Et les armes chimiques françaises, M.Hollande ?

Cet article a paru dans Charlie Hebdo le 11 septembre 2013

La morale est devenue un jeu télé. La France gaulliste a oublié les armes chimiques de B2 Namous. La France socialo a oublié les 5 000 morts d’Halabja.

Hollande est un magnifique rigolo. On le savait, mais son numéro sur la France éternelle, morale en bandoulière, crève le plafond. Il ne serait donc pas supportable que notre glorieux pays laisse un abominable dictateur – Assad – user d’armes chimiques contre ses petits nenfants.

Bon, on a le droit d’aimer les fables. On a aussi le droit de connaître l’Histoire. Le 16 mars 1988, des Mirage made in France larguent sur la ville kurde – irakienne – d’Halabja des roquettes pleines d’un cocktail de gaz sarin tabun et moutarde. 5 000 morts. Des gosses figés au sein de leur mère. Mitterrand, alors au pouvoir, s’en contretape et ne dit pas un mot. L’urgence est de soutenir Saddam Hussein, raïs d’Irak, contre les mollahs de Téhéran. Et que l’on sache, pas un mot de Hollande, en ce temps l’un des experts du parti socialiste.

Mais ce n’est pas exactement tout. La droite sarkozyste, si elle était autre chose qu’une bande, fermerait gentiment sa gueule. Or elle piaille. Or Fillon, Jacob, Copé et tous autres miment les donneurs de leçons. Il est vrai que ce n’est pas demain la veille qu’ils devront s’expliquer sur la base secrète B2 Namous.

Cette sombre affaire commence dans les cerveaux gaullistes dès le retour du noble Général au pouvoir, en juin 1958. De Gaulle a l’obsession qu’on sait : la grandeur, par la puissance. Et cette dernière ne peut exister selon lui sans la bombe, la vraie, la seule. La première bombe atomique de chez nous explose le 13 février 1960 dans la région de Reggane, au cœur d’un Sahara alors français. Ce qu’on sait moins, c’est que le pouvoir gaulliste deale ensuite avec l’Algérie d’Ahmed Ben Bella pour conserver au Sahara des bases militaires secrètes. Les essais nucléaires français, devenus souterrains, continuèrent dans le Hoggar, près d’In Ecker, jusqu’en 1966.

Pour la chimie, forcé, les choses commencent avant. La France a signé en 1925 une convention internationale interdisant l’utilisation d’armes chimiques, mais que valent les chiffons de papier ? Entre 1921 et 1927, l’armée espagnole mène une guerre d’épouvante chimique contre les insurgés marocains du Rif. Et l’on sait maintenant que la France vertueuse avait formé les « techniciens » et vendu phosgène et ypérite à Madrid.

C’est dans ce contexte sympathique que la France de 1962, celle des Accords d’Évian, arrache aux négociateurs algériens du FLN des contreparties à l’indépendance. Notamment le maintien de bases militaires. Outre Reggane et In Ecker, B2 Namous, un polygone de 60 kilomètres par 10 au sud de Béni Ounif, non loin de la frontière marocaine. Personne n’entend parler du lieu avant un retentissant dossier publié dans Le Nouvel Obs en 1997, sous la signature de Vincent Jauvert.

En résumé, nos vertueux soldats ont utilisé sur place des grenades, des mines, des obus et bombes, des missiles même, tous chargés de munitions chimiques parmi les pires. Jusqu’en 1978, c’est-à-dire jusqu’à nos héros bien connus, Raymond Barre et Giscard d’Estaing. Dans une note de l’état-major français, publiée par Jauvert, on peut lire : « Les installations de B2-Namous ont été réalisées dans le but d’effectuer des tirs réels d’obus d’artillerie ou d’armes de saturation avec toxiques chimiques persistants ; des essais de bombes d’aviation et d’épandages d’agressifs chimiques et des essais biologiques ».

