Le Premier mai peut-il être écologiste ?

J’ai beaucoup manifesté le 1er mai. Lorsque j’étais jeune, pardon, rien ne m’aurait détourné de ce chemin-là. Mais rien. Je voyais ce rendez-vous comme celui des travailleurs du monde, et de mémoire, j’ai défilé la première fois le 1er mai 1971, alors que j’avais 15 ans. Une fois le matin, une fois l’après-midi. Mais je ne vais pas raconter mes vieux souvenirs. À l’heure qu’il est ce vendredi – 9 heures -, je ne sais pas si je m’inviterai ou non au défilé parisien. La raison en est très simple : je ne me sens plus concerné par ce qui se dit dans les cortèges.

Les emplois ? Mais quels emplois ? Construire des bagnoles qui sont une insulte à l’état réel du monde ? Le pouvoir d’achat ? Pour le téléphone portable et cette si magnifique télé à écran plasma ? Les retraites ? Pour encombrer avec les cars de (vieux) touristes les rues portugaises ou pétaouchnokaises ? Merci bien. Non. Et pourtant, je suis délégué du personnel depuis une douzaine d’années. Et j’aurais fait dans ma vie beaucoup, beaucoup de syndicalisme. Car je crois à cette grande idée de rassembler les humains au travail.

Mais de la sorte ? Non, franchement non. Pour vous démontrer que je ne suis pas que dans la faribole, et que des idées neuves commencent à circuler, je vous joins ci-dessous un tract de l’entreprise qui m’emploie. Un tract de la CFDT, dans la rédaction duquel j’ai tenu mon rôle. Vous me direz peut-être ce que vous en pensez. Le syndicalisme d’avant la crise écologique bouge encore, mais il est déjà mort. Reste à inventer celui de l’avenir, et ce ne sera pas facile. Voici le tract :

(UN AUTRE SYNDICAT EST POSSIBLE)

Vous nous avez surpris. Franchement. L’enquête interne sur le déménagement, menée auprès des salariés, a donné des résultats  exceptionnels. 655 personnes y ont répondu, alors que moins de 1 000 avaient été sollicitées. Sachez que la CFDT avait insisté pour y glisser des questions que nous jugeons décisives : celles qui portent sur la possibilité de déjeuner sur place, les économies  d’énergie, la réduction des pollutions et le confort thermique et acoustique.

Et nous avons eu raison, car ces sujets, et seulement eux, ont été plébiscités au travers de vos réponses. Ainsi, 99 % des votants jugent très important ou assez important le confort thermique et acoustique. 92 %, de même, la nécessité de réduire les pollutions et 89 % celle de réaliser des économies d’énergie. En bref, vous souhaitez vivement que l’environnement dans les nouveaux locaux soit enfin considéré comme une priorité.

La CFDT pense la même chose, et se bat depuis des années ici autour de ces questions, que nous rassemblons dans cette expression de plus en plus utilisée : le développement durable. Pour nous, ce n’est pas un gadget. C’est une exigence moderne, fondamentale, et qui finira d’ailleurs par s’imposer à tous. Mais quand ? Le monde de demain sera très différent de celui que nous connaissons. Au moins pour une raison : le dérèglement climatique change toutes les règles connues. La France est engagée depuis 2002 dans un plan audacieux qui vise à diviser par quatre nos émissions  de gaz à effet de serre d’ici 2050. Cela peut sembler abstrait, et surtout lointain. Mais ce plan, s’il est mis en œuvre, va bouleverser notre vie quotidienne.

Nos moyens de transport, nos modes de chauffage, notre manière de voyager, de bâtir, de vivre en somme, doivent changer dès maintenant. Dès aujourd’hui si nous voulons parvenir à limiter les effets de la crise climatique. Certes, il n’y a aucun doute qu’un
mouvement est né dans l’entreprise ces dernières années, autour de ces nouvelles interrogations. Mais nous avons le devoir de vous avertir qu’il se heurte à de formidables pesanteurs internes. C’est inévitable, mais cela nous conduit aujourd’hui à élever la voix. Le déménagement est une aventure collective, qui engage l’entreprise et ses salariés pour des décennies. Il s’agit donc d’une occasion unique, historique même, pour prendre en compte de nouvelles réalités, et si possible les anticiper. Or tout semble indiquer que l’entreprise se prépare à des choix déjà dépassés.

Selon la CFDT, il est crucial au contraire de profiter de ce mouvement pour changer l’image du  groupe, vieillie, et de nous propulser directement dans le monde de demain, et même d’après-demain. La condition essentielle d’un déménagement réussi  tient en un mot : énergie. Tous postes confondus – transports, chauffage, industrie, agriculture – la consommation d’énergie représente 80 % des émissions de gaz à effet de serre dans un pays comme la France. Certes, rien n’oblige légalement à choisir aujourd’hui des normes plus strictes que celles qui existent, mais c’est néanmoins notre intérêt. Il ne fait aucun doute que le prix du pétrole et des carburants fossiles va continuer à augmenter tout au long des années qui  viennent. En outre, les normes thermiques et plus généralement écologiques seront fatalement de plus en plus contraignantes. Et coûteuses.

Autrement dit, le déménagement doit être une décision stratégique, qui intègre l’avenir prévisible à 20 ou 30 ans. Le bâtiment choisi doit impérativement obéir aux considérations énergétiques et climatiques de l’avenir. Tout en prenant en compte, pour le bien-être et la santé des salariés, les connaissances nouvelles dans le domaine des pollutions de l’air intérieur et de la toxicologie industrielle. Notre nouveau siège doit être une vitrine claire et cohérente des engagements à long terme en faveur de l’avenir écologique et climatique. Il doit avant toute chose être capable de mesurer son bilan carbone global. C’est-à-dire sa contribution nette, par année, à l’émission de gaz à effet de serre.

Il doit également être évolutif. C’est-à-dire disposer d’une vraie souplesse, d’une capacité d’adaptation à une éventuelle dégradation de la situation. Il est évident qu’un tel projet nécessite le concours de prestataires experts dans ces problématiques, ce qui n’est pas le cas actuellement. Les informations dont nous disposons en cette fin mai 2007 nous font craindre une décision décevante. Sans doute, le nouveau bâtiment permettra des économies d’énergie par rapport aux locaux actuels. Mais en l’absence d’une forte volonté, impliquant un investissement rentable à terme, nous risquons fort de nous tromper d’époque, et de nous contenter de mesures cosmétiques. ■

Suivaient 6 propositions détaillées (elles ne le sont pas ici).

