Agir après Notre-Dame-des-Landes

Pauvres de nous-mêmes, qui n’avons plus de combat rassembleur. La fin de la grande bagarre de Notre-Dame-des-Landes signe la naissance d’un peuple d’orphelins, qui est le mien. Avant de commencer pour de vrai mon propos, un mot encore sur Nicolas Hulot, que j’ai remercié publiquement ici. Certains me le reprochent, et ils en ont évidemment le droit, mais quoi ? Un conflit écologique et social de cette dimension fait fatalement penser à un écosystème, dont la complexité des relations défie le plus souvent la si maigrelette compréhension humaine.

Non, chers critiques, il n’est pas vrai que tout soit à mettre à l’actif de ceux – dont je fus dès la première minute (ici), bien avant qu’on ne parle de ZAD – qui ont mené combat. Je les salue tous, y compris les zadistes sans lesquels cet aéroport aurait été construit. Je les salue, je salue avec émotion Michel Tarin, Julien Durand, les frères Fresneau, Françoise Verchère, Marcel Thébault. Ils ont été magnifiques. Mais cela ne m’empêchera pas de penser que le rapport des forces, dans une société, place au carrefour des décisions, et même à chaque pas d’un si long chemin, de tout autres personnages. Pas forcément détestables, mais différents, ô combien. Il ne faut rien négliger, et n’oublier personne qui compte, au risque de l’échec. Nul ne saura jamais qui a fait réellement quoi, mais je déplore que certains d’entre nous utilisent le langage binaire des machines pour parler d’un bouquet dans lequel la moindre ronce aura eu son importance. Plaçons-nous tous à la hauteur de cette victoire !

Maintenant, que penser ? Eh bien, les écueils sont innombrables. Les vieilles cultures de gauche – cette gauche fût-elle « radicale » – ne peuvent que nuire à l’émergence de visions nouvelles. Incapables de rendre compte de l’effondrement complet de leurs théories, et désespérées de n’en plus avoir sous la main, elles ne peuvent que s’emparer – tenter de s’emparer – de la dépouille de Notre-Dame-des-Landes. Cela n’a rien de fatal, nous verrons bien. Dans le meilleur des cas, qui n’est pas impossible, la bataille victorieuse aidera à faire pousser autre chose. Qui ne peut rentrer dans aucune case. Ce neuf-là mettrait la crise climatique, la crise de la vie au centre de toutes les pratiques et enverrait au cimetière des idées mortes la totalité des partis. La totalité ? La totalité.

Avez-vous bien remarqué ? Aucun parti n’est jamais parvenu à tenir les rênes. Aucune figure ne sera parvenue à s’imposer dans les télés. Voilà un conflit qui aura tourneboulé la scène politique française sans jamais laisser suffisamment d’espace aux bateleurs habituels. Cela vaut pour ces grotesques formes que sont le parti socialiste en déroute ou la droite. Mais aussi pour ces nouveaux vieux de LREM. Et encore pour les Insoumis de Mélenchon, qui ont soutenu le combat commun, il est vrai. Soutenu, pas instrumentalisé. Chacun a le droit et parfois le devoir d’aider. Mais Notre-Dame-des-Landes aura montré que chacun doit rester à sa place. Le mouvement, le mouvement réel est un bâton de dynamite qui fait exploser les vermoulures.

La situation générale, ainsi que je l’ai écrit 1000 fois, a quelque chose de tragique. Il nous faudrait agir massivement aujourd’hui, détruire le pouvoir des transnationales, cesser de consommer comme des insatiables, tendre une main chaleureuse aux peuples du Sud, abolir la pêche industrielle, abattre l’industrie chimique, vénérer enfin l’eau douce dont nous sommes faits, sauver ces milliards d’animaux, ces milliards de milliards de plantes que nous jetons au feu, et nous n’avons même pas commencé à avancer.

Je forme le vœu que Notre-Dame-des-Landes marque un vrai début. Qu’il nous permette d’agir en ayant pris le soin de brûler nos vaisseaux. En ayant donc dit adieu aux formes anciennes et à cette manière si pénible de faire de la politique. Il faut vraiment inventer, savez-vous ? Il faut oser, il faut tout oser maintenant. Ou jamais. Le précédent du Larzac est à prendre avec de longues pincettes. J’ai mis les pieds sur le plateau alors que je n’avais pas encore 17 ans, à l’été 1972. Et j’y suis retourné bien des fois. C’était splendide, c’était unique.

En même temps, restons honnête. La fin du projet d’agrandissement n’a pas été obtenue par le mouvement, mais sur décision de Mitterrand, sitôt élu en mai 1981. Et loin de lancer la jeunesse de l’époque à l’assaut du monde, cet arrêt aura globalement servi d’étouffoir. Les « vainqueurs » s’embrassaient, se congratulaient, puis repartaient faire le sieste chez eux, confiants, ces naïfs, dans les proclamations d’une gauche au pouvoir qui n’avait déjà plus rien à dire. Étouffoir, éteignoir, noir complet. Le Larzac, mené par une génération naïve, accrochée à des idéologies pour l’essentiel faillies, n’aura aucunement débouché sur un embrasement des consciences, qui seul aurait pu changer la donne. Le Larzac, le formidable Larzac, mon formidable Larzac conduisait droit aux pantoufles devant la télévision.

Sera-ce la même chose ? À nouveau, je forme le vœu que non. Il reste le grand espoir que nous vivions un moment d’Histoire.

67 réflexions au sujet de « Agir après Notre-Dame-des-Landes »

  1. Combien d’accord avec ça (100 fois, 1000 fois, 10 000 fois !) :
    « (…)le rapport des forces, dans une société, place au carrefour des décisions, et même à chaque pas d’un si long chemin, de tout autres personnages. Pas forcément détestables, mais différents, ô combien. Il ne faut rien négliger, et n’oublier personne qui compte, au risque de l’échec.(…) »
    Avec ça :
    « (…) Les vieilles cultures de gauche – cette gauche fût-elle « radicale » – ne peuvent que nuire à l’émergence de visions nouvelles. Incapables de rendre compte de l’effondrement complet de leurs théories, et désespérées de n’en plus avoir sous la main, elles ne peuvent que s’emparer (…) »
    Et ça :
    « (…) Le Larzac, le formidable Larzac, mon formidable Larzac conduisait droit aux pantoufles devant la télévision. (…) »

    Et maintenant ? Tout reste à faire, à NDDL comme ailleurs ! Soit l’écologie gagne, soit l’Humanité disparait ou achève sa transformation en une vaste barbarie planétaire.

  2. Bonjour Fabrice,
    Voilà bien quelques années que je suis vos posts, qui rentrent quasiment tous dans ma pensée et je vous remercie d’user de votre temps pour les rédiger.
    Je vous ai suivi avant et après Charlie, ce qui m’a bien attristé, je suis bien heureux de voir que la bête a repris du poil, mais là n’est pas mon propos….

    Concernant NDDL, j’ai une bizarre impression qui je l’espère, n’en restera qu’une.
    Le gouvernement a « cédé », mais justement sans se battre, comme ça, trop vite, bien trop vite!!!
    Je subodore, quand les zadistes seront bien endormis, quand ils seront pour la plupart partis sous d’autres cieux ou ailleurs, que les CRS ou autres encasqués vont envahir la zone ainsi que des pelleteuses et autres engins et s’attaquer à ce dit aéroport.
    Je sens ce gouvernement parfaitement capable d’une telle félonie.
    J’ai trouvé bizarre qu’il faille rapidement dégager la route qui traverse la zone, donc en améliorer l’accès, je pense, pour une kyrielle de véhicules dont les chicanes auraient pu poser problème.
    Bon comme on dit, je pose ça là !!!

    Toutes mes amitiés Fabrice et au grand plaisir de vous lire encore!!!

