Ces si braves gens d’Alerte Environnement

Donc, ainsi que je vous en rebats les oreilles et les yeux, je viens de publier Un empoisonnement universel (comment les produits chimiques ont envahi la planète), aux éditions Les liens qui libèrent (LLL). Le livre n’est qu’une vaste mise en accusation de l’industrie chimique, qu’aucune autorité n’est plus en mesure de seulement contrôler. Ivre d’elle-même, tourneboulée par sa toute-puissance, elle « invente » entre 20 000 et 30 000 substances nouvelles chaque jour. Chaque.

Mon livre est tout de même embêtant, car il est sérieux, documenté, et j’ose l’écrire, à peu près indiscutable. D’où la stratégie suivie vaillamment par l’industrie chimique, qui n’est pas née de la dernière pluie. C’est celle de l’étouffement. Ne rien dire, ne surtout rien dire qui pourrait amener de nouveaux lecteurs vers mon travail. Je me suis laissé dire – mais je dois reconnaître qu’une source unique n’est pas suffisante – que le silence était coordonné, organisé, conscient. Et j’ajouterai : lucide. Car en effet, dans cette histoire, il n’y a que des coups à prendre. Dans diverses virées médiatiques, ces derniers jours, j’ai dit ce que je pense sérieusement : pourquoi pas un débat entre le prix Nobel de chimie Jean-Marie Lehn, et moi ? J’en serais ravi, et l’on verrait bien ce qu’il y a à voir et à comprendre. M.Lehn, quand vous voulez.

Autre dimension, anecdotique à la vérité, mais plaisante. Un groupe d’amis fervents de l’industrie chimique – ceux d’Alerte Environnement – est épinglé dans mon livre, sous la forme simple d’un encadré, car ces amis-là ne méritent pas davantage. Ils disposent d’un site internet qui serait – conditionnel de rigueur – fréquenté : http://alerte-environnement.fr/. Qui sont-ils ? Vous lirez plus bas – cadeau – les quelques pages que je leur consacre dans mon livre, ainsi que le chapitre que René Monzat leur a accordé dans son livre Enquêtes sur la droite extrême. Je crois que vous en conviendrez, cela vaut la peine de savoir. Très présents dans nombre de structures, ils conduisent des personnes aussi estimables que Stéphane Lhomme, de l’Observatoire du nucléaire, à dialoguer sans cesse, via des listes de discussions sur le net, avec un Emmanuel Grenier, lui assurant ainsi, à terme, une légitimité à laquelle il n’a évidemment aucun droit.

Pour l’heure, ces excellentes personnes larouchistes se taisent, en accord avec leurs soutiens les plus chers de l’industrie chimique. On verra demain. On verra s’ils parlent de mon livre ou pas. Dans les deux cas, ce sera instructif. D’ordinaire, ils dégainent plus vite que leur ombre. Un dernier mot : j’ai toujours besoin de vous. Le bouche-à-oreille peut changer le destin d’un livre. Si vous me faites l’honneur d’en parler autour de vous, il y a toutes chances pour qu’un succès se transforme en triomphe. À l’avance, merci, et souvenez-vous qu’un mot peut faire basculer un être.

En attendant, l’encadré sur Alerte Environnement paru dans mon livre, suivi du chapitre que consacre Monzat aux larouchistes en 1992. À vous lire, chers amis.

DANS MON LIVRE :

Ces étranges amis de Jacques Cheminade

Il peut sembler exagéré d’aborder ce dossier, mais le petit groupe des larouchistes français joue un rôle important, bien que discret, dans la défense et illustration de l’industrie chimique mondiale. On ne parle d’eux qu’à vois basse, on craint leurs réactions, on suppute leurs moyens, qui semblent grands en effet. Mais qui sont-ils ?

L’industrie peut compter en France sur un singulier lobby, sorte de glu qui porte plusieurs noms, ce n’est pas simple à décrire. Le labyrinthe est volontaire, et disons qu’il faut bien tenir en main un fil d’Ariane. On commencera par deux sites internet, très lus, y compris par des naïfs, qui paraissent n’y voir que du feu. Par ordre d’apparition, Alerte Environnement et Agriculture et Environnement.

