Le coquelicot, fleur anarchiste

Ce texte a paru il y a quelques jours sur Reporterre

On vous a fait le coup cent fois, et rien ne dit que ce soit la bonne. Mais nous le croyons, nous qui avons lancé le mouvement des coquelicots le 12 septembre 2018. Nous croyons tout simplement que nous allons gagner. Qu’en octobre 2020 – nous comptons bien tenir jusque là -, cinq millions d’entre nous auront rejoint notre Appel ! Cinq millions ! Que dit notre Appel ? Quelque chose de simple, mais en même temps décisif : nous voulons des coquelicots, et parce que nous voulons des coquelicots, très fort, nous exigeons l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

Qu’est-ce donc qu’un coquelicot ? Le mot a fait des cabrioles dans la langue française passant de coquelicoq à coquelicoz (au pluriel), s’autorisant la variante coquerico. En réalité, c’est simple : notre fleur magnifique tire son nom d’une ressemblance avec la crête d’un coq, au moins par sa couleur. Citation du grand agronome Oliver de Serres, mort en 1619 : « Quoquelicoq est espece de pavot ; il croist en terre grasse et bien labourée, estant en fleur un peu devant la maturité des bleds ([blés], parmi lesquels se mesle il ». Nous ne sommes pas les premiers amoureux.

Mais bien sûr, outre qu’il est somptueux, le coquelicot est un combattant de la biodiversité. Demandez leur avis aux abeilles décimées par les pesticides ! Elles ne fondent pas sur eux pour le nectar, qu’ils ne produisent pas, mais pour leur pollen. Bien que les études demeurent rares, le coquelicot joue un grand rôle pour le maintien de nombreux ruchers, pendant la disette printanière qui succède au fleurissement du colza. Au reste, c’est un prêté pour un rendu, car le coquelicot ne peut pas s’autoféconder, et dépend en bonne part des circonvolutions des abeilles pour se féconder. Elles ne le voient pas en rouge, comme nous, mais en bleu, dans un rayonnement ultraviolet. Comme on les envie, hein ?

Au fait, combien de graines ? Une fleur peut produire 20 000 graines à elle seule, qui ne pèseraient dans l’affreuse balance du marchand, que 2 grammes. Soit 0,0001 gramme l’unité. Une plume, moins qu’une plume. Et là, patiemment planquées sous trois grains de terre, elles attendent le moment favorable. Combien de temps gardent-elles leur pouvoir de germination ? Chez les semeurs de tous horizons, la discussion n’en finira jamais : certains comptent en années, d’autres en décennies. Et les plus audacieux en siècles. Notre avis : le coquelicot est increvable. Et même celui qui se moquerait de sa beauté de reine devra bien reconnaître qu’il est divin sur le pain ou les salades, souverain pour qui veut faire une vraie sieste réparatrice. Disons-le : c’est un grand ami.

Il y a moins drôle. Le 2 mai 1915, le médecin-major canadien John McCrae doit enterrer son ami Alexis Helmer, tout juste âgé de 22 ans, qui vient de mourir sur le front belge de la Première Guerre mondiale. Le lendemain, il écrit en hommage ces mots puissants :

« Dans les champs des Flandres, les coquelicots fleurissent

Entre les croix qui, une rangée après l’autre,

Marquent notre place ; dans le ciel

Les alouettes chantent encore courageusement

A peine audibles entre les canons qui tonnent (…). »

C’est horrible, mais en ce premier printemps du massacre, les terres bouleversées par les obus ramènent à la surface des graines de coquelicots qui couvrent les champs de la mort de milliards de fleurs rouges, qui deviendront, en Angleterre et au Canada, le symbole du souvenir. Depuis 1920, les poppies – nos coquelicots – sont arborés chaque 11 novembre par des millions d’humains recueillis.

On n’est pas obligé de se prosterner. Ni d’accepter qu’un tel symbole puisse représenter tant de corps déchiquetés. Notre grand ethnobotaniste Pierre Lieutaghi, par exemple, note que le coquelicot « se moque des frontières », ajoutant qu’il y a « de par le vaste monde, beaucoup d’êtres qui, en mai, le découvrent avec bonheur et qu’il vaut mieux, pour une fleur, symboliser la joie que le sanglant sacrifice ».

