Macron, Royal, Sarkozy et Trump

Notations en courant sur l’état de notre classe politique. Un, Macron est un [bip], et ça rime, mais il ne faut surtout pas dire cela, car c’est une injure publique, et bon, non. On recommence : Macron est un personnage complexe. En avril 2015, il donne l’autorisation à des gougnafiers d’extraire 250 000 tonnes de sable en mer, au large de Lannion (Côtes d’Armor). Et déclare dans la foulée ce que des conseillers qui s’en cognent lui ont soufflé : « Les études concluent avec suffisamment de certitude à l’absence d’impact significatif sur l’environnement ».

C’est une énorme sottise, qui repose sur un axiome débile entre tous : toute activité économique est utile, car elle contribue à augmenter le PIB, et donc son oriflamme, la croissance. L’extraction causera évidemment un désastre à quelques encablures de la réserve naturelle des 7 îles, et modifiera à jamais les zones de pêche. Mais le tout se passe sous l’eau, et restera donc invisible.

Le même Macron en septembre 2016, tout occupé à vanter les mérites de sa si petite personne, rétropédale et assure cette fois : « Il n’est résolument pas acceptable de commencer l’exploitation à la sauvette ». Car en effet, les « extracteurs », craignant des réactions, ont commencé leur travail en pleine nuit. Macron en campagne électorale ? Probable, mais c’est aussi le cas de Ségolène Royal, en mission commandée par Hollande. La dame est discrètement chargée de rabattre vers Hollande des voix écolos qui pourraient être décisives si Hollande se présente à l’élection. Après une grosse manif à Lannion – 5000 personnes -, la ministre de l’Environnement a fait savoir qu’elle soutenait les opposants. Elle ne l’avait pas fait quand Macron était pour, mais faut comprendre. À cette époque, elle n’était pas en précampagne électorale.

Enfin, Sarkozy, qui se hisse à la hauteur de Trump. Devant un auditoire de l’Institut de l’Entreprise, il vient de déclarer : « Cela fait 4 milliards d’années que le climat change. Le Sahara est devenu un désert, ce n’est pas à cause de l’industrie. Il faut être arrogant comme l’Homme pour penser que c’est nous qui avons changé le climat ». Reportez-vous à tous ces articles écrits ici à propos du Grenelle de l’Environnement, cet épisode burlesque d’il y a neuf ans. Et riez avec moi, car l’heure n’est pas aux jérémiades, mais au combat.

Tiens, Trump, justement. Il vient de déclarer une nouvelle fois son climato-scepticisme, et n’entend pas consacrer des ressources, dans le cas où il serait élu, à une question aussi incertaine que celle du Grand Dérèglement.

26 réflexions au sujet de « Macron, Royal, Sarkozy et Trump »

  1. C’est une très bonne nouvelle que Nicolas Sarkozy devienne climato sceptique. Il perd ainsi, y compris au sein de sa propre famille politique, le peu de crédibilité qui lui restait. Il va finir comme Claude Allègre, dans un placard (avant son accident). On le ressortira de temps en temps sur un plateau de télé pour faire du sensationnalisme. Il deviendra alors ce qu’il n’a finalement jamais cessé d’être : une marionnette.

  2. Ils sont tous assez déréglés en fait, ceux qui gouvernent au nom de l’argent, du pib, et de la propriété. Ceux qui mettent ça comme moteur premier de l’existence. ils sont facteur d’injustice, d’inégalité. Voulant être puissants, ils engendrent le pauvre et le riche, voulant plus que ce que la Nature peut donner, ils la rendent exsangue. Les origines de ce dérèglement se tiennent dans un aveuglement de leur esprit, non dénué d’intelligence, de capacités de calculs. Mais ces plans, ces stratégies sont du même ordre que celles des conflits, où il faut des sacrifiés pour les grandes causes. Le travail, l’argent, le temps des hommes, la vie des animaux et des espaces naturels indemnes, tout cela semble leur appartenir. Mais qu’est-ce qui appartient au mort qui demeure au centre de toutes ces histoires ?

