Mélenchon et le Pérou (une triste histoire si ordinaire)

 Je ne sers que de relais à une information parue ailleurs, en l’occurrence Mediapart. Et je précise que je ne partage pas les illusions de son auteur. Ce dernier semble appartenir à cette gauche altermondialiste qui estime que, même quand il se trompe aussi gravement, Mélenchon fait partie du même espace politique et moral. Ce n’est évidemment pas mon cas, ainsi qu’en attestent plusieurs articles consacrés à ce monsieur. Pour être sincère, je ne me donne pas même le droit d’écrire sans détour ce que je pense de lui, car alors, on m’accuserait sans nul doute d’aller trop loin. Il est vrai que je vais fort loin, mais il vaut mieux que cela reste dans ma tête.

En tout cas, voici. C’est un texte militant, pour sûr. Mais il contient des faits qu’il est loisible à chacun d’explorer. Pour ce qui me concerne, j’en sais assez sur la famille Humala pour être bien certain que M.Mélenchon, adorateur de l’Amérique latine, plutôt d’une Amérique latine frelatée, fantasmée, reconfigurée pour les besoins de ses exhibitions françaises, continue sa route en direction du Grand Rien, son vrai destin.

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Mélenchon en Amérique Latine, Mélenchon citoyennement à côté de la plaque !

|  Par Antoine (Montpellier)

 

COMMUNIQUÉ : Mr Mélenchon et le Pérou

COMITÉ DE SOLIDARITÉ AVEC CAJAMARCA : LES DÉCLARATIONS DE JEAN-LUC MÉLENCHON SUR LE GOUVERNEMENT D’OLLANTA HUMALA

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Photo. Pérou : répression des opposants à la mine de Conga. 5 morts, Jean-Luc Mélenchon !

Le dimanche 14 juillet 2013, Jean-Luc Mélenchon, un des leaders du Parti de Gauche, était au Pérou où il s’est entretenu avec le président de la République péruvienne, Ollanta Humala. Cette visite cordiale d’une des figures de la gauche française a été relatée par Mr Mélenchon lui-même sur son blog et sur le site du Parti de Gauche. S’il fallait n’en retenir que quelques mots, elle se résumerait ainsi : « Ollanta Humala, le président du Pérou, fait vite et bien ce que le président d’un pays riche comme le nôtre se montre incapable de commencer ». [le texte de JL Mélenchon sur son blog]

