Le principe industriel est-il criminel ? (à propos de la clope et du reste)

J’ai choisi cette fois un titre un poil abscons, en tout cas peu clair au premier abord. Et c’est volontaire, car je tiens à vous garder ici jusqu’à la fin. À l’heure du net et du survol, ceux qui lisent un article jusqu’au bout son rares, je le sais. Et je sais de même que je perdrai des lecteurs en nombre avant le bas de cette page. Je tente donc une pauvre ruse, et voyons ce qu’elle donne.

Ce que je vais écrire n’est pas ordinaire, et si j’étais vous, je prendrais cet avertissement au sérieux. Je sais de longue date, pour avoir observé de bien près certaines industries mortifères que le crime a joué et joue son rôle dans leur déploiement vertigineux. Je l’ai vu au sujet de l’amiante, au sujet des déchets – je me suis occupé professionnellement, pendant des années, de la sinistre décharge de Montchanin (Saône-et-Loire) -, au sujet des pesticides, des biocarburants, de la viande. Je sais donc de source sûre et certaine que les grandes chaînes hiérarchiques, démesurément étendues, produisent sous le règne du profit maximum des comportements ignobles, immondes et, oui, criminels.

Avant de savoir qui est responsable, éventuellement justiciable, je dois vous parler d’un article qui constitue un choc. Cela ne m’arrive pas toutes les cinq minutes, car je n’ai jamais cessé de lire les journaux depuis l’âge de dix ou onze ans, ce qui commence à dater. Cet article signé Stéphane Foucart, a paru dans Le Monde sous le titre : Les conspirateurs du tabac. Exceptionnellement, je vous en donne l’intégralité dans la partie Commentaires, ci-dessous, mais vous pouvez aussi le lire online, en cliquant ici. Foucart évoque la sortie d’un livre aux États-Unis, écrit par le professeur de Stanford Robert Proctor. Cet intellectuel de haut vol a passé des années à dépiauter des millions de documents internes à l’industrie du tabac. Quoi qu’on puisse penser du reste, ce n’est pas chez nous que l’on verrait cela. Car en 1998, après un procès historique mené par 46 États américains contre les industriels de la clope, il a été décidé, outre le versement d’une menue amende de 188 milliards d’euros, la publication forcée de mémos, courriels, documents internes en tous genres. Et dans cet immense fatras, comme on se doute, d’innombrables révélations qui donnent sa chair au bouquin de Proctor, Golden Holocaust.

Bien sûr, je savais que les fabricants de tabac savaient. Et qu’en toute conscience, ces crapules avaient continué d’inonder les marchés de leur poison mortel. J’avais compris – il aurait fallu être bien aveugle – que cette industrie était comme l’archétype de tant d’autres. Dès les années 20 du siècle passé, raisonnablement, le doute n’était plus permis : le tabac était bien un puissant cancérigène. Confrontés au péril d’une chute sans fin de leurs profits, les pontes de la clope eussent pu tenter une reconversion, mais ils décidèrent en conscience la tuerie de masse. Savez-vous qu’au moment du Plan Marshall pour l’Europe dévastée par la guerre -1947 -, les cigarettiers ont obtenu du gouvernement américain que l’aide directe se décompose en deux dollars de nourriture pour un dollar de tabac ?

En 1953, les mêmes lancent une stratégie extraordinaire qui vise à tromper l’opinion et ces benêts de journalistes en organisant méthodiquement un soi-disant « doute scientifique » sur la dangerosité de la clope. On achète des scientifiques – je croyais la chose rare, Proctor montre que non -, on finance des études biaisées, montées en épingle ensuite dans les journaux adéquats, et de la sorte on crée du bruit, des écrans de fumée, de la confusion. Il faut donc, pour y voir plus clair, de nouvelles études, lesquelles se montrent comme par hasard aussi contradictoires que les précédentes. Ô ne me dites pas que vous ne reconnaissez pas cette musique ! Elle est jouée en ce moment au sujet des antennes de téléphonie mobile.

Osons parler de chef d’œuvre. Il a permis de gagner des dizaines d’années, et il continue d’ailleurs de travailler les esprits dans ces pays d’avenir pour la mort que sont la Chine, l’Inde, et tant de contrées plus exotiques encore. Le savoir-faire accumulé a bien entendu servi aux autres, avec en France par exemple ce qu’on a appelé le Comité permanent amiante (CPA), créé pour tromper sur les risques de contamination par ce qu’on appelait jadis, The Magic Mineral. Mais revenons au tabac. Comment décrire ? La clope tue 5,5 millions d’humains chaque année, soit davantage que le sida, le paludisme, la guerre et le terrorisme réunis. Au cours du XXème siècle, la cigarette aura flingué prématurément 100 millions d’hommes et de femmes. Chiffre à rapprocher – et pourquoi n’oserait-on le faire ? – des 50 à 60 millions de morts de l’infernale Seconde Guerre mondiale.

Des statisticiens ont même calculé ce que tuerait la cigarette au cours de ce siècle si les tendances devaient rester les mêmes, ce qui est pour sûr impossible. Il n’empêche que l’estimation est, disons, intéressante : 1 milliard. Oui, d’authentiques ordures cousues d’or pourraient être responsables de la mort d’un milliard d’entre nous. Par commodité, je vous prie, laissons de côté le débat périphérique – et légitime – sur la responsabilité propre au fumeur, cela nous perdrait. Et d’ailleurs, Proctor raconte dans son livre les incroyables ruses de l’industrie pour rendre toujours plus accros et dépendants les malheureux consommateurs imbéciles. Car imbéciles ils sont, j’en disconviens d’autant moins que j’ai clopé pendant quinze années.

Quoi d’autre ? Eh bien, les fabricants ont infiltré en professionnels qu’ils sont l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De nouveau, je le savais, mais dans les grandes lignes seulement. Comme je sais que toutes les structures onusiennes comme la FAO, le Codex Alimentarius – créé par l’OMS et la FAO pour édicter des normes alimentaires…-, le Pnue, le Pnud et bien d’autres le sont. Je vous renvoie à un document de l’OMS, en anglais hélas, qui est proprement stupéfiant. Je ne prétends pas avoir lu les 260 pages, mais j’y ai passé suffisamment de temps pour recommander le texte à quiconque, et c’est ici.

Quoi d’autre ? La clope est radioactive, et un paquet et demi par jour équivaut, grossièrement, à 300 radios du thorax en une année.

Quoi d’autre ? J’arrête là, et je vous dis que nous sommes vraiment des êtres soumis. Du gibier bon à être abattu par les petits et grands viandards de l’industrie. Non ? Si. Pour sortir de la folle cécité qui est la nôtre, il faudrait commencer par nommer le crime. Ce qui entraînerait ipso facto une crise essentielle dans ces structures soi-disant écologistes qui collaborent avec l’industrie, et parfois la pire, comme c’est le cas, entre autres, du WWF ou de France Nature Environnement (FNE). Bien entendu, cela ne suffirait pas, mais conduirait à rechercher des formes d’action enfin adaptées. Car en face de l’assassinat de centaines de millions de personnes, que fait-on ? On pétitionne ? On joue du flûtiau ? Ou bien l’on dresse la liste des criminels avant que de leur faire rendre gorge ? Ce n’est pas ce que j’appellerais la même stratégie.

Que ce soit pour les pesticides – une industrie criminelle -, les biocarburants – une industrie criminelle – la viande – une industrie criminelle – et vous compléterez l’interminable liste vous-même, nous savons bel et bien l’essentiel. La seule chose qui nous manque, c’est la vaillance, le courage, la volonté d’enfin affronter le mal incarné. J’ai nommé l’industrie. Et je réponds du même coup à la question posée dans le titre. Oui, je crois que l’industrie est criminelle dans son principe. Elle rend abstrait ce qui est on ne peut plus concret : le besoin de boire et de manger, de se vêtir, de se chauffer, d’avoir un toit. Elle transforme les êtres en marchandises. Elle est dirigée chaque jour davantage par des entités, dont nous ignorons tout. Sans la moindre solution de continuité, selon moi, elle mène des fabriques puantes – qui ruinaient les tondeurs et tricoteurs au seul profit des métiers à tisser et de leurs propriétaires, il y a deux siècles -, à Michelin volant les terres d’un village d’Intouchables du Tamil Nadu aujourd’hui.

L’industrie a toujours, et toujours plus remplacé le service dû aux hommes par son propre mouvement interne. Lequel, dans nos sociétés capitalistes vieillissantes, signifie la recherche abjecte de fric, quels que soient les coûts sociaux ou écologiques. L’industrie est amorale et son gigantisme l’entraîne fatalement à provoquer des dégâts planétaires irréparables. Il n’y a rien que l’on puisse faire, sinon abattre le monstre. Le reste n’est que vile soumission à l’ordre.

