai pas le temps de tenter la liste maintenant. Bref. Il y a déjà longtemps que ce mot-là, « biodiversité, me gêne aux entournures, aujourd’hui je viens de comprendre pourquoi. Je crois que le contraste extrême entre ces deux façons de parler – la vôtre, et celle des savants-missionnaires qui sont comme le visage repentant de notre machine à détruire – m’y a aidée, et je vous en remercie.
    Nous ne pourrons pas sortir du désastre par les moyens qui nous ont amenés à le créer, disent à peu près Semprun et Riesel dans un livre que j’ai cité ici récemment. Les mots font partie de ces moyens.

  22. Il manque un mot important dans mon commentaire : “ce que désormais nous croyons tous au fond : que le monde n’est QUE le monde de l’homme”

  23. Encore une chose : si la lettre de B. H. Save a tant de force, c’est, à mon sens, parce qu’elle se sert de mots véritables, sans les remplacer par leurs ersatz technologiques — qui sont au vocabulaire ce que les céréales “modernes”, c’est-à-dire altérées par l’intervention d’une technologie délétère, sont aux semences.
    On sent, dans votre traduction, le souci de rester au plus près de cette parole qui elle-même ne s’éloigne jamais des choses fondamentales.

  24. Valérie, (à propos du loup)j’ai été moi-même touché, irrémédiablement, il y a bien des années face à l’écran d’une émission télévisée parmi tant d’autres, par l’une des rares, simples et fortes phrases prononcées par le seul et unique gitan du tour de table d’un débat consacré ce soir là à la “problématique des nomades” en France métropolitaine, s’entend. Au nombre des sédentaires qui tentaient d’analyser honnêtement les causes et les effets d’un fait de société aussi insaisissable que ses représentants, archaïques au possible et pourtant vivants au-delà de ce qu’il est convenu d’appeller “dans les milieux autorisés” l’espérance de vie, il y avait le mäire d’une petite ville, un sociologue et quelques autres qui ont usé et abusé de leur temps de parole pour dire ce que chacun sait (ou croit savoir) sur le sujet. Le “sujet” en question, sans qu’on s’en rende compte était là, assis avec eux à les écouter parler, tranquille et bien gitan (j’allais dire bien-veillant). On voyait bien que cet homme en avait gros sur la patate et que, trêve de politesse et d’abnégation, il finirait bien par parler (et pas pour ne “presque” rien dire). En effet vers la fin de l’émission, il a fini par s’exprimer et ce fut aussi bref que profond et irréparable. En regardant bien en face les autres comme autant de visages d’une réalité que lui et les siens ne pouvaient faire que traverser, parcourir, subir ou parfois fuir, il leur a dit: ” Vous avez tout pris… Il n’y a plus un endroit qui ne soit à personne; près des villes, des villages, sur les berges des rivières, même dans les bois, on ne sait plus où s’arrêter. Vous avez tout pris…”. Je crois que cette parole de gitan, sincère, venue du fond du coeur dans un élan de générosité et de compassion évident, exprimait à la fois l’âme gitane et l’esprit de la nature, mieux que tous les discours académiques ou les statistiques des “autorités”, en charge de “la problématique” du nomadisme de qui et de quoi: du gitan, du loup, de l’ours des Pyrénées, bien sûr, mais aussi de nos espoirs, de nos pensées profondes, des flots de notre énergie vitale et de nos sentiments, parfois en crue, parfois au plus bas de l’étiage, parfois-même à contre-courant, mais en mouvement, en marche, en voyage. On a le droit comme lui de dire à propos du loup comme du reste que ceux qui ont “tout pris” vont devoir commencer par en rendre un peu et même accepter d’en rendre de plus en plus et aussi de remballer leur attirail d’objets, d’armes et de produits toxiques qui a envahi la planète à tel point qu’on ne sait vraiment plus ou mettre les pieds quel qu’en soit le nombre, ceux du millepattes, les 4 du loup, les nôtres. Merci de dire cela, vous aussi Valérie, à votre façon.

  25. Duval, ou Gil — pardonnez-moi je ne sais pas bien lequel des deux est votre prénom — il m’est difficile de vous dire à quel point votre réponse m’émeut et me frappe. Par ce qu’elle raconte, et la figure et la parole de cet homme, mais aussi parce qu’elle me dit à quel point vous avez compris ce que je cherchais à dire, et combien nous sentons et pensons de même.
    Voilà.

