Parce qu’il faut rompre avec ce monde

 

Amis, lecteurs, l’heure est grave. D’habitude, dans mes habitudes à moi en tout cas, ce bout de phrase a toujours déclenché l’hilarité. Mais cette fois, croix de bois, croix de fer, c’est sérieux. Depuis le temps que j’utilise de vastes mots inquiétants pour décrire notre sort commun, il fallait bien que cela arrive. J’ai abordé bien souvent l’énigme posée par notre humanité insouciante, incapable en tout cas de relier les fils de la terrible crise écologique que nous avons créée de toutes pièces. Pourquoi tant de déni, de dénégation, d’hypocrisie et de pure folie ? Je ne vais pas y revenir, en tout cas pas aujourd’hui.

Ce que je vais vous raconter, je l’ai sur le cœur depuis un long moment, mais je crois que deux faits m’auront cette fois décidé. Un, ainsi que vous le savez, nous vivons une Apocalypse des insectes. Une étude de grande qualité (ici) indique que 76 % de la biomasse des insectes volants auraient disparu en 27 années. Ce travail a été mené en Allemagne, et douteuse cerise sur le gâteau, dans des zones protégées comme les réserves. Notez : depuis 1989. Il est possible, sinon probable, que le pourcentage de biomasse disparue pourrait être, en prenant comme date de comparaison 1960 par exemple, de 90 % ou plus. J’ai donc bien le droit de parler d’une Apocalypse. Au reste, elle touche à des degrés divers, mais toujours à des hauteurs vertigineuses, les oiseaux ou les batraciens. L’espèce humaine, et je vous demande de faire attention aux mots qui suivent, n’a jamais connu pareille menace. En plus de deux millions d’années, si l’on part d’Homo Habilis, les hominiens auront affronté famines, incendies géants, guerres meurtrières, épidémies et malheurs en tout genre, mais jamais ce risque inouï d’un effondrement des formes de vie qui soutiennent l’édifice général. J’ajoute, mais le faut-il réellement ici ? que la concentration de CO2 dans l’atmosphère a encore battu ses précédents records en 2016 (ici). On n’a pas vu cela depuis au moins trois millions d’années, et à cette époque, peu importait au fond que la mer – et ce fut le cas – soit 10 à 20 mètres au-dessus de son niveau de 2017. Il n’y avait pas de mégapoles, susceptibles d’être submergées. Il n’y avait pas des milliards d’humains regroupés au bord des côtes.

Deux, reléguant en page 5 ce qui méritait davantage que toute la manchette de Une, le journal Le Monde annonce : « Réchauffement climatique : la bataille des 2 °C est presque perdue » (ici). Je plains les soutiers du quotidien, qui osent titrer en Une sur les énièmes malheurs de Trump, et n’accordent que cette modeste place à ce qui devrait pourtant fracasser leurs esprits. Imaginez ! Les mêmes ont promu jusqu’à l’ineptie les pompeux Accords de Paris sur le climat, signés au cours de la si fameuse COP21 de décembre 2015. Et voilà que l’ONU – via son programme PNUE – constate un « écart catastrophique » entre les engagements pris en 2015 et la réalité sur le terrain. Catastrophique, c’est eux qui le disent ! Le Monde aura consacré des dizaines d’articles de pure propagande au supposé triomphe de 2015, et quand il s’agit de rétablir un semblant de vérité, il n’y a plus personne.

Quoi qu’il en soit, cela tombe sur nous, et c’est d’autant plus fâcheux, en France en tout cas, que nous sommes un peuple vieillissant, devenu frileux depuis qu’il a tant à perdre de ses colifichets, électronique comprise. Cela tombe sur nous, et nous devons à toute force savoir ce que nous pouvons faire. Ce que nous devons au moins tenter avec les maigres forces dont nous disposons. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous dire que la vieille politique doit enfin être balayée si l’on veut considérer les choses sérieusement.

