Pour le cas où Borloo serait nommé (souvenirs, souvenirs)

La France retient son souffle. Son Excellence Sérénissime, ci-devant Président de notre pauvre République, hésiterait. Garder Fillon comme Premier ministre ? Nommer le bon Jean-Louis Borloo ? Je ne sais évidemment rien, n’excluant nullement l’irruption d’un troisième personnage, façon Raymond Barre en 1976 (je parle là pour les vieux schnoques). Me permettra-t-on quelques rappels ? Eh bien, nous sommes au printemps 2007, et Sarkozy vient de triompher. C’est alors qu’entre en piste un personnage démonétisé, qui va porter l’idée du Grenelle de l’Environnement pendant quelques semaines, jusqu’à la rendre crédible. Qui ? Alain Juppé, le maire de Bordeaux. Incroyable ? Vrai. Bien qu’ignorant à peu près tout de ces questions, Juppé a compris, sur un plan strictement intellectuel, que l’écologie devenait un enjeu. Et, ne soyons pas chien, un véritable problème.

D’une façon plus personnelle, il a saisi que ce thème populaire pouvait lui permettre de relancer une carrière politique nationale en panne sèche depuis de longues années. Dès le début de l’année 2007, il est entendu que Juppé, en cas de victoire de Sarkozy, sera ministre de l’Écologie. Ministre d’État. Haut placé dans la rigide hiérarchie officielle. Presque vice-premier ministre en charge du « développement durable ». L’opération est presque parfaite, mais va hélas buter sur cet absurde suffrage universel. Aux législatives qui suivent la victoire de Sarkozy aux présidentielles, ce pauvre Juppé prend un gadin. Désavoué par les électeurs de Bordeaux, il ne peut plus être le numéro deux d’un gouvernement qui promet la Lune aux Français, pour commencer. Il quitte aussitôt son mégaministère. Aïe ! Que faire ? La question a été posée dans le passé par bien d’autres. Sarkozy cherche, et ne trouve pas. Il y aurait bien Nathalie Kosciusko-Morizet, la protégée de Chirac, et qui passe pour être l’écologiste – la seule - de l’UMP. On reviendra sur son cas foutraque, mais en attendant, deux mots suffiront. Et d’un, Sarkozy se méfie profondément d’elle, précisément parce qu’elle a été propulsée par Chirac. Et de deux, il ne la croit pas capable de manœuvrer comme il l’entend ce si prometteur Grenelle de l’Environnement prévu à l’automne 2007.

Tout bien considéré, il ne reste guère que Jean-Louis Borloo. Quoi, ce type mal peigné, mal rasé, qui semble toujours sortir de son lit ? Oui. À cet instant de l’histoire, Borloo est l’archétype du brave garçon, authentique, créatif, imaginatif. Et puis – défense de rire, ce n’est pas le moment -, n’est-il pas l’un des cofondateurs de Génération Écologie en 1990, invention politicienne destinée à empêcher l’émergence des Verts ? Qui oserait voir son autre face, celle du bateleur de foire impénitent ? Qui oserait dire qu’il est aussi un tueur, qui a fait ses classes avec des pros nommés Michel Coencas et Bernard Tapie ? Suivez-moi dans les catacombes.

Au tournant des années 80, Borloo a 30 ans. Jeune avocat, il a la singularité, dans ce milieu, de fort bien connaître le droit des affaires. Nul ne le sait encore, mais la crise économique commence, qui va marquer plusieurs générations. Droite comme gauche cherchent toutes les solutions possibles pour montrer qu’elles agissent. Cela sera la chance de Borloo. Les faillites commencent, et l’avocat aide les patrons à sauver ce qui peut l’être, s’appuyant strictement sur la loi. Rien à dire. Mais en 1982 – les socialistes viennent d’arriver au pouvoir -, Borloo noue un lien décisif avec une banque. Et pas n’importe laquelle. Elle s’appelle SdBO, ou Société de Banque Occidentale, et c’est une filiale du Crédit Lyonnais. Créée en 1981 – grâce à la vague rose socialiste -, la SdBO a le magnifique projet de « réindustrialiser » les entreprises en difficulté. Mais comme c’est noble ! Son directeur général, Pierre Despessailles, a été avant cela président de chambre au tribunal de commerce de Paris. Il a eu à connaître, de très près, la situation d’entreprises en grande difficulté, ce qui va se révéler utile. En outre, cet excellent homme est l’excellent copain d’un certain Bernard Tapie. Pas d’anachronisme : en 1982, Tapie n’est guère qu’un chanteur raté, qui s’est reconverti dans le rachat, pour le franc symbolique, de sociétés à bout de souffle.

