La faute à Christian (je n’y suis pour rien)

Ce rendez-vous devient une friche, et c’est très bien ainsi. J’ai déjà prévenu que je n’avais plus assez de temps pour l’entretenir aussi souvent que dans le passé récent. Mais Christian Berdot veille. Il vient de m’envoyer la traduction – la sienne – d’un article du grand éditorialiste George Monbiot. C’est passionnant (si, Hacène). Réfrigérant, aussi. On peut préférer regarder de l’autre côté. J’ai moi-même cette tentation, et de plus en plus souvent, je le crains. Enfin, voyez (ici, le texte original anglais).

Climat : il nous reste une chance

publié dans le Guardian du 25 novembre 2008

Les dernières données scientifiques montrent que pour prévenir un emballement climatique, il faut totalement décarboniser nos sociétés.

Georges Bush se comporte comme un débiteur furieux dont la maison va être saisie. Il brise la porcelaine, arrache les portes de leurs gonds, il est déterminé à ne rien laissé d’intact jusqu’au moment où le futur propriétaire l’expulsera. Avec les derniers règlements qu’il a fait adopter, livrant les espaces sauvages des Etats-Unis aux entreprises forestières et minières, jetant à la poubelle les contrôles anti-pollution, dépeçant les lois de protection de la nature, il va faire plus de mal durant les 60 derniers jours de sa présidence que dans les 3000 qui ont précédé (1).

Ses partisans – parmi eux les pires pollutocrates des Etats-Unis – demandent ses faveurs. Mais cette dernière crise de vandalisme représente aussi ce à quoi la présidence Bush se résume. Détruire n’est pas un produit accidentel de cette idéologie. Détruire est l’essence même de cette idéologie. Le néo-conservatisme, c’est le pouvoir qui s’exprime en montrant que n’importe quelle partie du monde peut être réduite en un tas de décombres.

S’il est maintenant trop tard pour prévenir un emballement climatique, l’équipe Bush est en grande partie responsable. En détruisant volontairement le Climat Tempéré – cet interlude de températures douces qui a permis à l’humanité de s’épanouir – ils font passer les massacres massifs qu’ils ont organisés en Irak, au second rang comme crime contre l’Humanité. Bush a lancé sa guerre contre la science avec la même détermination stupide qu’il a déclaré la guerre au terrorisme.

Est-ce trop tard ? Répondre par oui à cette prédiction, c’est la réaliser. Affirmer qu’il n’y a rien à faire, c’est être sûr que rien ne sera fait. Mais même un optimiste déterminé comme moi trouve toujours plus difficile de garder espoir. Le nouveau condensé des données scientifiques publiées depuis le rapport du Panel Intergouvernemental de l’an dernier laisse entrevoir que les processus climatiques critiques pourraient avoir commencé et ce presque un siècle avant les dates prévues (2).

Il y a à peine un an, le Panel Intergouvernemental annonçait que « l’on prévoyait que la dernière mer de glace arctique de fin d’été pourrait disparaître presque complètement d’ici la fin du XXI ème siècle, d’après certains modèles » (3). Les courbes de la fonte actuelle sont en chute libre sur les diagrammes, comme celle d’une météorite tombant vers le sol.

Oubliez ces diables d’ours polaires, c’est de nous qu’il s’agit.  Alors que la glace disparaît, la région s’assombrit et absorbe donc plus de chaleur. Un récent article publié dans Geophysical Research Letters montre que le réchauffement supplémentaire dû à la disparition des glaces pénètre de 1500 km à l’intérieur des terres, recouvrant presque entièrement la région du permafrost permanent (4). Les sols gelés arctiques contiennent deux fois plus de carbone que toute l’atmosphère (5). Tant que les sols restent gelés, il reste captif. Mais la fonte a commencé. Les dégagements de méthane s’échappent avec une telle force dans certains endroits qu’ils maintiennent l’eau de lacs arctiques libres durant tout l’hiver (6).

Les effets de la fonte du permafrost ne sont incorporés dans aucun modèle climatique global. Un emballement climatique dans la seule région arctique pourrait faire basculer la planète entière dans une nouvelle ère climatique. Le Climat Tempéré pourrait s’effondrer plus vite et à plus court terme que les scénarios les plus sombres ne l’ont prévu.

Le discours de Barack Obama, lors du sommet climatique des Etats-Unis, la semaine dernière, a montré une évolution étonnante (7). Il montre que dans ce domaine, au moins, on peut espérer de profonds changements aux Etats-Unis. Mais alors qu’il présentait un plan applicable pour s’attaquer aux problèmes évoqués lors du sommet de la Terre en 1992, les mesures qu’il propose sont désespérément dépassées. Nos connaissances scientifiques ont avancé. Les phénomènes que le Sommet de la Terre de 92 était censé prévenir, sont en train de se produire. Grâce aux tactiques de destruction de Bush senior, Clinton (et Gore) et Bush junior, des programmes réguliers et raisonnables comme les propose Obama sont aujourd’hui sans effet. Comme le rapport du Panel Intergouvernemental le montre, les années de sabotage et d’immobilisme ne nous ont laissé qu’une seule chance : un programme radical de substitution totale de l’énergie.

Un article du Tyndal Center pour la Recherche sur les Changements Climatiques montre que si nous voulons nous donner une chance à peu près bonne (8,9)  d’éviter plus de 2° de réchauffement, les émissions globales dues à l’énergie doivent atteindre leur pic en 2015 et baisser ensuite de 6 à 8% de 2020 à 2040, pour atteindre une décarbonisation totale de l’économie peu après en 2050 (10). Sachant que même ce programme ne pourrait marcher que si certaines hypothèses optimistes concernant les réponses de la biosphère se révélaient justes. Pour obtenir une chance élevée d’éviter un réchauffement de 2°, il faut une réduction des émissions mondiales de 8% par an.

Est-ce possible ? Est-ce acceptable ? L’article du Tyndal Center souligne que des réductions annuelles dépassant les 1% « correspondent à des périodes de récession ou de bouleversements ». Lorsque l’Union Soviétique s’est effondré, elles diminuèrent de 5% par an. Mais on ne peut répondre à ces questions qu’en tenant compte des alternatives. Les deux courbes proposées à la fois par Barack Obama et Gordon Brown – une diminution de 80% en 2050 – signifient une diminution de 2% par an. Un tel programme, d’après ce que les données du Tyndal Center suggèrent, nous condamne à un réchauffement de 4 ou 5° (11), ce qui signifie l’effondrement de la civilisation humaine dans la plupart des régions du globe. Est-ce que cela est acceptable ?

Les coûts d’un plan d’économie et de remplacement total de l’énergie serait astronomique, et son rythme improbable. Pourtant, les gouvernements des nations riches ont déjà mis en place un plan similaire, dans un autre but. Une enquête du réseau de Télé NBC estime que le gouvernement fédéral des Etats-Unis a déjà dépensé 4 200 milliards de dollars pour répondre à la crise financière, plus que les dépenses totales pour la Seconde Guerre Mondiale en tenant compte de l’inflation (12). Est-ce que nous voulons rester dans l’histoire comme la génération qui sauva les banques mais laissa la biosphère s’effondrer ?

Cette démarche est contestée par Sharon Astyk. Dans un nouvel essai intéressant, elle souligne que remplacer les infrastructures énergétiques mondiales, implique « une charge énorme en carburants fossiles », nécessaires pour fabriquer les turbines à vent, les voitures électriques, les nouveaux réseaux de connections, l’isolation et tout le reste (13). Cela pourrait nous faire passer le point de non retour. A la place, propose-t-elle, nous devrions demander aux gens « de faire des sacrifices à court terme, radicaux », en réduisant en 5 ans, notre consommation de 50%, avec peu de recours à la technique. Il y a deux problèmes : le premier c’est que des tentatives précédentes montrent qu’on ne peut pas compter sur une abstinence volontaire. La deuxième est qu’une bisse de 10% de la consommation d’énergie alors que l’infrastructure reste presque inchangée dans son ensemble signifie une baisse de 10% de la consommation : une dépression plus importante que tout ce que le monde moderne n’ait jamais connu. Aucun système politique – même une monarchie absolue – ne pourrait survivre à un effondrement de cette ampleur.