  3. Ça ne m’étonne pas du tout de Sarkozy.
    Son accointance avec Claude Allègre date d’il y a un bon moment.
    Je me souviens comme si c’était hier d’un reportage près du QG de Sarkozy en 2007.
    On y voyait Claude Allègre (sauvé des eaux ha ha) s’enfuir dans une ruelle parce qu’il avait pris la sortie arrière, pourchassé par la caméra et un journaliste qui lui demandait ce qu’il allait faire auprès de Sarkozy. Boudiné (suant ?) dans un imper beige il faisait presque pitié.
    En cherchant j’ai trouvé un lien…
    http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/l-affaire-claude-allegre-17820

    Et puis on peut aussi se rappeler son : ‘Toutes ces histoires d’environnement ça commence à bien faire’ pendant une visite au Salon de l’agriculture…

    On n’est pas sorti de l’auberge…

  4. Plus sérieux que Sarkozy, Macron qui rime avec pompon, Trump,
    il est probable que nous passons dans une phase d’emballement du réchauffement du à l’amplification des facteurs anthropiques par la diminution de l’albedo du fait de la fonte de la banquise, et du dégagement de méthane du pergelisol.

    http://leclimatoblogue.blogspot.fr/2016/08/bizarreries-climatiques-en-russie-et-en.html

    Ce qui m’inquiète le plus c’est qu’au lieu de se préparer à encaisser le choc, ces abrutis continuent d’appuyer sur l’accélérateur.

  5. Un commentaire, après le silence d’un été loin déjà.
    Attali, Cahuzac, Valls, Guaino, Macron, Royal, Sarkozy, Trump… Et les autres. Tous ces noms qui se suivent, cette litanie que l’on pourrait poursuivre ad nauseam, mon Dieu, l’accablement que c’est.
    Quel trait d’union poser entre ces somnambules, ces astres morts au siècle des ténèbres ? Au risque de l’approximation, je proposerais bien celui-là : le règne du calcul.
    Au fond, ils ne sont que cela : des techniciens d’eux-mêmes, de leur notoriété, de leur ascension dans la machine à détruire. Comment pourrait-il en être autrement à l’âge où tout, sans exception, doit être soumis à l’efficacité maximale ? En cela, ils sont de leur époque et ne diffèrent pas foncièrement du commun – la névrose du pouvoir en plus, je vous l’accorde, la psychose parfois. Voyez comme certains mots ont colonisé chaque parcelle de nos vies : gérer son temps, ses émotions, optimiser ses relations, développer ses réseaux, investir dans l’éducation, innover, être audible…
    Ce qui ajoute au pathétique, c’est l’imposture qui entoure ces fantoches. L’illusion de leur pouvoir et du nôtre, électeurs-citoyens. Le spectacle qui nous est donné est celui de l’impuissance universelle. L’essentiel est décidé en amont, par des experts, des gestionnaires, des ingénieurs. Le reste, c’est de l’écume, du combat de cirque, de l’incantation aux heures de grande écoute.
    Témoin, cette réaction lors d’un conseil municipal à propos des compteurs Linky et du big data qu’ils alimentent : « C’est une question philosophique, un sujet politique qui nous dépasse, vous comprenez. Ce n’est pas l’endroit pour en débattre. » Quel aveu, non ? Le lieu pour en discuter, où est-il ? Nulle part. L’enjeu, le seul, l’unique ? Gérer les flux, optimiser le troupeau et les ressources pour la plus grande efficience qui soit, pour la poursuite de la croissance. Le reste ? Ça nous dépasse. C’est politique. Rideau.
    Plus nos moyens technologiques sont puissants, plus l’impuissance nous gagne, plus les fins ultimes de nos actes sont négligées. Au cours de ces derniers mois, avez-vous un seul instant entendu questionner, dans nos grands médias, le sens du travail industriel, ses finalités, ses conséquences nuisibles ? Les occasions n’ont pas manqué, pourtant, parmi les sujets à la une de l’actualité nationale. J’ai en mémoire des échanges passionnants ici, sur ce blog, à propos de la défense du cancer made in France au nom de l’emploi et de la reconquête industrielle :
    http://fabrice-nicolino.com/?p=1282
    Qu’avons-nous à attendre des politiques ? A part le spectacle de leur impuissance ? Excepté la parodie démocratique ? Rien. Et ce n’est pas un personnage providentiel ou une sixième République qui y changeront grand-chose.
    Y-a-t-il un chemin où porter nos pas ? Je le crois, oui. Assumer notre liberté, ne pas la déléguer à d’autres – nos « représentants », nos technologies. Nous réapproprier nos vies. Sonner l’heure du combat, comme le suggère Fabrice.
    Pour finir, provisoirement, un florilège issu d’un livre récent (« Chronique de la zone libre » de Cosma Salé, au Passager clandestin). Il y est question de la vie dans les ZAD, dans les squats, les lisières, dans les « échappées d’un monde qui tombe », du « goût de la confiture de fraises cuite à 4 heures du matin » :
    « Et nous dansons sur le cadavre de l’ordre agonisant, sur les prisons en feu, et nous jetons des étoiles dans le nuit […]
    Je sais désormais, après avoir vécu ces instants arrachés au néant d’une existence toute tracée, qu’il n’y a plus de retour possible […]
    Résider ici, c’est savoir se faire improductif […]
    Ces terres qui échappent encore à l’univers panoptique et aux mâchoires des aménageurs sont des réservoirs de symboles et d’intentions […]
    Notre génération a franchi un tel cap de dégoût qu’elle néglige désormais de revendiquer sa part du gâteau, […] son quota de jouissance personnelle. La seule chance pour elle d’échapper au désarroi de l’époque, c’est de la détruire […]
    Nous construisons des univers périphériques pour assiéger une réalité dont les refuges s’amenuisent […]
    Nous affirmons l’impossibilité de tout compromis avec un système qui méprise la vie […]
    Vivre en ZAD, c’est se déclarer ingouvernable […]
    Ne plus rien attendre que nous ne puissions réaliser par nous-mêmes. »