1 – D’abord, veiller à la qualité de l’air dans les locaux de travail.

2 – Un immeuble moderne, bioclimatique, économe.

3 – Un mode de chauffage durable et solidaire (une chaudière centrale à bois).

4 – Une production autonome d’énergies renouvelables.

5 – Des moyens de transport indispensables et adaptés.

6 – Un restaurant d’entreprise au service de la vraie qualité, avec des produits biologiques ou du moins issus de l’agriculture durable.

39 réflexions au sujet de « Le Premier mai peut-il être écologiste ? »

  1. Un bel et simple exemple de mise en application. Qui devrait convaincre ceux qui pensent et qui ont peur que le virage écologique passera forcément par un changement radical de notre mode de vie, hors de leur portée. Ce tract propose une petite révolution. Je ne résiste pas à l’envie de citer « un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité », certes moins spectaculaire, sans aucun doute salvateur.

  2. Trouvé dans un tract national d' »Europe Ecologie » (Bové, Cohn-Bendit, Rivasi, Eva Joly…etc » pour les européennes du 7 juin :

    « Europe Ecologie refuse la casse sociale et n’accepte pas de voir fermer les entreprises les unes après les autres, de voir détruire des filières industrielles entières comme, hier, la sidérurgie et aujourd’hui l’automobile. »

    Oui, vous avez bien lu : un document signé par les Verts ! Vive l’industrie et la bagnolle !

    Voilà, on pouvait attendre une analyse plus fine et plus pertinente de la part de cette liste écologiste… au contraire, on ressort du jargon d’extrême gauche…
    Je ne critique pas ici l’extrême gauche, je pensais simplement que l’écologie devait apporter un peu plus au débat vieux d’un siècle ou deux… Le monde change … et les vieux schémas sont là pour nous empêcher de faire face à ces changements. Hélas !

  3. @ P.P , j’ai bien peur que ce ne soit pas si simple . Me battant contre un circuit de formule 1 depuis presque quatre mois, je constate que les écologistes sont relayés par certains médias au rang de ceux qui sont heureux de la crise , donc de la souffrance sociale en gros . c’est caricaturale, mais ça marche très bien .
    Etre contre la bagnole aujourd’hui, c’est être contre l’économie française, contre la France . Difficile dans ces conditions de paraitre crédible et même de pouvoir être écoutés .
    Et puis quand on parle bagnole, sidérurgie, de quoi parle-t-on ? de quelle direction ?

    Hervé Kempf a écrit un article excellent il y a peu à ce sujet dans la rubrique écologique du monde , ça s’appelle « les dinosaures s’obstinent » et en voici la fin : « Au fait : une formule 1 consomme environ 1 l d’essence au kilomètre. Le véhicule mis au point par des étudiants de l’université de Laval, au Québec, qui a remporté le Shell Eco Marathon d’Amérique le 18 avril, a roulé 1 172 km avec… 1 litre ! Soit une consommation mille fois moindre. A votre avis, de quel côté est l’avenir ? Que périssent les dinosaures, vive Homo sapiens !  »

    Il nous faut changer au plus vite, c’est certain , mais nous n’avons pas d’autre choix que de partir de l’existant .

  4. Oui, je suis d’accord Bénédicte, mais partir de l’existant, ce n’est pas l’entretenir sans réserve comme l’impression que donne ce tract maladroit au minimum. Mais je ne suis plus naïf et je crois que ce n’est pas seulement de la maladresse hélas. Je sais de quoi je parle.
    Que la LCR, le PC, le NPA, le parti de Gauche etc… s’expriment ainsi, OK, mais des écologistes, non. C’est au mieux très insuffisant, je ne parlerai pas du pire…
    (J’ai été 10 ans membre parfois TRES actif -localement- des Verts…)

  5. C´est avec grand plaisir que je distribuerais un tract comme celui-là pour en faire connaître le contenu au plus grand nombre possible. Clair, concret, avec des propositions pleines de bon sens, une « denrée » peu courante dans les discussions qui ont l´écologie pour thème. Mais je crains fort que trop peu de gens comprennent la gravité de la situation (ou s´en contrefichent), occupés qu´ils sont par leurs problèmes personnels, par la peur du chômage, la crainte de perdre une partie des biens matériels souvent inutiles mais auxquels ils associent l´idée trompeuse de bonheur et de bien-être. Vous avez raison Fabrice de parler des écrans plasma, du portable et autres joujoux anesthésiants. Quant aux retraités, beaucoup pleurnichent sur leur soi-disant petite retraite, sans penser un instant à ce que sera la vie de leurs enfants et petits-enfants (il y a des retraités pauvres qui tirent le diable par la queue, c´est indéniable).

    Les Verts ne sont plus crédibles, ils virent comme des girouettes et s´adaptent à la couleur ambiante. Devraient plutôt s´appeler les Caméléons.

  6. les verts alters existent,il en y plusieurs,la liste Cohn Bendit ratisse large,il est dans la convention sociale et n’a jamais été trés ecolo,mais dans cette liste il y a JM ‘Besset,Joly des gens de tout bord,Bové,j’ai lu leur programme y a des trucs pas mal,mais le discours de Dany,conventionnel,mais il faut virer Barroso,ca c’est sur,les liberaux de tout crin sont mal a la commission,en ce moment
    derniere nouvelle reçu des States,Monsanto a proposé une loi interdisant de faire son propre jardin et ils ont denoncé le jardin bio de miss Obama,la dictature totalitaire mondiale est en marche,et Monsanto a mis de l’argent dans la campagne de O bama ,alors,en Europe cela ne passera jamais!