Eloge du gouvernement péruvien d’un côté et critique au gouvernement français de l’autre, la manœuvre est simple et efficace. Problème : il semble que Mr Mélenchon ait été mal renseigné sur la politique menée par le président péruvien. Rappelons que « la création d’une retraite » évoquée par Mr Mélenchon est en fait un programme social « Pension 65 » – et non un système de retraite – qui, jusqu’à présent, n’est opérationnel que sur 5% du territoire et se trouve déjà entaché d’un scandale de corruption. La croissance n’est pas de six points mais de sept pour l’année 2012, largement soutenue par les exportations du secteur minier (60% des exportations nationales en 2012). Or, les principales régions d’extraction des matières premières coïncident encore et toujours avec les régions les plus pauvres du pays (Cajamarca en est l’exemple).
Ceci ne nous semble pas « être le chemin du développement humain ». L’est encore moins la violente répression s’exerçant dans le cadre des nombreux conflits sociaux agitant le pays. Selon un rapport de la CIDH : depuis 2011, année de l’arrivée d’Ollanta Humala au pouvoir, 24 manifestants ont été assassinés et 649 personnes ont été blessées par la police et l’armée, qui ont utilisé même des armes de guerre contre eux. Au Pérou, on ne se réjouit peut-être pas de l’existence des riches mais on en subit autant qu’ailleurs l’emprise, le peuple de Cajamarca dans sa lutte contre la multinationale Newmont-Buenaventura-Yanacocha en sait quelque chose : il y est le spectateur quotidien de l’acoquinement du gouvernement d’Humala avec le grand capital.
Le président Ollanta Humala perpétue la même politique et suit le même chemin que ses prédécesseurs Alberto Fujimori ou Alan Garcia, par ailleurs critiqués par Jean Luc Mélenchon, c’est-à-dire l’octroi sans limites de concessions et de droits à des sociétés multinationales dans l’extraction des ressources du pays et ce au détriment des industries et des populations locales. Actuellement plus de 50% du territoire péruvien est sous concession d’entreprises minières ou pétrolières, essentiellement des multinationales et dans leur majorité Nord-Américaines, c’est une étrange manière d’être indépendant quand on sait que la loi permet aux multinationales de louer les services de la police nationale.
Qu’un homme de gauche comme Mr Mélenchon se retrouve soudainement à soutenir un gouvernement de droite est suffisamment grave pour être dénoncé par les acteurs qui, depuis la France, travaillent activement pour dénoncer les dérives de la politique néolibérale de Mr Humala. Le Comité de Solidarité avec Cajamarca, formé il y a presque deux ans, en soutien à un des mouvements sociaux les plus importants en Amérique Latine actuellement (le mouvement du « No à Conga » né de l’opposition au mégaprojet minier Conga), se déclare préoccupé par cette utilisation politicienne que Mr Mélenchon fait de la politique péruvienne.
Cette manœuvre de désinformation des citoyens français et des militants du Parti de Gauche nous paraît d’autant plus scandaleuse que Mr Mélenchon peut difficilement nier que plusieurs tentatives de sensibilisation sur la situation péruvienne ont été menées par le Comité de Solidarité avec Cajamarca auprès du Parti de Gauche. D’ailleurs, des représentants parisiens du PG avaient participé à une mobilisation devant l’ambassade du Pérou l’an dernier pour dénoncer la répression du gouvernement ayant tout de même coûté la vie à cinq manifestants. Cependant et depuis lors, le Parti de Gauche s’est abstenu – à la différence des 23 organisations politiques, syndicales et sociales signataires du communiqué du premier juin 2013 adressé au président Humala  –  de toute participation aux actions ou communications publiques réalisées par le Comité. Ce silence, puis les dernières déclarations de Mr Mélenchon, laissent penser que l’intérêt de ce dernier pour le Pérou est des plus superficiels et ne vise qu’à une chose : multiplier les déclarations d’opposition envers le gouvernement français. Pire, Mr Mélenchon, loin de méconnaître le cas péruvien, le balaie d’un revers de main en faisant le jeu de la droite péruvienne et en délégitimant la lutte des peuples originaires qui défendent sans relâche leurs terres et une autre vision du développement humain depuis déjà presque deux ans. C’est le cas, entre autres, des Gardiens des lacs de la région de Cajamarca.
Le Comité de Solidarité avec Cajamarca invite Mr Mélenchon, mais aussi tous les militants du Parti de Gauche, à reconsidérer cette prise de position qui va à l’encontre du travail réalisé par le Comité et les organisations signataires et qui alimente des pratiques aussi condamnables que celle de la désinformation. Notre Comité et ses alliés redoubleront d’efforts pour surmonter tous les  obstacles  à cette tâche indispensable, à cet engagement solennel avec le peuple de Cajamarca dans sa lutte légitime que nous avons pris ensemble, au compte des intérêts finalement de l’ensemble des peuples du Pérou.
Non à l’imposition du projet minier Conga par l’État péruvien et la multinationale minière Newmont-Buenaventura-Yanacocha !

Non à la répression violente exercée par le gouvernement Humala !

Vive les Gardiens des lacs et le peuple de Cajamarca !

Conga No Va, ni ahora ni nunca !

Publié par CS Cajamarca

Le texte sur le site Solidarité Cajamarca

A lire aussi 

 Nous écrivions sur ce blog, il y a peu, les lignes ci-dessous à propos du soutien du PG à la politique de Rafael Correa en Equateur. Ces remarques s’appliquent au cas du Pérou et, de manière générale, interrogent l’absence de recul critique dont font preuve le PG et Jean-Luc Mélenchon vis-à-vis des « révolutions citoyennes » d’Amérique Latine. Le dérapage sur le Pérou illustre caricaturalement un travers qui « oublie » que des populations, loin du paradis démocratique évoqué, subissent parfois des répressions bien peu …citoyennes au coût parfois dramatique !

