Le méchant ours et le pauvre moucheron (fable des Pyrénées)

Au début de 2002, alors que la neige était encore installée en Ariège, en quelques lieux du moins, je me suis rendu un dimanche matin – je crois – chez Olivier Ralu. Je ne le connaissais pas. Je savais juste qu’il était un éleveur de brebis, et un virulent opposant à la présence de l’ours dans les montagnes avoisinantes. Moi, j’essayais de mieux comprendre la haine séparant les partisans de la cohabitation et les autres.

Je revois les immensités d’herbe qui couraient sous le col Dolent, au bout de la piste menant chez l’éleveur. C’était beau, poignant, c’était un monde. Mais à part cela, je dois dire qu’on m’attendait de pied ferme. Ce n’était pas un guet-apens, pas tout à fait. Ralu n’était pas seul, et avait prévenu ses copains de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip), violemment anti-ours. Les premières minutes furent tendues, oui tendues. J’étais seul en face d’une franche hostilité. Ralu s’était fait envoyer le fax d’un mien article, dans lequel je moquais en grand la Confédération paysanne. Celle de Bové, oui, qui à l’époque semblait unanime dans sa condamnation de l’ours. Or Ralu était de la Conf’. Un syndicat de gauche. Un syndicat écolo. J’étais l’ennemi parigot de tout ce que ces gens avaient construit là-haut dans les alpages.

Ce matin-là, on me sommait de m’expliquer, et j’étais embêté. Car sincèrement, je n’ai jamais considéré que la vie pastorale dans une zone où vivent des ours est toute facile. De leur côté, Ralu et les siens – je crois me souvenir du ton extrême d’Hélène Huez et, à un degré moindre, de celui de Dominique Destribois – hurlaient, tempêtaient, montraient des photos de brebis égorgées. Si l’un(e) ou l’autre lisent ces lignes, qu’ils sachent que je ne me moque pas d’eux. Au reste, je crois qu’ils le savent, car j’ai ensuite écrit un article (dans Terre Sauvage) qui leur rend, je le pense en tout cas, certaine justice.

Cela ne m’empêchera jamais de défendre autant que je le peux la présence de TOUS les animaux possibles et imaginables, partout où l’incroyable arrogance des humains le permet. PARTOUT, et bien sûr dans ces montagnes pyrénéennes  où les ours sont chez eux sans contestation possible. Là-bas, il est manifeste qu’ils sont devenus malgré eux le porte-parole d’une armée de ventriloques. Je vais m’expliquer, rassurez-vous.

Sommairement, il existe deux groupes de pression politique qui veulent la peau de l’ours (il en reste chez nous moins de 20, la plupart immigrés de Slovénie, réintroduits donc). À l’ouest de la chaîne, en Béarn, le député Jean Lassalle, grand copain de Bayrou. Depuis qu’il s’est emparé du dossier, il y a une quinzaine d’années, l’ours autochtone des vallées d’Aspe et d’Ossau s’est rapproché à pas rapides de l’extinction pure et simple. Deux ou trois y survivent peut-être. Il y aurait un pamphlet à faire contre Lassalle, mais les lecteurs manqueraient. Sachez qu’il fut un fervent défenseur du tunnel du Somport, qui devait – mais si – « désenclaver » la vallée d’Aspe et conduire ses habitants à Pau à la vitesse du gave, le torrent du coin. Pauvre garçon.

Lassalle sera passé des dizaines (des centaines ?) de fois à la télé grâce à l’ours, qui lui a fait un nom. Serait-il député sans l’animal ? Je n’en jurerais pas. Car l’ours est le « bon client » par excellence des médias locaux et nationaux. L’imaginaire de pacotille que les journalistes y ajoutent – pâturages, bergers, flûteaux, clochettes et cabanes – permet de ne pas trop se fouler l’esprit à la recherche d’un autre sujet. Lassalle doit (presque) tout à l’ours.

Côté Est, côté Ariège cette fois, il faut citer Augustin Bonrepaux. C’est un socialiste à la mode locale, et ce n’est pas un compliment. Député à six reprises – il ne l’est plus -, longtemps président du Conseil général, il aura passé les dernières années de sa vie politique active à brailler contre l’ours. Encore faudrait-il décrire comme ! Car ici, l’ours d’origine n’est plus depuis des décennies. Ceux qui s’y trouvent, je l’ai dit plus haut, ont été ramenés en camion depuis la Slovénie. En Ariège, l’ours est un immigré de fraîche date, dont les papiers sentent le faux. Je vous laisse penser la suite.

