Le Loup est une frontière mentale

Décidément ! Après Anne et Gérard, voilà qu’un autre lecteur de Planète sans visa – Daniel – m’envoie une note qui mérite amplement publicité. À nouveau, le Loup est menacé de toutes parts en France. Revenu naturellement d’Italie au tout début des années 90 du siècle passé, il tente de reconquérir quelques-uns de ses territoires historiques. Car le Loup a été partout dans ce petit bout de continent que les hommes appellent la France depuis une poignée de siècles. Et ces mêmes hommes l’ont éliminé à coups de fusils et d’appâts à la strychnine : vers 1920, il ne restait plus chez nous aucun de ces grands sauvages.

Je vais tâcher de ne pas radoter inutilement : la défense du Loup fait pour moi partie du bagage de route de tout écologiste. Et il sert de marqueur très sûr pour juger de l’état d’esprit des humains. J’ai souvent dit – et je maintiens – que des gens respectables, tel José Bové par exemple, ne pouvaient en même temps se prétendre écologistes et vouloir la mort de la Bête, pour une seconde fois. Dans le meilleur des cas, ces gens, aussi sympathiques qu’ils puissent être, ne sont que des environnementalistes. Ce qui compte à leurs yeux, c’est ce qui entoure, « environne » le domaine des humains, le seul à ne pas tolérer la moindre limite. Mais moi, qui défends l’existence de toutes les formes de vie, dont celle des hommes bien sûr, je vois bien ce que leur point de vue dissimule de refus définitif du sauvage.

Encore un mot, personnel. Des amis me demandent, en référence à mon message précédent, ce que signifie au juste des « nuages anthracite ». Eh bien, une violente bourrasque de tristesse et même de désespoir. Qui s’ajoute à des douleurs physiques parfois incontrôlables. Cela passera, n’est-ce pas ?

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L’envoi de Daniel, qui relaie le texte de Pierre Peyret, de l’association Ferus. Le contexte est celui-ci : l’État est en train de se coucher devant les nombreux lobbies qui ne supportent pas la coexistence. La biodiversité, c’est pour les autres, toujours pour les autres. Du coup, on cherche les moyens de « légaliser » des tirs contre ces contrebandiers et saute-frontières que sont les loups. Comment osent-ils ?

LE TEXTE

La consultation publique du nouveau projet d’arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup et du Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2015-2016 vient de s’ouvrir.

Le premier fixe les conditions et limites aux tirs de loups accordés, prévoyant une extension des territoires et des périodes d’autorisation, le second fixe le nombre de loups à tuer à 36 individus.

En résumé le premier rappelle que les unités d’actions correspondants aux zones où la prédation est probable, fixées par le préfet, ne peuvent inclure le cœur des parc nationaux.

Les [directions départementales des territoires et de la mer] DDTM gardent la main sur l’interprétation de la notion de « troupeau protégé  ou ne pouvant l’être » permettant de mettre en œuvre ou pas les dispositifs de tirs d’effarouchement au moyens de tirs non létaux notamment, tirs toujours interdits au sein des parcs nationaux sauf pour les parcs nationaux qui autorisent la chasse en zone cœur (Cévennes) (soumis à autorisation du directeur de parc).

Il en est de même pour les tirs de défense consécutif à une prédation qui peuvent être mis en place pendant toute la durée de la présence du troupeau sur le territoire soumis à la prédation et pour ce qui concerne les communes en unités d’actions durant toute la durée de l’arrêté ministériel jusqu’à 5 ans maximum.

Le tir de défense renforcé est maintenu, toujours sous contrôle de l’ONCFS ou lieutenant de louveterie, et peut être réalisé par plusieurs personnes simultanément (max 10) désignées par le préfet après avis de l’ONCFS.

Les tirs de prélèvement sont maintenus et suspendus du 1er mars au 30 avril.

Des tirs de prélèvements renforcés pourront être mis en œuvre et maintenus sur une période de 6 mois tant que les troupeaux demeurent exposés à la prédation.

Ces tirs de prélèvements pourront se réaliser à l’occasion de battues de chasse ordinaires ou administratives, sous la responsabilité d’un agent ONCFS, ou lieutenant de louveterie ou chasseur désigné, mais aussi à l’occasion de chasse à l’approche ou à l’affût de grands gibiers.

Pour ce qui concerne le second projet, la ministre Ségolène Royal et le ministre Stéphane Le Foll viennent de porter le plafond pour juin 2015- juin 2016 à 36 loups « mâles, femelles, jeunes ou adultes ».

consultation complète ici :

http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=1022

Cordialement,

Pierre Peyret
Vice président Ferus- coordination loup
www.ferus.fr

57 réflexions au sujet de « Le Loup est une frontière mentale »

  1. oh Fabrice, ça me fait de la peine votre confrontation à la douleur physique, ça a un tel effet sur le moral ! je me permets des suggestions (mais vous connaissez déjà, peut être) hypnose, acupuncture, il y a beaucoup de structures de santé qui les utilisent
    pleins de voeux de meilleur, meilleur, meilleur …
    en tout cas c’est bon de vous retrouver au « post »,
    cordialement

  2. Pour vous, Fabrice, le loup n’a jamais été un barrière mentale, aucun doute là-dessus 🙂

    Les traumatismes que vous avez vécus, par contre, semblent dresser une barrière qui vous tient parfois éloigné de la joie et de l’espoir. Vous recevez sans doute mille recommandations pour la franchir. J’en ajoute une, bienveillante : n’attendez pas que cela passe tout seul, l’EMDR ou la méditation en pleine conscience, par exemple, peuvent véritablement alléger les souffrances du corps et de l’âme.

