Madame Voynet et la nouvelle bibliothèque François Mitterrand

La tête sur le billot, bien obligé, j’avoue faire partie de l’association Murs à pêche (MAP), qui tente de sauver depuis quinze ans un lieu unique, mais réellement unique (ici). Il s’agit d’un réseau branlant, au bord de la ruine définitive, de murs de pierre sèche à l’intérieur desquels on a fait pousser des fruits depuis des siècles. Les murs, mélange de plâtre, de silex, de mortier, conservaient la chaleur du jour et la restituaient la nuit à des arbres fruitiers conduits en palissage contre les parois de pierre. Une pure merveille, dont la réputation s’étendait jadis jusqu’à la table de Louis le Quatorzième. On pense que vers 1825, 15 millions de pêches étaient produites tout au long de 600 km de murs.

Et puis la terre a tourné, dans un sens bien étrange. Les murs ont rétréci à mesure que s’étendait l’aventure industrielle extrême. Je vous passe les détails, pourtant passionnants. Montreuil, longtemps ville communiste, a laissé le prodigieux héritage péricliter. Il n’est plus resté que 200 hectares, puis 100, puis à peu près 35 aujourd’hui. Très dégradés, mais aux portes de Paris. Il y a des arbres, des fleurs, des oiseaux, des murs. Encore. L’ancien maire Jean-Pierre Brard, stalinien repenti ayant maintenu des liens solides avec les communistes locaux, voulait urbaniser. Installer en place et lieu 250 pavillons. Et garder des bricoles pour le folklore. Dominique Voynet, responsable nationale des Verts, a gagné la partie en 2008, à la surprise générale. L’association MAP pensait qu’elle lancerait un vaste projet, susceptible de sauver et de magnifier cet espace extraordinaire. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

Pour comprendre ce qui suit, sachez que le projet de madame Voynet prévoit de sauver environ 20 hectares des anciens murs à pêche, qui seront soumis à l’immense pression foncière, immobilière, industrielle et commerciale d’un nouveau quartier. Car tel est le projet : un nouveau quartier. Je viens de déposer sur le site de MAP (ici) l’article ci-dessous. Parce que cette affaire, qui ne fait que commencer, nous concerne tous.

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Préambule : compte tenu de ce que je vais écrire, il est bon que je me présente un peu. Je suis journaliste et je connais Dominique Voynet depuis environ vingt ans. Je ne suis et n’ai jamais été de ses intimes, mais je la connais donc depuis cette date. J’ai eu souvent la dent dure contre elle, et ne le regrette pas. Mais je sais aussi que dans certaines circonstances – le sort d’un homme en prison -, lorsqu’elle était ministre, elle a su se montrer une femme digne et courageuse. J’ai voté pour elle dès le premier tour des élections municipales, et accepté de faire partie de son comité de soutien à cette occasion. Voilà. Je la connais. Je ne suis pas son ennemi. Je ne suis pas son beau miroir.

Venons-en à la très grave question de l’aménagement du quartier autour des Murs à pêche de Montreuil. On le sait, j’imagine que vous savez tous que madame Voynet a décidé la création d’un immense quartier de 200 hectares, couvrant environ le quart de la ville. Il s’agit, au sens le plus terre-à-terre de l’expression, d’un projet pharaonique. Toutes les ressources de la ville, et bien au-delà évidemment, y seront englouties pour au moins une génération. Le chiffre colossal de 2 milliards d’euros d’investissement est avancé par la ville elle-même. Il est clair, il est manifeste, il est indiscutable que Montreuil, dans l’hypothèse où ce projet verrait le jour, ne serait plus jamais la ville qu’elle a pu être. On joue là les 100 prochaines années de cette ville. Retenez ce chiffre, car il n’est pas polémique. Un projet de cette dimension décide d’à peu près tout pour 100 années. Plutôt long, non ?

Toujours plus d’habitants

Nous sommes face à une oeuvre urbaine colossale et sans précédent. Elle comprend des travaux lourds – une piscine, une médiathèque, des écoles – qui de facto formeraient une ville nouvelle. Surtout, 3 000 logements seraient construits sur place, ce qui entraînerait mécaniquement l’installation de milliers – 10 000 ? – d’habitants supplémentaires dans une ville qui en compte 102 000. Pourquoi pas, certes. Mais aussi et avant tout : pourquoi ? Cette question n’est pas même évoquée par l’équipe de madame Voynet, ce qui est tout de même très singulier. Oui, posons calmement la question suivante : pourquoi diable faudrait-il densifier encore une ville de 100 000 habitants aux portes de Paris, alors même que Montreuil est la signataire – en grandes pompes – de la charte européenne dite d’Aalborg, qui prône exactement le contraire (ici) ? Lisez ce texte limpide et magnifique, et vous m’en direz des nouvelles. Le paradoxe, qui n’est pas le dernier, est que ce texte a été signé par l’ancienne municipalité, qui en bafouait allègrement les principes. Mais voilà que la nouvelle fait de même. Étrange.

Recommençons : pourquoi ? Le seul argument que j’ai entendu est celui-ci : la demande de logements est considérable. Une telle flèche est censée foudroyer le contradicteur. Mais elle ne produit pas le moindre effet sur moi, et voici pourquoi. La question du logement se pose évidemment, ÉVIDEMMENT, au niveau de toute la région. Complexe, elle engage pour des décennies et mérite donc des discussions approfondies, des arbitrages, des péréquations. Peut-être est-il plus judicieux de bâtir en d’autres points de notre région, en fonction de paramètres sinon raisonnables, du moins rationnels ? Mais il n’y a eu aucune discussion sur le principe même de ces nouvelles constructions. Ou bien peut-être à l’abri des bureaux municipaux, à l’ancienne ?  Or, l’avenir commun se discute et se décide en commun, a fortiori quand on entend faire de la politique autrement, comme l’aura tant clamé madame Voynet au long de sa carrière.

