Silence sur les vrais chiffres (comment camoufler nos importations)

Il est bien possible que l’on nous cache des choses. Je sais, c’est très peu probable dans une vieille nation démocratique où la presse est libre d’informer comme elle l’entend. Et je me reprends donc aussitôt : nos vaillants veilleurs de nuit, ceux qui scrutent pour nous les vilaines entrailles du monde, ont dû, malheureusement, fermer un œil, et oublié de nous signaler ce qui suit. Voilà, je crois que c’est mieux ainsi. Les informations qui ne nous parviennent pas sont retenues dans un embouteillage. Il suffit d’attendre. Disons un siècle ou deux.

Moi qui n’ai pas ce temps devant moi, je vous signale une étude sans appel, sèche comme un coup de trique, parue le 8 mars dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (ici). Deux chercheurs, Steven Davis et Ken Caldeira, ont étudié des milliers de documents concernant 113 pays et 57 secteurs industriels, sur la période comprise entre 2004 et 2009. Et leur conclusion est simple : les pays du Nord externalisent une grande part de leurs émissions de gaz à effet de serre. Que veut dire externaliser ? Ce néologisme est une sorte de synonyme de transfert. On externalise quand on se débrouille pour envoyer loin de soi, de ses comptes, de ses soucis, une partie de ce qui nous revient pourtant, indiscutablement.

Dans le domaine des émissions de gaz à effet de serre, l’externalisation est une vraie baguette magique. Nous importons massivement des biens – ordinateurs et bimbeloterie électronique, vêtements, jouets – qui sont produits au Sud, et notamment dans cette Chine que tant d’imbéciles congénitaux voient encore comme un modèle économique. Oui mais, les amis, ce faisant, nous importons aussi la merde des centrales au charbon – ce n’est qu’un mince exemple – qui aura permis de produire à si bas prix les beaux objets qui trônent partout chez nous. Davis et Caldeira estiment que le tiers des émissions, dans les pays riches, passe ainsi à l’as. Nous nous appuyons tous sur des chiffres truqués, des statistiques fausses, et des discours du même coup irréels.

Si l’on faisait les comptes pour de vrai, on réaliserait que la Suisse guillerette de Heidi et des pâturages émet deux fois plus de gaz que ce qu’elle prétend. Et qu’un pays comme la France devrait ajouter au moins 30 % d’émissions de gaz à effet de serre à ses chiffres pour être un peu plus proche du vrai. Nous sommes donc dans un mensonge global, cumulatif, permanent. Ne cherchez pas plus loin : tout est bidon. Si le cœur vous en dit, et que vous lisez l’anglais, un bon article du magazine Time, en anglais, ici.

48 réflexions au sujet de « Silence sur les vrais chiffres (comment camoufler nos importations) »

  1. http://www.storyofstuff.com/

    c en anglais, la dame parle vite, elle dit qu’elle a voyagé 10 ans pour comprendre tout ce système de « stuff »; dessins qui illustrent; je l’avais déjà posté; il me semble que çà peut aller dans le sens de cet article de Fabrice, dont je retiens entr’autres « la Suisse guillerette de Heidi et des pâturages ». trop drôle!

  2. On est en permanence dans le mensonge et les petits arrangements : tout va bien, rien n’est grave !

    Tiens, dans la série : « on va se cailler les meules à l’avenir », voici de quoi réfléchir sur l’impact du réchauffement sur nos climats. Pas forcément la chaleur !
    http://www.notre-planete.info/actualites/actu_784_debit_gulf_stream_circulation_thermohaline.php
    Et que certains n’en profitent pas pour rallumer le buzz… 😉

    Voici un lien un peu plus complexe :
    http://www.glaciers-climat.fr/Gulf_Stream/Gulf_Stream.html

    Désolée d’être un peu hors-sujet. Je le ferai plus…

  3. Fabrice,

    Une question me vient suite à la lecture de ton dernier article : est-ce que la Chine ne sera pas tentée d’utiliser ces arguments pour demander une réévaluation de ses droits à polluer, puisque
    qu’elle n’est finalement qu’en partie responsable des émissions de CO2 qui lui sont attribuées ?
    Le marché du CO2 est une magnifique arnaque qui profite encore une fois aux mêmes et leur permet d’augmenter encore leurs scandaleux profits.
    Un article récent de Yvan du Roy de Bastamag explique bien les choses : Arcelor Mittal réinvente les principes de l’alchimie et transforme le dioxyde de carbone en lingots d’or !
    Il reste donc encore des journalistes dignes de leur carte de presse…

    http://www.bastamag.net/article934.html

  4. D’accord pour ne pas rallumer le « buzz », j’ai d’ailleurs suffisamment de trucs à faire pour m’en dispenser, mais alors il vaut mieux éviter de citer des sources bidons, démontables par les deux entrées « c’est grâce au Gulf Stream que… » et « pauvre Gulf Stream qui s’épuise », avec la conséquence logique que brrr… T’es finalement pas hors sujet : « Silence sur les vrais chiffres » ! 😉