Et la sarabande ne s’arrête pas là. En 1997, le ministre de la Défense – le preux rocardien Alain Richard est aux commandes – fait répondre à Jauvert : « L’installation de B2 Namous a été détruite en 1978 et rendue à l’état naturel ». En février 2013, le journaliste de Marianne Jean-Dominique Merchet révèle qu’un accord secret a été conclu entre François Hollande et l’Algérien Abdelaziz Bouteflika. Et il porte sur la dépollution de B2 Namous, « rendue à l’état naturel » trente ans plus tôt. Sans précision, le site, qui n’est protégé par aucune clôture, contiendrait bon nombre d’obus non explosés et des produits chimiques « à manier avec une grande prudence ». B2 Namous, combien de morts ?

Hollande, soldat de la morale universelle, n’a qu’un mot à dire pour que l’on sache enfin la vérité.

24 réflexions au sujet de « Et les armes chimiques françaises, M.Hollande ? »

  1. Je dois être un peu bête, mais pourquoi faut-il interdire les armes chimiques ? Le principe des armes de guerre, c’est de tuer, non ? Et le plus efficacement possible. Pourquoi supprimer les armes chimiques ? C’est un reste d’antan ? On se souvient vaguement de valeurs chevaleresques ? Il y a une bonne manière de guerroyer ? On peut tuer avec des méga-bombes, mais pas avec du sarin ou autre ? La communauté internationale interdit le chimique, mais autorise le nucléaire ? Meuh non ! C’est pas ça. La communauté internationale, c’est-à-dire les Etats-Unis et ses suiveurs, s’autorise le nucléaire mais l’interdit à certains, parce qu’il y a les bons et les gentils. Comme elle s’autorise les armes chimiques et les interdits à certains. Parce qu’il y a les bons et les gentils (vu à la tv, donc c’est vrai). Du gros foutage de gueule, ce que montre cet article.

  2. Il y a aussi les essais en Polynésie, les armes à uranium appauvrit permettant à certains de se débarrasser de déchets nucléaires comme l’armé américaine en Irak ou en Yougoslavie.

  3. Bravo pour cet article. Merci.

    Contrairement a ce que pense Manu, les armes ne sont pas toutes egales. Il y a probablement mille manieres de tuer, de faire du mal, et toutes SONT differentes.

    Tout prendre en vrac dans le meme panier c’est s’interdire toute action, toute pensee, toute reflexion. C’est accepter le statu quo et finalement en etre complice.

    A l’epoque chevaleresque, la noblesse n’avait pas le droit d’utiliser des armes que l’on lance. On n’avait le droit de tuer des humains qu’en tenant l’epee a la main. (les lances etaient pour la chasse). Vous imaginez ce que ca veut dire? Cela veut dire qu’on etait oblige d’assumer physiquement l’acte de blesser ou de tuer.

    On peut se demander si les bombes atomiques meritent le nom « d’armes ». Je pense qu’elles n’ont pas cette dignite. Ni les gaz, ni les empoisonnements collectifs (uranium appauvri) ni les contaminations deliberees (qui ont aneanti les Indiens d’Amerique) ni le viol, ni la torture, ni la drogue, ni les mines.

    Tout ne se vaut pas, meme si c’est utilise a grande echelle.

    Je me souviens encore du militaire Francais, qui lors d’une manifestation contre le centre de commandement de Taverny, m’a dit brievement, les yeux dans les yeux, apres avoir lu mon panneau sur lequel etait ecrit « non au terrorisme nucleaire Francais »:

    « Vous avez raison ».

  4. Laurent, quand vous écrivez « Contrairement a ce que pense Manu », vous vous plantez. Eventuellement, vous auriez pu écrire « contrairement à ce que semble penser Manu » : penser de travers avec prudence est préférable ! 😉
    Ma référence à la chevalerie n’est pas anodine. Et mon propos était clair, il me semble (je suis prudent !). Dénoncer le gaz syrien, quand on en a soi-même officieusement, c’est moyennement malin (sauf auprès de ceux qui regardent JP Pernaut pour s’informer). Dénoncer le gaz syrien quand on a soi-même un arsenal nucléaire, c’est se foutre de la gueule du monde.