L’aspirateur à ordures

Pourquoi ne dit-on jamais qu’il existe plusieurs milliers – on parle de 4 000 – logements inoccupés à Montreuil ? Pourquoi ne dit-on jamais la vérité sur l’état de dévastation énergétique et écologique de tant de cités populaires de la ville ? N’y a-t-il pas là de magnifiques chantiers de restauration de la vie collective, susceptibles de redonner confiance aux citoyens dans l’action politique ? Je prétends que la priorité des priorités, dans le domaine du logement, est de s’attaquer à l’amélioration de ce qui existe. Et je défie quiconque de me prouver le contraire dans une réunion publique contradictoire. Construire 3 000 logements neufs, dans ces conditions, s’appelle une fuite en avant, dans tous les domaines. Et un gaspillage monstrueux de matières premières de plus en plus précieuses. Cessons de rigoler ! Cessons de parler d’écologie du haut des tribunes avant que de recommencer les erreurs du passé. Dans le monde malade qui est le nôtre, sur cette planète surexploitée, épuisée par les activités humaines, lancer un chantier de cette taille est une très mauvaise action. Une sorte de manifeste de l’anti-écologie.

Ah ! la piscine sera « écolo » ? Ah ! les parkings seront à l’entrée du quartier ? Ah ! la collecte des déchets se fera par aspiration souterraine ? Franchement, lecteurs de bonne foi, ne voyez-vous pas qu’on vous mène en bateau ? Sous le label passe-partout d’écoquartier, qui sera bientôt aussi dévalué que celui de « développement durable », on se livre à une vulgaire manipulation des esprits. Les vrais écoquartiers, très exigeants, sont connus. C’est le cas par exemple dans la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui est aujourd’hui annoncé, qui n’est que poudre aux yeux. À Fribourg, madame Voynet, il s’agit de changer la vie quotidienne par une politique audacieuse des transports, une réduction des volumes de déchets, un usage généralisé de formes d’énergie renouvelable. À Montreuil, misère ! on cherche à nous « vendre » un système souterrain pour qu’on ne voit plus en surface nos ordures. Au fait, ce système nouveau, Veolia ou Suez ? Vous vous doutez bien qu’un investissement pareil ne saurait se faire sans l’appui de grands groupes immobiliers, aussi de gestion de l’eau et des déchets. C’est inévitable. Mais ce n’est pas en 2020 que nous avons besoin de l’ouverture franche, directe et totale du dossier, car ce sera alors trop tard. Non, c’est maintenant. Je gage que de très mauvaises surprises nous attendent au tournant. On parie ?

Le Poivron était trop vert

Reste, avant ma conclusion, la redoutable et dévastratrice – pour madame Voynet – question de la démocratie. Comment une femme écologiste ose-t-elle lancer des travaux de cette dimension sans en appeler avant tout au débat public ? Oui, comment ose-t-elle ? Quand on prétend changer le cours de l’histoire locale sans seulement consulter la population, mérite-t-on encore sa confiance ? Un projet d’une ampleur pareille ne saurait partir d’un autre point que l’examen contradictoire des besoins sociaux, culturels, écologiques de la cité. Cela n’a pas été fait. Ce qui a été fait, ce qui se fait sous nos yeux, c’est une tentative de passage en force. Comme aurait fait Jean-Pierre Brard naguère. Comme ont fait des milliers de maires dans le passé. Comme le font tous ceux qui ne croient pas à la démocratie, mais au pouvoir.

J’ai sous les yeux des articles du journal montreuillois Le Poivron, jadis animé par Patrick Petitjean, aujourd’hui maire-adjoint. Je lis dans le numéro 73, de septembre 2005, sous la plume de Petijean, et à propos de projets municipaux de bétonnage des Murs à pêche, ceci : « Les mêmes interrogations se sont fait jour au conseil municipal le 30 juin : Pourquoi, brusquement, une telle précipitation ? Pourquoi court-circuiter le débat en cours sur le Plan Local d’Urbanisme ? Pourquoi cette absence de plan global, au contraire des exigences de la procédure de classement partiel ? ». Je pourrais citer la collection complète du Poivron, qui rend hommage, au passage, à l’association dont je suis membre, MAP, présentée comme celle qui a permis le classement, in extremis, de 8 hectares des Murs. Je pourrais continuer, ad nauseam. Autres temps, autres moeurs. Comme il est simple, facile et confortable d’oublier ses promesses, n’est-ce pas ?

Au pays de la grosse tête

J’en arrive à ma conclusion. Que cherche donc madame Voynet ? Je n’en sais rien, car je ne suis pas dans sa tête. Mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le défunt président François Mitterrand. On s’en souvient, ce dernier avait, tel un roi républicain, voulu marquer de son empreinte le sol de cette ville éternelle qu’est Paris. D’où cette politique ruineuse de grands travaux, dont le fleuron le plus affreux est sans conteste la Très Grande Bibliothèque des quais de Seine. J’ai le pressentiment que Dominique Voynet est atteint du même syndrome mégalomaniaque, classique, ô combien !, chez nos politiques de tout bord. Elle entend décider seule, éventuellement contre tous, de l’avenir d’une ville qui nous appartient, à nous et à nos enfants. Je souhaite ardemment que Montreuil tout entière se lève pour dire NON ! Cette ville populaire, cette ville volontiers rebelle doit retrouver la fougue passée, et donner de la voix. Si les élus actuels ont oublié d’où vient leur provisoire légitimité, je pense qu’il est grand temps de le leur rappeler.

Rien n’est encore perdu. Tout peut être modifié, sauvé, changé, à la condition d’unir, loin de toute considération électoraliste. Nous verrons bien, je ne suis pas devin. Mais il serait accablant que madame Voynet reproduise, à son échelle, ce que tente Christian Blanc, le secrétaire d’État de Sarkozy, avec le Grand Paris. C’est-à-dire un projet délirant, du passé, dépassé, de métro géant – la « double rocade » -, qui ruinerait les ressources publiques de l’Île-de-France pour des dizaines d’années. Ce que nous refusons à l’un, nous devons évidemment le contester à l’autre. Nous voulons, je veux en tout cas de la discussion, de l’ouverture,  de la démocratie. Et pas un lamentable simulacre. L’urgence est de remettre tout le dossier à plat. Pour l’heure, souvenez-vous en, rien n’est fait. Et tout est possible. Même le meilleur.