  5. Je plussoie ton titre, « silence sur les vrais chiffres », qui peut s’appliquer à tous les sujets sensibles et quantifiables. J’y apporterai même un complément en amont : « silence sur les vrais problèmes ». Nous sommes aveuglés sciemment par des écrans de fumée visant à distraire et détourner notre attention. Notre lucidité et notre capacité à raisonner sont insidieusement travaillées pour être formatées et abaisser notre propension à voir l’absurdité de notre système économique et sociétal et donc à se révolter.
    Nous sommes en droit de mettre nos dirigeants EN DEMEURE de traiter les véritables problèmes qui se posent à la collectivité et à l’individu. Nous sommes en droit de mettre nos dirigeants EN DEMEURE de dresser la VERITABLE situation dans laquelle nous nous trouvons, que ce soit sur le plan financier, économique, sociétal, écologique ou tout autre ayant un impact significatif sur notre capacité à poursuivre ou amender cette aventure collective que constitue notre civilisation.

    Ce silence sur les vrais problèmes et les vrais chiffres est une négation de notre intelligence individuelle et collective. A nous de nous réveiller, à nous de nous éveiller.

    Le temps perdu rend le redressement plus difficile. Ne nous leurrons pas, les temps à venir seront troublés et ne pourront engendrer que de la violence, de la répression et une sortie aléatoire et critique d’une crise qui échappera même à ceux qui auront cru y trouver leur compte.

    Grand est celui qui garde les yeux ouverts dans la tourmente afin de distinguer les véritables vagues scélérates de l’écume des temps fabriqués sur l’autel du profit.

  6. Très juste, nous importons leurs centrales à charbon, et aussi, d’ailleurs, la responsabilité morale des conditions de travail des mineurs, des coups de grisou, le travail dans les laogai, les migrants paysans exploités etc.… Tout un tas de choses dans le petit T shirt sympa…

  7. Bien sûr. C’est facile pour nous d’avoir bonne conscience et de faire des pubs « vertes », ensuite. C’est exactement comme la gestion des déchets ou le recyclage des vieux ordinateurs, par exemple…

  8. Christina

    Nos « dirigeants,…l’Etat… », mais c’est NOUS qui les avons souhaités, élus, idôlatrés; c’est nous-mêmes qui sommes responsables de cette gabegie de surconsommation, de consumérisme stupide, de cette frénésie de l’inutile et de l’éphémère engendrée tous les matins par les fameuses « modes et tendances ».

    J’ai encore en mémoire cette image d’un papy breton sur une plage tenant dans ses mains une poche en plastique et maudissant l’individu indélicat ayant pollué la grève…Il avait oublié au passage que si ce plastique existe, c’est parce qu’il y avait des demandeurs. Les vilains Chinois ne font que répondre à NOTRE demande 🙂

  9. Cher hifi, je partage ton analyse, mais je la compléterai ou nuancerai avec la remarque suivante : l’homme moderne est en déficit de spiritualité (encore une fois, je ne parle pas de « religion », mais de spiritualité) et n’axe sa vie que sur le seul plan matérialiste. Ce n’est pas un choix murement réfléchi mais la conséquence d’un système global de notre société orienté autour de la recherche du profit maximal de la part d’une minorité d’individus possédant les clés d’un système à exploiter sans scrupules les ressources de la terre et les ressources humaines. Le quidam s’est laissé attiré dans ce système, volens nolens. Il s’y croit prisonnier et n’est pas certain de vouloir en sortir, ayant peur de perdre certains aspects de sa vie qu’il pense être inaliénables et trop difficile à abandonner. Le quidam a vendu son âme et sa véritable liberté. Il se croit coincé. Or il ne l’est pas à partir du moment où il prend conscience en pleine mesure de sa véritable valeur. Curieuse société qui met sous l’éteignoir nos aspirations de pleine réalisation de notre être, tout en flattant notre égo criminel de consommateur pour faire tourner la petite boutique des horreurs. Encore une fois, à nous de nous réveiller : cela ne passera que par un véritable éveil. Sinon, nous resterons ces moutons apeurés qui seront tondus. Oui, cher hifi, nous avons en nous les clefs de notre liberté et nous sommes responsables par notre inaction et notre inconséquence du fait que ceux qui agissent à notre place puissent instaurer le système criminel qui est en place et qui n’a cesse de se renforcer avec la mondialisation, la globalisation, la complexification et l' »instantanéisation ».