Je sais que ces mots vous ont déjà été servis en soupe et brouet je ne sais combien de fois. Mais il importe d’y revenir. Il n’y a rien de récupérable – immédiatement en tout cas – des billevesées du discours politique ambiant. C’est l’évidence pour qui regarde ces étonnants ringards appelés Macron, Hollande, Philippe ou Wauquiez. Ces pauvres gens ne savent à peu près rien de l’état du monde, et se contentent d’ânonner ce qu’ils ont lu distraitement pour passer les concours nécessaires à leur carrière. Ils en sont encore à vanter des mots devenus criminels, comme ceux de croissance, de business, de mondialisation. Leur vue est courte, leur imagination bornée, leurs connaissances réelles sont proches de zéro. Inutile de perdre encore une minute avec de tels zombies. Et pas davantage avec Le Pen et ses misérables cliques. On a vu comment la dame a rompu toute seule avec ce qui faisait pourtant le point politique central de son parti la veille au soir : la sortie de l’Europe, et de l’euro. Cette quincaillerie de si basse qualité ne tenait donc – on s’en doutait – que par la présence de Philippot, tout aussi détestable que son ancienne amie de toujours.

Bon, ces funestes clampins d’Europe-Écologie-les-Verts ? Ces gens sont à pleurer. Incapables d’expliquer si peu que ce soir l’horrible fiasco de leur mouvement lancé en 1984 – Jean-Vincent Placé devenu colonel de réserve d’un régiment des forces spéciales en charge du renseignement – authentique -; De Rugy au perchoir de l’Assemblée nationale macroniste, dégueulant au passage sur les si nobles zadistes de Notre-Dame-des-Landes; Barbara Pompili devenue groupie du président; Duflot, ayant tout raté, mais pleurnichant en toute logique qu’on la suive encore; ce pauvre Jadot rêvassant encore d’un rôle national, embrassant Hamon avant de se rendre compte qu’on cherche, pardonnez, à le baiser; incapables, donc, ils nous demandent d’attendre la présidentielle de 2022 et plus sûrement la Saint-GlinGlin. On pourrait rire aux éclats de leur ridicule accompli, et je ne parviens pas à m’en priver, mais on parle quand même, aussi, du sort de cette petite planète. Et cela donne le vertige.

Mélenchon, dont je sais qu’il est suivi par nombre de lecteurs de Planète sans visa. J’ai assez déblatéré sur lui (chercher son nom dans le moteur de recherche en haut de cette page), et je ne risque pas de changer d’avis. Il est à mes yeux l’ultime illusion. Le bastion à partir duquel ceux qui se pensent écologistes aimeraient tant croire qu’ils agissent. Seulement, cela ne marche pas. Mélenchon, outre ses innombrables défauts, rédhibitoires à mes yeux, incarne un passé définitif. Il n’est plus l’heure que d’une chose : agir. Contre l’imaginaire désormais fou des gauches anciennes, toutes tendances confondues; contre la rupture infernale entre point de vue du Nord et nécessités du Sud ; pour la critique radicale de la consommation de biens matériels; contre la prolifération d’objets inutiles, jusques et y compris chez nos « pauvres »; pour la défense immédiate et inconditionnelle de toutes les formes vivantes, y compris celles qui dérangent les activités humaines.

Prenons au sérieux cette évidence : le feu mortel est là. Et à mesure qu’il gagne, je vois monter chez nos ennemis de toujours le fantasme de tout régler par l’annihilation. Par la disparition de ces milliards de fâcheux qui, concurrencés par le robot et le numérique, ne servent plus qu’à gâcher leur fête d’hyper-riches. Je vous renvoie à trois de mes dernières lectures, que je ne détaillerai pas. D’abord, le formidable roman du Sud-Africain Deon Meyer, L’Année du lion (Le Seuil). Malgré une fin que je juge ratée, c’est un grand livre qui nous parle d’une humanité amputée de plus de 95% de ses membres. Pour en savoir plus, il vous faudra lire, mais vous ne serez pas volés, je vous le jure.

Le deuxième livre est édité par le groupe Pièces et Main d’Œuvre (PMO) de Grenoble, que je tiens pour un critique essentiel de notre monde malade. Dans Le Manifeste des chimpanzés du futur (ici), les auteurs montrent avec clarté que les transhumanistes, si puissants désormais, retrouvent et adaptent un programme de domination d’une race d’humains sur toutes les autres. Enfin, dans Où atterrir ? (La Découverte), Bruno Latour exprime avec sagesse ce que beaucoup pressentent : une partie des classes dominantes, croissante, entendent désormais faire chemin seules,  reléguant aux marges – en attendant pire ? –  ceux dont elle n’a plus besoin, et qui sont désormais trop nombreux pour elles.