Fabrice Nicolino, le 30 mars 2010

37 réflexions au sujet de « Madame Voynet et la nouvelle bibliothèque François Mitterrand »

  1. Cher Fabrice,
    En tant que ancien Montreuillois pour y avoir fait mes études jusqu’au bac, et habité pendant 6 ans(rue Voltaire, metro Robespierre, derrière les anciens bains douches), ainsi que tailleur de pierre et pratiquant la maçonnerie à l’ancienne, je suis de tout cœur avec toi. Donc n’hésite pas si y’a de la pétition à faire signer et de l’info à diffuser: envois! Je n’ai connu que la croix de chav et ses alentour mais j’ai un souvenir formidable de Treuilmon. Bien amicalement Yann.

  2. trouvé dans un dossier
    c’est joué, c’est signé, c’est Voynet:

    décret 99-664 du 30/07/1999: extension Melox

  3. Bravo ! Très bon article qui rappelle quantité d’autres billevesées tout aussi désastreuses : combien de quartiers « verts » sont en train de naitre afin de justifier la continuité d’une politique d’urbanisation à la française dépassée de longue date ? Combien de carrefour et d’auchan verts de prévus dans la future « city » populaire ? Oui, pourvu que Montreuil se lève et vive les murs à pêches ! Et bonnes vacances .

  4. Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
    Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
    Tout petit prince a des ambassadeurs,
    Tout marquis veut avoir des pages.

    Jean de La Fontaine

  5. Mme Voynet ressentirait-elle viscéralement le besoin de laisser une trace indélébile de son passage à Montreuil ?

    Comment une élue, se réclamant de l’écologie, peut-elle adopter les comportements aberrants de bon nombre de nos politiques aux affaires qui ne peuvent s’empêcher (sans jeu de mots aucun) d’ériger des monuments démesurés comme garantie de leur l’immortalité ?

    Aussi longtemps qu’une approche aussi obsolète et irresponsable sera la règle, nous ne sortirons pas de cette spirale infernale vers le toujours plus…

    Comme Yann, je suis prêt à signer une pétition ou à envoyer un courrier à Mme Voynet.

    Une bonne nouvelle pour finir : les hirondelles de fenêtres viennent d’arriver chez nous ces jours-ci et les martinets ne vont sans doute pas tarder.

  6. Je lutte avec mes petits moyens pour que les ZAC (Zones d’Aménagement Concerté [belote])de 100 à 200ha, pompeusement agrémentés d’AEU (Approche Environnementale de l’Urbanisme [rebelote]- estempillé ADEME), et cerisées sur le gateau de bâtiments, voir d’aménagement HQE (de Haute Qualité environnementale), (aucun doute que l’on retrouve tous ces ingrédients pour le nouveau quartier de montreuil, faute de quoi, pas question de toucher aux murs, n’est il pas ?…) n’envahissent pas notre département, comme elles le font autour des villes tentaculaires, pôles d’excellences de notre belle région… quitte à me faire estempiller référent ADEME, donnant de ma personne pour freiner la machine… êtes vous bien sur de vos besoins ? Oula, comment osez vous ! Proposez nous des noues, de la « biodiversité » compensatoire, des énergies renouvelables, des batiments basse consommation voir pas de consommation du tout, et une bonne com. mais comment osez vous prétendre que l’on a pas besoin de croître…nécessairement.

    Quand on vous dit que l’ADEME est partout, elle est partout…On veut nous faire croire que l’ADEME est au service de la planète, mais l’ADEME est au service de la croissance « verte » et de l’électricité. Et ce, surtout depuis que Mme Jouanno est passé par ici et repartie par là…
    Comme par enchantement, l’ademe est soudainement monté en puissance, jusqu’à prendre toute la place de l’écologie institutionnelle.
    Sur la rénovation du bati existant, la réponse d’un élu « responsable » sera toujours: « Seule la collectivité peut rénover les logements vacants, pas assez rentable pour un promoteur; nous n’avons pas les moyens de faire un tel investissement, et aucune aide… » Tant que ça n’est pas rentable, et la plupart du temps ça ne l’est pas, aucun privé n’ira, évidemment.

  7. Cher Monsieur,

    Sauver, restaurer et aménager 20 ha sur 38 (si je ne m’abuse) me paraît déjà bien. Quant à la question du logement vous n’y répondez pas mais botter en touche. Je comprends le côté déplaisant de l’affaire. Le syndrôme NIMBY (Not in my back yard) La densification si elle est à visage humain est malheureusement une nécessité. Sachez qu’à l’échelle nationale c’est l’étalement urbain pavillonnaire qui nous fait consommer deux fois plus d’espace naturel et agricole que notre voisin allemand par exemple et du coup provoque un bilan carbone détestable. On est en moyenne à 1Ha pour 4 pavillons. Doit-on uniquement construire des quatre et cinq étages uniquement dans le bas-montreuil ? Les MAP aujourd’hui sont le terrain de jeux de quelques habitants de Montreuil. Alors qu’ils pourraient constituer un site formidable. Là où je vous rejoins c’est sur la nécessité de débattre. Mais par pitié ne personnalisons pas le débat. L’anti-voynet comme l’anti-brard ne mène à rien. Il fut un temps où il y avait des parcelles de murs à pêche à la croix-de-chavaux. Or comme vous le dites les MAP sont en ruines. Alors 20 sur 38 je dis pourquoi pas ? Quant à l’éco-quartier je ne suis pas compétent pour en discuter.
    Cordialement,
    Philippe

  8. Tu vois Fabrice, je préfère largement les histoires de ces combats locaux à celles des hautes sphères politiques…
    Je te souhaite le même succès (et l’opposition doit se faire en local, en se bougeant. On peut bien signer des pétitions à distance pour montrer notre solidarité, mais avant tout il faut bouger tous les gens des quartiers…etc…etc…) que le récent abandon de la Rocade Nord de Grenoble (c’était un combat acharné contre des politiques locales à dominante de gauche…pourtant).

    Pour ce genre de combat, un article ou 2 dans un blog, ça ne suffit malheureusement pas. Il faut aller au charbon, contre les élus. Organiser des débats, faire des actions, monter des contre-dossier en trouvant des failles de procédures.

    Bienvenu au club…C’est un boulot de longue haleine et qui prend du temps.

