Divagations sur le principe industriel

C’est dimanche, juste au lendemain de l’article ci-dessous, écrit donc samedi. Je dois préciser que je viens de changer le titre, ce qui a pu m’arriver une autre fois, mais guère plus. Le précédent titre (Sur le principe industriel [pas vu, pas pris] ) était très mauvais. Celui que j’ai mis à sa place n’est pas bon pour autant, mais au moins, il montre ce qu’il en est. J’essaierai de de faire mieux les autres fois.

Sans transition mesdames et messieurs, passons à ce qui m’amène. Je viens de lire une information saisissante sur un truandage majeur. Il concerne des prises illégales de poissons – maquereau et hareng surtout – au Royaume-Uni, c’est-à-dire, malgré tout, chez nous. Pour ceux qui lisent l’anglais, voici une adresse fiable où trouver les détails : cliquer ici. Pour les autres, je résume. Des pêcheurs margoulins, immatriculés pour bonne part aux îles Shetland, ont débarqué pendant des années des millions de tonnes de poissons qui n’étaient pas déclarés. Et qui, bien sûr, excédaient de loin les quotas, absurdes par ailleurs compte tenu de la situation des mers, octroyés par l’Union européenne.

La fraude est considérable, car en valeur, elle se chiffre en dizaines de millions d’euros. À cette échelle industrielle, il faut un système, et de multiples complices. De fait, il existait de faux livres de bord, des balances truquées, un système informatique parallèle. Bref, de quoi nourrir son monde et se payer des vacances aux Maldives – ô les jolis poissons ! – et des 4X4 Hummer pour faire bisquer le pauvre. Le plus plaisant peut-être se trouve dans la déclaration d’un bureaucrate de la pêche, Bertie Armstrong, chef de la Fédération des pêcheurs écossais. « La situation a complètement changé », assure-t-il pour commencer. Et le brave homme ajoute : « La loi a changé, les pratiques de l’industrie ont changé et sont vérifiées de manière indépendante par le Marine Stewardship council ».

Je précise en m’esclaffant que le Marine Stewardship council est un label censé garantir que la pêche menée selon ses règles est durable. Je ne développe pas ici, me contentant de m’esclaffer en précisant que ce label a été créé en 1997 par le WWF et Unilever, transnationale qui vendrait ses produits à 150 millions d’humains. Et parmi ces produits, des lessives aux phosphates, interdites en France, mais vendues par ce grand philanthrope, ami du WWF, en Amérique latine, où les rivières aiment les phosphates.

C’est affreux, car une fois de plus, je butine et ne parviens pas à me poser. Considérez donc cet article comme une simple déambulation mentale, et ne m’en tenez pas rigueur. Donc, si l’on en croit le monsieur Armstrong, tout a changé. Sauf qu’il n’en est évidemment rien, car le principe industriel joue bien entendu aussi sur la soif d’or qui s’est emparée du monde. Les pêcheurs-truands d’Écosse et leurs aides à terre sont indiscutablement des modernes. Eux aussi veulent en croquer. Eux aussi veulent faire comme les innombrables petites et grandes crapules du CAC 40. Eux aussi rêvent de parachutes dorés et de retraites-chapeaux. L’industrie est hybris, cette notion grecque qui signifie démesure.

Je me demande parfois si l’idée même d’industrie n’est pas en cause. Je blague, car je crois en réalité que le principe industriel a joué un rôle central, décisif, dans l’émergence d’une crise écologique sans rivages, et sans solution apparente. Bien entendu, il y a loin des premières fabriques, celles où les prolos et leurs gosses crachaient leur vie à pleins poumons, et les monstres complets que nous connaissons. Mais le passage des unes aux autres, qui s’est étendu des débuts de la révolution industrielle à nos jours, est-il affaire de nature ou plus certainement de degré ?