La fable est heureuse : l’Ariège de gauche et le Béarn de droite détestent donc l’animal sauvage. Entre les deux Excellences que je vous ai brièvement présentées, une microsociété de braillards. L’Addip déjà citée comprend en son sein des associations locales, dont l’Aspap (Association de Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées). Son responsable, Philippe Lacube, est désormais le président de l’Addip et représente donc le combat de la société authentique contre notre grand voyou. Lisez plutôt la phrase-fétiche de l’Aspap, qu’on retrouve à l’entrée de son site Internet (ici) : « L’introduction et l’expansion des grands carnivores menacent  le modèle pastoral pyrénéen, patrimoine et avenir d’un espace montagnard pour tous ».  Franchement, ça me fait rire. Les ennemis de l’ours, dont beaucoup des plus actifs sont des soixante-huitards venus dans les Pyrénées après la révolte d’il y a quarante ans, sont souvent des comiques.

Ainsi donc, 18 ours menaceraient le modèle pastoral pyrénéen. L’ami Alain Reynes – un abrazo, cher Alain – dirige depuis le petit village d’Arbas l’association du Pays de l’Ours-Adet, favorable à l’affreux carnivore. Arbas a pour maire un homme que j’estime beaucoup, François Arcangeli – otro abrazo, François – dont les rues calmes ont été dévastées le 1er avril 2006 par les copains de Lacube. Dévastées, je répète : outre de gentilles menaces de mort, les gens de l’Aspap s’en étaient pris ce jour-là à des bâtiments, jetant du sang, des pierres, des pétards contre la mairie et brûlant une belle statue en bois de l’ours, installée au beau milieu d’Arbas.

Alain Reynes vient de m’envoyer un communiqué de l’Adet (ici) que je trouve formidable, et qui m’a décidé à écrire cet article. Voyez-vous, la FCO vient de lancer une énième attaque contre les brebis des Pyrénées. La FCO, c’est la Fièvre catarrhale ovine, autrement appelée maladie de la langue bleue. Des dizaines de foyers d’une souche de type 1, très virulente, ont été découverts, notamment en Ariège et en Haute-Garonne, deux pays de l’ours. Véhiculé par un moucheron (Culicoides imicola), qui d’habitude demeure en Afrique du nord, le virus aurait déjà coûté bien davantage aux élevages des Pyrénées ces derniers jours que l’ensemble des ours en dix ans. C’est ce qu’écrit Alain dans le communiqué de l’Adet, et comme j’ai grande confiance en lui, je sais qu’il dit vrai.

Il accuse au passage – et comme j’en suis d’accord ! – les opposants à la présence de l’ours d’être incapables de défendre les intérêts de la montagne et du pastoralisme. La question est certes redoutablement complexe, et dépasse le cadre de ce blog. L’association d’Alain, l’Adet elle-même, n’est au mieux qu’un ferment, le ferment d’un avenir possible pour les Pyrénées, avec l’ours bien sûr. En l’occurrence en tout cas, cette fin d’été rappelle quelques fortes évidences. L’ours n’est pour certains qu’une peau sous laquelle il est aisé de camoufler sa véritable identité. L’ours n’est jamais que l’émissaire d’une folie aussi vieille que notre espèce. L’ours est l’objet d’une haine recuite et proprement anthropologique.

Remarquez-le avec moi : depuis qu’il a commencé sa conquête du monde, l’homme ne s’est pratiquement jamais arrêté. Il est au désert, sur la banquise, dans les îles, au coeur des villes, il chasse jusqu’au profond des plus profondes forêts. Dans les Pyrénées, non. Pour des raisons locales et conjoncturelles, là, et pour la première fois depuis le Néolithique, il recule et baisse pavillon. Les humains de cette antique montagne sont descendus d’un cran, et n’occupent plus comme avant les hauteurs, les prés d’altitude, les abords des hêtraies. On appelle cela la déprise. On appelle cela l’exode. C’est une fuite.

Moi, je gage qu’une obscure souffrance, hideuse mais fondamentale, est au centre de la controverse sur l’ours. Ceux qui veulent la mort de l’animal n’acceptent pas de lui laisser la place. Dans les tréfonds, il y a comme le refus du moindre recul, le dégoût de cette défaite pourtant dérisoire contre le sauvage. La nature, la vraie, la seule, celle qui vit sans rien demander à personne, voilà le grand ennemi. Le reste, tout le reste n’est que fable et pauvre littérature. Il était une fois un moucheron qui faisait bien plus de mal qu’un ours. Mais qui passait moins bien à la télévision.

41 réflexions au sujet de « Le méchant ours et le pauvre moucheron (fable des Pyrénées) »

  1. De ma fenêtre (3e étage d’un immeuble parisien), j’avoue que je ne sais pas quoi penser de cette affaire.
    J’ai l’impression que l’ours, comme le loup, est victime des mythes, des histoires épouvantables transmises dans les campagnes pour faire peur aux petits enfants et aussi peut-être parce que l’être humain a eu de tout temps besoin de se faire peur et donc de trouver des supports à cette peur.
    En même temps, en tant que parisienne, je ne risque pas de me faire bouffer par un loup ou un ours en rentrant chez moi. Cela dit je pense que ma vie à Paris est plus en danger qu’en Ariège ou dans le Mercantour. Bon
    Mais je voudrais vraiment comprendre l’enjeu écologique qui existe autour du fait de réintroduire l’ours dans les Pyrénées. Je ne parle pas de la protection de ceux qui y seraient encore. Mais pourquoi faire venir des ours de Slovénie?