  5. L armée espagnol bien aidée par l armée française ont massacré les rifains sans ménager en effet bombardements et ypérite, mais c était avant maintenant on est des gentils

  6. Comme Fabrice aime à rappeler l’histoire, je tenais à rappeler à L. Fournier que les chevaliers normands se battaient à la lance lors de l’invasion des iles saxones (cf tapisserie de Bayeux) et plus tard la chevalerie française s’est fait laminée par l’archerie galloise lors de la bataille d’Azincourt.
    Qu’au XIII s, on lançait, à l’aide de trébuchet, des cadavres pestiférés dans les villes assiégées (cf la marche de l’histoire la semaine dernière)
    je déteste la guerre.

  7. Manu, on est probablement d’accord sur l’essentiel, mais par contre je ne suis pas du tout d’accord avec la formulation de votre premier commentaire.

    DD: Merci pour vos points d’histoire, que je ne connaissais pas. Il y a probablement eu une lente degringolade de la guerre aristocratique d’antan (mais qui sans doute n’a jamais vraiment existe) a la guerre terroriste d’aujourd’hui, degringolade qui signifie en fait la destruction progressive de toutes les regles de la guerre. Par exemple, les Espagnols utilisaient leurs dogues pour massacrer les Indiens d’Amerique centrale, dont les regles aristocratiques de la guerre etaient si elaborees qu’ils n’avaient strictement aucune chance de gagner… Donc, si la « guerre noble » n’a probablement jamais vraiment existe, il y a quand meme un mouvement de degringolade tres clair, et pour moi la bombe atomique est le symbole de la degringolade complete.

    Je crois qu’on ne peut pas avoir la meme position sur la guerre selon l’endroit ou l’on vit, car la guerre signifie quelquechose de tout different selon que l’on vit en Afghanistan, a Paris, a Damas…

  8. Pour rester sur le sujet de Laurent Fournier (mais oui nous sommes d’accord -1er com au 2nd dégré), les manières de faire la guerre, un souvenir de documentaire sur des casques bleus kenyans en ex-Yougouslavie : ils étaient effarés (du moins certains) de voir des gens tuer en appuyant sur un bouton ; il comparaient avec leur manière de faire traditionnelle, en usage il y a encore peu : quand on a un homme au bout de sa lance (ou sa pique ?) ou de son épée, sa dague ou autre, on peut retenir son bras. Et l’on engage sa vie aussi.

  9. Petites questions anodines : pourquoi ne fait-on jamais la relation entre l’acceptation totale par nos gouvernements, France en tête, de l’utilisation massive de pesticides dans l’économie(pour rappel seulement dans l’agriculture et le jardinage, 63 700 tonnes de pesticides ont été utilisées en 2012 en France)et les rodomontades sur l’emploi allégué d’armes chimiques par le gouvernement syrien, qui serait la faute ultime. Un peu de cohérence serait salutaire (sans compter effectivement le fait qu’il parait normal aux mêmes de disposer d’une arme de destruction totale).
    Les écosystèmes se meurent il n’est qu’à regarder en se promenant comme les arbres et les arbres se portent de plus en plus mal. De même que les êtres humains se vident… Observez et vous verrez…

    « La production de produits chimiques nocifs pour l’environnement
    – source eurostat
    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.php/Chemicals_management_statistics/fr

    La production agrégée de ces produits chimiques dans l’UE-27 a augmenté de 10,1 % au total entre 2002 et 2007 pour atteindre un pic de 194 millions de tonnes. La production a chuté de 32 millions de tonnes (-16,5 %) au cours des deux années suivantes et s’est établie à 162 millions de tonnes, soit 8,1 % de moins qu’en 2002. En 2010, la production de produits chimiques nocifs pour l’environnement a augmenté de 22 millions de tonnes (+13,6 ²%) pour s’élever à 184 millions de tonnes.