Rappelons aux oublieux que le salariat, cette invention maudite, a une histoire, et qu’elle est récente. Ce rapport de sujétion entre un maître et ses marchandises – un salarié est-il autre chose ? – n’existe pas depuis la nuit des temps, pardi. Et ne me faites pas dire que le passé était mieux. Le passé est d’abord ce qui a passé. La cruauté sociale, la souffrance au travail, le malheur d’un geste raté, tout cela existait bien avant le salariat. Je constate seulement que la domination et le pouvoir de coercition ont fait, depuis deux siècles, d’étonnants progrès. Je constate également que l’abolition du salariat, qui irrigua pourtant une partie de l’histoire vive du mouvement ouvrier défunt, ne figure plus guère au programme.

La soif de l’or est ancienne, comme chacun le sait. Mais à l’époque par exemple d’El Dorado, cette contrée mythique d’Amérique latine que les soudards espagnols du XVIème siècle croyaient découvrir chaque jour ou presque, elle pouvait être étanchée avec deux ou trois sacs de bijoux incas, ou mayas, ou aztèques. Le crime était là, mais artisanal encore. Et c’est bien ce qui aura changé avec l’apparition des machines à vapeur, puis du reste, jusqu’à cette informatisation uniforme de la planète, qui recèle à mes yeux les plus grands dangers de l’histoire des hommes. Faut-il rappeler que pendant ladite Guerre Froide, l’équilibre de la terreur a reposé sur des ordinateurs, seuls capables de répondre en une milliseconde à une agression nucléaire venue de l’autre camp ? Faut-il ajouter un mot sur le rôle d’amplificateur des crises financières que tiennent aujourd’hui les machines ? Ce que je veux dire, qui n’est que truisme, c’est que les hommes – nous – et les petits cerveaux dont nous sommes dotés, ne sont pas compatibles avec la taille des structures et des engins. Le constat peut être partagé avec quiconque regarde les choses avec sérieux. D’un côté, nos possibilités de maîtrise et de morale sont les mêmes qu’au temps de la pierre taillée; et de l’autre, nous devrions nous montrer capables de dominer l’atome et le pouvoir extravagant des transnationales malgré ces tares congénitales que sont l’idiotie, la jalousie, le pouvoir, le lucre.

Je ne suggère pas de nous tourner vers les temps anciens, ce serait vain. Je prétends que, compte tenu de nos singularités d’espèce, ou nous saurons trouver des formes de production locales et régionales, contrôlables, mesurées, ou nous périrons dans les flammes de l’enfer. Et quand je dis : périrons, je ne pense pas nécessairement à la mort, mais à la survie dans des conditions qui deviendraient chaque jour plus indignes. Tiens, avez-vous entendu parler de cette fraude sur le marché européen des émissions de carbone, qui a coûté à la France 1,6 milliard d’euros (cliquer ici) ? Pour vous donner une idée de l’ampleur du chiffre, les 60 000 postes que créerait François Hollande élu président dans l’Éducation coûteraient selon lui 2,5 milliards d’euros. Vu de cette manière, vous serez d’accord, je pense, pour estimer que cette fraude au carbone est simplement colossale. A-t-on lu des éditoriaux enflammés des habituels sur la question ? Non pas. L’industrie, comme la fraude industrielle, est considérée comme un fait. Un horizon indépassable. Le restera-t-elle ?

29 réflexions au sujet de « Divagations sur le principe industriel »

  1. Racourci saisissant ! Mais appeler cela le « principe industriel » ne me convainc qu’a moitie. Quand j’essaie de reduire le cout d’une construction j’essaie d’utiliser davantage de produits du commerce, de remplacer les assemblages a la main par des vis auto-percantes, etc. bref d’utiliser davantage de moyens mecaniques. Et puis l’Inde qui reste, malgre ses rapides progres, beaucoup moins industrialisee que l’Europe, est le theatre de fraudes au moins aussi colossales ! Des fraudes souvent tres astucieuses, raffinees… le plus souvent sans lien privilegie avec l’industrie.