  7. Perso, j’ai défilé à ma manière, très égoïstement, en me défilant – c’est-à-dire en allant droit a mon jardin, en vélo, comme d’hab, y cultiver de la patate et mon hernie discale a venir. Seul. Sans rien dire a personne de la journée. Mais bon, un militant américain, Brooke Williams, mari de l’écrivaine Terry Tempest Williams, me confirmait récemment que cultiver sa propre nourriture c’était génial, car cela permettait de casser le systeme, « if you grow your own food, you break the system ». En plus! Alors, voila, je me suis porté solidaire en solitaire hier; au lieu de me dissoudre dans la masse, je me suis mélangé a la terre, en disparaissant entre mes rangées de patates, d’ail et autres blettes, recourbé, outil en main, gros chapeau sur la tête. Atomisé, par le soleil du Languedoc. J’ai envie de dire, efficace. Ceci dit, j’ai un mildiou qui est en train de niquer mes navets et ça me fou en rogne. Bref, tout ça pour vous dire que la route de 4 km qui me sépare de mon petit quart d’hectare d’Eden est un régal pour le naturaliste que je suis, à vélo, tous les matins, sur fond de Pic sT Loup que l’on voit au loin, et je considère qu’il est de mon devoir (au sens fabricien des « devoirs de l’homme ») de partager mon enracinement a la nature, c’est a dire de vous dire ici de temps a autre ce que j’y vois sur cette petite départementale sillonnant entre garrigues, vigne et chênaie, ce que j’y sens, entends et éventuellement ce que je crois y comprendre des processus écologiques qui nous tiennent en vie, ici ou ailleurs. Blablabla. Bref, sachez que hier, mon premier mai a été agrémente d’une floraison très soudaine d’orphys bécasse mauves, sublimes, sur le bord de cette route, d’un couple de coucous geais entre Corconne (Gard) et Vacquières (Hérault), oiseaux spectaculaires, cachés dans une haie, esquivant des pies. Première observation d’une vie. En cercles ornithos, cela s’appelle « faire une coche ». Beurk. Je préférerais épiphanie ou qlque chose du genre, mais bon. Puis une couleuvre de Montpellier et un lézard vert — écrasés par de la bagnole (je vois tt, je vous dis, car je circule qu’en vélo). Puis, du jardin potager, y a des guêpiers qui passent au_dessus, des rouges-queues à front blanc et des bergeronnettes grises qui viennent picorer dans les raies séparant mes bancs au fur et a mesure que je désherbes, et cadeau le plus surréaliste du jour, j’entends depuis quelques après-midis un hibou petit duc qui se cache la journée dans le laurier qui siège dans le coin de ce potager de village et qui répond – je blague pas – au cloché lorsque celui-ci sonne les 3, 4, 5, ou 6 coups de 3, 4, 5 et 6 heures. A ma gauche, clocher du moyen age, a ma droite un petit duc qui pense avoir a faire a un gros méchant rival entrant sur son territoire. Mesdames, vous serez sans doute d’accord avec moi, l’hormone mâle fait vraiment dire n’importe quoi.
    ps: pour ceux qui l’ignorent, le chant du petit duc, ici (http://www.oiseaux.net/oiseaux/petit-duc.scops.html) très rythmé il est vrai, qui ferait penser éventuellement a une sorte de petit son de clocher, version jouet pour enfants. A la semaine prochaine, donc, lorsque j’aurais vu mon premier éléphant rose de la saison.

  8. Merci David, ça fait du bien d’entendre de telles histoires.
    De mon côté, il y avait en face de mon ancien logement, une famille de moyens ducs. À chaque fois que nous secouions du linge ou des vêtements par la fenêtre, les petits croyaient que c’était leur mère, ou quelque signal, et se mettaient à battre des ailes, faisant un bruit assez similaires. On pouvait les apercevoir parfois sur les branches d’un vieux pin, se musclant les ailes. C’était charmant…

  9. @ David Rosane, mélangée à la terre ! C’est exactement ce que j’ai fait hier ! J’ai arraché à la main avec frénésie tout un pan de biodiversité jusqu’à obtenir des rangs propres que j’ai paillé , un vrai bonheur ! Les fleurs de patates très bientôt et déjà les fleurs de fèves, sucrées, si belles ! Et puis j’ai été flâner à la Roche Guyon dans les jardins et contempler les hirondelles filant au ras de l’eau et pousser leurs petits cris enchanteurs ! Vive le 1er Mai !

    @ P.P tout à fait d’accord sur ton dernier commentaire .de plus, la récup faite de l’urgence écologique mêlée à la crise dont l’écho fait peur tous les soirs à 20 H ,juste avant les européennes, est réellement écoeurante .

  10. @ david rosane

     » A la semaine prochaine, donc, lorsque j’aurais vu mon premier éléphant rose de la saison  »

    Pourquoi terminez vous votre texte sous forme de joke à 100 balles ? De peur de nous avoir fait partager un vrai moment de nature ? Qu’y a t il d’indécent dans tout cela ?

    Cordialement

  11. A hifi: Désolé d’avoir cassé le rêve avec une chute a 2 dollars. Il n’y a rien, mais absolument rien d’indécent dans tout cela, de honteux, a l’amour de la nature. Au contraire. J’ai peut être oublié de spécifier le contexte un peu festif de ma présence dans le midi de la France. Je bosse actuellement chez un viticulteur et j’y apprends a faire du bon vin. ET j’en bois. Beaucoup. A la joie. Aveu: je suis naturaliste ET toxicomane – en quelque sorte. Voyez vous,j’aime, je dévore, je m’émerveille du vivant, de ses millions de couleurs, de parfums, de textures, de saveurs, de comportements et de mécanismes, ses messages et son sens surtout (j’ajouterais a ce cocktail les quelques sympathiques alcaloïdes du règne végétal qu’il m’arrive d’absorber) jusqu’à l’ivresse, a l’excès, jusqu’à l’abandon. Accro a la vie donc, tombé dedans depuis mes premiers colibris et toucans lorsque j’étais nourrisson en Guyane, un halluciné permanent, souvent insupportable en bonne société, qui se fait son shoot d’Oikos au quotidien, sans en rougir. Je me suis fait expliquer un jour mon état par le grand Professeur Ronald Siegel, expert en drogues dans le règne du vivant, et de l’origine de la prise de substance chez Homo sapiens – et les autres animaux. SOn livre, un chef d’oeuvre: http://books.google.com/books?id=6_nd2DZ-h-UC&printsec=frontcover&dq=ronald+siegel&client=firefox-a
    pour l’anecdote, pdt les bombardements de la guerre du vietnam, des buffles d’eau se sont rués sur les champs de pavot pour en dévorer le contenu.