Un exemple d’unilatéralisme analytique : le PG et l’ Equateur 

Le Parti de Gauche développe un soutien sans faille à la politique de Rafael Correa. On pourra lire dans le « kit militant » équatorien qu’il a édité, à l’occasion de cette présidentielle, comment ce parti fait l’impasse, dans son analyse du processus politique de ce pays, sur les limites, voire les graves carences, que pointe Alberto Acosta. […]

En Equateur, comme d’ailleurs au Venezuela, le rôle des mouvements sociaux est borné par les structures politiques (assemblées mais aussi parti du pouvoir) qui cherchent à garder toujours l’ascendant sur ceux-ci dans une dialectique de mobilisation « avec les élus », « par les élus », dérivant en mobilisation « pour les élus », « pour le président » lesquels, bien entendu, incarnent univoquement l’intérêt du peuple. Circularité argumentative dont on n’est pas obligés de penser qu’elle est la quintessence d’une politique pour la rupture écosocialiste et d’une démocratie par et pour le peuple (pardon pour la redondance) !

11 réflexions au sujet de « Mélenchon et le Pérou (une triste histoire si ordinaire) »

  1. La comparaison des deux textes, celui de Melenchon, ignare et naif, et celui des resistants a l’alliance gouvernement-police-capitalisme, est cruel. Apparemment Melenchon n’est qu’un poseur. En prenant l’exacte contre-posture de la posture « atlantiste » adoptee par Sarkozy & Hollande, Melenchon ne fait que s’enfoncer doublement dans l’erreur. Le contraire d’un clown est toujours un clown!

  2. Pareil pour sa position vis à vis de la Chine et du Tibet.
    Soutien inconditionnel à la Chine malgré la colonisation très nette de cette dernière depuis si longtemps.
    Le mépris d’une culture et d’un peuple qui ne demande qu’à vivre sa vie est intolérable.
    Tibétains / Indiens d’Amérique Latine même combat.
    Mélanchon préfère soutenir ses alliés au pouvoir.

  3. Je n’ai pas l’impression que Melenchon ait une connaissance sincere ni un amour profond (qui requiert comme prealable une connaissance sincere) des pays probablement tres differents que sont la Chine, le Venezuela, le Perou, l’Equateur ou Cuba. (On se dit, tient c’est curieux, il manque l’Iran, la Syrie, l’Irak, la Libye a la liste – mais Melenchon, en fin politique se dit surement: « soyons courageux mais pas temeraire »)

    L’impulsion de depart n’est pas mauvaise: « Notre gouvernement, pour des raisons pas completement explicitees, est hostile a ces pays, soyons au contraire positifs envers eux ». Tres bien. Mais se contenter d’adopter la posture contraire, tout en restant au niveau d’une posture, sans faire l’effort de connaissance qui implique un partage et un vrai risque, c’est jouer le role de pitre au mieux, de faire-valoir de cela meme qu’on denonce au pire.

  4. Toujours la même rengaine sur votre site qui contient pourtant de très bon sujet sur l’écologie et l’exploitation animale. Mais du point de vue recul sur notre histoire occidentale il est triste de voir que votre arrogance vous permet d’apporter des jugement simpliste sur des pays que nous avons volontairement maintenu dans une immense pauvreté. Je ne prendrai pas la peine de prendre la défense du gouvernement péruvien mais au sujet de Correa, il est impossible de laisser véhiculer de tel discours de pilier de comptoir qui juge toujours sans jamais bouger de leur fauteuil. Pour illustrer mes propos je repost un texte que j’avais mis en ligne suite aux critiques sur Hugo Chavez, car le fond du problème reste le même pour la plupart des pays non-alignés…
    Un petit mot quant au Tibet, relisez l’histoire de cette contrée qui est depuis plusieurs siècles rattaché à la Chine. Vous semblez nostalgique du temps ou se pays n’était qu’une vulgaire théocratie dirigée par une personne imposé par le droit divin et une bande de moine qui ne travaillaient pas, mais vivaient du labeur du peuple. Les chinois ont pris le contrôle sur cette province en 1950 en plaine guerre froide alors que le camp capitaliste emmené comme toujours par les USA tentait une déstabilisation de la région…

