Fillon ou Juppé ?

 

Il n’y a pas de suspense. Si ? Je serais considérablement étonné que François Fillon ne soit pas élu ce soir candidat de la droite pour la prochaine élection présidentielle. J’aurais préféré Alain Juppé pour stricte convenance personnelle. Juppé, moins idéologue, nous conservait une chance de ne pas voir d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Mais à part cela, quoi ? La France est profondément de droite, l’a montré, le montrera. Il eût été bizarre qu’elle donne ses voix à un homme soutenu en bonne part par la gauche. Je connais plusieurs personnes qui, écologistes ou plus ou moins socialistes, ont voté Juppé la semaine passée. Bon, pas moi.

Se souvient-on de ceux qui dirigeaient la France en 1937, en 1938, en 1939 ou dans les premiers mois de 1940 ? Non pas. Ce rapprochement aisé ne signifie pas que je tiens les deux situations si peu que ce soit semblables. Non, ce que nous vivons est incomparablement pire. Pas un membre de notre triste classe politique n’a la moindre idée globale de ce qu’est la crise écologique planétaire. À commencer par le dérèglement climatique, qui met fin à 12 000 ans d’une relative stabilité qui aura permis l’installation de l’agriculture et de civilisations comme celle de l’empereur Jaune en Chine, celle de la vallée du Gange, celle de l’Égypte des Pharaons, celle des Incas, celle des Aztèques, celle de la Grèce antique, celle de Rome, tant d’autres.

Ce qui me préoccupe un poil plus que l’élection de ce dérisoire Fillon, ou celle très improbable de Juppé, c’est le sort des écosystèmes et de ses habitants humains, animaux, végétaux. Nous devons trouver en nous un courage que nous ne soupçonnons même pas. Celui de dire définitivement non à ce monde à l’agonie. Celui d’oser en proposer un autre.

38 réflexions au sujet de « Fillon ou Juppé ? »

  1. C’est finalement fillon qui l’emporte :-((
    Comment voulez vous qu’il ait de la considération pour l’environnement, et plus globalement pour les problèmes environnementaux, alors même qu’il n’en a pas pour l’Homme…
    Notre bon Gérard Depardieu et autre Johnny vont pouvoir déposer une demande de passeport français. Tout n’est pas perdu !!!
    Céline & Philippe

  2. « Celui de dire définitivement non à ce monde à l’agonie. celui d’oser en proposer un autre »
    En proposer un autre: bannir les moteurs diesels, les fondre au profit du moteur essence sans plomb au niveau européen tout d’abord, au niveau mondial plus tard si ça suit. Là serait le commencement. Les suies du diesel me font tousser. Et puis dans l’air…

  3. Je me souviens:
    Gilbert Simon, directeur général des paysages et de la nature avait été viré par Jupé en 1996 car il était un peu trop écologiste.
    Ah quand un arriéré essaye de revenir, il n’a pas d’état d’âme.

    1. Ajout au post ci-dessus
      Gilbert Simon: Directeur Général de la DNP fut remercié par le gouvernement Juppé suite à la mise en place de « la directive Habitats » qui correspond à l’établissement de « Natura 2000 » dans l’hexagone.
      Il était conseiller technique scientifique au WWF puis ensuite son secrétaire général.
      Il était aussi membre actif d’association notamment auprès de celle des grands prédateurs. (ours -loup – lynx)

  4. « pas un membre de notre triste classe politique n’a la moindre idée globale de ce qu’est la crise écologique planétaire »
    J’ose croire (je n’ai pas d’autre choix) que le nouvel élu écologiste suite à la primaire EELV obtiendra un meilleur score à la présidentielle que ses prédécesseurs. Si tel sera le cas, il aurait une meilleure position a défendre, essayer de faire entendre les mesures les plus nécessaires à entreprendre pour sauver la planète.