Comment ne pas exulter avec lui ? On connaît au moins 9 tableaux de Monet avec des coquelicots, peints entre 1873 et 1891. Preuve que qui plantait alors son chevalet en Île-de-France au printemps avait les yeux éblouis par les quatre pétales écarlates. On les voit aussi chez le Van Gogh d’Auvers-sur-Oise, comme dans cette merveille peinte en juin 1890 sous un inimitable ciel bleu et jaune. Ou chez Courbet, Klimt, Sérusier, Renoir. Le coquelicot, ensorcelante beauté du monde.

L’historienne Arlette Farge est pour nous une amie depuis qu’elle a décrit sa « fragile audace », notant : « Grâce aux graines qui s’échappent du fruit, il se ressème seul où bon lui semble, tel un fugitif. Cela ne fait que renforcer mon désir de l’approcher, sans le cueillir bien sûr tant j’aurais crainte qu’il ne s’étiole ou se chiffonne. Jamais, on le sait, on ne pourra en faire des bouquets à mettre dans des vases, comme on le fait des roses ou des pivoines. Quelque chose me dit que c’est un peu de sa fierté d’être ainsi, et me plaît son refus d’être en quelque sorte apprivoisé ».

Oh oui ! Le coquelicot est cette fleur anarchiste qui reparaît sans cesse là où les méchants de l’histoire, comme ces damnés pesticides, croyaient l’avoir éradiqué. Pour nous, et pour vous tous nous l’espérons, vouloir des coquelicots, en ce début d’année, est l’espoir puissant que nous pouvons inverser le courant maudit qui nous conduit au précipice.  Ensemble, tant de choses seraient possibles, qui paraissent aujourd’hui démesurées. Nous allons vaincre la rapacité, le profit, la laideur, l’incommensurable sottise de ceux qui ne font pas de vraie différence entre une fleur sauvage et son artefact en plastique imputrescible. Nous allons vaincre, parce que nous n’avons plus le choix. Nous allons vaincre, amis lecteurs de Reporterre, si vous vous décidez à sortir du rituel et du virtuel des pétitions sur internet.

Si nous vous invitons à signer massivement notre Appel (nousvoulonsdescoquelicots.org), c’est que, justement, il ne s’agit pas d’une pétition. Mais d’un véritable Appel à l’action. Vous en saurez plus le 4 janvier à 18h30, devant les centaines de mairies de France où tous les Coquelicots se réuniront pour le quatrième mois consécutif. N’écoutez pas les rieurs : relevant enfin la tête, nous allons faire l’Histoire.

François de Beaulieu et Fabrice Nicolino

20 réflexions au sujet de « Le coquelicot, fleur anarchiste »

  1. Bonsoir Fabrice et tout le monde,
    j’ai eu le plaisir de lire ce texte « germinatif » en intro du dernier rassemblement des coquelicots. Ce fut un fort moment de partage et d’approfondissement du sens de notre présence à toutes et tous, en cette soirée frisquette du 4 janvier, porté par vos mots , vos voix, vos réflexions, vos actions d’initiateurs, auxquelles s’ajoutaient une nouvelle fois les nôtres, dans toute leur richesse et leur diversité. Alors merci à vous deux et aux autres qui font s’animer les pétales des cœurs de coquelicots. Merci de faire de nous un champ mouvant et bourdonnant.