    Monsieur Nicolino vous êtes un anti-Chavez , et un anti-communiste des plus sombres. Bien que je sois d’accord avec vous sur de nombreux sujets ayant attrait à l’écologie au animaux, je pense que votre regard critique sur certains pays du monde ne prend pas tous les paramètres qui leurs sont dus en compte. Vous êtes très critique envers tous les dirigeants progressistes d’Amérique Latine. Fervent Anti-Castriste, vous avez choisit comme bouc émissaire favori Chavez que vous traitez de salaud, de sous homme, d’antisémite…
    Bref une rhétorique très proche de tous les dirigeants bourgeois et conservateurs de la planète.
    Que l’on ne soit pas aveugle devant le « Commandante vénézuélien » en évitant de le glorifier est une très bonne chose, à ce sujet, les critiques de Hervé Kempf qui sont les bienvenues, car elles restent objectives. Monsieur Nicolino, vous n’avez de regard objectif vous voyez le monde avec l’arrogance d’un occidental.
    L’Amérique Latine vit peut-être son siècle des lumières, pendant que nous sommes aveuglés par nos certitudes, nous jugeons avec notre ton hautain des peuples que nous avons exploités de la pire des manières durant des siècles et dont nous avons retardé le développement.
    « Ne perdons pas de temps en stériles litanies ou en mimétismes nauséabonds. Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. Voici des siècles… qu’au nom d’une prétendue “aventure spirituelle” elle étouffe la quasi-totalité de l’humanité. ” Ce ton est neuf. Qui ose le prendre ? Un homme du tiers monde, ancien colonisé. Il ajoute : “ L’Occident a acquis une telle course folle, désordonnée… qu’il va vers des abîmes dont il vaut mieux s’éloigner. ” Autrement dit : il est foutue. Une vérité qui n’est pas bonne à dire mais dont – n est- ce pas, mes chers co-continentaux ? – nous sommes tous, entre chair et cuir, convaincus.
    Devant ces peuples face à qui l’arrogance occidentale n’a qu’un recours : la force, quand il lui en reste ; l’indigène n’a qu’un choix : la servitude ou la souveraineté. »
    Cet extrait de JP Sartre de la préface des « Damnés de la Terre » de F. Fanon n’ a pas pris une ride, et s’applique aujourd’hui plus que jamais à nos sociétés dites « modernes ».
    On ne peut que saluer ces peuples d’Amérique Latine qui ont mis au pouvoir des dirigeants luttant pour leur liberté, malgré les tempêtes qu’ils ont dû traversées face au seul pays qui soit l’ennemi de tous, un ennemi activement agressif, que sont les pompeux “États-Unis d’Amérique” dont l’oligarchie se gave de dépenses militaires, pour un montant presque aussi important que celui de tous les autres pays du monde réunis. “États-Unis d’Amérique”, dont la cohésion précaire ne repose que sur ce côté militaire omniprésent, même dans l’instruction des enfants. Ce bout de continent qui se prend pour le continent entier (”Je suis Américain” disent-ils, innocemment).
    Comment peut-on tenter de donner des leçons de morales politiques ou même écologique à un Cubain, un Vénézuélien ou un Bolivien, pendant que les USA et leurs chiens de garde que sont l’UE et Israël bafouent les droits de l’homme en tolérant la torture, ou en portant la guerre sous de faux prétextes, et détruisent la planète de manière plus importante que tous les pays pauvres du monde réunis?
    J’ai eu la chance de me rendre à Cuba, et j’en suis revenu révolté de constater sur place la différence entre ce qui se passe, ce qui se dit et ce que relayent dans nos médias. Comment peut-on salir un pays qui s’en sort mieux que tous ses frères du Tiers Monde alors qu’il se trouve sous embargo US depuis 1961. Là encore nos élites occidentales, grâce au contrôle qu’elles exercent sur les transnationales de l’info, imposent à l’humanité une vision de la réalité minutieusement régie par un cadre idéologique. Ces barrières doctrinales mises en place sont destinées à écarter toute pensée alternative qui risquerait de remettre en cause le bien fondé de l’ordre mondial actuel. Ainsi nos médias soi-disant libres ne nous donnent pas vraiment une information objective, mais défendent l’ordre politique, économique et social et d’une certaine manière vous faites ce jeu là, que Chomsky appelle la fabrique du consentement.
    Mais nous ne sommes pas moins coupable chacun à notre niveau moi le premier, de laisser faire cette oligarchie destructrice, qui pillent des pays pauvres et déstabilisent ceux qui ne se laissent pas faire et le tout en notre nom. Nous, nous regardons de loin sans réagir et c’est cela le plus grave. Les pays du Tiers Monde, nous envient peut-être ce que nous avons, notre avance technologique, mais pas ce que nous sommes
    Pour en revenir au but de mon intervention, non Chavez, n’est pas « une queue de comète d’un grand phénomène monstrueux » comme il est dit dans votre article. Chavez s’inscrit dans la voie de l’autodétermination des peuples, chemin que Cuba a ouvert il y a plus de 50 ans.
    Et puisque j’ai abordé Cuba, qui est à la base des nombreux changements en Amérique Latine, mais aussi ailleurs dans le monde, je conclurai ma petite intervention par un grand homme d’un autre continent : Nelson Mandela.
    « Nous admirons les acquis de la Révolution cubaine dans le domaine de l’assistance sociale. Nous apprécions la manière avec laquelle un pays auquel on avait imposé un retard s’est transformé. Nous reconnaissons les avancées dans les domaines de la santé, l’éducation et la science.
    Nous pouvons apprendre beaucoup de choses de son expérience. Nous somme particulièrement émus par l’affirmation du lien historique avec le continent africain et ses peuples. Son engagement immuable à l’éradication du racisme n’a pas de parallèle.
    Mais la leçon la plus importante que vous pouvez nous offrir est que peu importe l’adversité, peu importent les difficultés contre lesquelles il faut lutter, il ne faut jamais se rendre !
    C’est une affaire de liberté ou de mort ! »