    nota: ne pas croire que Mélenchon qui veut prendre tout à tous le monde (paroles de 2007), « s’investissant » dans la politique écologique serait un choix de premier ordre. Dans le passé, il avait refusé de voter une loi européenne à Strasbourg interdisant le voyage des animaux destinés à la boucherie à une durée moins ou égal à sept jours.
    Ceci n’est qu’un témoignage sur une seule question mais pour le reste?
    Quelle est l’ honnêteté de cet homme?
    (opinion personnelle)

  5. Proposer un autre monde… par où commencer ?

    L’agriculture ? nous ne sommes toujours pas fichu de cultiver tout en préservant les sols (peu de choses ont vraiment changé depuis les réflexions d’Aldo Leopold au milieu du siècle dernier).
    L’économie ? on ne sait pas comment vivre sans croissance, sans la bourse, sans calcul du PIB et autres mythes modernes.
    L’énergie ? or du nucléaire, du charbon, du gaz et du pétrole, point de salut.
    La politique ? il suffit de constater le désarroi des populations occidentales pour constater l’échec de notre pseudo démocratie.
    On pourrait continuer longtemps comme ça sur l’éducation, le droit, la religion, la biodiversité… alors oui certes on a fait des progrès dans certains domaines, on se gargarise devant « la révolution numérique qui va tout résoudre » mais au final, je crois que la première chose qu’on devrait (faire) reconnaître, c’est que l’on reste terriblement ignorant et incompétent sur les sujets essentiels.
    Et alors seulement, une prise de conscience serait envisageable.

    1. « alors oui certes on a fait des progrès dans certains domaines »

      Nous avons changés nos méthodes de traitement dans nos vignes depuis…, les autres viticulteurs du coin aussi dans notre montagne de Reims, nous mettons des phéronomes…, traitons uniquement à la bouillie bordelaise (cuivre) contre le mildiou.
      (ailleurs, je ne sais pas)

  6. Merci,

    Savez ce qu’est le syndrome de Stockholm?

    Les votants ont la mémoire courte et en plus ils ont payés pour leurs chaînes.
    Je tente de comprendre, mais je n’y arrive pas!

    François Fillon estime qu’il était « criminel » de s’interdire les recherches sur le gaz de schiste en France.

    Bien a vous,

  7. Bonjour Fabrice,

    Depuis longtemps déjà, je lis tes messages et suis les commentaires. Il y a des moments bigrement intéressants.
    Je me décide à communiquer aujourd’hui. On parle politique.
    J’ai assisté en septembre à ta discussion avec Pierre Rabhi à L’albenc. Une de tes dernières paroles m’a vraiment interpelée. Tu as déclaré travailler à l’émergence de formes politiques nouvelles. Pas complètement étonnant de ta part, mais c’est un sujet que je ne t’ai jamais vu développer sur Planète sans visa.
    Bientôt ?

    1. Parlons (un peu) du présent à 6 mois de la présidentielle.
      Et la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille en France située au bord du canal d’Alsace dans une zone sismique, va t-elle enfin fermer?
      Il est dit: « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».
      Croire en qui dans ce milieu politique?
      Ce n’est pas « mieux que bien » jusque là.
      Alors politiciens attentifs ou « politichiens » de tout poils?

  8. Henri de Castries, president du groupe Bilderberg, groupe lie a Gladio et dont les nominations sont approuvees par Kissinger, premier ministre favori de Francois Fillon. Juppe ne vaut pas mieux, c’etait l’architecte, avec Clinton, de la guerre de Syrie. Difficile de ne pas voir dans les consequences catastrophiques de cette guerre un facteur de la baisse de prestige des pays et des politiciens qui y ont participe de maniere trop visible. Comme aux Etats-Unis, l’Affreuse Officielle, Le Pen, est discretement toleree pour canaliser la revolte sous une forme controlable. C’est l’assurance-vie du systeme, on doit connaitre ca a « AXA », tout est prevu pour nous entuber quoi qu’il arrive. Peut-etre vaut-il mieux arreter de voter.