J’ai commencé ce long mot par cette phrase fatidique : « L’heure est grave ». Il faut cesser de se le répéter. Il faut agir en conscience pour montrer qu’on a compris. La première chose à faire, selon moi, c’est de rompre mentalement avec ce monde et ses dérisoires représentations. Il ne faut plus écouter le bruit des anciennes structures, ne plus regarder béatement les innombrables écrans, car ils nous entraînent dans le vide des extrêmes profondeurs. Il nous faut devenir des refuzniks complets, des refusants intégraux, des dissidents absolus. Quand ? Demain, aujourd’hui, tout de suite, à la seconde, au plus vite disons. C’est seulement quand ce grand ménage intellectuel et moral aura été accompli que l’on pourra discuter utilement de la suite.

Notez que je ne saurais moi-même attendre, et que je prépare pour vous et pour nous un deuxième volet à cette adresse que je vous envoie ce 31 octobre 2017. Les questions que je souhaite traiter sont celles-ci : pouvons-nous refonder une politique ? Et si oui, comment ? Donnez-moi quelques jours.

 

18 réflexions au sujet de « Parce qu’il faut rompre avec ce monde »

  1. Bonsoir Fabrice,
    l’étude que tu cites me rappelle ce que je t’avais envoyé dans un mail la première fois que j’avais osé prendre contact avec toi, celui qui m’a emmené vers l’écologie : la disparition des sauterelles. Bien que l’étude n’évoque que le cas des insectes volants (les sauterelles en font-elles parties ?), je dois te rapporter la discussion que j’avais eu avec l’ancien maire de mon patelin il y a 2 mois. Parlant de la sixième extinction de masse que nous sommes en train de vivre, le sujet s’est porté sur celui des sauterelles. Comme beaucoup de « vieux » campagnards, un des hobbies de cet homme est la pêche, notamment la pêche à la sauterelle, qu’il ne pratique plus guère depuis un moment, ayant fait le même constat que moi.
    Pourtant, du temps où je voyais des sauterelles en abondance dans les prés, j’avais encore 7 ou 8 ans, il y a plus de 12 ans en fait. (pour ma repentance, je reconnais avoir été un de ces sales gosses qui s’amusait à emprisonner ces pauvres insectes dans des bouteilles en plastique, bien que j’étais un des rares à les relacher).

    Sinon, merci pour ces conseils de lecture que tu nous donnes. J’ai achevé dernièrement Histoire d’un ruisseau de Elisée Reclus et j’ai bien parcouru L’identité de la france de Fernand Braudel, bouquins que tu as conseillé à travers tes livres et articles dans Charlie Hebdo. Sans oublier bien sûr ton petit dernier que j’ai lu d’une traite, toujours très instructif et très fouillé !

    Bien à toi

  2. Bonjour à toutes et à tous.

    Fabrice, est-il possible d’aller à l’encontre des volontés d’une majorité ? Je ne pose pas la question par provocation. Petit exemple : depuis plusieurs mois, sur l’impulsion de mon épouse, nous essayons de réduire notre quantité de déchets, en refusant notamment les sacs et autres sachets d’emballage pour le pain, les légumes du marché, etc. Et on voit très bien que les commerçants sont perturbés, parfois moqueurs.

    L’autre jour, le gérant d’une boutique bio nous expliquait que dans l’Eure (notre département), il y a chez les agriculteurs une « hostilité » au bio. C’est le mot qu’il a employé, « hostilité ». Il nous a cité l’histoire d’un agriculteur à la retraite qui a refusé de léguer ses terres à son fils, car ce dernier voulait produire du bio.

    Tu parles de politique, mais il suffit de voir pour qui ont voté les quelques françaises et français qui votent encore : une sorte de télévangéliste de l’industrie et de la finance, dont l’apparat religieux est le costard-cravate de « ceux qui réussissent ». Voilà le message de la classe bourgeoise, qui sert de rempart aux riches, en espérant conserver ses avantages et, pourquoi pas, améliorer son train de vie. C’est humain ? Je ne sais pas, les conditions de l’humanité on tellement évoluées depuis la préhistoire, j’ai l’impression qu’il ne reste plus que l’instinct de survie, ancré dans le système limbique. Et il ne s’agit pas de la survie du groupe, mais de l’individu. Chacun pour sa peau.