Le jeudi 5 avril 2007, un billet prévient de la naissance d’un « tout nouveau blog, Alerte Environnement ». Nous sommes sur le site « La Recherche du bonheur », tenu par Emmanuel Grenier, l’un des personnages principaux de cette sulfureuse histoire. Grenier feint l’heureuse surprise, notant : « Tenu par une journaliste indépendante, Gwen Le Gac, ce blog expose avec un certain courage et beaucoup de pertinence les mensonges écolos du moment ». La fable précise que la « journaliste indépendante » se serait entourée d’agriculteurs de terrain. On trouve sur ce site des attaques ad hominem innombrables, qui n’ont qu’un seul but : disqualifier et au moins rendre suspects les écologistes combatifs, les scientifiques critiques, en particulier ceux qui s’attaquent aux intérêts de l’industrie chimique.

Les Larouchistes d’Alerte Environnement
Cicolella serait ainsi un grand « manipulateur ». Jean-Paul Jaud, auteur d’un documentaire choc sur les pesticides – « Nos enfants nous accuseront » – serait un « fanatique », et son film de « propagande ». François Veillerette a droit à des dizaines d’articles aux limites du délire, mettant en cause son intégrité, son intelligence, ses « mensonges ». Nadine Lauverjat n’est pas épargnée, de même que Marie-Monique Robin, Gilles-Éric Séralini, Corinne Lepage, Christian Vélot, Philippe Desbrosses, Dominique Belpomme, tant d’autres, dont l’auteur de ce livre. Les « enquêtes », souvent longues et remplies de détails, peuvent faire penser à un travail policier, aussi imprécis et trompeur que le sont de nombreuses fiches conservées dans les ordinateurs du ministère de l’Intérieur.

Impossible de savoir qui travaille à coup sûr pour Alerte Environnement, mais il s’agit d’un réseau. Sur le deuxième site, Agriculture et Environnement,
le leitmotiv est voisin : défense véhémente, militante, outrée des pesticides, des OGM, du « progrès technologique », attaques en piqué contre tout ce qui critique la chimie industrielle. Dans ce contexte, et comme sur Alerte Environnement, le DDT, interdit en France depuis 1972, est l’objet d’une réhabilitation constante.

Pour comprendre, il faut remonter à une structure apparue au début des années 70. L’essayiste René Monzat y a consacré un chapitre dans un livre publié en 1992 (Enquêtes sur la droite extrême, le Monde éditions). En voici le début : « Le Parti ouvrier européen, POE, est apparu, entre 1974 et 1975, simultanément dans une dizaine de pays européens, éditant en autant de langues des journaux techniquement soignés, maquettés de façon identique. La ligne ? Extrême-gauche : “Nous ferons ce que Karl Marx, Rosa Luxembourg et Lénine auraient fait aujourd’hui”. Les militants du POE distribuent leurs tracts durant les manifestations syndicales, du part communiste et de l’extrême-gauche ». On notera que ce POE-là évoque les bienfaits de la fusion thermonucléaire, nullement incompatible, il est vrai, avec le soutien aux vieux staliniens.

Olof Palme était-il un « archidémon » ?
Brutalement et sans explication, le POE évolue vers la droite. Une droite folklorique, qui prend position, à nouveau, pour la fusion thermonucléaire et la « guerre des étoiles », programme d’armement spatial défendu par le président américain nouvellement élu – à la fin 1980 -, Ronald Reagan. Le délire n’est pas loin. Aldo Moro, le chef politique italien tué par les Brigades rouges, est un agent de Rockefeller, Kissinger prépare un coup d’État communiste, le Premier ministre suédois Olof Palme – qui finira assassiné – est « un archidémon », Michel Foucault, la direction du quotidien Libération, André Gorz sont des agents de la CIA.

Monzat, s’appuyant sur des sources solides – il n’a d’ailleurs pas été poursuivi -, pense que les zigzags ont un sens. Le POE serait proche des services de renseignements militaires américains, en guerre permanente contre la CIA, organisme civil. Tout viendrait d’une personnalité hors-normes, bien connue aux Etats-Unis, Lyndon LaRouche. En France, les larouchistes, sont réunis de longue date autour de Jacques Cheminade – qui se présentera aux élections présidentielles de 1995 et 2012 -, et forment une nébuleuse qui ne cesse d’effacer ses traces. Dans les années 80 et 90, les larouchistes français ont dirigé à Paris l’Institut Schiller et les éditions Alcuin, publiant des livres très anti-écologistes, dont l’un sur la couche d’ozone (Ozone, un trou pour rien, 1992).
La revue Fusion attire davantage le regard, car elle sera publiée pendant près d’un quart de siècle, entre 1982 et 2006. On ne s’étonnera pas de son obsession pour la fusion thermonucléaire, l’un des rares points fixes de cette histoire mouvante. Ouvrons le premier numéro disponible, soit le 47. Le rédacteur-en-chef n’est autre qu’Emmanuel Grenier, celui qui prétendait découvrir en 2007 l’existence du blog « Alerte Environnement ». Pendant 24 années, cette revue sera portée à bout de bras par quatre personnes : Jacques Cheminade, Emmanuel Grenier, Gil Rivière-Weckstein ; et aux Etats-Unis Lyndon LaRouche, leur maître.