  10. Cher Fabrice
    Ta critique de la gauche est celle des trostkystes. J’ai été trotskyste, maintenant je suis bien plus écologiste,exactement comme toi
    j ai lu tous tes excellents livres.
    Je ne renie pas pour autant l’ apport de Marx par sa critique du capitalisme et l’ idéal communiste.
    Mais je pense que les trotskystes ( les vrais c’est à dire lutte ouvrière et pas ces horribilus lambertistes … existent- il toujours ? ) sont indifférents et ignorants de la nature et de la biodiversité. Et là je me sépare d’eux. En revanche je ne vois pas comment on va construire une société respectueuse des forêts, des océans, de la nature, … dans le cadre du capitalisme, c est à dire une société qui appartient à une minorité et dont l’économie est soumise à un marché anarchique et sans planification.

  11. Cher Christian,

    Tu commets une sérieuse erreur, car ma critique n’a rien à voir, de près, de loin ou de travers, avec celle des trostkistes. J’ai dit dans un texte tout récent, publié ici, pourquoi je ne suis pas de gauche. En outre, me replaçant avec peine dans l’ancien débat – qui n’a plus aucun sens à mon avis -, sache que je place dans le même sac d’épouvante tous ceux qui défendent ou ont défendu la révolution bolchevique. Su i tu me permets cet anachronisme, je suis du côté de Makhno – et même de Dan, à y bien réfléchir -, du côté des insurgés de Kronstradt, en 1921, du côté du Poum et de la CNT à Barcelone, en mai 1937. Non, trostkiste, non, tu fais fausse route.

    Bien à toi néanmoins, et au plaisir de te trouver ici.

    Fabrice Nicolino

  12. fabrice
    je n ai pas dit que tu etais trostskiste .. je sais que tu ne l es pas mais par exemple puisque tu t interesses a la guerre d espagne qui d autre que trotsky n a denonce au jour le jour les crimes des staliniens contre le poum, cnt et la revolution en cours et ce n est qu un exemple ….
    Trotsky est un immense bonhomme et tu connais sa fin mais bref je ne cherche pas a te convaincre la dessus !
    je te suis sur l ecologie j aime immensement la nature et sa destruction partout au nom du pseudo progres , croissance etc est juste abjecte, stupide mais les forces derriere cette destruction sont l individualisme, egoisme, recherche du profit, misere , haine de la nature sauvage …

  13. Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT, écrivait en 1972 que la croissance et l’idéologie de la consommation obsession « non seulement ne répondent plus aux besoins humains fondamentaux mais ne peuvent plus être poursuivies sans conduire le monde à la catastrophe ».
    Le lien était déjà établi à l’époque entre la recherche effrénée de gains de productivité et l’exploitation intensive des ressources naturelles, d’une part, et la dégradation des conditions de vie, du sens du travail et de l’environnement, d’autre part.

    (pris dans REPORTERRE article de D. MEDA du 20/09/13)
    40 ans après, ce diagnostic, bon je crois, et dérangeant pour beaucoup, pose la question du sens; et cette question du sens est devenue politiquement incorrecte peut-être parce que liée à l’idée de responsabilité et de cohérence morale; vaste programme en quelque sorte qui osera s’y atteler ? Ne faut-il pas chacun en prendre une part à notre niveau d’agir?
    Plus facile de louvoyer ou de jeter en pâture des leurres, pris pour tels par certains et pour gibiers authentiques par beaucoup.

  14. Toutes les nouvelles qui ne méritent pas d’être publiées (Znet)
    Noam CHOMSKY

    Le New York Times peut affirmer, sans mentir, qu’il est le journal d’information le plus important du monde. Il est dès lors intéressant de regarder ce qu’il choisit de ne pas nous dire. Tous les jours de nombreux exemples nous sont offerts. Aujourd’hui, jeudi 12 septembre 2013, par exemple.