  2. Dans le temps, dans les Pyrénées, les bergers laissaient avec leurs troupeaux, 2 ou 3 chiens des Pyrénées, autour du coup des chiens il y avait des colliers avec des pointes ou des tranchants en métal…
    Si bien que quand un loup ou un ours voulait attraper à la gorge un chien munit de ce type de collier, il ne pouvait pas le faire…
    Un chien des Pyrénées ne pouvait pas se faire tuer !…

    Mais ensuite l’ours ou le loup devait se frotter à 1 ou 2 chien des Pyrénéés… Et je peux vous dire que ce sont de « sacrées béstioles »…

    Pourquoi est-ce que les bergers d’aujourd’hui n’utilisent-ils plus toutes ces anciennes méthodes ?…
    Qui ont fait leurs preuves au fil des siècles !…

  3. Sylvie,

    Bon, je ne m’étends pas. Sans la réintroduction d’ours venus de Slovénie, on peut dire que la question serait réglée. On ne parlerait plus d’ours en France, car les derniers « autochtones » – 2 ou 3 – seraient sur le point de mourir.

    Ce qu’a montré la réintroduction, car il y a eu beaucoup de naissances dans nos Pyrénées, c’est que cette montagne reste étonnamment favorable sur le plan des conditions écologiques. Le problème n’est donc à chercher de ce côté-là, mais du côté des humains.

    Et puis, franchement, se faire tuer par un ours ? Cela peut arriver, sans doute, mais la Slovénie, pas bien plus grande que la région Rhône-Alpes, compte environ 600 ours… Avez-vous entendu parler de ripailles à notre détriment par là-bas ? Autre point qui me concerne autant que vous : et le périphérique parisien ? Combien de morts par an, au juste ?

    Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  4. Sur votre dernier paragraphe : c’est bien ce que je pense et ce que j’écrivais, on prend bien plus le risque de perdre la vie en ville qu’à la campagne.
    Sur le reste, je continue à réfléchir…

  5. A propos d’ours (mais en changeant de couleur), ceux de l’Arctique ne vont sans doute pas être rassurés en voyant quelle colistière a été choisie par l’homme qui ne sait pas combien il possède de maisons ! Combien de « Katrina » faudra-t-il pour que le déclic ait lieu ?

  6. Histoire de taire, la pyrénée. Ce soir, dans le pré walski, avec Jivaro, nous verrons la grande ourse et si le dragon nous laisse passer, la petite ourse avec sa « polaire » qui sera bientôt remplacée par « Véga » dans…13000 ans! Sortez ce soir! en théorie il ne tombera pas des cordes.

  7. @Sylvie, je signale l’article « loups et ours en Europe » dans le n° de février de le revue « Terre Sauvage » qui peut aider la réflexion,en tenant compte des expériences de nos voisins.

    @ Fabrice: eh oui, entre nos ennemis, les plus à craindre sont souvent les plus petits!Gare au moucheron et autre moustique plus sûrement qu’au gorille, ours ou loup.

  8. @Katia: Merci je vais le lire!
    Je me méfie simplement du parisiannisme (Fabrice, ce n’est pas pour vous!!, ne le prenez pas en mauvaise part)qui consiste parfois à penser à la place des gens qui vivent dans les endroits concernés par la réintroduction des loups ou des ours.
    sinon je me méfie moi aussi bien plus des autobus, des scooters, des voitures, des mouches et des moustique que des loups ou des ours qui n’ont aucun besoin de nous, au contraire, pour vivre leur vie

  9. la grande ourse éclatera de ses brillants ce soir encore juste au-dessus de mon toit . Pour obsverver le ciel, il me suffit de rester sur mon seuil, car malgré les lumières de la ville, je suis dans une petite cuvette (chance !).
    je m’étais juré dès l’enfance de jamais avoir d’oiseau en cage, voilà que j’en ai un, multicolore . A la base, c’est un australien, mais il est né en captivité sans doute. Il est , pour ainsi dire, tombé d’épuisement dans la main de mon conjoint à son boulot . Incapable de se débrouiller seul, il serait mort , alors il récupère dans une cage de fortune . Il peut vivre de 15 à 20 ans, est particulièrement sociable . Sur internet, il est décrit comme un petit clown fait pour égayer nos maisons , entre le chat tigré et le malinois. je ne peux m’empêcher de l’imaginer volant entre des eucalyptus géants , s’abreuvant dans des mares grouillant de vie , avec une multitude de congénères bariolés . Il gazouille déjà pour nouer la conversation, alors je lui répond, médiocrement de mon chant humain . Des oiseaux en cage, des ours de cirque, des knuts, et des hommes rassurés , certes, mais blasés .