Les étonnantes amitiés de la revue Fusion
De quoi parle Fusion ? De l’intérêt des phosphates, des bienfaits des nitrates, de l’inexistence d’un réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. Mais c’est dans le nucléaire que Fusion s’est le mieux illustré. Dans un éditorial du numéro 67 (septembre octobre 1997), Grenier écrit : « Le nucléaire n’est donc pas un “mal nécessaire”, comme le pensent la majorité des Français qui y sont favorables. C’est un “bien indispensable”, qui marque une étape de l’histoire de l’humanité ».  Dans le numéro 65, on trouve une tribune « libre » d’un certain André Maïsseu, ingénieur à la Cogema (Compagnie générale des matières atomiques) – ancien nom d’Areva -, fondateur du « syndicat » Wonuc, ou  Conseil Mondial des Travailleurs du Nucléaire.
Dans le numéro 72 (1998), l’ancien responsable du CEA Jacques Pradel, ancien président de la Société Française de Radioprotection, évoque la radioactivité naturelle, bien plus élevée dans les profondeurs de la terre que dans les quelques centrales en surface. Dans ce même numéro, deux ingénieurs de premier plan de Framatome – fondu dans Areva – envisagent la fabrication d’un nouveau réacteur, qui pourrait incinérer le plutonium militaire russe. Dans le numéro 74  (1999), le chef du département « Fusion contrôlée » au CEA, Jérôme Pamela, fait le point sur le projet stratégique Iter. Du pain bénit pour les larouchistes, qui tiennent l’opération pour un chef-d’œuvre.

La fine fleur de la nucléocratie française n’aura cessé d’intervenir dans un journal créé par Jacques Cheminade, sans qu’aucune explication ait jamais été demandée. On notera les mots d’Emmanuel Grenier au moment de l’arrêt de sa revue : « S’il serait exagéré de dire que « Lauvergeon m’a tuer », pour reprendre une inscription célèbre, il est certain que les bonnes relations que Fusion entretenait avec Framatome ont immédiatement cessé lorsque Mme Lauvergeon a pris en main AREVA, réunissant en ses mains tous les pouvoirs en matière de communication ». Rappelons qu’Anne Lauvergeon, ancienne « sherpa » de François Mitterrand, a été nommée à la tête d’Areva en 1999.

Emmanuel Grenier est sur tous les fronts
Que sont-ils devenus ? Bien que dissimulant leur passé, les larouchistes sont toujours en activité. Emmanuel Grenier est de tous les forums sur internet, où il ferraille par exemple avec le créateur de l’Observatoire du nucléaire Stéphane Lhomme, ce qui lui donne, année après année, une légitimité accrue. Il se présente de la sorte : « Je suis journaliste scientifique, spécialisé en santé, environnement et énergie. De formation initiale ingénieur électronicien j’ai passé dix ans dans une ONG internationale l’Institut Schiller [la place-forte larouchiste précitée NDA] où je suis devenu journaliste. J’ai été ensuite pendant dix ans le rédacteur en chef de la revue scientifique Fusion. (…) En 2003, j’ai animé le débat organisé par l’Académie de médecine dans le cadre du grand débat national sur l’énergie ».

Un débat, organisé par l’Académie de médecine ? Cela n’a rien d’anecdotique, car Grenier a réussi d’autres beaux coups de même espèce, sans jamais évoquer Cheminade ou LaRouche. Il a été ainsi l’une des chevilles ouvrières de l’« Institut de l’Environnement », créé en 1999 pour réhabiliter les nitrates. À l’initiative d’amis de la nature comme le Pôle européen de plasturgie ou des fleurons de l’agro-industrie bretonne, comme Doux, Gourvennec ou Bernard Salaison. Cet « Institut » a même organisé au Sénat un colloque – les 13 et 14 novembre 2000 – placé sous le parrainage du ministère de l’Éducation. On trouve dans les Actes la signature de sénateurs, du cancérologue Maurice Tubiana et du cardiologue Christian Cabrol, de quelques scientifiques actifs dans le lourd dossier de l’amiante. Tous sont de grands contempteurs de l’écologie. Parmi les contributeurs, Emmanuel Grenier, qui signe une intervention mêlant dans un vaste fouillis l’interdiction du DDT, le plomb, la couche d’ozone, l’arrêt de Superphénix.