  3. Bonjour.
    Quand même, il ne peut y avoir de victoire sans lutte. Bien sûr, il y a le roi tout puissant pour appuyer sur le bouton et faire arrêter la guérilla. Sans lutte, le Larzac serait beaucoup moins attrayant actuellement, et le projet de NDDL aurait vu le jour depuis longtemps.
    Combien d’infrastructures ou décisions odieuses ont vu le jour, faute d’opposition ?
    Il faut essayer, même quand ce n’est pas gagné.

    Je suis assez pessimiste pour ce qui concerne l’éveil des consciences…

  4. Malgré tous les aléas , je suis resté membre des Vert·e·s depuis 1985.
    Pourtant, je viens d’expédier une manière d’ultimatum à ce qu’il reste de ce mouvement.
    Au-delà de l’écologie politique, au-delà de l’environnementalisme militant, un sujet seul me préoccupe aujourd’hui qui dépasse mon anti-nucléarisme primaire.

    L’effondrement de la société mondiale. Ni plus ni moins. Difficile de faire plus, certes.
    Le livre de Servigne-Stevens et celui plus ancien de Cochet en 2007, ont maturé en moi.
    La vidéo de Vincent MIGNEROT m’a interpelé puissamment.
    Si les écolo·te·s ne s’emparent pas du sujet, ils et elles auront à mon sens perdu totalement une raison d’être et de l’ouvrir.
    Qu’en penses-tu camarade ? 😉
    Je suis par ailleurs prof -bénévole- de Qigong mais ça n’a rein à voir.

    1. Housez,

      Ce ne serait déjà pas si mal de faire le vrai bilan des Verts. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Un minimum de clarté et de vérité me paraît indispensable.Qui fera jamais le bilan des Cambot-Vidal et celui, il y a si peu, des Placé-Duflot ? Le démentiel, c’est que l’histoire part à la benne, année après année. Those Who Do Not Remember the Past Are Condemned to Repeat It. Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre. C’est du philosophe américano-espagnol George Santayana.

      Fabrice Nicolino

      Fabrice Nicolino

  5. Sur le fond, je suis d’accord avec ta vision toujours combative et cette envie que les chose changent et conduisent à une prise de conscience. Mais je ne crois pas que l’on puisse comparer le Larzac et les résistants restés sur place une fois le combat terminé, (les pantoufles et la télé, ça je ne sais pas) car ça, c’était a la fin du 20ème siècle , c’était le bon temps, quand les agriculteurs ne se suicidaient pas en masse, quand il n’y avait pas ce désespoir ahurissant qui pousse des milliers de gens a tenter des traversées impossibles. Maintenant, c’est sans pitié, marche ou crève. Et quelle personne un tant soit peu consciente de la situation écologique ou sociale peut sereinement arrêter tout combat pour s’endormir sur ses lauriers tout auréolés de gloire à la résistance ?Non, non, tout est plus dur, plus pervers, plus mortel que dans les années 80. Même « renter dans les cases » est intenable à court ou moyen terme. Je plains sincèrement certaines personnes qui se sont énormément investies dans ce bocage et que l’on va délégitimer comme des malpropres. Ils risque de souffrir beaucoup (et alors si ils rentrent dans la cas « MSA », je les plains encore plus parce c’est çà, la corde au cou des suicidés de l’agriculture à la place des pantoufles et de la télé).Je crois que le principal risque aujourd’hui, pour Notre Dame des Landes, c’est la mafia de l’agriculture française et son cartel pétrochimique. Et quelle mafia…alors on se demande bien quel organisme pourrait aujourd’hui DEFENDRE , non pas de façon communautariste mais universelle, fasse à un système parfaitement inhumain, une petite agriculture paysanne et alternative, une agriculture naturaliste (si si, on peut le faire) non pas seulement sur la ZAD mais partout, partout, partout!! Et là on verra repousser les coulemelles et les oignons de grolles…

    1. Pour défendre l’agriculture paysanne , il y a l’association Terre de Liens qui achète des terres grâce à des donateurs ou des gens qui achètent des actions , et ces terres sont ensuite louées à de jeunes agriculteurs bio .

      1. Je ne crois pas qu’elle soit représentée en CDOA, si?
        C’est très bien, Terre de liens, et loin de moi l’idée de critiquer l’action, mais cela concerne essentiellement le foncier et l’installation.
        Or, une fois installé, faut tenir et c’est là qu’il faudrait faire changer les choses… parce que personne n’est irremplaçable: le paysan n’arrive plus à payer ses charges, il craque, on reprend ses terres (car ça ça compte vraiment, pas le bonhomme qui craque), on installe un nouveau tout frais tout neuf avec sa DJA en poche, qui dans quelques années n’arrivera plus à payer ses charges etc etc… système dégueulasse et inhumain, à l’image du monde me direz-vous. Alors qu’il suffirait de pas grand chose, de seulement plus de justice et de justesse et tout le monde s’en sortirait. Mais voilà voilà, pendant ce temps, la MSA (organisme de droit privé, quand-même!) s’en fout plein les fouilles et personne ne va ou ne peut jeter un œil sur le devenir de tout ce fric.
        Mais 1000 excuses, je m’égare, ce n’est pas le propos ici.

  6. « La fin du projet d’agrandissement n’a pas été obtenue par le mouvement, mais sur décision de Mitterrand, sitôt élu en mai 1981. Et loin de lancer la jeunesse de l’époque à l’assaut du monde, cet arrêt aura globalement servi d’étouffoir.  »

    Mais n’en est-il pas ainsi de toutes nos luttes? Quand il n’est plus possible de les réprimer pour des motifs divers, le principal étant qu’elles sont devenues populaires au point de menacer l’ordre établi, le pouvoir en place reprend les choses en main et lâche du lest. Plus ou moins, selon le rapport de force, mais dans le but bien précis de ne pas perdre totalement le contrôle.

    Bizarrement, je repense à la fameuse « loi Veil ». Qu’on attribue toujours à Simone, bien sûr, et loin de moi l’idée de contester son mérite. Mais, elle même le disait clairement et s’en est servi comme argument pour convaincre les plus réfractaires, les régnants étaient en train de perdre le contrôle face à une « désobéissance citoyenne » massive qui risquait de s’approprier plus qu’une simple technique.

    Nous ne gagnons jamais que par « forfait » des puissants. Mais le souvenir reste, et même franchit les générations. Il permet qu’après avoir protégé les Camisards on cache les juifs, par exemple. Quels étaient les « souvenirs » de tous ceux qui ont lutté pour sauver NDDL? Quels souvenirs, susceptibles de devenir des actes, laisseront-ils dans les mémoires de nous tous?

    1. Cultive ton jardin,

      Merci de ton mot, qui mériterait une autre discussion. L’un des malheurs de notre temps sans précédent est qu’il faut agir d’une manière elle aussi sans précédent. Et nous en sommes loin. Bonne fin de journée,

      Fabrice Nicolino

      1. « il faut agir d’une manière elle aussi sans précédent »

        Il me semble que c’est commencé, quoique encore minuscule. Mais toi qui aimes les arbres, tu sais bien qu’un chêne est un chêne, même quand il mesure deux centimètres. Et que sur une infinité de glands qui germent, même si la plupart n’iront pas loin, quelques chênes de demain se préparent.

        Dans ma petite friche, un de ces chênes mesure déjà trois centimètres de diamètre et chatouille le ciel quand il est bas. Et j’ai repéré hier un hêtre que je n’avais même pas vu grandir.

    2. Difficile de mieux dire!
      Si l’on sait pourquoi on se bat, on ne perds jamais, il n’y a que des victoires. Meme si, a l’aune de l’ideal que nous desirons (et il faut desirer!), il n’y a que des defaites, et les victoires sont toujours ameres.
      Merci a tous ceux qui ont agi. Pas moi, trop loin, mais merci et bravo a tous ceux qui ont trouve le moyen de le faire!