    So what ?

  10. Exactement, Christina ! Nous sommes à la fois les acteurs et les victimes d’un système qui nous a été imposé. Personne ne nous a demandé si on était d’accord, par exemple, pour voir massacrer ainsi nos paysages – et là je ne parle pas de l’étranger, mais des horreurs qui sont aux portes de nos villes. Pas besoin d’aller loin ! Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
    Tout le monde déplore le vide spirituel dans lequel nous sommes, la perte de repères, la montée d’un matérialiste qui ne satisfait personne, en fait ! Et si encore ça marchait !… Mais jamais les contrastes pauvres/riches n’ont été aussi forts, que ce soit au niveau national ou international.
    Je sais bien que beaucoup ici n’iront pas voter, mais je crois que la forte montée des écologistes traduit ce début de révolte…

  11. Hélène dit « mais des horreurs qui sont aux portes de nos villes. »
    Vous pouvez remercier entr’autres, nos chers élus locaux. et allez les déranger un peu, mais tout cela est tellement dogmatique et coincé que c décourageant (si vous avez le temps);

  12. @Christina

    Je pense comme vous. Nous sommes victimes du syndrome de Stockholm, où le prisonnier en arrive à défendre son ravisseur parce qu’il est devenu dépendant de celui-ci. Nous continuons à croire que la croissance crée de l’emploi. Nous mettons tous nos espoirs dans l’outil technologique, en oubliant que ce sont des intérêts mercantiles qui en tiennent le manche.
    Pourtant des tas d’initiatives se font jour, des lanceurs d’alerte ouvrent des pistes, des groupes de citoyens cherchent à sortir de la logique de croissance et du consumérisme. Comme vous dites, cela dépend de nous. Ce n’est pas du monde politique, gestionnaire du système, qu’il faut attendre la remise en cause de celui-ci. Au mieux, il suivra, lorsque suffisamment de citoyens l’y contraindront.

  13. Fabrice ,

    Merci pour cette info qui nous arrive comme une « grande claque », en tout cas c’est bien comme ça que je l’ai perçu; j’avouerai humblement que je n’en avais pas conscience et tiens à vous faire savoir que j’en prends bonne note: j’assume et ne me permettrai pas de dire « nous ceci, nous cela, l’état doit agir dans tel sens, etc … ».
    je me sens individuellement responsable et compte agir pour contrecarrer le mouvement.

  14. Ben moi j’arrive pour jeter un pavé; désolé Fabrice mais je suis en colère par un discour de plus en plus nauséeu; je ne devrais peut-être pas venir polluer les com avec ça…

    Ces chiffres sont là pour justifier un improbable discour qui conduis à la haine; ce que ça dis c’est qu’on lave plus vert, et que c’est de la faute des pays émergeants; c’est tous ce que ça dis et rien d’autre!

    Hier j’ai vu un émission de télé qui enchainait Claude Allègre et Eric Zemmour; et je suis atterrée par les pirouettes que font ces individus pour justifier un discour improbable…Ou quand on criminalise les victimes! Tous ça sur fond d’une campagne électorale où des politicien se préocupent plus de bout de tissus et de quick halal; que de près d’un millons de personnes en bout de course d’une solidarité qui s’effritte jour après jours!

    Les gens meurent de faim alors qu’il y a assez pour tous; ils n’ont pas besoin d’OGM…Les gens immigrent parce qu’on les déposèdent; pas parce qu’il viennent nous coloniser…Les gens s’entassent dans des bidonvilles et des banlieus parce qu’ils n’ont pas le choix; et pas pour se communautariser…

    Les pauvres ont besoin de solidarité et pas de haine! Se sont des « ultra-riches » qui nous divisent pour maintennir et justifier un système criminel! La laïcité et la démocratie; cela ne s’impose pas; cela se mérite!

    Je m’excuse Fabrice de ma colère de petite pourrie gatée du nord bercé de paix toute relative; mais en ces temps de discour nauséeux; la seule idée digne de ce nom en se moment c’est:
    Plus de liens; moins de biens!

