En défense de mon ami Pierre Rabhi (une suite nécessaire)

 

Lecteurs, je vais vous infliger un fort long texte que j’ai écrit à la suite de l’article de Jean-Baptiste Malet dans Le Monde Diplomatique d’août. Fallait-il ? Je n’en sais rien, mais j’ai ressenti comme une nécessité. Parce que Pierre Rabhi est un ami ? Oui, sûrement. Mais aussi parce que l’école de la calomnie m’a toujours écœuré. Et quand je dis toujours, c’est toujours. Je l’ai déjà dit ici, mon père était un ouvrier communiste, ce qui à son époque voulait dire stalinien. Je l’ai profondément aimé, je l’aime encore, et c’est sans doute pour cette raison que le stalinisme et tous ses avatars m’ont révulsé dès que j’ai eu 12 ou 13 ans. C’est à cet âge que j’ai commencé une activité politique, trépidante pendant plus de dix ans, et ce fut dès cet instant dans une opposition concrète à l’horrible manipulation qu’ont subie tant d’êtres merveilleux, dont mon père. Le communisme réel était une infamie.

Dire qu’il en reste des traces est pour moi une évidence. Comme le bilan vrai, total, moral, intellectuel de décennies de déshonneur n’a pas été conduit, il est loisible en 2018 d’utiliser des méthodes largement magnifiées dans l’univers stalinien. Bien sûr, celui-ci n’a rien inventé, mais il a assemblé comme aucun autre mouvement l’art du mensonge et ce qu’Orwell a appelé jadis la doublepensée et la novlangue. Je crois, et je le croirais même si j’étais le seul – ce n’est pas le cas ! – que la vérité n’est pas le mensonge. Et qu’au moins, « si le mensonge règne sur le monde, qu’au moins cela ne soit pas par moi ». J’ajoute, pour que les choses soient claires, que je suis certes un écologiste, ô combien. Mais qu’une marque dans l’histoire politique des hommes est aussi la mienne. Et cette marque, c’est celle de Charles Fourier, d’Elisée Reclus, de Nestor Makhno, de Buenaventura Durruti. Ce pourrait être de la forfanterie, mais c’est surtout vrai. Entre certains, qui ont soutenu le crime, et quelqu’un comme moi, il y a des fleuves de sang qui ne disparaîtront qu’à ma mort. Si on a envie de rigoler, on peut. Mais je suis sérieux.

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On peut tout d’abord lire l’article sur Rabhi. Et même, on le doit.

Cliquer ici pour lire l’article du Diplo

Ajout du 14 août : mon cher ami Hacène – bien reçu ! – me signale que la lecture du PDF ci-dessus est impossible. Compte tenu de mes faibles capacités, je mets en ligne une autre voie d’accès : le-systeme-Pierre-Rabhi

Je vous en prie, si ça ne marche pas, aidez-moi.

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Ma réponse

Tentative de décryptage systématique d’un article de désinformation sur Pierre Rabhi

 

Ce qui suit est une critique consacrée à l’article signé Jean-Baptiste Malet dans Le Monde Diplomatique d’août 2018. Il décrit un supposé « système Rabhi ». Pour qu’il n’y ait pas de réclamation à ce sujet, je déclare que je connais Pierre depuis plus de vingt ans. Que je le respecte, et qu’il est mon ami. Depuis quand ne pourrait-on défendre un ami ?

 

Commençons par le titre du Diplo. Il suggère sans détour une organisation, une cohérence, des buts. Dans le langage codé mais évident, système est péjoratif. On dira « le système capitaliste » ou plus sûrement « le système ». Voyons de plus près.

 

1ère manip. Les cinq premiers paragraphes permettent de présenter Rabhi, mais d’une manière telle que son sort est déjà scellé. Un, il radote, et vend donc une marchandise de piètre qualité. « Vend » ? Par des procédés subliminaux – ou pas, d’ailleurs – bien connus, Malet instille l’idée que tout n’est question que d’argent, et de vilain argent. Tandis que Rabhi ressort sa vieille histoire de colibri dans la salle, eh bien, « dans le hall adjacent », on vend des machines « de redynamisation et restructuration de l’eau par vortex ». N’est-ce pas une preuve manifeste que Rabhi est un fieffé renard ?

Non, c’est la preuve que Malet est dans une entreprise de démolition. Il choisit un élément qui n’a rien à voir avec Rabhi, de manière à l’entortiller dans le ridicule et la rapacité. Car Rabhi est invité par des comités tartempion et des structures qui le sollicitent pour parler. En quoi serait-il responsable de ce qui se passe dans un « hall adjacent » ? Si moi, Fabrice Nicolino, je parle au salon Marjolaine – ce qui m’est arrivé maintes fois -, je suis aussi responsable de ce que des stands vendent des colifichets que je trouverais, si l’on m’interrogeait, ridicules ?

Mais Malet vient de gagner la partie en envoyant un énorme clin d’œil aux lecteurs du Diplo, qui ont déjà compris que l’on parle d’un ruffian.

 

2ème manip. Dès l’ouverture du sixième paragraphe, on apprend qu’Edouard Philippe a cité dans un discours Pierre Rabhi. On ne sait pas ce que le Premier ministre a dit – était-ce une louange, une critique, une allusion ? -, mais l’essentiel est évidemment de disqualifier un homme par sa proximité suggérée avec la droite. Belle méthode. Imaginons qu’un jour Marine Le Pen cite le nom de Serge Halimi – directeur du Diplo – et vante même l’un de ses éditos, ce qui est loin d’être impossible. Malet en conclurait quoi ?

 

3ème manip. Malet écrase le temps, ce qui est bien commode. Il feint et amène le lecteur à croire que Rabhi se répète pesamment depuis un demi-siècle. Que s’est-il passé entre 1968 et 2018 dans la vie de Rabhi ? Il a senti, avant 1968 et les beaux mouvements qui ont suivi, la gravité de la crise globale dans laquelle s’enfonçaient les sociétés du Nord. Rappelons qu’à l’époque, les « avant-gardes » soutenues avec ardeur par le Diplo magnifiaient la Chine maoïste massacreuse de son peuple, Cuba approuvant l’intervention russe en Tchécoslovaquie, la Corée du Nord du Djoutché. Pierre Rabhi, petit homme venu d’une oasis algérienne, travaillant dans une usine de la région parisienne, tombé amoureux d’une secrétaire de l’entreprise, avait choisi, avant tout le monde, une autre voie, ô combien périlleuse. Et non pas, comme le note fielleusement Malet, le « retour à la terre ». J’écris fielleusement, car cette expression prépare le lecteur à ce qui suit : le compagnonnage avec l’ignominie vichyssoise. Du « retour à la terre » à « la terre ne ment pas, elle », mots écrits par Emmanuel Berl pour Pétain, il n’y a qu’un pas. Malet sait parfaitement, nouveau clin d’œil, que l’affaire est ainsi lancée : Rabhi ne peut être au mieux, qu’un archiréactionnaire. Or tout au contraire, avec la prescience du poète qu’il est, Pierre Rabhi avait senti qu’une vie d’usine et de soumission à l’ordre industriel ne serait pas une vie. Ce n’était certes pas un révolutionnaire, mais un révolté contre l’ordre social de ce temps, oui, cent fois oui.

 

4ème manip, l’usage orienté du mot modernité, qui semble être chez Malet un concept positif. Ce qui est fâcheux, c’est qu’il n’est nullement explicité. Or pour moi, la modernité, c’est précisément cette formation sociale qui pose aux humains – et aux autres – des problèmes sinon insolubles du moins terrifiants. En ce cas, Pierre Rabhi a eu mille milliards de fois raison de s’écarter du chemin. Un chemin d’ailleurs d’une grande complexité, dont Malet, l’ignorant en presque totalité, ne dit à peu près rien. Dans sa langue appauvrie, Pierre Rabhi aurait agi « en réaction », expression très proche, euphoniquement, de « en réactionnaire ». Mais plus simplement, plus vraiment, Rabhi a préféré tracer sa voie, sans payer tribut à Fidel Castro et à Vladimir Oulianov.

 

5ème manip, Finalement, cela se confirme : chez Malet, le mot modernité est positif. Le mouvement ouvrier aurait été structuré par la « modernité politique et le rationalisme ». Cette fois, c’est clair : opposé au rationalisme, Pierre Rabhi n’est donc qu’un obscurantiste parmi tant d’autres. Je rappelle pour ceux qui savent trois mots d’histoire que le mouvement ouvrier aura été constamment traversé de tendances, d’idées, de contradictions. Dites-moi : quoi de commun entre Proudhon et Staline ? Entre l’armée paysanne de Makhno et l’armée rouge de Trotski écrasant les révoltés de Kronstadt ? Entre les communautés rouges et noires de Catalogne et les assassins du NKVD ? Le mouvement ouvrier de Malet n’existe que dans son imagination. Plutôt, il n’est que ce rameau pourri qui relie la Première Internationale à Lénine,  Lénine à Staline, puis au sinistre reste.

Le « rationalisme » de ce « mouvement ouvrier » -là a conduit aux chars sur des foules désarmées, aux camps, à la terreur de masse. Laissons-le sans gêne entre les mains du Diplo.

 

6ème manip, l’affaire Pierre Richard. Prenez le temps de lire ce passage chez Malet avant de considérer mon commentaire. Mais d’abord un mot sur la citation que Malet porte au débit de Pierre Rabhi. Dans une lettre de 1960 – à 22 ans –, Rabhi s’adresse à un médecin d’Ardèche, Pierre Richard, dont il vient d’apprendre qu’il œuvrait à la création du parc national des Cévennes. Et il écrit : « Nous [Pierre et son épouse] sommes sensibles à toutes ces questions et voudrions prendre une part active en retournant à cette nature que vous défendez ». Question à Malet et à tous autres : qui diable défendait à cette date la nature déjà martyrisée ? Qui en parlait seulement ? Rabhi se montre en la circonstance un magnifique pionnier. Les « révolutionnaires » à la mode du Diplo, une fois au pouvoir, ne faisaient que détruire un à un les équilibres naturels, ainsi qu’on a vu partout où leur glorieux parti s’est emparé du pouvoir.

Mais pour l’enquêteur Malet, c’est une tout autre histoire. Car lui, il sait. Il sait ce que Rabhi ignorait et dont au reste il se serait moqué éperdument : Pierre Richard a été en 1940 « instructeur d’un chantier de jeunesse ». Vichy, l’insupportable régime pétainiste avait en effet créé des chantiers pour encadrer la jeunesse de France. Avoir été instructeur en 1940, est-ce grave ? En tout cas, ce n’est pas glorieux. J’en suis d’accord.

Mais. Mais Malet ne prend pas soin de dire ce que Richard a fait, ni combien de temps il a passé dans la structure. Une semaine, un an, quatre ans ? On ne saura pas, car il s’agit, par glissements de sens qui sont au b.a.-ba des entourloupeurs, de signifier au lecteur dûment préparé que Richard n’était qu’un fasciste et que Rabhi lui écrivant vingt ans plus tard se révélait un homme pour le moins trouble. C’est une forme éloignée mais réelle du syllogisme. Richard est un fasciste, Rabhi écrit à Richard, ergo Rabhi copine avec l’infâme.

Seulement, la France de 1940, M. Malet, comptait les pétainistes par millions, et le parti communiste cher au cœur du Diplo – l’Allemagne hitlérienne et l’URSS stalinienne étaient liées par pacte – négociait avec l’occupant nazi la reparution légale du journal L’Humanité dans Paris sous la botte. Si vous voulez accuser Richard de quelque chose, faites-le, mais abattez vos cartes. Je crains que vous n’en ayez pas.

Enfin, cette éclairante anecdote. Le fondateur du journal Le Monde, mais aussi, en 1954, du Monde Diplomatique, Hubert Beuve-Méry, a lui servi jusqu’en 1941 dans l’école d’Uriage, qui préparait les cadres du régime de Vichy. Et le même n’a pas hésité à écrire ces mots que – peut-être – Richard n’aura jamais pensés : « Il faut à la révolution un chef, des cadres, des troupes, une foi, ou un mythe. La Révolution nationale a son chef et, grâce à lui, les grandes lignes de sa doctrine. Mais elle cherche ses cadres ». Avec la méthode à Mimile, je pourrais dire approximativement : le Diplo a été fondé par un collabo, or Malet écrit dans ce journal, ergo ça en dit long sur lui.

Et comme si cela ne suffisait pas, on apprend – encore un clin d’œil supposé éclairer le lecteur – que Richard parle d’âme, de santé des paysans – le Diplo a attendu combien de décennies pour seulement évoquer la situation ? – et qu’il combat l’urbanisation, l’Etat centralisateur, les boîtes de conserve et le départ forcé des paysans. Eh, mais c’est le début d’un programme écologiste, et je le partage, mais oui !

 

7ème manip : Gustave Thibon. Je n’en discute pas : ce philosophe mort en 2001 a eu des idées que je récuse en totalité. Il était monarchiste, sans doute maurassien, et il a été utilisé par Vichy et ses épigones. Il n’empêche que Malet, une nouvelle fois, picore ce qui sert son propos d’origine, en oubliant des points essentiels. Par des procédés casuistiques rebattus, Malet présente Thibon comme un soutien déclaré de Vichy, ce qui ne s’est pourtant pas manifesté pendant la guerre. A-t-il reçu, comme d’autres, la Francisque ? A-t-il écrit des mots d’épouvante dans la presse collabo ? Non, non et non. Il est l’un des fondateurs, en 1941, de la revue Economie et humanisme, avec des prêtres – oui, il était catho – et l’économiste bien connu François Perroux. On est toute de même loin de la Milice, non ?

Mais il y a bien mieux. En 1941 toujours, il rencontre Simone Weil, la grande, l’admirable Simone de la guerre d’Espagne et des grèves de juin 36. Elle est, dira-t-il, la grande rencontre de sa vie. Simone lui confie précieusement ses carnets quand elle part vers les Etats-Unis et Thibon en tirera en 1947 un livre posthume de la grande philosophe, La pesanteur et la grâce. Alors, fasciste, Thibon ?

Il le faut bien, puisqu’il faut mettre Rabhi à terre. A l’époque où Rabhi fréquente Thibon, il est un fervent catholique, comme ce dernier. A-t-il épousé des idées d’extrême-droite pour autant ? Je ne le sais pas, je ne le crois pas, mais surtout Malet, qui se contente de l’insinuation, tellement commode, ne l’établit aucunement. Et c’est grave.

 

8ème manip : Malet, qui n’est pas né de la dernière pluie, cite à Rabhi les travaux d’André Gorz dans les années 70. J’ai toujours eu et je conserve un vif intérêt pour la pensée de Gorz, avec des réserves qui n’ont cessé de croître. Je suis presque certain que Pierre Rabhi n’a lu aucun des livres de Gorz, et il aurait été plus sain de le lui demander, ce que Malet n’a visiblement pas fait. Pour la raison simple qu’il tenait là une occasion en or – encore un clin d’œil au lecteur de gauche, décidément ! – de montrer le gouffre qu’il faut creuser autour de Rabhi. Car Gorz est infiniment présentable et si Rabhi l’envoie promener, répétant une fois encore son hostilité à la modernité – le nucléaire, le dérèglement climatique, la destruction des sols fertiles, ce n’est pas un peu et beaucoup la modernité ? – c’est parce qu’il ne fait vraiment pas partie de la famille.

Mais quelle famille ? En janvier 1968, Gorz a près de 45 ans et participe à un congrès culturel international à La Havane (Cuba). Le mojito, les cigares et les tapes dans le dos de Castro tombent comme à Gravelotte. Gorz y va d’un discours délirant d’enthousiasme pour le régime – qui emprisonne homos, marginaux et poètes, sans compter les opposants -, la voix cassée par l’émotion. Six mois plus tard, Castro applaudit des deux mains l’entrée dans Prague des trouves soviétiques. Gorz est donc un modèle de vertu et de clairvoyance ?

 

9ème manip : la question de la famille homosexuelle. Malet, on commence à être habitué, sème le doute et la confusion à partir d’une courte citation, décontextualisée bien sûr. Elle vise à fortement suggérer que Rabhi serait homophobe. Et l’on sait qu’à partir de là – fort justement selon moi -, le poil se hérisse. Car l’homophobie est bien sûr un racisme, et à ce titre une horreur. Mais relisons : Rabhi « considère comme dangereuse pour l’avenir de l’humanité la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition, cette relation est inféconde ». Attaque-t-il si peu que ce soit les homos ? Non, il interroge au plan anthropologique une vision, et j’estime qu’il en a le droit. Certes, il exprime un préjugé, une inquiétude qui me paraissent discutables, mais il exerce un droit. Et Malet en fait une accusation. Contre Rabhi.

Idem pour la décisive question des relations entre les hommes et les femmes. Rabhi exprime une vision qui montre qu’il n’a pas été percuté – moi, je l’ai été dès 1971, et j’en suis heureux – par le mouvement féministe. Il n’a pas compris, dommage, mais ces mots, sauf à verser comme Malet dans un grossier idéologisme, n’ont rien de déshonorant. Si ?

Notons, au bas de l’avant-dernière colonne de la page 22 ce venimeux : « En plus de ses fréquentations vichysso-ardéchoises… ». On voit la perversité du propos, car Rabhi, vingt ans après la guerre, ne rencontre pas un vichyssois dans la personne de Thibon – voir supra -, mais un « grand prix de littérature » décerné en 1964 par l’Académie française. Et un ami du grand Lanza del Vasto. Quel rapport avec Vichy ?

 

10ème manip : le Burkina Faso et Maurice Freund. Il faut bien parler d’une humiliante – mais pour qui ? – mise en scène. Aussi bien, Malet aurait pu parler d’une aventure humaine exaltante où un enfant d’une oasis algérienne se tourne vers ses frères du Sud pour leur transmettre un précieux savoir. N’oublions pas que Pierre et Michèle Rabhi ont élevé cinq enfants sur une (très) maigre terre d’Ardèche, au moment où poussaient les banlieues et mouraient les paysans. N’importe qui peut comprendre que cette réussite économique, sociale, écologique et spirituelle a un sens. Mais Malet n’en parle pas.

Au contraire, il tente de ridiculiser, en extrayant des paroles prononcées par Freund, le compost si cher au cœur de Rabhi. On n’y trouve que plumes d’oiseau, tiges de mil, excréments de chameaux. Il n’y manque plus que la poudre de Perlimpinpin. Et tout cela, car martelons, martelons, il en restera bien quelque chose, parce que Rabhi veut une « revanche » sur la modernité. Sur quelle base repose ce jugement supposément de valeur ? Sur rien du tout. Rabhi, selon Malet, ne noue pas de fructueux échanges avec les paysans burkinabés, il les « initie au calendrier lunaire de la biodynamie ». Quel épouvantable personnage !