  12. Un « naturaliste… » qui s´ »émerveille du vivant, de ses millions de couleurs, de parfums, de textures… »,… Accro à la vie… »

    Une espèce en voie de disparition. C´est chouette de savoir qu´il y a encore, ici et là, des gens comme vous. Gorgez-vous de la sensualité offerte par la nature, c´est la seule vraie richesse qu´un être humain peut amasser et qui l´accompagnera pour son ultime voyage. Le reste ne compte pas.

  13. « Un merveilleux esprit »: Jules Renard,en .1905.dans son « Journal » que je recommande aux sensibles et aux sensitifs et écolo bien avant l’heure: « Un peu avant le coucher du soleil, l’heure où il ne me vient que des pensées fines, si fines que mon cerveau est comme un arbre dépouillé de ses feuilles. L’amour de la nature est comme un amour, et la campagne m’empêche de travailler comme une maitresse.
    Les hommes et les femmes sont si mauvais, si incorrigibles, que je marche toujours avec un petit air penché.. Si je pouvais m’arranger avec dieu, je lui demanderais de me métamorphoser en arbre, un arbre qui du haut des Croisettes, regarderait mon village. Oui, j’aimerais mieux çà qu’une statue. »
    La lutte courte de 2 moineaux sur un toit, au milieu d’une foule de moineaux pépiant qui les excitent et qui font cercle sur le tuyau de cheminée. (Cà, C’EST FINI POUR NOUS).
    De mes états d’âme, la neige est celui que je préfère.
    AUTOS SUR LA ROUTE, CHASSEURS DANS LES CHAMPS, LA TERRE DEVIENT INHABITABLE.

    Puis l’heure rose, l’heure tendre, l’heure divine arrive. C’est une surprise que Dieu nous fait chaque soir. Il faudrait se coucher dans tous ces prés, boire à toutes ces fraicheurs, vivre là, là et mourir partout. …

  14. Il est question dans le tract de développement durable. Le « développement durable » ? J’ai quelques doutes sur la pertinence de ce projet. Il s’agit encore de continuer sur la voie du « développement », un « développement » propre, quoi. Mais il s’agit toujours de la criminelle CROISSANCE. Non ?
    Sinon, bravo, ici le syndicalisme est sur la bonne piste.

  15. martine : Moi aussi je m’y retrouve dans cette explosion de joie des couleurs de la nature. C’est une telle fête et c’est gratuit. Alors oui à des racts syndicaux comme celui que cite Fabrice mais non au raccourcis habituels des pleunichards qui auraient peur de perdre leur portable et autres. A en lire certains, on a l’impression que c’est le seul souci des gens. M… les pauvres existent bien ici. Les gens qui vivent avec 600 euros, doivent faire les poubelles pour manger. Si ce n’est pas le Sud qui vient au Nord, il faudra m’expliquer. Comment compatir à juste titre avec les pauvres du Sud et balayer d’un revers de main les justes revendications pour gagner un peu plus POUR VIVRE TOUT SIMPLEMENT UN PEU MIEUX. On dirait qu’à vous lire, il n’y a que des bobos chez les manifestants. Et bien non, j’ai 25 ans et je galère en vivotant. Alors 200 euros de plus ça changerait ma vie. A votre bon coeur, si vous êtes trop fortuné et voulez vous délester un peu. Je reste persuadée que l’Euro a ruiné les petites gens et précipite les classes moyennes vers le bas et ça a de quoi effrayer effectivement. Voilà, excusez cette longueur et ce coup de gueule mais c’est un peu trop souvent la même chose sur ce blog dès qu’il s’agit de social. Sinon, je vous aime (tout) quand même !

  16. Pas d’accord avec vous, Suzan.
    La catastrophe écologique en cours devance et prime sur les problèmes sociaux.
    200 euro de plus pour tous? le rêve… C’est la « relance par la consommation » reclamée à coup de banderoles unitaires par les syndicats. C’est l’accélération de la destruction des forêts tropicales, ce sont des coups de bâton en plus pour les esclaves du sud. C’est la vie qui s’éteint.
    Le rêve? non, le dégoût.
    pourquoi sommes-nous devenus si pauvres en rêves?

  17. Raton, 200 euros de plus quand on en gagne 600 ne me paraît pas injustifié ! On peut évoquer un cas particulier, notamment le sien, sans en faire une généralité applicable à tous. Si je monte ma petite entreprise, ce que j’envisage, et double mon revenu, je ne serai pas à la moitié du salaire médian. Franchement, tu pourras dire ce que tu veux, je ne culpabiliserai pas.

  18. Vous ne voulez vraiment pas comprendre alors ! Mais de quel droit parlez vous comme ça… 200 euros pour moi, c’est un peu plus de qualité pour la nourriture que j’ingurgite, quelques billets de train pour un « grand » voyage en forêt de fontainebleau où je contemple la nature. Au nom de quoi, de qui, pouvez vous envisagez de refuser ça aux gens comme moi ? Ca ne vous dégoûte donc pas de voir des jeunes, des vieux faire les poubelles des grandes surfaces ou des marchés pour manger ? Ca non ! Vous vivez certainement à l’abri de tout ça, tant mieux pour vous mais allez dire à ma vieille voisine qu’elle est riche et que 200 euros de plus ça serait du luxe et de la surconsommation ! Osez tenir ce genre de propos encore et encore et l’écologie que nous défendons tous passera encore et toujours pour débilitante pour la majorité des gens.

  19. Merci Hacène. J’avais posté trop vite. Le « vous » ne s’adressait pas à vous mais au Raton Laveur. Heureusement, que toutes les réactions ne vont pas dans le même sens. Encore merci !