  3. Je te souhaite à nouveau plein de courage pour affronter la douleur et le désespoir. Comme tu dis, il faut attendre que ça passe…
    Bises

    Au sujet du loup, la messe est-elle dite ? La consultation publique ne changera rien, on le voit bien sur d’autres sujets (notamment les nuisibles). Malgré le nombre parfois impressionnant de participations et la qualité de certains commentaires, les prefs ne modifient pas (ou si peu) leurs arrêtés. Alors , le ministère, n’en parlons même pas…

  4. Oui, Fabrice, cela passera. Mais comme toujours face à la douleur, celle du corps et celle de l´âme, force est de constater que les mots sont dérisoires. Mais je n´ai qu´eux pour vous apporter mon soutien, pour vous dire que, comme tant de gens qui vous lisent, je pense à vous, très fort. A vous et à votre famille, à vos camarades.
    Je me demande parfois s´il ne vaudrait pas mieux pour vous de faire une pause, de prendre du recul, pendant un temps du moins, pour vous consacrer uniquement à votre rétablissement, au long et difficile travail de reconstruction que vous êtes entrain de mener. Epargnez vos forces, Fabrice, pensez d´abord à vous. Be kind to yourself. Vos amis, vos lecteurs sont fidèles, ils sauront vous attendre.

    Une interview de Pierre Jouventin, très lucide comme toujours : « On est au bout du chemin sur la coupure entre l´homme et l´animal ».
    http://www.buvettedesalpages.be/2015/01/pierre-jouventin-on-est-au-bout-du-chemin-sur-la-coupure-entre-homme-et-l-animal.html#comments

  5. Bonsoir,

    Merci Fabrice,

    « Cela passera, n’est-ce pas ? »

    Je ne sais pas Fabrice. Il n’y a que toi qui peut savoir. Avec les drames que tu as vécus, il faudra longtemps, pour estomper les douleurs. Les morales sont indélébiles.

    Fabrice, je te promet que s’il était possible de prendre sur moi, toutes tes souffrances, je le ferais. De tout coeur avec toi. Je t’embrasse fort, prend bien soin de toi.

    Je te laisse un commentaire humour sur le sujet Californie pelouse.

    Bisous gros,

  6. En effet, ces consultations, c’est du pipeau absolu.
    Il va vraiment falloir qu’on se bouge et qu’on se mobilise , qu’on se réveille et qu’on agisse réellement si l’on veut se faire entendre sur la faune sauvage dans ce pays très étroit d’esprit de ce point de vue là (je parle en particulier des décideurs, des politiques).

    Fabrice, les nuages anthracites annoncent aussi, après coup, de splendides orages et des jours meilleurs. Comment ces nuages ne pourraient-ils pas, à certains moments, encombrer l’horizon après le 7 janvier et ce que tu portes en ta chair et ton coeur comme douleur ?
    Tu désespères mais surtout, ne désespère pas de nous : nous sommes là et bien là avec toi, même si c’est une aide un peu dérisoire.
    On est tous différents depuis le 7 janvier, j’en suis sûr. Et on ne peut pas faire « comme avant ». On peut, on doit lever un mouvement pour une autre civilisation une civilisation « accordée aux écosystèmes  » comme disait Terrasson. Ce projet peut et doit nous porter comme nous pouvons et devons le porter !

    __________________________

    ECOLOGIE : la crise écologique est une bombe à retardement qui a commencé à exploser. Elle est double : changement climatique ET EXTINCTION MASSIVE DE LA BIODIVERSITE. Ses dégâts potentiels et durables sont plus graves que ceux des deux guerres mondiales réunies et nous en sommes tous responsables. Comment penser et agir pour se tourner rapidement vers une civilisation durable, respectueuse de tous les Humains et enfin accordée aux écosystèmes ?

  7. Decidemment, on ne sort pas des nuages anthracites! Ce texte administratif est un veritable cauchemar de Kafka! La nature rituelle de l’acte de tuer ne pouvait pas etre plus eclatante. Le vocabulaire specialise, les details administratifs, les regles et leurs conditions d’application, les possibilites de les detourner et de les contourner, la precision meticuleuse, l’eradication de toute possibilite d’humour… Tout cela apparaitra a nos descendants, aussi flippant que les « mantra » esoteriques de grands pretres dirigeant les sacrifices rituels de quelque tribu degeneree.

    Oui, « barriere mentale », le mot est bien choisi!

  8. Pardon, « frontiere mentale ». Ce n’est pas pareil, c’est vrai. La vie franchit toutes les frontieres!

  9. Bonjour Fabrice,
    Soigne-toi bien et retrouve toute l’énergie nécessaire pour te sortir de là.
    Oui, sauvons le loup mais aussi le renard, le lynx, l’ours… et l’homme par la même !
    Je n’ai pas renouvelé mon abonnement à « Gardarem lo Larzac » au vu de la position de José Bové et de la Confédération Paysanne au sujet du loup… Il y a plus intelligent comme mesure que l’éradication d’un animal symbole.

  10. Ne nous privons pas de suivre le lien gentiment proposé pour aller donner notre avis à la consultation publique concernant les loups !

    Fabrice, garde un peu de peinture verte, pour t’éviter de trop voir la vien en noir !

    Courage !

  11. Courage Fabrice ! Nul doute que le souffle de votre vie saura, patiemment, faire refluer ces sombres nuages. Encore merci à vous, et aux intervenants de ce site pour les nombreuses infos postées. La vidéo des paysans ardèchois proposée par P.P. dans le sujet précédent vaut vraiment le détour. C’est effectivement du lourd, mais comparés à certains décideurs politiques ils ont au moins l’avantage d’essayer de faire sourire (à leurs propres dépens aussi car reconnaissons qu’ils ne craignent pas le ridicule). Ces agriculteurs semblent avoir compris qu’ils sont dans le même bateau (ou le même bus) que leurs adversaires du moment. Les générations futures (paysannes ou non) seront contraintes de l’admettre.

  12. Martine, merci pour le lien de l’interview de Pierre Jouventin. Elle est vraiment bien!

    P.P, je suis d’accord il faut une revolution, mais interieure. Pas une revolution violente de plus, qui fera renaitre les vieilles hierarchies sous de nouveaux noms, avec une ferocite redoublee.