Dans une manœuvre désormais connue – souvenons-nous de Gorz -, Malet oppose le vieux Dumont, icône indiscutable, et Rabhi. Dumont, apparemment, détestait Rabhi et le traitait de charlatan, ce qui était bien son droit. J’ai connu et aimé Dumont, mais avec le regard de Malet, on l’aurait aisément classé dans la catégorie des hideux pétainistes. Car, voyez-vous, Dumont a directement servi Vichy et sa propagande en écrivant en 1942 et 1943, quand tant de juifs étaient raflés dans les rues de nos villes, des articles dans un journal antisémite, « La Terre Française ». On trouve sous la plume de Dumont le 30 mai 1942, tandis que le sort du monde se joue devant Stalingrad, ces mots désolants : « Les agriculteurs allemands nous observent, soyons fiers de notre renommée ; sachons leur montrer une agriculture progressiste, au courant des plus récentes techniques. »

Cette mauvaise action rend-elle Dumont infréquentable ? Ma réponse est évidemment non, mais il faut encore ajouter que Dumont aura été, bien au-delà de ses soixante ans, un productiviste patenté, un défenseur acharné des pesticides et des méthodes industrielles dans l’agriculture. Derechef, cela ne le rend pas criminel – quoique -, mais lorsqu’il s’en prend à Rabhi, il vaut mieux savoir cela. Ne sent-on pas à distance, dans les mots de Dumont choisis par Malet comme la pénible morgue du sachant – lui – en direction de l’autodidacte, Rabhi ?

 

11ème manip, à propos de Thomas Sankara, ce qui est un comble dans un journal comme Le Diplo. Malet ne dit rien du travail concret, acharné de Rabhi au Burkina. Car c’est bien joli de parler depuis un bureau climatisé, et ça l’est moins les pieds dans la terre recuite, à courber l’échine avec des paysans pauvres dont tout le monde se fout. Dont Malet ? Dont Malet, car sinon, il aurait au moins tenté de dresser un quelconque bilan des admirables opérations – limitées, mais admirables – lancées par Rabhi et quelques amis dans certains des pays les plus pauvres du monde.

Quant à Sankara, voici. Malet ne raconte rien des relations d’amitié nouées entre Rabhi et Sankara via Freund. Le président africain assassiné – peut-être par des forces spéciales pas si éloignées de nous – a envisagé un moment de nommer Pierre Rabhi ministre ! Or, dans la mythologie chère au Diplo, Sankara était non seulement un homme de fer, mais un révolutionnaire. Et figurez-vous que je suis d’accord ! Sankara était un homme d’exception qui manque et manquera à l’Afrique. Malet, d’ellipses en mots sournois, laisse entendre que Freund et Rabhi, tels deux voleurs, se sont enfuis du Burkina. En effet, « ils quittent précipitamment » le pays. Sauf que quitter le Burkina après le putsch de Compaoré, si favorable aux intérêts occidentaux, devrait en bonne logique apparaître au crédit de Rabhi. Et ce n’est pas le cas.

 

12ème manip. Sur la pauvreté. Malet a tant besoin de prouver qu’il s’emmêle péniblement les pieds dans sa démonstration. Il veut à toute force montrer que Rabhi récuse la protection sociale, qui serait un « luxe répréhensible ». Il le veut, mais ne le peut. Car voici ce que lui déclare Rabhi : « Beaucoup de gens bénéficient du secourisme social. Mais pour pouvoir secourir de plus en plus de gens, il faut produire des richesses. Va-t-on pouvoir l’assumer longtemps ? ». Quoi de plus évident, quoi de plus anodin ? Je défie quiconque d’y voir une mise en cause de la protection sociale. Mais Malet ne s’y trompe pas, qui estime contre l’évidence qu’un tel point de vue pourrait bien expliquer « l’indulgence envers les entreprises multinationales ».

Quant à l’opposition classique – Malet aurait pu lire Majid Rahnema, ami d’Ivan Illich, auteur de « Quand la misère chasse la pauvreté » – entre l’infernale misère et une pauvreté assumée collectivement, on voit bien qu’elle est totalement inconnue du journaliste.

C’est très fâcheux, car qui s’intéresse vraiment à la crise écologique planétaire sait forcément que pour des raisons physiques, bien avant d’être morales ou politiques, la pauvreté ou, pour reprendre l’expression de Rabhi, la « sobriété heureuse », est l’horizon indépassable de l’humanité. Si toutefois, comme moi, on veut éviter le recours à la barbarie.

 

13ème manip. Les Amanins. Ce domaine drômois est le résultat d’une rencontre fulgurante entre Michel Valentin, un industriel – de la plasturgie, qui plus est ! – et Pierre Rabhi. Et Valentin a en effet consacré des millions d’euros à cette œuvre collective. N’est-il pas merveilleux de voir que même un capitaliste peut modifier l’axe de sa vie, et consacrer son argent à l’avenir des hommes ? Malet fait ses comptes d’apothicaire et constate que « seulement » 80 % de la consommation du centre, qui accueille des milliers des visiteurs chaque année, est assurée par la production locale. Pour n’importe qui d’autre, ce serait le signe d’un grand succès, mais pas pour lui, qui insiste sur le passage, en douze ans, de 2300 bénévoles. Combien de temps sont-ils restés ? Un jour, une heure, dix ans ? Qu’ont-ils fait ? Le formidable mouvement mondial des Wwoofers – explicitement : « vivre et travailler dans des fermes biologiques » – ne méritait-il pas mieux que cet étrange rappel de la loi, c’est-à-dire que ses membres ne sont pas soumis aux cotisations sociales ? Le sous-entendu est limpide : on a à faire à un patronat de combat, qui profite d’une faille pour piétiner le code du travail.

Le projet des Amanins est critiquable et améliorable, mais pour l’attaquer, Malet cherche des critiques et n’en trouve qu’une qui dit, tout en exonérant Rabhi, qu’elle a vu des gens claquer la porte en se plaignant d’être « exploités ». Malet peut-il citer un lieu de passage et de vie, donc de pouvoir, d’argent et de rivalités, où de telles déceptions sont inconnues ? Pour son info, je lui dirai connaître des contributeurs réguliers du Diplo qui assassinent autour d’un verre les mœurs parfois bien curieuses du grand mensuel. Je le dis, je le jure.

N’importe. Le but est évidemment de faire accroire qu’une bande d’assoiffés – de pouvoir et d’argent, pardi – font tourner une affaire commerciale à leur profit. Je serais néanmoins curieux de connaître dans le détail les liens entre les Colibris et le réseau ETW, et je serais preneur d’informations de qualité, même si elles sont désagréables, et elles peuvent l’être. Mais le propos filandreux de Malet sur ce sujet nous en éloigne : tout ce qui l’intéresse est de pouvoir accoler le mot gourou à celui de Rabhi. Le lecteur pressé du Diplo, et tous ou presque le sont, gardera à l’esprit que Rabhi, Steiner, les gourous indiens et l’exploitation de jeunes victimes sans défense, c’est tout un. Madre de Dios.

 

14ème manip, qui n’en est pas (tout à fait) une. Ouf, je sauve les meubles en signalant que j’ai appris des choses dans les derniers paragraphes. Et j’ajoute sans gêne que ces faits me dérangent. Je suis en effet pour la destruction des transnationales, dont je vois, dont je sais qu’elles aggravent chaque jour qui passe la crise écologique planétaire. Telle est leur nature profonde, comme le scorpion de la fable. Je trouve donc désolants les rencontres de Pierre Rabhi avec des gens de Carrefour et de McDo. Connaissant le zèbre, je suis bien certain qu’il ne voit pas bien, poussé par une galaxie Rabhi qui le dépasse, les conséquences de ces échanges. Cela dit, je ne lui cherche pas d’excuse, et comme tout le monde, il est responsable de ses actes.

Mais ne faut-il pas aller au-delà ? Les grands patrons qui viennent le voir me font penser à ceux qui croyaient guérir des écrouelles en obtenant le passage de mains royales sur leur cou. Mettez-vous à leur place ! Si la plupart sont de parfaits imbéciles, tout occupés à leur cupidité et à leurs éternelles luttes de pouvoir, certains ont fatalement une sensibilité singulière. Pourquoi ne pas appeler cela une âme ? Bien qu’incapables de changer leur être profond, le contact direct avec Rabhi doit sûrement calmer en eux cette douleur existentielle que chaque humain réellement humain ne peut que ressentir face au désastre en cours.

Puis, de vous à moi, deux noms : Badiou et Cordier. Le premier, Alain, est bien connu et souvent apprécié des lecteurs du Diplo. Il continue à soutenir l’aventure infernale de la Chine maoïste, exemple sans pareille d’une manipulation et d’une domination meurtrière sur un peuple entier. Lui, qui incarne le pire de la politique, aurait donc droit de cité, car il entre dans le cadre.

Le second, Daniel, a écrit le fulgurant Alias Caracalla, dans lequel il montre comment un jeune crétin monarchiste, antisémite peut devenir un héros du combat antifasciste. Et ce devrait donner quelque idée à Malet, car si l’on ne donne pas sa chance au patron de Danone – l’individu, pas le groupe industriel -, au nom de quelle logique folle laisse-t-on pérorer des anciens staliniens, si nombreux autour du Diplo, voire des représentants d’un parti communiste français qui, n’ayant pas qu’on sache changé de nom, assume donc en totalité l’histoire sordide du mouvement stalinien ?

Mieux, si l’on veut : la période comprise entre 1941 et 1947 n’a-t-elle pas vu éclore en France une union nationale – staliniens, sociaux-démocrates, gaullistes éventuellement chrétiens – pour cause de grande tragédie ? N’est-ce pas cette union nationale-là qui aura permis au passage l’écriture du magnifique programme du Conseil national de la résistance (CNR) ? Faut-il rappeler à Malet le cas Marcel Dassault ? Celui qui allait devenir le Dassault des avions militaires et des tueries lointaines mais certaines, a été conduit au camp de Buchenwald à l’été de 1944, et a été sauvé de la mort par l’appareil communiste stalinien qui tenait l’administration du camp. Et singulièrement par Marcel Paul, qui deviendrait ministre du général de Gaulle en 1945. Au nom précisément de l’union nationale avec les capitalistes n’ayant pas défendu Vichy et l’envahisseur. Dites-moi donc, M. Malet, tenez-vous la crise écologique globale, qui menace de dislocation les sociétés humaines, pour moins importante que le terrible conflit de 1939-1945 ? Et ne faut-il pas chercher des alliés et des amis aussi loin qu’il sera nécessaire ?

En vérité, cela ne tient pas debout. Les capitalistes reçus par Rabhi ont-ils reçu quelque chose ? Peuvent-ils arborer un certificat de bonne conduite signé par lui ? Lui ont-ils payé une villa aux Canaries ou à Majorque, lui ont-ils ouvert un compte aux îles Caïman ? Aux dernières nouvelles, non. Ces capitalistes-là sont venus expier, par une pénitence nouvelle manière, quelques-uns de leurs méfaits. Qu’ils croient.

Ce qui est drôle, dans une certaine mesure, c’est que les bolcheviques chers au cœur du Diplo – et de Malet ? je ne sais – n’ont jamais hésité, eux, à traiter avec des capitalistes russes. L’un de leurs congrès, à Londres me semble-t-il – un lecteur voudra-t-il m’éclairer ? -, qui s’est tenu bien avant la Première Guerre mondiale, a bel et bien été financé par un industriel ! Et à ce compte-là, qu’aurait pensé de Marx et Engels un Malet du 19ème siècle ? Autant vous le dire, Engels était riche, car son père possédait une transnationale du textile, avec des intérêts en Allemagne et jusqu’à Manchester, en Angleterre.

Faut-il vous faire un dessin ? Le textile en 1850, le travail des gosses, l’air infect des ateliers, les journées de 10 ou 12 ou 14 heures. Engels a vécu de cela et, mieux, est allé travailler pour son père dans une de ses filatures anglaises, pour aider matériellement Marx. Sans surexploitation des ouvrières anglaises et allemandes, pas d’Engels. Et sans l’argent d’Engels, pas de Marx au sens où on l’entend aujourd’hui. Marx n’a jamais voulu s’abaisser à chercher un emploi et il aura vécu des dizaines d’années en étant un homme entretenu. C’est un fait, tout comme Le Capital doit beaucoup aux poumons crevés des prolétaires de papa Engels.

 

La France est sans doute l’un des pays les plus marqués par la si sombre histoire du stalinisme. Hors les pays staliniens ou néostaliniens, bien entendu. Pendant des dizaines d’années, le mensonge a régné dans des parties importantes de notre société. Qu’on songe aux procès de Moscou, à la famine en Ukraine, au Goulag, aux médecins juifs de Staline, à la « science prolétarienne » de Lyssenko, aux émeutes d’Allemagne de l’Est, aux révoltes polonaise, hongroise, tchécoslovaque, aux aveux extorqués à Padilla ou aux Ochoa, au petit Livre rouge, aux Khmers rouges, à l’Angola du MPLA, au Mozambique du Frelimo, à la Guinée Bissau, au Portugal de l’été 1975, au sort de Barbé et Célor, de Boris Souvarine, d’Auguste Lecoeur, de Charles Tillon, de Laurent Casanova, de Marcel Servin, de tant d’innombrables autres.

La sphère des intellectuels – dans laquelle le Diplo joue un rôle certain – n’a pas échappé à la fabrication industrielle du faux. En réalité, sans la participation massive de journalistes et publicistes, d’instituteurs et professeurs, de médecins, d’écrivains, le stalinisme à la française n’aurait pu prospérer.

Il en reste de pesantes traces, ce qui n’a rien d’étonnant. Car ce passé maudit n’a nullement été purgé. Il est possible, admis, et même encensé qu’un partisan de l’empire totalitaire chinois – Badiou – s’exprime au grand jour. Tous ceux qui ont défendu les divers totalitarismes, de l’Union soviétique à Cuba, gardent leur belle santé et n’estiment, au-delà de larmes de crocodiles, n’avoir aucun compte à rendre à la vérité et à la justice.

Je dis, j’affirme qu’il existe en France un stalinisme culturel diffus, qui continue d’impressionner son monde. Du haut d’un Olympe certes rétréci, du haut d’idées qui ont surtout fait la preuve de leur toxicité, des « révolutionnaires » autoproclamés continuent de distinguer pour leurs dupes le bien et le mal. Le Diplo est leur maître à tous, qui a promu depuis sa création en 1954 toutes les causes dites « progressistes ». Ce qui va fort loin, car sans entrer dans le détail, ce journal aura défendu à sa manière et l’Union soviétique et la Chine maoïste. Et ne parlons pas de tous les autres, jusqu’au Nicaragua sandiniste du despote Ortega.

Au total, les régimes défendus au fil des décennies par Le Diplo ont fait des millions de victimes, mais cela ne compte pas. Le « progressisme », cette invention si commode, qui pense que le destin des hommes est linéaire, des ténèbres à la lumière, domine encore et toujours leur misère intellectuelle. Or la vie des humains est d’une complexité qui repousse toujours plus loin la compréhension qu’on en a. Et les idées nouvelles passent au travers des interstices où l’air pur lui-même ne parvient que rarement.

Il reste et il demeurera pour moi que Jean-Baptiste Malet et Le Monde Diplomatique ont commis ensemble une mauvaise action contre un homme qui ne méritait pas cela. Pierre Rabhi a ses limites, ses contradictions et ses défauts, ce qui n’étonnera personne. Mais tel qu’il est, il appartient à la très vaillante race des prophètes. Qui montrent par l’exemple de leur vie qu’il est possible de bâtir autre chose. Et selon moi, ce quelque chose que nous apporte à tous Rabhi, et même à Malet à son corps défendant, c’est l’espoir. L’espoir d’un monde où la solidarité, la coopération, l’amour de la nature et des bêtes, la pauvreté digne auront triomphé de la domination de quelques-uns sur tous.

 

118 réflexions au sujet de « En défense de mon ami Pierre Rabhi (une suite nécessaire) »

  1. Cher Fabrice, quelle formidable reponse… Malet et le diplo n’en meritaient pas tant, les pauvres… Leur meconnaissance du contexte (y compris du leur) les fait maintenant passer pour les amateurs qu’ils sont, et ils recoltent probablement plus que ce qu’ils avaient cherche…

    Mais merci pour nous! La maniere dont tu articules les idees dans cette defense de Pierre Rabhi, restera une bonne reference pour moi.

    Et Rabhi et toi, vous avez de la chance d’etre mutuellement amis! Et nous on a de la chance de pouvoir te lire. Merci.

  2. Bonjour Fabrice,

    D’abord, merci pour cet article. Le paragraphe sur Hubert Beuve-Méry et « la méthode à Mimile » m’a arraché un éclat de rire ! (D’ailleurs, je ne connaissais pas ce livre parodique, merci pour la découverte) Si monsieur Malet décide de te répondre autrement qu’en quelques borborygmes twittériens, je lui souhaite bien du courage. Tes connaissances et ta logique sont implacables.

    Ensuite, j’ai une question. Tu as écrit : « Pour son info, je lui dirai connaître des contributeurs réguliers du Diplo qui assassinent autour d’un verre les mœurs parfois bien curieuses du grand mensuel. Je le dis, je le jure. » Peux-tu nous fournir plus de précisions sur ces « mœurs bien curieuses » ? Je pose la question car, malgré la présence d’articles comme celui de Jean-Baptiste Malet et son affinité avec le communisme que tu détestes, je dois avouer que j’achète le Diplo, ainsi que d’autres journaux, pratiquement tous les mois. Je trouve qu’il propose toujours d’excellents articles, comme celui sur les climatiseurs, paru il y a un an : https://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/BREVILLE/57768

    Bref, en tant que lecteur régulier, ta phrase m’a fait tiquer et j’aimerais, en toute bonne foi, en savoir plus.