  10. bénédicte: je me souviens de nuits cévenoles éclairées par les étoiles, la lune et le chant d’un rossignol. ça fait partie des souvenirs les plus forts de ma vie

  11. @ Sylvie, comme je te comprends ! les couleurs sous la lune sont si belles ! la mer se fracassant sur les rochers à grand bruit, la mer profonde , mystérieuse et tonique qui vous mord la peau, et dans le Cantal, le cri d’amour du cerf , les chênes vert-argent et le bois des arbres….et les chants des rapaces nocturnes, et les broussailles dont les animaux reprennent possession . ce soir, un peu de nuages sur la grande ourse et de bons souvenirs, merci .

  12. Bonjour à tous,

    Je suis heureux que Fabrice publie le communiqué de l’ami Alain. N’oubliez jamais cela : sauver l’ours dans les Pyrénées, c’est une affaire de Pyrénéens avant tout et ce sont des pyrénéens (aidés par l’Etat et pas par « le parisianisme ») qui ont porté et qui portent ce projet. Ils sont là, à Arbas mais pas seulement (l’ADET compte plusieurs communes et a étendu ses potentialités à toutes les Pyrénées,pas seulement aux Pyrénées centrales) :

    http://www.cg09.fr/v2/win_communiques.asp?ADR=Pdf/Communiques/comm2706.pdf

    Bon, comment dire… l’ours et les Pyrénées, c’est un peu … mon sujet principal je dirais… alors, si vous voulez, je peux vous guider vers certains textes pour mieux comprendre en quoi il est important pour les Pyrénées, mais pas seulement… pour nous tous aussi, j’en suis persuadé. Comme le disait Robert Hainard à propos des forêts de notre continent, « une forêt sans ours n’est pas une vraie forêt. »

    Pour commencer, étant donné la propagande honteuse que les anti-ours ont réussi (et que je retrouve évidemment de façon non intentionnelle dans certains questionnements ici même), je vous propose un document que j’ai écrit et diffusé récemment dans le contexte assez tendu du renforcement de la population d’ours des Pyrénées.

    Voilà, à part ça, je viens de passer 18 jours à sillonner toutes les vallées pyrénéennes de celle de Mérens à la vallée d’Aspe pour rencontrer les pyrénéens et leurs visiteurs et pour parler et argumenter « ours » avec eux. Je pourrais vous parler de ça et de beaucoup d’autre choses. En attendant, voici le lien promis :

    http://www.pyrenees-team.com/forumpteam/viewtopic.php?t=2172

    Bonne lecture,
    Patrick PAPPOLA

    P.S : L’ours, c’est surtout ce supplément d’âme qu’il donne aux Pyrénées par sa simple présence : à chaque instant, la possibilité de l’apercevoir y est préservée… j’ai encore trouvé des griffades d’ours en Haute vallée d’Aspe cet été sur un sapin, dans un secteur où il ne reste que 2 mâles locaux isolés et sans femelles… voilà pourquoi il faut lâcher à nouveau des femelles ours dans les Pyrénées. Nos enfants ont le droit de trouver ces traces d’ours et d’enchanter leur univers comme l’ours le fait du notre… or sans nouveaux lâchers, c’en est fini de l’ours des Pyrénées dans quelques décennies… c’est mathématique hélas !
    L’OURS A BESOIN DE VOUS TOUS !

  13. Horreur ! Fabrice, peux-tu changer le lien que je propose dans mon message juste avant ?
    J’ai interféré un lien de Bonrepaux – je travaillais sur notre belle victoire de Mijanès et sur son discours ahurissant- (!) et celui de l’ADET ! Merci de le faire dans le texte si tu peux !
    Voici le bon lien, celui de l’ADET :