Elle a raison sur les risques liés à un « new deal » technologique vert mais ce sont des risques que nous devons prendre. La proposition d’Astyk prend trop ses désirs pour des réalités. Même les solution techniques qui ont ma faveur se situent dans les marges lointaines de ce qui est faisable.

Est-ce qu’on peut le faire ? je n’en ai pas la moindre idée. Si l’on regarde les dernières données, je dois reconnaître qu’on a peut-être attendu trop tard. Mais il y a une question à laquelle je peux répondre plus facilement. Est-ce qu’on peut se permettre de ne pas essayer. No we can’t. (Allusion au slogan de la campagne d’Obama : Yes we can.)

1. Suzanne Goldenberg, 20th November 2008. President for 60 more days, Bush tearing apart protection for America’s wilderness. The Guardian.

2. Public Interest Research Centre, 25th November 2008. Climate Safety. www.pirc.info

3. Intergovernmental Panel on Climate Change, Working Group I. Technical Summary, p73. http://www.ipcc.ch/pdf/assessment-report/ar4/wg1/ar4-wg1-ts.pdf

4. David M. Lawrence et al., 2008. Accelerated Arctic land warming and permafrost degradation during rapid sea ice loss. Geophysical Research Letters, Vol. 35, 11506.
doi:10.1029/2008GL033985.
http://www.cgd.ucar.edu/ccr/dlawren/publications/lawrence.grl.submit.2008.pdf

5. Edward A. G. Schuur et al, September 2008. Vulnerability of permafrost carbon to climate change: implications for the global carbon cycle. Bioscience, Vol. 58, No. 8, pp.
701-714. doi:10.1641/B580807
http://www.bioone.org/perlserv/?request=get-document&doi=10.1641%2FB580807

6. United Nations Environment Project, 4 June 2007. Melting Ice – a Hot Topic? Press
Release. http://www.unep.org/Documents.Multilingual/Default.asp?DocumentID=512&ArticleID=5599&l=en

7. http://www.congresscheck.com/2008/11/18/obama-promises-return-to-global-climate-change-negotiations/

8. Kevin Anderson and Alice Bows, 2008. Reframing the climate change challenge in light of post-2000 emission trends. Philosophical Transactions of the Royal Society A. Published online. doi:10.1098/rsta.2008.0138
http://www.tyndall.ac.uk/publications/journal_papers/fulltext.pdf

Anderson and Bows state that “The framing of climate change policy is typically
informed by the 2 degrees C threshold; however, even stabilizing at 450 ppmv CO2e [parts per million of carbon dioxide equivalent] offers only a 46 per cent chance of not exceeding 2 degrees C.” This estimate is given in the following paper:

9. Malte Meinshausen, 2006. What Does a 2°C Target Mean for Greenhouse Gas Concentrations? A Brief Analysis Based on Multi-Gas Emission Pathways and Several Climate Sensitivity Uncertainty Estimates. In Hans Joachim Schellnhuber (Ed in Chief). Avoiding Dangerous Climate Change. Cambridge University Press.

10. This is for stabilisation at 450 ppmv CO2e – well above the level that James Hansen and other climate scientists are now calling for.

11. Anderson and Bows note that stabilising atmospheric concentrations even at 650 ppmv CO2e requires that global emissions peak by 2020, followed by global cuts of 3-4% a year. This means that OECD nations will have to cut emissions by even more than this to prevent concentrations from rising above 650. Meinshausen estimates that stabilisation at 650ppmv CO2e gives a 40% chance of exceeding 4 degrees C.

12. CNBC.com, 17th November 2008. Financial Crisis Tab Already In The Trillions.
http://www.informationclearinghouse.info/article21263.htm

13. Sharon Astyk, 11th November 2008. A New Deal or a War Footing? Thinking Through Our Response to Climate Change. http://sharonastyk.com/2008/11/11/a

.

70 réflexions au sujet de « La faute à Christian (je n’y suis pour rien) »

  1. Nul ne peut ignorer, sauf à être coupé de tout le système d’information, que Lévi-Strauss a cent ans. Si nos vies étaient moins bornées, Rousseau en aurait 296. Et alors ? Alors, quelle que soit la force de l’article de G. Monbiot, je ne peux que réagir à la formule « En détruisant volontairement le Climat Tempéré – cet interlude de températures douces qui a permis à l’humanité de s’épanouir ».
    Comme si l’humanité ne s’était pas épanouie sous les tropiques ou comme si les Toungouses n’appartenaient pas à l’humanité ! Ethnocentrisme pas mort ! Tout le reste de l’article d’ailleurs montre bien les limites de cet épanouissement…
    Même en laissant parfois « Planète sans visa » en friche, merci Fabrice, d’y faire fleurir encore, de temps à autre, quelques pensées sauvages.

  2. Merci pour cet article qui résume bien l’ensemble de la situation.
    Il faut que chacun soit conscient que nous sommes à une époque charnière de l’humanité. Fini de rigoler ! Maintenant on se pose vraiment, et on réfléchit. Quelle terre, quelle nature, quel type de civilisation voulons-nous vraiment, si tant est que nous pouvons encore faire quelque chose…

  3. MOI j’ai une très bonne nouvelle !!! oui , oui ,oui ! Pierre Bédier a décidé d’accélérer notre futur rayonnant et je m’explique : nous avons dans les yvelines 140 ou 178 hectares qui ont servis pendant presque 200 ans de décharge parisienne . Juste en dessous, vous avez une nappe phréatique que l’on pompe pour alimenter les grandes villes alentours ? vous voyez, c’est déjà croustillant . mais attends y a encore plus rigolo . L’agence de l’eau et la région, après une étude sérieuse, ont proposer d’installer de l’agriculture biologique pour assainir le terrain . D’autant qu’il s’agit d’un corridor écologique . On a donc, parmis tous les projets qui se sont présentés, choisi un jeune agriculteur céréalier pas en bio du tout , mais fils du département quoi . Bref, la SAFER à Préempté . Et puis, il a dit qu’il s’y mettrait plus tard, si ce n’est pas trop contraignant . Attends ! pars pas ! Pierre bédier entre en scène !!! En tant que président général , grand chambellan quoi du département, il préempte pour installer un circuit de formule 1 ! Bah oui, celui rejeté par dysney dans le 77 ! Non tu ne rêves pas ! Quelle aubaine pour les yvelines !!! fleuron de l’automobile ! Heureux riverains !! Ah les agriculteurs ne sont pas contents , mais Pierre Bédier leur explique : dans l’automobile, la voiture du futur, il existe des débouchés pour eux : « nous cherchons des débouchés pour l’agriculture des Yvelines dans l’industrie automobile, indique Pierre Bédier . Aujourd’hui, Mercédes utilise bien du chanvre pour renforcer l’isolation des portes « . Comme tout cela est bien pensé : du blé dans les moteurs, du chanvre dans les portes ..et du blé importé de chine pour nourrir les yvelinois ? Et ce projet est soutenu en hauts lieux figurez vous . Nor=tre premier ministre, qui vient de confier une mission en tant que parlementaire à Pierre Bédier, aime beaucoup la voiture, et quel rayonnement français à travers le globe ! L’idée a été validée par le département le jour même de la signature du premier amendement du grenelle de l’environnement. Heureusement que nous aussi, en France nous avons nos lumières .
    Alors, on manifeste ou syndrome de Chomsky ?

  4. Fabrice, je viens d’envoyer un message qui n’apparaît pas. Perdu dans la nature et je recommence, ou bien en attente quelque part (peut-être à cause des liens ?) ?

  5. Bénédicte. Un bon circuit pour dormir tranquille dans un « corridor » écologique Natura 2000: la « formule 1 ». Ben oui…Disney à l’heure du feu d’artifice, c’est trop bruyant!!.Je dis ça, mais la campagne c’est très animé aussi. Tiens, en ce moment,une palette de mésanges, sitelles, pics épeiches, verdiers, pinsons, gros becs (?) (ben oui,eux aussi ils s’enrhument !), merles, grimpereaux, troglodytes, rouge gorge…j’arrête car il faut que je remette du tournesol et que je continue les mangeoires que j’ai promis d’installer.Bon courage !.