    1. Cher François,

      Je n’ai pas de révélations à faire. Je ne sous-entends pas que le Diplo est un bagne. En revanche, au fil des ans, j’ai croisé la route de diverses personnes qui travaillaient ou avaient travaillé pour le mensuel. Et plusieurs, je dirais trois, m’ont confié leurs tracas et déceptions d’avoir à travailler pour un journal « de gauche » qui ne respecte pas nécessairement les préceptes assénés à longueur de colonne. Je pense à la manière dont on traite les gens extérieurs, au montant des piges, cruciales pour certains, etc. Moi qui suis un vieux routier du journalisme, je puis te dire que, selon un avis très répandu chez les soutiers du métier – les pigistes -, la presse « de gauche » est souvent bien plus pénible à vivre que la presse commerciale. Je le répète : que je sache, Le Diplo n’est pas un bagne. Mais il est très loin de ce que devrait être un journal prêchant ce qu’il écrit chaque mois.

      Amitiés,

      Fabrice Nicolino

  3. Bonjour Fabrice, (Pour votre info entre deux courriers, pas besoin de publier)

    Le collectif AVA (Abolition vénerie Aujourdhui) a au fil de l’année écoulée ridiculisé les adeptes de la chasse à courre en recourant a des méthodes d’action directe audacieuses et non violentes (un peu comme Sea Shepherd) . Utilisant également les réseaux sociaux avec humour ( http://ava-picardie.org/ ) , ce mouvement citoyen informel, véritable machine de guerre venue d’on ne sait où, prend une belle ampleur qui commence à déranger. Bref que du bon, d’autant que quand on y songe bien tout cela n’est pas un combat aussi futile qu’imaginé. Ca remue pas mal de sujets nauséabonds. Ces gens ont un courage qui fait plaisir à voir, car des risques (y compris physiques) il y a dans ce milieu.

    En pleine vacances, l’ONF se met au service des veneurs et assigne arbitrairement trois personnes au Tribunal de Grande Instance, leur réclamant 55.000€ !

    La population doit faire bloc autour d’eux ! Une cagnotte pour participer aux frais de justice et d’avocats a été mise en place.

    https://www.leetchi.com/c/frais-de-justice-ava

    M.

  4. Votre réponse est magnifique Fabrice, et tellement juste. Parviendra-t-elle aux oreilles de Mallet et du Monde Diplomatique ? Ce serait souhaitable !

    Cette entreprise de lynchage systématique de la personne de P. Rabhi, de sa pratique et de ses idées est totalement détestable, Mallet n’est apparemment pas le premier, Médiapart s’est déjà livré à l’exercice en octobre 2016. Je ne sais pas si vous avez eu vent de cet article publié sous la signature de Jade Lindgaard. Je vais vous l’envoyer en PDF pour info.

    Si Pierre Fournier, ce grand précurseur de l’écologie, était encore vivant aujourd’hui, il tomberait lui aussi, sans aucun doute, sous les fourches caudines de ce Malet et du fan-club des adorateurs de Mao et de tous les dictateurs tiers-mondistes dont Le Monde Diplomatique a toujours assuré la promotion, passée, présente et future.

    Fournier a toujours tiré à boulets rouges sur les marottes scientistes et progressistes de l’imaginaire de gauche. Il ne croyait pas que la prise du pouvoir puisse changer quoique ce soit et pensait qu’aucun compromis n’était possible avec les gauches. La suite des èvènements lui a bien donné raison. Dans la logique de Pierre Rabhi, il croyait au changement que chacun se devait de s’imposer.

  5. Merci de mentionner Pierre Fournier! Fournier qui écrivait, en 1972 dans le premier éditorial de La Gueule Ouverte, à ses lecteurs « gauchistes » donc: « Prenant mon courage à deux mains, je décidais de parler d’écologie à des gauchistes ». Il évoque l’article de 1969 dans Charlie Hebdo ou il parle d’écologie pour la première fois. Cette phrase, écrite quelques mois avant sa mort, dans le seul article ou il se cite lui-même, montre que pour lui, cette rencontre historique de la gauche et de l’écologie n’était pas un accident de l’histoire mais un EVENEMENT MAJEUR, une révolution, à laquelle il a consacré la majeure partie de sa vie, bien trop courte. Fournier qui ne cachait pas avoir milité dans sa jeunesse à l’extrême-droite. Tout comme Reiser. Fournier et Reiser, les deux seuls dessinateurs de Charlie-Hebdo, à ma connaissance, qui ont publié plusieurs fois des dessins non seulement pro-arabes, mais pro-palestiniens même! Cherchez bien, je crois bien que ce sont les seuls. Fournier qui n’hésitait pas a dessiner, dans le numéro suivant, ses patrons Choron et Cavanna lui demandant d’arrêter de ne dessiner que des arabes, et plus fort encore, Cavanna laissant passer, ne censurant pas cette critique ouverte de la ligne éditoriale par un de ses employés! Reiser enfin, qui a publiquement défié l’ordre de Cavanna, après la mort de Fournier, de ne plus collaborer à La Gueule Ouverte, et qui a collaboré fidèlement à ce journal jusqu’à la fin, y compris dans les moments les plus difficiles, et Cavanna lui gardant son respect et son amitié! Voilà un aperçu de la vraie vie des gens qui font des choses, qui élargissent notre vision du monde, qui nous ouvrent des portes, et le Diplo, incapable d’échapper à son carcan intellectuel qui ne reconnait que des accointances idéologiques, est impuissant à comprendre ce qui se passe-là. Et peut-être ça explique leur agressivité: Ce qu’on ne peut pas comprendre, il faut soit en nier l’existence, soit le détruire. Ce qui est une vieille tradition occidentale, depuis le moment ou l’église s’est allié avec le pouvoir politique, et a exterminé les philosophes et les manichéens (lire l’histoire d’Hypatia, la dernière rédactrice connue du « UCLI – DES », ou « clé de la géométrie » en arabe*), jusqu’à la colonisation en passant par l’inquisition, et cette conformité idéologique au service de la politique est en train de se reconstruire un véhicule moins usé, avec cette alliance des néo-cons et d’une certaine gauche « libérale ». Alain-Claude Galtié a documenté ce grand refroidissement, cette stérilisation de l’écologie dite « politique » des années fin-1970-1980. La phrase de Fournier citée plus haut, la seule où il se cite lui-même, montre qu’il savait que l’idéologie n’est qu’un véhicule, un langage au service de forces plus profondes, et il mesurait le risque qu’il avait pris, des 1969, de « parler d’écologie à des gauchistes ». Le Monde Diplomatique, par la plume -habile au demeurant- de Malet, soit ne le sait pas, soit fait semblant de ne pas le savoir, et nous prend pour des idiots.

    C.K. Raju, Euclid and Jesus, p.128

  6. Merci, merci, merci

    J’ai tout lu et ça prend un certain temps.

    Je suis tellement contente pour cette belle défense.

    Pierre Rabhi est en effet un exemple de vie réussie.

    J’avais bien senti, dans cet article du Monde diplomatique, toutes les insinuations et les partis pris d’emblée contre un homme de cette qualité.

    Merci d’avoir mis en lumière toutes ces chausse-trapes…

    J’espère que cela mettra du baume au cœur de Pierre Rabhi…

  7. Merci pour cet article magistral. Il faudrait qu’il puisse être lu par ceux chez qui l’article de Mallet a instillé le doute sur Pierre Rabhi. Quand on se sent « de gauche » ça fait du bien aussi de prendre du recul et de regarder la réalité et les faits. Ne pas oublier. Ouvrir les yeux. Même quand c’est dérangeant. Planète sans Visa le fait.
    Porte toi bien.

  8. 🙂

    Brave ô, bel ami!

    De celui que l’on réveille dans la nuit, en disant: j’ai tué quelqu’un. Et qui vous répond: bouge pas, j’ramène la pelle.

    Dis donc! Tu voudrais pas me donner ton numéro de téléphone, dès fois qu’un jour, mon arbalète devienne trop leste?

    Bien a vous toustes,

  9. Bonjour Fabrice,

    Je voudrais vous écrire en vous faisant passer un document PDF mais je ne sais comment faire puisque je ne trouve ni page contact, ni adresse mail vous concernant. Comment puis-je faire ? Merci d’avance.

    au sujet de mon adresse mail, le domaine n’est qu’un domaine personnel sur lequel je stocke ma messagerie et quelques bricoles.

    Bien cordialement
    Michel

  10. Le fil « twitter » de Malet, avec ses commentaires, resume l’essentiel de l’affaire finalement. Il y a bel et bien un public « beauf » non pas de droite comme « le beauf » de Cabu, mais bel et bien de gauche. Un « beauf » c’est quoi? C’est un con satisfait, un « con volontaire » comme disait Cavanna. Finalement, ce que Pierre Fournier et ses compagnons ont fait en « parlant d’ecologie a des gauchistes », c’est sauver la gauche, sauver ce qui peut l’etre de la culture de gauche. Une magnifique operation de sauvetage de la culture de generosite et de partage, de bienveillance, de confiance en l’humanite, qui fait reellement partie de l’impulsion gauchiste, en l’aidant a se demettre de l’hypocrisie et du puritanisme honteux, du puritanisme de gauche, pire encore que celui de droite car refusant d’admettre sa propre existence. Mais on ne sauve que qui le veut bien. La bouee de sauvetage, il faut au moins essayer de l’attraper!!!

  11. Je crois bien que c’est peine perdue, sur twitter la plupart des gens de gauche que je suis, reprennent ces accusations telles que. Pierre Rabhi sera durablement sali. 🙁

  12. Il court, il court, le Malet…il furete contre le Rahbi

    Que pense t’il de la viticulture bio dynamique https://fr.wikipedia.org/wiki/Viticulture_biodynamique

    J’aimerai bien lire quelqu’un qui conteste violemment ce type de viticulture, qui s’étend de plus en plus et qui ne s’appuie pas sur ce que j’ai appris en sciences du vivant à l’Université et ce que je découvre encore actuellement:
     » JAMAIS SEUL, Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations. de Marc-André SELOSSE , avec une postface de Francis HALLE ,Editions Acte Sud 2017.

    Et je trouve aussi que les idées que répand Pierre Rahbi sont utiles, même si ce ne sont pas tout à fait les miennes. Les débats actuels entre intellectuels m’assomment souvent. Mais à mon âge, né en 1936, je ne peux pas oublier l’histoire récente 19° et 20° siècle.

    1. Selosse est à la pointe des connaissances actuelles en biologie. La biodynamie est une pensée magique. Du coup je ne vois pas bien le rapport entre les deux.

      1. Cher Bruno Ambroise,

        Merci de venir ici. Je ne connais pas Selosse et vous fais toute confiance. En ce qui concerne la pensée magique, je ferais volontiers la distinction entre la pensée magique qui marche – beaucoup de sociétés stables se sont appuyées sur elle – et celle qui plonge tout le monde dans une impasse. J’imagine que vous opposez pensée magique et pensée rationnelle, mais en ce cas, que faut-il considérer d’une pensée qui a surtout mené les humains tout contre un mur de limites physiques infranchissables ? Bien à vous,

        Fabrice Nicolino

    1. Pourquoi cette question ? Où se trouve l’opposition entre deux livres écrits à deux époques différentes ?

      Pierre Rahbi a découvert la biodynamie dans un ouvrage du Dr E Pfeiffer, FECONDITE DE LA TERRE Méthode pour conserver ou rétablir la fertilité du sol. Le principe bio-dynamique dans la nature (l’exemplaire que je possède 2° édition de 1941, Editions de la Science spirituelle.Paris).

      L’ouvrage de MAS (comme l’appelle Francis Hallé !) a été publié en 2017.

      On pourrait essayer des comparaisons sur un sujet d’études commun, les nodosités bien visibles sur les racines des Légumineuses (comme le Haricot expériences p.164 chez Pfeiffer), étudiées plus largement chez Selosse dans le chapitre III, qui de plus nous emmène d’un agronome romain du 1er siècle vers la découverte par des agronomes allemands vers 1886 des bactéries fixatrices d’azote; Selosse nous en détaille le fonctionnement « ce que elle, la symbiose sait faire chez les Légumineuses ».

      On est à un siècle de la mort de Steiner (1925) , et moi qui ait la chance de vivre encore et contemporain de Francis Hallé, je découvre les avancées scientifiques sur un sujet apparemment aussi mince .

      Alors honnêtement, Steiner, la biodynamie, je les range parmi les antiquités, ce que ne font pas encore de grands viticulteurs .

      Mais je garde précieusement Pierre Rahbi que j’aime bien écouter dans un livre audio de serge Orru, Le fertile, rangé à côté de la Fécondité de la Terre.

      J’aime bien le voir et l’écouter aussi sur Reporterre
      https://reporterre.net/Pierre-Rabhi-Il-faut-que-l-humanite-prenne-conscience-de-son-inconscience

      Et aussi en plus, je fréquente ce site souvent, pour m’informer :
      http://www.pseudo-sciences.org

      Alors Malin Malet, après cette enquête, je pourrai inscrire sur votre texte du Diplo , ce que j’ai parfois inscrit sur des bulletins d’élève  » Doit faire ses preuves « .!!

      1. En gros, nous sommes d’accord… Je suis architecte et incompétent en biodynamie, donc je n’irais pas plus loin.

        Mais la plupart des gens (et même, souvent, dans les professions dites « scientifiques ») parlent encore couramment « d’idées » scientifiques, encouragés parfois par une lecture superficielle de Thomas Kuhn ou Bruno Latour, alors que seule la méthode peut être « scientifique ». Il est malheureusement banal de dire qu’une idée est « scientifique » pour dire « vraie » ou « fondée ». Alors qu’évidement, la méthode scientifique ne garantit aucunement la vérité, le bon sens le montre assez, mais seulement la « discutabilité »: En acceptant que la discussion porte non seulement sur les résultats mais aussi sur la méthode, elle accepte la discussion, le débat, ce que Popper appelait la « réfutabilité ». Et par conséquent même ce qui caractérise la méthode, ce qui appartient au domaine du débat, ne peut pas être défini une fois pour toutes, pas gravé dans le marbre, sinon on retombe dans le dogme et l’anti-science, donc ce qui caractérise la science c’est son humilité, son acceptation de sa propre améliorabilité, de son caractère provisoire. C’est sa vulnérabillité intrinsèque et revendiquée. Il ne peut pas y avoir de « principes » scientifiques, seulement un travail, un cheminement, scientifiques. Un effort vers plus de science.

        On voit assez bien d’ailleurs comment ce caractère « d’introspection », cette acceptation d’être redevable, ou responsable, non seulement sur ses résultats mais aussi sur sa méthode, rend la démarche scientifique accessible à l’adolescence.

    1. Et oui Stan !! Une fois rhabillés, il va falloir décider qui est le chef… !!!

      Comme dit le proverbe gitan : donne le pouvoir à celui qui ne le veut pas !!!

      Une sacrée sagesse à bien méditer !!!

      Bien à vous tous !

  13. Fabrice,

    Le texte de Malet ressemble, en version diplo, à ce qu’écrivait l’AFIS de l’ardèche il y a quelques années(1).
    Il a été relayé (2) dans la dernière gazette de l’académicien Guy Waksman peu après les 11 liens pointant sur le site de son ami André Heitz.
    Dans le même genre où l’on donne la parole à la science et à la raison , je te signale un article paru récemment sur Atlantico (3). Les auteurs sont Ferghane Azihari qui « collabore régulièrement avec divers médias et think tanks libéraux français et américains » et Laurent Pahpy qui  » travaille pour l’IREF et divers médias et est investi au sein du réseau SFL » (4).
    SFL?
    Sauvons Ferghane et Laurent?
    C’est peut être moins politique que tu ne le penses
    Bien à toi
    (1)http://afis-ardeche.blogspot.com/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html
    (2)http://www.informatique-agricole.org/download/afia-gazette/2018_-_gazette_afia/gaz_180816_33.htm
    (3)http://www.atlantico.fr/decryptage/pierre-rabhi-ou-ideologie-aveugle-tout-raisonnement-scientifique-environnement-ferghane-azihari-laurent-pophy-3464460.html
    (4)https://www.contrepoints.org/author/laurent-pahpy

    1. Tres interessants ces articles d’ingenieurs reconvertis dans la communication, qui croient que les gens ont tellement peu de memoire/de bon sens, qu’une plume habile suffit a faire passer des erreurs/mensonges grossiers!

      Exemple d’ignorance (ou mensonge?) qui m’a fait sursauter:

      « Rappelons qu’il n’y avait rien de plus naturel que la maladie de la pomme de terre qui a affamé plus d’un million d’Irlandais et qui a poussé un autre million à l’exil à partir des années 1845. Et il n’y a rien de plus synthétique que les produits phytopharmaceutiques qui sauvent les récoltes des organismes nuisibles et qui expliquent en partie pourquoi nous n’avons jamais été aussi bien nourris. »

      (Ferghane Azihari et Laurent Pophy sur atlantico.fr)

      « naturelle » la famine irlandaise?

      Amartya Sen a pourtant montre qu’aucune famine n’a eu lieu dans une societe democratique (c’est pourquoi les pires famines de l’Inde, qui sont les pires de l’histoire en chiffres cumules, ont commence avec la colonisation et ont pris fin avec elle)

      La famine irlandaise ferait-elle exception au principe d’Amartya Sen?

      Non, nous dit le NYT:

      https://www.nytimes.com/1995/02/24/opinion/l-irish-potato-famine-didn-t-just-happen-487995.html

      La famine en Irlande a pris fin lorsque les troupes britaniques (100 mille soldats, hein!) qui saisissaient la nourriture pour l’exportation sont rentrees chez elles, en 1849. En 1845, l’economiste de la couronne avait predit: « only one million Irish are likely to die; and that will not be enough to do much good. » Effectivement, 1 million sont morts. C’etait un bon economiste, et a l’epoque on avait le courage d’annoncer la couleur. Pas comme Azihari et Pophy, qui pretendent que le glyphosate sauve des vies, ou comme Onfray, qui bien que non musulman respecte l’etat islamique parcequ’il trouve qu’il represente les musulmans…

      C’est au fond la meme chose, ces imposteurs mercenaires qui pretendent representer les victimes, mentent si aisement parcequ’ils se croient a l’abri des crimes qu’ils defendent.

      1. Je découvre un peu : la famine en Irlande a fait l’objet d’une thèse récente
        http://www.lhistoire.fr/la-famine-en-irlande

        Entendu à la radio, dans la bouche de la présidente de la FNSEA : le glyphosate est rangé aussi dans la catégorie  » médicament pour les plantes ».

        Les événements qui touchent Pierre Rahbi me rappellent un peu ce qui s’était passé dans ma jeunesse avec Maurice Mességué , et l’Ordre des Médecins.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Mességué. En France, il faut de l’ordre, de l’ordre, de l’ordre….