  20. « pourquoi sommes-nous devenus si pauvres en rêves? » Pour réagir à ce qu’a dit Suzan, on pouvait trouver mieux. ! Je pense avoir des rêves assez riches (je parle bien de l’état de veille), même si j’envisage de gagner correctement ma vie. Je ne rêve pas d’argent mais d’un autre monde. Il n’empêche, on n’est pas obligé de dépendre un peu des autres et pas mal de ce qu’on a gagné quand on pouvait se permettre d’en mettre de côté. Bon, j’arrête là, il y a plus intéressant, comme les sites à orchidées que j’ai pu repérer ces derniers jours, pas répertoriés par la Société Française d’Orchidophilie. Ca fait plaisir…

  21. Bonjour Suzan,

    je m’étais promis, que je n’écrirais plus sur le Blog de Fabrice Nicolino, mais votre témoignage m’a touché…

    Suzan touche ici quelque chose de réel !… Le réel !…

    Quand je lis le blog de Fabrice Nicolino, j’ai l’impression que pas beaucoup de monde savent vraiment ce que c’est que la vraie Vie !… Ce que c’est que le monde !… Ce que c’est que le réel !…

    J’ai une réelle empathie pour l’auteur de ce blog, car je sais qu’Il a été pauvre, qu’il a déjà exercer plusieurs métiers, etc… Je me sens donc proche de Fabrice, parce que je sais qu’il connait bien la vie…

    Je vais vous dire ce que c’est que le réel Raton Laveur : je suis à la recherche d’un emploi, je touche 600 euros net par mois, si je ne trouve pas une source de revenu assez vite c’est simple, on vient chez moi, on vide mon appartement et je deviens clochard !… Fin de la démonstration !…

    Ca, c’est le réel… C’est simple…
    Tout le reste c’est du cinéma !…

    Autre exemple de réel, Raton Laveur, mon dernier emploi c’était dans une petite (PME), et croyez moi, les petits sont toujours pire que les gros, je vais vous dire ce que j’ai entendu de la bouche de mon patron : « si t’ai pas content, c’est pas grave, il y en 1000 autres qui attendent », un truc assez proche de cela !…

    Un patron ou un petit patron ou un gros patron, eux la crise ils s’en foutent, à la limite ça les arrangent, ils savent bien qu’il y a une grande masse de gens au chômage, ils en profitent donc pour imposer leurs loi aux chômeurs et aux salariés (qui ont peur pour leur job, etc…) !…
    Ca, c’est la réalité, ça c’est le monde totalement dégueulasse dans lequel nous vivons…

    A titre personnel, on ne me marche pas dessus !… Mais la conséquence c’est que je suis dans la merde !… Vous, vous parlez beaucoup, mais je ne sais pas si vous auriez le courage de faire ce genre de chose pour assumer vos convictions ?…,…

    Tout ça pour dire que je comprends bien l’état d’esprit de Suzan !… Je la comprends…,…

    Plus globalement, sur les sujets que Fabrice aborde avec tant de brio. Fabrice dit une chose : il Faut changer de cadre, sur ce point je partage totalement son avis…
    Il faut tout réinventer et le faire à l’échelle planétaire…

    Changer les structures socio-économique et géopolique à l’échelle du monde !… Mais un tel événement ne peut-être initier que par les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, etc…) !…
    Pour l’instant on en est pas là, bien loin de la !…

    Le concept de « travail » est aussi à revoir !… Car avec la surpopulation, la robotisation, l’automatisation, l’informatisation, il n y aura jamais du travail pour tout le monde !… C’est mathématiquement impossible !… Mais cela, les ordures qui nous servent de chefs ou de dirigeants le savent pertinemment !… On est donc, bel et bien en face de crapules qui ont pour but de rendre pauvres les gens, ou plutôt les mettre tous à un même niveau…

    D’autres concepts existent, sachez le bien !… Mais si un gars dans mon genre les mettraient en pratique à échelle mondiale, ceux qui régnent perdraient du même coup, la source de leurs pouvoirs et de leurs contrôles sur les grandes masses humaines !… On en est là !…

    Les changements qui vont venir dans le futur sont d’un ordre que vous ne pouvez soupçonnez !…
    Quand les réalités viendront frapper à la porte de nos soi-disant pays civilisés, que croyez vous qu’il adviendra ?… Et les changements de régime politique seront de quels ordres à votre avis ?…

    Pour l’instant la plupart des humains sont « à côté de la plaque », Fabrice Nicolino me semble comprendre un certain nombres de choses… Et il a 1000 fois raisons lorqu’il dit qu’il faut changer de cadre…

    J’ai un peu le sentiment que l’horizon de l’avenir se ferme de plus en plus ?!…,…

    Les changements à venir seront d’une ampleur jamais vue !… Le coeur pourri de l’humain boulverse les équilibres de la Nature comme aucune autre bestiole ne l’a fait avant lui, et à un rythme de formule un…

    Les catastrophes qui viendront nous toucher et cela à n’en point douter, seront d’un ordre biblique, oserais-je même dire…

    L’Humanité risque fort de descendre jusqu’au neuvième « cercle » de l’enfer de ce bon vieux Dante, pour ne plus jamais en remonter !…

    Ce que je dis, n’aura probablement aucun sens pour la plupart d’entre vous, cela ne peut avoir un sens que pour des types qui connaissent vraiment ce qu’est la Nature, genre les « Hopis » (par exemple)…,…

    La plupart ignorent ce qu’est la Nature, vous n’en parlez qu’à travers des « concepts abstaits » fait de chiffres et de nombres, mais la vraie dimensions de la Nature vous échappent complètement, même chez la plupart qui prétendent le contraire !…

    Fabrice à un langage qui est pas mal et que j’aime bien !… Hacène j’aime bien aussi, d’autres aussi bien-sûr…

    Le jour ou nous aurons tout détruit, l’Humanité sous sa forme actuelle cessera d’exister… L’Homme aura perdu son âme… A jamais… Du moins les survivants…

    Un gars ou une nana capable d’élargir son champ de conscience au delà même de ces sens et de son esprit saura ce que je veux dire !…
    Les Hopis par exemple voyaient ce que je vois…
    On se serait bien comprit eux et moi !…,…