    1. Effectivement, « l’aveu » en conseil municipal est un example remarquable de cet etat d’esprit qui confere l’illusion d’une susbtance aux clowns qui nous gouvernent. Mais entre la soumission et la revolte il y encore d’autres choix. Ce qu’il faut eviter a tout prix c’est le spectacle. La mise en scene est le talon d’Achille d’un mouvement, « la poignee » par ou il peut etre saisi et donc recupere. Il y a un cote spectacle dans la rebellion qui me gene. La seule rebellion efficace est la silencieuse, celle qui n’en a pas l’air, celle qui force l’ennemi soit a accepter sa defaite soit a se devoiler, et ce faisant a se reveler en l’agresseur qu’il est profondement, et ce devoilement gene ses mouvements, eventuellement jusqu’a l’autodestruction. La contradiction, la confusion mentale est le debut de l’autodestruction. « L’acte le plus revolutionnaire que l’on puisse faire est de cultiver sa terre correctement » comme dit Pierre Rabhi. Que j’etendrai a tout: « faire son travail correctement » est a mon avis tout aussi revolutionnaire, un acte d’insoumission profonde. A condition de comprendre que ce n’est pas un acte facile, ni « de bon sens elementaire ». Ca demande du travail. Et cela peut forcer ces clowns qui nous gouvernent a faire leur travail correctement, a leur tour. Car comme Frederic Wolff le suggere, ils ne sont qu’a peine pires que nous, les gouvernes. A cause de cette condition de spectacle, justement. C’est la seule chose qui les rend un tout petit peu pires que les autres, mais si peu… Donc, deconstruire, comme dit Derrida. Recommencer a zero. Prendre les mots au serieux, les siens propres et ceux des autres. Et ca demande du travail. Plus la posture rebelle est extreme, plus elle est absorbee, recuperee d’avance par le systeme, de Le Corbusier a Rem Koolhas en architecture, aux Khmers Rouges et l’ISIL en politique. Soyons plutot Hassan Fathy.