Récapitulons : Despessailles, dont on ne sait pas encore qu’il est corrompu, copine avec Tapie, et le présente à Borloo, avocat plein de promesses. On peut parler d’un  coup de foudre, lequel, aux dernières nouvelles, dure toujours. Près de trente ans d’amitié entre Borloo et Tapie, cela réchauffe le cœur. Alors commence une période d’euphorie. La banque banque – prêts à tout va, facilités de toutes sortes – et le duo Tapie-Borloo rachète à tout va, devant les tribunaux de commerce que connaît si bien Despessailles, des ruines industrielles dont certaines se révèleront de purs joyaux. Il serait malhonnête d’oublier un autre personnage, Michel Coencas. Ce ferrailleur de haut vol – il dirigera, au sommet de sa gloire, 59 filiales et 13 000 salariés – se mêle au duo, ce qui en fait, sauf erreur, un trio. L’argent rentre à flots, et transforme les philanthropes en hommes riches. Le magazine américain Forbes classe Borloo parmi les avocats d’affaire les mieux payés au monde, Tapie et Coencas deviennent milliardaires.

Sautons un deux épisodes, pourtant édifiants, et précipitons-nous à Valenciennes pour cinq minutes d’arrêt. À la fin des années 80, cette ville du Nord, de vieille industrie, est sinistrée. La sidérurgie et le textile ont disparu de concert, entraînant la cité dans un terrible déclin. Borloo, qui semble avoir épuisé les charmes sulfureux d’achats industriels pour le franc symbolique, se lance en politique. Il a vaguement été maoïste dans sa jeunesse, et il est parvenu – on le félicite – à saluer le président Mao en personne, au même moment qu’une flopée d’autres maolâtres. En 1989, il n’est plus de gauche, il n’est pas de droite, quoique. Valenciennes est à prendre, et Borloo en devient le maire cette année-là, probablement pour des motifs  dont il n’y a pas de raison de douter. Tout indique que sa face lumineuse a trouvé là l’occasion d’exprimer une réelle compassion pour ceux qui souffrent et serrent les dents. On ne peut d’ailleurs exclure une sorte de tentative de rachat moral après tant d’années passées à la barre des tribunaux de commerce.

Valenciennes. Borloo va y retrouver comme par miracle ses deux compagnons de travail, Tapie et Coencas. Peut-être vous souvenez-vous du match truqué qui oppose le club de Valenciennes VA et celui de Marseille, le 20 mai 1993 ? Par sécurité, rappelons les faits. L’OM, le club marseillais, prépare une finale de coupe européenne contre Milan AC, huit jours plus tard, et ne souhaite pas fatiguer inutilement ses joueurs. Marseille, c’est l’Olympe, sans jeu de mots, et VA un pauvre club de province qu’il doit être possible d’acheter avec des cacahuètes. Ce qui se produit bel et bien. Tapie donne l’ordre de corrompre des joueurs du VA, de manière à ce qu’ils laissent gagner l’OM. Le résultat est acquis, mais la funeste moralité du jour valenciennois Jacques Glassmann conduit droit à une enquête judiciaire qui prouvera l’achat de joueurs par Marseille.

C’est le moment de se souvenir. Qui est le patron de l’OM ? Bernard Tapie, finalement condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Mais qui préside le club VA au même moment ? Michel Coencas, que Borloo a fait venir à Valenciennes, probablement en souvenir du bon vieux temps. Attention, et ce n’est pas pure forme : dans cette affaire, seul Tapie a été mis en accusation. Rien ne permet de penser que Coencas ou Borloo étaient au courant de quoi que ce soit. Il reste que ce match d’anthologie, par un curieux hasard, rassemble dans une seule main le maire de la ville et les deux responsables des clubs concernés.

Est-ce bien tout ? Non. Certes, et j’y insiste, Borloo n’a été mis en cause dans aucune affaire judiciaire, ce qui en fait, et il n’y a pas d’arrière-pensée, un innocent. Mais on peut, mais on doit écrire que Tapie, Coencas, et ce si brave directeur de la banque SdBO ont tous été lourdement condamnés pour différents délits graves. Tapie pour corruption, fraude fiscale, faux, usage et recel de faux, abus de confiance abus de biens sociaux, banqueroute. Coencas ira trois fois en prison entre 1995 et 2006, poursuivi notamment pour escroquerie et abus de biens sociaux. Quant à Pierre Despessailles, le directeur de la SdBO, il est mort avant de connaître les foudres de la justice. Je cite une dépêche AFP du 15 octobre 2009 : « En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait jugé 13 administrateurs et mandataires judiciaires dans cette affaire où le corrupteur présumé, l’ancien directeur général de la SDBO, Pierre Despessailles, est mort et l’action publique à son encontre est éteinte. Ce banquier était soupçonné d’avoir conçu un “pacte de corruption” afin d’inciter les prévenus à placer à la SDBO les fonds des sociétés en difficulté ou en liquidation dont ils s’occupaient, ainsi que leurs revenus professionnels. En échange, ces auxiliaires de justice installés en région parisienne auraient obtenu entre 1982 et 1996 des prêts, dont certains de plusieurs millions de francs, à des taux préférentiels pour l’époque (de 0 à 6%) ».