    Bonne réflexions…

  22. Quelques phrases tirées du merveilleux journal de Jules Renard, maire de Chitry et auteur, entr’autre, de « Poil de Carotte ».Décrit la vie à Paris milieux littéraires et la vie dans la Nièvre.1887-1910.Croise souvent Jean Jaurés.
    « La dureté du cœur du riche n’est pas un gros défaut aux yeux du paysan.
    Ils reniflent encore de la servitude. Le château fume, les volets de la salle à manger sont ouverts, M.LE Comte arrive. On va sourire et faire le dos rond et déjà les chapeaux ne tiennent plus sur les têtes..
    Gagnez votre vie, mais ne la gagnez pas trop. N’essayez pas de manger double, afin que le voisin mange une fois..
    Les petits oiseaux qui ne se montrent à personne, qui passent sans être vus, d’un buisson l’autre, et qui ne doivent même pas avoir de nom.
    Les blés où les perdrix ont leurs petites rues
    Fils de la pluie, coupés en deux par les martinets.
    Chardonneret : le bijou des oiseaux.
    L’ortie droite, élégante et fine, dédaigneuse.
    « Il faut que le socialisme descende du cerveau jusqu’au cœur.
    La clef est sur la porte. Ca ne veut pas dire » vous pouvez entrer », mais « Oh, personnes n’entrera. Il y a rien à prendre. ». Cette socialiste dit qu’on ne peut pas vivre à moins de 20 000frs par an. Elle n’ouvrirait pas elle-même sa porte, elle ne mettrait pas une bûche au feu, et elle laisse à son fils un chapeau mou plus misérable qu’un vieux nid.
    Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! Je croirai à tout ce qu’on voudra, mais la justice de ce monde ne me donne pas une rassurante idée de la justice dans l’autre. Dieu, je le crains, fera encore des bêtises : il accueillera les méchants au paradis et foutra les bons en enfer. Oui, dieu existe, mais il n’y entend rien, pas plus que nous.. Aux socialistes : « partageons ! mais partageons aussi la loyauté, la politesse et l’esprit ».
    . Socialiste, mais je deviens propriétaire furieux dés que les gamins jettent des bâtons dans mes cerises, et je parle tout de suite de prendre mon fusil. J’ai beau avoir mon âge et être maire : quand je vois un gendarme, je ne suis pas tranquille. Ils sont envieux, non du château, mais du voisin qui a réussi. Comices à Lormes. Vénérables têtes de réactionnaires qui n’ont plus que l’orgueil d’être les plus riches:(çà n’a pas changé).
    Faire avec eux du roman social.Mais le paysan n’est pas un héros de roman. On peut écrire sur lui un livre, et non un roman. Ne comptez pas que vous lui ferez dire autant de bêtise qu’un bourgeois : il ne le supporterait pas. Romancer le paysan, c’est presque faire insulte à sa misère. Le paysan n’a pas d’histoire, du moins pas d’histoires romanesques. Maigre, des jambes d’enfant. Au lit avec un anthrax à la fesse. Il a déjà fallu lui en fendre un en quatre et lui en arracher les racines. Elle souffre de la saleté quand elle reste au lit….ils mangent et ne débarrassent pas. Pense-t-elle à l’autre monde ? elle s’en fiche. Elle est malheureuse, voilà tout. S’il y a un paradis, elle n’aura pas la chance d’y aller, Si elle va en enfer, elle y est habituée.
    Jusqu’ici on a parlé des paysans pour raconter des histoires comiques. Maintenant fini de rire ! Il faut regarder de plus près, jusqu’au fond de leur misérable vie où il n’y a plus de quoi faire rire.
    Les hommes naissent égaux, dés le lendemain ils ne le sont plus.
    Le danger du succès c’est qu’il fait oublier l’effroyable injustice du monde.

  23. Un troisième oeil n’est jamais de trop, Nicolas !
    J’espère qu’on te lire de nouveau de temps à autre tout de même.
    (mais pourquoi avoir déserté le blog ? Je veux dire sa partie commentaires. Il faut faire entendre sa voiE ! Même si c’est aussi parfois plus trivial…)

  24. J’ai écrit et je maintiens qu’un syndicalisme qui réclame plus de pouvoir d’achat pour tous poursuit une politique criminelle.

  25. Suzan, Raton et tous autres,

    Suzan, il va de soi que je comprends ton propos. Tu vis difficilement, sans aucun doute plus mal que moi sur le plan matériel. Et d’évidence, des choses devraient être améliorées dans ton existence, sur ce terrain en tout cas. Mais il y a loin de l’individu au groupe. Et quant à moi, je suis d’accord avec le point de vue de Raton, au risque de prendre des coups de bâton.

    Je vais oser un rapprochement que je vous demande à l’avance de me pardonner. Je comprends très bien le parent d’un gosse tué par quelque abruti et qui souhaiterait tant pouvoir se venger. Mais à l’échelle du groupe – la société -, cela mène au désastre le plus grand. C’est pourquoi il me semble juste qu’un point de vue supérieur se fasse jour, qui abolisse en notre nom commun la peine de mort.

    Dans le domaine du pouvoir d’achat, il faut selon moi considérer le monde. Ce monde où plusieurs milliards d’êtres aussi intéressants que nous survivent avec des revenus compris entre 1 et 2 dollars par jour. C’est bien triste, mais c’est la réalité. Et c’est d’elle que j’entends parler.

    Réclamer au nord davantage – globalement, collectivement -, c’est fatalement exiger une part plus grande d’un gâteau dont la taille diminue inexorablement d’année en année. Ce que nous obtenons, dans ce monde fini et dont les bases matérielles s’effondrent, est forcément au détriment de ces autres qui nous laissent largement indifférents.

    La crise écologique, c’est précisément la découverte brutale qu’il existe des limites. Ce n’est pas drôle du tout pour les individus, et je suis navré pour Suzan, sincèrement. Mais c’est encore plus terrible pour les sociétés.

    En résumé, même si cela ne remplit pas le bas de laine de Suzan, je suggère que nous continuions inlassablement à réfléchir aux moyens non matériels de vivre mieux ensemble et séparément. Je sais, c’est fastoche à écrire. Je le sais. Mais au moins, je suis sincère. Suzan, des bises.

    Fabrice Nicolino

  26. Sans rapport?…Ce sont toujours les mêmes débats qui agitent ce blog après une manif.
    Je vis de peu et cultive le partage.
    Toutes les injustices me touchent! Mais je ne saurai dire mieux que ce qu’avait écrit Fabrice Nicolino le 29 janvier dernier dans un commentaire :

    « Il va de soi, pour moi, que cette société riche qui est la nôtre produit des pauvres, qui en sont très malheureux. Mais il reste vrai que même ces pauvres-là disposent de biens matériels qui les classent parmi les «privilégiés » du monde réel, que nous ne faisons jamais qu’entrevoir, et de loin. »
    http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=494

  27. Mille excuses Fabrice, je doublonne et j’aggrave notre cas!
    bises à Suzan itou, solidairement, sincèrement.

  28. D’un côté une personne qui parle d’une minorité qui aurait réellement besoin de plus, parfois confondue avec ceux qui veulent plus pour partir plus loin en vacances (pour faire vite). De l’autre une réaction à ses propos en revenant à nouveau la généralité voulant qu’on ait pas besoin de plus, avec laquelle on peut par ailleurs être globalement d’accord. Pourquoi choisir entre ces deux propos ? La seule chose avec laquelle je m’inscrit en faux, c’est simplement qu’on n’est pas obligé de faire sans nuance, donc fort mal à propos, je maintiens, face à un cas particulier qui voudrait ici ne pas être oublié.