  6. @ stan, oui, je ne suis pas personnellement voisine du futur projet mais je plains les autres ! Ici aussi, mésange, bouvreuil, rouge gorge, cormorans…j’ai déjà de grosses pommes de pins pour faire des « gateaux » spécial du chef pour passereaux !

  7. Je place ce commentaire de Hacène moi-même, car il y a un problème de transmission. Fabrice Nicolino

    Rebelote !
    J’ai moi aussi tiqué sur le « climat tempéré », mais je crois que ce n’est qu’une
    maladresse pour parler de la supposée « tempérance » du climat de la Terre, que
    l’homme s’échinerait à rendre moins favorable.
    Encore une fois, il est question du fameux tipping point…
    Bon, je vais faire court et me contenterai de quelques points.
    Sur le permafrost : un article récent montre la pérennité du pergélisol (en bon
    français), qui par le passé a résisté à un climat plus chaud. Le résume en
    anglais ici :
    http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/321/5896/1648
    Il est très souvent question, avec la fonte du pergélisol de la libération de
    méthane. Une dépêche de Reuters annonçait récemment que d’après l’OMM,
    l’augmentation de la concentration de ce gaz était la plus forte depuis dix ans.
    Une petite remise en perspective permet de relativiser en s’apercevant que cette
    concentration a été quasi stable durant ces dix dernières années :
    http://www.esrl.noaa.gov/gmd/webdata/ccgg/iadv/graph/mlo/mlo_ch4_ts_obs_03397.pdf
    Sur la banquise arctique : il n’est aucunement question de nier que ces trente
    dernières années son extension, particulièrement estivale, a un peu plus décru
    chaque année. Néanmoins, il n’est pas mauvais de rappeler que les mesures
    satellites ont commencé à la fin de la période de refroidissement d’après guerre
    et au début de la période de réchauffement que l’on sait. Ces mesures mettent
    forcément en évidence une baisse. 2007 a constitué un record de faible extension
    estivale depuis le début des mesures, mais la surface englacée en hiver était
    déjà repartie à la hausse. En 2008 (contrairement à ce que j’ai entendu dans les
    médias), la superficie de la banquise estivale était bien plus importante que
    l’année dernière. La reprise de l’automne confirme cela :
    http://eva.nersc.no/vhost/arctic-roos.org/doc/observations/images/ssmi1_ice_area.png
    C’est évidemment beaucoup trop tôt pour y discerner une tendance, mais si on
    moins on en parlait, ce serait mieux, même si ça ne va pas dans le sens de ce
    qui est annoncé.
    Puisqu’il est souvent fait mention du passage du Nord-Ouest, rappelons quand
    même qu’Amundsen l’a emprunté en 1906 sur un bateau à voile, à coque de bois,
    équipé d’un moteur de 15 cv. Pas vraiment un brise-glace !
    Pour rester dans les hautes latitudes : les glaciers de l’Alaska méridionale ont
    engraissé pour la première fois depuis 250 ans :
    http://www.dailytech.com/Alaskan+Glaciers+Grow+for+First+Time+in+250+years/article13215.htm
    Juste un détail de plus. Faudra qu’on m’explique comment on peut annoncé 5 ou 6
    degrés de plus en un siècle, alors que la littérature scientifique revoit
    constamment à la baisse (dans des proportions très variées) la sensibilité
    climatique, c’est-à-dire la hausse de température qui résulterait d’un
    doublement de la concentration en CO2. On est très loin de ces chiffres-là. Même
    Arrhenius n’était pas allé jusque là, et aucun scientifique actuel ne flirte
    avec de telles valeurs…

    PS : ces dernières semaines, en faisant quelques recherches sur le net, j’ai pu
    m’apercevoir que de nombreux sites néoconservateurs, y compris français,
    exploitaient les résultats de recherches n’allant pas dans le sens du GIEC. Cela
    ne veut en aucun cas dire que les résultats de ces recherches sont fumeux. Et
    j’espère bien ne pas être assimilé à ces gens-là, dont je ne partage pas les
    idées, loin s’en faut…

  8. D’accord avec Hacène. La complexité de la chose avec ses innombrables interactions incite à d’avantage de réflexion et surtout de recherche. Gardons la tête froide pour lutter contre le réchauffement.

  9. je ne dis rien à Hacène que j’ai déjà contredit avec des arguments pas très gentils et contre lesquels il se prémunit.

    On parle beaucoup de Günther Anders en ce moment (Fabrice, un papier?), l’homme de l’opposition irrépressible au nucléaire militaire, porteur de la mort de l’humanité. On peut se dire, aujourd’hui, qu’avoir ruiné sa vie dans le pessimisme comme le fit ce penseur était inutile, car en dépit de la folie de l’accumulation de dizaines de milliers de têtes nuc, les protagonistes de la guerre froide n’y ont jamais eu recours.
    Cela rend-il acceptable le fait que l’humanité ait vécu (et continue un peu) à vivre sous la menace de l’anéantissement atomique?
    Comment a-t-on pu accepter ça?

    Alors par rapport au changement climatique, même si les arguments scientifiques que retient Hacène s’avéraient justes, que dans 1, 2, 5, 10 siècles il n’y aura pas eu de changement majeur — admettons une probabilité de 50%, ce qui paraît peu vraisemblable, car la théorie du complot d’une internationale scientifique est quand même grotesque sur le sujet du changement climatique, mais, soit — NOUS N’AVONS PAS LE DROIT DE COMPTER SUR LA SURVENANCE D’UN SCENARIO OPTIMISTE.

    Les conditions de la vie humaine civilisée sur terre sont trop précaires, à 6 puis 9 milliards d’hommes, pour se rattacher aux arguments selon lesquels le changement climatique ne serait que fantaisie, et, plus naïf encore, qu’on pourrait le surmonter.

    Le monde rousseauiste de Lévi-Strauss, c’est l’humanité qu’il regrette, celle qui comptait 2,5 milliards d’hommes. Maintenant nous sommes à 6,5, dans une génération à 9, personne n’y changera rien, et la question qui doit interroger tout homme est: comment ferons-nous pour que le retour à des chiffres plus supportables — les 2,5 milliards de Lévi-Strauss, les 700 millions de Cousteau — se fasse par la décroissance naturelle de la population (la mort de vieillesse!) et non par la famine, les maladies, la violence.

    Fabrice a une tendresse particulière pour les civilisations paysannes fragiles de Chine, d’Inde, etc, gigantesques réservoirs d’hommes. Aucun de ces systèmes « agri-climatiques » ne pourra soutenir des populations de plusieurs milliards d’habitants si les conditions (précipitations, sécheresse, débit des grands fleuves, pestes et parasites des cultures…) changent.

    Aussi (à François): parler, comme le fait l’auteur de l’article, de climat tempéré, n’est pas faire preuve d’ethnocentrisme. ON peut avoir de la tendresse et de l’attachement pour les peuples premiers — mais s’ils sont restés peuples premiers, c’est parce qu’ils n’ont pas touché la « civilisation », parce qu’ils étaient sur des terres vides d’hommes… parce que les conditions ne permettaient pas de nourrir une population nombreuse. Aujourd’hui, on parle de milliards d’hommes.
    Il y a bien un endroit où l’humanité ne s’est pas épanouie: c’est l’Afrique saharienne, qui offrait pourtant, il y a des (dizaines de?) milliers d’années, des conditions favorables, avant qu’un changement climatique n’y crée le Sahara.
    Il ne s’agirait pas qu’apparaissent des zones infertiles là où vivent aujourd’hui des centaines de millions d’hommes…

    8-9%/an… ça ne va pas être facile. Vive la récession.

  10. Géry,

    Tu as raison, j’ai de la tendresse pour ces péquenauds de tout là-pas. Et tu as raison encore, à mon idée, quand tu écris qu’ils ne pourront rien si les conditions s’aggravent. Je sais bien. Par ailleurs, Anders, oui, bien sûr, il faudra. Mais on va attendre. Bien à toi, et merci pour Hacène.