  7. Je pense qu’il y a probablement des personnes qui réalisent maintenant qu’il n’est pas vain de se mobiliser et que c’est bien à la portée de tous, un petit pas après l’autre : en signant une pétition, en soutenant un collectif, en affichant publiquement ce soutien, en manifestant, etc.

  8. Tu écris
    « La situation générale, ainsi que je l’ai écrit 1000 fois, a quelque chose de tragique. Il nous faudrait agir massivement aujourd’hui, détruire le pouvoir des transnationales, cesser de consommer comme des insatiables, tendre une main chaleureuse aux peuples du Sud, abolir la pêche industrielle, abattre l’industrie chimique, vénérer enfin l’eau douce dont nous sommes faits, sauver ces milliards d’animaux, ces milliards de milliards de plantes que nous jetons au feu, et nous n’avons même pas commencé à avancer. »

    Oui ! C’est bien ça

    Comment faire pour que les gens prennent conscience qu’on ne peut plus vivre comme si ça allait continuer encore et encore comme avant ???

    Nous ne sommes vraiment qu’une minorité.
    Le levain pour faire lever la pâte ?
    Le colibri et ses petites gouttes d’eau ?
    J’aimerai y croire…

  9. Des anciens du Larzac vivent aussi autrement, il ne faut pas tous les mettre dans le même panier, c’est injuste !
    Et il y a beaucoup plus de gens qu’on ne croit qui ne le crie pas sur les toits mais qui vivent autrement qu’enfermés dans le consumérisme forcené.

    1. Laurenzerl,

      Ou vous m’avez mal lu ou, plus sûrement, je me suis mal expliqué. Je voulais dire, je veux dire que la génération Larzac n’a malheureusement rien donné.

      Fabrice Nicolino

      1. Mais qu’entendez-vous par rien donné ?
        Rien donné, je ne sais pas… si les gens vivent autrement, c’est déjà ça, non ? … c’est une façon de résister.

        Ah et merci de corriger : qui ne le crieNT pas sur les toits 😉

      2. Bien sur que si,cela a donné plein de gens magnifiques, qui ont mis en place des alternatives partout et qui ont inspiré les Zads d’aujourd’hui,d’ailleurs le plan proposé,par Bové comme par hasard,a Hulot et aux locaux élus,pour la ZAD ,est vraiment très bien et tres intelligent et alternatif ,il sait de quoi il parle, sauf que au Larzac les 6000 hectares ont été laissé aux gens qui y étaient sans contre parties ,et ceux qui l’occupaient,j’y étais.La génération Larzac ,c’est elle ,partout qui est le fer de lances des luttes locales,et sert de modèle aux jeunes , voir a NNDL,les têtes sont de cette génération,qui sont en demande de modèle ,étrange ce que tus dis,rien donné,la bio ,les jardins partagés ,les coopératives et scoops ,les communautés,les coops bio locales ,etc…..

  10. La societe occidentale est preoccupee par l’effondrement, qu’elle voit un peu partout et appelle « effondrement de la societe mondiale »… Et cette idee de la « minorite agissante », des forces infinitesimales des marginaux face au systeme, du « levain » perdu dans la masse… Est-ce que ces notions ne sont pas finalement tres locales et meme assez datees, genre « Europe occidentale de la seconde moitie du 20 siecle »? Basees sur le concept romantique de l’individu heroique, dont Rene Girard dans « mensonge romantique et verite romanesque » a montre l’illusion? A mesure que je deviens vieux je me trouve de plus en plus dans le courant principal. Je n’ai rien renie, au contraire, mais je trouve de plus en plus de resonnances un peu partout, dans les endroits et chez les gens les plus inattendus. Je ne suis pas isole, je suis au coeur de l’action. Comme disait un de mes architectes preferes, Bruce Goff: « moi, un marginal? mais je suis en plein dans le courant principal! Mais a long-terme, bien sur, 1000 ou 2000 ans, peut-etre! » Est-ce la vieillesse (relative), est-ce le fait de vivre en Inde, ou est-ce l’eloignement progressif de l’ethos de l’Europe occidentale, qui n’est pas celui du « monde » mais celui d’une culture particuliere a une epoque donnee? Je ne sais pas… Toujours est-il que les societes non-europeennes ne se preoccupent pas beaucoup d’effondrement, et je ne crois pas que c’est parcequ’elles « s’effondrent » plus, au contraire, malgre des conditions -reelles ou supposees- plus difficiles.

  11. Ca n’a rien donné parce que 90% des écolos croient qu’ils sont indépendants du phénomène social et qu’il suffit de faire autrement, quitte à se retrouver 4 chats, pour que démarre une fabuleuse révolution planétaire… Ben non, 99,99% de la société continue à produire de la merde et à sombrer dans la mort à court ou moyen terme…
    Tant qu’on croira qu’il faut se couper du monde pour vivre sa petite (ou grande) alternative, on ratera tout… Nous sommes 7,5 milliards sur Terre, pas 253 !

    Bref, de belles expériences au Larzac, à coup sûr, mais ça n’a évité ni le changement climatique, ni la VIème extinction massive des espèces naturelles et ses premiers grands effondrements dantesques… ni le triomphe du complexe militaro-industriel partout sur la planète…

  12. Une petite question existentielle.
    Si on fait visiter une ferme à 100 enfants et qu à la fin de la visite on égorge le gentil chevreau pour expliquer que c est pourquoi on élève des chèvres( et pas juste pour que les enfants viennent caresser les animaux, hélas) 100/100 des enfants vont détester les fermes et seront végétariens. De même si à l issue d une visite au Zoo on procédé à la chasse à Albert le Lion pour faire une photo de classe autour de sa dépouille ensanglanté tous les enfants vont détester la chasse et les chasseurs.
    Par quel processus passe t on donc pour que toute cette bonté qui réside à la base dans nos corps d enfants se transforme en  » raison d’Etat » au final l Adulte devenant un tueur raisonnable et l enfant un doux rêveur ???

    1. Merci pour l’info !
      Je viens justement d’entamer le livre d’Eduardo Kohn (comment pensent les forêts).
      A la lecture de ce plan comm’, on sait déjà « comment pensent les ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts »…

  13. 🙂

    Dans ce simulacre de démocratie, les pouvoirs en place ne sont que des imposteurs de plus, les bras armés d’un petit monde occulte, tout comme les précédents monarques qui ont glissé leur séant dans le fauteuil au pouvoirs magiques, tout comme la prêtresse du lucre qui prendra la relève pour maintenir la « populace » française sous contrôle.

    Le contrôle fait partie du jeu. Un jeu d’ego, de puissance et de domination auquel se livre une petite caste d’individus, jeu dans lequel nous ne sommes que rouages d’une mécanique qui nous échappe, corvéables, sacrifiables et remplaçables.

    Ce jeu n’a de règles que celles qui s’appliquent à ceux qui ne les écrivent ni ne les comprennent : nous ! Plus le jeu avance plus les règles se durcissent et plus nos entraves mentales et physiques se resserrent.

    Aujourd’hui l’échappatoire est mince pour espérer ne pas assister en spectateur désincarné à la fin de notre civilisation, mais il existe. Il suffit tout simplement de décider d’ôter ces filtres qui nous conditionnent pour quitter la partie, et faire chuter la citadelle …

    https://www.youtube.com/watch?v=cnakxmuvl6k

    Bien à vous,

  14. Tout est dit dans cet article.
    Merci Fabrice.
    Et n’oublions pas que l’objectif, quelles que furent nos motivations, c’était l’abandon de ce projet insensé d’aéroport à NDDL.
    C’est fait.
    Alors prenons le temps de savourer…
    😉

  15. Jeudi 28 septembre 2017 :

    Le Secours populaire face à « un raz-de-marée de la misère ».