  9. A mi-chemin entre la discussion precedente sur Pierre Rabhi et celle-ci sur la politique…

    – En 1971, dans le No. 7 de SURVIVRE (mai-juin 71), un long article signe « Diogene » et probablement ecrit par Alexandre Grothendieck, conclu par ces mots:

    « le desastre ecologique qui guette toute la terre est en meme temps une force politique immense. (…) Et c’est une chance terrible, somme toute, que la survie ne soit pas possible en « transformant » notre societe un peu plus encore en une cage a lapins en ciment et plastique (…) ni en continuant a ameliorer nos fusees a tetes multiples (…) pour nous arracher les uns les autres les derniers lambeaux de matieres premieres qu’ont pas encore ete transformees en puantes ordures (…). L’humanite a le choix entre la revolution, ou sa disparition. Et la revolution, faudra la faire en utilisant l’Ecologie comme un levier, et comme une fin. L’un et l’autre »

    – Quelques semaines plus tard, dans Hara-Kiri Hebdo (l’ancetre du Charlie Hebdo actuel) du 7 juin 1971, le dessinateur Pierre Fournier reproduit l’article de Grothendieck dans sa presque totalite, en le condensant un peu, et en soulignant les mots: « comme un levier » et « comme une fin », et puis donne l’adresse de Survivre.

    On a pas mal ecrit ces dernieres annees sur les causes ecologiques des guerres, sans preciser assez, a mon avis, ce qu’on entend par « cause ». Un leger changement d’optique change la « cause » en « moyen », voire en « but ». Ca depend d’ou on regarde, et quel est notre role dans le mecanisme, du « bon » (a la pompe a essence) ou du « mauvais » (dans la montagne de Sinjar) cote du manche.

    Aujourd’hui ou le meilleur moyen de survivre a une guerre est de s’engager dans l’armee (c’est la Croix-Rouge qui le dit), donc ou le terrorisme est devenu une norme de fait, et ou la destruction de la societe et de la culture humaine et la destruction de l’ecologie sont des partenaires indissociables au sens le plus litteral, non seulement en Irak et en Syrie mais aussi en Europe, l’ecologie est le seul moyen, en tout cas le plus direct, de resoudre dans la pratique, et pas en theorie, les problemes politiques, environnementaux, sociaux. Et de faire perdre leur pouvoir, pas a pas, a la politique electorale, a Gladio-Bilderberg, aux banques.

    « comme un levier, et comme une fin. L’un et l’autre ».

  10. François Fillon estime qu’il était « criminel » de s’interdire les recherches sur le gaz de schiste en France

    François Fillon et l´écologie : de quoi se faire de gros soucis !

    De gros soucis effectivement surtout avec des remparts comme PLACE, RUGY, COSSE, DUFLOT et toute cette ignoble clique, sans oublier BAUPAIN

  11. Les projecteurs sont braqués sur l’écume. Les estivants s’attardent dans le soleil. Chacun revendique son coin de sable, son temps de baignade, sa serviette à séchage rapide, son tuba et son masque à particules fines…
    Sur les écrans, c’est l’heure des promesses. Des châteaux de sable pour tous, des pâtés pour protéger son domaine des raz-de-marée, le droit de fumer son joint dans son espace privé…
    Au large, un tsunami grandit. Il risque de tout emporter avec lui. Au lieu de mobiliser les énergies pour sauver ce qui peut l’être, les revendications se font plus pressantes, les promesses plus frivoles : un coin de sable agrandi, un temps de baignade accru, des joints à partir de seize ans, des remparts de deux mètres de haut…
    Vous devinez la suite.

    De jour en jour, on se prépare au pire. Tant que l’on peut, on retient son souffle. Des images parcourent nos pensées. Des blindés rasant les arbres et tout ce qui vit à Notre-Dame-des-Landes. Les grands équilibres qui basculent et, avec eux, la vie sur terre dans toutes ses dimensions : physiologique, spirituelle, compassionnelle… Des centaines de millions d’âmes cherchant un refuge improbable.
    C’est un avenir de char d’assaut qui se profile.