Je ne terminerai pas en laissant croire que je réclamerai le retour au bon vieux temps de l’artisanat. Les hommes n’étaient pas meilleurs, mais au moins, la taille de leurs activités leur interdisait les exterminations de masse. Je récuse avec force l’idée que nous serions condamnés à pactiser avec les transnationales et tous nos petits champions nationaux, mus exactement par les mêmes logiques. Ce qui me saute aux yeux, c’est qu’il faudra, sur les ruines de notre monde, bâtir une économie de la simplicité, où les objets retrouveront le sens qu’ils n’auraient jamais dû perdre, où l’on pourra faire réparer toute une vie durant ce dont nous aurions réellement besoin. Une utopie ? Certes oui, et revendiquée. Mais leur avenir à eux n’est pas utopique, il baigne dans le sang des sacrifiés à venir. Arrêtons donc de déconner et de faire semblant, comme tous ces foutus Bisounours de la sphère écologiste, qu’il s’agit de s’entendre entre gens de bonne compagnie. Je ne suis pas de bonne compagnie. Et la place de ces salauds est en enfer.

54 réflexions au sujet de « Le principe industriel est-il criminel ? (à propos de la clope et du reste) »

  1. Les conspirateurs du tabac

    LE MONDE CULTURE ET IDEES | 25.02.12 | 14h16

    Stanford (Etats-Unis), envoyé spécial – Si vous souhaitez rester convaincu que l’on fume parce que c’est agréable et que c’est ainsi, tournez la page. Vous avez tout à perdre à lire ce qui suit. Mais peut-être avez-vous envie de savoir pourquoi les gens fument et pourquoi il leur est aussi difficile de s’arrêter. De savoir pourquoi autant d’entre eux devraient en mourir. Et de comprendre pourquoi tout cela nous semble aussi normal.

    Pour cela, il faut entrer dans la salle des machines de la plus vaste entreprise d’ingénierie du consentement jamais menée à bien. C’est un endroit compliqué. C’est un enchevêtrement d’hommes et d’institutions devenus les rouages d’une subtile mécanique, capable d’infiltrer la culture et la science, de subvertir la médecine et de corrompre en masse. Et, pour vous guider dans ce dédale, Robert Proctor est la personne qu’il vous faut.

    Robert Proctor, 57 ans, n’est ni un conspirationniste ni un hygiéniste acharné. Historien des sciences, professeur à la prestigieuse université Stanford (Californie), il est l’auteur de Golden Holocaust, un livre qui paraît ces jours-ci aux Etats-Unis et qui inquiète sérieusement l’industrie américaine du tabac. Au point qu’elle a eu recours à toutes les voies légales pour tenter de mettre la main sur le manuscrit avant sa publication. Sans succès.

    Qu’y a-t-il dans ce pavé de 750 pages qui trouble tant des géants comme RJ Reynolds ou Philip Morris ? Il y a leurs propres mots. Leurs petits et grands secrets, puisés dans les mémos et les messages internes, dans les rapports confidentiels, dans les comptes rendus de recherche de leurs propres chimistes, de leurs propres médecins. Le fait est peu connu en France : cette précieuse et explosive documentation – les « tobacco documents » – est publique depuis la fin des années 1990. En 1998, le Master Settlement Agreement, qui clôt les poursuites engagées par 46 Etats américains contre les cigarettiers, ne comprend pas qu’un volet financier (le versement de 250 milliards de dollars – 188 milliards d’euros – échelonnés sur deux décennies), il ordonne aussi la mise dans le domaine public des secrets de l’industrie.

    INFILTRATION

    Des millions de documents, recouvrant plus de cinq décennies, ont ainsi été exfiltrés des quartiers généraux des grands cigarettiers et confiés à l’université de Californie à San Francisco, chargée de bâtir la Legacy Tobacco Documents Library, et de mettre sur le Net ce fabuleux corpus. Treize millions de documents, soit plus de 79 millions de pages, sont déjà numérisés. De nouveaux sont ajoutés chaque jour ou presque. C’est au prisme de ces archives que Golden Holocaust tente de raconter une histoire globale de la cigarette.

    Robert Proctor épluche les « tobacco documents » depuis plus de dix ans. De quoi devenir paranoïaque. Entre mille autres choses, il y a découvert que le professeur qui l’a recruté à Stanford, voilà de nombreuses années, avait secrètement émargé chez les géants du tabac. Il y a aussi compris pourquoi une de ses demandes de financement avait été refusée par la National Science Foundation (principale agence fédérale de financement de la recherche américaine) : celui qui examinait les dossiers touchait de l’argent du tabac…

    Tous ceux qui ont passé du temps sur les « tobacco documents » sont peu ou prou arrivés aux mêmes conclusions. Les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en ont tiré un rapport explosif de 260 pages, publié en juillet 2000, montrant comment les cigarettiers avaient infiltré leur organisation grâce à des associations écrans ou à des scientifiques secrètement payés par eux. Le tout, bien sûr, pour entraver la mise en oeuvre de politiques de contrôle du tabac.

    Et lors des poursuites engagées en 1999 par l’administration Clinton, en partie fondées sur les « documents », les procureurs fédéraux ont plaidé que les manufacturiers américains du tabac ont « préparé et exécuté – et continuent à préparer et exécuter – un vaste complot depuis un demi-siècle pour tromper le public ».

    5,5 MILLIONS DE MORTS PAR AN

    La cigarette, ce sont d’abord des chiffres. Des chiffres colossaux. Chaque année, la cigarette tue plus que le paludisme, plus que le sida, plus que la guerre, plus que le terrorisme. Et plus que la somme des quatre. Plus de cinq millions et demi de vies emportées prématurément chaque année. Cent millions de morts au XXe siècle ; sans doute un milliard pour le siècle en cours.
    Réfléchir au tabac donne le vertige et la nausée. Chaque année, il se produit suffisamment de cigarettes pour emplir 24 pyramides de Khéops.

    Leur combustion déposera quelque 60 000 tonnes de goudron au fond de poumons humains. On peut aussi aborder la question en se demandant ce que l’homme a inventé de plus inutilement dangereux pour lui-même : rien. « La cigarette, résume Robert Proctor, est l’invention la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité. »
    Il y a d’autres chiffres, d’autres calculs. « A chaque million de cigarettes fumées au cours d’une année, il y aura un mort prématuré dans les vingt-cinq ans qui suivent. C’est une loi qui est valable à peu près partout « , constate Robert Proctor. Cette macabre règle de trois a des applications inattendues. Comme celle de savoir combien de morts ont causé les mensonges des hauts cadres de « Big Tobacco ».

    « MAINTENIR LA CONTROVERSE VIVANTE »

    Le 14 décembre 1953, les grands patrons du tabac se retrouvent discrètement à l’hôtel Plaza de New York. Quelques mois auparavant, des expériences menées sur des souris ont montré que le produit qu’ils vendent est cancérigène – ce que les médecins allemands savaient depuis les années 1920 –, et des journaux commencent à évoquer cette possibilité. Au terme de réunions avec le patron de Hill & Knowlton, conseiller en relations publiques, les géants du tabac se lancent dans une entreprise de propagande et d’instrumentalisation du doute scientifique qui retardera la prise de conscience des ravages de la cigarette.

    Il faut « maintenir la controverse vivante ». Un cadre de Brown & Williamson l’écrit dans un célèbre mémo, découvert dans les « tobacco documents  » : « Le doute est ce que nous produisons. » Avec succès. Ce n’est qu’en 1964 que les autorités sanitaires américaines commenceront à communiquer clairement sur le lien entre tabac et cancer du poumon.

    Dix ans de retard. « Si on décale les courbes de la consommation du tabac, c’est-à-dire si on place en 1954 le début de fléchissement constaté à partir de 1964, on voit que 8 000 milliards de cigarettes « en trop » ont été consommées aux Etats-Unis. Elles n’auraient pas été fumées si le public avait su la vérité dix ans plus tôt, explique Robert Proctor. Cela représente environ huit millions de morts dans les décennies suivantes. » Les mensonges d’une demi-douzaine de capitaines d’industrie provoquant la mort de plusieurs millions de personnes ? Une fiction qui mettrait en scène une conspiration de cette ampleur serait taxée d’irréalisme ou de loufoquerie…

    Tout ne commence pas en décembre 1953. D’autres manoeuvres sont plus anciennes. Le plan Marshall, par exemple. Le grand programme d’aide à la reconstruction de l’Europe dévastée par la seconde guerre mondiale a également été « mis à profit par les cigarettiers américains pour rendre les populations européennes accros au tabac blond flue-cured, facilement inhalable ». Tout est là. Le flue-curing est une technique de séchage des feuilles de tabac qui se répand largement aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, et qui permet de rendre la fumée moins irritante, donc plus profondément inhalable.

    Or jusque dans la première moitié du XXe siècle, on fume encore, dans une bonne part de l’Europe continentale, du tabac brun, très âcre, beaucoup moins dangereux et addictif. Car plus la fumée peut pénétrer profondément dans les poumons, plus l’afflux de nicotine dans l’organisme est rapide, plus l’addiction qui se développe est forte.