    Fabrice Nicolino

  11. Juste une précision, que ce soit clair : à ma connaissance, personne jusqu’à Géry n’a parlé d’un « complot d’une internationale scientifique », en tout cas pas moi.
    Géry, pas de problème pour une éventuelle contradiction, c’est-à-dire avec des arguments autrement plus sérieux que « c’est ce que les médias disent » ou « c’est écrit chez Jancovici »… Mais merci quand même, ça m’évite de perdre du temps vainement.

  12. « Gardons la tête froide »! c’est le cas de le dire, vorrei.
    Fabrice, ne manque-t-il pas un petit (à) entre « Hacène » et « moi-même »?

  13. Marthe,

    Je m’y suis mal pris, mais je voulais dire que je plaçais le commentaire écrit par Hacène par moi-même, car il n’arrivait pas à le faire lui-même pour des raisons techniques qui m’échappent totalement. Est-ce plus clair ?

    Fabrice Nicolino

  14. Je précise encore que j’avais bien l’intention de ne plus réagir sur le questions climatiques, mais qu’étant évoqué dans l’article, je l’ai fait quand même.
    Pas de problème pour la prochaine fois, qu’on m’oublie, et il n’y aura pas de vague, même à l’âme…

  15. Désolée, Hors sujet mais ce srait sympa de soutenir ..
    A faire passer sans restriction
    >
    > Le 20 Mai 2008, La municipalité du THOR (84) a pris un arrêté interdisant
    > les cultures OGM sur tout le territoire de la commune. Cette délibération a
    > été attaquée au Tribunal Administratif de Nîmes par le préfet de Vaucluse.
    > Pour apporter votre soutien à la municipalité du Thor dans sa décision
    > d’interdire les cultures OGM sur son territoire communal, pour affirmer
    > votre volonté de choisir de vivre dans un monde sans OGM soucieux de
    > protéger la biodiversité et la vie.
    > Nous vous demandons de signer cette pétition.
    > Le collectif anti-ogm 13-84
    >
    > http://www.lapetition.be/en-ligne/soutien-la-mairie-du-thor-3386.html
    >

  16. En réponse à Hacène,
    La question de la fonte du pergélisol, comme toute question liée au réchauffement climatique (et autres sujets environnementaux sensibles) est épineuse et sujette à de vives controverses et joutes écrites entre scientifiques relayée ensuite entre politiques, journalistes, ong…
    Une petite portion du pergélisol est en train de fondre, il se forme notamment des lacs de thermokarst libérant à leur surface méthane et CO2. le phénomène est peut-être anecdotique et pour l’instant il n’y a peut-être pas lieu de s’inquiéter puisque les grosses réserves de méthane, gaz stocké sous forme de cristaux d’hydrates de méthane, est situé à plus de 100 mètres de profondeur. Cependant, un déséquilibre de cette zone de stabilité des hydrates de méthane, aussi léger soit-il pourra entraîner leur dissociation et formation de gaz méthane (idem pour le méthane stockés dans les océans). ce ne sera probablement pas pour ce siècle, mais peut-être pour le prochain, ou le suivant. mais est-ce pour autant qu’on ne devrait pas s’en alarmer et tenter de freiner les causes du réchauffement global ?
    je ne cite pas de chiffres en l’air, mais pour avoir creusé le sujet dernièrement, je m’appuie sur de nombreuses études de géologues, de climatologues…
    le taux de méthane a relativement peu bougé ces dix dernières années écris-tu. oui, mais qu’est ce que 10 années ? Rien, une broutille, de l’insignifiant. Et si on se projette plus longtemps, bien plus longtemps en arrière, on s’apperçoit en lisant des études sur l’une des crises majeure d’extinction d’espèces que le méthane était en cause.
    Au Permien, ce sont les critaux d’hydrates de méthane contenus sous l’océan qui se sont dissociés après une hausse de température de plusieurs degrés (entre 4 ou 5) liés aux gigantesques éruptions des trappes de Sibérie. ce méthane a contribué à une hausse supplémentaire des températures qui a été fatale à la majorité des espèces.
    Voici entre autres, deux articles qui traitent de cette extinction:
    « Dissociation of Oceanic Methane Hydrate as a Cause of the Carbon Isotope Excursion at the End of the Paleocene », Gerald R. Dickens et al., 10 Paleoceanography 965 (1995)
    et
    « Extent, duration and nature of the Permian-Triassic superanoxic event ». Wignall, P.B. & Twitchett, dans Catastrophic events and mass extinctions: impacts and beyond. Publié par Geological Society of America, Special Paper. 356 (2002)

    Sinon, il faut aussi alle rendre visite à quelques zones sub-arctiques ou le pergélisol est en train de fondre; même si on n’atteint pas les profondeurs dédiées au stockage de méthane, les conséquences du réchauffement se font sentir et sont largement étudiées par divers groupes de chercheurs notamment en Alaska.

  17. Bonjour à tous

    Le terme « Middle Climate », traduit par « Climat tempéré » est peut être maladroit. Pour l’auteur, Georges Monbiot, il ne s’agit pas du climat de nos contrées tempérées mais d’un climat terrestre moyen, entre périodes de glaciation et périodes de réchauffement, donc pas d’ethnocentrisme à mon avis mais une traduction ambigüe.

    MH

  18. Bonjour Emmanuelle,
    Si je ne cite pas les études dont tout le monde parle, c’est justement parce que tout le monde en parle et que les médias relaient très bien ce qui peut paraître peu ou prou catastrophique. Je ne les ignore pas. Simplement, un minimum de connaissance du sujet et surtout d’honnêteté impliquerait que l’on parle aussi de ce qui ne va pas dans le sens de ce qui est annoncé un peu partout. Ainsi de l’étude que j’évoque sur les pergélisols. D’autres disent le contraire ? Fort bien. Mais il faut parler de toutes et il n’est pas interdit de donner la parole à de vrais chercheurs, tant qu’ils ne sont pas dans la propagande. Syun-Ichi Akasofu, qui est le fondateur de l’International Arctic Research Center, en Alaska est digne d’écoute, même quand il dit, à propos des maisons qui s’effondre sur un pergélisol fondu : « Their collapse is due to improper construction that allows the house heat to melt the permafrost underneath the structure ». Je ne sais pas précisément qui est dans le vrai, mais au moins j’ai en tête les diverses opinions.
    Je sais très bien ce qu’est une controverse scientifique, et je sais aussi ce que cela implique parfois quand on cherche à publier des résultats qui ne vont pas dans le sens dominant. Feu mon directeur de thèse en a fait les frais en se voyant refuser une publication dans les CR de l’Ac. des Sc. parce que cela allait contre les opinions du représentant de la discipline à l’Académie. Il faudrait surtout faire en sorte que cette controverse sur l’évolution climatique actuelle puisse avoir lieu pour de bon…

  19. Etièrement d’accord avec toi Hacène, malheureusement, souvent, des charlatans, pire, des chercheurs à la solde de multinationales ou de politiques sont prêts à véhiculer des pseudorésultats pour discréditer des travaux menés par des équipes indépendantes. Ou à jouer les contradicteurs pour flatter son égo et espérer ainsi se faire inviter par tous les médias qui adorent la controverse (je ne vise personne… quoi que !).
    Toutes ces questions sont complexes et les réduire à de simples faits catastrophiques fort appréciés, je te le concède, des médias n’est pas non plus la solution.
    Il convient juste de mettre l’ensemble des études, des faits, des avis dans le débat, ce que tu faisait, même si j’ai également voulu mettre mon grain de sel…