Remarquons ensemble combien la justice peut prendre son temps quand cela lui convient. Une condamnation définitive en 2009, quand les faits remontent, pour les premiers, à 1982, 27 ans avant. Mais quelle prévenance ! Et ajoutons pour faire le compte que la SdBO a commencé ses magouilles dès 1982. L’année où son directeur Despessailles met en contact Tapie et Borloo. Encore une fois, ne jouons pas avec la loi. Rien n’indique, chez Borloo, le moindre délit. Mais tout montre qu’il a fréquenté et fréquente encore des gens habitués à toutes les ruses, acrobaties et trucages financiers.  Sans que cela le gêne plus que cela, puisqu’il fréquente toujours et Tapie et Coencas. Peut-être vaut-il mieux connaître ces menus détails avant de continuer le chemin.

Question : Jean-Louis Borloo n’aura-t-il pas été marqué, bien malgré lui, par une décennie de fréquentations constantes avec de si braves personnes ? L’hypothèse n’est pas folle, comme on va en juger de suite. Et pour l’occasion, on se contentera d’un exemple presque anodin, celui des maisons magiques à 100 000 euros. Commençons par un arrêt qui n’a rien de symbolique, à l’extrême fin de 2001. Borloo est « déçu » par la politique. Il est, confie-t-il aux gazettes (L’Expansion du 20 décembre 2001) ruiné par Valenciennes, ville dans laquelle il aurait investi et perdu beaucoup d’argent personnel. Il laissera d’ailleurs tomber son poste de maire en 2002. Dans le même temps, il est tout de même le porte-parole d’un certain François Bayrou, candidat aux élections présidentielles prévues au printemps 2002. On a connu plus ferme appui, car Borloo ne cache pas qu’il soutient Bayrou un peu comme la corde soutient le pendu. Pour parler comme Nanar Tapie, son vieux pote, Borloo taille costard sur costard à Bayrou, qui n’en peut mais. Il a 50 ans, et jure qu’il va recommencer le grand tour des tribunaux de commerce, et enfiler de nouveau la cape noire d’avocat d’affaires. Ne vient-il pas de tourner autour du dossier de reprise de Moulinex, qui a dépose son bilan en septembre 2001 ?

Que penser de tout cela ? Au moins que la fréquentation assidue de Tapie et Coencas, mœurs incluses, ne l’a pas dégoûté des affaires. Et c’est heureux, n’est-ce pas ? Mais le coup de blues ne dure qu’un mois. Après avoir lâché en rase campagne ce pauvre Bayrou, Borloo remonte sur son cheval, et devient ministre de la Ville en 2002, puis de l’Emploi, puis du Logement. Arrêtons-nous une seconde : nous sommes en 2005, et notre bon garçon annonce le 25 octobre vouloir construire  20 000 à 30 000 « maisons à 100 000 euros » par an. Voilà une intention sociale indiscutable. Aidés par l’État, des dizaines, des centaines de milliers de « vraies gens », modestes en diable, vont pouvoir devenir propriétaires.

Comme on respire déjà mieux ! Le dispositif, auquel « tous les maires » doivent donner la main, permettra d’offrir « aux ménages les plus modestes » des maisons « respectant des normes strictes en matière de développement durable », assurant au passage « des économies d’énergie ». Ce n’est pas encore le Grenelle, mais on s’en approche gentiment. Une telle initiative mérite, cela va sans dire, les journaux télévisés du soir, la grande presse, de longs interviews. S’il est une chose qu’on ne contestera pas à Borloo, c’est son (grand) art de la mise en scène médiatique. Je ne sais combien d’articles cette opération de bluff aura suscités, mais je dirais avec retenue  : beaucoup. Le mot bluff est-il ici déplacé ? Abritons-nous sous l’ombre vertueuse du Figaro, assez peu suspect de nuire aux droites gouvernementales. Édition du 29 janvier  2008, et citation : « Fin 2005, Jean-Louis Borloo lançait à grand renfort de communication la maison à 100 000 euros. Entre 20 000 et 30 000 de ces habitations devaient sortir de terre chaque année en faveur du logement social. De quoi satisfaire les 87% de Français déclarant que l’accès à la propriété est une priorité. Plus de deux ans après ces déclarations, le bilan est catastrophique. “Actuellement, quatre maisons ont vu le jour”, déclare l’Association française pour l’accession à la propriété (Afap), baptisée un temps “Association des maisons à 100 000 euros” ».