    Le correspondant en Israël Jodi Rudoren nous dit que « l’éventualité d’une Syrie libre de toute arme chimique serait un grand soulagement pour Israël ». Le monde entier est d’accord pour dire que l’élimination des armes chimiques en Syrie serait une énorme réussite. Lors de son discours à la nation Obama a souligné que la Syrie doit se conformer à la Convention sur les armes chimiques (CIAC), laquelle interdit l’emploi des armes chimiques, a-t-il fait observer.

    Tout cela est vrai, mais très incomplet.

    La CIAC interdit « le stockage, la production et l’utilisation » des armes chimiques. Obama a prudemment éludé l’interdiction de stockage et de production, et les médias ont fait de même. Jodi Rudoren, par exemple, ne nous dit pas qu’il y a un État dans la région qui a annexé un territoire syrien, en violation des ordres du Conseil de sécurité de l’ONU, et qui en plus a produit et conserve de grands stocks d’armes chimiques : Israël. En raison de l’interdiction d’aborder le sujet, nous en ignorons les quantités.

    Nous lisons constamment que la Syrie est l’un des cinq États qui n’ont pas signé la CIAC, ce qui est vrai, mais c’est sans intérêt. Ce qui importe c’est la ratification, et il y a sept États qui n’ont pas ratifié la CIAC en plus des cinq qui sont mentionnés constamment : le Myanmar (ce qui est sans intérêt), et Israël (ce qui est très important).

    Le monde a les yeux tournés vers la Syrie, laquelle est en train de rejoindre la CIAC. C’est l’occasion parfaite pour imposer la CIAC à la région. Mais cela ne peut pas être fait ; on peut à peine l’évoquer. Essayez de trouver cette idée évoquée une seule fois par la classe politique ou par les médias. Cela est interdit par la doctrine états-unienne, à laquelle adhèrent religieusement les médias, et la communauté intellectuelle de façon générale.

    Dans un autre article Trip Gabriel écrit que d’importants membres de l’élite républicaine sont favorables à une attaque militaire « en partie pour envoyer un message quant à la résolution états-unienne face à des agresseurs potentiels, tels que l’Iran » – importante thématique, également reprise par Obama, Kerry, et les commentateurs médiatiques, lesquels ont pour réflexe de s’en tenir à la doctrine officielle de l’État. Ils disent que les États-Unis devraient lancer une agression de façon à signaler aux « agresseurs potentiels » qu’ils feraient mieux de suivre les ordres états-uniens – des agresseurs potentiels qui n’ont montré aucun signe d’agressivité, qui n’ont jamais commis d’agression, et qui n’auraient pas la capacité de déployer leurs forces s’ils faisaient ce choix, c’est ce que rapportent les services d’intelligence états-uniens.

    Il devrait être inutile d’aller plus loin dans le commentaire, mais c’est le principe de base, élémentaire, des États voyous comme les États-Unis. Nous commémorons par exemple actuellement l’anniversaire du 11 Septembre, le quarantième anniversaire, c’est-à-dire du 1er 11 Septembre, beaucoup plus important à tout point de vue que le deuxième, bien qu’on aurait du mal à s’en faire une idée si on s’en tenait aux commentaires qui ont cours ici. L’une des raisons qui font que le 1er 11 Septembre est le plus important, pour les États-uniens honnêtes, c’est que les États-Unis ont joué un rôle majeur dans cet immense crime. Un grand spécialiste des questions internationales, James Chace, anciennement éditeur du périodique Foreign Affairs, expliquait avec regret qu’il était nécessaire de « déstabiliser » le Chili (en renversant le gouvernement élu et en installant une terrible dictature) de façon à maintenir la « stabilité » (ce qui signifie respecter l’ordre états-unien). Cette pénétrante observation vient à l’esprit lorsque nous sommes pressés de lancer des agressions, crime majeur, pour mettre en garde ceux que nous choisissons de nommer « potentiels agresseurs ».