    « Ce monde à l’agonie » nous rend étrangers à la vie. Dans ce monde, nous sommes en perdition. Notre santé, qu’elle soit psychique ou organique, ne peut que se délabrer. L’état biologique des sols est moribond, notre microbiote intestinal s’appauvrit. Les poumons de la terre s’atrophient, les nôtres ne valent guère mieux. La fièvre gagne en nous, autour de nous, les maladies inflammatoires se répandent. On pourrait poursuivre la liste avec l’épuisement des ressources naturelles et celle des organismes, l’accumulation des déchets partout dans les océans, les cours d’eau, les sols, les tissus des êtres vivants. Ce que nous faisons aux animaux, aux végétaux, nous l’infligeons aux humains…
    Plutôt que d’aller aux racines du mal, nos politiques de santé s’attachent aux symptômes ; elles renforcent la médecine industrielle fabricant elle-même de nouvelles maladies. La maladie rapporte, elle crée de l’emploi. L’agonie renforce l’emprise des fabricants d’agonie. Le problème devient la solution. Vous souffrez d’addiction ? Nous avons le remède : encore plus d’addiction !

    Il devient impérieux de « dire définitivement non à ce monde », d’en « proposer un autre » à l’épreuve de nos vies, des brindilles de vies que nous sommes. Redevenons des torches !

    Vegaby,
    Votre ambition – changer le monde – est tout à votre honneur. Pourquoi ce n’est pas la mienne ? Ce serait un peu long à expliquer, et je ne suis pas même certain d’en connaître les raisons profondes.
    Disons, pour simplifier, que j’essaie de faire et de dire ce qui me semble juste, en accord avec mes valeurs et mes possibilités du moment. S’il en résulte des bienfaits, tant mieux. Sinon, l’essentiel n’est pas dans le résultat, à mon sens. Il est dans l’incarnation d’une parole, d’une idée, dans la tentative de les traduire dans sa vie, dans le chemin, d’autres diront le combat.
    Disons aussi que l’idéologie de l’efficacité – ce qu’Ellul appelait la Technique – m’inspire les plus vives réserves. Pour avoir été – un peu – dans le combat militant, j’ai vu vers quelles dérives il pouvait mener. Etre audible, citoyenniste, technicien, ne pas mettre en question la machine et notre place dans cette machine, « mettre en scène notre propre impuissance », pour reprendre l’expression de Riesel, etc.
    Il se pourrait également que la conscience de mes propres limites m’invite à l’humilité.
    Peut-être aussi que ma perception aiguë de l’effondrement laisse en moi peu de place à l’optimisme. Dans ces conditions, si j’avais la velléité – ou la prétention – de changer le monde, j’en serais revenu depuis longtemps et, découragé, j’aurais probablement déposé les armes.
    Pour autant, ma position n’est pas un renoncement, une résignation molle. Je reprendrais volontiers ce qu’écrit Laurent, que je salue au passage : sauver le monde. Des zones à défendre à la préservation de notre humanité (face aux transhumanistes, notamment), la liste est longue, des espaces de vie à préserver.
    Et, si je doute que l’on puisse changer le monde, au moins, je pense que l’on peut changer sa vie, pour aller vers l’harmonie entre soi et soi, soi et les autres, soi et la nature.
    Si le monde change, je changerai ? Vous l’affirmez comme une évidence. Mon propos est un peu plus nuancé. J’écrivais : « J’aimerais au moins que le monde ne me change pas. Enfin, pas trop. Et pour le reste, ne pas céder sur mes exigences. Enfin, le moins possible. » Cette impression d’étrangeté au monde, d’éloignement, je la ressens de plus en plus. De plus en plus, je sens venir le jour où je serai « chimpanzé du futur », sans doute le suis-je déjà en partie.
    Vous trouverez ces réflexions peut-être accessoires. Pour ma part, je pense que l’effort de lucidité sur le monde ne peut faire l’économie d’un semblable effort sur soi-même.