    Et plus les dégâts occasionnés sur les tissus pulmonaires sont importants. « Au cours de la réunion de Paris (le 12 juillet 1947) qui a mis en mouvement le plan Marshall, il n’y avait aucune demande des Européens spécifique au tabac, raconte Robert Proctor. Cela a été proposé et mis en avant par un sénateur de Virginie. Au total, pour deux dollars de nourriture, un dollar de tabac a été acheminé en Europe. »

    « RENDRE LES FUMEURS LE PLUS ACCRO POSSIBLE »

    Le succès de la cigarette repose toujours, aujourd’hui, sur le talent des chimistes de « Big Tobacco » pour rendre la fumée plus douce, plus volatile, plus pénétrante. Les fumeurs, qui connaissent cette sensation de piquante fraîcheur aux poumons, tiennent pour naturel et normal de fumer ainsi. « Avaler » la fumée, dit-on. C’est au contraire le résultat d’une chimie pointue et compliquée. Plusieurs centaines de composés – accélérateurs de combustion, ammoniac, adjuvants divers, sucres, etc. – sont ajoutés au tabac. Ils rendent la fumée moins irritante, plus inhalable.

    « On peut dire que la cigarette est véritablement un produit défectueux en ce sens qu’il est beaucoup plus nocif qu’il ne devrait « normalement » l’être… Il est modifié pour rendre les fumeurs le plus accro possible et cela le rend plus dangereux », explique Robert Proctor.
    Parfois, ce qu’on retrouve dans les cigarettes n’a pas été ajouté par les chimistes de l’industrie, mais par les caprices de la nature. Ainsi du polonium 210. Pour des raisons non encore éclaircies, la feuille de tabac a une détestable propriété : elle fixe et concentre cet élément radioactif naturellement présent dans l’environnement à des teneurs infimes. Les « tobacco documents » montrent que, dès les années 1950, l’industrie a découvert cette vérité qui dérange. Elle ne divulguera rien. Les premières publications indépendantes sur le sujet n’interviendront qu’au milieu des années 1960…

    Golden Holocaust raconte par le menu comment les cadres de l’industrie ont réagi à ce « petit souci » de qualité du produit fini. Et le luxe de détails prodigués par les « tobacco documents » fait basculer dans un univers sidérant. Dans un premier temps, les cigarettiers cherchent à se débarrasser de cet élément radioactif. Ils font mener des travaux qu’ils gardent secrets. Car les publier pourrait « réveiller un géant endormi » (« waking a sleeping giant », dans le texte), écrit un cadre de Philip Morris à son patron, en 1978, ajoutant : « Le sujet va faire du bruit et je doute qu’il faille fournir des faits. »

    Plusieurs solutions sont découvertes. Changer d’engrais ? Traiter les feuilles de tabac à l’aide d’un bain d’acide ? Sélectionner les feuilles les moins chargées en polonium ? Aucune de ces solutions ne sera, semble-t-il, retenue. Car résoudre ce problème ne procure pas d' »avantage commercial « , selon l’expression d’un haut cadre de RJ Reynolds, consignée dans les documents. Le passage des feuilles de tabac par un bain acide, par exemple, contraindrait à une « gestion spécifique » d’effluents radioactifs. Cela coûte de l’argent.

    « UNE FORME D’ESCLAVAGE »

    Surtout, redoutent les industriels, ce traitement pourrait affecter les propriétés chimiques de la nicotine, la rendant moins efficace à entretenir leur capital le plus précieux : l’addiction. Et puis, mieux vaut ne pas mettre sur la place publique ce problème, même si c’est pour annoncer l’avoir résolu. Dans les années 1980, Philip Morris ferme son laboratoire ad hoc. Surtout, ne pas réveiller le « géant endormi ».

    Quelque trente années plus tard, il dort toujours d’un sommeil de plomb. Combien de fumeurs savent qu’ils ont dans la poche un paquet de 20 tiges légèrement chargées de polonium 210 ? Combien savent qu’un paquet et demi par jour équivaut – selon une évaluation publiée en 1982 dans le New England Journal of Medicine – à s’exposer annuellement à une dose de rayonnement équivalente à 300 radiographies du thorax ?

    Combien savent que ce polonium 210 est responsable d’une fraction non négligeable des cancers contractés par les fumeurs ? Lorsqu’on sait, il y a quelque chose de tristement effarant à voir des militants antinucléaires griller une cigarette lorsqu’ils attendent, pour les intercepter, les convois d’oxyde d’uranium de l’industrie nucléaire ; eux-mêmes introduisent dans leur organisme un radioélément qui les irradiera de l’intérieur…

    On mesure le succès d’une entreprise de propagande à l’aune de ce genre de paradoxe. Il y en a d’autres. Par exemple, le plaisir procuré par la cigarette. « C’est une pure fabrication de l’industrie, répond M. Proctor. C’est une différence fondamentale avec d’autres drogues comme l’alcool et le cannabis. La cigarette n’est pas une drogue récréative : elle ne procure aucune ébriété, aucune ivresse. » Elle ne fait que soulager celui qui est accoutumé au tabac, elle le rend fonctionnel. « C’est écrit en toutes lettres dans les documents : fumer n’est pas comme « boire de l’alcool », c’est comme « être alcoolique », dit Robert Proctor. Parmi ceux qui aiment la bière ou le vin, seuls 3 % environ sont accros à l’alcool. Alors qu’entre 80 % et 90 % des fumeurs sont dépendants. C’est une forme d’esclavage. »

    PROPAGANDE

    Pourtant, l’American Civil Liberties Union (ACLU) – l’équivalent de notre Ligue des droits de l’homme – a fait campagne au début des années 1990 pour la « liberté » de fumer sur le lieu de travail. Mais il est vrai que la prestigieuse ACLU venait, elle aussi, de toucher quelques centaines de milliers de dollars de l’industrie du tabac… « Comment peut-on parler de liberté lorsque 90 % des fumeurs interrogés disent vouloir s’arrêter sans y parvenir ? » Le novlangue d’Orwell n’est pas loin. « La guerre, c’est la paix », « l’amour, c’est la haine » professait le Parti omnipotent de 1984. Dans le monde du tabac, « l’esclavage, c’est la liberté ».

    Et ce message fait mouche. Les adolescents voient souvent dans la cigarette une manifestation d’esprit rebelle. Convaincre qu’inféoder ses fonctions biologiques à de grands groupes industriels tient de la rébellion, voilà un tour de force marketing, dont le projet est inscrit en toutes lettres dans les « tobacco documents » : il faut vendre aux jeunes l’idée que fumer procède d’une « rébellion acceptable ».

    Créer de toutes pièces des réflexes mentaux dans la population – qui ne résistent ni à l’analyse critique ni même au simple bon sens – est la part la plus fascinante de cette histoire. C’est le fruit d’investissements lourds. Depuis des décennies, les apparitions des marques de cigarettes dans le cinéma hollywoodien sont millimétrées, à coups de millions de dollars. D’autres millions sont investis par l’industrie dans la recherche biomédicale académique : non pour trouver des remèdes aux maladies du tabac mais, très souvent, pour documenter des prédispositions génétiques à des maladies, attribuées ou non à la cigarette…

    « Des sommes colossales ont été injectées par le tabac dans la génétique fonctionnelle, au détriment des travaux sur les facteurs de risques environnementaux, dont le tabac, explique Robert Proctor. Cela crée ce que j’appelle un « macrobiais » dans la démarche scientifique. Cela contribue à développer l’idée que les maladies sont programmées en nous et qu’on n’y peut rien. »
    Infiltration de la culture, infiltration de la science. Il restait à Robert Proctor à en découdre avec sa propre discipline.

    « J’ai aussi cherché les rats dans ma propre maison », déclare-t-il. Une cinquantaine d’historiens – la plupart financés ou secrètement payés par les cigarettiers – ont formulé lors des procès du tabac des témoignages favorables aux industriels. Dans les « tobacco documents », les cigarettiers parlent de développer une « écurie » de savants. Seuls deux historiens américains – dont l’auteur de Golden Holocaust – ont témoigné du côté des malades.

    L’histoire est un enjeu important, crucial même. « Aborder l’histoire d’une certaine façon, conclut le professeur de Stanford, comme, par exemple, dans cette étude présentant « les origines de la controverse du tabac dans l’Angleterre du XVIIe siècle », permet de normaliser un phénomène qui, regardé autrement, serait simplement intolérable. » Il faut inscrire la cigarette comme une variable banale de l’Histoire longue pour occulter le caractère inédit de l’addiction de masse qui s’est développée depuis le milieu du siècle dernier.

    Peser sur l’histoire et les sciences sociales pour fabriquer le consentement. Philip Morris a formalisé ce projet en 1987 sous le nom de Project Cosmic – un plan destiné à « créer un réseau extensif de scientifiques et d’historiens partout dans le monde », toujours selon les « tobacco documents « . « Il s’agissait de recruter des savants dont les travaux ou les idées pourraient contribuer à forger une « narration » favorable aux industriels », explique Robert Proctor.