Mais qui s’intéresse alors à cet entrefilet ? Au même moment ou presque, Borloo, devenu ministre de l’Écologie, se baigne à Bali (Indonésie), toujours sous l’objectif des caméras. Il n’est plus question de maisonnettes pour les pauvres, car on considère désormais, d’un vaste regard circulaire, les si lourdes affaires de la planète. Si Jean-Louis - allons, autorisons-nous cette familiarité – plonge dans l’océan le 13 décembre 2007, en marge de négociations internationales sur la question climatique, c’est pour réimplanter un morceau de corail sur un massif malmené. En tout point charmant. Borloo prétendra que l’opération n’était pas prévue au programme – télés, radios, journaux étaient bien entendu présents – et pour preuve, prétendra ne pas disposer de maillot de bain ad hoc. On verra donc le ministre, qui pilote le Grenelle de l’Environnement – nous y sommes – depuis septembre, sauter à l’eau en caleçon bleu. Bleu comme la mer. Comme c’est beau.

Au fait, Borloo est-il écologiste ? Il faut bien dire deux mots de la création croquignolette de Génération Écologie, en 1990. L’année précédente, aux élections européennes du 10 juin 1989, les Verts, conduits par Antoine Waechter, ont obtenu 10,59 % des voix. Il est de bon ton, dans les journaux, de moquer Waechter au profit du flamboyant Cohn-Bendit. Le premier serait un nain, le second un grand politique. La réalité est un peu différente, même si la mémoire est totalement absente des « analyses » politiques habituelles. Le fait est, pourtant, que Cohn-Bendit, dix ans plus tard – le 13 juin 1999 – n’aura fait, lui, que 9,72 %. Mais il passe si bien à la télé.

En 1989, l’étonnante percée électorale des Verts fait résonner une vilaine musique aux oreilles du président, qui s’appelle alors François Mitterrand. Ce manœuvrier hors pair est parvenu au pouvoir grâce à l’affaiblissement du parti communiste, dont il aura toute sa vie préparé la disparition. Ses réflexes politiques, jusqu’à la fin de sa vie, l’auront toujours conduit à flairer, à redouter la concurrence. Les Verts étaient-ils un nouveau signal ? Le temps du parti socialiste, sa chose, approchait-il de son terme ? Mitterrand était trop fin pour croire que l’on pouvait arrêter un mouvement historique par la ruse. Au reste, comment distinguer, à distance, l’écume et la vague ? Dans le doute, on pouvait toujours espérer retarder les échéances. Et c’est ce qu’il fit.

De la même façon qu’il manipula le mouvement des jeunes immigrés au début des années 80, propulsant le duo Harlem Désir-Julien Dray, « créateurs » de SOS-Racisme, il poussa Brice Lalonde à créer Génération Écologie. Un mot sur Lalonde, membre du PSU – alors parti soixante-huitard – au début des années 70, qui fut écolo pendant une décennie,avant d’évoluer de plus en plus vite vers la droite, devenant ces dernières années un proche de l’ultralibéral Alain Madelin. On reviendra sur son cas, qui ne manque pas d’un certain intérêt. En 1990, donc, Génération Écologie. Lalonde a été nommé sous-ministre à l’Environnement en 1988, puis ministre délégué en 1990, justement. Il n’est pas lieu ici de raconter comment ce parti fictionnel fut installé sur la scène médiatique. Le fait est qu’aux régionales de 1992, il fit à peu près jeu égal avec les Verts, les deux mouvements approchant 14 %, quand les socialistes ne dépassaient guère 18 %. Mitterrand avait vu juste : il y avait bien le feu au lac.

Ajoutons un ultime détail, qui ne manque pas de fraîcheur rétrospective : parmi les fondateurs de Génération Écologie, tout proche alors de Lalonde, un certain Jean-Louis Borloo. Ce n’est pas que rigolo, car ce lointain engagement politicien permet encore à ce dernier d’exciper d’une profonde préoccupation pour la planète. Bien entendu – mais qui sera surpris ? -, Borloo ne s’est jamais souvenu, en vingt ans, qu’il avait aidé Lalonde dans une énième « coup », cette fois au service de Mitterrand qui venait d’être réélu pour sept ans, bouchant l’avenir politique à droite.

Je gage donc que Jean-Louis Borloo se moque éperdument du sort des écosystèmes. Et il n’est pas besoin de courir bien loin pour le prouver. Lorsque Sarkozy est élu président de la République le 6 mai 2007, Borloo se retrouve donc au gouvernement. Pour y défendre les rivières, les sols, les forêts, les ours, les baleines, pour y pourfendre les industriels irresponsables qui préfèrent leurs profits au maintien des équilibres essentiels ? Euh non. Borloo est nommé le 18 mai ministre de l’Économie. Un poste décisif, un marchepied pour parvenir au poste de Premier ministre, qui fascine et obsède le grand écologiste. Tout est bien. La place est belle, elle est superbe, mais elle ne sera octroyée que quelques courtes semaines.