  15. @ Sylviane

    Je pense que votre colère est largement partagée ici. En écrivant avec vos mots ce que Fabrice écrit avec les siens, je ne vois pas en quoi vous devriez vous excuser de votre intervention?

  16. @ Marc;

    Je m’excuse parce que le racisme est un terrain glissant et que des gens capables de telles pirouettes font des émules qui peuvent déformer les propos de personnes de bonne volonté…Et aussi parce que ces idées nauséeuses d’un autre temps(enfin c’est ce que j’aime croire) n’ont rien a voir avec la crise écologique et sont là uniquemment pour nous détourner de la vraie catastrophe!
    La haine entraine la haine; et je ne devrait pas me mettre en colère; ça ne sert pas à grand chose!

  17. c’est vrai sylviane j’ai vu l’emission « l’objet du scandal » lorsque l’on vous c.allègre dire autant de contre vérité et surtout il n’avait que le mot « économie » à la bouche peu lui importait que le reste n’aille pas pourvu que les pays puissent continuer à vendre.

    Il voit le salut de l’homme dans les OGM, le séquestration du CO2 dont il ne sais pas se qu’il deviendra une foie sous terre « probablement du calcaire, je l’espère  » a t il dit il n’en sais fichetrement rien, en fais il dit que l’homme doit s’adapter, s’adapter à quoi à la connerie je ne suis pas d’accord. Le progrès est tout pour lui mais je me demande si le progrès est toujours bon pas dans tout,les cas ou aussi ce que nous en faisons du progrès.
    Après il a voulu nous faire sa minute de sensibilité en parlant des enfants qui mourraient de faim en nous expliquant que les OGM serviraient à les nourrir dommage il n’a pas lu le livre de fabrice sans ça il aurait su que les ogm servaient à nourrir le bétail pour le nord au détriment du sud.
    J’étais désolé hier soir.

  18. @ Sophie;
    A la limite; c’est pas encore Claude Allègre qui m’énerve le plus; parce qu’il est assez « pathétique » dans son argumentaire…

    Le gars qui suis; celui-là je ne l’aime vraimment pas; c’est trop facile de dire que si il y a de la violances c’est à cause d’une communauté racial; alors que ces gens subissent eux-même des violance! Ce type a pignon sur rue pour déclamer ses dérrapages nombreux! c’est triste!
    Je devrais arrêter la télé completement 😉

  19. @ Sylviane : tu n’aurais effectivement pas tort d’arrêter la télévision (je dois la regarder à peine une heure par semaine) ! La télé est dans une grande mesure une arme de « panurgisation » des esprits et des comportements. Il est urgent de se reconquérir, sa propre pensée, son propre raisonnement, ses propres idées, son propre comportement. Nous n’utilisons pas les véritables pouvoirs dont nous disposons sans le savoir pleinement : celui de refuser la télévision, celui de ne pas consommer ou de consommer « différemment », celui de ne pas suivre les modes, etc…
    Oui, il est urgent de libérer nos esprits de cette gangue qui l’englue dans une médiocrité qui rejoint celle des intentions de ceux qui nous influencent.
    Le savoir est déjà un premier pas. Il faut ensuite l’assumer et être en cohérence avec sa propre ambition. Non décidément, nous sommes plus qu’un code-barre ou qu’une carte bleue…
    La beauté de cette nature qu’on estropie et viole devrait nous élever et nous guider vers la bonne direction.

  20. je suis ok christiane mais voilà la majorité regarde et crois comme parole d’évangile la télé, comment réussir à s’en sortir avec de tels moutons de panurges ?

    Dis à quelqu’un que tu n’as pas de tv ou bien de micro onde et tu vas sentir son regard changé et le ton je ne te dis pas, pas que celà me dérange car ils sont plus bête que méchants mais l’humain est ainsi fait et je pense que pour gagner la bataille, il faut se servir de leurs armes, mais avec des gens intelligents pour changer.

    bye

    sophie45

  21. aujourd hui tout est fait pour nous ébêter, les jeunes osnt sur leur ordi dès qu’ils rentrent de l’école ou bien les jeux vidéos, les politiques comptent beaucoup la dessus, ils se disent que plus nous serons idiots et moins nous comprendrons ce qu’ils font dans notre dos, je suis sur qu’ils sont ravis du niveau scolaire de nos enfants, c’est à dire une faute par mots.
    Plus ils seront bêtes et plus ils ferons ce qu’ils voudront en toute impunité, car la population sera omnibulée par secret story, les sim ‘s, la mode les peoples etc ..etc ..
    quel avenir pour l’epèce humaine qui n’aime que faire la belle…

  22. « Le monde est fou, fou, fou, croyez-vous ? »

    Mégalo et mytho, schizo comme parano, Sado avec maso sont dans un même bateau… et la raison de tous part à vau-l’eau.