    Je viens de comprendre, en lisant (lentement) Derrida, que le premier architecte a avoir jamais fait de la deconstruction ne fut pas Bernard Tschumi, ni Peter Eisenman ni Zaha Hadid ni Frank Gehry, non, ce fut bel et bien Hassan Fathy!

    Le premier a avoir compris que toutes les solutions techniques doivent etre re-imaginees, re-appropriees, que les anciennes structures ne doivent etre « ni detruites ni confirmees », mais « deconstruites » les yeux grands ouverts, et qu’une voute nubienne construite en 1970 (ou en 2015) est tout aussi moderne, inevitablement, avec tous les avantages et inconvenients que cela entraine, que n’importe quel assemblage de verre et d’aluminium. (comme ecrivait mon prof d’archi Bernard Huet, vers 1979).

    Pierre Jouventin dans l’interview dit qu’en Espagne ou en Italie ca se passe bien parceque « les eleveurs ont la culture du loup ». Alors, le loup, c’est « sauvage » ou c’est « culturel »? Les deux! Il faut deconstruire cette frontiere, comme toutes les vieilles frontieres, et c’est a chacun de nous de le faire. La deconstruire ni pour la detruire ni pour s’y soumettre, mais pour prendre la mesure de notre participation a son existence, et ce geste libere d’un seul coup de nouvelles possibilites.

    Un peu comme Edward Snowden lorsqu’il dit: « Il serait bon de se souvenir qu’en fin de compte ce n’est pas la loi qui nous protege, c’est nous qui protegeons la loi ». Le renversement est interieur, et beaucoup ont commence a le faire!

  13. Oui, le vocabulaire administratif employé pour décrire l´acte de tuer un animal est une véritable langue de bois, une hypocrisie magistrale. Cela évoque le vocabulaire utilisé par l´appareil administratif nazi et qui réglementait la solution finale.
    Je me souviens d´un échange de paroles très court que j´avais eu avec deux jeunes chasseurs rencontrés dans la forêt, un 1er mai. Ils m´ont expliqué qu´ils avaient une dérogation et souhaitaient « abattre » un renard (cadeau de la fourrure à une grand-mère !!!). J´ai voulu savoir s´ils se sentaient bien dans leur peau à l´idée de tuer un animal, et ce verbe « tuer » les a choqués, sincèrement scandalisés. Mais non, ils ne tuaient pas, ils abattaient. Je leur ai demandé s´ils savaient dans quel état ils seraient si quelqu´un les abattait, et puis je suis partie, révoltée!

  14. Cher Fabrice, que je lisais, il y a déjà bien longtemps dans « Terre Sauvage »…
    La révolte, la colère, la rage, sont de nature à provoquer les éclairs qui disperseront les nuages anthracite. Mais il y a un temps pour tout, et je me garderai bien de vous conseiller la méthode truc ou machin pour aller mieux. Pour ce qui est des nuages anthracite, je connais, quoique ce ne soient pas les mêmes que les vôtres. Une seule chose est sûre, le temps ne fait rien oublier mais panse nos plaies morales et physiques.
    On se remet… parce qu’on n’a pas le choix, parce qu’on est vivants et que cet élan, cet amour de la vie, qu’on croit parfois moribond ou même mort, ne résiste pas au spectacle d’un rosier sauvage en fleurs ou d’une orchidée que les traitements des agrocons n’ont pas tuée. Mais il est évident qu’il faut lâcher prise et ne pas s’inventer des contraintes morales inutiles.
    Ouais, bon, ça y est, v’là que je me mets à donner des conseils à la noix moi aussi. Manque plus qu’une image de coucher de soleil ou de chatons, avec une « pensée profonde » écrite en italique dessus et comme commentaire « partagez sur votre mur si vous êtes d’accord »… aaaaargh…

    Un conseil que je vous donne sans hésiter, au cas où vous ne connaîtriez pas, sait-on jamais : lisez Terry Pratchett. Tout Terry Pratchett. Vraiment. C’est bien simple, si, ayant commencé l’un de ses bouquins vous n’avez pas l’envie incoercible de lire tous les autres, j’vous cause plus. Vous vous en fichez, d’accord, mais bon, c’est pour dire.

    Pratchett.
    Terry Pratchett.

  15. Je m’aperçois que l’une de mes phrases précédentes est tellement mal fichue qu’elle dit le contraire de ce que je voulais (vieillesse, naufrage, machin tout ça).
    « On peut croire moribond ou même mort cet élan, cet amour de la vie, mais cette impression ne résiste pas à la vue d’un rosier sauvage […].

    Voilà voilà, c’est aussi cucul, mais plus clair.

  16. @Laurent, je n’ai jamais parlé de révolution violente. Je ne me prononce pas là-dessus pour le moment. Ce sont là des questions de stratégie (et de valeurs bien entendu).
    Je suis plutôt Non-violent (et finalement assez militant en la matière en réalité, je m’en aperçois en y réfléchissant…). Mais ce n’est pas une position absolument bloquée. Et encore faut-il clairement définir tout ceci. Ce n’est pas le lieu ici.
    Surtout : avant la stratégie, il faut se doter d’un fond de pensée solide, j’en suis absolument convaincu car c’est l’imaginaire et lui seul qui mobilise l’humain. C’est ainsi, nous sommes « Homo Symbolicus » !
    Tu parles de révolution « intérieure », oui, bien sûr, bien d’accord. Mais attention, l’Homme est un animal social et si révolution il y a, c’est aussi nécessairement sur le plan collectif que ça se joue. Je me méfie de cette idée selon laquelle il suffit de se changer intérieurement soi-même pour que le monde change. Oui, c’est vrai en grande partie et je partage l’idée, mais c’est absolument insuffisant face à cette double crise écologique. C’est mon point de vue.
    Bonnes réflexions.

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    ECOLOGIE : la crise écologique est une bombe à retardement qui a commencé à exploser. Elle est double : changement climatique ET EXTINCTION MASSIVE DE LA BIODIVERSITE. Ses dégâts potentiels et durables sont plus graves que ceux des deux guerres mondiales réunies et nous en sommes tous responsables. Comment penser et agir pour se tourner rapidement vers une civilisation durable, respectueuse de tous les Humains et enfin accordée aux écosystèmes ?