    J’ajouterai une autre chose tout aussi importante.
    Après le combat, quand il est gagné, il y a un grand vide.
    On proposait des alternatives, il faut maintenant les concrétiser. C’est à dire remuer toute la population pour monter des projets…
    Et c’est là qu’on va rencontrer les plus grosses difficultés : qui va s’investir dans les contre projets ?
    C’est pas le tout de combattre un projet. Mais il faut proposer au contre-projet.

    Le problème de demain, en termes de vision de notre avenir est celui là : se sortir de notre léthargie ambiante maintenue par le petit écran et la merde de contenu qui l’accompagne.

    Ce qui a tué l’initiative, c’est la zappeuse…!!

    En tout cas, bon courage aux gens de Montreuil.

    Pierre.

  9. Quiconque a parlé avec Dominique Voynet (je l’ai fait quand j’étais chez les jeunes Verts au début des années 90) ne peut constater qu’une chose : elle est bien « de gauche »… mais certainement pas « écologiste ». Désolé. Mais… elle peut encore se rattrapper, comme Jouanno ou Hulot 😉 !!!

  10. Cher Fabrice,
    c’est bien la preuve qu’il faut lire tes papiers jusqu’au bout: je me suis lancé dans une réponse à moitié pertinente seulement, puisque tu n’ignores nullement les questions qu’elle soulève. Et ton texte est d’une grande intelligence (oui, l’existant plutôt que le greenwashing des écoquartiers! )
    A la réflexion, je ne jette finalement pas mes propos à la poubelle.
    J’en profite pour signaler aux riverains de Montreuil l’excellence du cinéma municipal, le Méliès, en espérant que les projets futurs ne le transforment pas en vilennie marchande.

    [écrit hier avant lecture attentive]
    Cher Fabrice,
    ainsi donc nous serions quasi voisins…

    Cette affaire du MAP est désolante, mais elle illustre aussi la contradiction entre différents impératifs « écologiques », nécessité globale vs souci de préservation local: on peut y voir l’avidité des promoteurs qui entraîne le saccage d’un mini espace naturel préservé au sein d’une zone urbaine dense. Mais si ce n’étaient les promoteurs, ce serait un quelconque productivisme stalinien, pas plus sensible au charme des lierres et des chardonnerets. On peut aussi considérer qu’il y a des besoins de logement eux-mêmes liés à des évolutions des besoins de la population – les « migrants » qu’ils soient internes au pays ou même à la région, ou venus d’ailleurs, ce n’est pas là la question, ne vont pas s’installer dans les villages vidés du Massif Central et des Vosges.

    Vient l’écologie qui va dire : on préserve les MAP et on envoie les habitants potentiels se faire voir ailleurs. Ailleurs mais où ? A supposer, bien sûr, que les friches industrielles centrales soient comblées, les logements insalubres retapés, ce qui est bien le moins, les habitants qui n’iront pas sur le site des MAP iront-ils s’installer à Val d’Europe [j’ai eu l’occasion de parcourir cette ville américaine au milieu des champs, dans tous les sens, de la rocade à la fausse place toscane), ou un autre de ces gigantesques complexes de rocades, parkings, lotissements, shopping malls, magasins franchisés, et paysages lacustres « fake », qu’on construit à 30km de Paris, générant (je n’aime pas le mot) une « empreinte écologique » bien supérieure, en terme de consommation d’énergie et d’émissions, de consommation de matériaux pour avoir plus de voitures, de meubles, de carrelage, de mobilier Ikéa, et saccageant, évidemment, des espaces agricoles et/ou naturels (saccage « per capita » bien plus important) ? La question du MAP se pose dans bien des agglomérations. Dans ma petite ville d’origine, gros bourg agricole et ouvrier devenu en 15 ans une horrible annexe pavillonaire de Lille, les gens chialent parce qu’on couvre les 3ha de parc d’une vieille maison de maître (parc qui était dissimulé par un mur de 3m de haut depuis 50 ans) par des immeubles en R+7, mais depuis 15 ans, des centaines d’ha du pourtour de la ville ont été couverts de lotissements, de zones commerciales, de parkings, et de dépôts de magasins autrefois situés sur la vieille ZI, sans que personne ne trouve rien à redire à cette éradication définitive de la nature), sans parler des milliers d’habitations construites en lotissements autour des villages qui après avoir remplacé les champs et les lièvres, jettent chaque matin des milliers de voitures sur les routes.

    Même en militant pour une décroissance matérielle qui voudrait dire, aussi, moins de m² par personne – moins de m² habitables, et moins de m² dans la ville, mais cette nécessité incontournable si on prend l’agression de l’homme sur la nature et la vie pour un problème sérieux, qui ose la proposer ! QUI ??? – l’impératif passe par une densification des zones urbaines centrales ou proches du centre. Et là il y a une contradiction intenable entre des combats locaux cristallisés sur de mini espaces symboliques [après relecture:le MAP a quand même l’air d’être un patrimoine exceptionnel], et un saccage quantitativement bien plus important, qui a lieu en dehors, et qui découlera, pour partie de ces combats locaux (je dis bien pour partie. Je ne fais pas de mauvaise foi. Je m’interroge sur les 10000 habitants nouveaux potentiels de Montreuil 93100, me demandant ce qu’il adviendra s’ils sont redirigés vers 77xxx-les-champs).

    Après la taxe carbone, je propose une taxe au m² (au-delà de 30m² les célibataires, 50m² les couples, 20m² par enfant 😉 ) et une taxe à l’éloignement au centre…

  11. Bonjour,

    Entre les articles dans Charlie et le blog, je trouve tes articles forts intéressants …
    Écologiste mais réaliste sur le travail « de base » nécessaire (je pense à l’article sur Hulot le mal-aimé entre autres).

    C’est grâce à des gens comme toi qui sortent des clivages habituels que j’ai envie de croire à Europe Ecologie … oui je sais tu n’y est pas ! Mais qu’importe, l’idée de rassembler des gens d’univers et d’approches différents me semble excellente.

    Mais il faut faire avec des personnages plus qu’ambigus comme D. Voynet ici … quelle tristesse …
    Sans être un prophète intégriste de la décroissance, lancer un tel projet pharaonique c’est vraiment trop triste …

    Pourquoi ?? Pourquoi ??