    Préambule :
    « L’antipsychiatrie est ce mouvement de remise en question de la psychiatrie moderne, selon lequel la société provoque les troubles psychiatriques et se sert des psychiatres pour les contrôler » (cf. Le petit Larousse illustré).

    Eh bien ! pareille appréciation du fait psychologique n’est pas pour déplaire au père Bardamu !
    Oui, l’animal -un tantinet pensant- se posant, à l’instar d’une Françoise Parot -maître de conf.-, cette même question :
    « Et si le psychisme n’était qu’un mythe contemporain de la structure de notre monde social ? »

    Oui !… et si notre cerveau était un organe à ce point riche et complexe qu’il serait bien dommageable de le confier sans prudence aucune à de tels apprentis sorciers ?
    … à de si maladroits thérapeutes qui, semblant déjà reconnaître leur impuissance et prenant les devants, préfèrent s’engouffrer dès à présent dans le coaching, le développement personnel, les accompagnements pour sevrage tabagique ?
    … à des soignants se reconvertissant en masse dans un comportementalisme -tel un renoncement- d’inspiration pavlovienne -l’art du conditionnement étant à la portée de tous les gourous, ma bonne dame ?

    Par contre, considérer la folie comme une conséquence de nos modes de vie me paraît bien plus raisonnable.
    La voir, à la manière d’Erasme en l’« Eloge » qui lui fait, telle la caricature d’anomalies communes me semble plus sensé !

    D’ailleurs, j’imagine que plus tard, quand les neurosciences auront à tous fourni le « soma » d’Huxley, la petite pilule miracle, il est fort à parier que la psychanalyse ne sera plus qu’une curiosité historique… d’un temps où l’homme, consommateur en diable, se devait d’être tout-puissant, donc égocentré, pour mieux céder à ses désirs.
    D’un homme qui « le valait bien » (L’Oréal), à la seule fin de céder à « ses choix » (« C’est mon choix » de la prêtresse, Evelyne Thomas).

    Alors, nous faudra-t-il admettre que les pathologies présentes n’étaient que des faits sociaux, voire sociétaux.
    Abondant en ce sens, Muriel Darmon -sociologue-, nous présente-t-elle l’anorexie comme un fait social dans son livre : « Devenir anorexique. Une approche sociologique ».
    Et, rappelons-nous !… jadis, après guerre, ces gens qui partaient sur les routes… comme ça ! d’un coup !… errant sur les chemins, sans but !
    Ce fut là une belle épidémie, et sans raison apparente -à ne pas confondre avec l’exode rural !… eh puis, pouf !… plus rien !… calmés les lascars… un épiphénomène, vous dis-je, une déraison passagère, une mode même, une contagion tout du moins… alors, un an après, tous resteront dès lors à la maison : fini le temps des escapades, de nouveau normaux !
    Et la mode du spleen romantique ?… cette exaltation de la dépression qui a séduit toute une jeunesse !

    Continuons :
    -Pour exemple, on a assisté au début du vingtième siècle à une explosion du nombre de névroses obsessionnelles (maladie décrite avec « L’Homme aux rats » de papa Freud dans ces « Cinq psychanalyses) !
    Mais n’étaient-elles pas surtout dues aux conditions de travail, ces névroses-là ?… à la sempiternelle répétition de gestes si bien soulignée par Chaplin en son chef d’œuvre : « Les Temps modernes » ?

    Et maintenant !… les principes hygiénistes ne sont-ils pas en train d’éveiller chez certains une véritable compulsion de lavage des mains -les services de dermato étant débordés, quand les maniaques vont jusqu’à « s’arracher la peau » ?

    Et encore !… la dépendance des individus partout encouragée -dite anaclyse- , n’a-t-elle pas pour conséquence la création d’une nouvelle pathologie dite limite (cas limite, état limite, ou « borderline »), et désormais reconnue comme pouvant être sociale :
    -oui !… nos psys, un brin dépités, admettant alors l’origine sociale de la déviance, maintenant !