    « Un raz-de-marée de la misère » : le président du Secours populaire particulièrement touché par les retraités qui demandent à manger.

    En marge de la manifestation des retraités contre la hausse de la CSG, Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, a témoigné jeudi 28 septembre sur franceinfo du « drame » des personnes âgées touchées par la pauvreté. Celui qui le touche « le plus ».

    « Le nombre de personnes âgées qui viennent demander de l’aide au Secours populaire français est en augmentation croissante, a-t-il détaillé. L’année dernière, nous avons aidé trois millions de personnes en France et il y avait parmi elles de nombreux retraités. C’est un raz-de-marée de la misère. »

    « C’est le drame qui me touche le plus, voir des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui viennent demander à manger au Secours populaire, c’est vraiment douloureux. »

    http://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/un-raz-de-maree-de-la-misere-le-president-du-secours-populaire-particulierement-touche-par-les-retraites-qui-demandent-a-manger_2393236.html

  16. Pfff grosse bamboula ce weekend sur la zad, avec 5 scènes musicales et tout le bordel.
    Ça m’insupporte cette démesure, ce manque d’humilité.
    Pauvre zone humide, pauvre bocage, pauvre faune, ils auraient bien mérités un peu de tranquillité, moins de cette sur-agitation grotesque typiquement humaine, non?
    J’ai connu un renard qui un jour m’a dit: « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé »…

    1. Qn a gagné… ! On a gagné… !
      Le cul assis sur une poudrière (pour des milliers et des milliers de siècles selon le moine, qui ne sait danser, drapé dans sa bure) à la mèche allumée pas prête de s’éteindre.
      Mais bon… c’est l’ histoire d’un blaireau.
      🙁

    2. AnneJ
      Je m’étonne de votre réaction
      Il est important de fêter ce qui doit être fêter.
      Ce n’est quand même pas rien ce qu’il s’est passé sur Notre Dame Des Landes.
      L’opération César en 2012 a été d’une grande violence.
      Des gens luttent depuis des années pour l’abandon de ce projet néfaste.
      La zone retrouvera sa tranquillité et le triton crêté survivra.
      De quoi faire la fête parce que ce n’était pas gagné
      Allez ! Détendez-vous !

      1. LN66, vous pensez ce que vous voulez et allez fêter si vous voulez!
        Surtout, n’oubliez pas de faire beaucoup, beaucoup de bruit pour faire savoir que vous avez gagné. Mais bon, des fêtes de victoire, il y en a déjà eu, non?
        De mon coté, j’habite dans le 44 et je pense en savoir suffisamment pour avoir le droit de penser que ce triomphalisme de masse est débile et destructeur.
        Vous parlez de l’opération Cesar qui fût d’une grande violence. Mais la violence, dans cette affaire, ne s’est pas cantonnée à la seule zad. Elle était partout, tout le temps. Alors moi, comme d’autres, aspirons au calme maintenant. C’est comme cela que je savoure, intérieurement, lorsque je croise les « pro oui » de mon petit village qui m’ont pourris la vie pendant pas mal de temps, en effet.

        Votre « détendez-vous » est désagréable car il se veut supérieur. Je vous le renvoie car vous êtes bien réactive alors que je ne faisait que donner mon sentiment concernant cette fiesta géante que je trouve superflue (pour le bocage en tant que lieu) et surtout destinée a autre chose qu’a fêter l’abandon don du projet d’aéroport.

  17. Une fête, franchement… ça s’impose. Après… nul n’est parfait et les moyens peuvent paraître disproportionnés, pourquoi pas… mais quand on voit l’état du bocage ailleurs, franchement, merci aux zadistes et à tous les militants qui de près ou de loin on permis cette belle victoire. Qu’ils la fêtent comme ils le souhaitent.

    Ma crainte elle n’est pas là : je me méfie comme de la peste du ruralisme (celui qui fait que la Confédération Paysanne -honte à elle sur ce terrain ! – est souvent plus anti-loup que la FNSEA !) et je crains que la biodiversité, le côté sauvage et libre de la nature de la ZAD, parfois en union avec l’homme et ses activités, certes, mais parfois seulement, passe encore une fois à la trappe face à une agriculture triomphante, fut-elle bio et en permaculture. Il ne faut pas que le triton crêté ne soit qu’une enseigne, surtout pas ! 10 000 personnes derrière son effigie (ou 30 000 je sais plus), ça a plus de sens que ça, ça ne doit pas s’oublier. C’est inédit dans notre bon vieux pays qui se croit encore tellement « maître et possesseur de la nature » !
    Les néos-ruraux qui ne pensent qu’à leur conquête sur la nature, je les cotoie tous les jours ici et je commence à avoir du mal : un peu de connaissance en écologie et des valeurs plus affermies sur ce terrain feraient du bien à beaucoup et surtout, cela permettrait un respect revendiqué du monde, notre milieu de vie, que notre société appelle « la nature », nous coupant davantage encore de cette dernière…
    Pour être plus clair, ma crainte se résume en une question :
    Quelle place à la nature spontanée dans la ZAD en 2018 et pour le siècle à venir ?

    Sinon, plus de 80 cigognes resplendissantes remontaient le Mistral et le Rhône à Donzère, là où notre génie civilisationnel a mis le fleuve entre deux murailles de béton hideuses… Un jour il en ressortira, vous pariez ?
    Vous avez lu « Le Seigneur du fleuve » de Bernard Clavel ? Très beau et aussi puissant et fort que le fleuve ! Laissez vous aller à le lire, c’est pas très long et… ca permet à notre colère d’écologistes de trouver une voix ! Moi ça m’a fait du bien de lire ça il y a quelques années, mêle si Clavel ne parvient pas à condamner clairement le progrès technique et ce qu’il charrie de destructions pour l’Humanité elle même via la destruction du monde où elle vit…
    Vous m’avez compris, pour des raisons indépendantes de ma volonté, j’ai dû passer la journée dans la vallée du Rhône… et voyant toutes les horreurs qu’on y trouve (de la centrale nucléaire du Tricastin aux massacres de l’agriculture industrielle en passant par le fléau automobile avec l’A7, les carrières, le TGV et les innombrables « zones d’activités », « zones commerciales » toutes plus atroces les unes que les autres… avec un mistral à décorner les boeufs, c’était encore plus dantesque… Alors je me suis dit : pourquoi toutes ces horreurs ici ? Et bien c’est comme une nappe après un pique nique : on soulève un coin et toutes les saletés glissent vers l’endroit qui reste à plat… Voilà, c’est cela, c’est le lot des plaines que de recueillir les saletés que les humains peuvent se permettre facilement de laisser là. En plan. C’est pour quand le changement ? Le vrai ?

  18. A la base, ce qui a préservé la structure bocagère a NNDL, ce n’est pas le mouvement anti aéroport, mais le fait que ces terrains n’aient pas étés remembrés (démembrés en vérité!) dans les années 70 en vue de la construction de l’aéroport. Paradoxe total(…)
    Et précisément, c’est cette structure là que je trouve formidable. C’est une sorte de pièce de musée!
    Mais en soit, ce sont des terres agricoles qui n’ont pas été abandonnées, qui ont étés labourées, semées, fauchées, à seulement 30 km de Nantes, ce n’est donc pas une forêt primaire ni le parc de Yellowstone.
    Il me semble que ce n’est pas non plus la peine intellectualiser à outrance pour respecter ce bocage (si l’on souhaite garder cette structure en tant que telle, bien évidemment). C’est a dire que si les activités agricoles n’utilisent pas de pesticides, limitent la mécanisation et ne coupent pas les haies, c’est déjà en soit un potentiel extrêmement important pour laisser place à la vie qui veut vivre et il me semble que ce serait là déjà une belle évolution, avant même d’envisager une révolution, car comme on dit, on sait toujours ce que l’on perd mais jamais ce que l’on trouve… ou plutôt, si on sait quand-même un peu : si l’espace se referme, il devient un bois. Pourquoi pas! Mais alors, bye bye le beau bocage des années 70.