    William Wallace

  5. William Wallace,

    Vous ne faites qu’enfiler perle sur perle. Ma foi, c’est un droit constitutionnel. Les références à vos voyages à Cuba me font penser à d’autres voyages, menés pendant des dizaines d’années, par d’autres que vous, aussi sourds et aveugles que vous. À Moscou, à Pékin, à Tirana, mais aussi à La Havane.

    Que vous dire ? Que vous êtes un complet ignorant ? Certes, vous l’êtes. Et j’assume mes propos. Je connais, je connais bien l’histoire des stalinismes, qui contient celle de la dictature castriste. Et le stalinisme concourt pour la première place, à mes yeux en tout cas, du pire de l’histoire humaine. Je tiens qu’il existe deux jumeaux de la terreur et de l’abomination : le fascisme et le stalinisme. Cela tombe bien, car depuis l’âge de seize ans, j’ai toujours combattu les deux, quelquefois par des moyens réprouvés par la loi commune.

    Voyez-vous – mais déjà, sans doute, avez-vous arrêté de lire -, je me sens l’héritier vivant d’un passé qui ne passera jamais. Entre Staline, Mao, Hodja, Ceaucescu, Honecker, Husák, Jaruzelski, Castro, Chávez et ma mémoire, il y a de considérables fleuves de sang, qui jamais ne tariront. Il faudra attendre ma mort.

    Une partie notable de moi continue à vivre dans les décombres de la Central telefónica de Barcelone. Bien que vous ne l’exprimiez pas de la sorte, je suis sûr que vous serez d’accord avec cela : je n’appartiens pas à ce camp d’assassins et de fossoyeurs.

    Fabrice Nicolino

  6. Pour ma part je compte bien défendre une autre vision de ce monde actuel dans lequel l’occidental aurait toujours le bon rôle. N’oubliez pas que les dirigeants et les politiques de nos pays soi-disant développés sont à la base des plus grands massacres de la planète. Tous les continents du monde ont payé le prix fort de l’avidité occidentale. L’Amérique Latine a été saignée à blanc par les libéraux du nord tout comme l’Afrique ou l’Indonésie.
    Je trouve que Cuba offre une autre manière de gérer un pays qui est loin d’être parfaite certes mais qui permet de faire survivre une population dans son intégralité dans un pays du tiers monde, et ce malgré un embargo ignoble. Même Amnesty international reproche beaucoup moins de dérive à Cuba qu’au Canada ou à vos cher USA. Vous me dites ignorant mais vous l’êtes encore plus à mes yeux vous qui pensez proposer une autre vision de la société vous ne faites qu’enfermer vos lecteurs dans une nasse idéologique qui ne permet aucune véritable alternative. Je déteste autant que vous ce que furent le fascisme et le stalinisme, mais le sionisme et le capitalisme actuel me font autant gerber. Lisez Chomsky, A. Davis, H. Zinn, Bricmont, A. Arendt, Mandela, ou même F. Castro ou Guevara cela vous permettra de varier vos idées et de faire un peu travailler votre cerveau gauche…

  7. Un article qui tend à faire contre poids à celui cité ci-dessus…

    Equateur : les mensonges médiatiques sur Correa et la liberté d’expression

    Lorsque l’Équateur a accordé l’asile à Assange au milieu de l’année 2012, Peter Hartcher du Sydney Morning Herald a accusé Assange de « hypocrisie » pour avoir accepté l’asile du président Rafael Correa, « l’un des principaux oppresseurs de la liberté d’expression au monde ».

