Gatignon, maire écolo de Sevran (stalinien un jour, stalinien toujours)

 Une nouvelle recrue d’Europe Écologie, membre du parti communiste jusqu’à sa brutale conversion, vient d’être chopé à fabriquer des fausses cartes d’adhérents. 400, dont beaucoup de Tamouls de la Seine-Saint-Denis, probablement touchés par la grâce écologiste au cours d’une belle nuit d’octobre. Bienvenue chez les adeptes de la « politique autrement ».

Stéphane Gatignon a décidé d’être gentil avec moi, et de m’offrir en cadeau une énième démonstration de mon obsession adorée : le stalinisme. Car il a été pris la main dans le sac, ou plutôt dans l’urne. Ce qui fait désordre pour ce valeureux, bien que nouveau, militant « écologiste ». Vous qui entrez ici pour la première fois, rassurez-vous si vous pouvez : le rendez-vous que j’ai créé, Planète sans visa, est consacré à la crise écologique, et le restera. Mais pour affronter cette crise, il faut aussi détruire quantité de formes anciennes de la politique, dont l’héritage stalinien fait partie, ô combien. Les plus fidèles lecteurs connaissent cette chanson par cœur, j’en ai bien conscience. Mais je suis un multirécidiviste, je ne sais pas m’arrêter.

Alors, et ce Gatignon ? C’est un maître, je vous en préviens. Né en 1969, il est le rejeton d’une famille d’apparatchiks de la Seine-Saint-Denis. Qu’est-ce qu’un apparatchik ? Un bureaucrate ayant fait toute sa carrière dans l’Apparat, ignoble mot soviétique qui désigne l’univers de l’Appareil, cette structure opaque créée sur le dos du peuple pour mieux s’emparer de son travail. Je vous le dis sans trémolos, il ne reste pas beaucoup de gens capables de vous dire ce que fut le stalinisme triomphant de la défunte « banlieue rouge », quand 27 maires de Seine-Saint-Denis sur 40 appartenaient au PCF, ainsi que 9 députés sur 9. Moi, j’ai connu. Je n’ai aucun mérite : la roulette sociale m’avait projeté dans ce territoire spectaculaire. Au fil des ans, j’ai notamment habité Aulnay, Drancy, Noisy-le-Sec, Livry-Gargan, Tremblay, Les Pavillons-sous-Bois, Bondy, Noisy-le-Grand, Villemomble, Gagny, Clichy-sous-Bois, Montfermeil. Dans cette dernière cité riante, j’ai posé mon sac au 5 rue Picasso, dans la cité des Bosquets, considérée comme l’une des pires de France. Je crois connaître la banlieue.

Et je crois connaître les staliniens. Pour la raison que je les ai affrontés – avec d’autres, bien sûr -, y compris sur le plan physique. Je ne regrette rien. Rien d’autre que d’avoir raté quelques bourre-pifs. Je sais, figurez-vous. J’ai conscience de nuire à mon image de marque. Le bourre-pifs est mal vu. Mais je dis, et le reste m’indiffère. J’ai défendu pendant des années, dans cette zone dévastée, un point de vue démocratique et révolutionnaire sur l’avenir de la société. J’avais peut-être tort, mais les staliniens étaient à coup sûr de purs salauds. Qui n’hésitaient jamais à envoyer leurs sbires – souvent des employés municipaux à la botte des maires – cogner des petits jeunes dans mon genre. Je me souviens de quantité d’événements, vous ne pouvez pas même imaginer. Je me souviens de l’épouvantable campagne que les staliniens avaient montée en 1980/1981 contre les Gitans, autour de Rosny-sous-Bois. Non, ce n’était pas les Roms de 2010, mais les Gitans de 1980. Qui s’en souviendra jamais ?

Gatignon, maire de Sevran, est l’héritier de cette histoire maudite, que je conchie sans l’ombre d’une hésitation. Après au moins 20 ans au service du parti communiste, tel une fleur du jour, Gatignon a décidé de rejoindre Europe Écologie, en novembre 2009, puis de représenter ce parti aux régionales de 2010 en Seine-Saint-Denis. Comme tout cela est crédible. Comme cela sent la rose des prés. Il faut aller voir ce que le monsieur écrit sur son blog depuis qu’il est devenu « écologiste ». Par Dieu, on jurerait du Verlaine (ici) : « Pour conduire cette révolution démocratique dont la gauche et l’ensemble des démocrates et progressistes ont la charge, il est indispensable que la gauche rompe avec ses égoïsmes partidaires étriqués. Pour engager la transformation démocratique, écologique, sociale et civilisationnelle de notre pays, il faut déborder la tendance au retour en arrière, déborder le régime actuel par une véritable dynamique de toute la société ». Je ne sais pas si vous appréciez comme moi le ton général. Moi, j’en redemande. Interrogé par le journal  Marianne (ici) en avril 2010, Gatignon tente d’expliquer ce qu’il faudrait garder, selon lui, de l’idée communiste. Et cela donne cela, qui ouvre sur un gouffre sans fond : « Il y a certaines valeurs du communisme dont nous avons besoin pour construire la société de demain. On pourrait citer la question du cosmopolitisme, de la culture commune par exemple ». Oh, mais cet homme ne serait-il pas un penseur ?

Venons-en au sujet du jour, il n’est que temps. Vous lirez à l’entrée des commentaires la copie d’un article publié par Le Monde le 5 octobre, sous la signature de Sylvia Zappi. Gatignon a jeté sur la table, comme au poker (menteur) 400 cartes de nouveaux adhérents. Tous de son fief de Seine-Saint-Denis, bien sûr. Et toutes payées en liquide. Et dont bon nombre, sur le papier en tout cas, appartiennent à des Tamouls. Je rappelle qu’un congrès de fusion entre les Verts et Europe Écologie doit avoir lieu en novembre. Et que les bureaucrates qui visent des postes doivent se montrer, bomber le torse, annoncer la couleur. Laquelle est verte, n’est-il pas?

J’ajoute et je termine : Gatignon fait partie depuis des années de ce que la presse appelle les « rénovateurs » du PCF. Ne me demandez pas ce que cela veut dire. Plutôt, je peux répondre : rien. En faisaient partie jusqu’à ces dernières semaines Patrick Braouezec, le chéri des couillons, et François Asensi, qui mena en 1980 une odieuse campagne à propos des immigrés de la Seine-Saint-Denis. On s’en fout ? Pas moi. Quant à Europe Écologie, comme dirait l’ami Arthur, « Oh ! ne les faites pas lever ! C’est le naufrage…». Ces gens font entrer n’importe qui chez eux, tout en prétendant incarner la morale – important, la morale -, et quand le scandale leur explose au visage, tout ce qu’ils trouvent à dire, c’est : damned. Il sera instructif de voir ce que feront nos moralistes associés du cas Gatignon. Bien entendu, il ne mérite qu’une chose : retourner à Sevran s’occuper de la cité des Baudottes. Mais rien n’est moins sûr, car les choses ne sont pas si simples. Un débat de titans de prépare en effet. À main droite, le chef autoproclamé des Verts, Jean-Vincent Placé. À main gauche, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit, qui voudraient tant nous convaincre qu’ils incarnent l’avenir. Ne pas se gourer : en la circonstance, Gatignon et ses Tamouls sont embedded with Eva Joly. C’est du propre.

14 réflexions au sujet de « Gatignon, maire écolo de Sevran (stalinien un jour, stalinien toujours) »

  1. L’article du Monde

    A Europe Ecologie, l’ouverture joue des tours

    Coopérative écologiste ou organisation politique classique, parti de masse ou d’avant-garde, le débat a pris un curieux détour à Europe Ecologie, à la veille du processus de fondation du nouveau mouvement. Alors que les listes d’inscription pour participer à la création de la nouvelle organisation étaient closes vendredi 1er octobre pour permettre le début des opérations devant aboutir aux Assises nationales des 13 et 14 novembre à Lyon, une arrivée massive d’adhérents de Seine-Saint-Denis a subitement inquiété les responsables du mouvement.

     » C’est énorme  » Un des bras droit de Stéphane Gatignon, maire de Sevran, a annoncé 400 adhésions payées en liquide, dont près de 200 venant de la communauté tamoule. Jusqu’alors les demandes de participation avaient été enregistrées de manière individuelle après paiement d’une cotisation et la signature d’une charte. Cette arrivée massive de dernière minute a fait craindre la fabrication de fausses cartes. L’importance des troupes détermine aussi le poids des sensibilités et l’influence des dirigeants dans le futur parti.

    Les amis de M. Gatignon ont tenté de se justifier en expliquant qu’ils avaient fait du porte-à-porte et proposé aux personnes intéressées de s’occuper de l’intendance.

     » On a fait une campagne de masse parce que c’est notre conception de l’organisation. Et les Tamouls ont un grand respect pour Stéphane – Gatignon – et sont vraiment convaincus « , explique ainsi un proche de l’élu. Ses amis n’en démordent pas : c’est pour aider des personnes peu habituées aux démarches politiques et sans malignité qu’ils ont agi. Ils arguent aussi d’une conception ouverte du processus de fondation qu’ils ne veulent pas seulement tourné vers les militants convaincus.

    Dans la direction d’Europe Ecologie, c’est la consternation.  » Je n’imaginais pas ça chez nous « , tempête Jean-Paul Besset, député européen.  » On n’a pas fait tous ces efforts de renouvellement et d’ouverture pour ça « , remarque Pascal Durand, délégué général d’Europe Ecologie. Même les Verts, qui ont connu certaines fraudes dans le passé, restent incrédules.  » C’est énorme « , lâche un cadre. Les 400 adhésions ont été suspendues pour vérification.

    L’affaire tombe mal pour les écologistes. Ils voulaient montrer qu’ils allaient construire un mouvement politique inédit.  » C’est le début d’une histoire « , avait signalé Cécile Duflot, numéro un des Verts lors du dernier conseil national le 19 septembre. Les écologistes jurent maintenant qu’ils seront vigilants.  »

    La morale est aussi importante que la mécanique dans la constitution de notre mouvement « , insiste M. Besset. La direction d’Europe Ecologie a mis en place samedi un  » comité de transparence sur les adhésions « .

    Le processus de fondation est lancé et s’en remettra, jurent-ils en arguant des quelque 11 000 adhésions déjà enregistrées. Les adhérents doivent adopter, le 9 octobre, les statuts qui préciseront les règles de vie.

    Sylvia Zappi © Le Monde

  2. adhésions a quoi,les statuts de EE sont pas nets du tout et ce mouvement n’est pas réel sur le plan juridique,alors on attend des statuts transparents et autres,un mouvement,cela ne suffit pas,en fait une assoce, flou artistique,et les verts derrière,inoui,pourquoi Joly si prompt a s’occuper de la pureté des lois ,ne s »attèle t’elle pas a se pencher sur les statuts actuels qui sont plus que vaseux!

  3. Je suis pour le communisme
    Je suis pour le socialisme
    Et pour le capitalisme
    Parce que je suis opportuniste

    Il y en a qui contestent
    Qui revendiquent et qui protestent
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté

    Je n’ai pas peur des profiteurs
    Ni même des agitateurs
    Je fais confiance aux électeurs
    Et j’en profite pour faire mon beurre

    Il y en a qui contestent
    Qui revendiquent et qui protestent
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté

    Je suis de tous les partis
    Je suis de toutes les patries
    Je suis de toutes les coteries
    Je suis le roi des convertis

    Il y en a qui contestent
    Qui revendiquent et qui protestent
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté

    Je crie vive la révolution
    Je crie vive les institutions
    Je crie vive les manifestations
    Je crie vive la collaboration

    Non jamais je ne conteste
    Ni revendique ni ne proteste
    Je ne sais faire qu’un seul geste
    Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
    Toujours du bon côté

    Je l’ai tellement retournée
    Qu’elle craque de tous côtés
    A la prochaine révolution
    Je retourne mon pantalon

    Jacques Dutronc
    L’Opportuniste

  4. Je ne pense pas qu’ils vont m’emmerder pour les paroles que tout le monde peut trouver en ligne. Perso je suis fan de Jacques Dutronc, j’ai tout ses albums non téléchargés, pour ceux qui ne connaissent pas écouter Le petit Jardin, un chef d’oeuvre.

  5. Si vous voulez rire un bon coup, cette explication outragée d’un « pur » militant EE, qui défend le… cosmopolitisme de l’adhésion des Tamouls.

    http://www.gaetanandrieux.lautre.net/

    Mais surtout, ne ratez pas les explications de Gatignon, à savourer, avec cette mise en bouche:

    « Je ne connais pas les chiffres exacts des adhésions qui ont été transmises au siège soit physiquement soit numériquement pour Sevran et la Seine-saint-Denis. Mais je peux garantir que toutes ont été le fait d’un engagement individuel dument acté par la signature du bulletin d’adhésion. La centralisation de ces adhésions au siège a été effectuée par des militants sans aucun chèque collectif. Un seul chèque, d’un montant de cinq cents euros, poserait un problème. Il semble pourtant correspondre à la transformation d’espèces pour des raisons pratiques de transmission au siège.

    Louches, ces adhésions ? Que penser alors de Patrick Farbiaz proposant jeudi dernier à Michel Yvernat d’accepter « les 200 Tamouls » en échange du retrait d’un amendement proposé, destiné à démocratiser le fonctionnement des agoras ?

    Il me semble que tout est clair et que nous allons pouvoir tordre le coup ensemble à la rumeur infondée dont mes amis et moi sommes victimes. »

    Ca défouraille sec entre camarades écolos… mais ça argumente mal!

    Et surtout, ne loupez pas le second texte, dégoulinant de condescendance. Sous la plume de Bernard Jomier, ceux qui dénoncent ces adhésions en masse sont tout simplement des saletés de racistes qui refusent aux Tamouls le droit de prendre part à la vie démocratique…

    « Quand on est tamoul en France, comment peser dans le débat politique si ce n’est en se regroupant et en travaillant avec des représentants déjà inscrits dans le paysage politique ? »

  6. Hello,

    Nous allons nous faire gronder par Fabrice avec nos élucubrations verdoyantes!Non….

    Il y avait un jardin

    Georges Moustaki

    C’est une chanson pour les enfants
    Qui naissent et qui vivent entre l’acier
    Et le bitume entre le béton et l’asphalte
    Et qui ne sauront peut-être jamais
    Que la terre était un jardin

    Il y avait un jardin qu’on appelait la terre
    Il brillait au soleil comme un fruit défendu
    Non ce n’était pas le paradis ni l’enfer
    Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

    Il y avait un jardin une maison des arbres
    Avec un lit de mousse pour y faire l’amour
    Et un petit ruisseau roulant sans une vague
    Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

    Il y avait un jardin grand comme une vallée
    On pouvait s’y nourrir à toutes les saisons
    Sur la terre brûlante ou sur l’herbe gelée
    Et découvrir des fleurs qui n’avaient pas de nom.

    Il y avait un jardin qu’on appelait la terre
    Il était assez grand pour des milliers d’enfants
    Il était habité jadis par nos grands-pères
    Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

    Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
    Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
    Où est cette maison toutes portes ouvertes
    Que je cherche encore et que je ne trouve plus.

    Bonne soirée,léa.

  7. En l’espèce Eva Joly n’est pas concernée. Diviser Europe Ecologie entre Placé vs Dany + Eva est faux, pour qui s’y penche de près.

    C’est plutôt avec Dany et les Bové (père et fille) + quelques apparatchiks Verts que Gatignon s’est associé. Reste que les cartes ont été (heureusement) refusés. Les 400 cartes représentaient à elles seules 5% du corps électoral Verts

  8. En France nous n’avons eu droit qu’à un aspect très « dégradé » du Stalinisme.
    En URSS, du temps de Staline, il n’y avait pas d’apparatchiks qui se reproduisaient de père en fils.
    Staline faisait table rase régulièrement en passant la tondeuse de tout ce qui dépassait les autres.
    Staline travaillait beaucoup la nuit, et il téléphonait pour avoir des informations ou pour donner des ordres.
    Il devait y avoir quelqu’un au bout du fil, et le quelqu’un en question devait être capable de répondre à la moindre question, sinon c’était direction le Goulag illico presto.
    Alors dans chaque usine, le bureau du directeur restait allumé le soir et très tard dans la nuit…
    C’est comme cela que l’URSS a fonctionné sous Staline.
    Staline a imposé cette vision dans les pays de l’Est, les procès de prague etc.. et pendant la Guerre d’Espagne.. l’assassinat de NIN et de quelques autres par des émissaires du KGB.
    Le Goulag était intrinèque du fonctionnment de l’URSS.
    Lorsque Staline est mort, le Goulag s’est partiellement vidé.
    Ceux qui avaient un epsilon de pouvoir, ne craignant plus d’être questionnés la nuit, ont voulu se protéger..
    Le recrutement des membres du KPCC s’est alors fait d’une part chez les « prolétaires » (ceux qui étaient complètement asssimilés au « système ») et d’autre part dans les familles des dirigeants.
    D’où la naissance de dynasties d’apparatchiks.
    Dans la mesure ou le goulag en France se limitait au bourrage d’urnes et au bourre-pifs communal, nous n’avons eu droit qu’à une version très dégradée du stalinisme.
    @+

  9. De vrais-faux OGM fauchés dans Bordeaux

    5 octobre 2010 06h58 | Par Jacques Ripoche

    Destruction de maïs hier au Jardin botanique, à la Bastide.
    Selon son directeur, il est non OGM. Mais selon les faucheurs,
    il est présenté comme tel.

    OGM ou non OGM, ces plants de maïs ? Dans le doute, les faucheurs ont fauché.

    C’est Jojo qui avait levé le lièvre. Jojo est le « veilleur » des Faucheurs volontaires dans le quartier
    de la Bastide, à Bordeaux. Là où se trouve le jardin botanique municipal. Jojo est un familier du
    lieu. D’autant plus que s’y déroule jusqu’à la fin d’octobre une exposition sur la biodiversité, chose
    qui lui tient à cœur.

    Dernièrement, en parcourant le plan du site, il avait découvert, entre les espaces dédiés aux prairies
    fleuries, légumes du Moyen Âge et plantes aromatiques, qu’une parcelle de maïs, localisée en « G3
    », portait la mention « OGM ». Branle-bas de combat !

    Après vérification, les faucheurs volontaires décidaient de passer à l’action. Elle a mobilisé hier
    matin une vingtaine de personnes sous la conduite de Mimosa et de Jacky. « Vous vous rendez
    compte, s’indignait Mimosa. Du maïs OGM, culture interdite en France, dans un jardin public qui
    accueille des scolaires ! »

    La troupe arrivée au pied de la parcelle incriminée (40 mètres carrés), Mimosa décrochait son
    téléphone pour inviter le directeur du jardin à venir « s’expliquer ». Dans un premier temps, celui-ci
    suggérait de le rejoindre à l’intérieur des bâtiments. « La presse est là », insistait Mimosa. Le
    directeur est venu.

    Maïs ordinaire

    « Il n’y a pas de maïs OGM dans cette parcelle, mais du maïs ordinaire », affirmait d’entrée Philippe
    Richard, calme mais visiblement contrarié. Il expliquait, en substance, que si la mention « OGM »
    était bien inscrite en vis-à-vis de l’emplacement G3, il ne s’agissait que d’une mention à vocation «
    pédagogique », à replacer dans le contexte général du débat sur la biodiversité : « Notre intention
    est simplement d’expliquer les OGM, mais il n’y en a pas le moindre pied. »

    Jacky faisait remarquer que cela n’était précisé nulle part. « Il y avait bien un panneau explicatif,
    justifiait Philippe Richard. Mais il a disparu. Il vient beaucoup de monde ici, et nous avons souvent
    des déprédations le week-end. » Au passage, le directeur, sur un ton égal, traitait les faucheurs d’«
    obscurantistes » et leur signifiait que, « dans ce jardin, on est encore en liberté et on peut y dire ce
    que l’on veut », avant d’asséner : « Vous êtes des interdiseurs ! »

    Banalisation des OGM

    Le propos n’a pas ému les faucheurs, venus pour accomplir ce qu’ils avaient décidé : faucher. Ou
    plutôt arracher à la main, un par un, les pieds de maïs incriminés. OGM ou… pas OGM ! Selon
    Mimosa, le Jardin botanique était de toute façon condamnable, au motif que « les moyens utilisés
    par la direction, sous couvert de sa mission d’informer, éduquer, sensibiliser, proposent une
    présentation banalisée des OGM pour mieux les faire accepter et les imposer ».

    Les faucheurs ont annoncé qu’ils allaient « saisir la justice », la mairie de Bordeaux se limitant pour
    l’instant à « regretter cette dégradation d’un outil pédagogique à des fins militantes et médiatiques ».

    L’action d’hier n’arrivait peut-être pas tout à fait par hasard au calendrier. En effet, la semaine
    prochaine, 87 faucheurs volontaires vont comparaître devant le tribunal de Marmande, parmi
    lesquels José Bové. Cette comparution est liée à un fauchage commis en 2006 à Grézet-Cavagnan
    (47). Trois condamnations avaient été prononcées au civil, mais l’agriculteur visé, Claude Ménara,
    qui ne s’en satisfait pas, a réattaqué au pénal.

    Par VIGILANCE OGM 33 – Publié dans : actions

  10. Les verts? A Tours, sous couvert de travaux pour un tramway (qui n’aura la couleur verte que par « blanchissage » écologique), on abat des dizaines d’arbres verts dans les rues.
    Les verts de Tours, trop englués dans la compromission rose, ne disent rien, sont invisibles.
    Les verts? Parti en pleine croissance (élus par des bobos assis devant la télé et émus par Nicolas Hullot?) mais espèce en voie de disparition dans la rue.

  11. Bonjour,

    Bruxelles et Paris à couteaux tirés sur les cultures OGM.

    BRUXELLES – Paris et Bruxelles sont à couteaux tirés sur les autorisations de culture des plantes OGM en Europe, une conflit qui risque de se traduire par l’abandon des propositions de la Commission européenne, en raison de l’opposition de la majorité des gouvernements.

    « La Commission est là pour mettre en oeuvre les décisions du Conseil (l’organe des Etats de l’UE, ndlr), pas pour défendre d’autres orientations ». En une phrase, la secrétaire d’Etat française à l’Environnement, Chantal Jouanno, a résumé jeudi à Luxembourg les griefs de Paris, à l’issue d’une réunion avec ses collègues européens.

    Pour débloquer le processus d’autorisation des semences OGM, Bruxelles propose de laisser aux Etats la décision d’autoriser ou non la culture sur leur territoire.

    En échange l’exécutif européen attend leur accord pour les homologations réclamées par les géants de l’agroalimentaire, dans les pays qui le souhaitent.

    Seuls deux OGM sont actuellement cultivés dans l’UE: le maïs 810 du groupe américain Monsanto et la pomme de terre Amflora de l’allemand BASF. Ces cultures couvrent un peu plus de 100.000 hectares.

    Mais quinze autres plantes génétiquement modifiées, pour la plupart des semences de maïs, attendent une autorisation de culture.

    Le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a dénoncé « un troc inacceptable » et pris la tête de la fronde contre Bruxelles, soupçonné de céder aux pressions de l’industrie.

    Deux réunions ministérielles européennes –agricole fin septembre et environnementale jeudi– ont montré l’isolement de la Commission, soutenue par une poignée seulement de gouvernements.

    « Personne ne veut de cette proposition », qui casserait le marché unique européen, a commenté la ministre espagnole, Elena Espinosa. Or l’Espagne est l’un des rares pays de l’UE où est cultivé le MON 810. Berlin est aussi contre, pour cette raison.

    Les Etats doivent aussi compter avec une opinion publique majoritairement hostile aux OGM.

    « Nous voulons pouvoir maintenir l’intégrité de nos cultures traditionnelles et biologiques », a dit le ministre irlandais, Ciaran Cuffe.

    Les gouvernements veulent pouvoir autoriser des OGM en toute connaissance de cause et veulent être certains que leur décision d’interdire leur culture sera inattaquable à l’OMC.

    En décembre 2008, ils ont arrêté à l’unanimité un cahier des charges. Ils ont réclamé une réforme des expertises de l’Agence européenne pour la sécurité des aliments (AESA) sur lesquelles la Commission se fonde. Ils ont également demandé une analyse des conséquences économiques et sociales des cultures d’OGM.

    Or, la proposition de Bruxelles ne répond pas à ces demandes, affirment en choeur la majorité des ministres de l’Environnement. Paris ne veut pas discuter le moindre élément de ce texte, a averti Chantal Jouanno.

    Le commissaire à la Santé John Dalli, chargé du dossier, refuse en retour de modifier sa proposition. Les Etats n’ont pas encore voté et donc le dernier mot n’est pas dit, soutiennent ses collaborateurs.

    M. Dalli n’entend pas non plus geler les autorisations. Une proposition pour le renouvellement de la licence du MON 810 est annoncée pour la fin de l’année.

    Il va devoir se justifier devant le Parlement européen. Or plusieurs groupes politiques ont dénoncé l’autorisation de culture donnée pour l’Amflora et accusent l’EASA d’être « noyautée » par l’industrie.

    La Commission est désormais le dos au mur. Car une pétition signée par plus d’un million de citoyens de l’UE demande la suspension des homologation d’OGM le temps de mettre en place un organisme indépendant pour l’évaluation des risques.

    « La Commission ne peut pas ignorer cette pétition », a averti la France.

    AFP 15 octobre 2010

    Bien a vous,Léa.

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