    Petit rappel pour ceux qui détestent la proposition d’agriculture bocagère dans le bocage: les anciens exploitants agricoles expropriés ont légalement le droit de revenir sur ces terrains, ce que n’a pas manqué de souligner le Premier Ministre.
    Donc, que va t il se passer?
    Qui fera quoi et où?
    Qui pourra rester qui sera évacué manu militari?
    Ne jamais oublier qu’il y a des gens très très très en colère par ici…en colère et humiliés. C’est pas bon, ça l’humiliation, ça rend les gens dangereux et revanchards. C’est pour ça que je pense qu’il ne faut pas triompher à outrance et faire les gros bras. Y’a beaucoup beaucoup de forces de l’ordre dans ce coin de France. Pour quoi faire d’après vous?

  19. Et oui, c’est le gel des terrains qui a empêché le terrible remembrement. Tu le dis bien : une pièce de musée ! C’est bien cela qui est très précieux. Et c’est bien là que je crains toujours des dégâts agricoles. Car l’agriculture cause des dégâts sur la nature. Même quand elle n’est pas industrielle. Même dans un paysage très marqué par l’agriculture justement. Il faut simplement être vigilants. Ce serait dommage de perdre ce que le « gel » a conservé avec succés et grande beauté.
    Je sais bien que le bocage est un paysage agricole et non pas une zone de wilderness façon Yellowstone ! Reste que quelle que soit l’agriculture pratiquée, il y a des choix à faire et s’ils peuvent être aussi écologiques que possible… et bien c’est bien là que ce pourrait être ! Là encore, une zone pilote !
    Bien compris ton point de vue sur la fête que tu juges comme pouvant se montrer provocatrice pour ceux qui vivent sur place et refusent la fin de l’aéroport et tout ce que ça signifie, ceux qui sont en colère donc. Colère qu’il ne s’agit pas d’attiser. Mais qui doit se calmer un jour et qui ne doit pas mener la danse non plus 😉 toujours une question d’équilibres délicats…

    Ce n’est pas « intellectualiser » que de dire et penser tout cela, c’est simplement refuser que des erreurs d’ailleurs se reproduisent ici aussi.
    Agir sans réfléchir sur un tel espace, sur le rôle et la place de la nature, du sauvage, de la libre évolution, du feral, c’est du gâchis !

  20. Exemple de « naturalité » à promouvoir (pour être bien compris) : la manière de tailler ou pas les arbres du bocage / l’espace que l’on laisse aux mares / la question de l’eau et de l’irrigation dans un contexte de réchauffement climatique (quel niveau d’artificialisation ?): etc… ce sont des problématique de « naturalité » en zone agricole, ce n’est pas du Yellowstone, nous sommes d’accord. Nous parlons bien de bocage.
    Mais ça a toute son importance, non ?
    Sauf si le terrain est à ce point différent de ce que j’imagine et connais… ! Mais il ne me semble pas.

  21. « Il faut ruser. Il faut faire la révolution sans passer par la force, sans passer par la victoire (oh ! que ce sera pénible, ca !), la faire en douce, gentiment, avec le sourire, avec des fleurs, pour le plaisir » 😉

    (Pierre Fournier dans Charlie Hebdo, le 15 février 1971)

  22. Bonjour Fabrice, bonjour à tou.te.s,
    des nouvelles de l’autre bout de la France:
    http://mobile.lemonde.fr/planete/article/2018/02/12/a-fos-sur-mer-les-aliments-aussi-sont-contamines-par-la-pollution-industrielle_5255346_3244.html
    La Méditerranée ne tue pas que les demandeurs de refuge…
    et la France continue à ne pas s’en faire, pour peu que l’industrie rayonne:
    https://www.bastamag.net/Mirages-2000-chars-Leclerc-canons-Caesar-la-France-fournisseuse-officielle-du
    Alors pour regarder plutôt du côté des initiatives citoyennes et se réchauffer le cœur:
    https://www.bastamag.net/SfruttaZero-une-sauce-tomate-contre-l-exploitation-des-travailleurs-migrants-et
    Bonne journée à tous.

  23. Mais bon sang, toute activité humaine a un impact environnemental.
    TOUTES!
    L’humanité entière crée des dégâts sur la nature.
    On parle de secteur primaire, secondaire, tertiaire, mais on devrait plutôt dire:
    Impact primaire, secondaire, tertiaire.
    Et je crois bien que plus l’impact est indirect, plus il est lourd et destructeur parce qu’il est abstrait, volatile ( le trader new-yorkais qui spécule sur le blé, par exemple).

    L’impact de l’agriculture, lui, est direct, visible, concret.
    En gros, tous ceux qui passent à coté du champ d’Arthur voit ce qu’il fait…surtout si c’est mal!
    Cela fait longtemps que je pense que le ministère de l’agriculture et celui de l’écologie ne devraient faire qu’un tellement elles sont liées.
    Mais bon, faut-il le rappeler? Cette agriculture est indispensable pour nous, les 7 milliards d’humains qui vivons en ce moment et qui avons au moins un point commun: le besoin de manger. Alors oui, c’est sur, bonjour l’impact sur la nature!
    Et je ne parle même pas de ce qui ressort de l’autre coté!
    Il y a beaucoup de gens qui sont dans le déni par rapport à ça, mais ça ne les dispensent pas pour autant d’être consommateurs. Et ils sont dans le déni par rapport à leur propre impact environnemental. C’est toujours la faute des autres quoi!
    Je ne défend pas non plus l’agriculture à tout prix, loin de là et surtout pas ceux qui pourrissent tout (genre le nuage de glyphosate dans la tronche du voisin)!
    Et je déteste au plus haut point le système agricole européen.

    Mais bref, essayons d’aller de l’avant.

    Donc, oui, l’agriculture à un impact sur la nature mais il faut quand-même des couillons qui s’y collent et qui cultivent des terres agricoles, sauf si quelqu’un a une autre idée.
    L’agriculture à forte sensibilité naturaliste (dirons-nous), j’aime bien, parce qu’on peut agir en cherchant à limiter son impact négatif et créer des interactions positives avec la faune, les oiseaux, les insectes, et la flore aussi. Quand on cesse d’agresser la nature, même en ayant une activité agricole, la vie se ramène à toute vitesse et de tous les côtés.
    Interactions positives et autonomie alimentaire non pestiférée. Il parait qu’il y a des candidats pour s’y coller. C’est plutôt une bonne nouvelle…

    ps: Pierre Fournier de famille avec Laurent?

    1. « Et je crois bien que plus l’impact est indirect, plus il est lourd et destructeur parce qu’il est abstrait, volatile ( le trader new-yorkais qui spécule sur le blé, par exemple). »

      Absolument! Même, et surtout, si le trader New-Yorkais ou de Rotshchild à Paris ou de la City à Londres mange des sandwich bio ou vegan, et passe ses vacances dans des « resort » en Thaïlande 100% bio, accessibles uniquement en avions privés…

      Vous visez aussi au cœur de la cible sur « l’abstrait »! Par exemple, on peut très bien organiser des attaques au gaz en Syrie et -en même temps- avoir une cantine entièrement bio en permaculture, comme Google et le « Google Ideas Group » de Jared Cohen…

      La « Nature » est une invention contemporaine du Romantisme et du Malthusianisme, un concept indispensable a ces visions du monde maintenant dépassées, et un concept qu’il faut situer dans son contexte historique, qui a joue un rôle probablement nécessaire dans l’émergence de la technique moderne et de la conscience moderne, mais qui n’est plus très fécond.