    Entre cet exemple parmi d’autres de contradictions politiciennes chez les verts et les tensions qui apparaissent à EE, je commence à me dire qu’une fois de plus un projet qui essaye de « faire différemment » va avorter …

    Soupir.

    Je ne reste pas inactif de mon coté non plus. Don’t worry !

    Bonne continuation !!

  12. J’ai lu avec intérêt votre argumentaire en faveur de votre cadre de vie municipal et les turpitudes de madame V. C’est un détail dans votre billet, mais je pense que votre comparaison avec la bibliothèque nationale n’est pas judicieuse :
    Je ne suis pas certain que la BNF ne soit qu’un délire de mégalomane. Bien sûr, on peut critiquer le projet architectural, et en particulier le « parvis » en bois exotique de plusieurs hectares. On peut être scandalisé par les conditions de réalisation (l’épouse de l’architecte chargée à grand frais du mobilier…).
    En revanche, la conservation des livres (et donc du savoir) constitue une des seules missions indiscutables de l’Etat. L’ancien site étant saturé, la construction d’une nouvelle bibliothèque nationale ne représente pas une dépense somptuaire.

  13. scandaleux…
    Une caméra, un bon micro, et hop ! dès qu’elle sort qqpart dans sa ville : interview surprise et diffusion sur le web !!! Vite vite vite !!!

  14. Montreuil fait partie de l’histoire de ma famille depuis plusieurs générations et de ma vie même si j’ai quitté la ville il y a une poignée d’années pour rejoindre un petit village perdu dans la campagne icaunaise vers d’autres racines familiales. Les murs à pêche, mon grand père y allait régulièrement – et m’emmenait parfois pour visiter ces jardins de fruitiers – mais a toujours déploré leur décrépitude puis leur destruction. C’est une partie essentielle de l’histoire de cette ville. Une longue, longue histoire. Un patrimoine. Merci Fabrice pour ton article, trop peu de gens connaissent encore ces murs à pêche et il faut vraiment arriver à préserver ce trésor !

  15. En espérant que ton article sera lu et entendu par les habitants de Montreuil, peut-être avez-vous des actions coups de poings à faire.
    Dès qu’une municipalité est élue, quel que soit son bord, le débat démocratique n’existe quasiment pas.
    Hélas!
    Je ne sais si elle a l’ambition bétonneuse d’un Mitterrand, mais ce que je note c’est que l’écologie n’est qu’un prétexte pour un certain nombre de candidats.
    Hélas!
    Montreuil n’est sûrement pas un cas isolé!

    Hélas!

  16. Bonjour,
    je fais un petit travail de collecte de réflexions sur les questions d’urbanisation, les eco-quartiers, et certains échanges ici m’intéressent : est-il possible de les citer directement ? Notamment Kerloen et Gery… S’ils veulent prendre contact pour étoffer l’argumentaire, cette question des Map est typique des réflexions actuelles : densités, logements à rénover, ambitions politiques, affiches écologiques, etc…ça m’intéresse de creuser un peu !
    Et merci Fabrice pour ce journalisme efficace 😉
    merci !

  17. @darlintown
    je ne fais que donner mon opinion, peu informée en ce qui concerne les MAP, et essayer de soulever une contradiction que Fabrice (mais plus encore « des » écologistes) négligent à mon sens. Je ne sais pas si je peux vraiment étoffer, l’avis d’un représentant politique ou associatif local (bref d’une personne dotée d’une voix légitime dans le débat public), étant sûrement peut-être pas plus représentatif, mais instructif pour une étude, à défaut d’une étude « statistique » sur les perceptions de la question par la population au sens large. Pur le reste, mon intervention appartient à la blogosphère et elle n’est pas honteuse (sinon j’aurais mis un pseudo ne conduisant pas si directement vers moi…), alors tant que vous citez la page, vous êtes libre de l’utiliser…

  18. En 1997, madame Voynet était ministre de l’environnement; lu sur un communiqué de presse d’un parti écologiste
    « Nous trouvons très timorée l’attitude de DV qui se contente d’établir un périmètre de protection autour de l’émissaire de rejet en mer des effluents radioctifs de l’Usine de la Hague;
    Ceci n’est qu’un aménagement de l’enfer
    Un décision courageuse eut été de stopper l’évacuation en mer des radioéléments car ce qui se fait aujourd’hui n’est ni plus ni moins ce qui se faisait il ya quelques années, à savoir l’immersion des futs de déchets radioactifs
    pour ne pas contaminer l’environnement la solution est de stocker à terre près de leurs lieux de productions les déchets..
    une chose est de parvenir au gouvernement, une autre d’aller jusqu’au bout de ses idées. »

  19. Bravo,
    Enfin un journaliste d’investigation français, et de surcroit montreuillois. Ouf!!
    J’eusse espérer qu’il en existasse encore, dans cette mélasse d’hyppocrate, oh pardon, d’hyppocrites sans faire la rîme. Espérer prendre le maquis aux murs à pèches serai une belle aventure, pour réunir la plus large partie des montreuillois qui croient encore, aux valeurs de la démocratie locale et de vieillles traditions de révolte, de résistance, et de combat à montreuil sous bois 9.3 FM: Tantons l’appel du 18 juin 2010. Non pas contre la déesse D.M., mais plutôt contre la manipulation honteuse et scandaleuse qui se cache derrière cette OPA des promoteurs pseudo-écolo qui ne révelent pas leurs vrais visages et qui s’engage à dévisager un vraie terre populaire et libertaire durant un siècle avenir. Sans haine, ni violence, mais avec intelligence et détermination. Ensemble tout Montreuil.
    H.D

  20. J’invite les lecteurs à ne pas se contenter d’une source d’info, et à découvrir tout ce que vous omettez étrangement d’indiquer, biaisant ainsi totalement l’information donnée.