    1. Bonjour Fabrice et bonjour aux Lecteurs,
      Pardon pour le « hors sujet » de ce qui suit.
      Comment puis-je lire le commentaire précédent, indiqué écrit le « 8 janvier 2019 à 12:52 », alors qu’il est 12 h 27 sur mon horloge en France ?
      Bien cordialement

  2. Bonjour à tous
    Merci pour ce beau texte, lu et relu je crois un peu partout….Sur les échos des rassemblements, il semble qu’il y ait eu moins de monde que l’an passé, ET avec beaucoup de nouvelles têtes, alors gageons que le pari sera tenu, nous sommes nombreux à vouloir en faire une réalité en octobre 2020. Merci de nous avoir entrainé dans le sillage des coquelicots…Partout bannières, banderoles, fleurs et autres idées fleurissent dans les villages et villes de métropole et d’ailleurs…
    Quant au Gentil Coquelicot, ses vertus médicinales sont nombreuses…Il fait partie des plantes pectorales indispensables à notre survie. Il permet de calmer les toux irritantes…et d’aider à trouver le sommeil, sous forme de tisane, de sirop et autres préparations toutes simples. En langage des fleurs, il symbolise l’ardeur fragile.
    Ses pétales sont douces, ses graines peuvent être mélangées au sel. Et on peut fabriquer une encre d’un joli bleu-violacé pour écrire, écrire, écrire….
    C’est une fleur, si légère, qui nous demande de passer du temps avec elle, si on veut la ramasser, faire sécher ses pétales en prenant soin de les étaler soigneusement. C’est une plante qui demande de la douceur. Sinon …elle se froisse et sèche mal, et du coup devient inutilisable. C’est une fleur qui ne demande qu’à être aimée et qui donne beaucoup…alors elles seront nombreuses les graines de ce printemps à essaimer partout….Bonne journée

  3. Peut-on se passer des pesticides ?

    Tel est le thème, particulièrement d’actualité, des Disputes d’AgroParisTech qui se tiendront mardi 15 janvier 2019 à 18h00 sur le Campus AgroParisTech de Paris Claude Bernard – 16, rue Claude Bernard – 75005 Paris.

    Interviendront durant ce temps fort de débats :

    Pierre Médevielle, sénateur de Haute-Garonne
    Eugénia Pommaret, directrice de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP)
    Xavier Poux, AScA, bureau d’études pour l’environnement
    Ivan Sache, professeur AgroParisTech

    L’entrée est libre. Il est fortement conseillé de venir avec un coquelicot.

  4. Je reposte mon invitation à écouter ou ré écouter CO2 Mon Amour

    Merci encore, Fabrice, de faire entendre la voix de la vie dans un monde où la destruction semble prendre de plus en plus de place

    https://www.franceinter.fr/emissions/co2-mon-amour/co2-mon-amour-05-janvier-2019?fbclid=IwAR2zw90rPSHqik1PpGYxt6thMCFhaStTnlBKbCHkiregk-MZKDWLHSg8_8E

    Et j’ai eu la joie d’écouter encore une émission qui parlait des Coquelicots avec Fabrice et aussi Emilie Loiseau

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-nouveau-rendez-vous/le-nouveau-rendez-vous-08-janvier-2019

    Et aussi ce reportage passé sur la 2 aux infos de 20h le jeudi 3, juste avant le quatrième rassemblement des coquelicots.
    Ou comment on peut exposer 900 élèves au poison en construisant un collège en plein milieu des vignes pesticidées

    https://www.facebook.com/parempuyre/videos/o.2176961549295594/2270491719649606/?type=2&theater

  5. bravo aux Coquelicots !

    je viens de voir cette info sur le plastique …. tellement révélateur du fonctionnement de notre monde.

    La Chine refuse l’importation de déchets plastiques, provoquant une crise sans précédent
    Alors que les déchets plastiques s’amoncellent, la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande et le Vietnam contre-attaquent.

    https://www.nationalgeographic.fr/environnement/la-chine-refuse-limportation-de-dechets-plastiques-provoquant-une-crise-sans

  6. Une infirmière condamnée pour avoir dessiné des coquelicots sur les marches de l’Hôtel de Ville de Reims

    Une infirmière condamnée à 500 euros d’amende et à un stage de citoyenneté pour avoir dessiné des coquelicots sur les marches de l’Hôtel de Ville de Reims en signe de protestation contre les pesticides de synthèse. L’infirmière dénonce une sanction disproportionnée.

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/marne/reims/infirmiere-condamnee-avoir-dessine-coquelicots-marches-hotel-ville-reims-1604179.html

    1. C’est absolument insupportable. Une personne qui dessine une fleur est 100 fois plus maltraitée qu’un individu en état d’ivresse qui commet des délits..!!
      N’y a-t-il pas une pétition pour la soutenir ?