  20. Je ne sais si certains sont à la solde de lobbies, mais une chose est sûre c’est qu’on accuse facilement ceux qui ont des opinions scientifiquement fondées (eux aussi) de « rouler » pour d’autres, comme Richard Lindzen, qui a pourtant très très largement fait les preuves de ses compétences et de son honnêteté scientifiques. C’est en tout cas un bon moyen de ne pas débattre en disant que le sujet est clos. « The debate is over » disait l’ancien directeur de Science ! Eh bien non ! On pourrait très bien aussi évoquer une possible orientation idéologique des chercheurs cités habituellement, réelle ou pas, je ne sais pas. Pourquoi ne pas remettre un peu en cause,par exemple, les travaux de la NASA et notamment du GISS de Hansen, qui a pour habitude de faire des annonces beaucoup trop souvent corrigées par la suite par des chercheurs moins connus (sauf de la communauté des climatologues) mais pas moins compétents, extérieurs à cet organisme. Corrections qui n’ont jamais droit aux feux des projecteurs de la part des médias. Hansen, qui soit dit en passant, était le conseiller de Lehman Brothers, banque très active dans le commerce du carbone…
    Réduire la controverse à Allègre et Cabrol, c’est simplement faire preuve de son ignorance du sujet. C’est beaucoup trop répandu à mon goût. Et les informations tronquées ne sont guère mieux. L’article du Monde sur le niveau des mers est représentatif. Il y est évoqué une étude qui avait mis en évidence, via le réseau de balises argos, un refroidissement des océans (très léger). Un biais dans les mesures avait été mis en évidence. D’après le Monde, cela invalide l’étude et on en serait resté là. Sauf que les chercheurs se sont remis au travail sur leurs données et ont publié des résultats un peu différents mais confirmant ce refroidissement. Il y a eu un communiqué offciel, rien n’est caché, l’info est disponible. Pourquoi taire cela ? C’est toujours le catastrophisme qui l’emporte, par extrapolation et/ou omission. J’ai feuilleté récemment un livre sur le changement climatique, écrit par un panel de spécialistes, tous très sérieux, du moins officiellement. Juste un exemple : les cyclones. C’est le bassin atlantique qui est évoqué. La tendance est à la hausse, tant en nombre qu’en intensité. Si l’on y connaît rien, on se dit que c’est partout comme ça. Si on se pose un minimum de questions, mais que l’on fait confiance (pourquoi douté a priori ?),on se dit que le bassin atlantique est représentatif de l’océan mondial, ce qui n’est pas dit cependant. Et quand on a déjà lu pas mal de choses, on sait que ce procédé est malhonnête. Tout ce qui est dit est vrai, même s’il y a controverse sur la robustesse des données. Néanmoins, il y a tout ce qui n’est pas évoqué : l’Atlantique ne représente qu’environ 20% des cyclones, c’est le seul bassin océanique qui connaît une telle tendance, il n’y a pas de tendance générale à la hausse ou à la baisse, il y a des bassins où cette tendance est à la baisse. Cela est très officel et émane de l’OMM, qui a fait un bilan en 2007 pour mettre fin aux échanges d’amabilités scientifiques dans les revues, bilan signé tant par ceux qui crient à la hausse, que ceux qui disent qu’il n’y a pas de tendance. Elle conclue d’ailleurs que rien n’indique, dans l’état actuel des connaissances, qu’une éventuelle montée des températures entraînerait une tendance à la hausse… Personnellement,je n’aime guère être pris pour un imbécile crédule, c’est tout.

  21. Personne n’aime être pris pour un imbécile crédule !
    Hansen, ayant de fort liens, ou ayant eu, avec Lehman brothers, et bien d’autres dans le même genre de situation soutenu financièrement par les pétroliers par exemple, l’agro-business et j’en passe, voilà ce que chacun doit savoir. Mais comment si personne ne fait ce travail d’enquête ?
    Oui, en France on a nos Allègre et Cabrol, de purs guignols à mon avis et si je pensais notamment particulièrement à l’un d’entre eux, ce n’est pas parce que je baigne dans l’ignorance du problème dans sa globalité, c’est parce que justement, nos médias aiment ce genre de personnages , en usent et en abusent et nous prennent justement pour des imbéciles crédules, au lieu de faire appel à des scientifques indépendants dont les recherches montrent des phénomènes quelques peu différents ou bien en font une analyse différentes. Mais eux ne sont pas « médiatiques » et on les range au placard.
    Par ailleurs, si nombreux articles sont aujourd’hui – je te le concède et le déplore Ô combien – bâclés, c’est aussi – et Fabrice pourra confirmer je pense – que le vrai journalisme d’investigation est en berne.
    Pourquoi ? parce que beaucoup de magazine veulement du simplifié, « zappable » facilement où on ne retient qu’un titre choc aisé à retenir, mais aussi parce que trop souvent les médias ne sont plus indépendants et aussi et surtout parce que les moyens ne sont plus là. Quels médias permettent à un journaliste de passer 3-4 6 mois sur une enquête si ce n’est plus ? presque (et je dis presque pour rester optimiste) aucun !
    Enfin, combien de fois ais-je entendu que non, ce sujet était trop déprimant pour le lecteur, pas assez optimiste ou trop compliqué ?
    Voilà aussi la réalité, mais finalement, je crois qu’on déplore exactement la même chose avec des mots et des arguments différents.

    Moi non plus, je n’aime pas être prise pour une imbécile crédule, mais nous, au moins, on a le blog de Fabrice pour échanger et on se donne les moyens d’aller chercher à la source les informations…

  22. Je suis un peu étonné par ce que je lis à propos des media.

    A-t-on vu des media exiger que les milliards qui sont actuellement mis sur la table, servent à autre chose qu’à relancer l’industrie automobile ou la consommation en général ?

    Les a-t-on entendu exiger que le paquet sois mis massivement pour décarboniser nos sociétés comme le préconise Monbiot ?

    Je ne vois pas les media demander l’arrêt de tous les programmes autoroutiers ou grands chantiers énergivores et destructeurs comme les lignes TGV, ou demander l’arrêt de nouveaux aéroports, de l’A 380.

    Je ne vois pas les media demander une refonte radicale d ela PAC ou de nos modes de production ou de consommation.

    Oui, il y a des articles pour faire un peu peur, comme on parle aussi du crash d’un avion ou d’un attantat terroriste. Mais comme pour les mouvements terroristes, avec rarement une réflexion historique, économique pour expliquer les enjeux…

    L’article de Monbiot n’est pas là pour nous « distraire » comme dans d’autres journaux, mais pour exiger que nous, citoyens, nous agissions politquement.

    Qu’il y ait incertitude scientifique, c’est une chose, mais le risque est trop important pour attendre d’être sûrs, avant que de commencer à se dire qu’on aurait peut-être dû faire quelque chose…

    Et comme le disait, en 1990, Pierre Samuel – un vieux sage que j’aime bien – dans son livre sur l’effet de serre : en plus, ces mesures ne peuvent qu’apporter des avantags dans d’autres domaines, moins de pollutions, moins d’injustices, moins de destrutions de la biodiversité, etc…

    MH

  23. Hacène,

    Si tu m’y autorises, je suggère qu’on se calme. Je pourrais me montrer vache avec ce dernier texte que tu as publié. Franchement, est-ce une méthode que de signaler les liens entre Hansen et une banque qui, jusqu’à sa déconfiture, était une institution mondiale ? Je n’insiste pas, pour la raison que je te sais sérieux et fréquentable, bien que nous ne nous soyons jamais rencontrés.

    Mais au-delà, et sur cette question décisive du climat, je pense que tu te trompes très lourdement. Qu’il y ait de la mauvaise foi et des couillonnades y compris chez ceux qui décrivent les effets du réchauffement en cours, c’est l’évidence même. Que certains se trompent, voire mentent, quoi d’étonnant, Hacène ? Nous parlons d’une communauté humaine de plusieurs milliers de personnes !

    Mais rien ne peut enlever à la réalité d’un consensus mondial. À ma connaissance, pour la première fois dans l’histoire moderne des sciences, à cette vitesse et concernant une vision radicalement neuve, un consensus s’est formé. Entre des spécialistes de quantité de disciplines et de laboratoires qui ne sont liés pas entre eux.

    Je ne suis pas capable d’en parler sur le terrain de la science. Mais enfin, les observations sont là, et se multiplient d’ailleurs. Et je n’oublie pas la corrélation majeure, à l’échelle de milliers de siècles, entre concentration de CO2 dans l’atmosphère et température moyenne de la planète.

    Que, dans le cadre d’un tel bouleversement conceptuel et intellectuel il y ait des dérapages, des approximations, des erreurs et même des trucages ne renvoie qu’à un seul et même phénomène, immémorial : la faiblesse intrinsèque des hommes. Et puis, Hacène, ne vois-tu pas l’extraordinaire complexité du tout ? Il ne s’agit évidemment pas d’un « simple » réchauffement, mais d’un dérèglement général. Lequel produit une infinité d’effets parallèles, secondaires et contradictoires. On en retrouve fatalement la trace dans les travaux des uns et des autres, sans qu’il soit toujours besoin de désigner des voyous, qui existent pourtant.