    Annabel Crabb a rejoint les choeurs, en écrivant dans le Sydney Morning Herald : « Une foultitude de fans d’Assange sur Twitter ont salué l’Equateur et son président, Rafael Correa, comme un héros de la liberté d’expression internationale et des droits humains. »

    « Correa est le même gars qui l’an dernier a emprisonné un journaliste et trois dirigeants du journal El Universal [sic] pour avoir dit des choses désagréables sur lui … [et] qui devrait bientôt extrader le militant biélorusse anti-corruption Alexander Barankov vers un destin peu enviable dans son pays d’origine … Equateur : champion de la liberté d’expression. On croit rêver. »

    Les seules erreurs factuelles dans la diatribe de Crabb sont que Barankov n’a jamais été extradé (mais accordé l’asile), que le journaliste et dirigeants mentionnés n’ont jamais été emprisonnés et que le nom du journal en question n’est pas El Universal !

    Ceci pourrait se lire comme un dénigrement sarcastique des nations les plus pauvres qui sont en quelque sorte moins capables de « démocratie », mais le Sydney Morning Herald ne faisait qu’appliquer les instructions du manuel rédigé par Washington sur la manière de dénoncer la gauche latino-américaine.

    L’affaire El Universo

    La presse US s’était entraînée pendant des années à dénoncer la soi-disant « dictature » du feu président Hugo Chavez au Venezuela avant de tourner leur attention vers Correa. Après avoir accordé l’asile à Assange, Correa s’est retrouvé en tête de liste.

    Le Washington Post, le New York Times, le Christian Science Monitor, The Economist, et Time ont chacun publié des articles pratiquement identiques sur la prétendue répression des médias libres par Correa. Et tous ont placé au centre de la scène la même victime : El Universo.

    La saga découle d’un article publié par El Universo, le 5 Février 2011, écrit par Emilio Palacio et intitulé « Non aux mensonges ». Le journal a ensuite été poursuivi pour diffamation par Correa.

    L’article présentait le compte-rendu de Palacio sur les événements dramatiques du 30 Septembre 2010, lorsque Correa a été pris en otage par des policiers rebelles à l’intérieur d’un hôpital militaire pendant neuf heures. L’Union des Nations d’Amérique du Sud (UNASUR), qui regroupe 12 pays d’Amérique du Sud, a qualifié ces événements de tentative de coup d’Etat.

    Bien qu’il y ait eu beaucoup d’improvisation lors de ces événements, ce qui paraît clair c’est que la police a occupé le Parlement ; les aéroports de Quito et Guayaquil ont été saisis par des secteurs de l’armée ; les manifestants et les soldats fidèles à Correa ont été obligés de se porter à son secours, et la voiture dans laquelle Correa s’est échappé de l’hôpital militaire était criblée de balles.

    Dans le récit de Palacio publié dans El Universo, celui-ci désigne Correa comme le responsable de l’effusion de sang, qui a fait huit morts et plus de 200 blessés dans tout le pays. Il a accusé Correa d’avoir donné l’ordre d’ouvrir le feu sur l’hôpital où il était détenu en captivité, le qualifiant de crime de « lèse humanité » : le terme est une insulte à connotation raciste dans les Andes qui signifie grossier, stupide et inférieur.

    L’article complet se lit comme offensive ridicule. Palacio y qualifie neuf fois Correa de « dictateur » et deux fois son gouvernement de « dictature ». Cela est permis par la loi équatorienne.

    Tu parles d’un dictateur – Correa avait le plus haut taux d’approbation de tout dirigeant d’Amérique latine l’année dernière et cette année aussi. Il a été réélu en Février avec 58% des voix.

    Sans surprise, Palacio et El Universo ont été reconnus coupables de diffamation. Mais la diffamation en Equateur est encore une infraction pénale, alors Palacio et deux directeurs du journal ont été condamnés à trois ans de prison (par un tribunal, pas par Correa).

    En fait, Correa les a graciés – aucun journaliste n’a été emprisonné sous son gouvernement au pouvoir depuis sept ans. Toutefois, la loi (qui est antérieure à Correa) a un besoin urgent d’être réformée.

    L’épisode El Universo a été la cheville ouvrière d’une campagne contre Correa, accusé de réprimer les médias libres en Equateur. Pourtant, en citant le cas présent, les médias américains et australiens omettent ou déforment le contexte du coup d’Etat et ignorent tout simplement le fait que les accusés n’ont jamais été emprisonnés.