Car, comme je l’ai raconté plus haut, ce pauvre Juppé a été balayé aux législatives par les électeurs de Bordeaux, et doit quitter le gouvernement avant d’avoir pu déballer ses affaires. Quand Sarkozy décide finalement de proposer le poste de ministre de l’Écologie à Borloo, celui-ci se cabre. Il aurait même, dans un premier temps, refusé ! Je ne suis pas, pas encore une petite souris, et ne peux garantir ce dernier point. Mais une personne proche du dossier, comme disent les gens sérieux, m’en a fait la confidence. Baste ! ce n’est pas essentiel. Voilà où nous en sommes, et préparez vos mouchoirs.

 

Monbiot parle aussi de Nagoya (A Ghost Agreement)

Ce qui suit ne m’aura pas coûté beaucoup de temps. Il s’agit de l’habituelle chronique de l’excellent George Monbiot dans The Guardian, quotidien britannique. Peut-être l’un d’entre vous aura le temps de traduire, ce qui n’est pas mon cas. Permettez-moi de vous dire - vous ne lisez pas nécessairement l’anglais - que Monbiot a essayé de comprendre l’incroyable battage médiatique fait autour de la pompeuse Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya. J’ai moi-même écrit mon sentiment dans les deux articles passés : pour des raisons évidentes, qu’il était facile de reconstituer à distance - ce que j’ai fait -, nul ne pouvait savoir ce que contenait cet « Accord historique », à bien des égards « hystérique ». Monbiot a tenté d’y voir plus clair, et il y est parvenu. Aucun journaliste, au moment où pleuvaient dans le monde entier des articles manipulés, ne disposait même du texte signé. Je dois dire que cette tragicomédie est d’une ampleur remarquable. Place maintenant à Monbiot et à ce Ghost Agreement. En français, « Accord fantôme ».

Everyone agrees that the new declaration on biodiversity is a triumph. Just one snag: it doesn’t appear to exist.

By George Monbiot, published in the Guardian 2nd November 2010

“Countries join forces to save life on Earth”, the front page of the Independent told us. “Historic”, “a landmark”, a “much-needed morale booster”, the other papers chorused(1,2,3). The declaration agreed at the summit in Japan last week to protect the world’s wild species and wild places was proclaimed by almost everyone a great success. There’s only one problem: none of the journalists who made these claims has seen it.

I checked with as many of them as I could reach by phone: all they had read was a press release, which, though three pages long, is almost content-free(4). The reporters can’t be blamed for this: though it was approved on Friday, the declaration has still not been published. I’ve now pursued people on three continents to try to obtain it, without success. Having secured the headlines it wanted, the entire senior staff of the Convention on Biological Diversity has gone to ground: my calls and emails remain unanswered(5). The British government, which lavishly praised the declaration, tells me it has no written copies(6). I’ve never seen this situation before: every other international agreement I’ve followed was published as soon as it was approved.

The evidence suggests that we’ve been conned. The draft agreement, published a month ago, contained no binding obligations(7). Nothing I’ve heard from Japan suggests that this has changed. The draft saw the targets for 2020 that governments were asked to adopt as nothing more than “aspirations for achievement at the global level” and a “flexible framework”, within which countries can do as they wish. No government, if the draft has been approved, is obliged to change its policies.

In 2002, the signatories to the convention agreed something similar: a splendid-sounding declaration which imposed no legal commitments. They announced that they would “achieve by 2010 a significant reduction of the current rate of biodiversity loss”. Mission accomplished, the press proclaimed, and everyone went home to congratulate themselves. Earlier this year, the UN admitted that the 2002 agreement was fruitless: “the pressures on biodiversity remain constant or increase in intensity”(8).

Even the desperately cheery press release suggests that all was not well. The meeting in Japan was supposed to be a summit; bringing together heads of government or heads of state. It mustered five of them: the release boasts of coralling the President of Gabon, the President of Guinea-Bissau, the Prime Minister of Yemen and Prince Albert of Monaco. (It fails to identify the fifth country: Lichtenstein? Pimlico?) One third of the countries represented there couldn’t even be bothered to send a minister. This is how much they value the world’s living systems.

It strikes me that governments are determined to protect not the marvels of our world, but the world-eating system to which they are being sacrificed; not life, but the ephemeral junk with which it is being replaced. They fight viciously and at the highest level for the right to turn rainforests into pulp, or marine ecosystems into fishmeal. Then they send a middle-ranking civil servant to approve a meaningless (and so far unwritten) promise to protect the natural world.

Japan was praised for its slick management of the meeting, but still insists on completing its mission to turn the last bluefin tuna into fancy fast food. Russia signed a new agreement in September to protect its tigers (the world’s largest remaining population)(9), but an unrepealed law effectively renders poachers immune from prosecution, even when caught with a gun and a dead tiger(10). The US, despite proclaiming a new commitment to multilateralism, refuses to ratify the Convention on Biological Diversity.

It suits governments to let us trash the planet. It’s not just that big business gains more than it loses from converting natural wealth into money. A continued expansion into the biosphere permits states to avoid addressing issues of distribution and social justice: the promise of perpetual growth dulls our anger about widening inequality. By trampling over nature we avoid treading on the toes of the powerful.