    La prise de conscience autour de la crise climatique est le seul mouvement planétaire qui puisse servir d’appui à la grande remise en cause dont nous avons besoin. Contribuer si peu que ce soit à le mettre en doute est une responsabilité grave. Je ne veux pas en rajouter, mais je le pense. Dernière chose : as-tu lu – pas seulement feuilleté – le livre de Fred Pearce paru chez Calmann-Lévy : Points de rupture ? Si oui, j’aimerais avoir ton point de vue sans fioritures. Et si non, une question : pourquoi ?

    Bien à toi,

    Fabrice Nicolino

  24. Petite précision, mes commentaires sur le journalisme d’investigation et les médias concernent le cas français. On arrive encore à trouver de bonnes enquêtes en langue anglaise notamment. Ouf !

    Et en effet, si incertitude il y a, alors optons pour des mesures avant que l’incertitude se révèle éventuellement certitude. Cela ne pourra en effet pas faire de mal, bien au contraire !

  25. Merci à Mathieu Hangue pour ses précisions linguistiques. je préfère qu’il en soit ainsi. Comme quoi, traducteur c’est un métier difficile.

  26. Que chacun aille vers une simplicité volontaire, ce n’est pas moi qui dirai le contraire. Moins polluer, moins consommer, etc. etc., je suis pour et très attentif à mon mode de vie.
    Mais il est aussi question de beaucoup d’argent à investir et une appréhension juste des faits et tendances est nécessaire pour ne pas investir là où il n’y a pas lieu. Il y a suffisamment d’urgences de tous ordres et d’investissements nécessaires à long terme pour améliorer le monde pour faire très attention à ne pas dilapider les sommes colossales souvent évoquées.

  27. Je te rejoint Fabrice sur ce consensus mondial que personne ne peut aujourd’hui nier (sauf… toujours les mêmes mais ils ne comptent pas réellement, non ?) et si discordances il y a, notament sur le méthane dans le pergélisol, c’est une vision à long terme qu’il faut avoir, pas une vision sur 10, 20, 50 ans. Les bestioles du permien pourraient nous le dire.
    Te rejoint aussi sur le bouquin de Fred Pearce. A lire !

  28. Hacène,
    Sans ajouter de l’huile sur le feu, n’as-tu pas l’impression qu’on dilapide encore et toujours des sommes colossales dans des domaines où il n’y a pas lieu …
    Ce n’est certainement pas le domaine des énergies renouvelables par exemple qui pourra concourrir au TOP 10 de la dilapidation de sommes colossales.

  29. Très rapidement. Fred Pierce, non pas lu. Pourquoi ? Temps surtout. Bon, je pensais qu’il était clair que j’essayais d’avoir les informations à la source directement dans les articles scientifiques. Passons. Tout le monde s’en fiche, mais je m’engage à le lire. Je passe sur la corrélation entre CO2 et températures, ce sera dans le dossier que je vais quand même contnuer, même si ça ne sert à rien et que tu ne le finis pas. J’ai aussi compris que mes interventions climatiques n’étaient guère appréciées, car peut-être à même de saboter la bonne volonté de lecteurs du blog (j’en doute). Entendu. Je continuerai cependant à vous lire tous. Et peut-être même à laisser un mot à l’occasion.

  30. Hacène,

    Mon intention n’est sûrement pas de te pousser si peu que ce soit dehors. Un seul mot : reste ! Mais franchement, quand on entend mettre en question un phénomène aussi inquiétant que le dérèglement climatique global, on doit s’attendre quand même à quelques coups de griffe !

    Puis, tu as tort : je lirai. Mais comme je te l’ai déjà écrit, le fait qu’il y a des contradictions, des hésitations, des erreurs et même des trucages dans un dossier aussi complexe n’a rien, strictement rien d’étonnant. C’est le contraire qui serait suspect ! Connais-tu beaucoup d’esprits humains capables de penser une boucle de rétroaction positive ? Ou négative ?

    Sur Pearce. C’est un très grand journaliste scientifique britannique. Plutôt sceptique au départ. En tout cas, nullement catastrophiste. Mais il a fait l’effort d’aller voir sur place les équipes qui travaillent en Arctique, en Antarctique, en Sibérie. Ce que personne ne fait jamais. Et son livre donne des informations, je dis bien des informations que, pour ma part, je n’avais jamais lues ailleurs.

    Bon, Hacène, moi je ne suis pas fâché. Bien à toi,

    Fabrice Nicolino

  31. Moi non plus,je ne suis pas fâché ! Et je ne me suis pas senti poussé dehors du tout, même si je sens bien qu’on me prend pour un drôle de zouave bizarrement à côté de la plaque. Je lirai Pearce, même si sur les sujets que je suis à même de suivre, je préfère l’info directe plutôt que la médiation d’un journaliste.
    De toute façon, quoi qu’on fasse ou que l’on ne fasse pas, le temps, dans tous les sens du terme, aura le dernier mot. Sans doute assez vite…

  32. « a foule doit être détournée vers des buts inoffensifs grâce à la gigantesque propagande orchestrée et animée par la communauté des affaires (américaine pour moitié), qui consacre un capital et une énergie énormes à convertir les gens en consommateurs atomisés et en instruments dociles de production (quand ils ont assez de chance pour trouver un travail). Il est crucial que les sentiments humains normaux soient écrasés ; ils ne sont pas compatibles avec une idéologie au service des privilèges et du pouvoir, qui célèbre le profit individuel comme la valeur humaine suprême ». Chomsky .
    Stéphanie m’a parlé de cet auteur et je lui suis reconnaissante . J’ai suivi vos échanges avec intérêt, et j’y vois une faille de taille . En somme, si on arrive aujourd’hui à bouger un peu les foules sur le climat, c’est parce qu’avec ces fortes médiatisations sur le changement climatique, les gens prennent conscience que leur confort va très sérieusement en prendre un coup , alors vite, vite, il faut réparer un peu dans la panique .Et c’est là que nous avons vu surgir la notion de développement durable vanté sur les dernières affiches de leroy merlin par exemple, sur lesquelles on voit du parquet malaisien en grand plan servant artistiquement de cheveux à un indigène, c’est là que nous avons vu apparaitre le carburant vert, des marques pas équitables du tout vendre du chocolat,ect
    désolée, je rejoins Hacène et l’honnêteté scientifique passe par les confrontations de thèses et comme a dit Voltaire « je n’aime pas du tout ce que vous dites, mais je péfererai que l’on me tue plutôt que de vous empêcher de vous exprimer » .

    et je pense que nous devons assainir notre rapport à la vie et arrêter de parler aux gens comme s’ils n’avaient en somme pas d’autres capacités que celles liées à la digestion ! Il faut instruire, c’est d’ailleurs pour cela que j’avais rejoins ton blog fabrice: tu pratique en effet un journalisme d’investigation et ne prend personne pour des imbéciles .
    mais l’urgence face aux catastrophes climatiques à venir très médiatiquement relayée sert à piller à fond encore plus .J’en veux pour preuve les mines d’uranium en Afrique et amérique du sud . c’est devenu un argument de vente au milieu d’un troupeau de consom’acteurs ! j’ai décidé d’être appelée « humaine  » et d’être dans ce monde de l »‘avoir » . Hacène, vive les chercheurs !

  33. Eh bien, si Hacène a raison, tant mieux, même si je n’y crois guère.
    Le hic dans tout ça, c’est qu’un changement de mode de vie n’est pas dans les papiers de beaucoup de ceux qui crient, du moins récemment, à l’urgence écologique. Ils veulent que nous consommions autrement, certes, mais toujours autant, ce qui est délirant à tous points de vue – un ex en passant : dans un cabinet de coiffure pour enfants, des écrans pour les « occuper » pendant la coupe…

  34. @ Bruno, avant de savoir si Hacène a raison, je demande simplement s’il a déjà la possibilité d’exprimer son point de vue sur la question en tant que climatologue que, par ailleurs,nous ne sommes pas, je crois. Et comme je l’ai déjà exprimé plus haut, l’urgence écologique est utilisée comme un puissant slogan de vente par tout à chacun , dont des multinationales comme total , nestlé and co . laisser moins de place à la réflexion parce qu’on manque de temps : voilà un bien mauvais calcul .