  12. …Fillon ou d’autres, ils sont légion. Colère, oui, je suis en colère avec ce détestable sentiment d’impuissance. Ce matin, à l’aube, traversant Paris pour aller prendre un train à la gare de Lyon, j’ai vu le visage de la dictature sur la place de la liberté. Il ne me quitte pas depuis, tout comme celui que décrivait Sebastian Haffner dans son excellent livre postume « Histoire d’un Allemand : Souvenirs 1914-1933 » lorsqu’il avait fait face pour la première fois à un nazi. La dictature à laquelle nous faisons tous référence ici se montre en toute impunité à tous les coins de rue de toutes les villes du monde, mais ici, à Paris, c’est sur la place de la Bastille et sur l’un des symbole même de la conquête par le peuple en révolution de la liberté, qu’elle montre son visage et nous insulte. La colonne de juillet, en travaux, s’est transformée pour ce temps-là en immense phallus publicitaire illuminé toute la nuit. La pub monumentale (ben oui) en question, une marque mondiale de prêt à porter. Mais qu’on se rassure, la marque en question n’est pas celle des nantis les plus riches non, c’est une marque populaire, celle d’une masse de chalands qui achètent en masse. On a consciemment ciblé ici le public auquel s’adresse cette réclame et je gage que madame le maire de Paris aurait refusé qu’il en soit autrement, faut tout de même respecter le peuple de Paris quoi. A vomir…

  13. Chers tous, cher Fabrice, j’ai une question qui me taraude et qui sans aucun doute possible, en fera pouffer certains tant elle peut sembler naive, mais bon, je pose. En général pour notre environnement, mais en particulier pour Notre Dame des Landes où peu d’espoir nous reste d’éviter la destruction de l’un des plus beaux biotope qui soit. Ceux qui souhaitent cette destruction de notre patrimoine commun n’y sont de toute évidence jamais allé, n’ont jamais écouté, humé ou foulé passionnément le sol de ce merveilleux bocage. De toute évidence il s’agit-là de notre maison commune, celle-là même que le pape François invite à préserver dans son encyclique. On évoque ici Fillon qui n’est pas un écolo, mais on évoque ailleurs, massivement, son conservatisme et son adresse aux catholiques du même bord… Pourquoi donc l’église ne s’engage-elle pas à Notre Dame des Landes en suivant l’invitation si puissante du pape !?!
    Cela vous paraîtra donc naïf, mais ne pourrait-on interpeler ces évêques et tous les croyants (dont je précise que je ne suis pas) pour sauver notre terre à cet endroit ?
    En Inde, où j’ai longtemps travaillé, j’ai été témoin à plusieurs reprises de développements urbains bloqués par la construction spontanée de temples visant à sacraliser les sites (ou à mettre en lumière leur sacralité). N’y aurait-il pas un temple à ériger pour préserver une fois pour toute Notre Dame des Landes et créer ce précédent qui manque encore, à l’endroit qui symbolise le mieux notre possible vie en harmonie avec la terre..? Rabhi, Hulot, Nicolino, Richard et tant d’autres dont la voix porte, ne pourriez-vous lancer cet appel ? Je vous avais prévenu, je suis naïf… Amicalement tous

    1. Ce week-end je suis allée écouter une conférence sur l’encyclique Laudato Si. Ça n’était pas en France et il n’a pas été question de NDDL. Mais, à ma grande surprise, l’abbé-conférencier a donné l’exemple de la disparition impressionnante des oiseaux. Il a parlé de la nature sacrifiée sur l’autel du dieu argent. Il a enjoint les personnes présentes à prendre leurs responsabilités dans la sauvegarde de la création, en précisant qu’on pouvait adhérer à des organisations de protection de la nature (pas à celles qui font beaucoup de bruit pour pas grand-chose a-t-il précisé), voter avec son caddy… Il a parlé du pain et des jeux modernes, l’informatique et les divertissements, qui détournent l’attention du peuple des affaires publiques.

    2. Tu ne te feras point d’image taillée, de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.…

  14. Fillon a réussi, avec son programme néoconsultralibéral, à faire du sous sarkozy, je ne pensais pas que c’était possible.
    En cas de second tour fillon lepen, nous serions loin du duel de 2002. Si une majorité de riches (plus de 3000 euros mensuel, de retraités et d’agriculteurs voteraient pour lui, une majorité des actifs s’abstiendraient ou voteraient nul comme moi, quand aux restants, il est fort probable qu’ils soient plus nombreux à voter la peste brune que l’inconscient adepte de thatcher.