  6. « Les galets sont très en colère » ou la lutte d’une association Lotoise contre la destruction irrémédiable d’une couverture faune- flore en Bouriane, le pays des galets de silice français convoités par Imerys :

    http://www.lefrau.fr/actu/actu.html

    Attention: Imerys veut aussi exploiter le quartz en Mauritanie

    http://www.petrole.gov.mr/IMG/pdf/dagier_mauritanides_2014_imerys.pdf

    A suivre donc: en Bouriane, on reste très attentif à l’évolution de l’extension abusive d’Imerys.

  7. Surveillant dans un lycée, je vois ces jeunes gens penchés sur leur table : Terminales « Sciences et techniques de Management et de Gestion », BTS « Commerce International », ou « Professions Immobilières », prépas ESCG (Ecoles supérieures de Commerce et de Gestion), etc., etc.
    Sur une table en labo de Physique-Chimie, des sujets d’exercices : tous inspirés des procédés techniques pour l’obtention des nanotubes de carbone.
    Dans un manuel de philo daté de 2005, aux chapitres « La culture » ou « La technique », mis à part quelques mots sur une certaine remise en question du statut de l’Homme et de ses sciences, pas un mot sur la crise écologique contemporaine.
    A la cantine, quantité d’assiettes demi-pleines filent à la plonge.

    Merci à Martine pour le lien vers le film « Chasseur Tueur Imposteur ».

    1. Salut Ronron, ton témoignage m’émeut vraiment. J’ai longtemps été pion moi aussi, ça m’a permis de financer mes études… et de militer à donf dans des assos écolos !
      Ce que tu vois chez ces jeunes c’est l’état réel de notre société dominante. Ce qu’elle leur propose en terme de réflexion et de formation est auto-centré sur son propre nombril. C’est en effet démoralisant mais ta lucidité est salutaire.
      Merci !

  8. Normal qu’il fasse de la pub pour les gaz de schiste, c’est peut-être son copain canadien qui finance sa campagne, non ?

  9. Reçu aujourd’hui :

    NDDL:

    Après vérification des infos, il semble que la totalité des hôtels de Nantes ait été réservée à partir du 25 septembre 2016 au soir.
    Les écoles, le Paquelais, le Temple-de-Bretagne, Vigneux-Ferment, sont simultanément réquisitionnés le 26 et le 27 Septembre.
    Les expulsions à Notre-Dame-des-Landes vont débuter.
    Plus d’infos arriveront plus tard.
    Pour ceux qui peuvent, RDV là-bas…
    Pour les autres :