    http://www.paysdelours.com/

    Bonne nuit 😉

  14. J’habite dans les Pyrénées entre Melles et Arbas, où des ours slovènes ont été réintroduits. Je circule souvent tard le soir : j’ai la chance de voir très souvent des biches, des chevreuils, des renards, parfois des cerfs ou des sangliers. Jusqu’à maintenant pas d’ours.
    En ce qui concerne le pastoralisme, outre l’absence de « patous » (les chiens des Pyrénées dont parle Nicolas), on constate qu’il y a moins de prédation sur les troupeaux de brebis laitières, grâce à une présence humaine quotidienne pour la traite que sur les troupeaux de race à viande, moins souvent visités par les éleveurs.
    Les détracteurs de l’ours sont pris entre deux contradictions : des méthodes d’élevage intensives, dites modernes, qui ne leur laisse plus le temps de vivre auprès de leurs bêtes et une référence à une tradition d’extermination de l’ours.
    Or c’est la modernité qui est en train de perdre le modèle pastoral car lorsqu’une maladie sévit dans un troupeau de la taille des troupeaux actuels, elle touche très rapidement un grand nombre de têtes. Les bêtes sélectionnées pour l’élevage ne présentent plus une diversité suffisante pour trouver des races résistantes : non seulement les troupeaux sont uniformes mais on trouve très peu de races différentes d’un troupeau à l’autre.
    Peut-être est-ce le moment de se demander si on a besoin d’autant de protéines animales ?
    En revanche, le problème économique reste entier : que vont devenir les éleveurs ? C’est la même question que pour les pêcheurs de thons. Le système industriel capitaliste produit des chômeurs quel que soit le type d’activité : l’usine, le champ ou la mer. Je suggère qu’on en change …
    PS : Ce soir, dans un petit coin des Pyrénées, nous recevions un paysan/luthier du Chiapas. Pour résumer, nous n’avons parlé que de ce qui est « essentiel ». Je suggère vraiment qu’on se débarrasse du capitalisme.

  15. Tout-à-fait d’accord Anne-Marie, mille fois.
    « En 50 ans, nous avons dégradé notre planète plus que durant toute l’histoire de l’humanité » (phrase tirée de http://terresacree.org/cyber.htm#Dates),
    ce qui peu ou prou correspond au moment où le capitalisme est devenu féroce, sans limite, exponentiel.
    Se déprendre des protéines animales serait véritablement un comportement efficace qui en entraînerait d’autres.

  16. Merci à vous tous pour vos éclairages. Je préfère poser des questions qui peuvent sembler naïves ou stupides que d’avaler, juste parce que ça m’arrange (en loccurence je suis sentimentalement parlant partisane des pro-ours), les arguments des uns ou des autres.
    Autre souvenir fort: la rencontre avec un loup dans les Hautes-Alpes. On s’est observés quelques instants, à bonne distance tout de même. En tout cas il a tourné les talons et est parti en trottinant. Du coup j’ai eu honte de ma peur…

  17. Le patou est un chien magnifique, il existe depuis des siècles, et il a bien faillit diparaître lui-aussi.

    Je n’aime le débat entre « pro-ours » et « anti-ours ».

    Moi je ne suis ni « pro-ours » ni « anti-ours ».
    Je constate que l’ours existe, l’ours a donc sa place…

    La place de l’ours c’est la forêt, le rôle d’un chien comme le patou c’est de faire en sorte que l’ours reste dans son habitat.
    Ce fut comme cela pendant des siècles ! Sans trop de problèmes…

    On peut aussi dire, avec une pointe d’humour que la réintroduction de l’ours et du loup est une une chance pour le patou…

  18. La déprise agro-sylvo-pastorale qui a lieu en montagne depuis déjà un moment entraîne une « remontée biologique » (c’est comme ça qu’on dit) et c’est tant mieux. La Nature s’y exprime avec plus de liberté. Beaucoup de montagnards, y compris des bergers, sont non seulement pour le maintien de leurs activités (bien sûr), mais aussi pour (ou en tout cas pas contre) la présence de grands prédateurs, qui ne posent pas tant de problèmes ailleurs en Europe, alors qu’ils y sont souvent bien plus nombreux. Il faut dire qu’en France, la taille des troupeaux et affolante et ne permet guère de s’occuper des bêtes comme il faudrait : allez donc parquer chaque soir mille têtes ou plus éparpillées sur tout un versant (qui en fait les frais d’ailleurs). Il faudrait réduire la taille des troupeaux, forcément en s’attaquant aux causes qui leur donnent cette démesure, ce qui ne doit pas être une mince affaire. Comme je l’ai dit, je sais bien que des éleveurs souhaitent cohabiter avec l’ours ou le loup, ce qui me ravit. Mais en essayant une seconde de me mettre à la place de ceux qui ne pensent pas, mais alors pas du tout, comme moi, je dois avouer qu’entendre des gens qui vivent en plaine dire qu’il leur faut vivre avec des prédateurs qu’eux n’ont plus à côtoyer, ce doit être pénible. En fait, cela pose une vraie question plus générale. Passons de l’ours au loup, plus dynamique, qui étend son territoire. Il occupe maintenant bien les Alpes (avec quand même peu d’individus), mais a aussi été vu en Lozère, est présent dans les Pyrénées (là aussi, venu d’Italie et non de la proche Espagne). Qu’adviendra-t-il quand il lorgnera vers des vaches de bas pays, plutôt que des brebis d’alpages ? Imaginons qu’il soit bien présent dans les massifs montagneux. Forcément, il « tentera » d’essaimer vers les plaines, où il était présent auparavant. Quel sera alors l’opinion publique ? J’ai bien peur que la majorité de nos concitoyens n’en voudra pas près de chez elle. Et si elle est cohérente, peut-être acceptera-t-elle qu’une majorité de montagnards n’en veuillent pas non plus… Mais au fait, que sait-on de l’opinion de ceux qui vivent près des ours et des loups ? Pas ceux de Pau ou Oloron, mais des habitants des hautes vallées…