    Tout cela fait également penser à un principe de base des affaires internationales : le principe mafieux. Lorsque le parrain parle tout le monde obéit, ou sinon… La désobéissance ne peut être tolérée. C’est trop dangereux. « Le fruit gâté pourrait affecter les autres », comme disaient les planificateurs états-uniens ; « des dominos pourraient tomber », dit une autre version. Le « virus » pourrait faire « contagion », selon les termes d’Henry Kissinger, l’un des grands architectes du premier 11 Septembre. Comme les officiels et les commentateurs médiatiques l’expliquent maintenant il est décisif pour les États-Unis de maintenir leur « crédibilité », c’est ainsi que les parrains mineurs aiment les grands chefs de la mafia. Le monde doit comprendre que c’est ce que nous disons qui prévaut [« What We Say Goes »], pensée exprimée pare le président Bush I – le grand homme d’État Bush.

    Regardons finalement ce qu’écrit le commentateur Nicholas Kristof. À ceux qui seraient sceptiques face aux souhaits d’agression militaire d’Obama, gaillardement il explique que la menace de violence peut marcher. « Pendant des décennies la Syrie a refusé de confirmer qu’elle détenait des armes chimiques. Maintenant sous la menace d’une frappe limitée, sa position a brutalement changé, pour devenir : ’’Oh, finalement nous en avons ! Et nous voulons signer la CIAC ! Nous voulons les montrer aux inspecteurs des Nations Unies’’ ».

    Laissons de côté le bien utile mensonge selon lequel la Syrie avait refusé de confirmer détenir des armes chimiques jusqu’à ce que le parrain ne brandisse ses bombes. En fait, cela avait été admis il y a bien longtemps, ainsi que le rapportait le Financial Times de Londres, le 24 juillet 2012 – à la différence de l’État qui a illégalement annexé le territoire syrien, qui n’a jamais reconnu détenir des armes nucléaires, bien qu’il n’y ait aucun doute sur ce point.

    Le plus intéressant c’est que Nicholas Kristof ne dit pas non plus, comme tant d’autres ne l’ont pas dit avant lui, comme Obama. Il défend l’efficacité de la menace du recours à la force – ce qui est au passage contraire à la Charte de l’ONU, au cas où quelqu’un dans l’État voyou s’en tiendrait à de si basses considérations. L’affirmation est exacte, et il y en a beaucoup d’exemples. Parmi tant d’autres, la menace du recours à la force à permis à la Russie de contrôler l’Europe de l’Est pendant 40 ans. Elle a permis à Hitler de prendre la Tchécoslovaquie. Et il y beaucoup d’autres glorieux prédécesseurs. Le parrain et ses acolytes n’ont rien inventé.

    Noam Chomsky

    13 septembre 2013

    Source : http://www.zcommunications.org/all-the-news-that-s-not-fit-to-print-by

    Traduction : Numancia Martinez Poggi

  15. #

    vertmicel |
    Bonjour excusez-moi, c’est un peu long, mais même l’église s’en mêle…
    A toute l’équipe du journal « La Croix »