    Car nous sommes tous dépendants, accrocs aujourd’hui -les centres d’addiction faisant florès !… à Internet, aux articles d’Agoravox (je plaisante !), aux jeux, au sexe, au travail, aux portables, à la poitrine de ma voisine (je m’emporte !)…
    Et ne sommes-nous pas de plus, tous des phobiques en puissance ?
    Mais pourquoi ?
    Parce que la société encourage nos dépendances, comme nos phobies, tiens !… par ses incitations à l’hyper consommation -pour nos dépendances : « trois pizzas pour le prix de deux »-, comme par ses principes sécuritaires et sa propre phobie à elle, la plus malade de tous -celle du risque, de la mort, de la vie même !

    Et nos enfants, super actifs, sans limites, « péteurs de plomb » avant l’âge, ne lisant plus, ne pouvant plus se concentrer, allergiques à ceci ou cela, naissant quasiment asthmatiques ?
    Tous sans volonté donc, livrés itou à leurs désirs, à leurs caprices -sans pères « re-pères » (je fais mon lacanien) !
    Et toujours (je me répète) pourquoi ?
    Car la société, dont ils sont les premiers et plus grands consommateurs, encourage leurs faiblesses, pardi !… incitant leurs parents à être eux aussi des enfants… et, ceci pour qu’ils veuillent toujours plus, désirent encore et encore !… et enrichissent les pédopsys, et autres orthophonistes !

    Et les paranos ?
    Oui, quelle volonté d’airain faut-il avoir pour ne pas l’être, parano !… quand on instille chaque jour de la peur, du choc -en stratégie- (Bien vu, Naomi Klein !) pour mieux nous dominer !… quand on passe d’un Ben Laden fantasmé, à virus de grippe A tout aussi cocasse.

    Et les schizos ?
    Oui, quand la société est en tout point délirante, comment garder une pensée intègre, non morcelée ?… je vous le demande !

    Et les masos ?
    Comment ne pas l’être, maso, quand le cadre pour espérer de l’avancement doit se plier à toutes les humiliations -les aimer même-, être flexible, malléable -faire le mort, sans affects-, et obéir aveuglément, sans réfléchir… obéir !

    Et les sados ?
    Le pendant des premiers, ceux-ci !… les deux formant un couple infernale !
    Oui, rabaissé par mon patron, quel délice de me venger ensuite !
    Et si mon patron est une femme, quelle jouissance d’aller à l’occasion -en un endroit « étudié pour »-, fouetter un bon derrière dodu ! (Les films pornos sados sont les mieux vendus actuellement).

    Bon, l’article est déjà long !… écrit d’une traite, sans corrections apportées, maladroitement… alors j’arrête.
    Pourquoi ?
    D’un, je me sens fainéant !
    De deux, je ne suis pas obsessionnel… il passe, il ne passe pas mon petit machin, qu’importe, je n’irais pas en pondre un tous les jours !
    De trois, je ne suis pas un grand narcissique, ni un perfectionniste (autre maladie encouragée chez le moderne)… alors, si à la suite de ce machin-là, on m’insulte, je n’en rirais que plus !
    De quatre, je ne suis pas dépendant… ni mégalo, ni parano… ni sado, ni maso… ni phobique, ni Alzheimer… ni ceci, ni cela… juste Bardamu qui vous salue !
    Et hop, j’envoie le truc écrit à la va-vite !… car, j’oubliais !… j’adore le risque !

    Source Agoravox.

  23. Merci Fabrice pour ces infos, qui ne sont pas vraiment des surprises pour moi.

    @Sophie45 : Quant à la télé, je n’en ai pas depuis que j’ai quitté le foyer de mes parents. Et quand on me demande pourquoi je n’ai pas de TV ni de micro-onde, je rigole et demande « pourquoi faire ? ». Figure-toi que la réponse n’est pas si immédiate que ça. Au fond d’eux, les gens savent que la TV ne leur sert à rien, ils ne conçoivent juste pas la vie sans ça. C’est comme la clope.

  24. Christina

    D’accord avec ton analyse.

    Oui, Panurge est le plus fort, et pourtant il suffirait que les enseignants apprennent aux enfants dès le plus jeune âge à ne plus craindre le regard de l’Autre qui oblige à se standardiser (n’est-ce pas Sophie45 ?), et cette société de consumérisme commencerait à disparaître au profit peut-être d’un début de spiritualité chez l’Homme qui le sortirait de son animalité (au sens d’acte « instinctif » du terme bien sûr), et non pas de mépris de l’animal.