    ***Le jour de l’expulsion, RDV à 19h Place de la Victoire***

  10. Aaaah Sarkozy. Il ne manquait plus que celui-là.
    Je suis atteint d’une grave maladie. Qui plus est, incurable.
    La sarkophobie. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est viscéral, épidermique. Certains, ce sont les araignées ou les serpents, moi, c’est lui. Ça vient peut-être de toute la manière d’être de ce personnage, aux antipodes de la mienne et de mes valeurs. Dès que je l’ai aperçu dans les média, vers 1993, il me hérissait le poil, je me le représentais comme un kéké fils à papa en excès de vitesse dans une voiture de bourge. Le seul fait de voir son faciès à la télé entraîne un changement de chaîne pavlovien. A la radio, son ton péremptoire et impérieux de l’ignare qui prétend tout savoir déclenche une bordée d’injure digne du capitaine Haddock, entraînant un changement de fréquence tout aussi rapide.
    Sa dernière saillie sur le bouleversement climatique ne fait que conforter et compléter l’image de ce dangereux bouffon. Honte à ceux qui ont été dupe d’un tel trublion, en « tuant l’écologie ».
    Relativiser le bouleversement climatique actuel en le comparant aux 4 milliards d’années passées, en omettant la constante de temps minimale de quelques milliers d’années, qui permet aux écosystèmes de s’adapter, est criminel. Rien à voir avec nos misérables 200 ans. De même en relativisant la cause anthropique. 70 millions d’années de forêts carbonifères ont créé le charbon, stocké pendant 300 millions d’années ; le pétrole, plus récent, je connais moins, 50 à 100 millions d’années de stockage à partir des matières organiques. On décaisse tout ce bordel en 200 ans pour le cramer, et ce serait sans conséquence ? Logique non ? La greffe de cerveau, ça existe ? Serait-il pote avec le Grand Tueur qui attend patiemment qu’on le réveille ? Oui, celui qui dort dans ses sarkophages glacés, et qui sortira de son hibernation dès qu’il commencera à se réchauffer, ça commence d’ailleurs. Le méthane. Dans le pergélisol, et au fond des océans. Un effet de serre sur 20 ans près de 100 fois plus élevé que le gaz carbonique. Déjà 1/3 du « forçage radiatif » total. L’emballement mortel qui va tout raser, le cataclysme planétaire, tant ça peut aller vite par rapport aux vitesses d’assimilation de la planète. Pour sûr, c’est difficile à concevoir, c’est à une autre échelle que le fouquet’s ou le yacht de Bolloré, c’est au-delà des ambitions d’un puceron.
    Curieux de voir si cette anguille va se faire coincer par la justice. Plus il a de casseroles aux fesses, plus il la ramène. C’est parfaitement insupportable. On voudrait pouvoir utiliser une tapette à moustique géante pour faire cesser ce bourdonnement insistant et incessant, qui nous tourne autour, et qui finit par nous donner des boutons urticants.
    Je vous laisse encore compulser votre petit Audiard illustré. Vous y trouverez peut-être son portrait à la rubrique « ceux qui osent tout ». Et quand on pense à tous ceux qui veulent voter pour lui, c’est effarant. Pas étonnant que certaines orbites terrestres soient encombrées et polluées par des tas de débris dangereux : voir la rubrique « ceux qui n’arrêtent pas de tourner ».

  11. Le climat n’est pas seul « affecté » , ce sont les conditions de vie entières qui le sont. Se concentrer sur le climat, nous fait oublier tout le reste.

    Les politiques ne font que leur travail. A savoir gérer le capitalisme. C’est ce système qui nous subsume et subsume tout.

    Le capitalisme est un système absurde qui a besoin de croissance exponentielle pour perdurer.

    De plus, ce système détruit le travail humain vivant par le jeu de la concurrence donc l’augmentation de la productivité. Celle-ci est tellement énorme aujourd’hui qu’elle détruit plus de travail vivant que nous pouvons en créer. D’où pour trouver de nouveaux débouchés et de la rentabilité la destruction des ressources naturelles, des liens sociaux, du vivant pour transformer tout ce qui peut l’ être en marchandise.

    Il est aussi illusoire de prétendre que l’on puisse revenir au capitalisme dit fordiste. A cause justement de la productivité atteinte.

    Le système est entré depuis quelques décennies dans ses contradictions internes: destruction du travail humain vivant, donc diminution de la valeur économique moyenne incluse dans une marchandise, donc baisse du profit, donc augmentation de la production de marchandises. Or, de nos jours, l’augmentation de la production marchande ne compense plus la diminution moyenne de la valeur. Les décideurs s’ attaquent à tout ce qui n’est pas rentable et transforment ce qui l’est en marchandise car le but est de valoriser l’argent, non de fournir des biens et des services nécessaires et indispensables.

    Dans ce cadre, les services publics doivent être limités à ce qui ressort du régalien. On ne finance plus la culture, les associations car ce n’est pas rentable. Par contre, on augmente le budget de l’armement car on vend beaucoup et cela permet aussi de canaliser les opposants à ce système absurde.

    On fait appel au bénévolat, à l’entraide, à la charité pour pallier le désengagement de l’Etat.

    C’est donc le système capitaliste lui-même qui est malade. L’ Etat par les impôts, taxes tire son budget sur la survaleur (le profit) engendré par l’économie de production. Comme celle-ci ne parvient plus à valoriser le capital et que cette survaleur diminue, l’ Etat ne peut plus ponctionner comme il le souhaite.