    Désolé pour mon pessimisme.

    Il faut dire que l’on se noie sous les mauvaises nouvelles, les histoires dégueulasses, l’injustice à tous les étages.

    Je crois qu’il y a un cercle vicieux, qui a été lancé lors de l’émergence de l’industrie : il a vu à la fois l’essor d’une classe de riches, dont les usines ont commencé à tout saloper, tout en créant du chômage en remplaçant les hommes par des machines. Et depuis, tout cela à continué, en s’aggravant. Les riches plus riches, les pauvres plus pauvres, la pollution plus polluante. Et comme les pauvres, puis les classes moyennes, sont trop occupés à essayer de sauver leur peau, comment pourraient-ils se soucier de leur environnement aussi sérieusement qu’ils le devraient ?

    Comment convaincre des gens de trouver la force de renoncer à ce qui fait leur confort, ce qui constitue leur source de divertissement, pour s’engager dans une lutte contre un péril nettement moins concret pour eux que, par exemple, le chômage ? On lance un hashtag sur Twitter ? Une pétition sur Facebook ?

    Désolé, je bloque, là. Je suis une sorte d’anti-Frédéric Wolff : ce monsieur rédige une prose porteuse d’espoir ; la mienne consiste principalement à broyer du noir. Il se tient à l’écart d’Internet et des écrans ; je baigne dans le numérique depuis mon enfance. On voit qui s’en sort le mieux.

    1. Cher Francois, je me suis souvent pose la question que vous posez si bien. Je ne sais pas si Frederic Wolff ou Fabrice Nicolino ont trouve la reponse, moi pas. Mais je crois que Soljenitsine avait raison: En toutes circonstance, ou que nous soyons, il est toujours possible de ne pas etre un instrument du mensonge, de refuser d’y participer.

    2. Cher François,

      Je crois que je me suis mal fait comprendre, ce qui est à 100 % de ma faute. Mais il est vrai que mon point de vue est difficile à présenter. En tout cas, sache que ton point de vue – et tu es rejoint par Marie-Line – n’est pas le mien. Tu te polarises sur ce qui bloque, et bien sûr, il y a de quoi déprimer une armée de vainqueurs. Moi, pour en rester à la bio, je vois que des millions de Français ont déjà rompu avec l’ordre alimentaire officiel, et consomment des produits bio. Certes pas tout le temps, mais tout de même ! En vingt ans, une véritable révolution alimentaire a eu lieu, et elle continue, bousculant dans ses fondements l’agriculture industrielle. On ne peut parler de cette ritournelle du verre à moitié vide, ou plein. Ce que nous avons sous les yeux, c’est un verre qui se remplit à belle vitesse – attention, notre espérance de vie nous fait tout compter par rapport à nous – d’un élixir de jouvence, tandis qu’il reste au fond qu’un dépôt noirâtre qui va disparaissant. Oui, je sais, cette image est ridicule. Tant pis, et amitiés,

      Fabrice Nicolino

      1. Fabrice,
        Bien sûr que les temps évoluent, que le bio gagne.Ma famille d’agriculteurs mange aussi certains produits en bio , pour sa santé, mais ne se remet pas en question pour autant !
        Il n’y aura que la contrainte venant des Etats qui pourra faire changer les attitudes des citoyens et des industriels (y compris exploitants agricoles)en profondeur.

  3. J’ai lu les « premieres sections » de « Ou atterir? »… Ma foi c’est la premiere fois que je trouve un livre de Latour interessant, voire meme, peut-etre sympathique! Merci pour l’info!