    Cas pratique, parmi tant d’autres. Dans les années 1990, l’historien travaillait sur un sujet original et peu défriché : les politiques de santé publique dans l’Allemagne nazie et la guerre qu’Hitler avait déclarée à la cigarette. L’un de ses articles sur le sujet fut accepté en 1997 par le Bulletin of the History of Medicine. Mais, quelques années plus tard, la revue a refusé un autre de ses articles  – cette fois sur l’industrie américaine du tabac. Lorsqu’une étude permet de nourrir un amalgame entre contrôle du tabac et totalitarisme, elle est acceptée ; lorsqu’elle dérange les industriels, elle est rejetée… Pour comprendre, dit Robert Proctor, « il suffit de regarder la composition du comité éditorial de la revue et les liens financiers de certains de ses membres avec le tabac ». Les chiens de garde du Project Cosmic surveillaient les portes de la revue savante.

    Contactés par Le Monde, les cigarettiers cités n’ont pas souhaité commenter les travaux de M. Proctor.
    Stéphane Foucart

  2. ça n’est pas l’industrie en elle-même qui est condamnable, c’est sa démesure qui elle-même est à l’échelle de la démesure de notre monde. Et puis l’ultralibéralisme sans complexes…

  3. Non Hélène; « ça » c’est un modèle industriel… Celui de la « croissance gagnante » que tous le monde suit aveuglément depuis des décennies!

  4. Cet article sur le tabac est assez hallucinant en effet… On peut le rapprocher du fil « Super Size Me », sur la malbouffe : le réalisateur ne mange que des MacDo pendant 1 mois et compromet gravement sa santé. Il explique comment et pourquoi les gens deviennent dépendants de cette bouffe… Ecœurant !

  5. « il faudra, sur les ruines de notre monde, bâtir une économie de la simplicité, où les objets retrouveront le sens qu’ils n’auraient jamais dû perdre, où l’on pourra faire réparer toute une vie durant ce dont nous aurions réellement besoin. Une utopie ? »

    Non, à échelle individuelle ceci n’est pas une utopie, mais très exactement, mot pour mot, le choix et le quotidien de certain-e-s d’entre nous (avec ou sans le statut d’autoentrepreneur…).

    Mais l’accumulation de ces choix individuels suffira-t-elle à « abattre le monstre » ? Dans mes jours de très, très grande euphorie, il m’arrive d’avoir fugitivement l’espoir que oui peut-être… Le reste du temps, c’est-à-dire en quasi permanence, je penche plutôt pour l’hypothèse noire, résumée par Alain dans son commentaire de l’article précédent. Or sur ces ruines-là (celles de la catastrophe, quel que soit le visage qu’elle prendra), je ne suis pas sûre qu’on pourra bâtir grand-chose – en admettant qu' »on » soit encore là.

    En attendant, on bâtit la simplicité, on restaure le sens des objets et les objets eux-mêmes, et on apprend à se passer du futur. A « se tenir dans l’inquiétude » et même à y être heureux. Ce n’est pas sans charme. Le charme inédit et paradoxal de la drôle d’époque où il nous faut vivre.

  6. Hello,

    Merci.

    Ne vous fâchez pas.
    Je sais que la cigarette est une cochonnerie, et qu’elle tue des milliers de personnes par le Monde.

    Mais parfois, je me demande si ce n’est pas pour cacher, des cancers, dus aux pesticides, ou la pollution de l’air.

    Les produits qu’ils mettent dans les cigarettes pour rendre les gens accrocs sont des années 5O. Les pesticides, aussi. Fabrice vous vous savez mieux.

    Je ne suis pas docteur, mais comment peut ils vraiment être certains que les cancers des poumons viennent uniquement du tirage sur cigarette?

    Ciao,

  7. et la bagnole!!n’avez vous pas remarqué que de plus en plus de véhicules sont équipées de 2 pots voire 4 pots d’échappement, pourquoi? j’en sais rien!!! et c’est censé polluer moins!!!sans compter toutes ces nouvelles voitures à la mode du beauf nouveau qui sont presque des chars d’assaut…

  8. hors sujet, merci Fabrice
    « La population du Val de Susa opposée au Lyon-Turin depuis 15 ans a resisté toute la nuit 26 février 2012) aux assaut de la police en utilisant des baricades et la technique des barrages mobiles. Malgré l’usage intensif de grenades au CS et d’eau irritante à haute pression, les forces de répression au service du lobby pro-LGV franco-italien ne sont pas parvenu à occuper et à controler la vallée. Luca Abbà est toujours en vie. Une importante manifestation organisée par les catholiques à rassemblé plusieur milliers de personnes en une veillée combative devant l’hopital de Turin. L’ensemble des médias français ainsi que les leaders politiques des partis présentant des candidats aux élections présidentielles font toujours le blocus sur l’information concernant la lutte des habitants du Val de Susa. Accord de coquins sur La Grande Vanité qui est pourtant déficitaire depuis 15 ans. D’autres nouvelles dans la journée.Pour contourner la censure jacobines faites circuler l’information.

  9. « ces structures soi-disant écologistes qui collaborent avec l’industrie, et parfois la pire, comme c’est le cas, entre autres, du WWF » :

    Fabrice, pour ne prendre qu’un exemple que je connais bien, comment expliquez-vous que le WWF ait récemment, et avec un dossier de presse sans concession (http://www.wwf.fr/content/download/6889/55003/version/1/file/20111014_CP_Qualit%C3%A9+de+l%27eau+en+France+-+une+verite+qui+d%C3%A9range.pdf), soutenu mon site citoyen indépendant « Eau-Evolution » qui dénonce de façon imparable, car sur la base de données brutes de qualité de l’eau, les méfaits du lobby de l’industrie chimique ainsi que la désinformation officielle associée ? Cela me paraît juste le contraire de « collaborer avec l’industrie ».

    Ne pensez-vous pas qu’il y a des personnes courageuses et qui se battent partout ? Pas beaucoup, peut être 1/1000 seulement, mais il y en a.

    Et lorsque je me faisais démolir en silence dans les postes où je me battais pour protéger l’environnement (http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?lien=webmaster_eau_evolution), je n’ai pas décoléré contre les 999/1000 journalistes d’un silence et d’une incompétence crasses, qui, selon moi, ont une grande responsabilité dans l’état actuel de l’environnement. Mais je sais faire la part des choses puisque je ne vous place pas dans cette catégorie. Et j’apprécierais beaucoup que, à l’instar du journaliste Marc Laimé, et à côté du soutien du WWF, vous affichiez aussi votre soutien sur mon site.

  10. Anne,

    Je suis bien désolé, et je ne cherche évidemment pas à vous embêter, mais je considère, sur la base d’informations certaines, développées entre autres dans mon livre Qui a tué l’écologie ? que le WWF a partie liée avec l’industrie la pire. Dont Monsanto, mais pas seulement. Et que dire des financiers du Club des 1001 ? Et que dire de M.Anton Rupert ? Qu’il y ait d’excellentes personnes dans ce groupe, je le sais bien, car j’en connais personnellement. Mais la structure m’est rigoureusement et peut-être définitivement insupportable. Il n’y a pas que les journalistes incapables d’écrire. Il y a aussi tous ceux qui refusent de lire, et de savoir. Soyez sûre que je ne vous vise pas. Mais cette cible n’est pas pour autant un fantasme. Assez de faux-semblants !

    Fabrice Nicolino

  11. Même s’il y a trop peu de ces excellentes personnes qui surnagent dans les océans de noirceur que vous décrivez, et qui symbolisent peut être la petite lumière intérieure qui éclaire les grandes profondeurs obscures de notre propre psyché, c’est quand même ça qui permet d’avancer. Le lotus ne pousse-t-il pas dans la merde ?

    J’avais besoin de soutiens de grandes organisations « soi-disant écologistes » pour pouvoir publier mon site, et aucune excepté le WWF ne s’est mouillée. Et je ne défends pas cette structure, je suis indépendante de toute structure et de tout parti, mais si les choses vont bouger pour connaitre et limiter la pollution chimique réelle des écosystèmes aquatiques, pour dénoncer cette pollution criminelle, ce sera sans doute un petit peu aussi grâce à leur action.

    Aurions-nous besoin de telles structures, si les journalistes se mobilisaient pour l’environnement autant qu’ils se mobilisent actuellement par exemple pour relayer à l’envie les âneries de ceux qui ouvrent leurs œufs par le petit côté plutôt que par le grand côté, sans jamais parler des œufs en eux-mêmes ?

  12. Bonjour,

    En vitesse,

    “il faudra, sur les ruines de notre monde, bâtir une économie de la simplicité, où les objets retrouveront le sens qu’ils n’auraient jamais dû perdre, où l’on pourra faire réparer toute une vie durant ce dont nous aurions réellement besoin. Une utopie ?”

    Mme Quillis a merveilleusement répondu. Merci.

    Abattre le « monstre ». Sais pas.
    L’affaiblir, certainement.
    Batir sur des ruines? Pas question!
    C’est maintenant ou jamais.
    Tout ou rien.
    Utopie? Peu importe.
    Faire au mieux, pour tout et tous.
    Et dans l’euphorie, s’il vous plait, 🙂 le moral en berne n’a jamais fait de grand pas.