    copie : Nicolino, mes amis et autres

    Vous venez de m’envoyer à des fins publicitaires quelque exemplaires de la Croix, et je vous en remercie. Le numéro du 19 septembre me laisse stupéfait.
    (1)Un avènement qui fut un désastre
    Dans la page des forums vous laissez s’exprimer Monsieur Sorin qui est tout à fait intéressé de trouver une tribune, à fortiori chrétienne, pour y exposer d’une manière à l’évidence partisane.
    Commençons par le sous titre en vert « N’ayons pas la mémoire courte, et mesurons que l’avènement du nucléaire en France a marqué la fin d’un désastre humain. Ceci est Hérésie historique.”
    Je prétend avoir une mémoire plus longue que la sienne puisque plusieurs années nous séparent. Dans sa jeunesse, il n’a sans doute pas entendu parler de ZOË et sa petite quantité de plutonium MARCOULE et sa production de 100 kilo de plutonium/an, REGANNE et le saccage d’une zone de désert irradiée, les militaires un peu plus vieux que moi dont on parle aujourd’hui avec leur séquelles d’irradiation, BRÉNILIS qui nous a fournis des KW, et pour qui l’on ne finit pas de prévoir des sommes colossales pour un démantèlement exemplaire qui n’arrive toujours pas, LA HAGUE et ses découvertes de fuites dans la conduite sous mer, et les aires de stokage. Voilà historiquement, comment le mot nucléaire a été introduit en France.
    De Gaule a donné l’impulsion nécessaire pour lancer le programme électronucléaire. Puis arrivent les trente glorieuses, avec les chocs pétrolier, on a continué à nous faire gaspiller de l’électricité en chauffage notamment sur des maisons non isolées….
    Vous avez dit désastre OUI : désastre en humains, animaux, végétaux, qui on servis de test sous De Gaulle pour observer les résultats des bombes expérimentales, désastre financier dans des investissements colossaux pour prévoir et entretenir une force de destruction, désastre en pollution insidieuse par l’utilisation de toutes ces matières transuraniennes irradiantes.

    (2)Que viens faire cette publicité pour l’électronucléaire ?
    Mais les temps ont changé, l’ère de la maîtrise du nucléaire est arrivée. En France selon F. Sorin et ses amis, et seulement en France, (le pays au plus fort pourcentage de production électrique d’origine nucléaire au monde suivit par le Japon: tiens donc), nos centrales sont sûres, ou tout au moins le risque d’incident, est infiniment petit, soit, mais que peut déclencher un petit rien qui croît dans une cascade d’erreurs ou de failles ?, Point n’est besoin d’exemple. Permettez-moi de raisonner par l’absurde en faisant un copier collé : L’avènement de la suppression de l’automobile et des transports doit être considéré comme marquant la fin d’un désastre humain. L’avènement de la destruction des pharmacies et de leur produits toxiques doit être considéré comme la fin d’un désastre humain, ainsi que la suppression du gaz-oil, et on pourrait continuer la liste, toute activité sur terre est passible d’erreur plus on moins graves à un moment ou à un autre, mais les conséquences de la filière nucléaire sont ex-potentiellement destructrices. De plus pour un certain nombre d’humains, les règles de sécurité établies sont faites pour être transgressées, surtout quand l’appât du gain anime ces même personnes :Three Miles Island, Tchernobyl. Les incidents climatiques (ou de sécheresse) ne sont pas maitrisables quand à leur état, d’où des paramètres de conséquences difficiles à prévoir : centrale de Blaye, de Fukushima… Enfin le développement et la vulgarisation entraîne automatiquement une élévation du niveau potentiel de fuites, ou alors dites moi qu’il ni a aucun rejet de quelque nature que ce soit dans le fonctionnement normal d’une centrale, jusqu’à la fin (!) de traitement du combustible