  14. Merci pour cette excellente réponse à l’article de mauvaise foi, arrogant, méprisant, volontairement salissant, écrit dans le Monde Diplo d’Août contre Pierre Rabhi. Je suis extrêmement soulagé qu’existe cette réponse. Et puis pour ceux chez qui Malet aurait semé le doute, qu’ils relisent les magnifiques livres du jeune Rabhi où il raconte toute sa vie ( Du Sahara aux Cévennes, etc.) édités en premier par cet incroyable Petit musée du Bizarre ardéchois où je l’ai découvert enfant. Car Pierre Rabhi, c’est l’œuvre d’une vie. Je rajouterais juste une remarque à cet article: Monsieur Malet, ardent militant anti multinationales notamment agroalimentaires (son enquête sur l’empire de la tomate) ne se trompe-T’il pas d’ennemi? Pourquoi opposer dans cette lutte contre les grands prédateurs économiques deux formes de lutte pourtant complémentaires: le militantisme contre les macro dévastations et la construction forcément plus lente et plus micro d’alternatives (colibris, transitions, Zad etc.)? Guattari lui, ne les opposait pas, bien au contraire. Relire « Les 3 Écologies ». C’est la même logique étriquée d’opposition binaire que suivent les médecins qui signent contre la diversité médicale, de la Miviludes contre le yoga et la méditation!!! S’opposer aux herboristes, aux homéopathes, au lieu de s’attaquer au monopole radical (Ivan Illich) des grands labos qui veulent justement liquider toute les diversités d’approches pour que nous soyons OBLIGÉS de n’acheter QUE leur merde, pour soigner des maladies QU’EUX auront décidé qu’elles étaient des maladies (cf.taux baissé du cholestérol pathologique, etc..) . Plus nous laisserons foisonner l’hétérogène et le divers, plus nous aurons la possibilité d’aller vers une société résiliente et capable de résister au monstre de l’économie de consommation qui nous consume. NE NOUS TROMPONS PAS D’ENNEMI: NE CONDAMNONS PAS À MORT LA SORCIÈRE POUR EXERCICE ILLÉGAL DE LA MÉDECINE, NI PIERRE RABHI POUR PASSÉISME, ET ANTI MODERNISME, quand ceux qui prône cette modernité ne se donnent même pas la peine d’en éclairer les finalités aveugles, et participent ainsi du courant de leurs pires ennemis… Merci infiniment Monsieur Nicolino!

  15. C’est une fable cette histoire : celle du paysan-philosophe qui interpelle tout un chacun en demandant de mettre la main à la pâte et de se contenter d’une « sobriété heureuse » et du journaliste parisien « progressiste » qui, tordant le nez sur ces idées qui bousculent son confort intellectuel et matériel, incrimine fielleusement le penseur écologiste des pires vices. Moralité : les tenants de tous les pouvoirs ne sont pas prêt de cesser vouloir exterminer les écologistes, que ce soit intellectuellement (Pierre Rabhi), économiquement et socialement (acharnement judiciaire de Bure) ou physiquement (Rémy Fraisse).

  16. Les conditions d’accès au Hameau des Buis (quasi escroquerie du sieur Rabhi) profitant d’un vide juridique pour plumer ses fans esbaudis :

    « Vous devez prêter à la SC Le Hameau des Buis une somme correspondant à un apport collectif fixe de 30 500 € et une participation aux frais de construction du logement que vous occuperez. Les montants des prêts sont subordonnés à un calcul avec indexation sur l’indice de référence des loyers.

    Les montants de base, apport collectif de 30 500 € compris, étaient, au 5 novembre 2011, de :

    – 145 500 € pour un T4
    – 125 500 € pour un T3
    – 95 500 € pour un T2
    – 75 500 € pour un T1

    Cette somme prêtée est intégralement remboursée à votre départ moyennant une indexation sur le capital dont les conditions sont fixées dans le contrat de prêt (voir la page juridique / financement).

    En sus, une somme forfaitaire de 5000€ non remboursable doit être versée à la Société Civile du Hameau des Buis à titre de droit d’entrée.

    Pour le fonctionnement, vous vous acquitterez d’une somme mensuelle qui comprend l’intégralité des charges liées au logement : eau froide et chaude, électricité, utilisation de la laverie, charges d’emprunts.

    Cette mensualité est de (montants susceptibles d’être modifiés en 2013) :

    Pour un T4 : 600 €/mois ou 520 € à partir de 3 enfants ;
    Pour un T3 : 520 €/mois ou 500 € si plus d’un enfant ;
    Pour un T2 : 370 €/mois ;
    Pour un T1 : 280 €/mois.
    Pour les T1 et T2, un supplément peut être envisagé en fonction du nombre d’habitants adultes dans le logement. »

    Rahbi a inventé l’anticapitalisme décroissant mais financier : tu inverses le modèle conventionnel du capitalisme (emprunter coute de l’argent, en prêter en rapporte) : l’argent emprunté rapporte a l’endetté et coute au préteur qui lui, voit décroitre son capital.
    En fait, Rahbi est bien un paysan mais d’un genre particulier, il transforme ton argent en dépense pour une poule de luxe : elle n’y laisse aucune plume mais tu y laisseras tout ton blé.

    Lorsque les bénévoles versent 5000 euros non récupérables, une indexation prélevée sur leur capital et s’acquittent en plus d’un loyer pour des propriétés qui leur coûtent mais ne seront jamais a eux, c’est quoi si ce n’est pas un contournement de subvention puisque l’exploitation ne tire pas ses ressources de sa qualité économique ?
    A ces contributions énormes et uniquement accessibles à une catégorie aisée et vulnérable s’ajoute en plus un bénévolat de 120 heures par mois.
    Et bien évidemment aucune charge en matière d’assurances sociales, la protection contre la maladie et les accidents, c’est aux autres qu’il incombe de la financer…

    Si Rabhi n’existait pas, Bernard Tapie l’aurait inventé. »

    source :
    http://hameaudesbuis.com/vivre-au-hameau/etre-candidat/

    1. Bonjour M. Viot,

      J’ai volontairement laissé passer l’expression calomniatrice « quasi-escroquerie », car elle m’a paru montrer le niveau de haine qui est celui de tant de critiques de bas étage. Car l’escroquerie, ainsi que vous savez peut-être, est un acte délictueux qui peut conduire en prison. Or que nous chantez-vous ? Que le hameau des Buis est coûteux. Etablissez-vous si peu que ce soit que Rabhi profite de cet argent ? Non. Qu’il y joue même un rôle et dans ce cas, lequel ? Non. Que l’argent est détourné de quelque manière que ce soit ? Non. Car votre opinion est faite au départ et comme un Malet, vous ne cherchez qu’une chose : l’étayer à toute force. Ma foi.

      Autre chose : je ne connais pas le fonctionnement du hameau des Buis et ne saurais donc en parler. Sans doute peut-on en critiquer certains points, y compris sur le plan financier. Quoi de plus sain ? Moi, je fais confiance à Sophie, la fille de Pierre et suis certain que l’argent récolté est bien employé. Avez-vous connu beaucoup d’entreprises qui livrent au public leurs chiffres, comme le fait le hameau des Buis ? En outre, je sais que les structures autour de Pierre doivent vivre, et notamment les activités en direction des paysans du Sud profond. Pour moi, il s’agit d’une priorité écologique et morale de dimension planétaire. Et s’il faut faire les poches de quelques centaines d’habitants du Nord volontaires pour cela, eh bien, j’applaudis des deux mains.

      Enfin, toute structure attirant des fonds attire son lot de margoulins et au fond, je serais surpris qu’il n’y en ait aucun dans l’entourage, au sens très large, de Pierre Rabhi. Attention, je ne dis pas qu’il y en a, car je ne sais. Mais si cela devait se produire, et à la condition expresse de ne pas être dans la rumeur, le ragot et le dénigrement, je ne vois aucun inconvénient à le signaler, y compris à des autorités judiciaires.

      En attendant, je vous dis avec calme et détermination que vous ne vous grandissez pas. Est-ce tout ce que vous avez à dire en soutien au Monde Diplomatique ?

      Fabrice Nicolino

      1. Le terme quasi-escroquerie permet de montrer le vide juridique. Oui ce montage et possible, mais juridiquement, il est possibl. Une possibilité qui n’en reste selon moi un moyen de « faire les poches » de personnes possiblement fragilisées à l’occasion d’une dépression et qui voulant tout quitter pour rejoindre ce hameau se trouverait dépouillé de tout par cette Société civile au mains des Rabhi

        J’ajoute après lecture des documents actuellement en vigueur et consultables sur le site du hameau, que le prêteur consent a n’avoir aucune garantie quand au remboursement de son capital ET qu’en cas de litige avec la SC il s’oblige à lui verser 50€ jour soit 1500€ mois pour un bien qu’il a totalement financé. Il me parait pour le moins discutable de ne pas avertir les personnes qui voudraient s’implanter des énormes risques qui pèsent sur leurs épaules à vouloir s’intégrer dans un domaine aux méthodes [bip-bip propos diffamatoire sans l’ombre d’une preuve]. Je te séduits et profite de ma séduction pour te séduire.

        Vous voulez une autre contestation, car j’ai comme beaucoup souscrit au beaux discours de cet amateur qui se posait en maitre, jusqu’au moment où je suis allé voir le résultats de ce beau langage sur place. Et où comme René Dumont, j’ai été catastrophé par le piètre niveau d’une organisation qui ne me paraissait même pas pouvoir nourrir son homme à l’année, encore moins une famille. Et donc cet homme disait pouvoir nourir l’humanité ?!!!

        Donc, je vais demander une vraie preuve des résultats de sa compétence technique. Pas de l’esbrouffe.
        Non une vraie preuve où il explique comme un vrai pro comment il faut s’y prendre et montre les résultats de ses compétences.

        PS: Je n’ai pas besoin de me grandir autrement qu’à mes yeux. La position que je développe je la tiens depuis plusieurs années depuis que je suis aller voir avec bonne volonté celui que vous voyer avec vos yeux d’ami. Un ami dont je ne conteste pas la bonne foi, mais plutôt sa « mythomanie ». Un approche fantasmée qui s’illusionne de sa puissance, comme avant lui, tant d’autre se berce d’illusions et veut y entrainer d’autres aux risques de les démoraliser et une fois leurs ressources employées envolées empêcher de les utiliser vers de vraies solutions autrement plus efficaces.

        1. – Comment parler de « subventions » a propos d’une entreprise qui justement, n’a PAS de subventions.

          – Comment parler « d’escroquerie » lorsque les choses sont non seulement mises clairement par ecrit des le depart, mais en plus, rendues entierement PUBLIQUES sur internet.

          Vraiment, on n’a pas le meme dictionnaire…

          Anecdote personelle: J’ai achete des parts de la NEF (Nouvelle Economie Fraternelle), avec mon troisieme ou quatrieme salaire. A l’epoque je n’avais pas d’enfants, pas de personne a charge, j’ai investi un mois de mon salaire de l’epoque. Il y avait environ 6000 membres a l’epoque. Aujourd’hui beaucoup plus! En plus, je militais « gratuitement » pour la NEF avec des copains et copines. Aujourd’hui apres bien des annees, apres m’etre pas mal chauffe les oreilles avec beaucoup de dirigeants de la NEF, apres avoir quitte la France et ferme tous mes comptes, j’ai toujours mes parts. Elles ne valent plus grand-chose, car leur valeur reste constante en francs (devenus euros depuis) et elles ne sont pas remunerees. Elles ont fondu.

          Et bien vous savez quoi? Je suis fier et heureux de les posseder, et je ne m’en separerais jamais.

          Je vivais « au nord », maintenant je vis « au sud », et je n’ai vraiment pas le sentiment qu’on m’a « fait les poches ». Je suis profondement reconnaissant pour toutes les opportunites que la vie m’a donne.

          1. Laurent Fournier, la NEF n’a rien à voir avec le montage organisé par le clan Rabhi pour dépouiller les personnes fragilisées à l’occasion d’une dépression. Je parle de quasi-escroquerie du fait de la légalité de ce montage que je qualifie de honteux comme d’autres montages honteux permettent des détournements fiscaux légaux.
            La NEF est une organisation soumise au cadre strict des établissements financiers. Elle a pour obligation de vous rembourser tout fonds que vous y auriez déposés.
            Le montage du hameau des buis est tout autre. C’est la constitution pour le clan Rabhi d’un ensemble immobilier entièrement financé par vous, où vous pouvez résider moyennant loyer, mais dont il conserve le contrôle et dont il peut vous exclure sauf à verser 1500€ d’indemnité par mois.
            Donc vous pouvez vous retrouver à payer 1500€ par mois pour un bien dont le capital que vous avez versé pour le construire ne vous sera JAMAIS remboursé NI à vos héritiers QUI N’EN AURONT JAMAIS LA JOUISSANCE. Personnellement j’estime que c’est honteux.

      2. Mr Nicolino, votre engagement affectif vous aveugle. Vous dénigrez toute réflexion critique, y compris documentée.
        Bien à vous.

        1. Chère Anne,

          Vous déraisonnez, car toute ce que j’ai écrit est argumenté, contrairement à vos trois mots. Que voulez-vous que j’y fasse? Bien à vous,

          Fabrice Nicolino

          PS : ce serait joli d’essayer de répondre aux faits et aux articulations de ma pensée.

    2. Corinne S. ne parvient pas à poster ce commentaire et je [Fabrice Nicolino] m’empresse de le faire à sa place. Il est à destination de M.Viot, mais concerne évidemment tout le monde :
      ————
      Bonjour Monsieur Viot,

      Sans connaitre le fonctionnement du Hameau du Buis, mais en voyant tout ce que vous racontez…Et surtout , depuis le début de cette affaire, tout ce que j’ai vu d’horreurs et d’idioties en tout genre sur ce sujet…Je me dois d’apporter un faible éclairage ici…notamment sur le domaine juridique et ce que j’en sais, juste en ayant pris connaissance de leurs documents en accès libres, tout comme leurs comptes…..et rapports …..

      Vous en conviendrez, aucune société cotée en bourse avec des actionnaires ayant pignon sur rue dans des paradis fiscaux ne donnent autant de documents…Où sont les gens vraiment malhonnêtes ?
      Soit, à chacun ses batailles…Les miennes ne sont pas les vôtres et nous n’avons semble-t-il pas les mêmes ennemis, ni amis d’ailleurs… 
      Quand vous dites  » le prêteur consent a n’avoir aucune garantie quand au remboursement de son capital « , il faut comprendre les termes exacts juridiques mentionnés dans le contrat de prêt avec la SC du Hameau du Buis qui sont ceux –ci (je fais sciemment un copier-coller pour éviter tout amalgame !!) :  »

      ABSENCE DE GARANTIE DE REMBOURSEMENT :
      Les parties conviennent expressément de l’absence de garantie de remboursement du présent prêt.
      La seule garantie consiste dans l’occupation par le prêteur du logement donné en location à celui-ci par l’emprunteur, le prêteur conservant le bénéfice du contrat de résidant jusqu’à complet remboursement de la somme prêtée.
      Le Prêteur reconnaît avoir reçu toutes informations et explications nécessaires à son consentement éclairé. »

      En d’autres termes, le prêteur admet qu’il n’existe aucune caution d’un quelconque établissement bancaire au nom de la SC Hameau du Buis. Une garantie de remboursement est un terme juridique employé pour signifier qu’un établissement financier entre autre, garantie le remboursement au moyen de cautions solidaires …et souvent en matière de construction au moyen de blocage de fonds…..

      Une société civile est composée de personnes physiques, que je sache le Hameau du Buis ne recrute pas chez les juges de tutelle des personnes « non capables » juridiquement parlant…si ? C’est le cas ? Rien n’empêche un prêteur et je le lui conseille fortement d’aller voir son notaire à ses frais. Ci-dessous lien vers la chambre des notaires d’Ile de France

      http://www.notaires.paris-idf.fr/entrepreneur/quest-ce-quune-societe-civile
      Vous devriez sans doute aller toquer à la porte d’un formateur de type Chambre de Commerce qui pourra vous éclairer car en matière civile ou commerciale c’est un peu compliqué mais quand on met de la bonne volonté …

      Par ailleurs pour ce qui est des contrats – loyers….Une société civile n’a pas le droit d’aller en deçà d’un prix de marché locatif local (pour cela je vous conseille d’aller voir directement votre contrôleur des impôts qui vous l’expliquera très bien). Les prix ne semblent pas si « exhorbitant !!!! ».
      Tout ce que j’en ai vu sur leur site ou dans les reportages que j’ai lu sur le Hameau du buis présente ce lieu comme un lieu avant tout de recherche… d’habitat collectif (le mot collectif est différent du mot communautaire et aussi du mot sectaire qui apparait ces temps-ci à propos de Pierre Rabhi, consulter le petit Larousse  ) et ils inventent oui une autre manière de vivre. Est-ce si dérangeant ? Manière de vivre où le collectif a sa place tant au niveau des décisions, que de l’implication, que financièrement (ils financent aussi leur école dans le montant des loyers…). Que je sache j’ai choisi un jour de ne pas avoir d’enfant, et cela ne m’a pas empêché de payer avec bonheur même, pendant 10 ans d’activité libérale, 5.4 % de mon revenu ….au titre des allocations familiales.
      Cela s’appelle la solidarité, et je ne vous le souhaite pas, mais vous en prendrez sans doute conscience le jour où vous aurez besoin de soins très lourds…payés je vous le rappelle par la collectivité.
      D’autres formes de vie s’inventent, et bien je ne vois pas où est le problème. Respectons aussi cette forme de liberté, est-ce utopique ? et alors, cela ne vous donne aucun droit de jugement et de condamnation ! Ou alors commencer des études pour devenir Juge !
      Vous pouvez demander des preuves de l’agro écologie…si cela vous chante…pratiquez et mettez les mains dans le compost, ce sera bien mieux que des preuves scientifiques de rendement à l’hectare…En ce moment, les mouvements de biodynamie et bio en général, ainsi que la permaculture sont attaqués de toute part… Et bien soit…moi j’attends encore les preuves que l’agriculture intensive qui devait nourrir la planète entière, la nourrisse vraiment, si on en juge par le nombre de personnes sur Terre qui ne mangent pas à leur faim (hors guerres bien sûr). …Quoique au final je préfère qu’ils ne fassent plus rien, vu le résultat sur la santé humaine et planétaire…
      Ah oui et comme je le dis souvent depuis quelques années…Posez-vous et regarder pendant toute une journée et soirée, pousser un coquelicot, je vous assure qu’on apprend beaucoup à les observer!!!! Aussi bien sur les hommes, que sur la nature, et aussi sur la nécessité d’une forme d’agriculture constructive et non plus destructrice. En cela l’agro écologie apporte un certain nombre de solutions.
      Et puis relisez vos copies scientifiques….par exemple ici
      http://institut.inra.fr/Recherches-resultats/Strategie/Toutes-les-actualites/Agroecologie-des-recherches-de-l-Inra-et-du-Cirad
      et là…
      https://www.cirad.fr/nos-recherches/themes-de-recherche/agro-ecologie/que-fait-le-cirad

  17. et oui,les dinosaures du Diplo,ne savent plus qui descendre,les vieux réacs de gauche se défoulent et mentent ,c’est une honte, idem article dans le Monde sur Pr Montagnier hier, une honte, immonde ,entre Big Pharma ,et les réacs de gauche, décidément ,tiennent les merdias,bon Pierre,mon très proche ami, sourit de ces conneries moi aussi, merci de cette réponse salutaire pour tout ceux qui croient les médias ,outil de désinformation malsaine .

