La déroute de madame Voynet

Amis lecteurs, vous savez peut-être que madame Voynet vient de se dégonfler. Élue maire de Montreuil – 100 000 habitants -, ville riveraine de Paris, en 2008, elle jette l’éponge. Elle ne se représente pas. Selon moi, elle a craint d’être ridiculisée dans les urnes, et je le comprends sans peine, car elle n’avait pas une chance de vaincre. Aucune. Elle avait très visiblement atteint ses limites et, incapable de faire passer les intérêts collectifs avant les siens propres, elle a préféré donc se retirer.

Attention, malgré les apparences, je ne juge pas. Ou du moins, je ne juge pas sa trouille, car je ne suis certes pas du genre à considérer la testostérone comme un argument de vente. Elle a bien le droit. De ne pas se sentir assez à l’aise pour continuer. Seulement, quelle honte d’habiller cela comme elle le fait ! À la suivre, il faudrait croire que la politique aura été trop cruelle pour elle. Tous ceux qui la connaissent un petit peu ne peuvent que rigoler à gorge déployée, car dans le domaine de la cruauté, des coups bas et de travers, madame Voynet est et restera une championne. Elle aurait pu sortir dans la dignité, en disant pour une fois la vérité, mais je dois dire que cette vérité est pratiquement indicible. Car un seul mot s’impose : échec.

Elle disposait d’un terrain merveilleux. Montreuil compte beaucoup d’écologistes, des territoires aussi magiques que les Murs à pêche (voir plus bas), de belles associations, un terreau fertile de toutes les solidarités humaines disponibles. La droite et les fascistes y sont inconnus, et le rejet de l’ancien maire para-stalinien, Jean-Pierre Brard, était total. Elle eût pu faire prospérer un vaste laboratoire, et démontrer même qu’une maire écologiste a quelque chose à proposer aux pauvres et aux immigrés des cités. Au lieu de quoi, seule avec sa camarilla, elle a prétendu conduire une rénovation-destruction de Montreuil, à commencer par le site – écologique autant qu’historique – des Murs à pêche. Moi, je suis allé la voir au début de son mandat pour tenter de la convaincre qu’elle faisait fausse route. Mais elle s’en foutait complètement. Mais elle entendait commander, imposer, régner. On voit le résultat, et c’est un désastre politique.

En un sens, Voynet est représentative de cette  génération de politiciens « écologistes » qui se sont montrés aussi misérables que, mutatis mutandis, les socialistes de l’époque Mitterrand, qui auront avalisé tant de capitulations et manipulations. Ni Voynet ni ses amis-ennemis d’Europe Écologie Les Verts n’ont été à la hauteur des événements dont ils n’ont pourtant cessé de parler. Ayant prétendu au départ « faire de la politique autrement »,  ils se sont comportés, selon les cas, en autocrates, en carriéristes, en bouffons. Plus rarement, on aura vu tel ou tel jouer les trois rôles en alternance.

Voynet est-elle la pire ? Sûrement pas. Est-elle emblématique de ce naufrage d’une génération politique ? Assurément. Je sais qu’elle ne me croira pas, mais je n’ai rien contre sa personne. Quand elle était ministre de l’Environnement de Lionel Jospin, entre 1997 et 2000, elle s’est occupée avec honneur d’un cas terrible. Je défendais alors, avec tous mes faibles moyens, un homme condamné à la prison à vie, que je pensais et pense toujours innocent. Elle m’a alors rendu service. Elle lui a rendu service. Elle est intervenue, avec courage, et il serait bien ingrat de ma part de ne pas m’en souvenir. Non, je n’ai rien contre Dominique Voynet. Simplement, elle incarne ce que les Espagnols appellent un fracaso. C’est-à-dire la perte de quelque chose à quoi l’on tenait. La chute. Je n’ai pas la délectation morose, et j’aurais grandement préféré qu’elle reste et surtout qu’elle réussisse.

Ci-dessous, je remets en ligne un papier de 2010 de Planète sans visa.

 

Madame Voynet et la nouvelle bibliothèque François Mitterrand

La tête sur le billot, bien obligé, j’avoue faire partie de l’association Murs à pêche (MAP), qui tente de sauver depuis quinze ans un lieu unique, mais réellement unique (ici). Il s’agit d’un réseau branlant, au bord de la ruine définitive, de murs de pierre sèche à l’intérieur desquels on a fait pousser des fruits depuis des siècles. Les murs, mélange de plâtre, de silex, de mortier, conservaient la chaleur du jour et la restituaient la nuit à des arbres fruitiers conduits en palissage contre les parois de pierre. Une pure merveille, dont la réputation s’étendait jadis jusqu’à la table de Louis le Quatorzième. On pense que vers 1825, 15 millions de pêches étaient produites tout au long de 600 km de murs.