  35. C’est gentil Bénédicte, mais je ne suis pas climatologue, même si depuis quelques années j’ai le nez dedans (encore plus depuis que j’ai promis à Fabrice un petit dossier qui ne ressemblera pas à un mémoire -ce qui a renforcé mes opinions) et même s’il m’est arrivé de bosser sur des bulletins quotidiens à l’échelle synoptique à la bibliothèque de Météo France. Tout cela est plus que modeste. Mon avis n’a pas forcément plus de poids que celui d’un autre, en tout cas s’il balaie large pour s’informer…

  36. Oui, nous sommes d’accord. De toute façon, comme le disait quelqu’un plus haut, nous serons sans doute vite fixés…
    Au passage, je signale l’article sur le méthane dans le dernier n° de « Politis » – plus précisément sur les (mauvaises) raisons qui font que l’on parle beaucoup plus du CO 2 que du méthane.

  37. Je crois que la météo des « bonne fête » annonce un calme plat pour demain et les semaines à venir, car même s’il y a fête, demain, ce sera celle d’Avent, donc rien de nouveau. Par contre je soutiens fortement les « vrais » autodidactes qui, souvent, vont bien plus loin que les « pros », car plus motivés.

  38. @ Hacène, oui bon, tu t’interesses suffisament au climat pour te permettre d’avoir un avis sur la question .
    Mais ce qui me turlupine le plus c’est : combien de situations d’urgences servent de couvertures en Afrique, en Asie ? combien d’opérations financières sans scrupules sous couvert d’ONG ? La forêt africaine est menacée d’extinction alors que l’on parle de révolution verte, des arrestations arbitraires et des carnages sont perpétrés en Indonnésie, au niger, au mali, ect…gardons la tête froide et acceptons de raisonner , afin de véritablement tenter de sauver ce qui doit l’être urgemment .

  39. s Bénédicte a écrit
    « avant de savoir si Hacène a raison, je demande simplement s’il a déjà la possibilité d’exprimer son point de vue sur la question en tant que climatologue que, par ailleurs,nous ne sommes pas, je crois »

    faudrait quand même éviter d’écrire n’importe quoi. Et réclamer pour Hacène, climatologue, la liberté d’expression qu’il a toujours eu sur ce blog, tout cela en se référant à Chomsky, c’est un peu n’importe quoi!

    Ce qu’explique très bien Fred Pearce, c’est que le thème du réchauffement climatique est une affaire inédite. Et ce qu’il dit aussi, c’est qu’aujourd’hui, après 18 ans d’investigations sur la question, plus il en apprend, plus l’affaire lui semble effrayante
    « Car rien ne cloche dans cette histoire, tout concorde. Et la morale, c’est que nous sommes en train d’interférer avec les processus fondamentaux qui font de la terre une planète vivable pour l’homme ».
    la suite est à lire dans « Points de rupture, comment la nature nous fera payer un jour le changement climatique », Fred Pearce, ed. Calmann-Lévy

  40. @ raton laveur , tu as raison . Mais dire qu’il n’y a qu’une issue possible aux déreglements climatiques provoqués par l’homme uniquement, n’est ce pas réducteur ? N’est ce pas récupéré comme slogan ? Et est-ce que nous devons modifier nos comportements uniquement à cause de cela ? Une fois encore, en écoutant la pub faite au nucléaire, en regardant des survivalistes creuser leurs lignes maginot , en lisant peter Bradbeck prôner toujours la loi du plus fort , je pense que nous devons débattre sereinement , oui, surtout sereinement , ce qui n’empêche nullement d’agir . j’en ai marre de ces mots clé balancés au grand public qui frissonne tout les soirs à 20 H . Moi, ce qui m’effraie davantage, c’est qu’après « pesticides, un scandale français », pas une plainte, pas une manif . Révolution.com .

  41. Dimanche matin, grand soleil et ciel bleu froid, Fabrice excuses moi d’être hors-sujet: mais j’ai lu (Agoravox)cela.
    Razzias sur terres cultivables
    On savait que des particuliers fortunés pouvaient acheter une île en Ecosse, que Volkswagen s’est offert des milliers d’hectares au Brésil, que l’Argentine propose de vastes espaces en Patagonie (Benetton y a acquis 900000 hectares, Soros et Stallone vont faire de même, aux dépens du peuple Mapuches).
    Mais ce que l’on ne savait pas encore, c’est qu’il est devenu possible de faire main basse sur un petit morceau de continent, à plus grande échelle encore. Va-t-on vers un dépeçage de certains pays pauvres ?

    C’est en cours. De grandes firmes privées, souvent appuyées par leurs pays d’origine, sont en train de réaliser de telles opérations, en Afrique notamment, en profitant du sous-développement et de la faiblesse de certains Etats
    « Dans le contexte des ventes de terres arables, il s’agit d’une opération sans précédent, assure Carl Atkin. Nous sommes habitués à des transactions portant sur 100 000 hectares. Cette fois, c’est dix fois plus. »

    On pensait ces pratiques d’une autre époque, on imaginait que cela ne pourrait plus se produire, cela se passe pourtant aujourd’hui, si discrétement…

    La presse n’en parle pratiquement pas. Silence médiatique en France. Paul Redfern du Daily Nation fait état d’une déclaration de Jacques Diouf, directeur la FAO, reprise par Le Guardian, relayée pas Courrier International.

    Des pays occidentaux, par l’intermédiaire de grands goupes, achètent des millions d’hectares de terre, en Afrique notamment, en vue de placer leurs liquidités, d’anticiper sur leur manque de produits agricoles à long terme…

  42. J’ai envoyé un mail avec des liens , mais ce n’est pas passé . allez sur les sites de leroy merlin, areva, total, nestlé et lisez la pages concernant le réchauffement climatique , car ces entreprises luttent à nos côtés , grâce entre autre au nucléaire et biocarburants (terme indiqué)!
    concernant chomsky , je parlai de la société en générale, pas du seulement de notre sympathique hacène .
    la lutte primordiale à mener dans nos pays riches est certainement celle contre l’inertie .

  43. @ sinsé,
    c’est interessant, merci . je suis de l’avis de Sharon astyck et je crois que nous sous etimons nos contemporains . de plus, il est plus mobilisateur de se battre pour des idées positives que contre des catastrophes . Vive la sobriété heureuse, battons nous au nom de la dignité, le respect !
    Cet été, des mamans et des bébés dans les barques traversant la méditerranée, aujourd’hui, des boat-peoples africains et des génocides anoncés d’ethnies minoritaires et la féodalisation du monde par les multinationales . ouvrons les yeux, levons la tête et battons nous , non parce que nous avons peur, mais parce que nous méritons le nom d’homme .

  44. Bene dicte, oui, il y a les multinationales…il y a aussi, les « braves gens » de la base, y sont pas mal non plus!:.Jean-Hugues B.n’en peut plus.

    Le jeune agriculteur avait déjà eu « toutes les difficultés du monde », en janvier dernier, à s’installer à La Boge, une exploitation qu’il a reprise à Teilhet, petit village de 300 âmes du Puy-de-Dôme.

    Depuis début avril, c’est de pire en pire: le jeune homme, originaire des Hautes-Alpes, sa compagne et sa fille de 8 ans ne peuvent plus vivre normalement. Au point de déposer 3 plaintes.

    Intimidation, peur, menaces: c’est ce dont Jean-Hugues se dit victime.