    L’avenir? Cela passera ou cassera. Qui vivra, verra. Mais partir le coeur léger, en sachant que nous avons fait TOUT notre possible, pour un environnement meilleur, est l’option qui devrait primer.

    Autre chose,

    « Arrêtons donc de déconner et de faire semblant, comme tous ces foutus Bisounours de la sphère écologiste »

    Oula! Vous êtes dur. C’est très grave ce que vous avez écrit. J’exige des excuses. 🙂 C’est presque une insulte pour tout ceux qui aspirent a la sobrièté, et qui n’y voient que cette ultime solution, pour le bien de tous. Si vous croyez que tout laisser derrière, tout quitter, y compris sa famille, ses amis, pour tenter de créer un petit monde nouveau, hors des griffes de la mondialisation, c’est faire semblant et déconner. Drôle de déconne!

    M§&@?$ alors! Vous nous faites confiance ou pas?

    Bon, c’est pas tout ça, mais faut que j’aille à la « concrétisation de l’utopisation ». Elle ne se fera pas les doigts sur le clavier. Merci de tout coeur à ceux et celles qui s’y dévouent sans relâche. Pour nos enfants, pour tout les enfants …

    La neige commence a fondre, donc mes commentaires ne tarderons pas a en faire de même. Ou alors tard, la nuit, quand j’aurais perdu une de mes bottes.

    Je me permet un petit conseil, parce que je vous considère tous comme des amis. Malgrés les horreurs ici bas, ne rumminer pas, ne négativiser pas, ne soyez pas amers, n’ayez pas peur, cela ne fait que renforcer ceux qui nous tiennent.

    Enormes bises a toutes et tous, une grosse supplémentaire entre les deux yeux du « patron ».

    🙂

    Arrêtons donc de déconner et de faire semblant, comme tous ces foutus Bisounours de la sphère écologiste

  13. @LBL,

    « C’est maintenant ou jamais. »

    Ça me fait penser à cette citation de François Partant :

    « Il ne s’agit plus de préparer un avenir meilleur mais de vivre autrement le présent ».

  14. marie.

    Les media préfèrent le « scoop » qui les fait mousser. Genre: nous savons d’Alep… ou, nous savons de Marseille…
    🙁

  15. Stan, ya aussi babanania du sénégal…the artist etc..etc..tous les jours les memes chose entendues presque partout genre : enfoncez-vous çà dans le crane; mais non c’est juste un hasard; pas de meme logique à l’oeuvre..en tout cas çà rend un peu schizo (pardon aux psychiatres pour l’approximatif du diagnostic))

  16. les yes men c’est bien mais çà reste du spectacle; les gens des no tav eux c’est du vrai, du terrain et là c’est plus la même chanson

  17. Pour revenir au fond des deux derniers articles de Fabrice, il se trouve que ma réflexion sur le sujet vient de faire un pas en avant, stimulée, comme souvent, par la colère (pas toujours mauvaise conseillère).

    Je ne veux pas vous ennuyer avec des détails personnels, mais enfin sachez que je fais partie d’une association de producteurs et artisans qui a une boutique (saisonnière) de vente directe ici, dans les Corbières, et que depuis environ un an et demi cette association est elle-même adhérente du Réseau Boutiques Paysannes, un truc fondé, à l’origine, par des producteurs désireux de défendre une certaine idée de l’agriculture et d’être un peu plus forts ensemble, ce qui me semble très bien.
    Mais en Languedoc Roussillon ce Réseau est désormais « animé » (je ne sais pas bien depuis quand, je découvre tout ceci depuis moins d’un an et demi, et il y a beaucoup de choses à comprendre quand ce monde-là vous est complètement nouveau) par une personne qui est salariée par la Chambre d’Agriculture et le Conseil Régional. Résultat, entre autres exemples, depuis environ un an : tentative d’imposition du label « Sud de France » du Réseau aux boutiques (encore en cours), brassage d’air communicationnel avec l’aide d’agences de comm grassement payées (ceci, tout récent, vient de provoquer le départ d’une boutique, et la nôtre suivra peut-être), en partie sur fonds publics, formations de plus en plus formatées à base de novlangue managériale. J’ai trouvé tout à l’heure le ernier mail du Réseau à ce sujet, et le texte est accablant. Pour résumer, disons qu’on veut nous aider à « améliorer notre relation à la clientèle » blablabla. Nous qui nous fondons, précisément, sur notre seule identité de producteurs vendant eux-mêmes leur production.

    C’est là que j’en reviens à l’article de Fabrice et au fait : voici un bel exemple de logique commerciale que j’appellerai « normale » (c’est-à-dire potentiellement tordue, mais vieille comme le commerce, et limitée par la « décence commune »)en train de se faire cancériser par la logique commerciale que j’appellerai « industrielle » (pour tout ce qu’elle doit au capitalisme, qualitativement – le profit à tout prix – et quantitativement – l’échelle industrielle).

    Et donc la conclusion qui m’a frappée tout à l’heure, une fois toutes ces choses mises ensemble et digérées, une fois ma petite histoire de boutique érigée en raccourci historique, c’est que nous en sommes où nous en sommes non pas à cause du seul « principe industriel », qui me semble insatisfaisant comme explication, mais à cause de la combinaison monstrueuse du vieux principe commercial et de la récente et désormais démentielle échelle industrielle.

    Euh, maintenant que c’est écrit je crois que je viens d’enfoncer une porte ouverte…

  18. Pardon, je précise après vérification novlinguistique dans le mail évoqué tout à l’heure, il s’agit d' »aborder une relation client avec aisance (…) et de parvenir à la fidélisation du client ».

    Yuk, comme ils disent en anglais.

  19. Un petit livre d’économie/ethnologie de Marshall Sahlins me semble être une base très intéressante pour envisager une économie de la simplicité, comme tu en fais le souhait Fabrice, à la fin de ton message : Age de pierre, âge d’abondance !

  20. Cher Fabrice,
    Nous ne rentrerons pas dans le fond de cet article que nous avons lu de « L à . », autrement dit, du début à la fin. Simplement, nous souhaitons vous renouveler toute notre sympathie. Nous prenons beaucoup de plaisir à vous lire et relire…

  21. C’est amusant, j’ai pensé à toi Fabrice quand j’ai lu cet article, je me suis dit que tu avais un alter-ego américain… Je vois que tu n’es pas passé à côté non plus !

  22. Voilà qui va réconforté certains :
    http://www.metrofrance.com/info/le-japon-limite-la-radioactivite-autorisee-dans-les-aliments/mlbx!DZImnIRr6dU/

    Mis à jour 24-02-2012 11:42

    Le Japon limite la radioactivité autorisée dans les aliments

    Le Japon va réduire drastiquement la limite de contamination autorisée dans les produits alimentaires commercialisés

    Près d’un an après le catastrophe nucléaire de Fukushima, les autorités japonaises vont baisser le seuil de radioactivité admis pour les aliments. Adopté ce vendredi par une commission d’experts du ministère japonais de la Santé, cette disposition sanitaire doit prochainement être validée par le gouvernement avant d’entrer en vigueur, le 1er avril prochain.

    La correction est drastique. De 500 becquerels par kilogramme aujourd’hui, la teneur maximum en césium radioactif pour l’alimentation générale (viande, poissons, fruits, légumes…) doit être réduite à 100 becquerels. 50 becquerels par kg pour les produits destinés aux enfants, de même pour le lait, tandis que l’eau ne pourra plus contenir que 10 becquerels contre 200 aujourd’hui.

    Mais ces nouvelles normes inquiètent les producteurs de la province de Fukushima qui craignent de ne plus pouvoir vendre leurs produits qu’ils réussissaient encore à écouler du fait des limites autorisées.
    ___________
    On se demande bien ce que les Japonais vont pouvoir manger maintenant. Enfin ce qui est rassurant c’est qu’il n’y aura plus de « Japonais cannibale » puisque nous faisons au moins nos 100Bq/kg !
    @+

  23. @ Valérie Quilis:

    Excellente description de la manière dont peut être dévoyée une initiative honnête et saine par « l’air du temps »: les sornettes managériales se sont infiltrées partout.

    Les mettre à jour est un premier pas. Reconquérir son indépendance par rapport à ces structures de soi-disant aide vient dans un second temps. Soit en les faisant revenir, par la « pub » qu’on leur fait, à des méthodes acceptables, soit en se débrouillant pour s’en passer. Tu as raison, en plus, de pointer le gâchis d’argent public qui se fait dans des études bidon.

    Chez nous, une « Halte fermière » s’est créée, elle semble bien se porter et n’a pas besoin de racoler le client ni de le « fidéliser »: on y va intéressés par le concept, on y retourne parce qu’on est satisfait. E basta!

  24. Bonjour,

    Afrique du Sud/rhinocéros: quatre employés du Kruger arrêtés pour braconnage

    JOHANNESBURG – Quatre employés du célèbre parc national sud-africain Kruger ont été arrêtés, soupçonnés de braconnage après la découverte de deux nouveaux rhinocéros abattus et décornés dans la réserve, a annoncé mercredi l’agence nationale des parcs naturels.