      1. Sans parler des hommes politiques ou des gens haut placés qui se sortent sans difficulté de tripatouillages financiers avérés.
        Pourquoi ne pas organiser une collecte de fonds, chacun donnant ce qu´il peut. Qui serait prêt à rassembler l´argent et à le faire suivre ? Cinq cents euros, c´est beaucoup pour une seule personne, mais à plusieurs cela passe plus facilement. Une action de solidarité avec cette infirmière et de résistance contre notre soi-disant démocratie et sa justice qui part à la dérive.

  7. Salut Fabrice,

    « Générations futures: le marketing de la peur aux frais du contribuable » l’ article très intéressant d’Emmanuelle Ducros qui dès le titre semble s’inspirer de la rhétorique de Serge Michels !

    https://www.amazon.fr/marketing-peur-pesticides-communiquer-confiance/dp/2212560192

    Le reste est à l’avenant, la bonne science qui s’oppose aux associations militantes.

    Reste à savoir qui sont les « scientifiques » qui n’ont pas encore entendu parler des effets à faible dose, des effets cocktails ou des perturbateurs endocriniens…

    Quant aux experts, il doit s’agir de ceux qui sont dans les agences sanitaires et qui ont déjà démontré leur aptitude à se faire enfumer par les industriels bénévolement dans le meilleur des cas.

    Le monde est vraiment petit. Surtout celui de la terre plate .

    https://www.lopinion.fr/edition/economie/generations-futures-marketing-peur-aux-frais-contribuable-169366

  8. Bonjour à tous,

    Que pensez-vous de l’idée d’utiliser le débat national, même s’il a toutes les chances d’être un enfumage de plus, pour inscrire dans les revendications notre Appel des Coquelicots ? Chaque signataire ne pourrait-il pas inscrire sur le cahier de doléances de sa commune, soit la totalité de l’Appel, soit la revendication finale, à savoir quelque chose du genre « J’exige que cesse l’empoisonnement universel des êtres vivants par les produits chimiques, j’exige que nos gouvernants nous protègent en interdisant sans délai tous les pesticides de synthèse » ? Cela aurait le mérite d’être officiellement posé et mis au visage de nos dirigeants, et serait une opportunité de relayer l’Appel à un plus grand nombre.

  9. Bonjour à toutes et à tous,
    Pensez à nous en Bavière : dès le 31 janvier, nous aurons 2 semaines pour récolter 1 million de signatures en faveur de la biodiversité, et c’est loin d’être gagné car de nombreux exploitants agricoles et certains paysans pensent qu’on veut leur peau, alors que notre objectif est comme dans les coquelicots : du long terme pour le respect du vivant dans sa magnifique diversité !
    Si ça marche, ça fera peut-êre école au niveau européen, comme les coquelicots !!
    Coquelicots de tous les pays, unissons-nous !

    1. Je vous souhaite bonne chance et je pense que cela marchera mieux dans votre région que par chez nous, la bonne Basse-Saxe, terre promise des élevages intensifs de porcs et de volaille. Il y a deux ans, des agriculteurs « conventionnels » ont défilé dans les rues de notre ville et organisé une journée d´information qu´ils appelèrent « Nous nourrissons l´humanité ». Impossible de discuter calmement avec eux, ils n´écoutaient pas les arguments qui remettaient leurs méthodes de travail en question. Les pesticides ? Nécessaires pour garantir des récoltes suffisantes !!! L´impact sur la santé ? Désinformation, discours pseudo-scientifique pour abuser les crédules !!! Je me suis fait insulter par certains agriculteurs mais plus encore par les gens présents autour du stand où eu lieu cet échange (si on peut parler d´échange) ! Et c´est cela qui m´a choquée ! Quelle bande d´imbéciles !

