Des pâtes plutôt que du sexe
Bon, faut-il y croire ? Je raconte dans mon livre la révolte de la tortilla au Mexique. Au début de l’année 2007, on a frôlé l’émeute parce que le maïs avait massivement augmenté. Les États-Unis, premier producteur mondial, consacrent déjà 25 % de leur récolte annuelle à la fabrication d’éthanol. Celui qui fait délirer d’enthousiasme Schwartzie, le gouverneur bodybuildé de Californie.
Je lis ce dimanche d’autres nouvelles, qui se rapprochent. En Allemagne, le prix de la bière augmente. À cause notamment des biocarburants. Si. En Italie, hier, a eu lieu une grève des consommateurs extraordinaire. Les associations de là-bas, soutenues par des syndicats paysans, ont décidé de ne pas acheter de pâtes pendant 24 heures. Il faut connaître l’Italie pour comprendre la portée d’un tel sacrifice. Un sondage récent, qui vaut bien les autres, assurait que les Italiens préfèrent, en majorité, la pasta au sexe.
Pourquoi cette révolte-là ? Parce que le prix du pain et des pâtes fraiches flambe. Et pourquoi ? En grande part pour la raison qu’on utilise désormais des surfaces géantes à la fabrication de carburants végétaux (1, en italien, désolé).
Autre lecture dominicale : un article très remarquable de Silvia Ribeiro dans le quotidien de Mexico La Jornada (2). Cette analyste d’un groupe de recherche et de réflexion international (2) décrit le monde de l’agriculture, tel qu’il devient sous nos yeux. Le titre (Corporaciones, agrocombustibles y transgénicos) rassemble tout. L’univers des grandes entreprises, les biocarburants, la transgénèse. C’est en espagnol, j’en suis navré pour ceux qui ne lisent pas cette langue. Mais, tenez, voilà le début en français, traduit par mes soins : “La vague des biocarburants continue d’avancer, non parce qu’elle serait bonne pour l’environnement ou qu’elle apporterait la moindre solution au changement climatique - en fait, elle l’aggravera -, mais parce que les industries les plus puissantes de la planète y voient une source de juteux profits. Beaucoup de gouvernements les appuient à l’aide de lois ou de subventions”.
Bon, assez causé néanmoins. Dehors, le soleil chauffe, et en ce 16 septembre 2007, malgré le changement climatique en cours, c’est une bonne nouvelle. J’y vais.
(1) http://www.corriere.it/Primo_Piano/Cronache/2007/09_Settembre/13/sciopero_della_pasta.shtml
(2) http://www.jornada.unam.mx/2007/09/15/index.php?section=opinion&article=021a1eco
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