  2. Je voudrais apporter deux commentaires, pour appuyer ce papier :
    Un marché parallèle du thon rouge de braconnage est en train de se développer, quiconque habite près de la méditerranée le sait.
    La fraude à la TVA sur les quotas de CO2 a porté sur 1,6 M€ en 18 mois, mais pour la contrer, le gouvernement a décidé de supprimer la TVA. Donc le manque à percevoir de l’état depuis 2009 est sans doute bien plus important, et il est devenu moins cher de polluer !.

  3. Le problème est : tant que le capitalisme existera il essaiera de faire du fric avec tout ce qui existe comme biens matériels et immatériels. Donc pour résumer, ravager la planète jusqu’au bout du bout.Comme il est depuis assez longtemps avéré que nous sommes les seuls à pouvoir arrêter son entreprise de destruction massive en cessant notamment de l’alimenter par des achats pour la plus part d’entre eux inutiles pour ne pas dire débiles, les citoyens ont la solution entre leurs mains. Mais en mai puis en juin, nombre d’entre eux ne trouveront rien de plus efficace que de se déplacer pour déposer aux pieds d’enfumeurs (es) patentés (es) ce pouvoir qu’on leur dit qu’ils détiennent en espérant que cette fois ci l’Elu(e) soit le bon. Comme le disait si bien Emile Pouget: « C’est un sale truc que de se foutre tout rond dans un maré­cage pes­ti­len­tiel pour se guérir des fiè­vres. »

  4. Dommage de supprimer ce titre car, en tous cas chez nous, la règle du « pas vu pas pris » me paraît une véritable institution en faveur du saccage environnemental : en effet, les moyens de contrôle sont structurellement ridiculement décalés (moyens en personnel, en personnel compétent et moyens financiers) pour voir ce qui se passe réellement sur le terrain. Je pense en particulier à la police de l’eau, aux ICPE, etc. La recette qui marche : des belles lois et pas de moyens derrière.
    Le « pas vu pas pris » s’applique aussi dans l’information technique environnementale où les gens sont carrément pris pour des benêts (http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?theme=enfants) de Tchernobyl à maintenant.

  5. à Fabrice :

    Une petite remarque concernant ton paragraphe sur le salariat : « Je constate également que l’abolition du salariat, qui irrigua pourtant une partie de l’histoire vive du mouvement ouvrier défunt, ne figure plus guère au programme. »

    Il semblerait bien qu’une nouvelle forme d’exploitation par le travail soit expérimentée depuis quelques mois. Elle a pour nom « auto-entrepreneur ». Quelques 700.000 personnes ont déjà adopté ce statut magnifique dans notre beau pays.
    Il cumule tous les avantages : baisse des chiffres du chômage, prestataires corvéables à merci et ne bénéficiant pas des prestations ASSEDIC en cas d’échec, flexibilité inégalable… Une authentique merveille !

    http://www.bastamag.net/article2094.html

  6. Euh, sur l’autoentreprise, on peut y voir du bon comme du mauvais.
    Moi, viré de l’industrie, j’ai créé une auto-entreprise un mois avant, donc j’ai droit aux assedic. Et puis, si mon CA est faible (il l’est mais quelle activité gagne de l’argent en 2 coups de cuillères à pot?), je pourrais aussi toucher le RSA.
    D’ailleurs, j’y trouve ma liberté. Je suis bien plus libre que quand j’étais salarié, que j’assimile maintenant à de l’esclavage.

    Ok, je gagne pas beaucoup. Mais, mes enfants, c’est aussi çà la décroissance. Accepter de gagner moins pour vivre mieux!
    Et puis, le système français est tellement plein de faille que c’est pas parce qu’on est autoentrepreneur qu’on n’a pas droit aux systèmes sociaux de base.