    1. Vous savez quel âge à Jean-Baptiste Malet ? Non ? Alors allez voir son interview par Julien Brygo sur le site ou la page youtube du Media.

      Chapeau pour cet article, c’est bôôô comme du Onfray dis donc !

      Tout ce qu’explique Jean-Baptiste Malet c’est que trois mille péquins (ou plus, peu importe) prêts à se déplumer pour vivre la sobriété heureuse et surtout apolitique prônée par la « race des prophètes » (LOL LOL LOL, là c’est du BHL, carrément, ahahaha si Cavanna lisait ça !) ne résoudront rien à la crise écologique. Ça fait plus de 30 ans qu’un autre allumé fait ça au Japon sous couvert de donner des cours de danse (Tanaka je sais plus quoi), avec exactement le même modèle : faire raquer des gens en situation de fragilité mentale et les exploiter à donf dans ses champs. Autant rejoindre direct les raéliens, au moins y’a du sexe pour le « prophète ».

  18. En tous cas, sur FesseBouc, dés que je vois une allusion à l’article du Monde Diplomatique, je poste systématiquement le lien vers cet article (En défense de mon ami Pierre Rabhi) et ma foi… c’est déjà ça…

  19. ^^

    Le gros hic avec toutes les âmes de bonnes volontés, pensant pourtant bien faire, c’est qu’elles ne voient pas, ne comprennent pas, a quel point l’enfer peut être pavé de bonne intentions.

    Pour les athés ronchons! A vos souhaits! 🙂

    Qui c’est qui a dit? La plus grande ruse du diable est de faire croire qu’il n’existe pas.

    Bien à vous,

  20. Cher Fabrice,
    J’adhère à ton analyse et tes réserves quant à Pierre Rabbi dont je pense qu’il demeure un lanceur d’alerte et un porteur de paroles qui a sensibilisé bien des personnes … Même si l’irrationalisme comme le « progrès » font rage aujourd’hui, conservons notre liberté de paroles nourrie par tous ceux que tu cites et ceux qui poursuivent cette quête de sens quand à nous relations Hommes/Nature …
    Une grande marche des agents de terrain de l’ONF de toute la France, révoltés par la marchandisation des forêts va bientôt se dérouler pour arriver le 25 oct à Tronçais qui devient un champs d’arbres comme le présentait François Terrasson. Je m’y active vivant à Saint Bonnet pas tout à fait par hasard ….
    Bienvenue au nid si tu passes par là …
    Avec toute mon amitié
    Christian

  21. Cher Fabrice,
    J’aime vous lire, j’aime vos combats.
    J’aime aussi votre fidélité à votre ami, Pierre Rabhi. Tout cela n’est pas contestable.
    Mais autorisez-vous quelqu’un à critiquer P. Rabhi, sans y voir immédiatement l’ombre du diable stalinien et le discours manipulatoire?
    Beaucoup de gens ont été sensibilisés aux questions environnementales grâce à ses écrits. C’est vrai. Mais accepterez-vous que je ne partage pas le discours de Pierre Rabhi, même si je lui reconnais un rôle indéniable aujourd’hui.
    On peut lire sur le site des Colibris la phrase suivante:
    “ Le changement intérieur est un préalable au changement sociétal auquel nous aspirons : la violence de notre société est d’abord le reflet de notre propre violence intérieure. La vraie (R)évolution est celle qui nous amène à nous transformer individuellement pour transformer le monde et ainsi incarner au quotidien une relation harmonieuse à soi, aux autres et à la nature.”
    Ai-je le droit, à vos yeux, de ne pas être d’accord avec ces propos?
    Suis-je automatiquement classée dans le clan des staliniens-pro-khmers-rouges-pro-castro-etc?
    • Ai-je le droit de dire que la violence de notre société c’est aussi (et peut-être d’abord) le fait que 1% de la population mondiale a capté 82% des richesses créées en 2017.
    Et ce n’est pas un journaliste avec un couteau entre les dents qui écrit ce papier. On trouve cette information, entre autre, dans l’Express. https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/1-de-la-population-mondiale-a-capte-82-de-la-richesse-creee-en-2017_1978201.html.
    • Ai-je le droit de dire que la violence de notre société c’est aussi le refus d’accueillir les migrants qui ne quittent pas leurs pays par plaisir après avoir fait un « benchmarking » (à la sauce Collomb)?
    • Ai-je le droit de dire que la violence de notre société c’est aussi le fait que les biens de consommation “consommés” en Europe et en France sont la plupart d’entre eux produits par des gens qui n’auront jamais les moyens de se les approprier alors qu’ils les produisent?
    Je ne suis pas vraiment certaine que MA transformation individuelle pourra régler les trois questions évoquées ci-dessus.
    Certes, je peux éviter d’acheter tout un tas de biens matériels inutiles à obsolescence programmée, certes je peux vivre dans une « sobriété heureuse », certes! J’essaie de le faire.
    Mais il est peut-être aussi nécessaire (et en même temps, c’est à la mode!) d’essayer d’agir AUSSI et SIMULTANEMENT sur les aspects sociaux, économiques, etc. Ou bien est-ce un relent de stalinisme?
    Amicalement,
    isabelle.

    1. Chère Isabelle,

      Mais enfin, m’avez-vous lu ? J’ai dit explicitement qu’on pouvait et qu’on devait critiquer Rabhi, qui n’a rien d’une personne indiscutable. Pourquoi voulez-vous m’entraîner sur ce terrain ?

      Fabrice Nicolino

    2. Bien d’accord avec toi Isabelle !
      J’entends encore un ami ,tendance nouvelle écologie où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ,me dire « il faut aimer les riches ! ». Ce grand amour qu’on doit dispenser à tous, très à la mode dans certains milieux.
      Désolée, les riches, je pense qu’ il faut juste les mettre au pas,en toute légalité bien sûr, car ce sont des pilleurs.

      Le rapport OXFAM sur les 1% de la population mondiale qui capte 82% des richesses est là :
      http://oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/vfrapport_oxfam_cac40_des_profits_sans_partage.pdf

      Et pour signer leur pétition, c’est là :
      https://loi-inegalites.fr/

  22. Bonjour,
    Je me permet de réagir également et ai décidé de consacré un temps à l’écriture d’un billet sur ce sujet.
    Il est honteux pour un journal comme le monde diplomatique de céder à la pression des lobbies.

  23. Merci beaucoup pour cette magnifique et si argumentée à couper le souffle ! Je connaissais la très grande compétence environnementale de Fabrice Nicolino, celle de l’histoire politique contemporaine. Le Diplo fait effectivement et malheureusement peu avancer les idées neuves… ou par la controverse ! Félicitations.

  24. Bonjour Fabrice,

    Je travaille aux Amanins, nous avions discuter ensemble pendant le repas du midi pour les 80 ans de Pierre, et je tenais à te remercier pour la réponse que tu as faite de la part de l’équipe des Amanins.
    Je tiens également à rajouter à ta réponse concernant le centre agroécologique que bien évidemment nous savons que nous sommes critiquables, et que nous pouvons toujours nous améliorer. Dans son article Mr Malet dit que nous achetons « 20% de nos légumes à l’extérieur », ceci est totalement faux: Sur ces 20% de produits achetés à l’extèrieur, seulement 9% des ses achats le sont pour des fruits & légumes. Cela fait donc un peu moins de 2% de ses fameux 20%. Sur ces 20% d’achats à l’extérieur, il y a 33% d’achats d’huile et de vinaigre ( nous ne sommes effectivement pas une huilerie), 9,5% de café ( nous pourrions effectivement choisir de bannir le café, mais ce n’est pas ce que nous avons fait), et on peut y ajouter le sucre, du miel etc.. Tout ces produits sont achetés à des producteurs bio locaux lorsque cela est possible ( ce qui n’est pas le cas pour le café qui est uniquement bio).

    On est donc assez loin de ce que Mr Malet avance.

    En tout cas, encore un grand merci pour votre réponse et à bientôt peut-être.

    Renaud

      1. Paysanbio,

        Je ne veux pas que commence ici une série où chacun affirmerait, sans preuve vérifiable, ceci ou son contraire. Ce que tu dis est peut-être vrai – je te fais a priori confiance -,mais quelqu’un surgira sans doute pour assurer du contraire. N’oublions pas le point de départ : un article de désinformation sur Pierre Rabhi. Et merci à tous de tenir compte de ces propos, car je ne passerai plus les mises en cause précises qui feraient du lecteur un spectateur, ahuri dans le meilleur des cas.

        Fabrice Nicolino

      2. Bonjour,

        Je ne vois pas en quoi cela vient contredire ce que j’ai écrit plus haut puisque je parlais des fruits et légumes. Mais je peut vous dire pour compléter ce que j’ai dit plus haut qu’en 2017 sur les 20% d’achats à l’extérieur, il y en avait 5,2% pour l’achat de « céréales, farines et levures ».

        Bonne journée

        Renaud

  25. Corinne S. ne parvient pas à poster ce commentaire et je [Fabrice Nicolino] m’empresse de le faire à sa place. Il est à destination de M.Viot, mais concerne évidemment tout le monde :
    ————
    Bonjour Monsieur Viot,

    Sans connaitre le fonctionnement du Hameau du Buis, mais en voyant tout ce que vous racontez…Et surtout , depuis le début de cette affaire, tout ce que j’ai vu d’horreurs et d’idioties en tout genre sur ce sujet…Je me dois d’apporter un faible éclairage ici…notamment sur le domaine juridique et ce que j’en sais, juste en ayant pris connaissance de leurs documents en accès libres, tout comme leurs comptes…..et rapports …..

    Vous en conviendrez, aucune société cotée en bourse avec des actionnaires ayant pignon sur rue dans des paradis fiscaux ne donnent autant de documents…Où sont les gens vraiment malhonnêtes ?
    Soit, à chacun ses batailles…Les miennes ne sont pas les vôtres et nous n’avons semble-t-il pas les mêmes ennemis, ni amis d’ailleurs…
    Quand vous dites  » le prêteur consent a n’avoir aucune garantie quand au remboursement de son capital « , il faut comprendre les termes exacts juridiques mentionnés dans le contrat de prêt avec la SC du Hameau du Buis qui sont ceux –ci (je fais sciemment un copier-coller pour éviter tout amalgame !!) :  »

    ABSENCE DE GARANTIE DE REMBOURSEMENT :
    Les parties conviennent expressément de l’absence de garantie de remboursement du présent prêt.
    La seule garantie consiste dans l’occupation par le prêteur du logement donné en location à celui-ci par l’emprunteur, le prêteur conservant le bénéfice du contrat de résidant jusqu’à complet remboursement de la somme prêtée.
    Le Prêteur reconnaît avoir reçu toutes informations et explications nécessaires à son consentement éclairé. »

    En d’autres termes, le prêteur admet qu’il n’existe aucune caution d’un quelconque établissement bancaire au nom de la SC Hameau du Buis. Une garantie de remboursement est un terme juridique employé pour signifier qu’un établissement financier entre autre, garantie le remboursement au moyen de cautions solidaires …et souvent en matière de construction au moyen de blocage de fonds…..

    Une société civile est composée de personnes physiques, que je sache le Hameau du Buis ne recrute pas chez les juges de tutelle des personnes « non capables » juridiquement parlant…si ? C’est le cas ? Rien n’empêche un prêteur et je le lui conseille fortement d’aller voir son notaire à ses frais. Ci-dessous lien vers la chambre des notaires d’Ile de France

    http://www.notaires.paris-idf.fr/entrepreneur/quest-ce-quune-societe-civile

    Vous devriez sans doute aller toquer à la porte d’un formateur de type Chambre de Commerce qui pourra vous éclairer car en matière civile ou commerciale c’est un peu compliqué mais quand on met de la bonne volonté …

    Par ailleurs pour ce qui est des contrats – loyers….Une société civile n’a pas le droit d’aller en deçà d’un prix de marché locatif local (pour cela je vous conseille d’aller voir directement votre contrôleur des impôts qui vous l’expliquera très bien). Les prix ne semblent pas si « exhorbitant !!!! ».

    Tout ce que j’en ai vu sur leur site ou dans les reportages que j’ai lu sur le Hameau du buis présente ce lieu comme un lieu avant tout de recherche… d’habitat collectif (le mot collectif est différent du mot communautaire et aussi du mot sectaire qui apparait ces temps-ci à propos de Pierre Rabhi, consulter le petit Larousse ) et ils inventent oui une autre manière de vivre. Est-ce si dérangeant ? Manière de vivre où le collectif a sa place tant au niveau des décisions, que de l’implication, que financièrement (ils financent aussi leur école dans le montant des loyers…). Que je sache j’ai choisi un jour de ne pas avoir d’enfant, et cela ne m’a pas empêché de payer avec bonheur même, pendant 10 ans d’activité libérale, 5.4 % de mon revenu ….au titre des allocations familiales.

    Cela s’appelle la solidarité, et je ne vous le souhaite pas, mais vous en prendrez sans doute conscience le jour où vous aurez besoin de soins très lourds…payés je vous le rappelle par la collectivité.
    D’autres formes de vie s’inventent, et bien je ne vois pas où est le problème. Respectons aussi cette forme de liberté, est-ce utopique ? et alors, cela ne vous donne aucun droit de jugement et de condamnation ! Ou alors commencer des études pour devenir Juge !

    Vous pouvez demander des preuves de l’agro écologie…si cela vous chante…pratiquez et mettez les mains dans le compost, ce sera bien mieux que des preuves scientifiques de rendement à l’hectare…En ce moment, les mouvements de biodynamie et bio en général, ainsi que la permaculture sont attaqués de toute part… Et bien soit…moi j’attends encore les preuves que l’agriculture intensive qui devait nourrir la planète entière, la nourrisse vraiment, si on en juge par le nombre de personnes sur Terre qui ne mangent pas à leur faim (hors guerres bien sûr). …Quoique au final je préfère qu’ils ne fassent plus rien, vu le résultat sur la santé humaine et planétaire…

    Ah oui et comme je le dis souvent depuis quelques années…Posez-vous et regarder pendant toute une journée et soirée, pousser un coquelicot, je vous assure qu’on apprend beaucoup à les observer!!!! Aussi bien sur les hommes, que sur la nature, et aussi sur la nécessité d’une forme d’agriculture constructive et non plus destructrice. En cela l’agro écologie apporte un certain nombre de solutions.

    Et puis relisez vos copies scientifiques….par exemple ici

    http://institut.inra.fr/Recherches-resultats/Strategie/Toutes-les-actualites/Agroecologie-des-recherches-de-l-Inra-et-du-Cirad

    et là…

    https://www.cirad.fr/nos-recherches/themes-de-recherche/agro-ecologie/que-fait-le-cirad

    1. Bonjour,

      Pour rebondir sur les propos de Corinne à propos de l’opposition entre l’agriculture conventionnelle et bio : https://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2018/08/20/en-agriculture-le-bio-est-plus-performant-face-aux-attaques-de-pathogenes_5344324_1652692.html

      J’aime beaucoup la fin : « Une conclusion qui, après la récente condamnation par la justice américaine de la firme Monsanto – poursuivie par un jardinier atteint d’un cancer qu’il attribue au glyphosate –, donnera des arguments supplémentaires aux antipesticides. Et qui interroge sur l’incapacité persistante de la France à diminuer sa consommation de produits phytosanitaires. »

      Silence de la FNSEA… Pour l’instant, ils ont l’air plus préoccupés par le fait qu’il faudrait flinguer plus de sangliers… https://twitter.com/ChLambert_FNSEA/status/1031201208709599232

  26. J’ai pris connaissance de l’article du Monde diplo sur Pierre Rabhi via celui, du même auteur et sur le même Monde diplo, sur l’anthroposophie. Je ne connaissais pas ce courant et j’ai été assez choquée de ce que l’article avançait, surtout qu’il établissait des liens avec des organismes qui me paraissent hautement respectables, la NEF et le label Demeter.

    Bref, j’ai farfouillé et conclu que l’article était plein de raccourcis, sous-entendus trompeurs voire fausses informations, ce qui m’a beaucoup étonné de la part et du Monde diplo (que je ne lis pas mais qui avait pour moi une image là aussi plutôt respectable, ce qui n’est plus le cas) et de l’auteur d’une enquête a priori correcte sur le marché mondialisé de la tomate. Dans son courrier des lecteurs, le Monde diplomatique a d’ailleurs publié trois mises au point pour rééquilibrer un peu la chose (https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/A/58953).

    Concernant l’article sur Rabhi, je suis d’autant plus choquée de la malhonnêteté intellectuelle de Jean-Baptiste Malet, qui aurait mieux fait de faire un long billet d’humeur sur ses désaccords idéologiques avec le « prophète » que de pondre une pseudo « enquête » au service de ses préjugés. Car en effet cette méthode de dénigrement systématique par sous-entendus, « clins d’oeil » au lecteur, est détestable. L’enquête de Vanity Fair en 2016 était plus creusée et nuancée, et permettait au moins de se faire une idée sur le personnage (https://www.vanityfair.fr/pouvoir/politique/articles/pierre-rabhi-enquete-sur-un-prophete-sophie-des-deserts/29872).

    Si l’on excepte cette réaction épidermique de ceux qui n’envisage pas le « retour à la terre » comme une option acceptable dans le merdier général où nous nous trouvons, je comprends qu’on puisse être rebuté par ce qu’on pourrait appeler un certain « culte de la personnalité » de Rabhi (le favorise-t-il vraiment ou pas, c’est un autre débat), quelques pratiques issues de l’anthroposophie parfois franchement azimutées et une conception très ouverte des acteurs possibles d’une « révolution » écologique (cf le PDG France du « paquebot » McDo). Mais finalement, dans tous ces articles, on ne voit pas ni à qui profite le « crime », ni qui en sont les victimes — à part des bénévoles « exploités », mais Rabhi n’a pas le monopole du bénévolat dans l’associatif, et l’absence totale d’analyse du phénomène décrédibilise l’argument.