    Si on lit votre billet sans rien connaître au lieu, on a l’impression que Voynet condamne les murs à pêche – alors qu’au contraire elle les sauve enfin ! (nulle part vous n’informez du volet, central dans le projet, de restauration de la production de pêches, nulle part vous n’informez du fait qu’une ferme agro-écologique et pédagogique va être au coeur de ce projet). On a l’impression qu’il ne s’agit que d’un projet immobilier parmi d’autres, simplement repeint en vert – alors qu’il s’agit quand même avant tout d’un projet de création d’un espace agri-urbain, intégrant ENTRE AUTRES des équipements (parce qu’une mairie est soumise à des pressions qu’il faut combattre à la source – au lieu de combattre la mairie comme vous le faite, comme si casser le thermomètre vous procurait une joie indicible, et tant pis pour la maladie) … mais basé avant tout sur la protection de milieux, la réimplantation d’agriculture, la réhabilitation des murs à pêches, etc.
    Nulle part, vous ne précisez que le POS (futur PLU) actuel permet de presque tout couvrir de logements, et que le projet de Voynet conduira au contraire à RÉDUIRE l’implantation urbaine (par rapport à tous les projets alternatifs proposés jusqu’à maintenant). Sans elle, vous auriez eu les constructions mais pas la ferme agro-écologique, vous auriez eu les équipements mais pas les expérimentations pour les rendre (peut-être) écologiquement viables, … et vous n’auriez plus de murs à pêches.

    Dominique Voynet et sa municipalité auraient pu aller plus loin ? Sans doute. Mais de là à présenter comme un renoncement ce qui est tout-de-même dix fois plus écolo et dix fois moins mégalo que tous les autres projets présentés, c’est franchement se moquer du monde. Avec ce type de raisonnement, on peut toujours trouver qu’untel « ne va pas assez loin » et le discréditer à coup de moqueries et présentations tronquées. Ça nous amène à quoi ? Si je m’y amusais, je pourrais trouver le même genre de défauts à vos propres billets, et vous traiter de mégalomane ou de compromis (en grattant, on trouve toujours des incohérences et insuffisances : je ne pense pas que vous prétendiez ne vous être jamais trompé et être l’homme parfait ?… Seulement, ce jeu est vain et mesquin : or il est en train de devenir votre marque de fabrique, ce qui ne vous honore guère).

    Au lieu de présenter ce qui ne vous suffit pas, vous gagneriez en dignité et en utilité écologique à :
    – nous informer précisément sur les différents projets en jeu,
    – ne pas vous contenter de pointer ce qui vous déplait, mais indiquer la réalité un peu précise du contenu : notamment la réhabilitation agricole des murs à pêches, la ferme agro-écologique, etc., dont la méconnaissance conduit de nombreux lecteurs de ce blog à vilipender (de bonne foi … faute d’être informés complètement) l’équipe de Montreuil à contresens et à tort,
    dire ce que vous proposeriez à la place de ce qui vous déplait,
    – indiquer comment vous feriez pour modifier le PLU alors qu’il permet aujourd’hui une spéculation immobilière : si vous prétendez avoir une solution pour limiter mieux que Voynet l’implantation de nouveaux logements, dites-le, ça intéressera tout le monde, y compris l’équipe municipale j’en suis sûr…

    J’espère en tout cas que les lecteurs de ce blog vont parfois compléter leurs infos, et ne se contentent pas de vos affirmations souvent légitimes mais souvent aussi fort biaisées. Parfois, j’en arrive à regretter de vous soutenir sur l’antenne d’une radio nationale quand des auditeurs imbéciles descendent votre livre « Bidoche » : si j’étais comme vous, je laisserais passer les caricatures et outrances, et hop !, je me donnerais le beau rôle. Mais non, je continue à préférer la nuance et à vous défendre…

    Mais ici, quelle manipulation, quand même ! Le pire, c’est que vous ne faites peut-être pas exprès : vous supposez peut-être que vos lecteurs connaissent les détails de l’affaire, et voient dans votre saillie un simple emportement défendable d’un passionné.

    Le problème, c’est quand je lis les commentaires de ceux et celles qui, manifestement, interprètent la situation complètement de travers et flinguent Voynet sur la base d’info partielles et partiales. À ne divulguer qu’une partie des info, on les fausse et on crée des haines et des moqueries mesquines, comme celles qui émaillent les commentaires de ce billet. Pffff !

    Et dire qu’on est censé parler d’écologie et de construction d’un monde meilleur : vous croyez que c’est en décourageant ceux qui font ce qu’il peuvent (au lieu de les aider à faire mieux) et en montant les gens les uns contre les autres (au lieu de faire en sorte que les moyens d’actions se complètent) qu’on va avancer dans ce sens ? Vous croyez que c’est par la moquerie et le procès d’intention qu’on construit un monde de bonne foi et de bonne volonté ? La fin ne justifie pas les moyens…

  21. Mon cher petit monsieur,

    Quand on entend donner des leçons, il faut accepter d’en recevoir. Et vous auriez pu commencer par donner votre nom, ce qui aurait permis à chacun de savoir que vous êtes un militant des Verts. Et même un chef de ce glorieux mouvement. C’est bien votre droit, mais il me semble que cette information aurait gagné à être partagée.

    Pour le reste, je suis proche de la commisération. Si vous ne comprenez pas spontanément, vous qui vous réclamez de l’écologie, que nul n’a le droit de changer une ville dans sa profondeur sans aucune consultation, franchement, qu’y puis-je ?

    Si vous ne comprenez pas qu’on peut souhaiter un autre destin à une ville de 103 000 habitants que de lui ajouter 3 000 logements et 10 000 habitants, qu’y puis-je ?

    Si vous ne comprenez pas que l’arrivée de transnationales comme Suez à Montreuil aura des effets en cascade sur la liberté politique de cette ville, qu’y puis-je ?

    Si vous ne comprenez pas qu’un nouveau quartier de cette importance exercera une pression immobilière et foncière croissante et peut-être irrésistible sur les 18 hectares de murs à pêche – sur 35 aujourd’hui – que le projet Voynet daigne conserver, qu’y puis-je ?

    Si vous jugez qu’une ferme pédagogique et la production de quelques kilos de pêches peuvent être mis en balance avec la destruction programmée d’un quart de la ville, qu’y puis-je ?

    Rien, à l’évidence. Vous êtes un cas. Non pas rare, mais bigrement intéressant.

    Fabrice Nicolino

  22. je m’apprêtais ((dé)formation doc/archivistique) à mettre de la doc sur le passé )des uns et des autres; Ici issue du site Antoine Waechter, cofondateur des verts, actuelllement conseiller municipal
    « Des militants des verts accueillis en 1983 ( dont Dominique Voynet et Yves Cochet) affichent des idées de gauche et d’extrème gauche qui, pour Antoine Waechter, ne doivent pas occuper le discours d’un parti écologiste qu’il ne conçoit qu’indépendant d’une orientation gauche ou droite.