Emmanuel Grenier n’a rien d’un proscrit : il est depuis des années le trésorier d’une association ayant pignon sur rue, l’Association des journalistes de l’Environnement (AJE). Et il est surtout, cela n’étonnera pas, un pilier du site « Alerte Environnement », tout comme son vieil ami Gil Rivière-Weckstein dirige le site jumeau Agriculture et Environnement.

À l’abri des associations de journalistes
Ainsi que Grenier, Rivière-Weckstein omet de parler de son appartenance larouchiste. On peut comprendre. Sur le site d’ « Agriculture et Environnement », la vie de Rivière-Weckstein est vaporeuse à souhait, passant du Danemark à la France et d’articles sans objet à des recherches imprécises. Sa grande réussite est de faire croire qu’il est l’auteur sérieux de deux livres, l’un en défense des pesticides tueurs d’abeilles et le second contre l’agriculture bio. Il n’est en tout cas plus un marginal et son implication dans l’Association française des journalistes agricoles (AFJA) le rend même fréquentable.

Certains ne s’en laissent pas conter aussi facilement. Pour le biologiste Jacques Testart, Rivière-Weckstein est « un lobbyiste authentique rémunéré par l’industrie pour contre-attaquer systématiquement toute critique de l’agriculture productiviste ». De son côté, la sénatrice Marie Blandin, qui en vu d’autres, écrit : « Sur tous les thèmes, [Agriculture et Environnement] attaque violemment ceux qui mettent en doute l’agriculture intensive et évoquent le réchauffement climatique. On y trouve des calomnies, des diffamations sur le professeur Belpomme, Greenpeace, Nicolas Hulot, le WWF ou l’association Kokopelli. Souvent des attaques sordides ».
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Le chapitre du livre de Monzat, qui date de 1992 :

24 réflexions au sujet de « Ces si braves gens d’Alerte Environnement »

  1. Bigre, je suis tout ému de lire que celui qui bataille avec moi sur des forums internet y gagne de la légitimité. Merci Fabrice (mais je crois que tu t’illusionnes sur mon « importance »).

    En l’occurrence, j’avoue ne pas toujours arriver à me dire « Laisse tomber, ne répond pas à ces imbéciles », mais par contre je ferraille fort peu avec Grenier, à moins qu’il ne soit sous pseudo.

    Ce qui reste vrai et que Fabrice pointe à raison, c’est que divers organismes se présentent comme des écolos pour mieux promouvoir les pires horreurs environnementales.

    Le plus connu de ces organismes s’appelle d’ailleurs EELV…

  2. Quand j’étais gosse on prenait grand soin la nuit venue de ne pas ouvrir les fenêtres avec l’éclairage intérieur allumé. Faute de quoi des nuées de bêtes bourdonnantes envahissaient les maisons et se faisaient souvent rôtir sur les ampoules brûlantes. Hier soir, fenêtres ouvertes et loupiotes plein feu, j’ai vu deux moustiques dans la cabane et c’était la première fois depuis un an que j’y habite.

    http://partageux.blogspot.fr/2014/10/lecologie-ca-commence-bien-faire-ter.html

  3. Cela fait longtemps que Lyndon Larouche et ses disciples pratiquent cette methode, qui semble leur reussir: Se cacher derriere des idees a-priori sympathiques, meme si bizarrement composees, melant pele-mele Schiller, Kepler, « les BRICS » et Brunelleschi, sans JAMAIS avoir rien fait d’eux-memes, de leurs propres mains ou avec leur propre stylo! Non seulement aucune recherche, mais meme aucune enquete, rien. C’est donc de la pure communication, au service de ceux qui les payent, et qui par consequent s’adapte en permanence aux parametres de la vague sur laquelle elle surfe et qu’elle propose aux plus offrants d’inflechir la ou ils veulent. Du Joseph Goebbels « bien compris », en notre epoque pressee qui ne lit plus les livres mais croit savoir ce qu’il faut en penser, du fascisme mou tout pret a se durcir.