  19. Il y a de la profondeur dans cette analyse! un siècle de souffrances et de recul devant le sauvage qui gagne, la nature qui avance et reprend ses droits, l’Homme qui se replie par manque de bras, un siècle de défaites et d’exode rural.La victoire affichée contre le sauvage c’est l’éradication de l’ours dans ce 20ème siècle de déclin du monde rural.
    Alors que des gens venus d’ailleurs, qui n’ont pas souffert et ne soufrent pas de cette déprise, veuillent effacer les rares victoires pour décupler les forces de l’ennemi de toujours, le « sauvage conquérant » est une idée insupportable et à contre courant pour les locaux.C’est le blâme du travail et la prime au laisser faire et laisser aller qui s’est imposé souvent contraint et forcé.

  20. @ Sylvie
    Je pense qu’il faut avoir peur de l’animal qui vit dans la nature, du moins être vigilant pour que le risque ne devienne pas un danger. Ce qui le sauve, c’est qu’il a peur de nous. Il semblerait qu’il y ait eu dans les ours slovènes certain (gardons le singulier) qui ait été trop habitué à l’homme et qui s’approche trop des habitations et des troupeaux.
    Ce qui peut nous sauver, c’est de garder la distance nécessaire. Chaque fois que j’ai vu un sanglier, j’étais en voiture. Lorsque je me promène dans les bois à la tombée de la nuit, je ne suis pas fière lorsque j’entends un bruit de branchages car je n’aimerais pas tomber sur une laie avec ses petits, ni même sur un cerf surpris qui peut faire un écart. Je préfère avoir peur et rejoindre avec précaution un endroit où je ne me mets pas en danger.

  21. Bénédicte, on est bien d’accord ! Les chiens errants font bien plus de dégâts que les loups, qui servent souvent d’alibi, surtout lorsque l’on sait qu’en cas de doute, on attribue l’attaque à ces derniers (et il est bien délicat de faire la distinction). C’était le cas avant le retour du Loup, et on en faisait pas tout un pataquesse.
    D’accord avec le point de vue de Nicolas. On a pas à être pour ou contre. Le Loup et l’Ours sont là, et ils ont bien le droit d’y vivre. Et nous aussi. Mais comme nous avons quand même un statut un peu particulier au sein de Dame Nature, c’est à nous, et non à eux, de nous y adapter. C’est là que le bât blesse pour certains.
    Ours et loups sont là. Mais auparavant ils étaient aussi ailleurs ! Et ma question me paraît assez légitime. Pourquoi ici et pas ailleurs ?
    Par contre, je ne me reconnaît en rien dans l’opposition Homme/Nature, la Nature avance et l’Homme se replie etc. etc. S’il y a une chose dont il faut se sortir, c’est certainement cela.
    Quant à la distance à garder, Anne-Marie, le tout est de savoir l’estimer, ce qui n’est pas rien. Quand on ne sait pas (comme moi aussi), mieux vaut avoir de la marge, pas comme cet homme expérimenté, qui sait ce qu’il fait : http://fr.youtube.com/watch?v=_9yVfAnr04c

  22. je pense que le terme « pour ou contre » fait référence au débat sur la réintroduction des espèces dans des endroits où ils ont disparu ou quasiment (la faute à qui?).
    Le vautour a été réintroduit, si je ne me trompe, dans les années 1975, entre autres sur le causse Méjean d’où il avait disparu à cause de la chasse, des pesticides et autres joyeusetés.
    Cette réintroduction a je crois été bien acceptée car cette espèce qui est un nettoyeur de la nature et ne s’attaque qu’à des animaux morts les fait disparaître de façon radicale, ce évite la pollution des eaux par les charognes. Un peu de pédagogie auprès des agriculteurs et des habitants a permis que ça se passe plutôt bien.
    Mais est-ce que le loup ne s’est pas réintroduit tout seul dans l’Hexagone en passant comme un grand d’Italie en France?

  23. Sauf que pour le vautour, une directive européenne imbécile préconise l’enlèvement des charognes… qui servent justement de nourriture aux charognards… qui donc crèvent de faim et commencent à s’en prendre à de petites proies vivantes.
    Intelligent, non ?

  24. on a juste envie de traîner par la peau des fesses jusque sur le causse le ou les types qui ont pondu cette imbécillité. mais sont-ils seulement sensible à la beauté ? j’en doute, si oui, ils feraient autre chose.