      1. Les foules sont dangereuses. Elles fonctionnent à l’instinct. Pour une foule les mots ne véhiculent que des sentiments et des rapports de force, jamais des idées. Donc une foule n’est jamais « libre ». (au sens que l’on donne à ce mot disons depuis les lumières). Tout le monde « le sait » mais cette connaissance n’a que très rarement fait son chemin vers le cœur, là où elle peut s’allier avec le courage de la non-violence, et au contraire cette connaissance prospère dans l’intellect, où elle fonde l’art moderne de la guerre, qui s’appuie autant sur les media et le terrorisme que sur les bombes atomiques, et plus du tout sur les armées au sens qu’elles avaient encore au XVIII siècle. Donc on a toujours un sentiment d’échec lorsqu’en tant qu’individu, que personne, on se confronte à une foule et c’est probablement cela même qui mesure à quel point un individu confronté à une foule a presque toujours raison. Enfin, en un certain sens… Disons, un individu seul ne peut avoir aussi profondément tord que lorsqu’il est soutenu par une foule.
        Bref, Martine, je vous embrasse de tout mon cœur !

  10. Je sors du sujet, mais les commentaires du Frère François sur le nucléaire en dit long sur la confiance que nous pouvons avoir sur cette ribambelle écolos qui terminent dans les arcanes de la politique. Le constat est cruel : aucun n’y échappe

    Les chemins de l’ordination les transportent désormais sur les voies de la lumière et de la sagesse

    Alors prions pour eux, pour leurs réussites, pour que le fardeau du passé ne leur soit pas trop lourd à porter

  11. Le coquelicot est bien ce que vous écrivez et il est plus encore : s’il venait à disparaître, une abeille solitaire – l’Anthrope du pavot (Hoplitis papaveris) – disparaîtrait aussi : cet insecte se sert de ses pétales, à l’exclusion de tout autre pour construire son nid et y déposer ses œufs. Mais je vous rassure, le coquelicot n’est pas en voie de disparition. Sa capacité de régénération, le nombre de ces graines, sa période de floraison et les résistances qu’il a développé face aux pesticides assurent sa survie sans qu’il soit besoin de le protéger. Selon la liste nationale des plantes messicoles, il n’est pas en danger.

    Mais toute médaille a son revers, et au risque de casser l’ambiance, je rappelle que le coquelicot a aussi un fort pouvoir de nuisance sur les cultures. Cela est bien établi. Je pense que personne n’oserait le contester. Ce n’est pas par perversité pure que l’agriculteur cherche à l’exclure de ses parcelles cultivées. 20 à 30 pieds sur une surface de 1m2 entraîne une baisse de rendement de 5% et sa production d’une grande quantité de graine à la germination échelonnée salit durablement la parcelle, ce qui rend difficile de l’en extirper si l’on veut la cultiver en bio.

    Outre ce fort pouvoir de nuisance directe, il est aussi nocif en ce qu’il constitue une plante réservoir plante-réservoir pour certains agents phytopathogènes comme le virus de la jaunisse grave de la betterave (BYV closterovirus), le virus de la jaunisse modérée de la betterave (BMYV, Beet mild yellowing virus) et le virus de la jaunisse occidentale de la betterave (BWYV, Beet western yellow virus), le virus latent italien de l’artichaut (AILV, artichoke Italian latent nepovirus) et le virus de la mosaïque du navet (TMV, turnip mosaic potyvirus), le virus X de la pomme de terre (PVX, Potato X potexvirus), le virus du flétrissement de la fève (BBWV, broad bean wilt fabavirus) et un champignon ascomycète, Leveillula taurica, agent de diverses formes d’oïdium

    Enfin il ne faut pas s’imaginer que si les agriculteurs n’utilisaient plus de pesticides de synthèse, il y aurait abondance de coquelicots dans les champs de blé. Ils sont personna non grata tant en agriculture conventionnelle qu’en bio. Et d’ailleurs, ce sont pratiquement les mêmes méthodes qui sont employées pour le combattre, l’arme chimique étant peu efficace à cause des résistances que la plante a développées.
    Plus généralement, préserver les messicoles tout en préservant le rendement des parcelles n’est pas une mince affaire. On ne peut simplement « vouloir des coquelicots » car dans ce cas, vouloir des coquelicots, c’est avoir moins de blé dans les silos !