  4. Extrait du dernier article de alerte environnement à propos de la volonté de Royal d’anticiper l’interdiction du deserbage chimique dans les espaces verts :

    « En effet, aucune solution alternative au glyphosate n’a pour l’instant été trouvée. Les autres méthodes, binette, eau chaude, chalumeau, sont bien plus onéreuses et pour l’environnement, bien pire que le glyphosate. »

    Édifiant !!

  5. Je ne connaissais pas Alerte Environnement mais son site jumeau sur l’agriculture, oui. Le sieur Rivière est un sacré coco lui aussi…
    http://www.buvettedesalpages.be/201 Gil Rivière-Weckstein3/11/gil-riviere-wekstein-defend-des-theses-qui-servent-les-multinationales-agroalimentaires-et-chimiques.html

  6. MERCI. 🙂

    Des lauréats du Nobel sonnent l’alarme sur l’état de la planète

    Paris – Plusieurs lauréats du Nobel vont mettre à profit la semaine de remise des célèbres prix pour tirer la sonnette d’alarme sur l’état de la Terre, gravement malade, mettant toute leur autorité dans un plaidoyer en faveur d’une révolution des comportements humains.

    Seule une utilisation plus intelligente et plus raisonnable des ressources permettra de sauver les écosystèmes dont l’humanité dépend, veulent rappeler ces onze personnalités, principalement des scientifiques, réunies à Hong Kong à partir de mercredi, parallèlement à l’attribution à Oslo des Nobel 2014.

    La situation est catastrophique, souligne Peter Doherty, colauréat 1996 du prix Nobel de médecine, qui participera à cette conférence de quatre jours, la 4e d’une série initiée par les Nobel et consacrée à l’état de la planète.

    Réchauffement du climat, déforestation, détérioration des sols et des ressources en eau, acidification des océans, pollutions chimiques, maladies liées à l’environnement, la liste des plaies planétaires est longue et ne cesse de s’allonger, relève-t-il.

    Ce qui signifie que les consommateurs, les entreprises et les politiques doivent désormais soupeser toutes leurs actions, explique M. Doherty à l’AFP.

    Nous devons penser durabilité – durabilité alimentaire, durabilité de l’eau, durabilité des sols, durabilité de l’atmosphère, insiste-t-il.

    A Hong Kong, les Nobel se pencheront sur le défi que représente la hausse possible des températures de +4°, soit le double de la limite de +2° que s’est fixée la communauté internationale.

    Derrière leurs préoccupations, se trouve le constat sans cesse confirmé, et chiffré, que l’humanité vit au-dessus de ses moyens.

    Ainsi le rapport Planète Vivante 2014 du WWF rendu public mardi rappelle-t-il qu’à l’heure actuelle, l’être humain dévore une Terre et demie par an. Autrement dit, nous consommons 50% de ressources naturelles de plus que ce que la planète est capable de régénérer.

    Le péril semble imminent, constate l’astrophysicien australo-américain Brian Schmidt, colauréat du Nobel 2011 de physique pour sa démonstration de l’accélération de l’expansion de l’Univers.

    Notre consommation de ressources croît de manière exponentielle, afin de servir les quelque 9 milliards de personnes annoncées sur la terre d’ici 2050, qui veulent mener la vie que nous menons en Occident, souligne-t-il. Nous sommes sur le point de créer plus de dommages au cours des 35 prochaines années qu’au cours des 1.000 précédentes.

    Pour l’Israélienne Ada Yonath, colauréate du Nobel 2009 de chimie, il ne s’agit pas juste de préserver les animaux et les plantes: l’humanité doit aussi être plus prudente à l’égard de ressources comme les antibiotiques.

    – L’énergie et encore l’énergie –

    Quelles solutions alors’ Plusieurs Nobel voient dans l’énergie une priorité.

    Les énergies fossiles doivent être remplacées le plus vite possible par des ressources plus propres et des technologies nouvelles dont, étape tout aussi cruciale, doivent aussi bénéficier rapidement les pays émergents.

    Car si ces Etats restent à l’écart, ils auront encore et toujours recours à des ressources fossiles pour se développer. Ce qui conduira à une modification climatique majeure et pourrait bien déstabiliser une large portion de la population mondiale, prévient Brian Schmidt.