  23. Merci de ces précieuses informations. Je me présente d’abord : j’étais tête de liste soutenue par la LCR aux dernières élections municipales. Nous avons effectivement, à l’époque mis l’accent sur la politique d’urbanisme, les logements vides et la priorité à donner à la réhabilitation écologique des logments et aux équipements collectifs dans le haut Montreuil.
    J’en viens aux informations : lors du dernier conseil de quartier « Paul Signac, Murs à Pêches », une élue de la majorité nous a présenté le projet de puit de rétention des eaux pluviales. C’est un projet commandé par le Conseil général, en négociation avec la municipalité. Il s’agit de régler le problème des inondations qui ont lieu dans le bas de la rue de Romainville. Après les études des experts, il apparaît que la solution de rétention d’eau dans les parcelles ne paraît pas envisageable et qu’il faut un puit pour drainer les eaux pluviales. Le choix du lieu porte à débat : il s’agit du square Marcel Cachin. C’est un lieu où existe une source d’eau avec une marre qui accueille les canards au moment de l’accouplement (mars, avril). La construction du puit va durer plusieurs années. On voit mal comment la source pourrait être suspendue pendant la durée des travaux. Par ailleurs, ce lieu a été réinvesti depuis les dernières élections par le conseil de quartier qui y a installé un jardin collectif et des jeux pour les enfants. Les travaux auront pour conséquence de détruire ce travail de socialisation du quartier. Enfin, on est en plein au centre de l’écoquartier. Bien mauvais signe que la destruction d’un écosystème pour inaugurer l’écoquartier !
    Encore une question à étudier et à mettre sur la place publique.
    amitiés
    François Mailloux

  24. Texte original du 18 juin 1940 quelque peu modifié mais toujours d’actualité…

    Imaginons…(ainsi parlait le Général de Gaulle)

    « Appel du 18 juin 2010 » –

    l’appel à la Résistance lancé par le général de Gaulle
    Le 18 juin 2010, le général de Gaulle prononce, depuis le Ciel… , un appel à la résistance invitant les Français et les braves de toute l’Humanité à refuser la capitulation, à résister et à combattre.

    Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête de certains pays , ont formé des gouvernements.
    Ces gouvernements, alléguant la défaite de nos Nations, se sont mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat et se mettre à genoux devant les maitres de la haute finance (11,5 trillions de dollars ont été transférés dans les paradis fiscaux faîtes le calcul).
    Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force financière, médiatique et machiavélique, de l’ennemi.
    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les basses manœuvres, la destruction méthodique des Nations souveraines, la tactique des puissances de la haute finance qui nous font reculer. Ce sont les discours d’illusionnistes, les manoeuvres de leurs valets aux ordres, la tactique des féodalités financières qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.
    Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
    Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a une vaste histoire derrière elle. Elle peut faire bloc et faire renaitre l’Esprit de Résistance avec l’Empire des braves gens qui tient le cap et continue la lutte. Elle peut, comme d’autres pays, utiliser sans limites l’immense Force des Peuples opprimés de notre Humanité humiliée et manipulée.
    Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force de leurs manipulations, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force de résistance supérieure. Le destin du monde est là.
    Moi, Général de Gaulle, actuellement au Ciel, j’invite les Français et tous les braves qui se trouvent en ce monde ou qui viendraient à s’y trouver, et ce d’une manière pacifique et intelligente, j’invite les citoyens, ingénieurs et les ouvriers spécialistes, les chômeurs et fonctionnaires et militaires officiers, sous officiers hommes du rang radiés et muselés injustement sanctionnés qui se trouvent sur cette terre ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi et ceux qui défendent les grands idéaux de la Résistance et de son Prestigieux programme que j’ai défendu toute ma vie et que les traitres à l’Humanité tentent de détruire méthodiquement.
    Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

    Que renaisse l’Esprit de Résistance

    Très cordialement

  25. Oui vous avez totalement raison, il est grand Il Il est grand temps de se réveiller….

    Inspiré à 98 % du Texte original du 18 juin 1940 quelque peu modifié mais toujours d’actualité…

    Imaginons…(ainsi parlait le Général de Gaulle)

    « Appel du 18 juin 2010 » –

    l’appel à la Résistance lancé par le général de Gaulle
    Le 18 juin 2010, le général de Gaulle prononce, depuis le Ciel… , un appel à la résistance invitant les Français et les braves de toute l’Humanité à refuser la capitulation, à résister et à combattre.

    Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête de certains pays , ont formé des gouvernements.
    Ces gouvernements, alléguant la défaite de nos Nations, se sont mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat et se mettre à genoux devant les maitres de la haute finance (11,5 trillions de dollars ont été transférés dans les paradis fiscaux faîtes le calcul).
    Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force financière, médiatique et machiavélique, de l’ennemi.
    Infiniment plus que leur nombre, ce sont les basses manœuvres, la destruction méthodique des Nations souveraines, la tactique des puissances de la haute finance qui nous font reculer. Ce sont les discours d’illusionnistes, les manoeuvres de leurs valets aux ordres, la tactique des féodalités financières qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.
    Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
    Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
    Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a une vaste histoire derrière elle. Elle peut faire bloc et faire renaitre l’Esprit de Résistance avec l’Empire des braves gens qui tient le cap et continue la lutte. Elle peut, comme d’autres pays, utiliser sans limites l’immense Force des Peuples opprimés de notre Humanité humiliée et manipulée.
    Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force de leurs manipulations, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force de résistance supérieure. Le destin du monde est là.
    Moi, Général de Gaulle, actuellement au Ciel, j’invite les Français et tous les braves qui se trouvent en ce monde ou qui viendraient à s’y trouver, et ce d’une manière pacifique et intelligente, j’invite les citoyens, ingénieurs et les ouvriers spécialistes, les chômeurs et fonctionnaires et militaires officiers, sous officiers hommes du rang radiés et muselés injustement sanctionnés qui se trouvent sur cette terre ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi et ceux qui défendent les grands idéaux de la Résistance et de son Prestigieux programme que j’ai défendu toute ma vie et que les traitres à l’Humanité tentent de détruire méthodiquement.
    Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

    Que renaisse l’Esprit de Résistance

  26. « Not in my backyard » (pas dans ma cour), disait un commentateur ci-dessus. Avec justesse. On ne veut pas de centrale nucléaire… dans notre commune. On ne veut pas d’usine d’incinération des déchets… dans notre commune. On ne veut pas ci… dans notre commune. On ne veut pas ça… dans notre commune.