  25. le n’ai jamais eu peur des animaux sauvages, ils savent reconnaître leurs amis, des sauvages j’en connais qui n’ont de cessent de détruire y compris avec des méthodes cruelles dignes d’un autre âge . Déterrage des blaireaux et des renards, corridas, spectacles de cirques , la liste pourrait être longue , et maintenant le patou devient dangereux , pauvre société qui veut tout dominer . Oui c’est triste de retrouver une brebis dépecée, mais c’est le jeu de la nature, j’ai des poules dont quelques unes pas en bonne forme ont servi de repas au renard, c’est pas pour ça que je vais tuer le renard qui fait partie de ma vie à la campagne , mais entre nous il n’y a pas de concurrence je ne mange pas mes poules

  26. J’ai la chance d’habiter un coin de Françe sublime, le Parc Naturel Régional Des Ballons Des Vosges… En ce moment 2 deux chèvres (de mon voisin), sont en train de brouter sous ma fenêtres… A l’aube et au crépuscule, le chant du coq retentit sans faillir, ça me rapelle les rythmes d’antant…Sans les montres…

    Nous ici, nous n’avons pas d’ours ou de loup, par contre nous avons le lynx, et la réaction que les gens ont face à cet animal est la même que face à l’ours ou au loup…

    Ici la nature est magnifique, j’ai déjà rencontré des chevreuils, des biches, des cerfs, des renards, des sangliers, des martres, etc… Il faut être patient pour les voir, se donner du temps…

    Quand je monte sur la montagne sur laquelle j’ai grandis, et que le ciel est très pur, j’arrive à apercevoir les Alpes, tout au loin… Ici l’air est pur…

  27. Nicolas, tu écris :

    « Je n’aime le débat entre “pro-ours” et “anti-ours”.
    Moi je ne suis ni “pro-ours” ni “anti-ours”.
    Je constate que l’ours existe, l’ours a donc sa place… »

    Je pense comme toi mais ce n’est pas aussi facile que ça, pas si « angélique » : la réalité sur le terrain est toute autre et il faut parfois s’engager d’avantage : s’il n’y avait que des « anti-ours » et pas de « pro-ours », il n’y aurait plus du tout d’ours dans les Pyrénées … enfin, oui, au lieu d’un vingtaine d’individus (grâce aux lâchers de 1996-97 et à celui de 2006), il n’y aurait deux seuls mâles dont un moribond en Haut-Béarn :
    http://ours-loup-lynx.info/spip.php?article1258

    Donc si on avait écouté les « anti-ours », jamais aucun lâcher n’aurait eu lieu. Il faut que les gens comprennent que, comme on restaure un monument historique, on se doit de restaurer la nature que l’on a saccagée.
    C’est cela le « plan de restauration ours brun 2006-2009 » :
    http://www.ours.ecologie.gouv.fr/automne_modules_files/standard/public/p3_33517dc108adb61d01ef3e1bbdf13e6bOURS-tome1.pdf

    Bonnes réflexions !

  28. Je pense que les propos de Nicolas, c’est en tout cas comme ça que je les ai compris, sont à considérer comme ayant une valeur intemporelle ! « Les ours sont là, on fait avec », ne signifie pas qu’après leur disparition il aurait fallu dire « ils n’y sont plus, on fait avec aussi ». Il est « normal » qu’il y ait des ours dans les Pyrénées, on fait avec et même on les aident à réoccuper leur territoire si on a pas considéré trop longtemps qu’il fallait faire sans eux. Parce que leur territoire est suffisamment préservé. Mais là où l’état écologique est favorable, que doit-on faire ? Plus d’ours dans les Alpes, mais ils y étaient et pourraient parfois y être de nouveau. Je crois me souvenir qu’il avait été vaguement envisagé, à terme, de les réinsérer dans la réserve naturelle du Haut Vercors. Qu’en est-il actuellement ?

  29. POurquoi et comment ont fait les italiens avec le loup? iL semble qu’il n’ait pas été éradiqué comme en France. Quelqu’un peut-il m’en dire plus?

    Quant à l’ours, je ne sais pas ce qu’il en est dans ce pays

  30. Cher Hacène, ce que je pense est un peu différent, mais merci…
    En fait, pour moi tout ce qui existe a le droit de vivre, tout êtres vivants a le droit d’exister.

    Qu’on soit moucheron, ours ou humain, on a le droit de vivre…

    Cher P.P, je constate que les histoires de « pro-ours » et « d’anti-ours », c’est bien compliquer !…
    Est-ce que revenir à d’antiques techniques pastorales serait une des solutions ?…

    Pauvres ours, pauvres nounours…
    tenez quand même bon P.P…

  31. Fabrice, comment s’est fini cette rencontre ? Et commet la tension a-t-elle baissé ?

    Je crois qu’il faut mentionner ici le site de Baudouin de Menten (beaucoup d’entre vus peuvent déjà le connaître) :
    http://www.loup-ours-berger.org/
    C’est une mine.

    Et rappeler aussi le rôle du nucléaire dans cette histoire… via la Nouvelle Zélande.