    Il est très triste pour l’Afrique du Sud de découvrir que les mafias sans scrupule et révoltante du braconnage entretiennent des ramifications s’étendant jusqu’à ceux auxquels est confiée l’immense responsabilité de protéger notre patrimoine naturel, a commenté le directeur de l’agence des parcs naturels, David Mabunda, dans un communiqué, ajoutant se sentir personnellement trahi.

    Parmi les quatre employés arrêtés figurent un ranger, deux guides et un policier, le deuxième accusé pour braconnage selon le communiqué.

    http://www.romandie.com/news/n/_Afrique_du_Sudrhinoceros_quatre_employes_du_Kruger_arretes_pour_braconnage290220121037.asp?

    ———-

    Des ramifications s’étendant jusqu’à ceux auxquels est confiée l’immense responsabilité de protéger.

    Ils sont là pour protéger … et ils massacres. Nos élus font pareil. En faisant acte d’ingérence dans d’autres pays.

    Amitiés,

  25. Mr Krolik, bonjour,

    Voila qui va dé réconforter d’autres,

    USA: l’industrie nucléaire accusée de laxisme par des experts indépendants

    WASHINGTON – Laxiste, l’industrie nucléaire américaine accumule les déficiences qui pourraient avoir des conséquences graves, accuse mardi un groupe indépendant de scientifiques privés, qui juge aussi que la Commission fédérale chargée de réglementer le secteur manque de poigne.

    Dans son rapport, l’Union of Concerned Scientists (UCS) indique que quinze dysfonctionnements et pratiques risquées ont été signalés en 2011 dans 13 des 104 réacteurs nucléaires en service aux Etats-Unis.

    Ce document examine en détail des problèmes graves évités de justesse et évalue la réponse de la Commission américaine de réglementation nucléaire (Nuclear Regulatory Commission ou NRC).

    Un grand nombre de lacunes significatives de sécurité dans les centrales nucléaires aux Etats-Unis en 2011 se sont produites parce que les propriétaires, mais aussi souvent la NRC, ont soit toléré des problèmes connus ou n’y ont pas répondu de façon adéquate, écrivent les auteurs de ce document de 45 pages.

    Il décrit des inspections spéciales menées par la NRC en réponse à 15 problèmes de sécurité posés par des équipements et des déficiences.

    Aucun de ces 15 problèmes potentiellement graves n’a blessé des employés ou la population mais leur fréquence, de plus d’un par mois, est élevée pour une industrie ayant atteint sa maturité, jugent ces experts.

    Parmi ces incidents, le rapport cite la centrale d’Oconee en Caroline du Sud (sud-est) où les services d’entretien ont découvert en 2011 qu’un système de refroidissement de secours du coeur des réacteurs, installés en 1983, n’aurait jamais fonctionné en cas de nécessité, vu que les coupe-circuits étaient mal réglés.

    L’UCS souligne que cette centrale est identique à celle de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) dont l’un des réacteurs avait subi une fusion partielle en 1979 en raison d’un dysfonctionnement du système de refroidissement.

    Le rapport dénonce également les centrales nucléaires de Braidwood et Byron dans l’Illinois (nord). Le personnel d’entretien avait, depuis 1993, institué une pratique consistant à utiliser l’eau des circuits vitaux de refroidissement des réacteurs pour des pompes auxiliaires.

    Cette pratique visait à ne pas utiliser les eaux non traitées d’un lac afin de réduire la corrosion. Mais en cas d’urgence, le système de refroidissement n’aurait pas pu fonctionner normalement en raison d’un manque d’eau, souligne l’UCS.

    Le bilan 2011 montre que la NRC est tout à fait capable d’être une agence efficace de surveillance qui protège la population et empêche l’industrie nucléaire de céder à ses pires penchants, estime Dave Lochbaum, directeur du projet de sécurité nucléaire à l’UCS et principal auteur du document.

    Mais trop souvent, l’agence n’est pas à la hauteur de son potentiel, estime cet ingénieur nucléaire qui a travaillé 17 ans dans des centrales.

    Il cite de nombreuses défaillances persistantes qui pourraient trop facilement provoquer un grave accident, pointant du doigt le fait que la NRC ait laissé subsister des problèmes pendant plusieurs décennies.

    Le rapport souligne que 47 des 110 réacteurs américains ne se conforment toujours pas aux réglementations anti-incendie établies par la NRC en 1980. La NRC est également consciente que 27 réacteurs restent en service même si leurs systèmes de sécurité ne sont pas conçus pour résister suffisamment à des séismes, selon le rapport.

    Les accidents de Three Mile Island en 1979, de Tchernobyl en 1986 et de Fukushima en 2011 se sont produits quand une poignée de problèmes connus et non-corrigés ont abouti à une catastrophe, a averti Dave Lochbaum, disant craindre que l’industrie nucléaire américaine et la NRC n’aient rien appris de ces accidents et qu’un jour la chance leur fasse défaut.

    PS. Et dans les autres pays. Sont ils en meilleure posture?

    Ciao

  26. Tiens revoilà Krolik… Quoi clope et nucléaire même combat???

    Viens en personne dire ça aux gosses bielorusses qui viennent chaque année en Belgique.
    Viens Krolik, ils ont besoins de rire aussi!

  27. Respect pour les combattants du Val de Suza, Marie. Real respect. Mais cela ne fait pas des Yes Men un simple spectacle. Ils ont berné les journalistes de la BBC et présenté ce crime du Bhopal devant quelques millions de personnes dont bon nombre n’en aurait pas entendu parler autrement. Et avec un aplomb qui force là aussi le respect, en tout cas le mien. Ce sont des activistes. Pas de doute.
    En ce qui concerne le Survivaball, je suis sans doute un peu bizarre (anglaise) mais cela me fait rire aux éclats chaque fois que je regarde. Ca doit être parce que j’ai bien connu des assureurs très sérieusement fiers de leur rôle dans ce monde malade.

  28. @LBL;
    Oui l’Union of Cncerned scientists regroupe des antinucs, c’est donc une association « indépendante » ! Ils donnent aussi dans l’antichimie et dans le climat, ils sont spécialistes en tout!

    @Sylviane
    mais avez vous reçu un gamin biélorusse chez vous, un gamin avec l’étiquette « tchernobyl ». Perso je l’ai fait en adhérent à l’association « espoir à Tchernobyl » en 2007. C’est effectivement for instructif, une autre façon de voir « le problème ».
    mais si vous voulez payer des vacances à un gamin déshérité, à un orphelin, je suis sûr qu’il y en a plus près de chez vous.
    Celui qui m’a été remis, l’atait avec l’étiquette « nanisme », en fait il avait 14 ans avec la taille d’un gamin de 12 ans. Sauf que rien à voir avec « Joshéphine Ange gardien », le rapport taille / tête par exemple était tout à fait normal. Expédié chez le toubib, le gmin a été trouvé en bonne santé.. manque un peu de vitamine et de viande rouge..Mais cela a été corrigé pendant son séjour. Paresseux comme une couleuvre, un enfant normal quoi.. mais de petite taille.
    Donnez des précisions sur le cas du gamin que vous avez reçu.. Merci.
    @+

  29. A Cultive ton jardin

    Merci. Et entièrement sur la même position en ce qui concerne le rapport à la clientèle. Les gens viennent parce qu’ils trouvent de bons produits, et ils repartent ravis que nous soyons ce que nous sommes. Je hais le commerce, parce que si on n’y prend pas garde (et même si on y prend garde) la manipulation et la dérive dont je parlais commencent très tôt : essayer d’être comme ci ou comme ça pour accrocher le client, et même essayer d’être encore plus « authentiquement » nous-mêmes, comme je ne doute pas qu’on va nous présenter cette formation vente (formation-vent serait plus approprié), c’est – pour moi – déjà le début de la fin de la décence ordinaire, repère fondamental. En ce qui concerne cette boutique et ce groupe, ce serait la perte de notre âme, et du sens de ce que nous faisons. Je leur suis très attachée mais si nous restons sous l’œil de ce Big Brother qu’est devenu le Réseau (ce mot seul, qu’on entend de plus en plus, me met mal à l’aise, je dois dire), c’est moi qui partirai. Je compte bien peser de tout mon poids pour que notre groupe quitte rapidement ce navire qui commence à dégager une odeur nauséabonde. J’espère que ce sera fait avant qu’on nous impose une tenue paysanne sexy et des coquelicots dans le…pour fidéliser le client, ai-je annoncé à mes camarades(les coquelicots figurent sur le logo du Réseau). La décision sera prise collectivement, mais je sens un certain ras-le-bol, même chez les plus modérés d’entre nous, devant ces dérives.
    Sacrée leçon, oui, mais malheureusement ni la première ni la dernière, sur la façon dont TOUT, absolument TOUT, est récupéré par le système, et tout particulièrement les initiatives qui tentent de s’en démarquer. Ceci est sans doute signe d’épuisement du système (les gens cherchent de plus en plus autre chose, et il va les chercher là où ils ont tenté de le fuir). Le hic, c’est que c’est épuisant aussi, il faut bien le reconnaître. Les bons jours je me dis qu’on affaiblit le monstre (n’est-ce pas LBL?), les mauvais que c’est lui qui nous aura à l’usure. Je ne sais pas.