    La question qui pourrait fâcher serait de savoir ce que fait Rabhi de son argent, puisqu’il en gagne effectivement beaucoup (d’autant qu’il dispose apparemment de plusieurs mécènes). À ma connaissance il ne possède pas de résidences secondaires, ni plusieurs voitures comme Hulot, ni yacht avec filles en maillot de bain comme Di Caprio (sic). Mais peut-être que je me trompe. Est-ce qu’il réinvestit son argent dans ses multiples activités ? Ça m’intéresserait de le savoir.

    Pour info, l’article d’Arrêt sur images prend plutôt le parti de Jean-Baptiste Malet, ce qui me peine aussi. Il me semble qu’il y a un malentendu sur Rabhi : on attend de lui qu’il se « mouille » politiquement et apporte des preuves, alors que son but est de transmettre le plus largement possible un message qui se veut plutôt philosophique, spirituel et poétique, s’appuyant sur une expérience vécue qui est peut-être pionnière mais loin d’être unique, et qui s’insère dans un projet humain et de civilisation (donc politique) dont il n’est jamais question dans ces articles qui se veulent révélateurs des liens tissés par Rabhi avec l’ennemi. Alors que les Colibris et de nombreux autres défendent une autonomisation de l’humain par rapport au modèle commercial dominant, ces articles me semblent coller aux grilles d’analyse de ce même modèle.

    Néanmoins, en ce qui concerne les preuves, je crois que Rabhi les a faites, en faisant vivre une famille de 7 sur sa ferme, et notamment au Burkina sur des modèles de micro-fermes. Mais apporter des chiffres c’est plutôt le projet de l’association Fermes d’avenir, par exemple, dont on pourra aussi critiquer les liens avec le grand capital. S’en sortira-t-on un jour ?!

  27. C’est vrai que Le Monde Diplo n’est, apparemment, pas un completement mauvais journal! Par exemple, je viens d’y lire un tres bon article du grand journaliste israelien Uri Avneri. Je ne sais pas si un seul journal francais a publie un seul de ses articles. Bravo au Diplo, donc. La seule chose genante quand meme, c’est que Le Monde Diplo a attendu sa mort il y a 3 jours, et que l’article a 21 ans!!! Oui, 21 ans. Je sais que Le Diplo est un mensuel et que ca demande « du recul » mais quand meme…

    Alors, rappelons que Uri Avneri ecrivait presque tous les mois dans Veterans Today, et que son tout dernier article, qui est formidable, emouvant, profond, date du 7 Aout 2018, est quand meme un peu plus frais, ce qui n’est pas une mauvaise chose vu ce qui s’est passe au moyen-orient depuis 21 ans:

    https://www.veteranstoday.com/2018/08/07/who-the-hell-are-we-uri-avnery/

    1. C’est précisément parce qu’il est mort il y a 3 jours que le Monde diplo. a mis en avant une archive publiée il y a 21 ans accompagnée d’une nécrologie… non ?
      C’est une archive. L’article est paru en août 1997 dans le journal, on n’a pas attendu 21 ans pour le publier…

      1. L’article de 1997 n’est pas mauvais, c’est un article de fond, pas de probleme. Mais celui du 7 aout, publie donc 13 jours avant sa mort, a une gravite particulierement poignante, et avec le recul, ressemble a une sorte de testament. Prendre 3-4 jours pour le traduire, aurait ete un hommage qui aurait eu autrement plus de classe, et aurait meme ete plus professionel.

        « Who the hell are we »?

        Un cri pour titre, tres « Charlie Hebdo », pas facile a traduire, avec son ambiguite et son cote deliberement grossier, « Pour qui nous-prenons-nous », mais aussi, « Qui sommes-nous »… Peut-etre:

        « Mais pour qui nous prenons-nous, bordel? »

        Chacun devrait le lire, car sa portee va au-dela des questions posees par la guerre de Syrie, a laquelle les « regimes » israelien et francais (pour reprendre une terminologie a la mode dans notre ministere francais des affaires etrangeres, n’est-ce pas) ont pris une part si active!

  28. Les nostalgiques (plus ou moins conscients de leur état d’esprit) du communisme et stalinisme sont également nostalgiques (plus ou moins conscients de leur état d’esprit) du laborieux productivisme. C’est ce qui les rapproche des capitalistes qui, somme toute, ne sont pas autant leurs ennemis qu’ils le prétendent depuis belle lurette. En effet, ce qu’ils approuvent et dénoncent, les uns et les autres, repose sur un socle commun et communément délétère : la consommation et la production, le travail, le salariat, l’argent et les rémunérations en argent, les transports et déplacements, l’utilisation des ressources, la volonté de maîtrise technique et économique.
    Pierre Rhabi et tous ceux qui, au quotidien, mènent leur propre et sincère chemin vers la sobriété, c’est-à-dire un changement d’altitude et de paradigmes, ainsi qu’un regain de poésie avec une bonne touche d’acceptation tranquille, agacent ces apôtres finalement unis d’un combat trop simplement binaire et traditionnel.
    Merci, Fabrice Nicolino, de nous avoir fourni tous ces arguments clairement exprimés et documentés.

  29. Bonjour Fabrice,

    Je ne sais si tu te souviens de moi mais jadis, nous avions échangé à propos du marais poitevin quand j’étais salarié de ce fichu PNR.
    Le marais est toujours emmerdé par les mêmes. Depuis quelques temps, ces derniers veulent construire 19 bassines.
    Il en est question sur la page « BassinesNonMerci », fondée pour la résistance à ces dingues.
    Ici => (https://www.facebook.com/bassine.nonmerci.5).

    Mon mot n’est pas en lien avec ton article sur Pierre Rahbi et tu voudras bien ne pas le publier parmi les commentaires adressés à ton blog. N’ayant pas ton adresse électronique personnelle, je me permets d’utiliser cette messagerie pour te parler de « La Boisselière », notre lieu de vie…
    Nous avons grand besoin de fric pour poursuivre notre projet.
    J’espère que tu seras sensible à notre aventure et la feras connaître via ce lien, ci-dessous, à celles et ceux qui te suivent sur « Planète sans visa ».
    Ici => https://www.leetchi.com/c/ensemble-construisons-la-boisseliere

    En tout cas, même si tu ne jugeais pas opportun de faire connaître notre projet, je te remercie à nouveau pour tes articles et tes livres et te souhaite du bonheur…
    malgré ce monde fou !

    Belle soirée !

    Philippe Véniel
    PS : L’équipe de La Boisselière a réalisé un film (avec trois appareils photos), sur notre résistance à la construction des bassines… 
    Titre : « Parc naturel régional du Marais poitevin :
    Signature du contrat avec Mr Alain Rousset »
    Ici => https://www.youtube.com/watch?v=7zGgb_GzmQs

  30. bonjour
    les critiques lancés à Pierre Rabhi me rappellent certains que j’ai peu entendre à l’encontre de … en vrac Gandhi, Martin Luther King, l’Abbé Pierre, Paul Watson et bien d’autres.
    De mon humble point de vue, beaucoup de haine et pas beaucoup de bonnes vibrations.

  31. Pierre Rabhi fait partie de ces gentils écologistes qui croient que si chacun fait sa part, on s’en sortira.

    M. RABHI se pavane aujourd’hui avec la jet set et les dominants.

    M. RABHI n’ a aucunement conscience de sa naiveté.

    Ce qu’il faut attaquer, c’est le capitalisme, c’est les dominants.

    M. RABHI doit être un de ces intouchables qu’on ne peut pas critiquer?

    M. RABHI ne fait avancer rien du tout. Il rabâche sans arrêt les mêmes inepties.

    Mais, je vous rassure, le monde diplomatique est aussi indigent que RABHI en matière de compréhension économique et de ce qu’il faudrait faire.

  32. Bonjour,

    Foin de Malet, Pierre Rabhi s’est érigé lui-même en héro au travers de ses essais largement autobiographiques. De cela seul, il est responsable.
    Pierre Rabhi serait un bon bougre si seulement son influence n’était pas si large. Sa fable du « je fais ma part » est largement reprise dans le monde militant. Souvent posée comme règle, elle met de côté les luttes collectives qui sont pourtant indispensables tant le fossé est grand et les puissances adverses disproportionnées.
    Du même coup, elle réduit les ambitions individuelles (je coupe l’eau quand je me brosse les dents, et au passage je fais des économies financières) et éloigne les objectifs globaux (sauvegarder la « Nature »). Pire, elle va titiller l’individu en le faisant souvent culpabiliser comme les curés faisaient culpabiliser leurs ouailles. A cela deux réactions : la soumission ou le rejet, l’une et l’autre n’étant pour moi louable.
    Cordialement

    1. Jean,

      Désolé, mais vous montrez surtout que vous ne savez rien de concret au sujet de Rabhi. Vous vous contentez de rumeurs mille fois répétées. Essayez donc de livrer des faits, ce serait mieux pour tout le monde. Rabhi n’a rien d’un intouchable, mais il a le droit, comme vous et moi, à une critique respectueuse.

      Bien à vous,

      Fabrice Nicolino

  33. Merci infiniment Fabrice, j’ai participé à la création du groupe des colibris à Montpellier en 2010, nous avions à l’époque invité Pierre Rabhi à une conférence à la fac de Montpellier et nous avions organisé un forum ouvert. J’ai rencontré Pierre, c’est une très belle personne et je vous remercie chaleureusement d’avoir – magnifiquement – pris sa défense. Ces gugusses parisiens sont ridicules, ne comprennent pas grand chose et il est jouissif de leur rabattre le caquet de temps à autre. Gratitude.

  34. Bravo pour ce démontage d’article mal renseigné et malveillant.
    Ceci dit vous pourriez faire de même avec vos rabâchages de propagande anti-cubaine… comme vous dites des « rumeurs mille fois répétées » (chasse aux homos etc…).
    En plus, l’île est aujourd’hui un exemple agroécologique unique à cette échelle – même petite. Sans parler de l’aide internationale notamment au niveau médical. Même si rien n’est parfait et que tout est tjs critiquable/améliorable, il faut bien admettre certaines réussites qui sont des faits et sortir des commérages… un peu comme avec Rabhi (:
    Amicalement

    1. Oncle Bob,

      J’espère pour vous que vous plaisantez. Il se trouve que je connais bien l’histoire de Cuba, bien avant même que Castro ne l’emporte, et ce que j’écris est simplement vrai. Libre à vous d’y voir ce que vous voulez. Des générations entières ont dit la même chose de ceux qui critiquaient l’URSS, la Chine, le Kampuchea, le Nicaragua. Concernant l’agroécologie, phénomène très intéressant pour les Cubains et le monde, il me faut préciser un point-clé. Il ne s’agit nullement d’un choix et aucune décision politique volontaire n’a conduit ce grand changement. Ce qui y a mené, c’est la fin de l’URSS et des importations de pétrole qui y étaient liées.

      Fabrice Nicolino

  35. « ..je connais bien l’histoire de Cuba, bien avant même que Castro ne l’emporte »

    Hum… voyons voir : né en 1955 que diable prétendez-vous connaître de Cuba « bien avant » 59 ???? Voulez-vous dire que ayant 4 ans et moins vous étiez déjà au fait de l’histoire de cette île ? Diable ! Vous avez été précoce tôt… Mais sans doute votre connaissance n’est pas du genre vécu ? Possible de savoir de quelle sorte alors ?

    1. JPB,

      Vous ne reculez devant rien. On ne connaît bien que ce qu’on vécu directement ? Franchement, vous allez faire de la peine à tous ceux qui pensent que la culture se mérite. Je ne suis pas devant la police – pas encore – et je n’ai aucune raison de vous répondre. J’ai une bien belle bibliothèque, contenant nombre de livres précieux pour mois, notamment dans la langue castillane que j’affectionne, et je connais fort bien, désolé pour vous, l’histoire de Cuba. Pour comble, je n’aime pas la police.

      Fabrice Nicolino

      PS : Je crois reconnaître une marque de fabrique très répandue. Il ne s’agit pas de discuter, d’échanger, d’éventuellement se convaincre, mais de disqualifier l’autre. Ben, comme vous voulez.

  36. Non je ne plaisante pas, je ne sais pas si je suis un aussi fin connaisseur que vous de l’histoire de Cuba, mais je sais juste ceci :
    Cuba a été dur à vivre pour les homosexuels dans les premiers moments de la révolutions mais pas plus que dans le reste du monde – il faut se remettre ds un contexte de conformisme catholique espagnol qui prévalait depuis la colonisation. Mais le progressisme dont a fait preuve l’île par la suite n’a pas de quoi faire rougir il me semble :
    1975 : fin de la discrimination légale des gays dans l’éducation
    1979 : dépénalisation de l’homosexualité
    1993 : Fraise et Chocolat, film critique réalisé à Cuba sur la discrimination homo par le parti communiste
    L’opération des transsexuels est pris en charge par l’état. Et j’en oublie sûrement.

    En ce qui concerne l’agroécologie, certes la transition a été impulsée par la disparition du soutien Soviétique et le blocus Etatsunien mais je trouve quand même que la réussite est à saluer, et je ne suis pas sûr que c’était la seule voie qu’aurait pu prendre le pouvoir là bas. Tout comme la vie de Rahbi peut être considérée en exemple par elle-même, je crois que le cas de Cuba dans ce domaine et dans d’autres aussi peut l’être aussi : un autre chemin est possible.
    De plus les développements dans les domaines de la santé, de l’éducation mais aussi, je le répète en ce qui concerne l’aide internationale, sont tout à fait conséquents, particulièrement si on considère la taille du pays, le blocus total dont il fait l’objet ainsi que les agressions répétés de son puissant voisin.
    Alors oui je vous trouve injuste de ranger Cuba avec la Chine de Mao et la Russie de Staline, ça fait penser à de l’anticommunisme primaire, et pour le coup ça renvoie aux méthodes de « salissage » par association que vous avez démonté chez Malet.

    Je précise que je n’ai pas d’intérêt militant ici, ce serait même le contraire, mais il me semble juste de voir les choses sous tous les angles à leur échelle sinon c’est l’anathème sur toute une partie des expériences humaines qui pourraient être utiles, même partiellement.
    Amicalement

  37. Pourquoi défendre Rabbi avec la même logique que Malet…
    Ton amitié t’aveugle un peu, cher Nicolas….
    Je suis en train de savourer « Dialogues de sourds : Traité de rhétorique antilogique » de Marc Angenot et avec une telle erudition et un sens de l’humour remarquable, je ne peux que t’en conseiller la lecture, cela te fera peut être être plus mesurer pour défendre tes amis sans convaincre personne ah ah ah
    La fable du colibri me fait vomir depuis la première fois où je l’ai entendu (et elle venait pas de Rabbi).
    Notre monde est basé sur le conflit depuis le néolithique (10 000 ans). 70% des ressources sont consacrées à l’art de la guerre sur notre planête aujourd’hui. Rien ne se fait sans conflit sauf pour ceux qui se regarde le nombril et le trouve fort beau.
    Je ne doute pas que Rabbi dont J’ai lu des articles soit de bonne foi. Mais il n’a jamais proposé quoique ce soit face à ce qu’il lui même expliqué (à part cette sottise de colibri ah ah) : « Je laboure toute la journée avec mon ami, le soir venu au couchant je lui fait admirer le chène magnifique au fond de sa parcelle et lui me répond, on va bien en tirer 30 stères » Le problème est ailleurs mais sans savoir la guerre (business des banques et des politiques) tu vis chez les bisounours.
    Alors oui, lâcher prise sur la destruction marchande du monde, être naif au point de ne jamais dénoncer les destructions du monde (familiale par l’emploi, naturelle par le gaspillage) de Carrefour et en même temps laisser l’entourage gérer la fortune… C’est ton ami, et ce pourrait être le mien mais bon, si c’était le mien je lui dirais quand même d’être un peu responsable et d’assumer ses idées en dénonçant la dictature des banques et de leur domination sur le monde agricole (machinisme et pesticides tu connais hein Fabrice ?)… mais chacun ses faiblesses n’est ce pas . Un vieux monsieur mérite le respect n’est ce pas . Allez je préfère écouter François Ruffin (de Fakir que je préfère au Diplo) à l’assemblée. Lui, il se bouge et s’en fout de se faire mousser.
    Sans rancune
    et pour la petite histoire l’enquete de Malet sur la tomate est plutôt bien ficelée

    1. Chouc, chic, chac ?

      Euh, je ne crois pas m’appeler Nicolas, et je constate que tu préfères ne rien aborder de concret. Ma foi, on fait ce qu’on peut.

      Fabrice Nicolino

  38. Hola ! Faut pas prendre la mouche comme ça ! Je voulais juste savoir savoir d’où vous teniez votre science, ma foi si c’est faire oeuvre de police, la curiosité, ben vive la police !(relaxez-vous, mon brave, respirez par le nez, je sais pas mais cool, mec, cool…)

    1. JPB,

      Il faut croire que je n’aime pas la police. J’assume, je n’aime pas la police.Tout le monde ne peut pas être comme vous, voyons, soyez cool. Et je crois que je passerai encore quelque temps de vos cours de maintien.

      Fabrice Nicolino

  39. Bonjour,
    Je me permets de vous indiquer un lien vers la notice biographique du Dr Pierre Richard, que Jean-Baptiste Malet a décidé d’exploiter selon les procédés peu professionnels que vous dénoncez. J’ai rédigé ce billet à l’issue d’un travail de recherche historique fouillé, dont l’intégralité a été publiée et peut être lue en ligne. J’avais signalé cet ouvrage à JB Malet avant la rédaction de son article : soit il ne l’a pas lu, soit il l’a lu avec ses œillères polémiques.