  26. Gil Garcin
    « Vous avez tout pris. » Cette parole de gitan exprime le drame des temps où nous sommes. En écho aux mots de détresse (« On ne sait plus où s’arrêter »), j’entends : On ne sait plus où vivre. Et ce cri n’est pas seulement porté par le nomade, comme vous le suggérez, il est universel.

    Hier, je suis tombé sur un passage de La promesse de l’aube écrit par Romain Gary :
    « J’ai été assez malade, après la guerre, parce que je ne pouvais marcher sur une fourmi ou voir un hanneton dans l’eau, et finalement, j’ai écrit tout un gros livre pour réclamer que l’homme prenne la protection de la nature dans ses propres mains. Je ne sais pas ce que je vois au juste dans les yeux des bêtes, mais leur regard a une sorte d’interpellation muette, d’incompréhension, de question, qui me rappelle quelque chose et me bouleverse complètement. »
    Peut-être qu’il y a cette pensée, dans le regard des bêtes qui nous voient détruire le monde : « Il n’y a plus un endroit qui ne soit à personne; près des villes, des villages, sur les berges des rivières, même dans les bois, on ne sait plus où s’arrêter. Vous avez tout pris… »

    Quand on aperçoit un animal en pleine liberté, il n’y a pas seulement la surprise, l’émerveillement, il y a aussi, je crois, un sentiment profond de soulagement, sur l’instant. Se dire que dans le peu qui reste, quelque loup sauvage peut encore s’ébattre dans « un mouvement d’une extrême légèreté ».
    Ce « souvenir d’un pelage doré à reflets rougeoyants, à la lumière du couchant, et d’un être d’une infinie discrétion à qui j’ai promis aussitôt de ne rien dire de cette rencontre avant des années », je l’ai éprouvé l’été dernier en voyant un renardeau dans mon jardin. Quelque chose d’un secret à ne pas ébruiter, pour laisser vivre cette lumière flamboyante parmi les fougères ; je me suis senti infiniment plus proche de ce jeune animal que de bien des humains. A le voir découvrir son premier été, les herbes hautes, quelque mulot, j’enviai son insouciance, son regard étonné. J’aurais aimé le mettre en garde contre ce qui met en péril sa vie même. Depuis, je guette à la fenêtre dans l’espoir de le revoir.
    Et je me dis que ce jardin où je vis est autant le sien que le mien, que d’ailleurs ni lui ni moi ne possédons rien des arbres, des talus d’ajoncs et de genêts, des nuages qui passent et des milliards de vies qui peuplent la terre sous nos pieds.

    Valérie écrit : « Nous nous sommes sortis de la nature au point d’être devenus incapables d’en parler, au point que ses défenseurs eux-mêmes, en utilisant systématiquement des mots comme « biodiversité », ne se rendent même plus compte qu’ils ne font qu’entretenir le mal en croyant le combattre : ces mots-là n’éveilleront aucune conscience, ne feront dresser aucune oreille, parce qu’ils sont là, au fond, pour nous rassurer. Ils nous rassurent en nous confirmant ce que désormais nous croyons tous au fond : que le monde n’est que le monde de l’homme. Le vocabulaire technique, devenu le seul organe palpateur de notre civilisation, transforme les créatures en « biodiversité » et le désastre en problème technique ».
    C’est exactement ça, oui. Nous avons à nous réapproprier les mots pour défendre ces vies, pour dire à quel point elles sont des merveilles, pour décrire leurs couleurs, leur grâce, le lien affectif et vital qui nous relie à elles.

  27. En réponse à Valérie et à Frédéric (eux-mêmes louve & loup dans le nom et dans l’âme)je dirai que l’inconfort d’avoir 2 prénoms m’a aidé à assumer très tôt (à l’école, au Lycée) cette dualité qui est déjà un premier pas vers la diversité. A tel point que je me reconnais à ce jour plutôt dans l’espace vacant qui les sépare, interstice qui m’est dû, comme vous est due, à vous Frédéric, l’ombre des arbres de votre jardin et la visite d’un renardeau, et à vous Valérie, la force du grand requin blanc, énergie totémique des polynésiens.
    Cela me donne aussi plus de facilité à capter ce qui se joue dans l’espace blanc entre vos deux messages qui se sont allumés à quelques instants d’intervalle: La certitude que sans se connaître des êtres par nature différents peuvent s’accorder d’instinct, non pas seulement sur des valeurs, mais aussi sur des impressions et encore sur des affinités (de textes, d’auteurs, de libres expressions et de lettres ouvertes). Il est clair que c’est dans cette matière “blanche”, invisible à l’oeil nu ou au microscope, visible peut-être, en lambeaux épars dans le cosmos, au téléscope, que se joue rien moins que l’avenir de l’humanité.
    Car enfin, on est là, trois inconnus réunis dans ce blog, parce que Fabrice a laissé la porte ouverte, qu’on a vu de la lumière et qu’on est entré, pour prendre le temps de parler de Bhaskar Save, de loup, de requin blanc et de renardeau. Tout cela n’est pas si mal! Qui a dit que l’humanité … Chut!!! Profitons de l’instant créé, de l’interstice … car c’est notre vacuité.