      Je cite encore Pierre Fournier:

      « Y’en a qui m’énervent. Celui, par exemple, qui m’engueule parce que j’ai écrit, une fois, que le monde en avait encore pour trente ans (…) et que ca me faisait bien chier de penser qu’à trente-cinq ans mon fils aîné n’aurait plus d’avenir. « Egoïste! qu’il me dit, le gars, c’est pas TON gosse qui compte, c’est la Nature. » Il ajoute: « J’ai dix-sept ans… » puis: « au lieu de toujours parler de TOI, donne la parole aux freaks! » Donne-MOI la parole, en somme.

      Mes gosses c’est la Nature et la Nature c’est mes gosses. Y’a vraiment aucune différence entre mes gosses et la Nature. Si tu avais un gosse, tu saurais que la Nature c’est ton gosse. Ca t’éviterait de raconter des conneries. »

      (Charlie-Hebdo, le 10 janvier 1972)

      Oui, Pierre Fournier c’était mon vieux. (Mon jeune vieux, mort à 36 ans). Plus je vieilli, mieux je le comprends…

    2. Anne J, je suis d’accord avec tout ce que tu viens d’écrire.
      Pour me faire comprendre et aller droit au but, que dis tu à l’éleveur de la Conf, qui fait du bio en montagne et qui dit (position officielle de la Conf) qu’il faut éliminer (flinguer) des meutes de loups entières ?

      1. Je ne dis plus rien, ça ne sert a rien. On ne peut pas discuter avec quelqu’un de mauvaise foi.
        Mais en revanche, je participe a des tests de protection des troupeaux, en l’occurrence dans mon cas par rapport aux attaques de chiens, mais le dispositif est surtout testé en estive par rapport aux attaques de loups.

        L’observatoire du loup prévoit une possible arrivée du loup en Loire-Atlantique d’ici 2 ans.
        J’ai souhaité en parler dans le journal du coin…en rappelant que le loup était présent dans ces contrées il y a seulement 100 ans et que cette absence était dérisoire au regard de l’histoire du monde…et que si l’humain ne risquait rien, il n’en était pas de même pour les animaux domestiques et qu’il fallait donc se préparer et protéger les troupeaux…j’ai été censurée… 😆
        L’agriculture à sensibilité naturaliste est aussi haïe que les loups eux-mêmes… pour lutter contre l’obscurantisme, il faut donc être tenace et rusé comme le disait si bien Pierre Fournier!
        Et unir les forces….

        1. Quelle « mauvaise foi » ? Je n’accepte vraiment pas ce qualificatif.
          Je ne fais pas de provocation ni d’ironie, au contraire, je te dis en toute sincérité à quoi je me heurte sur le terrain. Comment faut-il parler pour que la communication fonctionne sans crise ? Vraiment je ne comprends pas.
          Bien sûr, le loup finira par revenir aussi en Loire Atlantique, tu as raison et ce que tu dis sur son absence est vrai et juste ! Mais oui il faut protéger ses troupeaux et anticiper car les chiens font déjà bcp de dégâts sur les élevages.
          Pour le reste, je te dis que je suis réellement d’accord avec tout ce que tu écris plus haut, façon justement d’unir nos forces et tu parles de « mauvaise foi… ». Où vois-tu du mal à ton égard dans ce que j’écris ? C’est pour moi assez incompréhensible quand même de réagir comme cela. Du calme… du calme… On va y arriver mais… j’avoue que ça devient un (gros) poil pénible. Pas envie de continuer donc, dommage, je trouve qu’on soulevait de vrais sujets et je les trouvais intéressants et stimulant. Disons que ce moyen de communication n’est pas le bon pour cela car je suis sûr que si on discutait en face, on arriverait à se mettre d’accord à 99 voire 100% !

          1. Ha mais tu m’a mal comprise et je me suis peut-être mal exprimée.
            Je répondais directement à ta question:
            « que dis tu à l’éleveur de la Conf, qui fait du bio en montagne et qui dit (position officielle de la Conf) qu’il faut éliminer (flinguer) des meutes de loups entières ? »
            A ces gens là, je ne dis plus rien, parce que ça ne sert à rien.
            Je ne parlais pas de toi! Je parlais des agriculteurs et des syndicalistes de mauvaise foi.
            De toute façon, c’est toujours les mêmes gros nazes (d’agris) qui l’ouvrent et qui verrouillent tout. Ils font partie de la mafia agricole française. Et il faut les contourner.

          2. P.P

            Sauf erreur de ma part, quand AnneJ parle de « mauvaise foi », elle ne parle pas de toi mais de ses « chers » confrères qui ne veulent pas entendre parler du loup. Certes, AnneJ parle de « L’observatoire du loup », ce qui peut constituer une sorte de muleta pour un P.P peut-être un peu fatigué mais il me semble vraiment que le qualificatif de « mauvaise foi » ne s’adresse pas à toi. Peut-être me trompé-je mais je ne crois pas.

            Si cela peut aider…

            (Hors sujet. EPM ! P’tit nouveau ici est le même individu que jcp sur la regrettée Buvette des Alpages. De plus, P’tit nouveau quand le premier commentaire ici date de 2012, cela devient ridicule)

  24. Anne, je vous cite:

    « Mais bon sang, toute activité humaine a un impact environnemental. TOUTES! »

    En tant qu’architecte je suis bien place pour le savoir. Au moins, un agriculteur, s’il « fait son travail correctement » comme dit Pierre Rabhi, peut pretendre ne rien abimer. Mais un architecte…

    Il y a des gens qui me font rire (interieurement), comme ceux qui veulent une maison « naturelle », mais qui « dure longtemps », et bien sur, « sans entretien ». A ceux qui sont suffisament proches pour leur parler franchement, je leur demande: « Combien de temps souhaitez-vous que votre maison reste morte? »

  25. Merci Laurent pour toutes ces précisions!
    Et ravie de faire la connaissance des écrits de votre Père, ils me plaisent bien.

  26. Un bon papier sur la pollution de l’air en France et en Allemagne:

    https://www.les-crises.fr/le-mythe-de-la-pollution-de-lair-causee-par-les-centrales-a-charbon-allemandes-le-vrai-ennemi-cest-la-voiture/

    En Inde, les billets de train des 23 millions de passagers quotidiens sont subventionnes a presque 50% par le fret. Il y a cinq categories de tickets et de confort. Aucune region depourvue de transport public (avion, train, taxi, car longue distance, bus, jeep, rickshaw a pedale, rickshaw electrique, plateau a pedale, plateau diesel, auto-rickshaw, bateau a rames, bateau diesel, voiture a cheval, rickshaw a bras, mules, velos) meme quand il n’y a pas de route il y a quand meme un moyen de transport en cas de necessite! Personne n’est « coince », tout le monde a les moyens de voyager, meme les macons et charpentiers prennent des chantiers (parfois les miens) a des milliers de km de chez eux.

  27. Cher Laurent Fournier,
    ces données me laissent plus que rêveuse, mais je n´ai pas le temps de traduire les nombreux articles sérieux et de sources indépendantes qui malheureusement écrivent bien autre chose sur la qualité de l´air dans le pays. Nombre de grandes villes (70 en 2017) ont dépassé le seuil autorisé de particules fines. L´Allemagne fait partie des neuf pays européens (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne, Roumanie, Hongrie, Tchéquie et Slovaquie) menacés par une plainte de la commision de l´EU devant la cour de justice européenne pour le non respect de la qualité de l´air.