    à lire donc, pour équilibrer la vision de Pierre Richard et plus généralement des promoteurs d’une écologie humaniste, à recontextualiser dans le climat culturel particulier des années 1950-1960: http://www.ahpne.fr/spip.php?article79
    et https://halshs.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/519627/filename/Livre_origines_PNC.pdf

    Bien à vous
    Karine Basset

  40. Bonjour, connaissant Pierre Rabhi de longue date, j’ai moi-même écrit une réponse courte à cet article (voir ci-après). J’ai eu beaucoup de mal à trouver l’adresse où l’envoyer mais une amie abonnée m’a donné ceci pour répondre au courrier des lecteurs: https://www.monde-diplomatique.fr/diplo/contact/ Je n’ai eu de réponse qu’une offre d’abonnement. Je vais maintenant faire circuler aussi laréponse de FN, bien plus détaillée et au fait des courants parisiens que moi. C’est Pierre qui m’a fait passer le lien. Merci. LJ
    En réponse à l’article sur « le système Rabhi » de Jean-Baptiste Malet
    paru dans Le Monde diplomatique en août 2018:
    Depuis une trentaine d’années, je croise Pierre Rabhi sur notre marché local et nous discutons de temps à autre. J’ai lu plusieurs de ses livres, et je l’ai interviewé parfois pour les miens. Je suis convaincue, comme tous ceux qui le connaissent objectivement, de sa sincérité, de son honnêteté et de sa bienveillance. Le fait est que Pierre n’est pas un grand intellectuel ni un idéologue ni un guru. Chaque fois qu’il s’est trouvé à la tête de quelque organisme, il est parti, mal à l’aise avec le pouvoir. Pourquoi ne proteste-il pas quand on lui attribue des ambitions et des qualités qu’il n’a pas ? Parce qu’il défend depuis 60 ans une approche qu’il croit essentiel à la survie de notre espèce sur cette planète. La même, d’ailleurs, que Nicolas Hulot. Pierre vise tout particulièrement l’épuisement des sols partout dans le monde; il défend le compost et en général une agro-écologie qui vise à restaurer l’indépendance des populations locales, pour la santé des humains et des écosystèmes. Ce n’est pas du tout un « refus de la modernité » mais bien une idée d’avenir, peut-être même la seule à garantir un avenir.
    Il défend donc quelque chose de bien plus grand que lui. Sa modestie est réelle. Évidemment, tous ses livres et toutes ses conférences disent la même chose—cette chose-là, si urgente. Et s’il parle de lui, c’est parce qu’il offre un témoignage vécu, avec beaucoup de courage, depuis 60 ans. Beaucoup d’autres s’expliquent plus rigoureusement en termes sociologiques, économiques, agricoles, etc etc. Mais Pierre Rabhi VIT ses convictions, depuis des débuts très durs jusqu’à la célébrité actuelle, sans faille, et avant tout le monde. C’est courageux, quand-même !
    Sa « sobriété heureuse » n’est pas un luxe de nanti mais une vraie simplicité que la célébrité n’a pas changée. Je comprends qu’elle a pu être récupérée par l’extrême droite par association d’ami d’ami d’ami. Mais rien de prouve que Pierre Rabhi l’ait cherché ni même su. On dit qu’en Italie, le jardinage familial a eu beaucoup de mal à démarrer après la guerre parce que Mussolini en avait tant fait les louanges…c’est bien dommage !
    Les femmes ? Je l’ai souvent entendu défendre notre droit à l’éducation, au travail, aux mêmes choix que les hommes. Il n’y a qu’à regarder les femmes de sa famille, à commencer par la sienne, une partenaire de valeur depuis le début.
    Exploitation de bénévoles ?—pas plus que dans bon nombre d’associations de vie alternative, où le partage et le troc remplacent en partie les salaires. Le wwoofing en est un autre exemple. Quand un projet idéaliste perdure, il y a toujours des mécontents qui ont été ou se sentent exploités. L’idéalisme de Pierre Rabhi est peut-être naïf, mais ce serait plutôt lui qu’on exploite parfois.
    Ne lui demandons pas d’être ce qu’il n’est pas. Ce qu’il est suffit.

  41. Quelle mouche a piqué Le Monde diplomatique cet été ? Sans doute des articles vendeurs pour plagistes ? Une réponse d’une même teneur peut être adressée à l’article intitulé « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme » publié en juillet 2018. Ce n’est pas tant le sujet – si intéressant – qui dérange, mais la tonalité et la construction de l’article qui perturbe le lecteur intelligent. Ce dernier ne demande qu’à ce qu’on lui démontre objectivement les hypothèses énoncées, ce qui fait défaut. Le Monde diplo, discret journal de la misanthropie ?

  42. Cher M. Nicollino,
    Je me permets de partager mon opinion sur votre réponse à l’article de M. Malet.

    En premier lieu, ce que s’efforce de démontrer Malet via notamment cette article et celui sur l’anthroposophie, c’est l’existence gênante, très peu commentée dans les médias de tout bord de ce que je qualifierai, pour faire vite, de nouvelle religion bobos, qui, de fait, mélange l’écologie, l’ayurveda et son curcuma, le yoga, la biodynamie, etc… le problème étant qu’aucune de ces activités n’est critiquable en tant que telle, mais qu’un mélange des genres font apparaître dans la tête de gens une grave confusion entre le dérèglement climatique scientifique et les actions à mener en ce sens, et la vision morale du retour à la terre de M. Rabhi. Et le retour à la terre, de nouveau n’est pas tenu d’être associé à une vision spirituelle, explicitement présente chez Rabhi.
    Don sur ce point là, je trouve que la démarche de l’article est essentiellement louable, de se rappeler qu’il faut porter un regard critique et systématique sur ça (car dans la réalité, il faut quand même le rappeler, la vision est presque exclusivement inverse et à l’avantage de Rabhi, le « papi sympa qui prône la sobriété »), et se rappeler que cela représente également un business juteux. Et à ce titre je suis mitigé puisque vous ne reconnaissait à aucun moment ce point là qui est de très loin le sujet principal de l’article me semble t-il.

    Le deuxième point sur lequel je suis quand même mitigé c’est que dire que M. Rabhi n’est pas responsable de ce que des gens vendent « des machines à ondes scalaires » pour vivre plus vieux, dans les conférences où il vient prêcher (haha manipulation du discours, j’ai utilisé « prêcher » exprès pour disqualifier Rabhi, et vous n’y avez vu que du feu), je ne suis pas du tout d’accord. Je conçois qu’il ne touche pas une commission sur les ventes, mais enfin, on choisi les lieux où l’on s’exprime, et à ce niveau là, ce n’est plus de la tradition millénaire orientale qui est vendu, c’est du charlatanisme pur et simple.

    De la même manière, vous tournez un peu autour du pot expliquant que M. Rabhi ne fait pas exprès d’être homophobe, bon … Oui Rabhi a le droit d’exprimer un doute et une opinion, oui, M. Malet a le droit d’en faire une critique, la liberté d’expression st aussi la liberté de critiquer. Ce matin même sur France Culture vous disiez préférer vous couper un bras que de transiger avec un raciste, c’est quand même pas clair tout ça, si je puis me permettre.

    Du coup au final, oui le monde diplo est orienté, mais je suis pas mal en désaccord avec votre discours, pour la simple et bonne raison que votre démonstration de l’aspect manipulation bolchevique de l’article du monde diplo tombe un peu à plat, car enfin, la manipulation est parfaitement transparente, j’ai envie de dire. Oui c’est un article visant à disqualifier Rabhi et à le présenter comme un gourou, le procédé n’est pas malhonnête, il est explicite tout au long de l’article.
    Et, j’imagine plutôt la posture de l’auteur comme celle de quelqu’un qui a ressenti un électrochoc en constatant qu’en creusant, ben tout ça c’est pas nette du tout et qui faut que les gens subissent le même électrochoc pour réaliser (c’est en tout cas le ressenti que j’ai eu quand j’ai découvert que la biodynamie est une pensée magique basé sur les opinions d’un pangermaniste du début du siècle et également un business lucratif de la société antroposophique, de nouveau ce sont des faits, pas des opinions, et de la même manière les gens ont très mal réagi à l’article de M. Malet à ce sujet, pour les mêmes raisons, car ils ne souhaitent pas que l’on attaque leurs croyances, et surtout qu’on leur fasse réaliser que ce sont bien des croyances)

    Et pour vous avoir entendu longuement ce matin sur France Culture, vos opinions sont parfaitement louables et je lespartage (arrêt des pesticides, etc…) mais l’attitude de « gueulard donneur de leçons », je pense, dessert le propos.
    Un exemple, dans la réponse à l’article, où vous parlez des boîtes de conserves pour désigner le logement urbain intensif… Ca par exemple ça me semble très disqualifiant et discriminatoire d’une part, et très aveugle d’autre part, car enfin, je doute que l’avenir écologique de notre société de 7 milliards d’individus, consiste en un retour à la terre commun ou chacun à sa maison et son bout de jardin, car on risque d’être pas mal à l’étroit. Donc concevoir de l’habitat collectif urbain (certes mieux pensé que les cités qui sont, sans aucun doute, un désastre urbain) par exemple, c’est vraisemblablement essentiel, et le donneur de leçons qui explique à tout ces moutons dans des HLM qu’ils n’incarnent pas l’écologie alors que lui il a un four à pain et une voiture pourrie et que ça c’est grave l’écologie bon…

    Et enfin pour terminer, si je suis bien votre propos dans la réponse au monde Diplo, il faut accepter les petits travers des uns et des autres si on veut avancer ensemble sur un terrain où l’essentiel des idées est partagé… De nouveau, une réponse en 15 pages démontrant ligne par ligne que le monde diplo n’est rien d’autre qu’un organe de propagande du KGB, ça parait de nouveau pas la bonne ligne directrice.

    Bien cordialement.

      1. C’est bien l’objet d’un blog personnel, en effet. Mais j’ai beau avoir lu la totalité du texte et des commentaires, je constate, bien logiquement que essentiellement des gens qui vous soutiennent (encensent?) lisent votre réponse et la commente. Mon dernier point, essentiel cependant, est comme vous le dites très bien vous même, qu’il est regrettable de s’inscrire en attaquant hargneux d’un journal comme le monde diplomatique, qui malgré ses travers partisans, demeure dans la toute petite poignée de médias pertinents, critiques de la société néolibérale, et très complet quand a son contenu et a ses arguments.
        Qui plus est, le problème (très) inquiétant de la confusion entre écologie et animisme, entre science et tradition, consistant à abuser de la crédulité d’un grand nombre d’individu en recherche d’une nouvelle spiritualité, menant à présenter et vendre dizaine de choses farfelues (de la biodynamie à la réflexologie plantaire, on pourra citer en kokopelli invitant à son festival le professeur Joyeux a présenter ses vues réactionnaires en tant que chantre anti-vaccin et ancien directeur de Famille de France), doit être pointé du doigt par les écologistes sérieux, et il est clairement attendu d’eux qu’il s ‘en tiennent explicitement à l’écart pour être rassembleur et pertinent.
        Si la confusion et l’amalgame n’a pas lieu d’être pour Pierre Rabhi au milieu de tout ça, il est au moins coupable de ne pas faire la démarche active de se positionner très clairement.

  43. Merci, merci et encore merci Fabrice Nicolino pour cette réponse, ô combien salutaire, à l’article infamant du Monde Diplomatique, que j’avais également trouvé détestable ! Je vous ai entendu ce matin à France Culture, et j’ai donc découvert votre blog et cet article. Je vais suivre de près cette formidable initiative dont vous veniez parler « Nous voulons des coquelicots » !
    Merci pour tout cela. Haut les cœurs. Bien cordialement, Geneviève Delanné

  44. Bonjour,

    D’accord avec le ton de l’article orienté uniquement « à charge » et digne d’un procès stalinien, mais le « système » Rabhi reste fort criticable.

    Pas du tout d’accord par contre avec le fait que l’on doive s’associer avec n’importe qui (sans tomber dans l’excès inverse de « bannir » l’homme qui a discuté avec l’homme qui a discuté (une fois) avec un faciste…) faisant des efforts pour « sauver la planète », et certainement pas avec des réactionnaires de tout poil (et pourquoi pas des fascites décroissants à la sauce néo-payenne…), même si Rabhi n’est pas dans les pires, loin de là, et qu’il a pu réveiller la conscience de nombre de personnes, donc le bilan est très positif à ce niveau, mais guère plus que celui d’un Hulot.

    Le changement personnel n’a jamais été suffisant de tout temps (même si c’est un préalable), seule la lutte collective (lutter ensemble, et non s’isoler avec son capital dans des éco-villages), et l’inversion des rapports de force pourra faire bouger les lignes, tout le reste, et en particulier tout ce qui tourne autour de l’individualisme « new age » (les Colibris sont bien dans cette mouvance, ciblant le pigeon bobo-écolo) ne débouchera que sur des récupérations marchandes, et s’avère même contre-productif, idiots-utiles du capitalisme en quelque sorte. Le capitalisme s’accommode fort bien de ces discours moralisateurs qui ne remettent aucunement en cause « l’ordre » social, ça laisse croire que ce sont les individus qui sont malades alors que c’est la société qui l’est, les rayons en développement personnel font florès en librairie, ainsi que les cours de relaxation en entreprise…

    Juste deux articles critiques ni staliniens, ni pro-capital, certes criticables eux-aussi :

    http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?t=9492&p=146687

    https://veritesteiner.wordpress.com/2014/03/13/pierre-rabhi-la-biodynamie-et-lanthroposophie/

  45. Au des derniers commentaires, la seule reponse qui semble rester aux defenseurs de l’article du Diplo, c’est la « posture ». Moi je ressens ceci, je prefere ne pas etre associe a cela, mais truc par contre, je prefere… Chacun a bien le droit de definir ses frontieres, avec plus ou moins d’elegance, mais en quoi cela fait-il avancer le discours commun, un langage partage? Au-dela des sentiments d’appartenance, qui sont je le repete le droit individuel de chacun, il y a quand meme des faits materiels, qui peuvent etre decrits, caracterises, verifies meme. C’est la seule chose qui compte, non?

  46. Merci Fabrice pour ce beau travail d’analyse. J’ai été pendant des années abonnée au Monde Diplo, du temps des belles heures de l’altermondialisme…c’était un journal utile pour comprendre le néo-liberalisme. Mais les choses ont changé et devant l’urgence écologique, on ne peut plus rester enfermés dans des querelles de chapelle! Mais il faut tout de même rester vigilant…Si je peux humblement ajouter quelque chose à l’adresse du Monde Diplomatique c’est : avez-vous réellement fait votre méa culpa par rapport à Tariq Ramadan? Car puisqu’il faut parler d’extrémisme, parlons-en! (et d’ailleurs tu es très bien placé, Fabrice, où plutôt tu étais mal placé à table ce jour de janvier 2015). Moi, d’ailleurs, je donnais foi aux articles de Ramadan, toute engagée dans la cause palestinienne que j’étais, dois-je me faire un procès à moi-même? Si c’est le cas j’ai du boulot, entre le trotskisme de la jeunesse, un passage au PS, un autre par Les Verts et le dernier (celui qui m’a dissuadé de tout retour dans la sphère politicienne), par le Parti de Gauche (6 mois et c’était amplement suffisant). Juste pour dire que je ne suis pas tombée de la dernière pluie et je suis assez grande pour savoir faire la part des choses concernant l’apport de Pierre Rabhi à la sphère écologiste, qui est énorme. Pour en revenir au Tariq, on parle là d’un cas ACTUEL, on parle là d’une nouvelle idéologie fasciste. Pendant des années, la sphère gauchiste a entretenu un rapport ambigu avec la sphère « islamo-gauchiste », pendant des années, jusqu’à…un sale jour de janvier 2015. Et, pourtant, pourtant on était nombreux à voir ce qui se profilait, mais chutt, fallait pas le dire parce que « la colonisation, la pauvreté, les banlieues, l’humimiation… », oui, ben Hitler aussi s’est appuyé la-dessus pour arriver en Allemagne. Et c’est pas la peine de me dire que c’est pas pareil, vu que plusieurs membres de mes ancêtres sudètes étaient au Parti Nazi et un grand oncle gardien au camps de Terezin (où est mort Robert Desnos, paix à son âme). le fascisme peut prendre plein de visages, mais pas celui d’un Pierre Rabhi. Ni d’un Edgard Morin, qui le pauvre, s’est laissé entraîné par ce manipulateur de Ramadan …Voilà. Pour finir, une anecdote : à une rencontre avec Serge Halimi (du Monde Diplomatique), organisée par la Ligue des Droits de l’Homme, en 2011, je me suis ouverte à lui sur mon inquiétude par rapport à la sphère complotiste sur le net. Il a ri, goguenard, et m’a répondu : » pas de quoi s’inquiéter, c’est dérisoire par rapport à la fréquentation des sites pornos »…

  47. « il appartient à la très vaillante race des prophètes », dites-vous en conclusion.

    Après avoir tant prétendu d’être résistant aux pièges du communisme d’avant, c’est un comble !

  48. Jean-Baptiste Malet aurait pu aussi parler du lien entre Pierre Rabhi et Paul Watson, le Pirate. Ce dernier ne cache pas qu’il préfère les animaux aux humains et il ne semble pas s’émouvoir devant les inégalités dans le monde sachant que pour lui la famine serait une solution à la surpopulation en Afrique… PS : un bateau de Paul Watson (Sea Shepherd) est financé par Brigitte Bardot ! Probablement des erreurs de jeunesse !
    Entretien Pierre Rabhi & Paul Watson : Le pirate et le paysan (mouvement Colibris)
    https://www.youtube.com/watch?v=RbBCQieuXlI
    On a visité le « Brigitte Bardot », le bateau de Sea Shepherd
    http://www.vegemag.fr/actualite/on-a-visite-le-brigitte-bardot-le-bateau-de-sea-shepherd-5131

  49. Bonjour, ce que j’ai retenu de l’article du Monde diplo c’est que Mr Rabhi ne préconise que le changement individuel, et ne parle jamais d’actions collectives, jamais de politique, or les choix macro-économiques (train/route etc..) sont certainement plus importants pour l’environnement que les changements très limités que nous produisons quand nous nous changeons nous même, non?

  50. Et moi je suis triste d’avoir entendu et lu la façon dont vous défendez Pierre Rabhi. Avec une sorte de haine véhémente. Je n’aime pas ses liens avec Étienne Chouard sans aucune critique de son confusionisme et des ses liens avec Soral, le fait qu’il ne prend pas explicitement de la distance avec les amitié a l’extrême droite de ses fils. Moi c’est CELA qui me navre. Du coup je regrette d’avoir signé les coquelicots , alors que j’avais été emballée par votre argumentaire a france culture, jusqu’a ce que vous abordiez la défense de Pierre Rabhi… On est plusieurs dans ce cas…. Ah…ça fait chier!!!! Vraiment.Bien a vous
    Nicole Pavlowsky

    1. Pardonnez-moi, mais vous racontez n’importe quoi. Je connais Pierre Rabhi depuis plus de vingt ans, et s’il y avait le moindre doute sur son humanisme généreux et planétaire, je ne serai pas son ami. Il déteste toutes les extrêmes-droites et, je vous le redis, vous racontez n’importe quoi. Ou plutôt, vous colportez la calomnie, maladie aussi vieille que le monde.