  28. Duval Gil Garcin,
    Je déambule dans « l’espace blanc », dans la vacance, dans la « matière blanche » des impressions complices. Je cherche des mots comme d’autres cherchent de l’or ou bien encore le loup. Sans savoir ce que je cherche vraiment, l’or des mots, le loup ou le chemin vers eux. Chercher à dire ce qui n’est pas nommé, pas visible, relève sans doute de la gageure.

    Il se trouve que cette idée d’espace blanc me parle. Pas seulement à cause des zones blanches sans ondes artificielles, des interstices où pourraient vivre des humains devenus hyper-sensibles.
    J’y vois aussi des lieux préservés, les derniers territoires vierges de notre emprise humaine, qu’elle soit technologique, industrielle, jargonnante…
    Souvent, je me dis qu’il ne faudrait qu’effleurer les choses, y compris dans la manière de préparer la terre où l’on sème. Avoir des gestes lents. Ne rien s’approprier qui ne soit vital.

    Ce qui me fascine tant chez le loup ou le renard, c’est peut-être bien leur liberté. Leur côté sauvage à jamais. J’avais entendu parler d’une tentative avortée de domestication d’un renard. J’en avais été rassuré. Comme j’avais été rassuré d’apprendre qu’il avait réussi à déjouer l’obstination meurtrière de l’homme à son encontre depuis des siècles.

    D’une certaine façon, ces animaux flamboyants nous parlent des marges, des interstices que nous ne devrions approcher qu’à marche lente, sans autre but que regarder.

    Je me souviens du jardin de ma grand-mère et du coin de friche tout au fond. Il m’était interdit d’y aller, en raison d’un trou dans lequel j’aurais pu tomber. J’avoue que j’y ai cru pendant toutes mes années d’enfance.
    De trou, il n’y en a jamais eu, évidemment. Mais la légende est restée en moi.
    Aujourd’hui, je vois cet espace comme une limite posée à ma curiosité, à ma présence qui pourrait déranger, mettre en péril des vies invisibles à mes yeux myopes. Un espace blanc, où, pour reprendre vos mots et en en changeant peut-être un peu le sens, « se joue rien moins que l’avenir de l’humanité ».

  29. Valérie, Frédéric, tout cela est très visuel. Vos messages proviennent de vos sensations (les sens produisent du sens) soudaines (l’encre noire du Midi Libre dont l’alerte est inquiétante) ou lointaines (le trou noir au fond du jardin dont la menace est effrayante)et voyez comme s’en échappe la fumée grise des mots conceptuels dont les lettres sont vouées aux flammes d’un foyer (“biodiversité”) ou aux vents du temps passé ( la peur de “tomber”). Voyez comme la même matière noire vient de la “matière grise” et y retourne. Des cerveaux conditionnés, “instruits” et “informés” de nos contemporains giclent des peurs lâchées comme de l’encre de seiche pour faciliter la fuite et se défendre de l’un des innombrables prédateurs réels (la dispartion accélérée des espèces animales / végétales) ou imaginaires (un gouffre avaleur d’enfant). Voyez comment nos totems animaux colorent cet espace mental à bon escient, le rouge de la livrée du renardeau et le flamboiement de la fourrure du loup ne sont pas peu! et le blanc du grand requin est bien la somme des couleurs primaires (comme la révèle l’arc-en-ciel et comme la brandit la “Wifala”,drapeau des indigènes des Andes, descendants de peuples inter-stellaires de Tiwanaku qui ont précédé les Incas de plusieurs millénaires). Le bestiaire qu nous partageons n’est pas moindre! Il témoigne d’un océan primordial d’où tout provient et où tout revient, et d’une forêt primigène où tout le vivant terrestre se génère et se régénère. Prenons en soin … Il nous ramène à la Lettre Ouverte de Bhaskar Save au bas de laquelle (rubriques Agriculture / Beauté) vous trouverez le commentaire que je dois à Valérie (à propos du poids des mots et de la menace des “ersatz”). Bonne journée de printemps à vous deux …

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