  17. Cela passera ? Oui, car nous tenons notre vie entre nos mains et, quand on a la chance de vivre plusieurs dizaines d’années, on passe par des hauts et des bas, Fabrice. Moi, je me pose souvent la question quand je souffre physiquement ou moralement : le monde est-il différent ? est-il devenu insupportable ? Ou est-ce moi qui ai changé ou qui suis moins bien ? Quelques années de ma vie, lointaines, ont été des années de bonheur absolu. Est-ce encore possible ou suis-je condamné à ressasser mes souvenirs comme un vieux con ? Hein, demain peut-il à nouveau être joyeux, insouciant, brillant comme le soleil d’été chaud et réconfortant ? Je crois que oui. Parce qu’au fond de moi, je garde la foi. Une foi païenne dans ce monde. Regarde le ciel, les étoiles, la terre, ris-toi de la médiocrité, de la bêtise et de la brutalité de certains. Amitiés.

  18. Pour les nuages anthracites, il arrive qu’un très beau rêve plein de mystères vous laisse au réveil un fort sentiment libérateur empli de félicité.
    La certitude que s’en est allé le poids du ciel, cummmullllonimbus dissipé dans ciel d’azur et de couleurs.
    La méditation, l’expression poétique libre, juste pour soi, peuvent aussi dissiper les plus lourds nuages.
    La Nature.
    La musique de chambre, un orchestre
    Des sorcières, des clowns, et des sourciers!

    Tout arrive, rien ne dure, rien qui ne puisse se dissiper de ce qui recouvre l’âme.

    Le grand esprit du loup est avec toi. UGH!

  19. @-6louette
    Je viens de regarder les photos de la Californie,(merci pour le lien)..Ils commencent à avoir sérieusement chaud aux fesses, on dirait… Donc voici à mon avis ce qui va se passer, ils vont faire venir des tonnes de gaz et de pétrole de schiste au bord de la mer, ils vont dessaler l’océan comme des furieux, et hop, les gazons des golf resteront verts, pourquoi se faire du souci ?…

  20. Cher Fabrice,
    Puissent ces nuages sombres permettre à ton ciel (je n’arrive pas à écrire « vous », « vôtre ») de se laver des douleurs, et oui, ça passera… Il y a des façons d’aider cela, oui, d’autres commentateurs en ont cité, mais je crois que le temps a, lui aussi, un rôle certain.
    À très bientôt. Pensées bienveillantes.

  21. Merci à vous 6louette pour le lien. Les photos sont hallucinantes et font froid dans le dos, si l´on peut dire.

  22. Pascale,

    Je ne connaissais même pas Terry Pratchett ! Si vous me garantissez le bonheur de lire, j’essaierais bien.

    Et à part cela, merci.

    Fabrice Nicolino

  23. Bonjour,
    Ils ont désherbé derrière mon bureau…avec je ne sais quel produit…j’étais triste, et je me suis dit que les coquelicots allaient disparaitre…et bien non….ils repoussent de plus belle.
    Les loups je ne connais pas le sujet suffisamment, ni même l’animal, mais cela me donne envie d’en savoir plus. Merci de tout ces renseignements.
    Et puis je me souviens avoir ressenti plus d’affection pour le loup que pour le petit chaperon rouge…
    Pour ce qui est des animaux sauvages, je vis en pleine nature à deux pas d’une forêt…les renards sont très présents, chassés régulièrement. Mes poules en ont souvent fait les frais…Alors un jour j’ai parlé au renard. En début d’hiver, pendant presque 10 ans..Je faisais un petit laïus toute seule, mais je sais que le renard m’écoutait…Je lui disais tout simplement que les poules avaient le droit de vivre aussi, mais que si vraiment il avait faim, je lui autorisai le prélèvement de deux poules par an, mais pas plus…Pendant cinq ans, les renards du coin n’ont emporté que 2 poules par an…J’aime à croire qu’on avait instauré une sorte d’équilibre…Maintenant je n’ai plus de poule et quand je croise un renard sur la route, je m’arrête pour lui parler…et lui dire de faire attention à ces c…de chasseurs…
    Je vous envoie un peu de l’énergie et du ciel bleu de Bourgogne où les chasseurs sont rois…mais où les renards ….résistent.
    Pour ce qui est des nuages anthracites, ils vont s’éclaircir petit à petit, parfois les magnétismes, Qi gong, sophrologie, et…plantes médicinales adaptées permettent de soulager la douleur, aussi grande soit elle. Je vous envoie la belle énergie de la nature…

  24. Comme Corinne Silva, déjà enfant je préférais le loup au Chaperon Rouge, que je trouvais nunuche et fade ! Et si la petite chèvre de Monsieur Seguin a été dévorée, elle l´avait bien cherché. 🙂
    Je l´ai peut-être déjà mentionné ici (pardon si je me répète), mais je pense qu´il est bon de donner aux marmots un peu de littérature « subversive ». Les contes, les histoires ou les chansons que nous leur racontons ne font pas souvent bonne part au loup (tout comme à bien d´autres animaux). On ne peut pas se promener dans les bois, sinon il va nous manger, grand méchant loup, et bla bla bla !
    J´aime beaucoup « Les trois petits loups et le grand méchant cochon » d´Eugène Trivizas et Helen Oxenbury (pour les illustrations), Bayard Jeunesse. Je me réjouis déjà de le lire à mon petit fils.

    L´être humain en quelques minutes d´un film d´animation :
    https://www.youtube.com/watch?v=WfGMYdalClU
    J´aime beaucoup la fin 🙂 !