  29. Fabrice, j’ai réfléchi à quelques pistes pour vivre mieux ensemble et séparément. Peut être me direz-vous que ce ne sont que solutions matérielles? N’importe, je vous les soumet:
    -Il y a dans notre pays une petite caste de gens qui se sont donné pour mot d’ordre de frustrer leurs concitoyens de tous les biens nécessaires à la vie. Je propose de décréter leur expropriation, à commencer par les biens immobiliers qui ne servent qu’à satisfaire leur insatiable cupidité; qu’on exproprie ceux qui possèdent plusieurs immeubles, et qu’on attribue les logements vacants(il y en a un très grand nombre)à ceux qui dorment dans la rue ou croupissent dans des taudis.
    -Qu’on retire à la mal-nommée SNCF la direction des chemins de fer. Il n’y a aucune raison d’accepter plus longtemps les tarifs scandaleusement élevés qu’elle pratique.
    -Qu’on interdise rigoureusement la possession des 4X4 et autres quads.
    -Qu’on limite sévèrement la circulation automobile dans les grandes villes. La densité automobile dans une ville qui possède autant de transports en commun que Paris est une absurdité.
    -Qu’on encourage de la plus persuasive manière possible la diminution de la consommation de viande.
    -Qu’on développe les activités culturelles et pratiques artistiques gratuites.
    -Qu’on décrète immédiatement la suppression du FMI et de l’OMC.
    -Qu’on chasse hors d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine les transnationales qui en organisent le pillage et l’empoisonnement. Qu’on aide les pays du Sud à restaurer leur agriculture, pas à la façon des capitalistes bien entendu.
    -Qu’on organise dans les pays du Sud ravagés par le sida la distribution gratuite des médicaments nécessaires, ce qui est matériellement très possible dès aujourd’hui.
    -Qu’on limite sévèrement l’utilisation des téléphones portables.
    -Qu’on décrète la gratuité des soins. La santé n’a pas à être marchandée.
    -Qu’on déclare solennellement l’abolition de la religion de l’économie, qui n’est qu’une justification éhontée, indécente et stupide du malheur général.
    La suite prochainement, si toutefois mon programme a l’heur de vous plaire,
    F.A.

  30. Bonjour Fabrice,

    Pardon mais moi je ne te parle pas de « pouvoir d’achat », je te parle de survie ! De survie !…

    J’ai un appartement dans lequel je suis en location, si je n’arrive à payer mon loyer, et l’assurance de mon appartement, c’est simple on vient chez moi, saisir le peu que j’ai et je me retrouve à la rue… Fin de la démonstration !

    C’est à dire que je me retrouve clochard…
    Et là vois-tu Fabrice, je ne t’ai pas parlé du pouvoir d’achat !… Je n’ai pas abordé ce sujet… Mais continuons…

    Tu dis Fabrice : « Dans le domaine du pouvoir d’achat, il faut selon moi considérer le monde. Ce monde où plusieurs milliards d’êtres aussi intéressants que nous survivent avec des revenus compris entre 1 et 2 dollars par jour. C’est bien triste, mais c’est la réalité. Et c’est d’elle que j’entends parler. »

    Fort bien !…

    Raton Laveur dit : « “Il va de soi, pour moi, que cette société riche qui est la nôtre produit des pauvres, qui en sont très malheureux. Mais il reste vrai que même ces pauvres-là disposent de biens matériels qui les classent parmi les «privilégiés » du monde réel, que nous ne faisons jamais qu’entrevoir, et de loin.” »

    Et là, moi je dis à Raton Laveur, et à Tous : Faux et Archi-Faux !…

    Voyez-vous Raton Laveur, quand je raconte des choses, j’aime bien en fournir les preuves… C’est le gros problème de beaucoup de monde apparemment, de raconter des choses sans en faire la démonstration !…

    L’ESPÉRANCE DE VIE D’UN SANS-ABRI EN FRANCE EST DE 43 ANS. C’EST L’ÉQUIVALENT DE CELLE D’UN NAMIBIEN OU D’UN AFGHAN.

    Source : « Médecins du monde. Les données ont été recueillies par la mission SDF de Paris auprès des personnes vivant sous les tentes distribuées depuis un an par l’association. Cette enquête de terrain a permis d’établir plus de deux cents fiches de suivi indiquant le profil et l’état de santé des SDF. »

    Un gars ou une nana qui se retrouve dans la rue, son espèrance de vie est de 5 ans… Etc…

    Donc en France, on peut vivre, dans certains cas, comme dans un pays du tiers-monde !

    Tout ça : c’est le réel !… Le réel ! La réalité !

    Et si quelqu’un me prétend le contraire, je lui prierais de bien vouloir m’en fournir les preuves !…

    Si par malheur je devais en arriver là, être à la rue, c’est comme si je serais dans la peau d’un type du tiers-monde, donc Raton Laveur, et sans vouloir vous vexer, vos analyses à deux balles sans preuves et sans fondements, je vous prierais de vous les garder ou alors quand vous écrivez des choses, prouvez ces choses, comme je l’ai fait ci-dessus…

    Fabrice tu dis : « Mais il y a loin de l’individu au groupe. »

    Bien sûr Fabrice ! Mais crois tu que je sois un cas isolé dans cette société ? Crois tu que Suzan soit un cas isolé ? Etc…

    Je sais que tu es sincère lorsque tu dis :

    « …je suggère que nous continuions inlassablement à réfléchir … »

    Je suis d’accord avec toi !… Mais quel âge as-tu ?… Environ 50 ans !… cela fait combien de temps que tu réfléchis ? 10 ans ? 20 ans ? 30 ans ?…
    je suppose que tu réféchis depuis que tu es en âge de réfléchir ? Et c’est tout à ton honneur.