    PS J´aime aussi beaucoup de ce que vous écrivez de votre père.
    Plus intéressant et plus significatif, à mon avis, d´un changement de mentalité serait de constater une diminution continuelle du nombre de voitures circulant dans le pays. Du nombre et de la taille, ce qui est loin d´être le cas ici, les 4×4 monstrueux et les grosses berlines semlant être l´acquisition rêvée de bien des Allemands. Je vis depuis trente ans dans une ville d´importance moyenne (130 000 habitants) dont les rues sont aujourd´hui littéralement obstruées par les véhicules, où les rares pistes cyclables servent de parkings, où il faut tourner inlassablement autour des pâtés de maisons pour pouvoir enfin se garer. Une situation absurde mais qui ne semble pas déranger les automobilistes (dont je ne fais pas partie). C´est normal, on fait avec !!! Mille et une raisons sont invoquées pour justifier l´usage de la sacro sainte bagnole et je ne crois pas, pour bien connaître l´amour passionné que les Allemands portent à la voiture, qu´ils renoncent de sitôt à ce qui n´est pas seulement un moyen de transport mais aussi une marque de standing.
    Une politique comme celle menée à Copenhague ne serait pas possible dans une ville allemande, elle rencontrerait une opposition massive des citoyens :
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/04/20/a-copenhague-le-velo-supplante-la-voiture_5113994_3244.html

  28. Erreur de frappe ou de manipulation, mon commentaire est un peu désordonné. Le PS s´est inséré au beau milieu du texte :-)))!

  29. En effet, j’étais fatigué (quelques problèmes administratifs en ce moment, rien de grave mais ça bouffe une partie des neurones… c’est bientôt réglé 😉 et je n’ai pas compris du tout ce qui, finalement, est assez clair : AnneJ, tu répondais simplement et directement, comme il se doit, à ma question sur la Conf !
    Bien, bien bien… mais quand même… la Conf, on peut pas la jeter toute entière ! Pourtant, sur le loup, elle est bel et bien de très « mauvaise foi », en effet. « Prélever » des « meutes » entières est rellement sa position officielle ! C’est une fraction des néo-ruraux que je ne peux pas accepter (leur position en tout cas !).

    En tout cas, toutes mes excuses et au plaisir de continuer à discuter ici.

    Fabrice, faudrait qu’un jour on organise une grande et belle rencontre des amis de Planète sans visa ! On attendrait que Laurent Fournier retrouve un peu ce satané pays qu’est la France pour discuter de vive voix !
    Alors, un Rendez Vous Planète Sans Visa, quand et où ????

    1. Ne m’attendez surtout pas! Je ne passe pas souvent en France… Mais c’est vrai qu’une rencontre me ferais plaisir et je ferais signe a Fabrice et a ceux dont j’ai l’email quand je preparerais une visite au pays!

  30. Fabrice, pour le hors sujet.

    C’était surtout destiné à P.P.

    J’ai laissé, sous le pseudo de « jcp », bon nombre de commentaires sur le site du regretté Baudouin de Menten.

    Ici, j’ai presque uniquement signé comme « P’tit nouveau » mais avec quelques commentaires signés « jcp » car renvoyant à des commentaires sur la « Buvette des Alpages ».

    Comme je trouve maintenant un peu puérile cette « double personnalité », les idées émises étant de même nature, et que « P’tit nouveau » me semble de plus en plus décalé, j’ai décidé de ne plus signer que « jcp ».

    Je te laisse juge de l’intérêt d’encombrer ton site en publiant ces quelques lignes.

    Bien à toi.

  31. Salut Fabrice,

    Tu n’imagines pas à quel point ton article de Charlie sur les pitoyables communicants de la forêt fait du bien à énormément de monde. Je n’arrête pas de le recevoir par différents canaux, un très gros succès.
    C’est vrai que ce à quoi tu fais allusion est complètement dingue. Ces types sont des malades. C’est de ce monde là que l’on veut sortir très vite et tu nous y aides avec talent et avec une énergie que tu nous transmets et qui nous est d’une très, très grande utilité ! En plus, c’est fédérateur ! Mer-ci !

  32. Fabrice,

    Tu écris :
     » Les vieilles cultures de gauche – cette gauche fût-elle « radicale » – ne peuvent que nuire à l’émergence de visions nouvelles  »

    sans doute assimiles tu les idées marxistes aux courants sociaux démocrates ou ex-néostaliniens qui ont en effet amplement montré depuis la première guerre mondiale, et ensuite, leur intégration dans la société bourgeoise et démontré leur savoir faire pour tromper les peuples et défendre les interêts capitalistes.

    Je crois au contraire que c’ est l’ ECOLOGISME qui est sans issue si les écologistes ne remettent pas en question le capitalisme ce qui est le cas pour la majorité d’entre eux et on voit où cela amène tous leurs représentants.

    Il y a un siècle et demie, Marx comme Engels dénonçaient globalement la contradiction fondamentale entre les intérêts du système capitaliste et les intérêts de l’humanité, intérêts généraux qui incluaient expressément pour eux le bon état de son environnement sur la Terre.

    En mettant particulièrement l’accent sur les conséquences du fait que le capitalisme fonctionne uniquement dans le court terme et en vue du profit, ils avaient aussi en vue les dégâts que cela causait immanquablement à la nature.

    Ainsi, Marx, qui était vivement intéressé par les développements en cours dans l’agriculture, c’est-à-dire les débuts des applications de la chimie, souligna que « Tout l’esprit de la production capitaliste, axée sur le gain en argent immédiat, est en contradiction avec l’agriculture, qui doit desservir l’ensemble des besoins permanents des générations humaines qui se chevauchent ….».

    Il précisait : « … chaque progrès de l’agriculture capitaliste représente un progrès non seulement dans l’art de dépouiller le travailleur, mais dans celui d’appauvrir la terre ; toute amélioration temporaire de la fertilité des sols rapproche des conditions d’une ruine des sources durables de cette fertilité ».
    Plus globalement, Engels, dans son ouvrage « Dialectique de la nature », écrit entre 1875 et 1885, décrivit la nature comme un ensemble de processus en interactions continuelles, se développant dans des conditions en perpétuelle évolution. « Gardons-nous », écrivait-il, « de trop nous féliciter des victoires remportées sur la nature (…) En défrichant les forêts pour obtenir des terres cultivables, les habitants de la Mésopotamie, de la Grèce, de l’Asie mineure et d’ailleurs étaient loin d’imaginer qu’ils jetaient les bases de la dévastation actuelle de ces pays ».

    Il donnait d’autres exemples du même genre, pour ajouter « nous ne dominons nullement la nature à l’instar du conquérant d’un peuple étranger, comme si nous étions placés en-dehors de la nature (…) toute la souveraineté que nous exerçons sur elle se résume à la connaissance de ses lois et à leur juste application, qui sont notre seule supériorité sur toutes les autres créatures.
    En effet, chaque jour, nous apprenons à mieux pénétrer ses lois et à reconnaître les effets plus ou moins lointains de nos interventions(…) ».

    Et encore la connaissance ne suffit-elle pas, ainsi qu’Engels le précisait lui-même un peu plus loin. Parvenir à dominer et régler les conséquences lointaines de nos activités productrices, disait-il, « exige de nous autre chose qu’une simple connaissance », et « nécessite le bouleversement total de notre production, y compris l’ordre social actuel dans son ensemble ».
    Car, « jusqu’ici, les modes de production n’ont jamais visé qu’au rendement purement utilitaire, direct et immédiat du travail.
    Leurs conséquences multiples, qui n’apparaissent qu’à la longue (…) furent totalement négligées ».
    « Le profit obtenu par la vente est le seul et unique mobile » du capitaliste, « (…) ce qui advient ultérieurement de la marchandise et de son acquéreur est le dernier de ses soucis. Il en va de même quand il s’agit des effets naturels de ces agissements ».

    On pourrait continuer encore … Oui c’ était il y a un siècle et demie ….
    Marx et Engels n’ étaient pourtant pas des adversaires de l’ industrie en soit. Ils voyaient en effet dans le progrès technique, de la connaissance et de la science un progrès géneral capables d’amener l’humanité à se débarrasser de la faim, de la misère et même bien plus : du travail forcé ou du salariat.
    Mais pour cela il fallait collectiviser la production, abolir la concurrence, installer la coopération, éliminer les frontières, et donc finalement les classes sociales et leur Etats, appareils de coercition. Et par conséquent tous les gaspillages et les productions inutiles : armement, police, publicité, surproduction etc …

    Il y a très longtemps que des problèmes de pollution existent.