  32. Nicolas, je pense de même. Chacun a sa place et personnellement je ne sens pas de coupure entre l’humain et les animaux (ni même avec les végétaux !). Je suis souvent ému pour la petite bête qui passe son chemin et vit sa vie tranquillement (j’espère), peut-être sans même avoir conscience (ou pas) que je suis là. Le sentiment de lien avec le monde animal est particulièrement prégnant je trouve au début du documentaire Earthlings. J’aime particulièrement la citation du début, tirée du livre « The Outermost House » de Henry Beston (sous titres en français): « Nous avons besoin d’un autre concept plus sage, et peut-être plus mystique des animaux. Loin de la nature universelle, et vivant d’un artifice compliqué, l’homme dans la civilisation étudie les créatures à travers le prisme de sa connaissance et voit ainsi une plume agrandie et toute l’image déformée. Nous les traitons avec condescendance pour leur incomplétude, pour leur tragique destin d’avoir pris forme tellement loin en dessous de nous. Et en ceci nous nous trompons et nous nous trompons grandement. Car l’animal ne devrait pas être mesuré par l’homme. Dans un monde plus vieux et plus complet que le nôtre, ils évoluent finis et complets, dotées d’extensions des sens que nous avons perdues ou jamais atteintes, vivants par des voix qu’on entendra jamais. Ils ne sont pas frères ; Ils ne sont pas subordonnés ; Ils sont d’autres nations, prises avec nous dans le filet de la vie et du temps, compagnons prisonniers de la splendeur et de la fatigue de la Terre. » C’est fidèle à mon ressenti et bien mieux dit que si j’avais pris la parole.

  33. Cher Hacène, j’adore ce que vous dites…
    Vos mots m’ont ravi…

    Quand je me promène dans les bois je ressens aucune mystique particulière, juste du plaisir, beaucoup de plaisir.

    Je suis heureux, simplement heureux, je vois le rocher, le caillou, l’herbe, les petits animaux ramper sur le sol, les plus gros voler dans les air et courir sur la terre…

    Je respire les magnifiques parfums de la forêt en regardant les grands arbres, les grands sapins…Les rayons du Soleil caressent ma peau…

    Le tableau que m’offre la nature est grandiose, un chef-d’oeuvre…

    C’est quelque chose de vraiment très simple…
    A la portée de tous…

  34. Nicolas, ce n’est peut-être pas une expérience mystique, mais spirituelle, assurément, puisque ta manière de vivre ces instants au fonds des bois, c’est d’être en relation avec la part essentielle de ton être. Il s’agit donc d’une expérience spirituelle forte, que chacun peut vivre en effet, c’est « à la portée de tous ».

  35. Une promenade dans la nature, fait beaucoup de bien au corps et à l’esprit…
    Pour des gens qui n’ont pas le moral, cela peut faire du bien…

  36. @ Hacène et Nicolas, merci pour ce bel échange . Nicolas, j’aime beaucoup ta si belle région . J’y suis aller deux ou trois fois, mais elle m’a marquée à vie . je confirme, elle rend heureux !

  37. chers vous tous,

    Je suis née dans les Hautes Pyrénées, et j’y ai vécu jusqu’à ma trentaine.
    J’ai pu constater hélas en effet que les nouvelles méthodes d’élevage sont probablement la cause des ravages dus aux ours ou autres, puisque trop nombreuses, ces bêtes aux herbages rognent sur les territoires des ours.
    Comment dire ? Il faut rentabiliser la production, donc de plus en plus de bêtes dans les herbages, mais de moins en moins de personnel pour s’en occuper. De plus, il y a de moins en moins de bergers.
    Et comme il y a moins de bergers, moins de patous et de labrits ! Le premier, le patou, est le molosse à longs poils blancs qui défendait le troupeau contre l’ours et le loup – qui revient d’Espagne nous rendre visite aussi – et le second, le labrit, un petit chien poilu dont le poil varie du blanc au noir, en passant par le beige, selon la vallée d’où il vient, est le chien de berger proprement dit.
    Il y avait en effet autrefois une sorte d’équilibre entre les animaux sauvages et les animaux domestiques… Mais le souci vient du fait qu’il faut produire, encore et toujours de plus en plus et en plus grande quantité. Donc, on a des programmes de développement agricoles de plus en plus aberrants, et l’écologie du système en pâtit. Comme l’a dit l’un de vos interlocuteurs, réduisons les troupeaux, et remettons les patous en protection contre les ours et les loups, et chacun retrouvera sa place.
    Le fautif de cette aberration c’est nous, évidemment. Une fois de plus. Il faudrait effectivement que les Pyrénéens soient informés des choses convenablement, et qu’on leur propose des solutions satisfaisantes, et pour les hommes, et pour les ours et les loups qui ont leur place, ne serait-ce que pour nettoyer la montagne.
    Amicalement, Tinky 🙂

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