    La TV, la clope, la console, les jeux video, le virtuel, etc, etc…Panem et circenses, du pain et des jeux, on n’a pas beaucoup évolué depuis les Romains 🙂

  25. Ma famille et moi n’avons plus la TV depuis plus de 2 ans, nous avons changé au fur et à mesure de notre prise de conscience, notre mode d’alimentation, notre mode de vie, notre vision de la société, nos lectures etc….
    Nous vivons mieux, mais le problème c’est que nous vivons mieux avec nous même, car nous vivons au milieu d’une société qui ne change pas dans le même sens. Non seulement, nous nous sentons décalé, mais les autres se moquent de nous, nous montre du doigt. On appelle ma femme « Macrobio » à son boulot, être obligé de se « justifier » sur ses propres choix de vie tous les jours, c’est pesant : « Pourquoi DD tu ne prends plus de café, ni thé? » « tu ne vas quand même pas prendre qu’un verre d’eau? » j’en passe et des meilleurs.

    Non je ne reculerai pas et continuerai dans mon choix de vie, mais je tenais simplement à faire part de mon expérience.

  26. et bien tu vois DD, c’est courrageux de ta part car je n’ai pas le courrage d’interdir la tv ou l’ordi à mes enfants (surtout que je m’en sert moi même, se ne serait pas juste), je trouve celà tellement primaire de se moquer des autres pour celà que je suis désolée de l’état de notre société. Et comme tu le dis si bien tu vie qu’entre vous difficile d’avoir une vie sociale avec des gens non tolérants car nous non plus nous ne buvons pas d’alcool ne fumons pas pas par religion mais parceque nous n’aimons pas simplement et bien ça paraît bizard aux yeux des autres qui nous surnomment « JUS D’ORANGE » alors ne soit pas triste tu n’est plus seul (lol)

  27. hifi
    « pourtant il suffirait que les enseignants apprennent aux enfants dès le plus jeune âge à ne plus craindre le regard de l’Autre »

    Ah, le mythe de l’enseignant omnipotent qui, à lui seul, suffirait à orienter la société vers une vie meilleure et un monde plus beau.

    Pour l’instant ils se ramassent les conséquences du désengagement total des parents.
    Ces parents qui, à cause de notre société hyper-travailliste et d’hyper-consommation qui perdent leur vie à la gagner, du toujours plus, les mettent devant leur télé (une par chambre), leur ordis (un par chambre), les consoles de jeux, les téléphones portables et autres gadgets d’aliénation favoris (terme emprunté à Pièces et Mains d’Oeuvre).

    Ce désengagement de la vie ordinaire se traduit par un éclatement familial, de l’hyper hygiénisme, et le culte de l’enfant roi. (compensatoire et proportionnel à notre absence).

  28. (suite)

    Le bouc émissaire, celui dont on parle au boulot comme celui qui ne comprend pas l’hyper-génie dans la classe (qui écrit en texto et ne supporte pas la contradiction), qui serait le responsable d’une génération des écrans, du zapping généralisé, de l’hyper-activité est alors l’enseignant (qui dans l’inconscient collectif commence à 10h, finit à 15h et a 4 mois de vacances).

  29. « le plus jeune âge à ne plus craindre le regard de l’Autre qui oblige à se standardiser  »
    mission impossible; les humains sont des grégaires; par contre développer le sens critique et le sens de la responsabilité; il y a un très bon livre de Michéa titre : l’enseignement de l’ignorance./ On apprend la géographie de la Chine occidentale, mais Il n’ y a pas (sauf erreur de ma part) de programme scolaire visant à exposer ce qu’est la télévision et comment elle est organisée: c grave pour cette machine qui n’est vraiment pas neutre, cheval de Troie du système, qui est dans tous les foyers et occupe 4 heures quotidiennes; Dans la veine de ce que dit Hifi : cet enfant, mort car allergique au fromage de brebis servi à la cantine de l’école (Marseille) dans laquelle il était scolarisé (fait divers 2007, dont je n’avais pas entendu parler); les parents avaient informé l’administration scolaire de cette allergie…! et la justice vient de dire: personne n’est responsable! circulez y a plus rien à voir. C dégueulasse.

  30. Un beau proverbe africain dis: « il faut tout un village pour élever un enfant ».

    En gros les parents et les enseignants ne sont pas les seuls éducants de nos p’tits loup; et cette société l’oublie beaucoup!