  25. P.P, je suis d’accord avec toi, une fois de plus. Mais j’insiste pourtant que la revolution ne peut etre qu’interieure, sinon elle est violente et elle ne fait que reconduire le systeme precedent en pire. L’action est toujours collective, mais la decision est toujours individuelle. La phrase de Snowden, que je trouve geniale, me fait penser par exemple a Aristides de Sousa Mendes, Jean Moulin, Jacques Lusseyran, des hommes que j’imagine tres calmes, paisibles, sur d’eux. Peut-etre qu’ils auraient ete capables de tuer (en particulier Jean Moulin, qui avait surement une arme sur lui) mais ce sont avant tout des gens qui ont decide de defendre l’humanite, et qui avaient trop d’amour pour avoir peur.

    En fait, Jacques Lusseyran, je ne fais pas qu’imaginer, je suis absolument certain, pour avoir lu trois de ses livres (Et la lumière fut, Contre la pollution du moi, Conversation amoureuse) qu’il avait conquis une grande paix et une grande force interieures.

    Tiens d’ailleurs, voila trois livres que tu aimerais tres certainement, Fabrice: Et s’il faut choisir, peut-etre, commence par « Et la lumiere fut »!

    http://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/Eblouissant-Jacques-Lusseyran-2015-01-21-1270851

  26. Marie, j’ai decouvert Nicolas Georgescu-Roegen grace a vos commentaires ici! Une de ses idees importantes est qu’il n’a pas applique la theorie de l’entropie a l’economie, car selon lui l’entropie est un concept economique applique a la physique, et donc il n’a fait que ramener le concept dans sa maison d’origine! Il en va de meme pour le concept moderne (a partir du XIX siecle) d’energie: C’est un concept de boutiquier. Je fabrique, je stocke, je depense, j’economise… Ce n’est pas un concept physique. L’energie ne correspond a rien dans le monde physique. Le travail, oui! La depense, le mouvemement, la transformation, la vie… tout ca est visible. L’energie, c’est l’hypothese que la nature est une banquiere.

    Bref, le site que vous mentionnez a des articles sur « l’energie libre » qui me semblent en contradiction avec les idees de Georgescu-Roegen.

  27. Fabrice, oui, Terry Pratchett, c’est BIEN et même mieux que ça ! Et, chose très rare, la traduction (par Patrick Couton) est à la hauteur de l’original.
    Il vaut mieux lire les annales du Disque-Monde dans l’ordre. Et les relire. Et les re-relire. Parce que c’est drôle mais aussi prodigieusement intelligent et profond.

    Terry Pratchett, atteint d’une forme rare et précoce de maladie d’Alzheimer, est mort en mars 2015. J’ai bien aimé ce qu’a écrit Catherine Dufour, écrivain elle aussi : http://kat.mecreant.org/leaving-terry-pratchett/
    Dans l’œuvre de Pratchett, la Mort devient au fil du temps l’un des personnages les plus importants… et les plus attachants.
    Oui, Fabrice, je vous garantis le bonheur de le lire, je ne prends pas de risque…

  28. sans lien avec le loup mais un article encourageant:
    http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/b119.html
    Concrètement, cette étude suggère ni plus ni moins d’abandonner les pratiques agricoles actuelles héritées de l’après-seconde guerre mondiale qui consistent majoritairement à cultiver sur de grandes parcelles des plantes génétiquement identiques. « Nos travaux montrent qu’augmenter au contraire le nombre d’espèces, améliore en moyenne le rendement des cultures sans besoin d’engrais, surtout en cas de sécheresse ; et qu’opter au sein d’une même espèce pour plusieurs individus génétiquement différents (génotypes), favorise la stabilité du rendement d’une année à l’autre », précise Cyrille Violle biologiste au CEFE et lauréat d’un ERC Starting grant 2015.

  29. Nos loups sont les éléphants de Morel dans  »Les Racines du Ciel » de Romain Garry, quand les humains auront comme préoccupation principale de sauver le sauvage, le monde ira beaucoup mieux, hélas on en est bien loin.

  30. Dans cette consultation sur le loup, depuis mon ordinateur, impossible de consulter la totalité des messages. C’est nouveau : jusque là, on avait accès à l’ensemble des avis.
    LA dernière fois, il y avait une écrasante majorité contre l’arrêté. Mais Cette anti-nature de Ségolène Royal avait quand même promulgué l’arrêté scélérate…
    Cette fois-ci, on ne pourra même pas dire qu’il y avait une majorité contre l’arrêté dans la consultation : on ne peut pas accéder à toutes les contributions.
    Big Brother est passé par là. Honte à eux. Mais quand est-ce qu’on leur donne une bonne leçon ? Quand est-ce qu’on se réveille et qu’on agit ?

  31. Sur le semblant de reconnaissance des vertus de la bio-diversite par le CNRS, c’est encourageant c’est vrai mais cette bourse de recherche d’un an 1/2 pour deux personnes, ca a un gout de trop tard, trop peu…

    Il me semble que Debal Deb avait deja franchi l’etape suivante en publiant en 2009, la synthese de milliers de mesures precises impliquant 5 chercheurs pendant 10 ans, que les champs cultives en agro-ecologie ont un « reseau trophique » (food web) beaucoup plus complexe que les champs chimico-industriels.

    Il a donc explique chiffres a l’appui comment et pourquoi le rendement a long-terme et la resistance aux variations meteorologiques et climatiques de l’agriculture bio est superieur!

    http://cintdis.org/images/PDF/ricefoodwebcomplexity.pdf

    Si le CNRS pouvait en prendre de la graine et ne pas se faire doubler par un petit chercheur independant…

    (J’ai decouvert l’existence de cette recherche a l’occasion d’une conference de Debal Deb dans une fete de la bio-diversite dans un village de Bankura en 2010, ou il montrait aux paysans que la difference de bio-diversite dans les differents champs, qu’ils connaissent bien, peut non seulement etre mesuree mais donner des preuves tangibles de la superiorite de l’agriculture non chimique)