    Sinon, sur l’info ahurissante sur Jean-Vincent Place, j’espere pour lui qu’il a soigneusement lu son contrat de « colonel des forces speciales », bien entre les lignes. S’il pense vraiment que ca donnera un sens a sa vie de se faire dechiqueter, quelquepart pres de la frontiere entre la Syrie et l’Irak, par un missile de croisiere lance depuis un sous-marin ou depuis un bombardier strategique russes, c’est son affaire, mais si c’est par loyaute mal placee, ou parcequ’il aurait pris une punition pour une recompense (cas typique malheureusement)… C’est dommage, non seulement pour lui mais pour tout le monde…

  4. Cher François, il y a bien sûr de la part des agriculteurs classiques cette hostilité ouverte vis à vis des agriculteurs bio.
    Vous semblez débarquer…Cela fait 30 ans que je la connais, ce refus pour eux de se remettre en question, d’accepter une réalité trop cruelle peut-être ( leur pollution de l’eau, des sols), et leur non compréhension de la biologie du sol , des interactions dans la nature, leur résistance à lire des livres qui pourraient le leur enseigner, leur ouvrir les yeux.
    Oui, c’est une vraie résistance inconsciente, une impossibilité pour eux, ils sont figés dans leurs schémas, penser autrement serait trop énorme.
    Je suis d’une famille de paysans, maïsiculteurs depuis un demi siècle, je vous parle donc de ce qui se passe de l’intérieur et j’ai ces derniers jours entendu des réflexions hallucinantes de leur part …petit florilège ….
    A propos de cette fameuse étude allemande sur la disparition des insectes :
     » Oui, mais il y a toujours autant de moustiques, ces saletés ! »
    « Les insectes disparaissent car on protège les oiseaux, et donc, ce sont eux qui mangent les insectes… »
    A propos du glyphosate et de Monsanto :
    « Monsanto ,il m’a fait gagner de l’argent pendant 50 ans, je ne vais pas regarder une émission qui le démonte ! je le remercie Monsanto ! »
    Et pourtant, ils sont devant la télé tout le temps.On peut y voir des émissions qui commencent à alerter, même Natacha Polony en parlait aujourd’hui…(Elle tourne écolo ou quoi ?)
    Eh bien non, ça leur rentre par une oreille, et ça sort par l’autre !
    Je suis aussi pessimiste que vous.
    Votre proposition de lancer un truc sur twitter est une bonne idée…Fabrice, tu le lances ?? ( ou demande à Mme Duflot, je crois qu’elle a twitter)
    Et puis, il y a cet article qui n’est pas pour nous rassurer, et qui fait beaucoup , beaucoup réfléchir….
    « Crise écologique : notre cerveau n’est pas programmé pour se la représenter ! » :
    https://alaingrandjean.fr/2017/10/13/ecologie-tragedie-exponentielle/

    Merci pour ton article Fabrice, j’attends la suite !

  5. Merci,

    Le titre, 🙂

    Es tu au courant, qu’il y a 2000 ans, celui qui disait a peu près la même chose, s’est fait crucifié?

    Bises,

    1. Celui dont tu parles était le seul vrai communiste envoyé par son vieux pour réparer les conneries… de son vieux. De ce côté là je pense que ton protégé ne risque rien. 🙂

  6. Merci Fabrice pour ce texte (pour tous les précédents aussi), certes pas joyeux mais c’est sûrement mieux comme ça ! Alors on attend la suite.
    Pierre Rigaux