A massive accounting exercise, whose results were presented at the meeting in Japan, has sought to change this calculation. The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) attempts to price the ecosystems we are destroying(11). It shows that the economic benefit of protecting habitats and species often greatly outweighs the money to be made by trashing them. A study in Thailand, for example, suggests that turning a hectare of mangrove forest into shrimp farms makes $1,220 per year, but inflicts $12,400 of damage every year on local livelihoods, fisheries and coastal protection. The catchment protected by one nature reserve in New Zealand saves local people NZ$136m a year in water bills. Three-quarters of the US haddock catch now comes from within 5km of a marine reserve off the New England coast: by protecting the ecosystem, the reserve has boosted the value of the fishery(12).

I understand why this approach is felt to be necessary. I understand that if something can’t be measured, governments and businesses don’t value it. I accept TEEB’s reasoning that the rural poor, many of whom survive exclusively on what the ecosystem has to offer, are treated harshly by an economic system which doesn’t recognise its value. Even so, this exercise disturbs me.

As soon as something is measurable it becomes negotiable. Subject the natural world to cost-benefit analysis and accountants and statisticians will decide which parts of it we can do without. All that now needs to be done to demonstrate that an ecosystem can be junked is to show that the money to be made from trashing it exceeds the money to be made from preserving it. That, in the weird world of environmental economics, isn’t hard: ask the right statistician and he’ll give you whichever number you want.

This approach reduces the biosphere to a subsidiary of the economy. In reality it’s the other way round: the economy, like all other human affairs, hangs from the world’s living systems. You can see this diminution in the language the TEEB reports use: they talk of “natural capital stock”, of “underperforming natural assets” and “ecosystem services”. Nature is turned into a business plan, and we are reduced to its customers. The market now owns the world.

But I also recognise this: that if governments had met in Japan to try to save the banks, or the airline companies, or the plastic injection moulding industry, they would have sent more senior representatives, their task would have seemed more urgent, and every dot and comma of their agreement would have been checked by hungry journalists. When they meet to consider the gradual collapse of the natural world, they send their office cleaners and defer the hard choices for another ten years, while the media doesn’t even notice that they have failed to produce a written agreement. So, much as I’m revolted by the way in which nature is being squeezed into a column of figures in an accountant’s ledger, I am forced to agree that it may be necessary. What else will induce the blinkered, frightened people who hold power today to take the issue seriously?

www.monbiot.com

References:

1. http://www.independent.co.uk/environment/nature/countries-join-forces-to-save-life-on-earth-2120487.html

2. http://www.guardian.co.uk/environment/2010/oct/29/nagoya-biodiversity-summit-deal

3. http://www.telegraph.co.uk/earth/earthnews/8098540/Landmark-UN-Nagoya-biodiversity-deal-agreed-to-save-natural-world.html

4. http://www.cbd.int/doc/press/2010/pr-2010-10-29-cop-10-en.pdf

5. On Sunday I emailed all the addresses given by the CBD. On Monday I phoned the secretariat several times: it was unable to put me through to anyone who could tell me where the declaration was. I also left a message on the press officer’s mobile phone and landline. The secretariat either would not or could not give me any other numbers to try.

6. I spoke to the Defra press office on Monday.

7. See document 3 on this page: http://www.cbd.int/cop10/doc/

8. These quotes are repeated in the preamble to the draft declaration - as above.

9. http://www.wwf.org.uk/news_feed.cfm?uNewsID=4194&uAction=showComments

10. http://www.guardian.co.uk/environment/2010/oct/04/biodiversity-100-actions-europe

11. http://www.teebweb.org/

12. All these examples can be found in TEEB’s summary for policy makers: http://www.teebweb.org/LinkClick.aspx?fileticket=I4Y2nqqIiCg%3D

Nagoya mon amour (suite coréenne)

Guillaume Chapron m’envoie de Suède - merci - deux documents accablants, sur le même sujet que l’article précédent. En résumé, une douillette bureaucratie monopolise le discours public planétaire sur la biodiversité. N’ayant pas étudié de près les contours de la Convention on Biological Diversity - en français : Convention mondiale sur la diversité biologique -, je ne peux en dire plus de mal que ce qui suit. Il s’agit d’un traité international concocté par une poignée de personnages très, mais alors très intéressants. Lesquels ? Je n’en citerai que deux. D’abord le méconnu Maurice Strong, premier secrétaire général du Programme des nations unies pour l’environnement (Pnue). Cet homme clé des sommets de la terre de Stockholm (1972) et Rio (1992) a fait toute sa carrière dans l’industrie pétrolière du Canada. Puis, frappé par un coup de baguette magique, il a imaginé en bonne part toute cette merde connue sous le nom de « développement durable ».