  30. @ LBL : Je me permets un petit commentaire sur votre phrase…

    « Mais parfois, je me demande si ce n’est pas pour cacher, des cancers, dus aux pesticides, ou la pollution de l’air. »

    Je crois que c’est la démonstration de ce que Fabrice nous expose dans ce billet : une industrie peut en cacher une autre. Il est évident que leurs intérêts sont communs ainsi que leur façon de propager le doute pour mieux prospérer. C’est ce qu’explique très bien Marie-Monique Robin dans son livre « Notre poison quotidien ».

    Dans tous les cas, c’est bien la logique industrielle et la recherche du profit maximum qui sont en cause. Pour les pesticides, l’industrie chimique et pour la pollution de l’air, l’industrie automobile et quelques autres.

  31. « Giù le mani della Lavanda ! » a été le cri iro­ni­que par lequel
    les poli­ciers et les jour­na­lis­tes ont été accueillis, le 27
    Juin, sur les bar­ri­ca­des de la Libre République de la Maddalena.
    Le fait que le mou­ve­ment NO TAV ait tou­jours pris soin des champs
    de lavande, alors que lÉtat les pié­ti­nait de ses arro­gan­tes
    bottes noires, conte­nait, à cette échelle, un signe, une ligne de
    par­tage. « Lavanda ! », ça res­sem­ble aussi à une sorte de cri de
    guerre, un peu étrange, bien loin des slo­gans triom­pha­lis­tes. «
    Lavanda », ce sont également des notes de voyage écrites à
    plu­sieurs dont les che­mins se sont croi­sés entre les pre­sidi et
    les bois du Valsusa. Certains se connais­saient bien, dautres
    moins, dautres encore pas du tout. « Lavanda » nest donc pas
    lorgane dun groupe poli­ti­que, mais lexpres­sion dune exi­gence
    née et par­ta­gée durant la lutte NO TAV. Une exi­gence née avec les
    gaz lacry­mo­gè­nes. Ceux qui la cou­chent sur le papier sont des
    enne­mis de la Grande Vitesse, mais aussi du monde qui nous
    limpose. Criminels ? Certainement, comme les rêves éveillés dune
    vie sans forts ni coffre-forts, libre et sau­vage comme la lavande.

  32. @ Krolik;
    C’est ça oui: Une liste de défauts, un pédigree et une radiographie des dents temps qu’on y est!

    Si vous voulez des précisions recontactez l’associatif!

    Ceux qui viennent sur ma commune sont en général en « bonne santé » et le but du jeu est qu’ils le restent!

    Ps: tout enfant qui rentrent chez moi découvrent que les légumes peuvent se manger sans viande; et ils se rendent même comptent que les légumes c’est bon!
    Ils ne sont jugés ni sur leur manières ni sur leurs origines,et ils respectent les règles de la maison sans se poser de questions! Parce que un enfant n’est jamais une feignasse mais a juste besoin d’encadrement!!!

  33. @Sylviane
    Oui c’est cela, finalement ils arrivent en bonne santé !!
    Ils sont malades où ils sont en bonne santé ?
    A propos de la contamination au césium 137, je vous mets un lien avec un petit graphique, graphique justement réalisé en Belgique:
    http://i47.servimg.com/u/f47/12/17/43/12/dacroi10.png
    Il est intéressant de noter que dans la période des essais atmosphérique, dans l’hémisphère nord en général et en belgique dans ce cas précis, tout le monde a vécu sur des terrains contaminés, et que les becquerels de césium 137 mesurés à l’époque sont à rapprocher de ceux mesurés sur les gamins étiquette « tchernobyl ». En fait ils ont été bien supérieurs à l’époque. J’ai survécu à cela, fabrice aussi, vous peut-être mais je ne sais si vous étiez né à l’époque 45-65..
    @+

  34. Merci Sancho,

    J’avoue être lente a la comprenette
    Et ne pas vraiment toujours tout capter
    Ai plus de facilité avec la clé a molette
    Mais ce n’est pas une raison pour abdiquer

    Oula! Faut que je me repose …

    Merci a tous, bises,

  35. @Krolik;
    C’est au moins la cinquième fois qu’on a ce type de conversations(quoique je ne compte plus!); et à chaque fois tout aussi immonde!

    Vous vous basez sur la même classification pour savoir quel « étranger » est valable à l’entrée du pays aussi??? Simplement se dire la souffrance de vivre un déracinement c’est au delà de vos conceptions biaisées.

    Vous voulez que je vous dise quoi? Qu’on accueille des enfants à trois tête! Depuis Hiroshima on sait que la pollution nucléaire amplifie les malformations et maladies existantes et n’en crée pas de nouvelle… Faudrait arrêter de prendre les gens pour des cons un peu, de temps en temps ça ferrait de vraies vacances!

    Bien sûr qu’on ne va pas déplacer des enfants gravement malade; cela s’appelle de l’humanité! Bien sûr que leur « bonne santé » est relative, bien sûr que celui qui a la chance (si on peut dire!) de venir ici a un avenir et pas d’autres! Super vacances pour lui, il atterrit chez des inconnus qui parlent une autre langue, en quittant sa famille qui continue à être soumise à ce à quoi il va échapper un peu! Quand il n’a pas en plus le malheur d’atterrir chez un réac comme vous… Qui va lui faire passer une batterie d’examens pour voir si son cas est justifiable ou non!

    Vous n’êtes pas digne du cerveau qui vous a été donné à la naissance; vous n’êtes pas digne du mot humanité! Sous un bel emballage d’arguments pseudo-scientifique, vos conceptions de vie pue la mort!

    Pas étonnant qu’avec des idées pareilles rien ne soit grave pour vous… Venez chez moi compter le nombre de cas de cancer de la thyroïde!

    Allez signer les papier « d’Antoine citoyen » pour boucher les trous… Mais sans doute ne savez vous pas de quoi je vous parle occupé que vous êtes à chercher des liens de petites études payer par le lobby; vous n’avez certainement pas le temps de regarder les liens que nous vous communiquons!
    La conversation avec un monologuiste réactionnaire ma fatigue beaucoup…

    Vous êtes là uniquement pour polluer la conversation et induire les gens en erreur le plus longtemps possible! De fait la clope et le nucléaire… Même combat.

    Monsieur, voue êtes responsable. Responsable de la mort de vrais humains; responsable d’enfants sans avenir; responsable de techniciens du nucléaire qui se retrouve à la rue après avoir pris trop de dose et non reconnu par la mutuelle; responsable de collaboré avec une minorité d’assassins qui s’enrichissent sur des dégâts co-latéraux; responsable de la connerie humaine!!!

  36. @Sylviane,
    Vous allez arriver à nous faire croire qu’il n’y a que les personnes qui sont contre le nucléaire qui ont des enfants, des petits-enfants, des arrières petits enfants !
    Vous êtes certaine d’avoir le monopole du coeur!
    Les personnes qui s’intéressent à la science, à l’énergie propre et abordable ne passent jamais à la retraite, n’ont jamais de problème avec leur hiérarchie, n’ont pas de comptes à régler avec le nucléaire… Ce qui fait qu’il n’y a personne ayant une connaissance du nucléaire effective et pratique qui écrive un bouquin bien juteux décrivant les turpitudes de la profession, histoire de se faire quelques sous au moins..
    J’admets tout à fait que l’on puisse être antinucléaire, c’est une liberté de citoyen, mais à ce moment, il faut le dire clairement c’est être membre d’une religion.; les religions veulent sauver tout le monde, alors que les sectes ne veulent sauver que leurs adeptes qui payent.
    une religion fonctionne avec des dogmes, comme vous l’antinucléarisme, aucun argument scientifique ne parviendra à vous faire changer d’avis sur ce point, l’affaire est claire.
    par contre on peut toujours écrire pour ceux qui ne font que lire, et qui sont les plus nombreux, et qui veulent réfléchir avec de la rationnalité.
    Rappel à Ramsar en iran les gens se prennent annuellement au moins 250mSv annuellement.. et à Guarapari (Brésil) dans les 70mSv… Et ils ne tombent pas comme des mouches..
    @+

  37. Tiens, je vais oser un gros mot: ce ne serait pas plus clair si on parlait de « capitalisme »?

    L’industrie a été son premier champ de manoeuvre, et avec quel succès! Les principes mis en oeuvre dans ce secteur qui s’y prêtait tellement bien, le capitalisme moribond et mortifère tente maintenant de les mettre en oeuvre dans tous les secteurs d’activité, l’agriculture, le tourisme, les services, l’éducation, la santé.