    Pourquoi? « Parce que je suis étranger, pas d’ici quoi » répond Jean-Hugues au Post « et on me le fait bien sentir. »
    Comment expliquez-vous cet acharnement?
    « Bon, c’est connu: un jeune agriculteur qui n’est pas du coin et qui n’est pas paysan de père en fils a toujours du mal à s’intégrer. En plus je fais du bio, des chèvres et des moutons, et ça marche bien, alors qu’ici tout le monde fait du maïs et des vaches. Y a de la jalousie aussi. Je savais que ce serait dur, mais je pensais pas que ça pourrait aller jusque là. »

    C’est le moins qu’on puisse dire…

    Jean-Hughes répond au Post:

    Que s’est-il passé en avril?
    « Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, on m’a tué mes chèvres. A 1h30 du matin, 9 étaient mortes, 2 agonisaient, c’était hard-core. Le tout avec un message à la peinture, sur le mur: ‘La Bauge aux paysans. Va-t-en!’ Ambiance… »

    Et après?
    « Pendant les 4 mois qui ont suivi, c’était assez soft: plein de petits sabotages, des machines cassées, des pneus de tracteur crevés, des moutons sur la route,…Le tout sur une bonne campagne de fond au village! »….
    Ça paraît fou!
    « Oui, ça peut, comme ça, mais, à la longue, c’est fatigant, usant. C’est triste en fait. Surtout quand ça vient aussi des élus… »
    Et dernièrement vous avez trouvé une lettre?
    « Oui. Vendredi dernier, dans ma cour, sur le siège de mon tracteur: une lettre en forme de cercueil -très bien faite, je dois dire- qui m’a laissé sans voix. »

    Qu’est-ce qui était écrit?
    « Dessus, sur une croix: ‘Tu pars, ou ils crèvent.’ Dedans: ‘Si l’exploitation M..-le nom de mon proprio- n’est pas confiée en totalité à la SAFER (société d’aménagement foncier et d’établissement rural, ndlr) avant le 1/12, le traître M..sera exécuté. On jettera ta fille -la mienne, donc- dans un fossé après avoir fait d’elle une femme -elle a 8 ans-. Mais ne t’inquiète pas pour ta pute -ma compagne, sans doute-, elle va aimer ce que l’on va lui faire. Pas de menaces, des promesses. Pas un mot aux flics ou ta mère y passe.’ Ça se passe presque de commentaires, non? »

  45. @ marie, Bien d’accord avec toi, et même : il y a surtout les braves gens de la base . les multinationales sont des conglomérats spéculatifs ! Un groupement d’actionnaires décisif et Peter bradbeck saute ! Le changement doit, ne peut venir que de la base . les politiques ont trop peu de pouvoir décisionnaire dans ce monde , même à petite échelle comme tu as pu le montrer .
    A ce propos, j’ai reçu ce mail :
    Consommateurs, aidez-nous à produire la bio que vous souhaitez

    Etre toujours dans une démarche de progrès, mettre en pratique les fondamentaux de la bio, tels sont les souhaits de la majorité des producteurs bio. Consommateur ou non de produits bio, en répondant à notre questionnaire en ligne, aidez-nous à mieux répondre à vos attentes :

    http://www.surveymonkey.com/s.aspx?sm=P8GF_2bb4TqQfLoubj70keXg_3d_3d

    Au 1er janvier 2009, la réglementation européenne en matière de production biologique va changer : elle sera la même partout dans l’Union et les spécificités que s’étaient donnés des pays comme la France, disparaîtront sauf à être défendues au sein de marques collectives.

    Parce qu’ils n’ont pas l’intention de renoncer à leurs pratiques actuelles, de nombreux paysans bio français ont demandé à la FNAB de réfléchir à la création d’un identifiant privé qui leur permette de faire connaître aux consommateurs leurs spécificités au sein de l’agriculture biologique. Mais ils veulent également s’inscrire dans une démarche de progrès, en harmonie avec les fondamentaux de l’agriculture biologique, en matière d’environnement, de social et de lien avec les territoires. Ils souhaitent également, travailler avec leurs homologues européens qui sont également dans une telle démarche à travers d’autres marques privées (Allemagne, Grande Bretagne, Italie ou Belgique).

    Le sondage auquel vous vous proposons de répondre concerne ce projet d’identifiant. Nous avons besoin de savoir ce qu’est pour vous la bio, et pourquoi vous consommez ou ne consommez pas nos produits ; quels son t selon vous les grands principes qui devraient guider notre travail ; quels sont les domaines que vous associez à la bio.

    Les producteurs attendent votre avis!

    Paris, le 26 novembre 2008

  46. Tiens, en parlant d’injustice, un autre sujet dont tout le monde se fout :
    2008 : LES PRISONS FRANCAISES RISQUENT D’EXPLOSER A CAUSE DE LA SURPOPULATION : 64 250 détenus en juillet 2008, pour 51000 places, du jamais vu ! L’ENTASSEMENT INCITE AU SUICIDE ET VIOLE LE CODE DE PROCEDURE PENALE (articles 716 et 719 – D.83 à D.85 et D.95). Le traitement des personnes détenues devient totalement inhumain, dégradant, et rejoint les conditions de l’esclavage, pourtant aboli par la France en 1848.
    http://prisons.free.fr/

  47. En fait-divers, après la littérature, personne ne pourra se vanter, ayant lu Marie, de ne pas être au courant. Pour me joindre, taper sur un arbre qui transmettra, mais sans abîmer lescorces car je suis sensible !.

  48. les mentalités n’évoluent pas finalement.avoir le grosse voiture,gros terrain,grosse!!!?,belle femme évidemment,et p’tit cerveau de poche,voila le nirvana le l’occidental fortuné,et de moins fortuné.J’oubliai la groose piscine,le lion troué,qui sert de tapie;enfin rien d’original.le monde manque trop de pierre rhabie,ghandie et autres lévi-strauss

  49. Une bonne petite nouvelle (dans cet océan de..)

    Condamnation pour publicité mensongère sur le pesticide « Roundup »

    Par un arrêt du 29 octobre 2008, la cour d’appel de Lyon a condamné l’ancien président de la société Monsanto Agriculture France, et l’ancien président de la société SCOTTS France pour publicité mensongère ou de nature à induire en erreur sur le pesticide « Round up ».

    En l’espèce, courant 2000, le produit avait été présenté dans des messages télévisés comme biodégradable et laissant le sol propre. Sur les cartons d’emballage était apposé le logo d’un oiseau et les mentions « respect de l’environnement », « propre » et « efficacité et sécurité pour l’environnement ».

    La cour a relevé que cette présentation élude le danger potentiel du produit par l’emploi de mots rassurants et induit le consommateur en erreur en diminuant le souci de précaution et de prévention.

    Confirmant le jugement du tribunal de grande instance de Lyon du 26 janvier
    2007 (TGI Lyon, ch. 5, 26 janv. 2007), la cour d’appel a condamné chacun des deux prévenus au paiement d’une amende de 15000 €.

    CA Lyon, ch. 7 C, 29 oct. 2008, Min. public c/ Mordo et Princen

  50. Question bête : concernant les producteurs bio qui veulent se démarquer, les mentions « Nature et Progrès » ou « Demeter » (biodynamie) ne proposent-elles pas déjà une solution ?

  51. Bof, s’il y a une volonté politique on peut taxer tout ce qui émet beaucoup de CO2 et autre (des voitures à la viande de boeuf en passant par l’électricité des centrales thermiques classiques) pour financer le développement de ce qui émet rien ou presque rien (extension du bonus malus quoi, pour une fois qu’un gouvernement a une bonne idée).
    Il n’y a pas besoin de compter sur des restrictions personnelles volontaires, d’autant que c’est surtout l’agriculture et l’industrie qui sont responsable, et que la portée des efforts à la maison est dérisoire, même si tout le monde s’y met.

  52. Une chance de sauver le climat, ah bon ?

    Extrait dépêche AFP de ce jour :

    Le Premier ministre s’exprimait lors de l’inauguration d’un tronçon de l’autoroute A41 reliant Annecy à Genève.

    « En matière routière, nous allons engager sans tarder trois projets autoroutiers pour un peu plus de 800 millions d’euros de travaux », a précisé M. Fillon au lendemain de l’annonce par Nicolas Sarkozy d’un plan anti-crise axé sur l’investissement, notamment dans le domaine des infrastructures.

    Le Premier ministre a détaillé ces projets : l’A 63, entre Salles et Saint-Geours-de-Maremne (Landes) pour relier Bordeaux et la frontière espagnole, l’A150 entre Ecalles-Alix et Barantin (Rouen-Le Havre) et l’A355 (contournement ouest de Strasbourg).

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