    C’est pourquoi, depuis les années 70, il est fait appel au crédit et à l’endettement pour essayer de relancer la machine capitaliste (que ce soit pour l’Etat, les entreprises ou les particuliers). Cela a fonctionné quelques temps au détriment de la majorité des personnes. Aujourd’hui, cela est terminé car cette politique nous mène droit à la dépression.

    Des montagnes d’argent fictif ne trouvent pas à s’investir dans l’économie productive (ou alors à la marge). L’industrie financière a permis de tirer la croissance pendant des décennies, mais sur du vent (voir la bulle internet qui n’a pas pu réaliser les promesses de croissance dans l’économie productive).

    L’avenir me semble sombre, car les politiques, dans leur majorité, gèrent au plus pressé et pensent à leurs carrières. Et ils ne peuvent ouvertement dire que le système est absurde et arrive à échéance.

    Qui en tant que responsable oserait dire aux électeurs qu’il faut changer de mode de vie, de système? Personne! D’ailleurs, en l’état actuel des choses, la première nécessité est que chaque être humain puisse vivre correctement avec l’indispensable, donc faire de la redistribution, même si cet argent est en grande partie fictif (au sens capitaliste). Et de toute façon, étant donné que tout le fonctionnement de nos sociétés est basée sur la valorisation du capital, il est hors de question d’en sortir pour l’instant.

    Les politiques, les industriels, les banquiers, les financiers sont pour la plupart obnubilés par leurs carrières. Cependant quand j’entends dire que les banques ont été sauvées et que c’est une aberration, cela veut simplement dire que la plupart des gens ne comprennent rien à l’état des choses. En effet, oui, il fallait sauver les banques car toute l’économie productive aurait été impactée.

    D’ autres personnes disent: il faut réguler, taxer (taxe Tobin), oui, peut-être. Cependant, la dérégulation n’a été qu’une des réponses à la baisse de rentabilité du capitalisme fordiste (production de biens d’équipements et consommation de masse) afin que les capitaux énormes qui ne pouvaient se valoriser dans l’économie nationale (sur accumulation) puissent aller où bon leur semble pour trouver cette valorisation (mondialisation).

    La croissance ininterrompue de l’industrie financière et la spéculation sont les symptômes des contradictions du capitalisme et non les causes.

    Donc, en ce qui concerne l’écologie, il n’ y a rien à attendre de ce système qui a besoin de toujours plus de ressources, de puissance, d’énergie. Il détruit tout sur son passage car le but du capitalisme n’est pas de fournir aux êtres humains de biens et services nécessaires et indispensables, mais de valoriser l’argent fétiche.

  12. P.L, merci, merci, merci, j’ai la même Sarkophobie que toi, sûrement en phase terminale en plus !
    Quand j’écoutais la radio le matin avec mes enfants, durant les années où Sarko faisait la une tous les jours, je couvrais immédiatement la voie du journaliste qui disait « Nicolas Sarkozy… » d’un vibrant et puissant « … EST ENFIN MORT !

  13. j ai regardé un peu cette emission et sarkozy a dit que le rechauffement climatique était un probleme mais qu il y en avait un autre celui de la demographie curieux comme personne ne reprend ses dires

  14. un long article de ignacio ramonet sur la candidature de donald trum p un extrait :

    « Un tel catalogue de détestables inepties a été diffusé par les médias dominants non seulement aux Etats-Unis mais partout dans le monde. Au point qu’on se demande comment un personnage avec de si misérables idées peut rencontrer un tel succès chez les électeurs américains qui, évidemment, ne sont pas tous décérébrés ? Quelque chose ne cadre pas. – ….Pour résoudre cette énigme, il a fallu fendre le mur de l’information et analyser de plus près le programme complet du candidat républicain. On découvre alors sept autres options fondamentales qu’il défend, et que les grands médias passent systématiquement sous silence.