  7. n’oublions pas que nous vivons dans le paradigme d’une ideologie appelé « modernité », et qu’un pilier de ce paradigme est le cynisme… lire Mandeville, tout est dit…

  8. Hier, j’ai assisté à une conférence d’Etenne Chouard.Je vous propose d’aller sur son site, c’est
    trés interessant.Il fait le constat que notre impuissance politique est due à la Constitution.
    Constitution qui a été rédigée par des spécialistes
    de la politique contre l’intérêt général pour assoir le pouvoir de nos élus qui sont à la solde des puissants de la planéte. Démocratie nous dit-on.Etienne Chouard nous propose son plan C:
    – Sortir de l’Union Européenne (notre prison)
    -Frapper la monnaie
    Et surtout tirage au sort de citoyen charger de réecrire la Constitution.

  9. en vous lisant je pense au récit de Babel
    le pays où des ouvriers (esclaves? , captifs?) fabriquaient industriellement des briques de terre crue pour bâtir une tour plus haute que les cieux ; leur vie n’avait aucune valeur face au délire de cette construction démesurée révélatrice des « tares congénitales » dont vous parlez.
    J’ai le même sentiment face aux catastrophes technologiques des XX et XXI siècles.
     » à taille humaine » encore un qualificatif qui ne peut s’appliquer aux rémunérations de certains qui en 1 an empochent 8 000 ans du salaire moyen
    et peut être même plus…
    non-sens absolu

  10. une pécadille (combat depuis 1991) ne parlent absolument pas
    « Le 25 Février 2012 à Bussoleno (Piemonte) s’est déroulé une imposante manifestation (plus de 50 000 personnes) des opposants au Lyon-Turin en présence d’autres délégations venues d’autres pays Européens où il existe une importante résistance à la LGV. (T.A.V. en Italien).
    Cette manifestation s’est déroulée pacifiquement et sans incidents jusqu’au retour par transport en commun vers la gare de Turin, lieu central de correspondance.
    C’est alors qu’un important dispositif policier a chargé et matraqué sans raison, tous les voyageurs qui provenaient des trains venant du Val de Susa. On signale plusieurs blessés et sous réserve un mort.
    Si l’état mafieux italien se permet de telles infamies, c’est que ce projet inutile est combattus par tous les habitants du Val de Susa depuis 1991 et la mobilisation ne cesse de croître et de se développer malgré une première : l’occupation de la zone de chantier par un contingent militaire italien revenu d’Afghanistan. Menaces, intimidations, achat des élus, corruption du personnel politique et syndical, occupation policière et militaire de la région, expropriations illégales, arrestations arbitraires et illégales, création d’une juridiction d’exception pour le Val de Susa, rien n’y fait, nos cousins piémontais (dont nombreux d’idiome occitan) résistent et ne cèdent rien !
    Pendant ce temps-là en France côté Rhône-Alpes, l’union sacrée des Pro-LGV (fleuron déficitaire de la vanité française) cet à dire l’UMP, mais aussi le Parti Socialiste et (hélas) le Front de Gauche ; continuent à soutenir le projet LGV-Lyon Turin sous des prétextes fallacieux, mais surtout pour répartir les mânes des crédits européens. Il est certain que si comme au pays Basque, en Provence, du côté de Bordeaux la partie française abandonne le projet ; coté Italien le chantier ne débuterait même pas.
    Aussi c’est avec la complicité des principaux partis de la Gauche française que se mène aujourd’hui la répression dans le Val de Susa.

  11. Merci Fabrice,

    Tant qu’il y aura grosse demande, grosse somme d’argent et gros menteurs …

    PS. L’autre titre était aussi joli. 🙂

    Merci pour les commentaires. Bien a vous.

    Qui porte une montre a son poignet?