    Le Sydney Morning Herald a même totalement omis de mentionner le coup d’état, tout comme Time. Le New York Times a parlé d’une « protestation de policiers », tout comme le Christian Science Monitor. Le Washington Post a parlé d’un « soulèvement de policiers ». The Economist a décidé qu’il s’agissait d’une « mutinerie de policiers ».

    Toujours aussi hilarant et inquiétant à la fois, le torchon propagandiste de Murdoch, The Australian, a bien parlé de la tentative de coup d’état, mais en accusant les peuples indigènes de l’Équateur.

    Nouvelle loi sur les médias

    La campagne a été relancée de nouveau en Juin, quand Correa a déclaré que son gouvernement envisageait d’accorder l’asile à Edward Snowden après ses révélations sur la surveillance, l’espionnage international et la cyber-guerre des Etats-Unis dans le monde entier.

    Cette fois, les accusations d’hypocrisie se sont basées sur la nouvelle loi sur les médias qui a été adoptée le 21 juin en Equateur.

    Le Washington Post a parlé de « loi bâillon ». Ils ont critiqué le « deux-poids deux-mesures » de Correa, un « dirigeant autocratique … connu pour sa persécution des journalistes dans son propre pays ».

    Time a écrit qu’avec cette loi, le bilan de Correa en matière de liberté d’expression devenait « aussi mauvais que celui du président russe Vladimir Poutine ». Le magazine a affirmé que la loi « réduit drastiquement le nombre de médias privés tout en augmentant considérablement les diffusions contrôlées par l’Etat et fait de Correa de facto le censeur médiatique de la nation ».

    Le Christian Science Monitor a affirmé que la nouvelle loi « restreint ce que les journalistes peuvent couvrir sur les candidats [aux élections] … Les critiques disent que c’est au profit [de Correa]. »

    Qu’en est-il en réalité ? La nouvelle loi stipule que les médias privés seront limités à un tiers du marché. Les médias publics représenteront un autres tiers et les médias communautaires, à but non lucratif, le dernier tiers. Ce qui signifie que les médias ne seront plus presque totalement dominés par les intérêts privés et que les secteurs populaires auront un accès, jusqu’alors fermé, aux médias grâce aux médias communautaires.

    La loi interdit également le « lynchage médiatique » – en d’autres termes, les campagnes concertées de diffamation – par des prises de position politiques manifestes, en particulier dans la couverture des élections.

    L’autorité chargée du contrôle n’est pas simplement un bureau de la présidence, comme suggéré par Time et The Economist. Elle comprend des représentants des gouvernements provinciaux, des groupes culturels et des universités.

    Des médias libres et indépendants ?

    L’aspect le plus frappant de la campagne contre l’Equateur est que les médias privés « libres et indépendants » que ces médias veulent défendre sont ceux qui oeuvrent à l’unisson dans une propagande opportune contre les « ennemis officiels » – comme le Venezuela, l’Equateur, Assange et Snowden.

    C’est pourquoi le discours de la « presse libre » contre les « gouvernements autocratiques » doit être remis en question.

    Les entreprises privées sont tout aussi disposées à lancer des procès en diffamation que les gouvernements. Les diffuseurs peuvent être, et sont souvent, menacés d’annulation de contrats publicitaires lucratifs pour avoir publié des articles ou des documentaires critiques.

    En Australie par exemple, GetUp a récemment vu une publicité payante – détaillant la propriété par Woolworth des machines de poker – retirée de (la chaîne de télévision) Channel Seven, sans explication.

    Dans ses articles sur Snowden, Times a écrit que le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur et le Nicaragua – l’alliance de gauche qui soutient Assange et Snowden – « présentent les bilans sur les droits de l’homme parmi les plus sombres de l’Amérique latine ». En réalité, cet argument ne tient pas la route à moins d’exclure tous les alliés des Etats-Unis dans la région.

    Après le coup d’état appuyé par les Etats-Unis au Honduras en 2009, 25 journalistes ont été tués (jusqu’à la mi-2012). Au Mexique, 87 journalistes ont été tués au cours de la dernière décennie.

    En Colombie, allié régional clé des Etats-Unis et de l’OTAN, la violence policière et paramilitaire contre des journalistes, des dirigeants communautaires et des syndicalistes est largement répandue.