    Autre préoccupation, retirer les oeillères d’une partie de l’opinion sur ces sujets – tout en expliquant patiemment au public pourquoi le changement peut être à son avantage.

    George Smoot, colauréat 2006 du Nobel de physique pour ses travaux sur le Big Bang à l’origine de l’Univers, donne l’exemple de l’éclairage au LED, qui remplace de plus en plus les traditionnelles ampoules à incandescence.

    Mais une belle innovation ne suffit pas, ajoute-t-il. Elle doit être utilisée largement, et cela commence avec la compréhension de chacun. Alors il nous faut des solutions — pour que les autorités autorisent et encouragent, pour que les gens adoptent. Cela marche quand tout le monde comprend les bénéfices, à la fois pour l’ensemble et pour chacun.

    04 octobre 2014

    http://www.youtube.com/watch?v=1rOpN-jHy6s

    Bien a vous,

  7. Un polar édité chez Rivages/Thriller de Anne Rambach qui est présentée comme journaliste, écrivain et scénariste. Son titre : Ravages.
    Le sujet: l’amiante.

    Une dénonciation décortiquée des lobbies industriels et de leurs méthodes, des implications des politiques, magistrats, professionnels de santé et experts.

    La méthodologie de l’industrie contre les gêneurs (on pense à la charge récente contre le Pr Séralini, évoquée plus haut par Fabrice Nicolino) examinée à la loupe.

    1. 2017
      Réponse tardive
      Je suis agriculteur mixte bio et conv, et votre discours est dépassé
      Les agris conv n ont rien à envier à la bio
      Baisse d intrans et rendements du double voire du triple
      À propos des abeilles , l agriculture n est pas responsable mais le varroa
      Mais cela Hulot ( qui le sait)n ira pas le dire !!!

  8. Le silence autour d’un livre de qualité… il y a aussi le livre de Corinne Lepage « l’Etat nucléaire » dont on a bien trop peu parlé sans doute avant tout pour les raisons que vous évoquez au sujet de votre livre et c’est au sens propre inadmissible. Mais ce n’est peut-être pas le seul problème. Si toutes les personnes vraiment soucieuses de la bonne santé de la planète faisaient réellement les pas nécessaires pour se rapprocher, les messages vitaux seraient aussi plus audibles. Ce serait déjà ça.
    « et souvenez-vous qu’un mot peut faire basculer un être ». Oui .

  9. « et souvenez-vous qu’un mot peut faire basculer un être ».

    Nous allons vous faire basculer, avec douceur, dans le bon sens, sans bobo!

    AMOUR.
    Vous êtes un Amour.

    De vous impliquer a ce point, pour le juste, pour la vérité, pour que nos enfants, tout les enfants ne puissent un jour nous demander: Comment avez pu laisser faire tout ceci?

    Personne ne peut rien contre celui qui porte ce mot. Qui le porte en soi. Qui le respire, et le renvoi, a chaque seconde de sa modeste vie.

    Les remerciements ne seront jamais assez. C’est bien au delà des mots.

    Bien a vous, tous, toutes,

  10. Bonjour à tous,

    Je viens de recevoir une lettre de Gil Rivière-Weckstein, larouchiste bien connu. Il y dit que tout est faux dans l’encadré de mon livre concernant sa petite bande. Je ne la publierai pas, car je ne considère pas cet homme comme un interlocuteur. Il aimerait, mais non, pas chez moi. Le terrain de ses curieuses aventures est, je crois, suffisamment vaste comme cela. En outre (sourire), il me tutoie. Or je ne sache pas que nous ayons gardé les cochons ensemble. Les siens sont bourrés de molécules toxiques, je m’en serais rendu compte.

    Fabrice Nicolino

  11. Salut !
    a propos de certains silences …
    qu’en est-il du bazar hong-konguais ?
    qu’en est-il des manifs du 5 octobre à Gardanne et
    du prochain Jeudi 16 octobre à Florac (48) -siège du
    Parc National des Cévennes – contre E.on (et ses salopards associés) et sa centrale à biomasse ?

    Un certains brouillard enveloppe nos vallées cévenoles et pas seulement .

    A bientôt.
    Jean-Michel

  12. « Ce qui reste vrai et que Fabrice pointe à raison, c’est que divers organismes se présentent comme des écolos pour mieux promouvoir les pires horreurs environnementales.