  12. A Sancho et Fabrice,
    quelques observations à base réelle (à propos d’autoentrepreneurs),

    Cette tarte à la crème des autoentrepreneurs nouveaux esclaves etc., je l’ai entendue, textuellement identique, il y a bien deux ou trois ans (car il y a maintenant quatre ans, et non « quelques mois », que ce dispositif existe).
    A l’époque j’étais vaguement à la recherche d’un statut pour « officialiser » mes activités artisanales et anticiper sur la fin de ma couverture sociale (je quittais l’Education Nationale). Ce statut, je l’ai adopté depuis (en juin 2010).
    Or – et c’est bien embêtant, oui, parce que c’est Sarkozy qui l’a lancé – je dois reconnaître que je suis très heureuse que ce machin existe. Je ne suis pas sûre que ceux qui en parlent d’une façon si péremptoire aient connaissance d’au moins quelques cas réels. Je n’en connais pas beaucoup non plus, mais j’en connais quelques-uns, dont le mien, et je rejoins Alain pour dire que vu du terrain, ce statut peut être vécu comme une chance inespérée pour ceux qui voyagent léger et n’ont aucune envie, aucun besoin ou aucun moyen (ou les trois) de faire dans l’industriel. C’est, en fait, l’absence de statut faite statut. Il est très possible, et même probable, que Sarkozy ait fait ça pour arranger ses copains du Medef et leur fournir des sous-traitants pour pas cher. Il est vrai aussi qu’un artisan concurrencé dans son domaine par un autoentrepreneur qui ne paie pas le dixième de ce qu’il paie a toutes les raisons de l’avoir mauvaise. Mais les technocrates, qui n’ont généralement aucune imagination (c’est pourquoi ils sont technocrates), ne pouvaient pas prévoir ce qui s’est passé, à savoir que le succès de leur machin vite et mal fait est peut-être bien dû à de très « mauvaises » raisons et qu’on peut en tirer de tout autres conclusions que les vôtres, Sancho – et je ne vois pas pourquoi on se priverait de s’en réjouir.
    On peut même aller jusqu’à penser que l’autoentreprise est aussi un instrument de mise en œuvre de la décroissance, qui permet à des tas de gens d’exister à la marge du système, en développant juste ce qu’il faut d’activité – leur activité – à une échelle très humaine (on peut entendre ça aussi dans cette stupide appellation, « autoentreprise »), dans la plus totale liberté, sans impératif de rentabilité, sans endettement de départ, sans paperasserie invalidante. Il m’arrive de cotiser zéro certains trimestres, et je suis chaque fois étonnée d’être pourtant couverte par la sécu.
    Pourvu que ça dure – d’ailleurs, ça ne durera pas : devant le succès, ils se sont avisés de faire payer des impôts aux autoentrepreneurs, une espèce de taxe professionnelle qui, quoique modeste dans l’absolu, va manger, pour certains, presque tout leur bénéfice. Amusant non ?

  13. @ Alain : Il y aurait donc des auto-entrepreneurs heureux ? Tant mieux, alors…

    Mais, plus que ce statut, taillé sur mesure pour les entreprises, n’est-ce pas plutôt votre vision décroissante des choses et votre grande sagesse qui sont la vraie source de votre bonheur ? 😉

  14. Déclaration de notre Président, suite à la pluie d’oscars récoltés cette nuit par le film « the Artist »:

    « Au-delà de la manifestation du talent éclatant de ses auteurs et de ses interprètes », le président estime que « le succès de The Artist témoigne de la vitalité exceptionnelle de notre cinéma et de la réussite de la politique conduite par les pouvoirs publics pour conforter l’excellence de cette grande industrie française ».

    M. Sarkozy « tient à cette occasion à renouveler son soutien à tous les acteurs de la filière, qui, techniciens ou artistes, concourent à faire du cinéma français l’un des tout premiers au monde ».

  15. Désolé de me répéter sur votre blog, M.Nicolino; permettez-moi de citer à nouveau M.K.Gandhi: « La Révolution Industrielle a été une des plus grosses erreurs de l’humanité ».

    Ce principe industriel a donné la primeure à la « machine », à la mécanisation à outrance, volant ainsi des emplois à des familles pauvres n’ayant pas d’autres alternatives que de vivre de leur travail manuel. La mécanisation a entraîné dans son sillage le principe de rentabilité, puis de profit, au détriment de la biodiversité et de la dignité humaine.