    1) En premier lieu, les journalistes ne lui pardonnent pas ses attaques frontales contre le pouvoir médiatique. Ils lui reprochent d’encourager régulièrement son public à huer les médias « malhonnêtes ». Trump affirme souvent : « Je ne suis pas en compétition avec Hillary Clinton, mais avec les médias corrompus. » Récemment, il a tweeté : « Si les grands médias, répugnants et corrompus, couvraient de manière honnête ma campagne, sans fausses interprétations, je dépasserais Hillary de 20 %. » Il n’a pas hésité à interdire d’accès à ses meetings plusieurs médias importants comme The Washington Post, Politico, Huffington Post et BuzzFeed. Il a même osé attaquer Fox News, la grande chaîne de la droite pamphlétaire, qui pourtant le soutient à fond …

    2) Une autre cause des attaques médiatiques contre Trump : sa dénonciation de la globalisation économique qu’il tient pour responsable de la destruction des classes moyennes. Selon lui, l’économie globalisée est une calamité dont le nombre de victimes ne cesse de croître. Il rappelle que plus de 60 000 usines ont dû fermer ces quinze dernières années aux Etats-Unis et qu’environ cinq millions d’emplois industriels ont été détruits.

    3) Trump est un fervent protectionniste. Il propose d’augmenter les taxes sur tous les produits importés. Et se dit prêt, s’il arrive au pouvoir, à établir des droits de douanes de 40% sur les produits chinois. « Nous allons récupérer le contrôle du pays et nous ferons en sorte que les Etats-Unis redeviennent un grand pays » affirme-il souvent, en reprenant son slogan de campagne. Partisan du Brexit, il a déclaré que, s’il était élu, il ferait sortir les Etats-Unis de l’Accord de libre échange nord-américain (ALENA). Il s’est également attaqué au Traité Trans-Pacifique (TPP) et a confirmé que, une fois élu, il retirerait les Etats-Unis de l’accord : « Le TPP constituerait un coup mortel pour l’industrie manufacturière des Etats Unis. » Evidemment, s’il est élu, il stopperait aussi les négociations en cours avec l’Union européenne. Il va même plus loin : « Nous allons renégocier ou sortir de l’OMC (Organisation mondiale du commerce). Ces accords commerciaux sont un désastre. » répète-t-il. Dans des régions comme le rust belt, la « ceinture de rouille » du nord-est où les délocalisations et la fermeture d’usines ont fait exploser le chômage et généralisé la pauvreté, ces propos sont reçus avec enthousiasme et font renaître tous les espoirs.

    4) Autre option dont les médias parlent peu : son refus des réductions budgétaires néolibérales en matière de sécurité sociale. De nombreux électeurs républicains victimes de la crise économique, et tous ceux qui ont plus de 65 ans, ont besoin de laSocial Security (retraite) et du Medicare (assurance maladie) mis en place par le président Barack Obama que les autres dirigeants républicains veulent supprimer. Trump a promis ne pas revenir sur ces avancées sociales. Il a aussi promis de diminuer les prix des médicaments, d’aider à régler les problèmes des « SDF », de réformer la fiscalité des petits contribuables, et de supprimer un impôt fédéral qui touche 73 millions de foyers modestes.

    5) Dénonçant l’arrogance de Wall Street, Trump propose également d’augmenter de manière significative les impôts des traders spécialisés dans les hedge funds (fonds spéculatifs) qui gagnent des fortunes. Il promet le rétablissement de la loi Glass-Steagall (votée en 1933 pendant la Dépression et abrogée en 1999 par William Clinton), qui séparait la banque traditionnelle de la banque d’affaires pour éviter que celle-ci puisse mettre en péril l’épargne populaire par des investissements à haut risque. Evidemment, l’ensemble du secteur financier est vent debout contre Trump et s’oppose au rétablissement de cette loi.

    6) En matière de politique internationale, Trump s’est fait fort de trouver des terrains d’entente à la fois avec la Russie et avec la Chine. Il veut notamment signer une alliance avec Vladimir Poutine et la Russie pour combattre efficacement l’organisation Etat islamique (Daesh) même si pour l’établir Washington doit accepter l’annexion de la Crimée par Moscou.