  15. Ce que m’inspirent ces élections pour accéder au trône suprême de la République ? Hélas, pas de grandes analyses avec ce qu’il faut de références historiques, de considérations socio-politiques et d’accents avisés. N’y voyez pas de ma part un rejet pour la chose politique et des individus qui en vivent d’une manière ou d’une autre. C’est juste une incapacité, et je n’en tire aucun orgueil.
    Loin de moi l’esprit de sérieux qui s’impose, donc. Ce qui me vient plutôt, c’est un genre de raillerie chansonnière facile, un brin démago, sans aucune prétention. On pourrait l’intituler la valse des nombrils. Je n’ai pas remplacé les « e » muets par une apostrophe. Comme on dit dans les milieux de chanson populaire, je n’ai pas mangé les œufs, par respect pour celles et ceux qui s’en abstiennent.

    Un nombril ondulait fièrement au milieu de la place du marché. Un nombril, parmi les passants, passait ses jours à se pavaner.
    Un grand homme, arrivant par là, tomba sous le charme du nombril et déclara : il est à moi ! Un grand homme s’adjugea le nombril.
    Or, voici qu’un deuxième nombril se mit à rentrer dans la cadence, de face, de dos, et de profil. Or, voici que s’agrandit la danse.
    Des chevilles qui passaient par là se mirent à faire de la gonflette, des chevilles gonflèrent à tout va, à s’en faire péter le squelette.
    Un phallus vint à prendre la pause, du haut de sa perche à selfie. Un phallus, du haut de ses névroses, prit sa lanterne pour un Messie.
    Un trou du cul vint à passer, se dandinant du postérieur, un trou du cul bien bidoché, avec sa troupe d’admirateurs.
    Un menton se haussa du col, sur le perchoir de la basse-cour. Un menton joua les mariolles, parlementeurs en beaux discours.
    Pour départager tout ce beau monde, on inventa les élections. Pour décorer les grands de ce monde, on les élus chefs des moutons.
    Le nombril fut plébiscité pour être roi de la République, le trou du cul fut proclamé chef des phallus démocratiques.
    Si vous voulez que la prochaine fois, ça valse autrement dans le style, si vous voulez, votez pour moi, c’est moi qu’ai le plus beau des nombrils !

  16. L’idée de Nicolas est très intéressante, en effet.
    La naïveté ? Peut-être les liens politiques vatican/fille aînée de l’église (France) ne permettrait pas.
    Mais nous, nous devons essayer cette idée !
    Je pense que tout gouvernement qui raserait ND des Landes sèmerait la graine ultime, celle par laquelle tout deviendrait sinon possible, du moins… nécessaire.
    Plus rien ne serait comme avant.
    Effondrement ? Oui, c’est bien cela.
    J’avais écrit un message sur le vide immense de débat et d’action concernant les deux désastres en cours (climat et biodiversité), ici ou ailleurs, j’en suis carrément étonné et parfois…malade. Où est passée l’écologie, où sont les actions, les débats même ? C’est à en devenir fous une telle vacuité !
    J’y reviendrai car mon message a disparu avant que le système technique de ce blog ne le valide ni même ne le reçoive (j’ai reçu un message d’erreur anti-spam et plus rien).
    En tout cas, l’immensité de ce vide côté écologie me remue les tripes jusqu’à la nausée. Vraiment. Je ne comprends pas, vraiment pas.

    1. P.P
      Je suis comme vous , j’ai conscience de cet effondrement qui nous guette , et je suis atterrée , révoltée ,scandalisée par tous ces gens qui continuent à vivre comme si tout allait bien , qui continuent à prendre l’avion etc….
      Vraiment moi aussi je ne comprends pas , je suis inquiète pour mes enfants et petits enfants , et pourquoi tout le monde n’est il pas comme moi et comme vous ?

  17. Hors sujet,

    Protégeons nos enfants.

    Film pornographique pour enfants dès mercredi ! !!!!!!!!