  7. François,
    tout en recherchant fiévreusement des raisons d´espérer, je partage votre pessimisme.
    Je ne baigne pas comme vous le faîtes dans le numérique mais j´observe ce qui se passe autour de moi. Et ce que je vois me décourage de plus en plus. Aucun signe avant-coureur d´un quelconque changement, aussi timide soit-il. J´ai même parfois le sentiment que les gens s´enferment dans leurs habitudes, qu´ils s´accrochent frénétiquement à ce qui leur donne le sentiment d´exister : la consommation de biens parfaitement inutiles.
    Ici, outre-Rhin, l´industrie automobile a tenté de redorer son blason, joliment écorné par le scandale du diesel. Et croyez-moi, ça marche, ça roule ! Au lieu de dire non, gardez vos bagnoles, nous n´en voulons plus, les braves gens achètent, achètent, les nantis comme les fauchés, pardi, les crédits sont flatteurs et les voitures sont propres maintenant, le constructeur a tenu ses promesses, qu´ils vous répètent à l´envie !!!
    Je ne vois autour de moi que des voitures flambant neuves, d´énormes véhicules énergivores, des 4×4 avec lesquels on pourrait traverser les Rocheuses en plein hiver et qui occupent facilement deux places de parking. L´Allemagne doit-elle repartir à la conquête de nouveaux territoires simplement pour héberger son parc automobile ? Et dans tout cela, aucune prise de conscience de la gravité de cette pollution, de cet air vicié qui nous tue à petit feu. Que, dans leurs landaus, les petits respirent à pleins poumons.
    Et la disparition massive des insectes ? Tout le monde, ou presque, s´en fout complètement ! Certains s´en réjouissent même, ca fait moins de travail pour laver la voiture (authentique, je l´ai entendu).
    Et la pollution des nappes phréatiques par les pratiques de l´élevage industriel ?
    Aucun intérêt, l´important c´est de manger de la barbaque. Pas chère et beaucoup !
    Et les 320 000 gobelets jetables qui atterrissent chaque heure dans les poubelles ? Trois milliards par année, rien que pour l´Allemagne. Mais ils sont recyclés, ils vont resservir, croit dur comme fer le consommateur irresponsable et naif ! Café to go, on avale en marchant un breuvage infecte et tiédasse, les yeux rivés sur son écran de portable. On jette le gobelet en carton dans une corbeille à papier (jamais le portable!) mais la plupart du temps, les couvercles en plastique partent dans la nature. Cette pratique provoque des montagnes de déchets alors qu´il serait si facile de se servir de gobelets réutilisables ou de thermos ! Trop compliqué, trop lourd, ringard, pas le temps, comme toujours, et dans bien des domaines, ce sont mille et une mauvaises excuses pour justifier un comportement désastreux. Et cela ne semble pas prêt de changer.

    1. Martine, quand mon mathematicien prefere donne une conference, il oublie rarement de commencer par prendre une ou deux gorgees d’eau de sa gourde (qu’il a toujours avec lui comme il a l’habitude, on sort rarement de chez soi en Inde sans sa bouteille d’eau), faisant semblant de ne pas avoir vu la bouteille d’eau minerale que l’on a mis a sa disposition. Une assemblee d’etudiants avec leurs profs, les yeux rives et oreilles tout ouie, le tout premier geste, juste apres avoir dit bonjour… Je crois que ce n’est pas ‘seulement’ parcequ’il a soif, juste a ce moment-la! Il faut profiter de toutes les occasions pour repeter sans relache le message, et surtout, surtout: sans le dire, sans en avoir l’air le moins du monde.

      https://www.youtube.com/watch?v=IaodCGDjqzs

      1. Laurent Fournier,
        Merci pour ce lien. Bien que le sujet me soit étranger (je suis nulle en maths), j´ai regardé un long moment le professeur Raju et je dois dire qu´il m´a beaucoup impressionnée, fascinée même. J´aurais aimé rencontrer plus d´universitaires comme lui en occident.

  8. Pour sortir de l’impasse, il faut sortir de l’économie donc de la religion du travail abstrait qui ne peut que croître pour accumuler de la valeur économique. C’est l’économie qui est en crise et qui détruit tout sur son passage. Nous ne pourrons nous réapproprier nos vies et nos relations avec le Vivant sans cela.

  9. Et moi, tous les jours, face à cette apocalypse globale, je me demande tous les matins : qu’est-ce que j’enseigne à mes élèves ?
    Cela fait quelques années déjà…
    Mais l’Education Nationale est en dessous de tout, comme le reste de tous les institutionnels de notre société.
    Alors… hors programme bien sûr ! Mais comme je me sens seul sur ce chemin…
    Je rêve que mes collègues ne se lèvent, ne se révoltent contre la mollesse, l’inconsistance, l’insignifiance de l’école face au drame en cours, inéluctable et actuellement sans limites…
    Je viens de passer plusieurs en forêt et en montagne, les arbres sont grillés pas la sécheresse, c’est inhabituel… en plus, ils ont subi un gel important au printemps…bref, que du « stress » comme disent les biologistes… jusqu’à quand cela va-t-il donner l’illusion de tenir ? Les insectes nous montrent la voie : effondrement massif et brutal ! Nous vivons un « Silence Spring » qui risque de durer. Qui en est conscient ?

    1. Moi, moi et ça me bouffe ! Je sais, je sais faut paccaler ! 🙁
      As-tu noté ( sérieux ) des modifications au niveau des écorces de certains arbres, genre éclatement, comme lors de gel intense mais là dû au stress ?

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