  12. Un peu hors-sujet, mais cela regarde quand-meme l’ecologie…
    La CIA vient de rendre public un document qui confirme ce que Alain-Claude Galtie ecrit depuis 30 ans!

    Site web de la CIA:

    https://www.cia.gov/library/readingroom/docs/CIA-RDP86S00588R000300380001-5.PDF

    passage hilarant: « Les Nouveaux Philosophes compensaient largement leur prose souvent confuse en devenant des personalites mediatiques excitantes, defendant leur point de vue dans de longues, intellectualisantes emissions de tele et de radio que les Francais aiment » 🙂 🙂 🙂

    Si c’est la CIA qui le dit…

    Le site web d’Alain-Claude Galtie:
    https://planetaryecology.com/home/

    Il y a des gens qui font des revolutions, et des gens qui entretiennent une continuite avec nos veritables sources, ce qui est, parfois, ni moins revolutionaire ni moins risque. Alain-Claude Galtie est de ceux-la.

  13. Le site « les-crises.fr », qui ne publie que des articles ecrits par des « personalites decentes » et/ou traduits d’une « langue decente » (c’est a dire l’anglais), a un bon article ici:
    https://www.les-crises.fr/la-theorie-francaise-lue-par-la-cia-sur-le-travail-intellectuel-de-demantelement-de-la-gauche-culturelle-par-gabriel-rockhill/

    Preserver un ruisseau, distribuer des semences, refuser les pesticides et la pollution… est d’autant plus profondement politique que l’on isole efficacement ces actions de la « politique » dominante!

  14. Voici un exemple splendide de mauvaise foi issu de la newsletter 13 février 2019 – http://www.agriculteur-normand.com – n° 369 « Trumpisto-climatosceptique de « l’agriculteur normand », et la preuve la plus flagrante que non, ils ne veulent rien changer et ne surtout pas prendre leur part de responsabilité pour je le répète ne rien changer. La planète va mal, il y a un consensus sur le sujet et cela n’est pas un mythe ou une croyance, mais non, cela n’est pas un problème pour l’agriculteur normand. La puissance de la mort à la chaîne, des machines, d’un système intrinsèquement destructeur, et du déni indispensable suivi d’une bonne dose de mots travestis au service de l’hostilité horizontale au profit de l’industrie, donc des puissants donc du pouvoir qu’ils prétendent ici comme étant soit étrangers soit tels qu’ils l’avancent des idiots utiles. Mais à qui s’ils le sont vraiment ?

    « Les idiots utiles

    Ils sont de plus en plus nombreux. Pleins de bons sentiments. Remplis de la conviction d’agir pour le bien, pour leur bien, celui de leurs enfants, celui de la planète. Ils luttent contre le réchauffement climatique, contre la malbouffe, contre les pesticides, contre la viande, contre le nucléaire ou la voiture. Ils sont contre. Et ils y croient. Ils ont la foi. Ils sont soutenus par des personnalités qui ne sont pas dans le besoin, loin s’en faut, des experts en manipulation des foules, des spécialistes qui vivent de la crédulité des masses. Ils sont soutenus par des entreprises qui trouvent dans le financement de ces causes une bonne conscience environnementale ou sanitaire qui peine à masquer leurs lacunes. Ils ne se rendent pas compte que ces soutiens sont intéressés. Ils ne voient pas que leurs actions, en dégradant l’image des activités productives, en retardant ou en empêchant les investissements, affaiblissent le tissu économique de notre pays et donc, renforcent la puissance de nos concurrents étrangers, leurs plus fidèles soutiens. Ils ne se rendent pas compte qu’en rendant la production française plus chère au nom de causes aussi louables soient-elles, sans en empêcher l’importation, ils favorisent les multinationales étrangères qu’ils disent combattre, au détriment des entreprises françaises et de leurs salariés. Ils ne se rendent pas compte qu’ils se comportent comme les idiots utiles d’intérêts qui les dépassent et qu’ils dénoncent par ailleurs. Qui pourra leur dire ?

    Persil-Fleur »

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