  32. DEBARQUONS MAUD FONTENOY DES ECOLES
    SIGNEZ, RELAYEZ ET FAITES SIGNER, LA PETITION « DEBARQUONS MAUD FONTENOY DES ECOLES » POUR PROTEGER NOS ENFANTS

    debarquonsmaudfontenoy.fr

    Sous couvert d’écologie, des grandes entreprises (Bolloré, Euro RSCG, Havas, Carrefour, Hase, etc.) financent l’association de Madame Maud Fontenoy, la “Maud Fondenoy Foundation”. Les thèses de Madame Maud Fontenoy trouvent un large écho dans les grands médias : soutien du nucléaire, du gaz de schiste, des OGM ou de la croissance. Ces thèses vont directement à l’encontre de tout ce qui a été depuis toujours défendu par les écologistes. Madame Maud Fontenoy revendique elle-même « un message différent sur l’écologie » (France 2, 3-4-2015). L’un de ses livres, on ne peut plus clairement intitulé Ras-le-bol des écolos, a été qualifié de « manifeste éco-capitaliste » par l’association Action Critique Médias (Acrimed, 3-3-2014). Des personnalités médiatiques de sensibilités diverses telles que Natacha Polony, Aymeric Caron ou encore le journaliste écologiste Hervé Kempf, ont dénoncé publiquement ce qu’ils considèrent comme une imposture (France 2, 12-4-2014, Reporterre, 26-3-2015). En effet, le discours développé par Madame Maud Fontenoy vise à cautionner l’idée selon laquelle l’idéologie productiviste et consumériste et la protection de la nature seraient compatibles. On comprend tout l’intérêt de grandes entreprises à financer une telle vision de l’écologie.

    Derrière un discours présenté comme « non idéologique », « non partisan », Madame Maud Fontenoy professe son idéologie libérale. Elle est une proche de l’UMP dont elle a été candidate aux élections régionales en Île-de-France derrière Jean-François Copé. Elle fut ensuite un ardent soutien de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

    Aujourd’hui, avec ses « kits pédagogiques », c’est à l’intérieur même de l’éducation nationale que s’immisce insidieusement la “Maud Fondenoy Foundation”. Ces tentatives d’infiltration des établissement scolaires par des grandes entreprises, par l’intermédiaire de fondations, ne sont pas nouvelles. Des associations de protection de l’enfance ou de lutte contre la publicité les dénoncent depuis longtemps. Nous vous rappelons que dès 1936 l’Assemblée nationale a proclamé l’interdiction absolue de toute publicité à l’école. Ce principe protecteur de l’enfance a été sans cesse réaffirmé, témoignant ainsi de l’existence d’un véritable consensus national sur cette question. Nous vous rappelons le devoir de neutralité de l’école. La “Maud Fontenoy Foundation” et ses sponsors n’y font pas exception. Ils n’ont rien à faire dans les établissements scolaires. Nous vous demandons leur exclusion immédiate des écoles, collèges et lycées.

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  33. Fabrice,
    Oui Pratchett c’est bien, plein d’autres aussi : le malheur est un salaud et seul le rire lui fait peur !

    Les nuages anthracite, brrr… les douleurs de l’âme sont parmi les pires qui soient, plus encore que la douleur physique (et on voit pourtant que vous souffrez aussi physiquement, énormément). Que vous dire d’autre que notre présence et notre amitié, cette longue chaine invisible qui s’est tissée autour de vous de gens qui vous aiment et vous veulent heureux, et en vie ?

  34. @ « nature »: J’ai telecharge et lu le « kit pedagogique » de la « Maud Fontenoy Foundation » (avec un « u »). C’est un document ignoble, c’est entendu. Mais encore faudrait-il expliquer pourquoi. Je ne peux pas signer un texte demandant « l’exclusion » (c’est a dire, en clair, l’interdiction a tout enseignant de s’appuyer sur ces documents) de ces choses simplement parceque Maud Fontenoy serait « proche de l’UMP », « soutien de Sarkozy », « financee par des grandes entreprises », car enfin je ne suis pas membre de la STASI…

    Il n’est pas difficile d’expliquer en quoi le « kit pedagogique » est ignare, raciste, petri d’ideologie et anti-pedagogique. Il n’est pas difficile non plus d’imaginer une pedagogie de l’eau qui soit sensible, raisonnable, centree sur les eleves: visite d’une usine d’eau potable, d’une usine d’epuration, visite d’une eco-san (a trouver dans le coin, y compris l’interview de son proprietaire, qui sera surement interessante), invitation d’un militant des rivieres, etc.

    Repondre a la manoeuvre des gens qui se cachent derriere le visage de Maud Fontenoy par des arguments faibles (voire racistes a la limite, on a le droit d’etre membre de l’UMP non?), mal construits, et conclure par une demande « d’exclusion », c’est une tres mauvaise reponse et en plus c’est prendre les enseignants pour des imbeciles, comme s’ils etaient incapables de choisir eux-memes leurs documents pedagogiques.

  35. belles lumières en brenne en ce moment, le vent fait chanter les roselières, les guifettes et les cistudes te font des clins d’oeil et te disent pas plus de nuages anthracites que de gaz de schiste , :  » lâche un peu prise, tes amis sont sur le terrain et tu es avec nous ! pour parodier aymeric : non pas no steak, mais « no stress » ! n’empêche je viens de rencontrer dans les pyrénées un berger raide-dingue et fou furieux qui voudrait éradiquer tous les loups, ours, vautours , allant jusqu’à croiser patous avec pitt-bull pour « sécuriser ses troupeaux !

  36. Juste vous dire que je pense bien à vous et que j’espère que les nuages d’orage se dissiperont. Le soleil reviendra, avec le temps, pour réchauffer votre corps, votre cœur et votre esprit. Merci de continuer d’écrire pour nous. Nous vous aimons.

  37. @ Nature , je partage le point de vue de Laurent Fournier . J’ai vu trop d’actions écologiques s’étioler à cause des querelles et de rejets politiques et cela m’a particulièrement découragée. L’écologie n’est pas l’affaire de quelques purs mais de tous . L’AMAP que j’ai fondée avec quelques uns est apolitique , cela résout bien des menus problèmes.