    7) Enfin, Trump estime qu’avec son énorme dette souveraine, l’Amérique n’a plus les moyens d’une politique étrangère interventionniste tous azimuts. Elle n’a plus vocation à garantir la paix à n’importe quel prix. Contrairement à plusieurs responsables de son parti, et tirant les leçons de la fin de la guerre froide, il veut changer l’OTAN : « Il n’y aura plus – affirme-t-il – de garantie d’une protection automatique des Etats-Unis envers les pays membres de l’OTAN. »

    Ces sept propositions n’oblitèrent pas les déclarations odieuses et inacceptables du candidat républicain diffusées en fanfare par les grands médias dominants, mais elles expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son succès auprès de larges secteurs de l’électorat américain. L’aideront-ils à l’emporter ? On ne peut l’affirmer mais il est certain que les trois duels télévisés à venir, face à Hillary Clinton, vont être redoutables pour la candidate démocrate. Car les stratèges militaires le savent bien : dans un affrontement entre le fort et le fou, celui-ci, par son imprévisibilité et son irrationalité, l’emporte bien souvent.

  15. A CYRIL,

    Merci pour cet excellent résumé sur la conjoncture actuelle et un système qui ne laissent entrevoir ni envisager des lendemains qui chantent.

  16. L’Inde a finalement signe le contrat pour l’achat de 36 rafales. Sans trop s’en vanter, au point que cette discretion meme a ete remarquee:

    http://www.lemonde.fr/international/article/2016/09/24/en-inde-la-tres-discrete-ceremonie-de-signature-de-vente-des-rafale_5002734_3210.html

    Apres les 24 rafales achetes l’annee derniere par l’Egypte avec de l’argent donne par la famille Seoud d’Arabie, ces avions ont d’un seul coup trouve un second acheteur.

    Mais contrairement a l’Egypte, l’Inde paiera elle-meme ses rafales. Ce qui n’est pas du gout des militaires Indiens, pour un avion concu il y a plus de 30 ans:

    http://www.rediff.com/news/column/four-reasons-why-rafale-could-ruin-modi-and-parrikars-party/20160923.htm

    Cerise sur le gateau, le President de la Republique Francaise, M. Francois Hollande, recoit un « prix » des mains de Henry Kissinger, celui-la meme qui a quitte precipitamment le territoire Francais en 2001, ayant appris, probablement par des « amis » bien places, que « deux policiers » etaient en route pour lui remettre, a l’hotel Ritz ou il sejournait, une convocation avec le juge d’instruction charge de l’enquete sur les crimes au Chili en 1973 et apres.

    http://www.la-croix.com/Archives/2001-05-30/Henry-Kissinger-ne-temoignera-pas-a-Paris-dans-le-dossier-Augusto-Pinochet-_NP_-2001-05-30-134149

    Bref, quelles crimes horribles avons-nous bien pu faire, recemment, pour etre aussi lourdement recompenses, et avoir finalement recu l’autorisation de vendre nos vieux avions a deux pays qui ne peuvent rien refuser aux Etats-Unis?

    Vraiment, je ne vois pas…

  17. Petites réactions à chaud sur l’article.
    Concernant Royal et Hollande, étant donné ce qui est en train de se tramer à NDDL, si Hollande espère récupérer une seule voix écologiste, faut vraiment qu’il soit insensé.
    Concernant Sarkozy, n’oublions pas sa sortie sur le changement automatique d’ancêtres qui va avec le changement de nationalité. On le savait depuis des années expert en génétique (depuis l’époque où il repérait la délinquance dès l’âge de 3 ans). Sa crédibilité avoisine le zéro absolu. Mais au moins, il est de plus en plus drôle.

    Enfin, petit appel à signer la pétition : https://www.change.org/p/monsieur-le-pr%C3%A9fet-de-loire-atlantique-respect-des-esp%C3%A8ces-prot%C3%A9g%C3%A9es-%C3%A0-notre-dame-des-landes

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