    Si après avoir réfléchi pendant un long laps de temps, on ne trouve pas de solution, je dirais qu’il y a un problème (?)!… Parce que à ce rythme, tu risque de continuer à réfléchir encore très longtemps !…

    Si tu veux Fabrice, il existe des gars et des nanas qui ont « les solutions »… Seulement devant eux, comme tu le souligne souvent, se trouve des forces phénoménales, (le fric)… Mais de l’autre côté, j’ai les simples gens qui ne seront pour la plupart, pas enclin à accepter certains boulversements…

    Et donc, retour au point de départ !…
    Retour au statu quo !…

    Je ne me fais aucunes illusions, sur les capacités d’un gars ou d’une nana ayant les capacités d’engendrer un changement vers un « mieux » ou un « beaucoup mieux » au sein de ce monde : ces chances sont quasi nulles !

    Nous sommes, bel et bien, toujours et encore dans la même direction, peu importe les années ou les siècles que cela prendra encore, la finalité des systèmes politiques globaux c’est la destruction « moral » de l’Humanité (ou si vous préférez la Chute), cela inclut la destruction de presque toutes les formes de Vie terrestre et l’avènement d’une humanité (autre !…), que vous n’imaginez pas !…,… Bien que certaines tentatives ont déjà été faites au cours de l’histoire humaine, il n y a pas si longtemps…

    Mais ici, je suis dans la futorologie pure, la plupart d’entre vous ne me croiront pas !… Et d’ailleurs je ne vous le demande pas…
    Les « Hopis », eux, sauront ce dont je parle, car nous appréhendons l’univers de la même manière.

    Bien à toi Fabrice.
    Bien à vous Toutes et Tous.
    Nicolas.

  31. Vingt ans avec les Indiens Raramuris « ils m’ont ouvert les yeux à la vie » de Romayne Wheeler.Puisse celà nous inspirer tous!

  32. Voilà ce que l’on fait aux indiens dans le monde réel: en notre nom, au nom de l’intérêt supérieur des sociétés riches.

    un nouvel épisode des aventures du groupe pétrolier franco-britannique Perenco face aux indiens d’amazonie…

    Le Pérou impose l’état d’urgence dans les régions pétrolières d’Amazonie

    LIMA (PER), 09 mai 2009 (AFP)

    Le gouvernement péruvien a décrété samedi l’état d’urgence pour 60 jours dans certaines régions amazoniennes du nord-est, pour faire face à des actions de communautés indigènes mettant en danger, selon lui, l’exploitation de gisements de gaz et de pétrole.

    Selon un texte publié dans le journal officiel, les droits constitutionnels, tels que la liberté et la sécurité des personnes, l’inviolabilité du domicile, la liberté de réunion et de déplacement, sont suspendus dans plusieurs districts des régions de Cusco, Ucayali, Loreto et Amazonas.

    Le dernier mois a vu la multiplication d’actions, blocus et occupations de sites, de la part communautés indigènes qui se disent dépossédées de leurs terres et de leur eau, à travers les concessions accordées par l’Etat à des groupes miniers et pétroliers étrangers.

    Selon le communiqué du gouvernement, l’extraction, la transformation et le transport de pétrole brut « ont été affectés par des actes de violence de la part de l’organisation dénommée Mobilisation des peuples amazoniens ».

    De son côté, le président de l’Association interethnique pour le développement de la jungle péruvienne (Aidesp), Alberto Pizango, a annoncé une radicalisation prochaine des protestations visant à obliger le gouvernement à abroger des normes légales qui, selon les communautés indigènes, sont une atteinte à leur souveraineté.

    Selon lui, la loi sur la forêt favorise les entrepreneurs étrangers, tandis qu’elle est préjudiciable aux communautés amazoniennes, provoque la pollution du milieu naturel et détruit la forêt.

    Selon des ONG et médias locaux, deux interventions de la marine de guerre ont été nécessaires depuis quinze jours pour forcer des blocus sur le Curaray et le Napo, affluents de l’Amazonie dans le nord-est, et faire passer des bateaux du groupe pétrolier franco-britannique Perenco.

  33. Et pendant que les indiens essaient de défendre, dans notre beau pays on apprend ce genre de bonne nouvelle qui réjouit le coeur!toujours en lien avec le pétrole, d’ailleurs

    — En date de : Lun 11.5.09, René Benedetto a écrit :

    De: René Benedetto
    Objet: Fw: 20090509_Cavaou poissons morts
    À: Undisclosed-Recipient@yahoo.com
    From: Golfe De Fos
    To: GolfeDeFos M.C.T.B.
    Sent: Saturday, May 09, 2009 9:37 PM
    Subject: 20090509_Cavaou poissons morts

    Morts étranges de poissons sur la plage du Cavaou

    Quelques personnes nous ont parlé du phénomène des poissons, alors nous sommes allés constater sur la plage du Cavaou.

    Nous avons dénombré environ 700 muges morts sur le sable. Certains sont encore très frais, d’autres moins et certains apparaissent à peine, presque totalement recouverts par sable. Plus on s’approche du terminal méthanier et plus les

    tas de poissons sont importants. A l’heure où les premiers essais ont démarré, y a-t’il un lien à faire avec l’utilisation du chlore et les systèmes de réchauffement des circuits qui rejettent une eau refroidie de 6° par rapport à sa température initiale ?

    Curieusement il n’y a pas d’oiseaux pour se repaître de ce festin somptueux et anormal.

    Je joins quelques photos ainsi qu’un petit film.

    Bien cordialement,

    Romuald MEUNIER

  34. Que dire de plus que ce qu’explique si bien Nicolas ? Intellectuellement je peux, on peut tous, être d’accord avec Fabrice et Raton laveur, sinon je pense qu’on ne serait pas ici (et je suis touchée de vos marques de soutien que je crois très sincères) mais concrètement comme dit encore Nicolas (dont la situation est encore plus critique que la mienne on dirait…) on fait quoi tous autant qu’on est à parler de solidarité. Les « riches » de ce blog vous nous accueillez chez vous lorsque le tiers monde de « planète sans visa » se fera mettre à la porte de son appart ? C’est une question pas si farfelue que ça. On parle bien de solidarité et de partage entre humains non ? Il existe sur le net des forums où des solidarités concrètes existent.
    Ici et même si c’est l’un de mes blogs favoris, je vois de belles paroles mais jamais d’actes entre nous. Ce n’est pas un reproche mais un constat. J’aimerai tant que ce lieu ne soit qu’un lieu intellectuel mais qu’on puisse aussi agir ensemble…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *