Un certain Stephan Schmidheiny (philanthrope et criminel ?)

Aujourd’hui 6 juillet 2011, et sauf oubli de ma part, j’ai ouvert pour la première fois – disons la deuxième pour plus de sûreté – le quotidien gratuit Metro. J’ai peut-être tort, mais je ne supporte pas qu’une information, fût-elle vraie, soit payée par la publicité. Bon. Et alors ? Et alors ceci : j’étais dans le métro, et la Une du journal m’a littéralement agrippé, car elle parlait de ce vaste crime social connu sous le nom d’amiante.

Sorti des tunnels, j’ai récupéré Metro et j’ai lu l’article en question, que vous pourrez retrouver ici. En deux mots, on y apprend qu’un procureur du tribunal de Turin (Italie) a requis vingt ans de cabane contre un certain Stephan Schmidheiny, ancien patron de l’entreprise suisse Eternit. Eternit, quel joli nom pour une boîte fabriquant de l’amiante ! 3 000 prolos des usines italiennes Eternit sont morts d’avoir été exposés à ce poison. Si le procureur dit vrai – le procès dure depuis des années -, ce Stephan Schmidheiny est un criminel. Un criminel de masse.

Or, surprise, Stephan Schmidheiny n’est plus. Comme après une opération de chirurgie esthétique, ce milliardaire a refait sa vie en Amérique latine, où il est devenu philanthrope, écologiste tendance DD, pour « développement durable ». Il a créé des fondations, mais aussi maintenu un business fort lucratif, bien entendu éthique. Un livre serait nécessaire. Il a refusé de venir ne serait-ce qu’une seule fois à la barre du procès de Turin, et s’il y est finalement condamné, ce sera par contumace. Le procureur a établi l’an passé que Stephan Schmidheiny s’était adjoint les services d’une boîte de com’ italienne pour dissuader les journaux de citer son nom en relation avec le procès. Être philanthrope ou ne pas être.

Ce n’est pas tout. Vous trouverez ci-dessous un extrait de mon livre Qui a tué l’écologie ? (éditions LLL), consacré à ce charmant personnage. J’espère que vous ne vous perdrez pas. Une rumeur insistante, pour l’heure non vérifiée, donne Schmidheiny comme l’un des organisateurs du Sommet de la terre de Rio, en 2012, en compagnie de cet excellent Brice Lalonde. Je vous tiendrai au courant. En attendant, mon livre :

« De nouveau, il me faudrait un livre pour décrire en profondeur un phénomène mondial, dont l’ampleur est colossale. Je me contenterai d’un exemple saisissant : Stephan Schmidheiny. Ce Suisse est l’héritier d’une dynastie capitaliste, qui aura bâti son immense fortune sur l’entreprise Eternit. Cette fois encore, patience, car je ménage certain suspens. En 1990, né en 1947, devient le bras droit de Maurice Strong dans la préparation du Sommet de la Terre de Rio, qui doit se tenir en 1992. Je le précise pour ceux qui ne le sauraient pas : Rio est une date majeure, qui assure le triomphe définitif du « développement durable » partout dans le monde.

À partir de cette date, des milliers d’ONG, d’institutions publiques et privées, de structures gouvernementales ne cesseront d’ânonner le vocabulaire de Rio. Vingt ans après, nous en sommes au même point. Une génération militante a cru – et croit, d’ailleurs – aux Agendas 21, aux conventions internationales sur le climat, la biodiversité, la désertification. Article 3 de la grande déclaration finale, que n’aurait pas renié ce bon Harry Truman, ni bien sûr madame Brundtland : « Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations présentes et futures ».

Impossible de surestimer l’importance de Rio. C’est un point de départ, et un point d’arrivée. Difficile de ne pas s’interroger sur la place centrale qu’y occupent Schmidheiny et Strong. Mais il est vrai que les deux hommes emploient volontiers pour se définir le mot de philanthropes. C’est plus fort qu’eux, ils aiment l’humanité. Cette fois encore, je m’appuierai essentiellement sur des propos estampillés. Dès 1984, Schmidheiny crée au Panama une structure appelée Fundes, qui essaimera ensuite en Amérique latine. L’objectif officiel est d’aider les (nombreux) chômeurs de la région. Il s’agissait, écrira Schmidheiny (www.avina.net), « de mon premier pas en direction de la philanthropie organisée ». Il y en eut d’autres, en effet. Mais avant d’en parler, notons ensemble que, toujours selon notre héros suisse (entretien à la revue chilienne QuéPasa, cité par Avina.net) : « Ma philanthropie n’a pas le sens classique de la philanthropie, qui signifie charité, dons aux pauvres pour manger, ce n’est pas de la miséricorde. Je vois cela comme un investissement dans les processus sociaux. Un investissement dans l’avenir d’une société dont je dépends et où je veux faire des affaires ». Une telle franchise est tout à l’honneur de notre grand « philanthrope ».

Après avoir lancé Fundes et co-organisé le Sommet de la Terre 1992 avec Strong, Schmidheiny est fatalement devenu un vigoureux militant écologiste. On le retrouve donc sans surprise, en 1994, lancer une ONG nommée Avina, financée par une structure appelée Viva, qui est aussi propriétaire d’un trust industriel dont le nom est GrupoNueva, spécialisé dans le bois, l’eau, les tubes plastique, le fibrociment. Simple, non ? Avina a pour but revendiqué de « contribuer au développement durable en Amérique latine afin de promouvoir l’établissement de relations de confiance et de partenariats fructueux entre les chefs d’entreprise et leaders sociaux autour de programmes d’action consensuels ».

Avina et les « entrepreneurs sociaux »

Chaque mot compte, bien entendu. Les leaders sociaux sont ceux qui, voici quarante ans et plus, voulaient soulever le monde et se priver des services de tous les Schmidheiny de la terre. Il semble plus compatible avec l’essor du commerce et de la libre entreprise de se mettre ensemble autour d’une table, à discuter de programmes consensuels. C’est très vraisemblablement ce qu’a réussi le philanthrope au Chili, où une opportune loi du dictateur Pinochet, en 1974, a permis à des sociétés forestières d’exploiter à leur convenance des terres disputées par les anciens habitants du lieu, les Indiens Mapuche. L’entreprise Masisa, qui fait partie de la nébuleuse GrupoNueva, y est installée, et possède 238 000 hectares de monocultures de pins et d’eucalyptus entre Chili, Argentine, Venezuela, Brésil, Pérou, Mexique. Pour qui connaît la chanson, et c’est mon cas, il est aisé d’imaginer tout ce qu’une industrie de la sorte – gros engins, engrais et pesticides – peut avoir d’écologique. Et ne parlons pas des conflits d’usage avec les habitants des lieux, surtout quand la police et l’armée ne sont pas loin.

Parallèlement à sa nouvelle carrière latino-américaine, Schmidheiny a fondé une authentique merveille connue sous son nom anglais de World Business Council for Sustainable Development (WBCSD). Ce Conseil mondial des entreprises pour le développement durable est né au moment du Sommet de la Terre de Rio, en 1992. Il regroupe environ 200 entreprises, dont la liste inclut d’autres philanthropes que Schmidheiny, tels China Petrochemical Corporation, Mitsubishi Chemical Holding Corporation, Solvay, AREVA, Dassault Systèmes S.A., L’Oréal, BASF, Bayer, Italcementi Group, Shell, Philips, Hoffmann-La Roche, Novartis, Syngenta, BP, Rio Tinto, Alcoa, Boeing, Chevron Corporation, Dow Chemical, DuPont, sans oublier The Coca-Cola Company.
Bref, toute la grande industrie a été réunie dans le WBCSD. J’ai sous les yeux un livre admirable – non  traduit – paru en 2002 (BK éditions),
Walking the talk. Le titre signifie : joindre le geste à la parole. Ses auteurs sont Stephan Schmidheiny, Charles Holiday, patron de DuPont et Philip Watts, l’un des grands patrons de la Shell. On y trouve des études de cas, qui concernent l’activité des transnationales partout dans le monde. 67 monographies en tout.

Disons tout de suite qu’il faut avoir le cœur bien accroché. Je ne prendrai qu’un exemple, qui me touche singulièrement : le delta du Niger. Schmidheiny et ses acolytes inventent pages 34 et 35  un autre monde, dans lequel la Shell « a une longue histoire d’assistance aux communautés auprès desquelles elle travaille ». Au Nigeria, cela donne un beau rapport annuel, des tables rondes avec de gentils interlocuteurs, des aides à de beaux projets de « développement durable ». La vérité, connue de tous, est aux antipodes.

Le si prudent Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dans un document de 2006 : « Les compagnies pétrolières, Shell Petroleum en particulier, opèrent depuis plus de trente ans [dans le delta du Niger] sans véritables contrôle ni réglementation régissant leurs activités dans le domaine de l’environnement ». Le dernier rapport d’Amnesty International sur le sujet, en date de juin 2009 : « La région est quadrillée par des milliers de kilomètres d’oléoducs et parsemée de puits et de stations de pompage.Une bonne partie de ces infrastructures sont situées près des maisons, des fermes et des sources d’eau des populations qui y vivent. L’industrie pétrolière est responsable d’une pollution généralisée de l’environnement dans le delta du Niger. Les fuites d’hydrocarbures, les déversements de déchets et les combustions en torchères sont bien connus et fréquents ». En 1995, pour ne pas remonter à Mathusalem, l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa a été pendu haut et court par le gouvernement de l’époque. Ce naïf, qui n’aurait sans doute pas été invité à une table-ronde, menait une bagarre publique et non-violente contre les activités de la Shell. Dans le delta du Niger.

Le machin appelé WBCSD a évidemment joué un rôle crucial, en coulisses, au Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002. Tandis que Jacques Chirac clamait à la tribune : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », les hommes de Schmidheiny vantaient dans des discussions moins verbeuses les mérites de leur si cher « développement durable ». Et ils ont également joué un rôle essentiel, bien que méconnu, dans la tenue de la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (octobre 2010). Où il ne se sera surtout rien décidé, alors que nous vivons la sixième crise d’extinction des espèces.

Je n’en ai pas encore tout à fait fini. Cet excellent Schmidheiny a donc imaginé (voir supra) Avina. On retrouve dans son « board of directors » une certaine Anamaria Schindler, par ailleurs vice-présidente d’Ashoka. Cela n’a rien de bien étonnant, car Ashoka se fixe comme mission de participer « à la structuration et au développement du secteur de l’entrepreneuriat social partout dans le monde, afin qu’il amplifie son impact sur la société ». En France, la BNP et la Société générale paient pour cela, de même que des entreprises plus discrètes que je n’ai pas découvertes. Au plan international, Ashoka dispose du soutien financier des plus grands cabinets de conseil aux transnationales : McKinsey and Company, Hill and Knowlton, Latham and Watkins.

Avina et Ashoka font à ce point le même métier qu’ils ont signé un partenariat stratégique, ce qui explique la présence de madame Schindler au bureau d’Avina. Encore un tout petit mot sur le sujet : le 18 décembre 2010, j’ai reçu un message électronique d’un gérante de supermarché bio que je connais bien. Et que j’apprécie. Elle m’invitait à une soirée consacrée à l’entrepreneuriat social, organisée à Paris par l’Unesco et…Ashoka. Et cela m’a rappelé que, voici trois ans à peu près, j’ai reçu une demande concernant un ami écologiste, Roberto Epple. Un Suisse. Un autre Suisse. Une structure inconnue de moi m’envoyait une série de questions sur Roberto, pour s’assurer qu’il méritait bien un prix récompensant son impressionnant engagement en faveur des rivières d’Europe. Comme j’estime au plus haut point Roberto, j’ai répondu, et il a obtenu son prix. Cette structure, bien entendu, c’était Ashoka, qui gagne chaque année en légitimité ».

Voilà, les amis, c’est tout pour aujourd’hui. Ne me dites surtout pas que cette belle histoire n’est pas édifiante. Elle donne sûrement envie de vomir, mais plus encore, elle dit le vrai, le noyau dur et irréfragable du réel. Ce réel que personne ne veut voir, et qui pourtant décide et décidera de tout. Dites, à quand un mouvement populaire pour dénoncer l’épouvantable mascarade du Sommet de la terre prévu l’an prochain à Rio ? Qui lancera la première tarte à la crème de la saison à Brice Lalonde, qui organise ce grand rendez-vous mondial du faux ?

La suite au prochain épisode (DSK)

Jean-Christophe Cambadélis. Je ne vais pas m’étendre. Voilà un homme qui a passé quinze années de sa vie dans une secte politique épouvantable, qui utilisait les pires méthodes, y compris la violence physique, pour imposer ses vues. Je veux parler de l’Organisation communiste internationaliste (OCI), dirigée dans des conditions inouïes par le mentor de Cambadélis, le défunt Pierre Lambert. Un tel parcours, et ce qui a suivi d’ailleurs, devrait rendre prudent tout être humain.

Je lis ce 4 juillet 2011 le texte d’un entretien de ce Cambadélis donné à Europe 1 : ici. Ce monsieur attaque bille en tête Tristane Banon, qui devrait déposer plainte demain contre DSK, pour tentative de viol. Le ton, l’extrême mépris de la personne, la désinvolture désignent Cambadélis comme un type infréquentable, insupportable. Mais voilà : c’est un  ponte socialiste. Et du coup, la question change du tout au tout. Quelle est cette société qui accepte d’être représentée par de tels individus ? Quel est ce monde, qui juge un tel personnage digne de siéger à la tête d’un parti dominant de la scène politique française ? Je crois que ce simple fait en dit très long sur nos limites collectives. Un Cambadélis devrait être déchu. Il triomphe. Il ricane. Il insulte toute conception morale de la politique.

Les foutriquets de l’affaire DSK

Un mot sur les extraordinaires suites de l’affaire DSK, certes éloignée de la crise écologique, objet de Planète sans visa. Ce que j’entends, ce que je lis, me dégoûte profondément. Le soulagement de tous ces chroniqueurs, de tous ces politiciens professionnels me répugne, purement et simplement. La présomption d’innocence dont ils se ceignent le front avec tant d’impudence, que ne la clament-ils quand il s’agit de pauvres ? Quand il s’agit de dominés, d’écrasés, de victimes de leur monde ?

Certes, je ne sais rien de ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel. Mais eux non plus, qui triomphent pourtant. La femme de chambre guinéenne, Nafissatou Diallo, a semble-t-il triché sur plusieurs points et noué des liens avec des trafiquants de marijuana. Elle aurait donc, du même coup, tout inventé. Pas d’agression, pas de viol, un pur et simple montage. On a des copains truands, on a raconté des craques à la flicaille des États-Unis, et l’on n’est donc qu’une embrouilleuse, qui a fatalement menti sur le reste. Variante implicite et pourtant audible chez quelques salauds : violer une telle femme ne serait plus si grave que cela. On en est à se demander si DSK va se présenter à la présidentielle !

Eh bien, deux choses. Aux États-Unis bien sûr – voir l’histoire du clan Kennedy, et de tant d’autres -, en France évidemment – penser à l’histoire des dynasties industrielles entre 1820 et 1940 -, ailleurs également, l’argent et le pouvoir sont venus par le crime. Les puissants d’aujourd’hui sont les crapules d’hier. Aussi bien, s’en prendre à une émigrée guinéenne venue du fond de l’Afrique au motif qu’elle connaît des grossistes d’herbe me fait doucettement rigoler. Les leurs, ceux de leur lignée, ceux qui sont derrière tous ces putains de commentateurs, ont fait mille fois pire, et continuent. Et continueront. Les actionnaires de la Shell sont-ils pendus en place publique pour avoir pourri depuis cinquante ans le pays des peuples du delta du Niger ? Ne sont-ils pas, au contraire, fêtés comme des héros dans les pages saumon du Figaro ?

C’était la première chose. Et voilà la seconde. DSK n’a peut-être pas violé cette femme. Ou si. À ce stade, nul ne peut rien dire de sérieux. En revanche, il est davantage que probable qu’il y a eu une relation sexuelle – consentie ou non – dans cette chambre d’hôtel. Un nouvel adultère, donc, qui n’est pas une affaire morale, mais bel et bien politique. Car redescendons sur terre. Des éléments concrets  – l’affaire Tristane Banon, celle de l’économiste hongroise du FMI, des confidences concordantes sur « DSK et les femmes » – montrent que notre grand homme politique a des pulsions aussi terribles que constantes. Laissons de côté, pour l’occasion, ce que cela révèle de sa personne, et regardons la chose de manière froide : un pays peut-il élire à sa tête un tel homme ?

Voyons. Peut-ont faire confiance à quelqu’un capable de risquer sa réputation en trompant sa femme dans une chambre de palace avec l’employée venue faire le ménage ? Un tel comportement place perpétuellement sous la menace du chantage et du scandale, c’est l’évidence même. Et entraîne fatalement, ne fût-ce que pour dissimuler les faits, au mensonge quasi-permanent. Encore une fois, ce n’est pas en l’occurrence moral, mais politique. Les responsables qui sont tout prêts à redonner les clés de la campagne électorale à ce type-là ne sont pas seulement des irresponsables. Ils révèlent une fois de plus ce qu’ils ont toujours été : des aventuriers de la vie publique. Des gens qui ne songent au bien commun que par extraordinaire ou raccroc. De purs et simples foutriquets. Et ils sont nombreux.

Attention, chiens méchants (contre les brebis)

Ce n’est rien d’autre qu’un article de la Dépêche du Midi. Espèche est un village des Hautes-Pyrénées. Une fois de plus, des chiens errants s’attaquent à des brebis et en tuent. Douze, en l’occurrence. Un fait divers d’une grande banalité. Je ne citerai pas de chiffre sur le nombre de brebis attaquées par des chiens chaque année, car la statistique, en ce domaine particulièrement, est pure et simple polémique. Disons, car cela c’est certain, que les chiens tuent incomparablement plus – 400 fois, 600 fois, davantage ?  – que les ours et les loups réunis.

La différence, c’est qu’on ne peut se plaindre à la télé de ces épouvantables bêtes fauves. La différence, c’est que les ennemis du sauvage ne trouvent pas là l’occasion de déverser leur haine contre ce qui ne leur appartient pas. Mais lisez plutôt.

Espèche. 12 brebis tuées par des chiens

Les morsures ont entraîné la mort des brebis.

Les morsures ont entraîné la mort des brebis.

Consternation, désarroi pour Joël Castaing, agriculteur à Espèche, dans les Baronnies, qui a découvert, samedi, vers 21 heures, douze brebis mortes des suites de blessures causées par des morsures de chiens. « Au moment où j’allais faire manger la volaille, je me suis rendu compte qu’il manquait des brebis dans le parc où elles sont rassemblées », raconte l’exploitant agricole qui s’est alors rendu dans le bois à proximité. « J’ai entendu et vu deux chiens dont un est marron avec des rayures noires et porte un collier orange fluo. L’autre est blanc et noir à poils longs avec la tête mouchetée. Dès que je suis arrivé près d’eux, ils se sont enfuis. Et puis, j’ai fait la macabre découverte de mes douze brebis, mortes dans la rivière l’Arros », poursuit Joël Castaing qui n’en a pas dormi de la nuit. Et, à 5 heures du matin, il a dû faire partir les deux chiens errants qui revenaient attaquer le reste du troupeau devant sa maison.

Dans la matinée, l’agriculteur a informé le garde fédéral qui habite le village et qui est venu constater les dégâts. Dans une lettre écrite de sa main, celui-ci a confirmé que les animaux étaient morts suite aux attaques des chiens. « Je demande aux propriétaires de ces chiens de prendre contact au plus vite avec nous avant poursuites », déclare M. Castaing. Pour ce faire, un numéro est à retenir : le 05.62.XX.XX.XX. Outre la perte financière conséquente, l’agriculteur est meurtri par la mort de ses bêtes. De plus, il n’a toujours pas retrouvé une vingtaine de ses brebis.

Un rapide hommage à Christine Lagarde

 Je n’ai pas le temps d’écrire un portrait de Christine Lagarde, nouvelle directrice du Fonds Monétaire International (FMI), qui est l’un des quartiers généraux de la destruction accélérée du monde. Elle remplacera donc le socialiste DSK, sans que personne ne puisse deviner la moindre différence entre les deux politiques. Pardi ! il s’agit de la même.

Je rappelle que les socialistes français, y compris Martine Aubry, très grande amie de DSK et des patrons, avaient souhaité publiquement l’élection de cette libérale de choc au sommet du FMI. Libérale, de choc ? Elle a fait l’essentiel de sa carrière chez Baker & McKenzie. Exceptionnellement,  je pique à Wikipédia une partie de la fiche que ce site consacre à la dame : « Baker & McKenzie est un cabinet d’avocats d’affaires international, fondé à Chicago en 1949 par Russell Baker et John McKenzie. Il emploie plus de 3750 avocats et compte 69 bureaux répartis dans 41 pays à travers le monde. C’est aujourd’hui l’un des plus grands cabinets d’avocats au monde, le premier aux États-Unis ».

Les affaires, selon vous, c’est quoi ? Construire des barrages, extraire du manganèse et du cuivre, fourguer du nucléaire, arracher les forêts tropicales, sortir par millions de tonnes ciment et parpaings. Rien d’autre. Je vous fais au même prix cette phrase d’anthologie prononcée à l’Assemblée nationale française le 10 juillet 2007. Par notre héroïne, cela va sans dire : « Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches ».

Ne plus penser. Ne plus penser à elle, au moins. Au moins un jour, un mois, et même une seconde. Lagarde. Et Tapie, qui n’est jamais très loin derrière. Merci qui ?