    A propos « machine », si vous avez le temps de suivre sur les ondes la supercherie du « défibrillateur » proposé à toutes les communes sous prétexte de « sauver une vie »; sauf que, le temps de trouver l’emplacement de l’appareil, de le mettre en route, de savoir s’en servir, le patient est déjà mort. Et pourtant ces coquins continuent à jouer sur la culpabilisation et la peur en essayant de vendre à des mairies un appareil coûteux sans intérêt. Nous sommes tellement devenus dépendants de la « machine », du plus petit smartphone au plus puissant ordinateur qu’on a perdu la capacité d’analyse et de résistance.

  16. « Je pense que les poissons sont condamnés par la faute de l’humanité. Nous sommes litéralement en train d’amener les poissons à l’extinction . j’ai toujours trouvé drôle que ceux qui se proclament végétariens mangent du poisson. Les poissons ne sont pas des végétaux, ce sont des animaux, des animaux sauvages. »
    PAUL WATSON SEASHEPERD.

  17. @ Valérie Quillis et Alain :

    Je révise donc mon approche pour le moins partiale de votre statut. Tous les outils peuvent donc être bons ou mauvais suivant l’utilisation qui en faite, ce sera donc la morale de cette histoire. Autant pour moi.

    J’aimerais bien tout de même qu’un sondage soit réalisé auprès des 740.000 personnes qui ont choisi (ou pas) cette façon de travailler. Juste pour avoir une idée de la répartition entre déçus et satisfaits de leur sort.

    Bien à vous. Sancho

  18. tout à fait d’accord avec Alain et Valérie
    le régime auto-entrepreneur a de bons côtés si vous faites dans le service (pas ou peu besoin de matériel).
    vous pouvez avoir une « existence légale » en contrepartie d’un suivi administratif simple (merci internet).

  19. Sancho:
    Tu peux aussi faire un sondage auprès de tous les travailleurs de France et leur demander si ils sont pour on contre le travail: la majorité te dira préférer les vacances…

    Comme dans tous statuts, il y a des abrutis: on leur propose un statut d’autoentrepreneur en mono-client (leur ancien patron) et ils bondissent. La crédulité n’a rien à voir avec l’autoentreprise. Croire qu’on peut vivre d’un seul client qui est son ancien patron, faut juste être tarte…

    Ce n’est pas le statut qui fait le bonheur, mais ton envie à faire ce qu’il te plait. Alors, ce bonheur, pour certains, c’est d’être artisan, chômeur, autoentrepreneur, salarié itinérant…
    Y’en a qui disent qu’aller travailler dans des fermes bio en échange du logis et du manger, c’est de l’esclavage. Bon, moi, j’ai connu une fille qui faisait çà et c’était pas l’esclavage pour elle, mais un mode de vie.

    Dans tous statuts, y’a du bon et du mauvais. Dans tous statuts, y’a des cons et des moins cons. L’autoentreprise, c’est fait pour être simple quand on démarre une petite structure, sans être chargé de dettes publiques dès le départ. Alors OK, t’as pas des garantis sur l’avenir comme un salarié. Mais Sancho, tu connais le monde dans lequel on va? Crise économique, écologique, sociale: la guerre civile est au bout du chemin de la fin du pétrole, des ogm, de la fin des poissons. On va pas tarder à se taper dessus pour les miettes. Alors, tu comprendras que comme j’ai compris çà, ma retraite, c’est censé être l’avenir, mais c’est déjà du passé…

  20. Il faut se méfier des trucs « statuts pseudo-indépendants »… Après quand on a toucher trois franc cinquante, il faut parfois repayer des trucs comme la TVA ou d’autres taxes durant deux-trois ans. C’est souvent des statuts-piège!
    C’est bien pour ça que les artistes en Belgique pleurent après leur statut d’intermittents!
    Les services aussi on des spécificités qui doivent être prise en compte autrement que dans un statut commerciale.