    Cette campagne médiatique vise clairement à discréditer les projets politiques de la gauche en Amérique latine. Dans son éditorial du 24 juin, le Washington Post a qualifié Correa de « dirigeant autocratique du minuscule et pauvre Equateur ».

    Environ 27% des Equatoriens vivent dans la pauvreté, contre 37% lorsque Correa est arrivé au pouvoir. Aux États-Unis, par contre, 16% de la population vit dans la pauvreté, ainsi que 20% des enfants.

    Ceci en dépit du fait que, par rapport à la population, l’économie américaine est 10 fois plus grande que celle de l’Équateur. Quel pays est donc en position de critiquer l’autre sur la pauvreté ?

    Hypocrisie

    Les États-Unis ont critiqué l’Equateur pour avoir accordé l’asile à Assange, mais ont refusé d’extrader les frères Isaias vers l’Equateur. Ces derniers sont des copains de finance et d’industrie qui ont volé des millions de dépôts bancaires équatoriens et se sont enfuis à Miami.

    Les États-Unis ont aussi accordé l’asile à Orlando Bosch et Luis Posada Carriles, des terroristes cubains de droite qui ont posé une bombe dans un avion de ligne cubain. L’avion a explosé en plein vol, tuant 73 personnes.

    Qui est le mieux placé pour critiquer l’autre ? Qui est le mieux placé pour parler de soutien aux terroristes ?

    Malheureusement, la véritable histoire derrière l’affaire Snowden a souvent été perdu au milieu du vacarme. Le faux débat en cours est de savoir si la surveillance de l’Etat est justifiée dans le but de prévenir les attaques terroristes.

    Le débat que nous devrions avoir est de savoir comment éviter le système mondial de surveillance qui est utilisé pour lutter contre les militants écologistes et pacifistes, et pour faciliter le pillage des contribuables et des retraites par l’industrie de la finance, qui contrôle les échelons les plus élevés des gouvernements de l’UE et des Etats-Unis.

    Les militants du monde entier devraient consulter Prism-break.org et Mayfirst.org pour voir comment sécuriser leur travail en ligne.

    Christian Tym
    doctorant en recherches d’anthropologie politique et médicale en Equateur

    source http://www.greenleft.org.au/node/54573

    Traduction « on dirait qu’il y a des « antifas » aussi en Equateur » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

  8. Si Chavez et Morales ont amélioré les conditions de vie de la plus part des Vénezueliens et Boliviens, il n’en va pas de même au Pérou étant donné qu’il y a autant de différences entre Fujimori et Humala, qu’entre les tandems Chirac/ Raffarin et Hollande / Ayrault. A part les noms et le physique, aucune.

  9. Tout à fait d’accord. Car si à Cuba au Vénézuela ou en Equateur certain aliments se trouvent rationnés, tout le monde mange. Au Pérou une classe aisée existent, aucun rationnement mais des gens qui meurent de faim et vivent dans des conditions plus que pitoyable. Mais le Pérou n’est pas un ennemi de l’occident bien au contraire nos libéraux y apportent leur soutien…

  10. Réponse à william Wallace à propos de ce qu’il dit du Tibet et de la Chine :
    « Un petit mot quant au Tibet, relisez l’histoire de cette contrée qui est depuis plusieurs siècles rattaché à la Chine. Vous semblez nostalgique du temps ou se pays n’était qu’une vulgaire théocratie dirigée par une personne imposé par le droit divin et une bande de moine qui ne travaillaient pas, mais vivaient du labeur du peuple. »

    Il faut être particulièrement aveugle, sourd et ignorant pour re servir l’argument des chinois eux-mêmes à savoir que le Tibet « est depuis plusieurs siècles rattaché à la Chine’.

    La Chine occupe le Tibet, assassine une culture, interdit aux tibétains d’apprendre leur langue en même temps qu’elle exploite et pille les ressources. Ceci est et reste intolérable et insupportable.

    A lire http://tibetlibre.eklablog.com/tibet-jean-luc-melenchon-raconte-encore-des-betises-a85929706

  11. Le Tibet est un pays à part entière avec une culture et une langue bien particulières et spécifiques.
    Envahir un pays sous prétexte qu’on n’apprécie pas sa « vulgaire théocratie dirigée par une personne imposé par le droit divin et une bande de moine qui ne travaillaient pas, mais vivaient du labeur du peuple » me semble la porte ouverte à tous les abus où la loi du plus fort gagne à tous les coups.

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