    (3)Pourquoi cache t-on cette vérité ?
    Mais le plus est à venir, car toute activité sur terre produit des déchets, et le nucléaire comme les autres. Un peu d’humour n’a jamais nuit c’est pourquoi si je vous dis que vous montez sur les déchets qu’un chien rejette de son corps, c’est embêtant, mais même si vous mettez vos doigts dessus en lavant vos chaussures, vous n’en attendez aucune séquelle une fois tout lavé. Pour les déchets des centrales en feriez vous autant avec la même tranquillité, l’histoire nous apprend que Marie Curie à payé un lourd tribut. Les transuraniens dont le plutonium avaient entre-autre un client :le Japon, on fait quoi du MOX aujourd’hui ? On stocke ou on peut. Dites moi y a t-il de la place dans les cryptes de cathédrales ?
    N’est-il pas criminel de laisser à nos successeurs le pactole dont on ne sait pas ce que faire, alors que l’on continue de fabriquer des produits qui représentent un potentiel de souffrances et de mort pour les humains qui nous suivent : est-ce bien tolérable au yeux de celui qui nous a dit « Croissez multipliez-vous remplissez la terre et soumettez-là » Genèse 9-1. Si j’appelle çà homicide volontaire y a t-il une absolution pour cela ? Dans le nucléaire : les maladies, malaises, mort, destructions génétiques, empoisonnement de la chaîne alimentaires etc… se mesurent à long terme. Le plutonium est toxique et radio actif plus 10,000ans, chaque kw en produit
    Pouvez-vous laissez faire les grandes puissances industrielles et financières que sont les industries nucléaires détruire à petit feu ce que Dieu à laisser croître ?

    (4)Prophètes des temps modernes.
    Oui la vision des écolos avertis tel Nicolino est prophétique (à l’image de Dumont qui en pleine croissance nous a prédit la croissance de la famine, il a dit vrai: quand est-ce qu’on le béatifie ? )Nicolino nous mets en garde des dégâts, qui arriverons à nos enfants et petits enfants, par la volonté de décideurs (en l’occurrence pro nucléaire) qui n’ont d’autre objet que faire progresser leur capital argent, à travers le développement outrancier de leur bizness (vous ne pouvez servir Dieu et l’argent -Mattieu 6 24-34) (et l’homme est l’image de Dieu – Creation) sans avoir la volonté d’en mesurer les conséquences dramatiques à long terme, et de cacher la face la plus lourde, la plus problématique, et la plus coûteuse, la gestion des déchets.
    Des voix s’élèvent pour dénoncer le gâchis des récoltes que Dieu nous donnent et proposent une maîtrise de nos consommation, alimentation, déplacement.. et même l’église n’entend pas ces prophètes, occupée qu’elle est à entretenir son patrimoine de pierre. (Toi Jérusalem qui tue les prophètes…Matthieu 23-37)

    (5)Rassurez-vous !
    J’ai proclamé mes convictions mais point ne suis dans les sphères dirigeantes haut-placées, et j’aime à dire à mes amis : que même si dans ma vie de tous les jours, je respecte et j’économise au maximum les biens qui me sont donné sur terre, j’ai bien conscience de ne pas en faire assez et de fauter par négligence. Ma place est à coté du publicain pécheur repentant. Luc 18 9-14. Vertmicel 21 septembre 2013

    sept 21, 4:58 PM —

  16. Vertmicel, bravo pour votre reponse au billet extremiste et ignorant de Francis Sorin.

    Moi aussi j’aimais bien La Croix, du temps ou je le lisais sur papier, car c’etait un des rares quotidiens a donner parfois des bonnes nouvelles, et il faut du courage pour cela.

    Mais a chaque fois qu’il publiaient un article sur l’ecologie c’etait pour en denoncer « les risques ».

    J’ai aussi pas mal d’amis Chretiens, et je n’ai jamais compris pourquoi ils ont toujours un leger mouvement de recul face a l’ecologie. Ils sont toujours les premiers a ironiser sur ses contradictions, a douter des intentions, etc. Jusqu’a ironiser parfois lourdement lorsqu’ils mangent chez moi: « attention c’est du bio! » « il y a une difference de gout? » etc.

    Mouvement de recul qui serait a creuser, car il me semble qu’on ne le trouve pas chez les autres religions. Est-ce du a la conviction que la vie sur terre n’est qu’un purgatoire, un examen n’ayant d’autre but que la vie eternelle de l’au-dela, et que donc il ne convient pas d’attribuer trop de bonte a la vie sur terre?
    Je ne sais pas, et ce n’est peut-etre qu’une impression.

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