  21. Fabrice a écrit :
    « Rappelons aux oublieux que le salariat, cette invention maudite, a une histoire, et qu’elle est récente. »

    et


    « Je constate seulement que la domination et le pouvoir de coercition ont fait, depuis deux siècles, d’étonnants progrès. Je constate également que l’abolition du salariat, qui irrigua pourtant une partie de l’histoire vive du mouvement ouvrier défunt, ne figure plus guère au programme. »

    Ahhh! 😀
    Enfin une critique du travail en tant que tel de la part de notre hôte – depuis le temps que j’attendais – et pas seulement de l’industrie.

    Puisque le travail salarié -donc abstrait puisqu’il est quantifié et s’exprime dans l’équivalent général argent – et l’industrie sont les deux faces de la société capitaliste.

    Cerise sur le gâteau : Tout en titillant un petit peu le marxisme traditionnel.

    Mon cher Fabrice, je vais bientôt ranger tes livres aux côté des penseurs de la critique de la valeur tels Anselm Jappe, Robert Kurz ou Moishe Postone que j’affectionne particulièrement.

  22. « Je constate également que l’abolition du salariat, qui irrigua pourtant une partie de l’histoire vive du mouvement ouvrier défunt, ne figure plus guère au programme. »

    En tout cas, elle a disparu depuis 1995 des statuts de la C.G.T.

  23. Bonsoir,

    Pesticides: des victimes demandent le classement en maladie professionnelle

    PARIS – Une vingtaine de personnes atteintes de maladies dues selon elles aux pesticides a manifesté lundi au Salon de l’Agriculture pour demander le classement de ces affections en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux, a constaté une journaliste de l’AFP.

    L’objectif est de montrer qu’il y a plus de victimes que ce que l’on pense, a expliqué Paul François, président de l’association Phyto-Victimes, et auteur d’une première judiciaire en France face au leader mondial de l’agrochimie Monsanto.

    Le 13 février, la justice a reconnu que la firme était responsable d’une intoxication à l’herbicide subie par le céréalier, qui l’a obligé à interrompre son activité pendant près d’un an.

    ———–

    Gaz de schiste: le potentiel de l’Algérie comparable aux gisements américains

    ALGER – Le potentiel de l’Algérie en gaz de schiste est comparable aux plus importants gisements américains , a déclaré lundi à Oran (430 km à l’est d’Alger) le ministre algérien de l’Energie Youcef Yousfi.

    Les résultats préliminaires de notre évaluation du potentiel de gaz non conventionnel et notamment de gaz de schistes indiquent que le potentiel est au moins comparable aux plus importants gisements américains , a dit le ministre, cité par l’agence de presse APS.

    Les Etats-Unis sont devenus en trois ans les champions de l’exploitation de ce type de gaz, qui représente désormais quasiment la moitié de leur production totale.

    ———–

    Dans les Vosges, le parcours du combattant de militants de l’éolienLe 27 Feb 2012, 07:10
    Après neuf ans d’un véritable parcours du combattant, les maires de six villages des Vosges (dont un écologiste) touchent au but: ils viennent d’obtenir les permis pour construire en forêt dix éoliennes, qui seront en partie financées par leurs administrés.

    ————

    Merci Mr Alain. « Ce n’est pas le statut qui fait le bonheur, mais ton envie à faire ce qu’il te plait ». Essentiel. 🙂

    Merci pour les autres commentaires.

    Belle soirée,

  24. Fabrice, excusez moi, ce n’est pas le sujet. Mais comme les commentaires ont aboutis sur le travail … J’ai trouvé chez une amie un texte explicite sur ce mot horrible. 😉 Le ton est donné.

    Tenez vous bien, hein? Aux accoudoirs de votre siège de bureau!

    Ce qui suit est extrait d’un article de juillet 1943 publié par le Département des Transports Publics.

    Ceci était sérieux et écrit par des superviseurs hommes pour le travail obligatoire des femmes pendant la seconde guerre mondiale, il y a presque 70 ans !

    Pour celles parmi vous qui pensez travailler inefficacement pendant la journée, la solution se trouve au paragraphe 8 !