    Maintenant sur le fond , voici tout simplement , d’après le journal Reporterre , des paroles qui seraient de Maud de Fontenoy :
    -« L’exploitation des gaz de schiste permettrait de faire baisser le coût de l’énergie en France » .
    – au sujet des OGMs : » »Il faut être réaliste. Cela apporte des solutions au niveau médical et avec l’explosion démographique des prochaines années, il faudra bien nourrir tout le monde. »
    – Au sujet du nucléaire : «  »Cela reste encore l’énergie la moins polluante et la moins chère. Et puis cela représente 400 000 emplois. »
    Donc cette personne ne me parait pas la plus apte à parler d’écologie .

    J’ai également téléchargé le Kit de sa fondation et je n’ai pas été convaincue . Pas besoin de longs discours , encore moins de digression .

  38. Très cher Fabrice,

    dans tous ces nuages gris, il y avait au moins un rayon de soleil: si tu ne connaissais pas Terry Pratchett, alors tu vas pouvoir le découvrir!
    Il y a aussi, du même « tonneau », Douglas Adams, qui fut un écologiste convaincu… Malheureusement la version française qui circule actuellement du « Guide du R* Galactique » est une pâle copie de la traduction initiale, dans laquelle le Guide portait encore en français son vrai nom (qu’une plainte d’un autre guide lui a fait perdre… parfois on se demande ce que ces gens là ont entre les deux oreilles). Mais si tu peux trouver l’édition initiale en Français, c’est un délice. Et puis une trilogie en 5 volumes, ce n’est pas fréquent!

    Pour le reste, oui, mille fois oui, virons Fontenoy des écoles, gardons notre Loup et laissons lui juste un peu de place, il saura quoi en faire. Chaque fois que j’y pense, ma vie a changé depuis que le bel animal nous a fait l’honneur de revenir dans nos paysages!

    Courage, mes pensées sont avec toi !
    Laurent

  39. Ello,

    Oula! 🙂

    Elle explique ainsi : «Que va-t-on dire aux millions de Chinois et d’Indiens qui veulent accéder à nos niveaux de vie ? D’autant que la croissance permet aussi un meilleur accès aux soins et à l’éducation. Mais c’est aux pays riches de proposer à ceux en développement des solutions pour qu’ils passent directement à une croissance durable et responsable.» Elle défend donc par exemple le nucléaire ainsi que certains modes d’extraction non polluants de gaz de schistes.

    Elle entretient également une grande proximité avec le monde des entreprises et de la finance (HSBC, Carrefour, EDF, Orange, L’Arbre Verte, groupe Sodoca, etc. soutiennent la Maud Fontenoy Fondation). Elle bénéficie du soutien d’importants hommes d’affaires comme Vincent Bolloré, François Pinault, Laurent Dassault, mais aussi Dominique Desseigne, PDG du groupe Lucien Barrière. Enfin, étant donné l’opacité financière de la Maud Fontenoy Fondation basée aux Pays-Bas, il est difficile de situer les limites entre ses activités non lucratives et celles lucratives, notamment celles de sa société Miss Maud (chiffre d’affaires de 309.100 euros en 2011, 295.100 euros en 2010).

    Et si la solution au niveau mondial était la création d’une grande agence internationale, d’une Organisation mondiale pour l’environnement ?

    En effet, malgré les centaines d’accords passés, de traités conclus ou de conventions organisées aux quatre coins du globe, il n’existe aujourd’hui malheureuse- ment aucune gouvernance ni coordination globale pour la sauvegarde de notre planète. Le Programme des nations unies pour l’environnement, qui n’est en réalité qu’une vigie, n’a ni le budget, ni l’autorité suffisante pour mettre en place une politique forte et des sanctions. Il faut fusionner les énergies et les réglementations. Ce projet d’Organisation mondiale pour l’environnement, à l’inverse d’une énième initiative des pays riches, doit nécessairement avoir un rôle officiel reconnu par le Nord et le Sud.

    J’espère que cette gouvernance sera adoptée en 2015 lors de la prochaine Conférence internationale de l’ONU pour le climat qui aura lieu à Paris.

    Bien a vous toustes, bisous a ceuxcelles qui les aiment,

  40. Je serais triste et très en colère si des loups se faisaient les crocs sur des animaux avec qui j’ai l’habitude de vivre depuis des années. Sur le moment, les meilleurs raisonnements du monde n’y changeraient pas grand chose. Et puis les Moutons participent aussi d’un imaginaire collectif; il y a ceux de Panurge, celui de Saint-Exupéry… Allez, une fois l’émotion retombée, gageons qu’une « culture du Loup » finira malgré tout par trouver sa place dans l’hexagone !
    C’est le temps qui risque de manquer, tant il est difficile de changer rapidement son regard sur les choses et les êtres. C’est d’autant plus ardu dans une société qui se détourne d’une remise en cause radicale de l’organisation du travail. Quand on écoute nombre d’éleveurs, on a l’impression qu’ils ont tout juste le temps, en fin de journée, d’éplucher leurs légumes et leurs factures!

    De retour du Népal, David Abram raconte :  » Je suis revenu en Amérique du Nord, où les espèces indigènes de vautours sont menacés d’extinction – le plus souvent empoisonnés par le plomb des balles qui ont tué les animaux dont ils mangent la charogne. Mais je ne pensais pas à cela. J’étais excité par les manières de sentir nouvelles qui s’étaient éveillées en moi – mon appréhension nouvelle du monde plus-qu’humain, de la puissance immense de la terre et, en particulier, de l’intelligence aiguë des autres animaux, grands et petits, dont les vies et les cultures interpénètrent la nôtre. […} Pourtant, peu à peu, j’ai commencé à perdre le sens de ce dont les animaux eux-mêmes font l’expérience. » (extrait de  » Comment la terre s’est tue « ). Il cite aussi Tomas Tranströmer :

    « Fatigué de tout ce qui vient avec les mots, des mots
    mais pas un langage,
    j’ai été sur l’île couverte de neige,
    Ce qui est sauvage n’a pas de mots.
    Les pages non écrites s’étendent dans toutes les
    directions !
    J’ai croisé les traces d’un chevreuil sur la neige.
    Un langage et pas de mots. »

    Pas évident, surtout de nos jours, de s’approprier un tel langage !