    Ce mercredi 30 novembre 2016 sort un dessin animé a priori inoffensif voir marrant.

    La vie des aliments dans un supermarché. Le héros est une saucisse et il est amoureux d’une miche de pain pour hot-dog.

    Alors pour la petite histoire, ce film d’animation est sorti aux USA, c’était censé être un dessin animé pour adultes interdit aux moins de 17 ans alors que ce film est accessible aux enfant de 12 ans en France !

    http://latribunedespirates.com/index.php/2016/11/28/sausage-party-dessin-anime-pornographique-accessible-aux-enfants-de-12-ans/

    ——-

    https://www.youtube.com/watch?v=mcpYMm2HSd0

      1. Bonsoir Stan,

        Hyper Supérieur, hypo inférieur.
        Le juste milieu alors?
        Non!
        Je peux me passer de l’hyper (marché) mais pas de hippopotame!

        🙂

  18. Serait-ce un avant goût de ce qui nous attend ? Ce dimanche en Autriche aura lieu l’élection présidentielle. Elle oppose Alexander Van der Bellen, un candidat soutenu par les Verts, à Norbert Hofer, un candidat d’extrême droite soutenu par un mouvement nazi (oui c’est étonnement autorisé). Aussi incroyable que cela puisse paraître, le suspense reste entier !

    C’est la 2e fois que les Autrichiens sont invités à voter cette année. Le premier scrutin en mai dernier, remporté de justesse par le candidat vert, a été invalidé par la Cour constitutionnelle prétextant des erreurs dans le décompte des votes par correspondance. L’Autriche aime jouer avec le feu.

    On entendra ici non sans émotion le témoignage poignant d’une vieille dame autrichienne, rescapée des camps nazis, expliquer sa terreur devant le retour possible de l’extrême droite qui attise la haine entre les citoyens. Lesquels croient bon de voter ainsi par patriotisme… Sans voir qu’ils déroulent devant eux la pente qui pourrait les entraîner dans l’abime. La guerre civile n’est pas loin.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/11/28/autriche-dans-une-video-une-survivante-de-la-shoah-s-en-prend-a-l-extreme-droite_5039568_3214.html

    L’Autriche, c’est à côté de chez nous, c’est un pays de l’UE et bien évidemment le candidat nazi est soutenu par Marine le Pen.

  19. Le cœur de l’électorat de Fillon semble être les « catholiques zombies » pour reprendre la terminologie d’Emmanuel Todd. Il se trouve que la droite française se radicalise fortement. On verra dans quelle mesure la population a des tendances sado-maso. Cet épouvantail pourrait bien rabattre une partie des électeurs vers Le Pen, ou, qui sait, vers le Parti de Gauche ou EELV. Mais les grands médias sont tellement politiquement orientés : lavage de cerveau avec les Républicains, avec Macron qui ne représente pour l’instant que lui-même, bientôt avec le PS. Mélenchon ? Jadot ? Inconnus au bataillon. On ne les entend jamais, leurs propositions ne sont jamais débattues.
    Concernant l’analogie avec les années 1930-1940, j’ai toujours trouvé que les grandes défaites étaient plus instructives que les grandes victoires. Si le contexte n’est pas le même, le déni, l’aveuglement, l’incurie, la pauvreté de l’esprit humain sont les mêmes. La guerre d’Espagne avait été un coup de semonce, tout y était. Qui avait compris à l’époque, à part un De Gaulle criant dans le désert ? On cherche toujours à posteriori, l’élément, l’évènement qui aurait pu déclencher un sursaut et changer le cours de l’histoire. Mais les uchronies sont risquées, on reconstitue le passé avec l’esprit d’aujourd’hui, sans le dosage des ingrédients qui font la soupe amère.
    Ce qui est terrible aujourd’hui, c’est qu’on se voit glisser inéluctablement dans la pente sans que les incapables qui sont en tête de cordée soient fichus de planter un coup de piolet pour enrayer la chute. Et quand la majorité de ceux qui dévissent vers la barre rocheuse croient faire joujou avec une luge, en nous entraînant. Oui, ça donne envie de hurler.

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