      Fabrice Nicolino

      1. « Pardonnez-moi, mais vous racontez n’importe quoi. Je connais Pierre Rabhi depuis plus de vingt ans, et s’il y avait le moindre doute sur son humanisme généreux et planétaire, je ne serai pas son ami. »

        Eh bien!

        Vous qui vous posez depuis le début en arbitre des élégances argumentatives, ne trouvez-vous pas que la circularité de ce raisonnement n’a d’égale que son nombrilisme ?

        1. Pourriez-vous vous exprimer clairement ? Moi, j’ai écrit et mis à disposition des centaines et des centaines d’articles qui disent assez qui je suis, et ce que je défends. Je maintiens cette chose simple : je ne serais pas l’ami d’un homme qui n’aurait pas ce virulent attachement aux hommes, et à la vie. Mais je vois que vous en savez plus sur le sujet.

          Fabrice Nicolino

          PS : Cette éternelle façon de s’en prendre aux personnes… Que ne commentez-vous les 20 000 signes que j’ai consacrés au pauvre poulet de M. Malet ? je crois que ce serait élégant et probablement instructif. A moins que…

  51. Cher Fabrice,

    Vieux lecteur du Diplo (1992-2018), et de Charlie itou , j’avoue être plus intéressé par les articles des pigistes (Sic) étrangers qui traitent de ce qui se passe hors les murs,
    Du coup, j’ai un souvenir assez «  »vaporeux » » de l’article de Malet, qui ne me m’a guère convaincu (mais le fallait-il !)
    je reste plus rassuré par la douce voix (voie) et l’argumentaire de Rabhi sur les ondes dimanche dernier :
    https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/la-voix-est-libre-avec-pierre-rabhi
    Lien grâce auquel je viens de lire ton long billet.
    Restons groupés, le pire est à venir ?
    Ciao ViVa , porte toi bien

  52. Je ne vais pas argumenter sur les raisons qui m’amènent à simplement vous remercier pour votre « poulet », M. nicolino … mais ça fait du bien.

    Hélas, en ce qui me concerne, cette bataille a fait quelques victimes, & pas des moindres, ce que je déplore : le monde diplo. & quelques unes de ses plumes. Ils méritaient bien, après leur production infâme, qu’on leur vole dedans

    Quel désastre, quand même.

    Quand à Pierre RABHI, et bien, je dirai : vous en avez, un chouette copain, quand même. & vice versa

    Portez vous bien

  53. Je viens de lire l’interminable article et les 14 points de Fabrice Nicolino, puis la centaine de commentaires qui sont en dessous…

    J’ai d’autant plus de mérite que la première grosse moitié de ces commentaires est éperdue d’admiration. Il est plus intéressant de commencer par la fin : on y trouve quelques commentaires plus nuancés, plus critiques, et des informations qui semblent de première main, sur les opérations immobilières liées au « système Rabhi » ; pardon : à la « galaxie Rabhi ».

    Que Nicolino soit l’ami de Rabhi, c’est bien leur droit. Mais Nicolino a l’amitié chatouilleuse ! Il ne faut pas toucher à son Rabhi. Il vous mordrait, Nicolino !(…)

    Commentaire de Fabrice Nicolino :

    J’arrête là le long message de cet anonyme. À mon sens, il est aussi prétentieux qu’imbécile, mais évidemment, ce n’est pas pour cela que je le stoppe ici. Je crois que de nombreux commentaires écrits ici depuis août 2007 ont pu avoir ces caractéristiques. Non, je l’ai stoppé parce qu’il est vil à mon encontre – les attaques y sont personnelles – et qu’en outre, ce monsieur que j’aimerais tant connaître par son nom et sa fonction préfère rester anonyme. C’est son droit, et c’est le mien de refuser sa prose qui, le croirez-vous, me confirme un peu plus dans l’idée qu’il règne en effet, dans certains cercles, un « stalinisme culturel diffus ». Je ne doute pas du sort qui serait le mien si des gens aussi fins, intelligents et libres d’esprit que ce correspondant disposaient d’un quelconque pouvoir d’Etat. Monsieur l’anonyme, je crois inutile que vous déversiez ici un nouveau tombereau de telles sympathiques maximes.

    Fabrice Nicolino

  54. L’article de JB Malet n’avait sans doute d’autre but que de salir gratuitement une personne, et d’instiller le doute envers une personnalité très (trop ?) apprécié par de plus en plus de personnes.
    Le fait que Pierre Rabhi (et son entourage) ne soit pas exempt de contradictions est un fait reconnu par l’intéressé lui-même. Mais les vrais enjeux, les vrais désordres sont ailleurs.
    Un article aussi critique pourrait-il être possible aujourd’hui contre une multinationale opaque dont le dirigeant accepterait de recevoir un journaliste chez lui ?
    Bien sûr que non.

    En dernier lieu on pourrait chercher à qui profite le crime. Les lobbies ne ménagent pas leurs efforts pour discréditer leurs contradicteurs. Quand on sait l’attachement de Pierre à l’agro-écologie et sa dénonciation des pesticides… en ces temps d’interdiction sans cesse repoussée du glyphosate… tous les coups sont permis pour créer le doute, entretenir l’indécision, gagner du temps et in fine maximiser les profits.
    Suivez mon regard.

  55. Cher Fabrice,
    Je trouve l’article de Malet bien informé et assez mesuré. Sur Rabhi, on a d’habitude soit de l’hagiographie, soit du rejet en bloc, les deux la plupart du temps très mal documentés. Cette enquête (c’en est une) n’est sans doute pas à ton goût, mais de là à invoquer un procès stalinien, c’est un peu exagéré, non ?
    Le fond du problème, pour moi, est de savoir si Rabhi apporte ou non des idées de solutions à la crise écologique. Et je réponds non sur deux plans. Un : Il n’apporte rien sur le plan agricole. L’agro biologie n’a pas besoin des fariboles de Steiner : la bio-dynamique est une croyance qui ne repose sur aucun résultat tangible. Deux : son individualisme ne mène à rien. La seule morale de la fable du colibri, c’est que l’oiseau va rôtir sans arrêter l’incendie. Conclusion : l’apolitisme prêchi-prêcha de Rabhi fait perdre du temps en dépolitisant un problème qui est politique, au meilleur sens du terme.
    Toute mon amitié de lecteur.

    M. M.

    1. Je suis désolé de te l’écrire, mais tu n’apportes rien au débat. J’ai fait un article critique, que tu n’as fait visiblement que survoler, et tu ne dis donc rien de son contenu pourtant si concret. Puis, deux choses. Un, dans la vison agro-écologique de Rabhi, pas un mot sur Steiner. Rabhi anthroposophe ? Oui, si je suis le pape de Rome. Deux, tu lui reproches de ne pas répondre à la crise écologique par des solutions. Qui le fait ? Le Diplo, vraiment ? En outre, l’agro-écologie est une réponse positive à deux problèmes essentiels : l’appauvrissement continu des sols et l’alimentation de l’humanité, qui n’est certes qu’un détail pour certains, mais qui conserve à mes yeux une certaine importance.

      Bien à toi,

      Fabrice Nicolino

      1. C’est Rabhi lui-même, pas plus tard qu’il y a deux semaines à France Culture, a dit qu’il avait eu une révélation avec le livre de Pfeiffer, un « disciple de Steiner », je le cite. Et la bio-dynamique vient de Steiner, non ? Tu vas bientôt être pape de Rome, Fabrice. Je rigole… Je suis un grand partisan du bio et donc de l’agro-écologie, mais les billevesées bio-dynamiques steineriennes n’ont rien à voir avec ce noble but que nous partageons. Quant au « Diplo », que je lis rarement, je présume qu’il pensent que la crise écologique est une conséquence du capitalisme et que renverser le capitalisme y mettra fin. Je n’y crois pas vraiment… Soyons mesurés : Rabhi et son colibri sont pour moi à côté de la plaque, parce que a-politiques et dans une pensée magico-religieuse. Mais, mais… ton ami mène à une sorte de prise de conscience et rêvons qu’un jour (quoi qu’il en dise) une politique écologique (ou une écologie politique) le dépassera.

        M.M.

        1. Je vois surtout que tu ne sembles pas te relire toi-même. Tu passes apparemment sans problème de Pfeiffer, auteur d’un livre remarquable, à Steiner, comme si l’un était l’autre. Que veux-tu dire par disciple ? Et le sais-tu ? Steiner était un grand loufoque qui a surtout, à mes yeux, écrit des conneries. Et qui a tilté sur la biodynamie, pratique que je connais fort mal. Mais je connais des paysans qui l’utilisent, d’une grande prudence dans leurs propos, et qui vantent son efficacité. Est-on bien sûr de tout comprendre ? Qu’un homme – Steiner – ait déliré il y a un siècle, sans jamais donner la main aux crimes immenses du stalinisme et du fascisme, est-ce si grave qu’il faille sortir le discours habituel sur la raison et le sens de l’histoire (je parle du Diplo) ?
          Rabhi n’est pas steinérien, ni de près, ni de loin. Et l’agroécologie, bien que les interprétations ne manquent pas, ne se confond nullement avec la biodynamie. Et donc ?
          Je me répète : pourquoi ne pas lire mes arguments ? Bien à toi,

          Fabrice Nicolino

          1. Cher Fabrice,
            J’ai bien lu tes arguments… et d’accord, je n’ai pas lu Pfeiffer dans le texte. Je cite néanmoins Rabhi, selon Malet : « Un jour, le docteur Richard est venu chez moi, triomphant, et il m’a mis entre les mains le livre Fécondité de la terre, de l’Allemand Ehrenfried Pfeiffer, un disciple de Steiner. J’ai adhéré aux idées de Steiner, ainsi qu’aux principes de l’anthroposophie, et notamment à la biodynamie. Lorsqu’il a fallu faire de l’agriculture, Rudolf Steiner proposait des choses très intéressantes. » Et Rabhi a dit la même chose il y a deux semaines sur France-Culture.
            Mais laissons là les querelles et les amalgames. Admettons que Rabhi ne soit en rien steinerien, comme tu l’affirmes. Ca ne change rien à la question de fond qui est : « Est-ce que Rabhi est à la hauteur de sa réputation ? Est-ce qu’il apporte réellement des idées de solutions à la crise écologique ? » Et j’ai argumenté que « non » sur deux plans, technique et politique.

            Ca a été un plaisir de correspondre avec toi.

            Cordialement

            Matty

          2. Eh bien, arrêtons-là, car je vois que tu prends soin de ne pas répondre à ce que je dis. Ce n’est pas une discussion, c’est une juxtaposition. Bonne journée,

            Fabrice Nicolino

          3. Je remarque que tu reproche à Matty Musgrave de ne pas répondre à tes arguments, mais je remarque que tu ne réponds pas au principal reproche qui est fait à Rabhi, à savoir qu’il dépolitise la question écologique par son discours consistant à dire qu’il suffit de se changer soi, individuellement, pour régler les problèmes. Or on sait bien que dans l’Histoire aucune grande transformation n’a pu se produire sans organisation collective ni sans conflictualité (ce qui ne veut pas dire faire appel à la violence). Or Rabhi s’adresse de la même façon aux PDG des multinationales et aux chômeurs, comme si l’un et l’autre avait la même responsabilité dans le système productiviste dans lequel nous vivons. C’est en cela qu’on peut trouver que Rabhi est plus néfaste qu’utile.

  56. Merci pour cette plaidoirie précise de journaliste… et vos combats … et l’appel des coquelicots,

    Stressée par les enjeux , l’époque est à l’intolérance qui ne fait que croitre. Tant que les phénomènes sont marginaux, on se moque avec condescendance des « alternatifs » et des bobos. Dès que le succès pointe, alors les coups se font plus bas, plus violents, plus toxiques.

    Voici ma plaidorie de militante laique, attentive et tolérante :
    Pierre Rabbhi, que je ne connais que par média interposé : livres, articles, internet, vidéos… a toujours eu le mérite d’être clair, honnête, sincère, modeste dans ces propositions qui sont multiples et non limitées. Certes, c’est devenu une icône avec ce regard, cette chemise à carreau… on pourrait penser à une forme de marketing de soi. Je crois qu’il est juste fidèle à lui-même. Donc on exige de lui la perfection, mais qui l’est? Perfection y compris sur toutes les personnes qui ont croisé son chemin, Qui n’ a pas eu à travailler, à collaborer avec des personnes dont les valeurs n’étaient pas totalement alignées aux nôtres? Cela enlève-t-il quelque chose à son chemin à lui? Non, assurèment.
    Doit-on faire une enquète à charge sur le passé de chacune des personnes que l’on croise dans sa vie? Quelle société serait ainsi? Les sociétés fascistes : ben non merci, je préfère le flou des démocraties imparfaites. La rédemption des personnes aux erreurs de jeunesse, ça existe aussi.

    On lui reproche la faiblesse économique de son petit modèle personnel, cette petite ferme qui n’a donné qu’un très modeste niveau de vie à sa famille, comme le font toutes les fermes de permaculture entre production, hébergement et formation! Ce n’est pas de leur faute aux paysans, si dans notre société, tout le monde (banques, assurances, chambres, industries des intrants et machines, agroalimentaires) vit grassement sur le dos de l’agriculture, sauf les paysans qui en crèvent! Grâce à la main invisible du marché, le lait est moins cher que l’eau, un babigros ou un jouet moins cher qu’une miche de pain au levain ou qu’un kilo d’endive!!! Le « succès » des paysans bio, permaculteurs est à l’échelle de l’absurdité de ce système. Eux arrivent à survivre avec dignité, car leur vie a du sens, avec 600 euros de revenu par mois quand d’autres se suicident tant ce milieu est infernal et absurde.

    On lui reproche son passèisme, une forme de luddisme : tout faux ! l’agro-foresterie fait appel à toutes les nombreuses bonnes pratiques du passé boostées par les apports scientifiques de notre époque prolixe, science du sol notamment. C’est juste qu’il est critique face à certains « progrès » dont l’effet est partisan, localisé et court-termiste comme les OGM, l’élevage shooté aux anti-biotiques, les engrais brûleurs de sol… comme on commence à le démontrer enfin officiellement, mais avec difficulté… en raison des lobbys.

    Certains critiquent ce modeste challenge : à défaut de pouvoir changer la société, change-toi toi-même. Premièrement agir permet d’éviter la déprime de l’impuissance! Certes, a priori, cela ne sert pas à grand chose, mais c’est mieux rien ou que l’aquabonisme hédoniste et mon petit doigt me dit qu’à force de boycotter la malbouffe non bio et les supermarchés, tous les petits colibris que nous sommes, un par un, nous avons bien réussi à faire changer Carrouf&Danone et même MacDo qui verdit à vue d’oeil! Aujourd’hui c’est la ruée vers le bio au risque de lui faire perdre son âme à la bio… et c’est grâce à nous. C’est la somme de ces petits actes individuels dérisoires qui a produit ce résultat collectif massif… et c’est pas fini, car il faut que l’on reste exigent, vigilent!
    Moi même, je me suis mise en route. Tous les jours, je change quelque chose dans ma vie pour être plus écolo et changer le système… et que de chemin parcouru en 30 ans! Même si ma vie est loin d’être parfaite, cohérente… je crois plus au pouvoir de la carte bleue qu’à celui de la carte d’électeur, l’écologie est si faible que j’ai passé 30 ans à juste voter pour éviter le pire… et c’est pas fini 🙁

    D’autres, en raison de cette perfection intégriste, lui reprochent de parler à tous, notamment les multinationales. Mais sa tolérance à lui, c’est de permettre à tous de se questionner, de changer quel qu’il soit. Comme Nicolas Hulot, il est inclusif. Nous pouvons, tous, de là où nous sommes contribuer à ces changements qui sont multiples, polyfactoriels et ne relèvent pas de la pensée unique. ll est ouvert, disponible, lui, il n’exclue personne, c’est le propre d’un humaniste.
    Moi aussi l’écolo, amapienne militante, je travaille au sein d’une multinationale. Des fois, je cupabilise de cette ‘imperfection ». Mais quand en plein séminaire, je peux faire la plaidoirie de l’économie circulaire, je sens que j’agis au coeur du système et que je suis bien là où je suis, tel un colibri qui n’a pas choisi d’être pris dans l’incendie.

    On lui reproche de bien gagner sa vie, enfin, grâce à ses livres, mais diantre, comme tous les écrivains à succès. Lui au moins, est resté fidèle à son choix de vie modeste et dans sa ferme : il n’est pas parfait mais essaye juste d’être cohérent à son niveau.

    Enfin, on lui reproche sa spiritualité. Mais comment décrire le respect à la Nature? Toutes les cultures qui mettent la nature en priorité produisent une forme de spiritualité : les amérindiens, les aborigènes, les hindous, les toltèques …. comme si, justement, le respect était déjà synonyme de spiritualité dans nos sociétés décérébrées. Lui a développé au sein de sa pratique religieuse, ce respect à la nature, mais avec douceur, ouverture et questionnement. D’ailleurs, il semble avoir pris le bon chemin, puisque le Pape aussi prêche dans ce sens maintenant 🙂 Il est nullement intégriste et travaille harmonieusement avec des peuples de toute spiritualité comme le montre son parcours. En mettant le respect de la Nature et de l’humain en avant, il est humaniste et non gourou. Moi, laïque, je préfère sa spiritualité modeste et réaliste dans laquelle je peux piocher les notions qui me parlent, à celle des transhumanistes américains, qui sont persuadés que nous, élus de Dieu, dominons, sublimons, par notre hyperscience totémique, la Nature et que si, par malchance, on foirait : game over, Dieu nous indiquera une autre planète où on pourra tout recommencer : try again!
    Donc oui, Pierre Rabbhi, avec d’autres, fait bien partie des sages inspirants de notre époque.
    Merci à lui d’avoir développé ces pensées et merci à vous de les défendre.

  57. J-B Malet a 31 ans, dit d’avoir passé plus de temps jouant aux échecs qu’aux études et juge quatre mois d’enquêtes un énorme travail…il ne lui reste que l’arrogance pour s’en sortir. En effet le Monde diplomatique ne devrait pas avoir de raison de publier un tel « travail ». Heureusement cette méprise a provoqué la belle analyse de F. Nicolino.

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