    Mais chez les autres, ça va. Qu’ils se débrouillent. Nous, notre « qualité de la vie » (marque déposée) exige qu’on aille faire « ça » ailleurs.

    Or, la densification urbaine est une nécessité. L’étalement de hideuses banlieues pavillonnaires a suffisamment défiguré les paysages et se traduit par une gabegie insensée (énergie, transports, etc.) Alors… pourquoi pas un quartier, et qui plus est un écoquartier aux murs à pêches ? On ne préserverait que vingt hectares de murs destinés à la culture ? Cela n’est déjà pas si mal, vingt hectares aux portes de Paris. Pas si mal du tout.
    Certes, comme disait la vieille baderne De Gaulle, « on peut regretter le temps des équipages, » mais la réalité est là : la population croît. Où loger tous ces nouveaux venus ? « Not in my backyard » ? Pas dans ma cour ? Pas dans mon jardin ? Pas dans mon mur à pêches ?

    Cela dit, cher Fabrice Nicolino, là où je vous rejoins et où j’entends vos critiques, c’est lorsque vous soulignez l’absence de concertation. Ce sont là des méthodes de Jean-Pierre Brard (qui loin d’être un repenti du stalinisme en est un fervent adepte.) Brard, authentique [bip] stalinienne, est d’ailleurs à l’origine du projet de quartier des murs à pêches, projet que Dominique Voynet et son équipe ont réussi à amender, et plutôt dans le bon sens, reconnaissez-le.

    Mais, encore une fois, vous avez raison de souligner le côté braresque de la méthode : on passe en force, on décide, et on consulte après, pour la forme.

    Raison aussi de souligner qu’il aurait certainement mieux valu consacrer les maigres ressources de la municipalité à améliorer le sort des quartiers de relégation du haut Montreuil. Car là, il y a du travail pour une municipalité qui se dit « de gauche » (rires dans la salle.)Améliorer l’habitat, construire des espaces collectifs, favoriser l’auto-organisation, la vie associative, désenclaver, favoriser la desserte en transports en commun, rénover les écoles (la liste pourrait être poursuivie à l’infini.)

    Alors ne mélangeons pas tout : il faut admettre, reconnaître et défendre le principe de la densification urbaine. Mais il faut admettre, reconnaître et défendre le principe d’un maximum de démocratie à la base (sans trop se faire d’illusion : le crétinisme capitaliste et son cortège de passivité télévisuelle est toujours plus fort que n’importe quelle illusion municipaliste.)

  27. Bernard,

    Vous énoncez un principe si général qu’il en devient faux. La densification est un objet de débat intéressant, ô combien. Mais vous assénez cela comme un dogme, ce qui l’est moins. La question n’est de toute façon pas municipale, mais régionale, au moins. Les villes de l’Est parisien ont subi, bien souvent, des décennies d’urbanisme stalinien ou parastalinien, qui les ont changées en enfers urbains. Il y a donc, selon moi, et en premier lieu, à réparer ce qui peut l’être. L’existence d’une quarantaine d’hectares non bâtis, autour du noyau résiduel des Murs à pêche, est une occasion en or massif pour repenser cette ville d’une manière plus humaine.

    Par ailleurs, et au-delà, la densité de population à Montreuil est de 11 446 habitants par km², à rapprocher des 966 habitants par km2 de la région Île-de-France, et des 6366 habitants par km2 de la Seine-Saint-Denis elle-même. Faut-il augmenter la « densification » de plus de 40 % dans le 93 ? Cela m’intéresserait d’avoir votre point de vue.

    Un mauvais projet est un mauvais projet, et celui-là est désastreux. Commençons donc par réfléchir le temps nécessaire à ce que pourrait être une ville de l’avenir, sans pratiquement plus de voiture, accueillant comme banalité des maisons passives, qui se passent à peu près de chauffage, économes en eau, et in fine, oui, en espace bâti. Mais une telle perspective oblige à débattre, ce que ne veut pas la municipalité de madame Voynet.

    Fabrice Nicolino

  28. URL Courte : http://11244.lapetition.be/

    Mme Voynet maire de Montreuil livre la ville aux promoteurs et transfère la gestion des services à une structure  » EST ENSEMBLE « dont elle reconnait elle même le déficit démocratique dans son fonctionnement.
    nous demandons
    le gel des transferts de compétences vers « EST ENSEMBLE »
    L’annulation du PLU et une consultation de la population avant tout projet d’urbanisme dans des zones dites à risques ou à caractères particuliers
    Un audit sur les conditions d’obtentions des permis de construire depuis la mises en place du PLU
    La prise en compte des couloirs naturels dans les réalisations urbaines futures
    la préservation des murs à pêche et son classement en zone agricole protégée.

  29. Bonjour, j’arrive un peu tard après les débats, j’en convient.

    Je me présente, Tifaine, je suis étudiante en master d’architecture à l’ENSA de Paris La Villette et je travaille actuellement à mon mémoire de master. Celui ci porte sur la participation citoyenne aux projets urbains et notamment sur les outils de communications utilisés et les méthodes mises en place et leur impact sur le projet. Implique-t-on les habitants dans un réel débat de co-production de l’urbain ou manipule-t-on un processus participatif « à la mode » sans vraiment prendre en compte les habitants?

    J’aimerais effectuer des entretiens au sujet du projet des Hauts de Montreuil afin d’avoir un retour critique, de tous bords, sur le projet et la mise en place de la participation des habitants.

    Dans ce cadre, votre discours, Fabrice, ainsi que ce que celui de différentes personnes dans les commentaires me parait très utile pour mon travail.

    Serait-il possible de rencontrer certains d’entre vous afin d’en discuter?

    En espérant vivement avoir un retour de votre part !

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