    Les villes du Moyen Age avaient connu leur lot de pollutions avec leurs rues qui ressemblaient à des cloaques et leurs rivières où se déversaient les déchets des tanneries et des abattoirs. On s’était plaint, à Londres, de la pollution de l’air, dès le XIIIe siècle. Et les villes industrielles anglaises, à cause de l’utilisation du charbon dans les manufactures naissantes en particulier, étaient déjà noyées dans des fumées malsaines au XVIIIe siècle.

    Mais, désormais, avec le développement de l’industrie, un levier sans commune mesure était placé entre les mains de la classe dominante, détentrice de moyens techniques à une échelle jamais vue.
    Et l’industrialisation capitaliste entraîna une généralisation des pollutions et des nuisances de toutes sortes.

    De là à rejeter l’ industrie et tous les progrès techniques, cela me paraît très passéiste et puis il faudrait remonter très loin dans le temps tant l’ homme dès le néolithique il y a 10 000 ans commençait déjà de transformer en profondeur les milieux naturels. On pourrait aussi remonter à 500 000 ans quand l’ homme a su maîtriser le feu ?
    Et puis est-ce souhaitable de revenir en arrière ? De toutes façons cela est impossible et n’ aurait aucun sens donc regardons la situation en face telle qu’ elle est.

    Et je rappelle tout de même qu’ à l’heure actuelle, les trois quarts de l’humanité n’ont qu’un accès réduit à l’eau potable, à un logement, à l’électricité, à l’éducation et la culture, à des soins médicaux. Un être humain sur cinq n’y a pas accès du tout ….

    Les problèmes d’environnements sont mondiaux , ils appellent une réponse et une gestion mondiale. Les forêts , les océans, le climat, la biodiversité ne connaissent pas de frontières et leurs intérêts sont incompatibles avec la propriété privée.

    Ce qui est en cause ce n’est pas la maîtrise de la nature que permet la science, c’est l’absence de maîtrise de l’humanité sur sa propre organisation sociale.

    Oui le réchauffement climatique est un révélateur de l’ irresponsabilité du capitalisme ! Commes toutes les autres pollutions et comme la disparition des espèces vivantes !

    C’est sur ce terrain là que doivent se placer ceux qui sont vraiment écologistes. Sinon ils resteront derrière ces gouvernements bourgeois qui font semblant de s’y intéresser, comme pour le climat où depuis 23 ans (le sommet de la Terre de Rio en 1992) on assiste à des grands-messes internationales … où les capitalistes pollueurs sont aux commandes.
    Pour un résultat nul évidemment ! Quelle hypocrisie sans limites dans laquelle se sont englués les soi-disant écologistes.

    De toute manière, ce qui est en cause ne serait même pas la bonne ou mauvaise volonté supposée des dirigeants. L’économie capitaliste est tellement anarchique, tellement fondée sur l’égoïsme individuel, que la mise en place de mécanismes de régulation par les États se heurte aux intérêts privés des bourgeois, à la loi du profit, à la concurrence entre les capitalistes et entre les États eux-mêmes.

    Oui Le communisme est aussi l’avenir de l’ écologie !

    Et je ne parle pas du véganisme, mais je pense aussi que tout écologiste ( comme tout communiste révolutionnaire ) aujourd’ hui doivent évoluer vers l’ anti-spécisme et donc le véganisme et l’ intégrer dans une perspective politique. Et jusque présent, je ne vois même pas ces idées apparaître …

    1. Vegaby, ta radicalité est salutaire et il n’est pour moi d’écologie qui ne dynamite le capitalisme, c’est certain et c’est vrai que ce n’est pas là le discours de certains qui se réclament de l’écologie mais n’ont en rien compris son pouvoir de dissolution du capitalisme… et du marxisme !
      Pas le temps de développer ce matin, je l’ai déjà fait ici, je recommencerai. Juste deux ou trois pistes après avoir reconnu que l’outil marxiste est extrêmement puissant pour donner un cadre d’analyse. Mais… ce cadre n’est plus le bon non plus car l’ontologie marxiste reste matérialiste et développementiste ce qui amène forcément à un productivisme qui saccage le monde et les communautés humaines. Je ne peux qu’inviter une fois de plus à relire Cornélius Castioriadis et ses analyses du marxisme.
      Finalement, l’ontologie capitaliste et marxiste (communiste si tu veux, mais marxiste aussi) se rejoignent et aboutissent ensemble à la destruction du monde car la relation qu’ils instaurent avec le monde justement, est biaisée et ne peut pas fonctionner durablement.
      En anthropologie, Levi-Strauss avait bien senti les limites de l’économisme marxiste et ceux qui apportent le plus à des pistes civilisationnelles compatibles avec le monde (je ne dis même plus la nature, encore moins l’environnement… toi, toujours), comme Philippe Descola, ont dû sortir du cadre d’analyse marxiste qui était le leur pour justement apporter des données et des fondements théoriques aussi féconds et révolutionnaires que ce que l’on trouve dans « Par delà nature et culture » et qui devrait tous nous inspirer : il s’agit ni plus ni moins que d’établir d’autres relation aux non-humains… chose que je ne trouve pas dans le marxisme. Or ce rapport au non-humain est l’une des bases, sinon la base, d’où partent les catastrophes écologiques actuelles.
      Cela dit, bien d’accord avec toi aussi sur l’aspect social des choses et sur la nécessité de savoir comme tu l’écris « maîtriser notre organisation sociale » … mais cela dépend pleinement de notre rapport au monde, ce n’est pas que de la technique économique matérialiste. Il y a aussi du spirituel là derrière (ou au moins, de l' »imaginaire ») et cela, le marxisme le refuse, niant par là même une partie essentielle de ce qu’est l’être humain donc l’humanité. Il ne s’agit pas seulement que d' »opium des peuples »… Et c’est pour moi en grande partie ce manque dans le marxisme qui a précipité, de fait (les faits sont têtus chez les hommes !) sa fin… On ne peut pas créer un homme « nouveau » : l’Homme et l’Homme et il est le même depuis Cro-Magnon en ce qui concerne ses structures. Je renvoie à Gilbert Durand et ses « Structures anthropologiques de l’imaginaire », un livre passionnant qui en est à sa plus de 12ème réédition si je ne me trompes pas… A lire, vraiment. Pour comprendre, avec Levi-Strauss, avec Descola (qui a dépassé Levis-Strauss si on peut dire, avec tout le respect dû à Levis Strauss qui nous a à tous tant apporté !) les limites du marxisme et du communisme et la non-solution qu’ils sont aux catastrophes écologiques et humaines qui ne font que démarrer actuellement.
      Attention : nous n’avons guère de temps et le gâcher avec de fausses bonnes solutions serait redoutable. Fabrice le dit souvent dans tous ses écrits…
      Non, je ne suivrai aucune « solution » communiste ou marxiste, c’est absolument certain. Ce qui n’empêche pas la nécessité ABSOLUE de combattre le capitalisme. Ne soyons pas manichéens 😉
      Vegaby, accepte de t’éloigner de la vulgate marxiste, sans la renier pour autant (c’est ce qu’a fait Descola avec beaucoup de talent !) : il y a des pistes pour trouver des pensées aujourd’hui bien plus fécondes et prometteuses. Décentre toi des pensées que tu aimes par habitude, ce qui est humain et compréhensible. Mais là, il faut passer à autre chose car l’échec marxiste est de plus en plus évident. Y compris sur le plan théorique quand on le met à l’épreuve du temps et de ce qui fonde l’humain.

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