    Toujours plus grand, toujours plus hégémonique, concurrentiel jusqu’à tuer la concurrence, dictatorialement « libéral » jusqu’à l’absurde, le capitalisme est l’idéologie du toujours plus.

    Jusqu’au crime.

  38. Cultive ton jardin,

    Je te remercie de m’aider à clarifier mon propos. Dans le discours de gauche, fût-il radical, le capitalisme est l’ennemi, opposé à un socialisme plus ou moins lointain, plus ou moins éthéré. Question : les formes économiques et sociales des dictatures bureaucratiques, de l’URSS à la Chine, en passant par Cuba, ont-elles été des capitalismes ? À l’inverse, ont-elles été autre chose, et quoi ?

    Le sujet continue à m’intéresser, mais ce n’est pas ici qu’on va le traiter. Ce que j’ai voulu dire et maintiens c’est que l’industrie est une forme globale de production et de consommation, qui a imposé sa marque à tous, rendant très proches, sans qu’ils l’aient deviné, Marx et Smith, Keynes et Friedman, Staline et Trotski, Hollande, Sarkozy et Mélenchon.

    Selon moi, l’industrie et le voile qu’elle a jeté et jette sur le monde – l’industrialisation de tout – posent un problème insoluble à l’humanité concrète, un problème intrinsèque. Et bien sûr, je suis contre le capitalisme, mais considérée comme une forme particulière.

    Belle journée,

    Fabrice Nicolino

  39. http://lanredec.free.fr/polis/UnabomberManifesto_tr.html
    ce type a payé de sa liberté, en taule à vie aux usa et cet ouvrage , son ouvrage fait bien le tour de la question « la société industrielle et son avenir ». Intro (extrait):

    1. La Révolution Industrielle et ses conséquences ont été un désastre pour la race humaine. Ils ont énormément augmenté l’espérance de vie de ceux d’entre nous qui vivons dans des pays « avancés », mais ils ont déstabilisé la société, ont rendu la vie peu satisfaisante, ont soumis les êtres humains à des indignités, ont conduit à des souffrances psychologiques généralisées (à des souffrances physiques aussi dans le Tiers-Monde) et ont infligé des dégâts sévères au monde naturel. La poursuite du développement de la technologie empirera la situation. Elle soumettra certainement les êtres humains à des indignités plus grandes et infligera des dégâts plus grands au monde naturel, elle mènera probablement à une rupture sociale et des souffrances psychologiques plus grandes et elle peut mener à plus de souffrances physiques même dans les pays « avancés ».

    2. Il se peut que le système industrialo-technologique survive ou qu’il s’écroule. S’il survit, il PEUT finalement permettre un bas niveau de souffrance physique et psychologique, mais seulement après le passage par une période longue et très douloureuse d’ajustement et seulement au prix d’avoir réduit de manière permanente les êtres humains et beaucoup d’autres organismes vivants en produits manufacturés et en simples rouages de la machine sociale. En outre, si le système survit, ces conséquences seront inévitables : il n’y a aucun moyen de réformer ou de modifier le système pour l’empêcher de priver les gens de dignité et d’autonomie.

    3. Si le système s’écroule les conséquences seront également très douloureuses. Mais plus gros le système devient, plus désastreux seront les résultats de son effondrement, donc s’il doit s’écrouler il vaut mieux qu’il s’écroule plus tôt que plus tard.

    4. Nous préconisons donc une révolution contre le système industriel. Cette révolution peut ou non se servir de la violence : elle peut être soudaine ou peut être un processus relativement graduel s’étendant sur quelques décennies. Nous ne pouvons rien prévoir de cela. Mais nous décrivons d’une façon très générale les mesures que ceux qui détestent le système industriel devraient prendre pour préparer la voie à une révolution contre cette forme de société. Ce ne doit pas être une révolution POLITIQUE. Son objet sera de renverser non des gouvernements, mais la base économique et technologique de la société actuelle »
    bonne chance et bonne route

  40. @ Fabrice:

    « Question : les formes économiques et sociales des dictatures bureaucratiques, de l’URSS à la Chine, en passant par Cuba, ont-elles été des capitalismes ? »:

    Oui, tu as raison de poser cette question, à laquelle je répondrais volontiers oui, sans en être absolument sûre. De la même façon que le règne de Napoléon, héritier corrompu de la révolution de 89 était une monarchie sans en être tout à fait une.

    Cuba est un peu à part, car il n’a pas basé son développement sur l’industrialisation mais plutôt sur la canne à sucre en monoculture (erreur tragique) et sur la fourniture par la Russie « amie »(?) des produits manufacturés (seconde erreur tragique).

    Enfin, que la « valeur travail » confondue avec le salariat ait contaminé Marx, les dirigeants communistes et syndicalistes, j’en suis également d’accord. C’est d’ailleurs un des trucs qui me déplaît chez Mélenchon, cette sacralisation du travail et des travailleurs, essentiellement ceux de l’industrie.

    Par contre, la prise de conscience du piège a été précoce chez les marxistes, voir « Le droit à la paresse » du gendre de Marx.

  41. @Fabrice,

    « Question : les formes économiques et sociales des dictatures bureaucratiques, de l’URSS à la Chine, en passant par Cuba, ont-elles été des capitalismes ? À l’inverse, ont-elles été autre chose, et quoi ? »

    Tu te poses à mon sens, ô combien la bonne question, et ça me fait très plaisir.
    On s’oriente vers une réflexion passionnante et en grattant encore au-delà de l’industrie, on verra que c’est en fait la forme de cohésion sociale par le travail abstrait qui en est la racine et qui crée le monde dans lequel nous vivons, les formes de pensées – de consciences- et ce au delà des théories du matérialisme historique ou de l’idéalisme qui se renvoient la balle comme au ping-pong.

    L’égoïsme, l’individualisme ou l’utilitarisme ne sont pas une question de l’individu, une question morale ou d’excès, mais correspond à une forme de vie sociale, c’est une question qui doit être saisie au niveau de la structure sociale de la forme de vie collective présente.

    Aussi tenterais-je de t’orienter vers -toujours elle !- la critique de la valeur, si possible « Les aventures de la marchandises d’Anselm Jappe, Denoël 2003 ».

    Ces soi-disant « socialismes » sont/ont été en fait des capitalimes d’Etat, des capitalismes du Plan.

    Un capitalisme dont la production de valeur et de marchandises fonctionne pour l’intérêt général : un capitalisme pour tout le monde, voici l’idéologie de la gauche depuis 150 ans et lors des expériences de capitalisme d’Etat en URSS.

    Une simple redistribution / réaménagement de toujours les mêmes catégories, de la même forme de socialisation.

    « L’ensemble de la gauche a donc simplement appelé à généraliser le travail et donc forcément le capital (cf. le capitalisme d’Etat en URSS) et à redistribuer autrement les mêmes catégories issues du travail (c’est-à-dire redistribuer l’argent, la marchandise, la valeur, les places de travail, etc.) sans jamais les mettre en cause en tant que telles, c’est-à-dire comme origines, au travers des pratiques, de la constitution-fétichiste de la forme de vie sociale capitaliste-marchande. Forme de socialisation des individus qui après s’être constituée dans notre dos et s’être présentée en face de nous comme une puissance extérieure à nos propres rapports sociaux capitalistes (phénomène réel que Marx appelle le « fétichisme »), s’effondre aujourd’hui sur nos propres têtes et corps qui n’en sont que les supports. »

    source palim-psao :
    L’ « économie réelle »,c’est le capitalisme !
    Au-delà de l’anticapitalisme tronqué de la gauche et du mouvement « Occupy Wall Street

    « l’URSS ou l’auto-gestion anarchiste ont bien montré que le capitalisme n’a pas toujours besoin de la classe bourgeoise pour fonctionner.
    Une bureaucratie ou l’autoexploitation peuvent un moment fonctionner, même s’il y a des limites plus importantes à leur fonctionnement que dans le  » libre marché « , ce qui explique leur inefficacité et leur disparition. »

    source :
    http://palim-psao.over-blog.fr/article-quand-la-montagne-marxiste-accouche-du-rat-capitaliste-replique-a-charles-reeve-a-propos-du-manifeste-contre-le-travail-51492105.html

  42. À l’origine, “industrie” désigne, me semble-t-il, une activité humaine peu recommandable : l’intrigue, la manipulation. C’est tout de même grandiose qu’un terme péjoratif ait été détourné pour désigner une activité humaine dont on peut voir avec deux siècles de recul une sévère revue des effets négatifs. Il est encore plus ahurissant que le fonctionnement même de cette branche s’appuie par nature – on ne peut que le constater empiriquement, à la vue des scandales innombrables – sur le défaut humain éponyme : l’industrie (des industriels) avance masquée, tripotant, corrompant, tuant, mentant, écrasant, étouffant, … (chacun complètera).

    La proximité entre l’activité et le défaut prouve que l’industrie (physique) n’est pas un accident : cela devait survenir. C’était dans la nature humaine.

    Synthèse : ce qui a fait la réussite provisoire de l’espèce humaine risque bien de causer son échec.

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