    11 trucs pour obtenir plus d’efficacité d’employées femmes :

    Il n’est plus question que des sociétés transitoires embauchent des femmes pour des travaux autrefois faits par des hommes. La mobilisation et la pénurie de main d’œuvre ont réglé ce problème. Les choses importantes aujourd’hui sont de sélectionner les femmes disponibles les plus efficaces et de savoir les utiliser à leur meilleur avantage.

    Voici onze trucs utiles sur le sujet :

    1. Choisir des femmes jeunes mariées. Elles ont habituellement plus le sens de la responsabilité que leurs homologues non mariées, elles ont moins tendance au flirt, elles ont besoin de travailler ou devraient en avoir besoin, elles ont toujours du pep et de l’intérêt pour un travail difficile et ont un bon contact avec le public.

    2. Quand vous devez utiliser des femmes plus âgées, essayez d’en avoir qui ont travaillé à l’extérieur de chez elles à un certaine période de leur vie. Les femmes plus âgées qui n’ont jamais été en contact avec le public ont un temps difficile d’adaptation et ont tendance à être grincheuses et pointilleuses. Il est toujours bon d’insister auprès des femmes plus âgées sur l’importance de la convivialité et de la courtoisie.

    3. L’expérience montre que les filles  »costauds » – celles qui sont juste un peu  »enveloppées » – ont même plus de tempérament et sont plus efficaces que leurs homologues plus maigres.

    4. Engagez un médecin pour faire à chaque femme que vous embauchez un examen physique spécial – un qui s’y connaisse en maladies féminines. Cette étape non seulement protège votre bien contre des possibilités de procès, mais révèle si la future employée n’a aucune faiblesse féminine qui la rendrait inadéquate psychiquement ou physiquement pour l’emploi.

    5. Insistez au début sur l’importance de l’heure – le fait qu’une minute ou deux perdues ici et là rogne sérieusement sur les horaires. Tant que ce point n’a pas été vu, le service sera probablement ralenti.

    6. Donnez à l’employée femme un horaire défini de tâches pour la journée de sorte qu’elle reste occupée sans ennuyer le gestionnaire pour avoir des instructions toutes les minutes. Il est souvent dit que les femmes font d’excellentes travailleuses quand elles ont un travail sur mesure, mais qu’elles manquent d’initiative pour trouver du travail par elles-mêmes.

    7. Quand cela est possible, laissez une employée de la maison échanger son travail contre un autre à un moment de la journée. Les femmes sont enclines à être moins nerveuses et plus heureuses avec un changement.

    8. Donnez à chaque fille un nombre adéquat de périodes de repos pendant la journée. Vous devez faire quelques concessions sur le plan de la psychologie féminine. Une fille a plus confiance et est plus efficace si elle peut garder ses cheveux bien coiffés, pouvoir remettre du rouge à lèvres et se laver les mains plusieurs fois par jour.

    9. Ayez du tact quand il est question des instructions ou pour faire des critiques. Les femmes sont souvent sensibles ; elles ne peuvent ignorer comme les hommes peuvent avoir des paroles blessantes. Ne jamais ridiculiser une femme – cela brise leur volonté et enlève leur efficacité.

    10. Prenez raisonnablement en compte l’usage d’un langage grossier autour des femmes. Bien que le mari ou le père d’une femme peut jurer en vociférant, elle finira par détester un lieu de travail où elle en entend trop.

    11. Procurez-vous suffisamment de variété de tailles d’uniformes de travail pour que chaque femme puisse avoir la bonne taille. On ne peut que trop insister sur ce point pour garder les femmes heureuses.

    SOURCE

    http://bistrobarblog.blogspot.com/2012/02/comment-obtenir-le-meilleur-rendement.html

    Bien a vous,

  25. On peut se souvenir que les « luddites, qui subissaient les dégâts causés par les débuts de l’industrialisation, s’étaient révoltés, détruisant de nombreuses fabriques de textile dans l’Angleterre du début du XIXème siècle.

    P.S. Oran se trouve à l’ouest et non à l’est d’Alger ( billet: potentiel de l’Algérie en gaz de schiste)

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