    Sinnon; j’ai toujours une télé; mais cela ne m’empêche pas de la regarder avec des « pincettes »; ma fille à une information au médias…Sinnon la pub « démolis » pas mal les relations de nos petits loups si on n’y fait pas attention; je vois la différence de comportemment de ma fille entre les soirées télé et soirées sans télé! Un petit roulemment sympa une soirée jeu; une soirée lecture; une soirée télé; une soirée atelier cuisine; une soirée atelier créatif! (les soirées lectures sont les plus détendues pour le parent fatigué; Fabrice à fait des livres pour enfants très sympa daillieur 😉 )

    Sinnon nos gamins sont démunis devant un média; notez que pour un adulte ce n’est pas triste non plus…

  31. Juste mon petit grain de sel, après avoir fait le tour de vos messages…
    Bien mieux que la télé, ces échanges d’expériences et d’analyses, ces interrogations, ses doutes, permettent de réfléchir, de débattre, de réagir et sûrement au final… d’agir. Et tout ça entre personnes de milieux, d’opinions et de régions diverses et variées.
    Quelle plus belle justification à l’existence de ce blog, Fabrice ? Merci à toutes et tous pour ces moments passés en votre compagnie et je souhaite que nous puissions continuer encore longtemps.
    Fabrice, j’ai entamé la lecture de « Bidoche », et je suis encore sous le choc des premiers chapitres. J’y reviendrai plus précisément une prochaine fois. Quel superbe travail d’investigation !

  32. Oui, Sancho,moi je viens de finir « Bidoche ».
    C’est un gros travail de documentation, d’interwiew, de réflexion.
    C’est beau ! C’est implacable.
    Grâce à ce livre, j’ai pris conscience d’un problème que je ne soupçonnais pas.
    Je comprends les vagues qu’il fait actuellement dans les médias, plus d’un journaliste a dû être secoué…

  33. Suite à l’article sur les éléphants, une pétition à signer pour essayer de dissuader certains pays d’Afrique d’autoriser à nouveau le commerce de l’ivoire et la destruction des pachydermes qui n’ont vraiment pas besoin de ça… Je ne sais pas si notre petite griffe pourra épargner leurs défenses, mais sait-on jamais.

    http://www.cyberacteurs.org/actions/form.php?id=69

    @ Marieline : Bidoche se lit comme un polar (et on sait que son auteur est amateur du genre), dommage que les faits relatés ne soient pas fictifs malheureusement !

  34. René,

    Désolé de mettre un bémol, mais les sources ont leur importance, quel que soit l’intérêt possible des textes qu’elles contiennent. Je n’ai pas lu l’article de Jean-Michel Vernochet dont vous parlez, mais je me dois de dire que cet homme a animé pendant des années une émission de la radio d’extrême-droite Radio-Courtoisie. Est-ce que cela le disqualifie ? À chacun de juger. Je crois, moi, que son papier peut être, malgré tout, intéressant, mais il vaut mieux savoir où l’on pose l’oeil.

    Au-delà, et de manière plus fondamentale, la question de la source, en l’occurrence le réseau Voltaire créé par Thierry Meyssan. J’ai eu l’occasion de dire ce que je pensais des deux, ce qui m’a valu un procès et une condamnation symbolique, mais méritée, pour injure publique. Il est bon qu’il existe des limites, même si l’on conserve la possibilité de les franchir.

    Quoi qu’il en soit, le réseau Voltaire mêle le vrai et le faux d’une façon telle que, selon moi, il n’existe qu’une voie acceptable : ne tenir aucun compte des « informations » qu’il véhicule. Et qui peuvent être intéressantes, certes.

    Désolé de jouer le rabat-joie.

    Fabrice Nicolino

  35. Fabrice,

    Je ne connais pas Jean-Michel Vernochet, mais après lecture de son article « La mue de la finance mondiale et la spéculation verte », j’ai pensé qu’il pouvait intéresser les lecteurs de ce blog.
    Je serai désormais plus vigilant.

    René.

  36. René,

    Je suis réellement désolé, car je n’ai pas vocation à faire une quelconque police de la pensée. J’ai juste cru nécessaire d’ajouter ce qui reste de l’information. J’ai lu avec passion trois gros volumes du journal de Joseph Goebbels, l »immonde personnage qu’on sait. Jean-Michel Vernochet n’a rien à voir, ni de près ni de loin. Or donc, pas de mal.

    Fabrice Nicolino

  37. Sancho : oui, merci, je viens de prendre connaissance de cette info concernant la demande de 2 pays de lever l’interdiction mondiale du commerce de l’ivoire. Info de Avaaz.org + pétition ( http://www.avaaz.org ) Tout ce jouerait dans les 2-3 jours à venir.

  38. PS : pardon de poser une question peut-être stupide (le ridicule ne tuant pas encore), mais, concernant mon dernier message, info ou intox ? Fabrice, peux-tu me répondre ?

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