    Bien à vous toutes et tous.

  41. Finalement, on peut voir apparaître les différents messages des uns et des autres dans la consultation (bidon) sur l’arrêté pour tirer encore plus de loups en France.
    J’avais cru au début (car c’était le cas) que les messages des uns et des autres étaient devenus invisibles. Ce n’est plus le cas et c’est tant mieux. On peut désormais tous les lire à nouveau… pour constater combien ils sont favorables au loup… et combien Royal posera ses fesses dessus pour promulguer l’arrêté flingueur de loup coute que coûte !
    Honte à ce gouvernement et au PS qui est aussi lamentable (même pire!) que l’UMP (LR) pour tout ce qui concerne le loup…

  42. le « kit pedagogique » de la « Maud Fontenoy Foundation » est une saloperie parcequ’il ne mentionne que les problemes d’eau que subissent les populations refugiees ou dont l’environnement a ete detruit au Tiers-Monde, et aucun des problemes que subissent les populations des pays riches. En parallele, il ne mentionne comme seule solution possible la course en avant du « progres », et evite soigneusement de montrer dans aucune photo la moindre trace de methodes non-occidentales, non-modernes de gestion de l’eau. Pas meme un puit ou un etang, pas une seule zone humide, pas une seule foret, meme pas une zone deforestee, rien! C’est le desert pedagogique, pire, un mensonge pervers. Le message c’est: Le Tiers-Monde a des problemes d’eau parcequ’ils sont pauvres mais Veolia va peut-etre les aider. Aucune mention des communautes qui s’en sortent bien parcequ’elles ont su resister a la technologie moderne, aucune mention de la pollution catastrophique des nappes phreatiques (pire encore dans les pays riches), aucune mention de la preservation des rivieres et zones humides (comme Sivens) et ce « kit pedagogique » si pauvre et noye dans son ideologie liberale ne suggere pour toute action que « d’economiser », suggerant que l’eau est une marchandise a economiser et non un flux.

    Le sommet de la perversite est atteint lorsqu’a ces suggestions est mele un discours moralisateur. C’est encore pire que le catechisme d’antan qui parlait d’enfer et de paradis.

    Voila pourquoi ce document est une saloperie, et il est maladroit voire stupide de se contenter de denoncer la loyaute politico-financiere de la « Maud Fontenoy Foundation » si l’on n’explique pas d’abord cela.

    Il y a de tres nombreux antidotes, dont beaucoup ont ete references par Fabrice Nicolino sur « Planete sans Visa »!

  43. @ Laurent Fournier, ou on peut en parler, mais ça m’a déjà tellement affligée ce support soi-disant pédagogique . Rien que le choix des photos : les classes clichées bien « européennes » qui n’ont rien à voir avec la réalité et effectivement, ce déni total des techniques efficaces développées ailleurs .
    Ce qui est maladroit dans le fait de critiquer avant tout par le biais politique, c’est que c’est complètement anti-pédagogique . Les personnes ont l’air d’assister à un débat qui ne concernent pas l’écologie, voir à des combats d’égos, alors ils se barrent .
    Il y a quelques années, une journaliste écologique que j’avais contactée avait fait le déplacement pour enregistrer des membres du collectif dont je faisais partie . Avec son équipe , elle a réalisé plus d’une heure et demi d’interview et vous savez quoi ? De retour à Paris , elle m’a dit qu’elle était désolée, mais , que chacun défendant son clocher et vantant sa propre action (comme le critiquait Prévert) elle ne trouvait au final rien de percutant à faire écouter à ses auditeurs . Notre collectif n’avait rien de collectif et ses buts ne semblaient pas suffisamment tournés vers la défense de l’écologie . Depuis, je ne réalise des actions que dans des cadres apolitiques et ça fonctionne bien .

  44. L’écologie n’est qu’une vitrine écologique pour les partis politiques de gauche et de droite français

  45. Pierre Lieutaghi dans l’émission « Terre à Terre » ce matin : « Comme la distance est de plus en plus grande entre ce que l’on demande au monde et ce qu’il est capable de donner et que c’est un fossé exponentiel qui se creuse, ce qui se produit comme discours de substitution devant cette évidence là est de plus en plus construit alors qu’à côté de ça, il n’y a pas de construction de solution . C’est ça qui m’inquiète . »

  46. Maud Fontenoy est une supercherie ambulante, un imposteur de l’écologie. Ne soyons pas naïf, elle n’a aucune excuse.
    Personne chez ce nouveau vieux parti « LR » n’est et ne sera jamais écologiste. Sauf peut-être un ou deux miracles, qui sait ? Mais Fontenoy est très mal partie pour cela !
    Elle est la nouvelle Nicolas Hulot médiatique de droite.
    Dans ce pays, il suffit d’avoir été navigateur pour pouvoir déblatérer n’importe quelle ânerie sur n’importe quel sujet dans tous les médias…

  47. Il faudrait que les loups aient le droit de prélever eux aussi 36 chasseurs. Malheureusement, ils n’en veulent pas. Les loups sont persuadés qu’ils peuvent vivre en bonne intelligence avec l’homme…

  48. Chaque jour je vois des atteintes portées au vivant, elles me font mal dans mon humanité. Sans relâche, je ramasse les ordures, je protège les sites naturels, je crée des îlots de vie, j’étudie, j’observe, je fais partager, je lutte contre la connerie… souvent je prends des claques, ce qui a mis des années à se construire pour faire naître le vivant est anéanti en quelques secondes dans l’indifférence générale. Se battre, toujours se battre, prendre des coups et se relever pour continuer un combat inégal. Merci Fabrice pour le courage que tu me donnes, je te suis depuis si longtemps sans

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