    Le plus connu de ces organismes s’appelle d’ailleurs EELV… »

    Merci Stephane pour cette évidence qu’il est bon de ne jamais cesser de rappeler .
    La nocivité des « vers » est sans limites . Ce ne sont que les complices de la deuxième droite
    http://agone.org/contrefeux/ladeuxiemedroite/

    Les uns ont tué le socialisme ,les autres ont tué l’écologie et particulierement la lutte antinucléaire.
    Fabrice ,tu as oublié de les citer en tant que tueur de l’écologie mais c’est surtout comme leur complices de la deuxième droite, des tueurs d’espoir car depuis le 11 mai 1981 l’espoir a fondu comme la banquise .
    La droite extrème prospère sur le terreau de la misère sociale, et s’infiltre partout
    Le réacteur social part « tout doucement » en meltdown tout comme la biodiversité. En dehors des profits financiers, la principale préoccupation de la caste au Pouvoir est la gestion des turbulences sociales.
    Leurs troupes sont prêtes et les coups de flashball à la tête sont banalisés à souhait. (3 yeux crevés le 22 fevrier à Nantes.)
    https://nantes.indymedia.org/articles/30177
    Combien au Testet ?
    Le Capitalisme qu’il soit bleu rose ou vert c’est la mort

  13. Comme quoi un parti peut faire 0,2% aux élections et présenter beaucoup de nuisances.

    PS J’ai acheté le livre, le dernier disponible à la F..C, passionnant.

    Autre lecture intéressante, le journal CQFD de septembre sur le travail.

  14. En clair ce ne sont pas les mieux placés pour critiquer certains écolos bien-pensants et réactionnaires qui opposent par démagogie progrès social et technique comme la Pma et la GPA par exemple.

  15. je viens de terminer votre livre,un empoisonnement universel.
    etant un simple citoyen et ne comprennat pas grand chose a la chimie,vous m’avez fait rentrer dans un monde inconnue mais tres prennant.
    bravo pour ce que vous faite.

    1. Cela s était avant voici 20 ans
      Depuis les Productivistes redressent les erreurs de leur aîné
      Ils suffit de chercher un peu pour s en rendre compte mais ce n est pas avec Fabrice que vous avancerez sur le chemin de réalité agricole ni avec tous ses journalistes parisiens , je sais ce que je dis car j en connais plusieurs ayant passés les limites de la désinformation
      L agriculture conventionnelle est muselée depuis plus de 10 ans ainsi que la science agronomique et bien d autres choses
      A croire que nous ne vivons pas sur la même planète
      Les abeilles en sont le parfaite exemple
      Vous pensez que ce sont les agriculteurs qui les détruisent alors que ce eux qui les font vivre. Leur ennemi est un parasite le varroa venu d Asie depuis 20 ans et qui les de ciment
      Mais cela personne le dira car sinon tout le petit monde de la bio pourrait s effondrer
      Idem pour la fertilité des sols,la chimie n a aucune influence et au pire beaucoup que le travail du sol
      Lionel Ranjard chercheur avoue que certains bios sont bien lotis que les Pollueurs !!!
      Ce que je vous là,aucuns journaux parisiens n est pret à le dire

      1. Pas une voiture, Marco … une polo !
        Allez donc faire un tour sur les données des agences de bassin concernant l’état des rivières et des nappes phréatiques en France.
        😀

        1. Et bien les phytos retrouves sont essentiellement des anciennes molécules interdites depuis 10 ou 20 ans
          Dans mon secteur marnais le 51 , sur plus de 400 molécules recherchées, juste des traces d atrazine de temps en temps et ceci malgré 60 ans d agriculture dite intensive à proximité du puits de captage , es ce que célastique vous suffit ?

      2. A lire vos commentaire, trois options me viennent à l’esprit :

        – Vous faites partie intégrante de ces plumes à la botte du lobby de l’agrochimie
        (J’aimerais alors savoir combien vous rapporte vos prises de position indéfendables)

        – Vous vivez sur une autre planète (dans ce cas ayez la gentillesse de nous dire ou elle se situe et s’il vous reste de la place car ici la cupidité et la bêtise auront peut être bientôt raison de la nôtre)

        ou encore

        – Vous manquez cruellement de discernement (et c’est la version polie)

        Comment peut on encore nier la responsabilité de la sur-utilisation des pesticides dans l’effondrement des colonies d’abeille ???? les bras m’en tombent. J’ai du mal à croire que vous fassiez comme vous le prétendez du conventionnel et du bio avec une démarche de pensée comme la vôtre

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