Pour les gens comme Strong, le développement durable est un développement qui dure, sous de nouvelles couleurs. Sous la couleur verte. Sous la casaque impeccable du « capitalisme vert ». Il faut être ignorant - ce n’est pas si grave -, ou bien indifférent - c’est plus embêtant -, ou encore fort sort  - c’est hélas irrémédiable - pour ne pas voir que l’économie, c’est-à-dire la destruction, a réussi une OPA d’une dimension inédite sur la « sauvegarde de la planète ». Mais revenons-en aux imaginatifs créateurs de la Convention on Biological Diversity. Outre Strong, je citerai le Suisse Stephan Schmidheiny, bras droit de Strong à Rio, et dont la fortune - immense - provient de l’industrie de l’amiante sur plusieurs continents. Encore un philanthrope.

Je n’insiste pas, ce sera pour une autre fois. Or donc, cette funeste réunion de Nagoya. Et cette bureaucratie, dirigée par Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la Convention. Cet Algérien est un pur produit de l’école Strong-Schmidheiny, et il a du reste occupé divers postes importants dans le PNUE créé par le premier des deux. Il a également servi à un haut niveau le gouvernement de son pays, l’Algérie, au moment où les satrapes au pouvoir depuis l’indépendance massacraient leur jeunesse insurgée - 1988 - et s’apprêtaient à conduire leur sale guerre contre leur peuple après l’interdiction du Front Islamique du Salut (FIS). Autant dire que M. Djoghlaf a de l’expérience.

J’en reviens aux documents envoyés par Guillaume, et dont je mettrai le texte - au pauvre format concédé - dans les commentaires. Je vous résume. Le 31 août dernier, Chris Rostron envoie une lettre à Ahmed Djoghlaf au nom du World Wetland Network (WWN), qui regroupe 300 ONG du monde entier vouées à la défense des zones humides, hauts lieux de la biodiversité. Rostron se plaint amèrement, car la si noble Convention de monsieur Djoghlaf vient d’accorder un prix à Lee Myung-bak , président de la Corée du Sud. Pour sa défense intransigeante de la biodiversité. Or ce Lee est tout au contraire un ennemi juré de la vie sur terre, comme le démontre Rostron à l’aide de trois exemples bien documentés.

Le premier : un programme démentiel de 19 milliards de dollars, connu sous le nom de Four Rivers Project. Présenté comme l’exemple même d’un « développement vert », ce plan sur cinq ans menace de mort, à coup de barrages, de dragages, de recalibrages divers des centaines de kilomètres de rivières vivantes, des zones humides inestimables et la biodiversité qu’elles contiennent. Le deuxième : une digue côtière de 33 kilomètres de long, terminée en 2006 à Saemangeum, a provoqué la perte de 30 000 hectares de zones humides et des effets délétères sur des populations d’oiseaux de rivages, comme le bécasseau maubèche. Troisième exemple : le massacre des zones humides côtières se poursuit. Au moins 70 % d’entre elles ont déjà été détruites, mais il y a encore à faire. Malgré les engagements solennels du gouvernement coréen - en 2008 - à ne plus toucher à ce qui subsiste, de nouveaux projets surgissent. En mars 2009, Lee Myung-bak l’écolo a approuvé un aménagement proche de Songdo (Incheon), qui fera disparaître un habitat utilisé par au moins onze espèces d’oiseaux aquatiques.

Voilà donc l’entourloupe. Je ne me lasse jamais de rappeler les trois slogans de l’Angsoc, ce régime politique (à peine) inventé par Orwell dans son si puissant 1984 : « La guerre, c’est la paix » , « La liberté, c’est l’esclavage », « L’ignorance, c’est la force ». Il faut et il suffit d’imposer des mots qui disent le contraire de ce qui est, et la machine continuera d’avancer, impavide. Lee est un écologiste. Nagoya est un triomphe. La biodiversité se porte et surtout se portera de mieux en mieux. Réponse de ce bon monsieur Djoghlaf à Chris Rostron: «By putting the green economy which includes biodiversity on the top of his agenda at national and international level, the President of the Republic of Korea, Mr. Lee, Myung-bak, has demonstrated his leadership by examples. By establishing the Global Green Growth Institute, President Lee has made a distinct contribution to enhancing the biodiversity agenda ».

Cet anglais-là n’est pas bien loin de la novlangue imaginée par Orwell. Voici ma traduction, approximative : « En plaçant l’économie verte, qui inclut la diversité biologique, au premier rang de ses priorités au niveau national et international, le Président de la République de Corée, M. Lee Myung-bak, a concrètement démontré son leadership. En créant le Global Green Growth Institute - l’Institut pour une croissance verte globale - , le président Lee a apporté une contribution nette à l’amélioration de l’agenda sur la biodiversité ».

En somme comme en résumé, ouvrez les yeux et cassez la télé. Et brûlez tous les journaux. Et mégotez la confiance que vous pourriez accorder à tous ceux qui prétendent vous informer. Même moi ? Mais non, pas moi. Ou juste un peu.

 

Nagoya mon amour (les charlatans au pouvoir)

 La ville japonaise de Nagoya vient d’accueillir 12 journées de blabla. Soit la dixième Convention mondiale sur la biodiversité depuis la signature d’un traité au cours du Sommet de la terre de Rio, en 1992. La quasi-totalité des commentaires publiés au sujet de Nagoya sont ineptes, sous-informés, ridicules. Ne rayez aucune mention, car nulle n’est en l’occurrence inutile. Rappelons qu’à Rio, il s’agissait déjà de « conserver la diversité biologique », de « veiller à l’utilisation durable » de la biodiversité et de « partager équitablement ses ressources ». Vingt ans plus tard, rien n’a bougé. Ou plutôt, tout s’est aggravé dans des proportions inouïes. Il existe - faut-il réellement le rappeler ? - un consensus chez les biologistes de la conservation de la nature : nous vivons la sixième crise d’extinction des espèces, probablement plus grave que celle qui entraîna la mort des dinosaures il y a 65 millions d’années.

Autrement exprimé, nous sommes plongés dans une crise biblique, ou plutôt biosphérique, dont personne ne peut prévoir les conséquences. Elles sont d’ores et déjà au-delà du drame. Mais qu’importe aux politiciens de ce monde ? Avant même que quiconque ait pu lire les articles techniques et foisonnants du soi-disant Accord de Nagoya, tout le monde était sur le pont pour enfumer un peu plus un public enivré. La palme à Chantal Jouanno, sous-ministre à l’Écologie présente au Japon, qui avait lâché dès le 28 octobre : « Disons-le franchement, c’est une négociation qui a l’obligation d’aboutir. Après Copenhague, l’échec de Nagoya n’est pas permis ». Comme c’était interdit, cela ne s’est donc pas produit, et dès la fin de la conférence de Nagoya, madame Jouanno a pu clamer devant les caméras sa joie devant la « réussite extraordinaire » d’un « Accord historique ».

Je le répète : personne, PERSONNE ne sait ce qui a été signé réellement. Je fais confiance aux surpuissants lobbies présents dans les coulisses pour avoir influencé la rédaction des principaux articles au profit de leurs mandants de l’industrie. Tout n’est que mise en scène, et si par extraordinaire une décision utile figurait au programme, retenez avant tout que le texte adopté n’a pas la moindre valeur contraignante. Ce ne sont de toute façon que des mots ! L’objectif passé de cette fumeuse Convention mondiale - la dixième, je le répète - était 2010. Lisez par vous-même (au bas de cette page, un document en français, à charger) ce texte officiel, qui date de 2006. Je cite : « Atteindre l’objectif de 2010 relatif à la diversité biologique est une tâche ambitieuse mais le faire est essentiel. Cet objectif engage les Parties à la Convention sur la diversité biologique à parvenir, d’ici 2010, à un ralentissement sensible du rythme actuel d’appauvrissement de la diversité biologique aux niveaux mondial, régional et national, de façon à contribuer à l’atténuation de la pauvreté et pour le plus grand bien de toutes les formes de vie sur Terre ». Et c’est signé : Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique.

Le même engagement, qui ne sera pas tenu, vient d’être pris solennellement. Ce n’est plus 2010, mais 2020. Et ce sera ensuite 2030, 2040, et la suite. Un salut confraternel au journal Le Monde, qui se fend dans son édition du dimanche 31 octobre d’une manchette de Une en tout point mensongère : « Biodiversité,un accord mondial décisif est adopté ». Page 4, l’accord décisif - i.e qui aboutit à une conclusion - est devenu, dans le titre, un « accord limité mais significatif ». Est-ce bien la même chose ? Je vous pose la question. Preuve de l’immense intérêt porté au sujet, notre quotidien de référence s’est contenté d’envoyer sur place son correspondant à Tokyo, Philippe Mesmer. Ce n’est pas faire injure à ce dernier que de dire cette évidence qu’il ne connait rien au sujet, et qu’il a dû improviser un papier dans l’extrême urgence d’une fin de conférence savamment manipulée.

Je renvoie pour un peu plus de sûreté à la déclaration du Colombien Karmen Ramírez Boscán, lui aussi présent au Japon. Représentant du peuple indien Wayúu,  Boscán a parlé de trahison, ajoutant : « Nous étions là, nous avons pu nous exprimer, mais toutes les choses que nous demandons depuis longtemps pour le respect des savoirs traditionnels et des ressources génétiques des terres indigènes n’ont pas été prises en compte ». Pas de conclusion. Ma foi, non, car c’en est une.

I’m up, I’m here, I’m back

Planète sans visa a connu des problèmes techniques mahousses. Pas moi. Grâce à mon ami Alban - grâces lui soient rendues -, c’est fini. Je n’écris pas davantage ce samedi, car il reste un peu de soleil dehors, et ce serait un péché. Bien que mécréant, cela m’embêterait. À bientôt, et merci à tous ceux qui se sont inquiétés de mon silence.

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