Et puis la terre a tourné, dans un sens bien étrange. Les murs ont rétréci à mesure que s’étendait l’aventure industrielle extrême. Je vous passe les détails, pourtant passionnants. Montreuil, longtemps ville communiste, a laissé le prodigieux héritage péricliter. Il n’est plus resté que 200 hectares, puis 100, puis à peu près 35 aujourd’hui. Très dégradés, mais aux portes de Paris. Il y a des arbres, des fleurs, des oiseaux, des murs. Encore. L’ancien maire Jean-Pierre Brard, stalinien repenti ayant maintenu des liens solides avec les communistes locaux, voulait urbaniser. Installer en place et lieu 250 pavillons. Et garder des bricoles pour le folklore. Dominique Voynet, responsable nationale des Verts, a gagné la partie en 2008, à la surprise générale. L’association MAP pensait qu’elle lancerait un vaste projet, susceptible de sauver et de magnifier cet espace extraordinaire. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

Pour comprendre ce qui suit, sachez que le projet de madame Voynet prévoit de sauver environ 20 hectares des anciens murs à pêche, qui seront soumis à l’immense pression foncière, immobilière, industrielle et commerciale d’un nouveau quartier. Car tel est le projet : un nouveau quartier. Je viens de déposer sur le site de MAP (ici) l’article ci-dessous. Parce que cette affaire, qui ne fait que commencer, nous concerne tous.

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Préambule : compte tenu de ce que je vais écrire, il est bon que je me présente un peu. Je suis journaliste et je connais Dominique Voynet depuis environ vingt ans. Je ne suis et n’ai jamais été de ses intimes, mais je la connais donc depuis cette date. J’ai eu souvent la dent dure contre elle, et ne le regrette pas. Mais je sais aussi que dans certaines circonstances – le sort d’un homme en prison -, lorsqu’elle était ministre, elle a su se montrer une femme digne et courageuse. J’ai voté pour elle dès le premier tour des élections municipales, et accepté de faire partie de son comité de soutien à cette occasion. Voilà. Je la connais. Je ne suis pas son ennemi. Je ne suis pas son beau miroir.

Venons-en à la très grave question de l’aménagement du quartier autour des Murs à pêche de Montreuil. On le sait, j’imagine que vous savez tous que madame Voynet a décidé la création d’un immense quartier de 200 hectares, couvrant environ le quart de la ville. Il s’agit, au sens le plus terre-à-terre de l’expression, d’un projet pharaonique. Toutes les ressources de la ville, et bien au-delà évidemment, y seront englouties pour au moins une génération. Le chiffre colossal de 2 milliards d’euros d’investissement est avancé par la ville elle-même. Il est clair, il est manifeste, il est indiscutable que Montreuil, dans l’hypothèse où ce projet verrait le jour, ne serait plus jamais la ville qu’elle a pu être. On joue là les 100 prochaines années de cette ville. Retenez ce chiffre, car il n’est pas polémique. Un projet de cette dimension décide d’à peu près tout pour 100 années. Plutôt long, non ?

Toujours plus d’habitants

Nous sommes face à une oeuvre urbaine colossale et sans précédent. Elle comprend des travaux lourds – une piscine, une médiathèque, des écoles – qui de facto formeraient une ville nouvelle. Surtout, 3 000 logements seraient construits sur place, ce qui entraînerait mécaniquement l’installation de milliers – 10 000 ? – d’habitants supplémentaires dans une ville qui en compte 102 000. Pourquoi pas, certes. Mais aussi et avant tout : pourquoi ? Cette question n’est pas même évoquée par l’équipe de madame Voynet, ce qui est tout de même très singulier. Oui, posons calmement la question suivante : pourquoi diable faudrait-il densifier encore une ville de 100 000 habitants aux portes de Paris, alors même que Montreuil est la signataire – en grandes pompes – de la charte européenne dite d’Aalborg, qui prône exactement le contraire (ici) ? Lisez ce texte limpide et magnifique, et vous m’en direz des nouvelles. Le paradoxe, qui n’est pas le dernier, est que ce texte a été signé par l’ancienne municipalité, qui en bafouait allègrement les principes. Mais voilà que la nouvelle fait de même. Étrange.

Recommençons : pourquoi ? Le seul argument que j’ai entendu est celui-ci : la demande de logements est considérable. Une telle flèche est censée foudroyer le contradicteur. Mais elle ne produit pas le moindre effet sur moi, et voici pourquoi. La question du logement se pose évidemment, ÉVIDEMMENT, au niveau de toute la région. Complexe, elle engage pour des décennies et mérite donc des discussions approfondies, des arbitrages, des péréquations. Peut-être est-il plus judicieux de bâtir en d’autres points de notre région, en fonction de paramètres sinon raisonnables, du moins rationnels ? Mais il n’y a eu aucune discussion sur le principe même de ces nouvelles constructions. Ou bien peut-être à l’abri des bureaux municipaux, à l’ancienne ?  Or, l’avenir commun se discute et se décide en commun, a fortiori quand on entend faire de la politique autrement, comme l’aura tant clamé madame Voynet au long de sa carrière.

L’aspirateur à ordures

Pourquoi ne dit-on jamais qu’il existe plusieurs milliers – on parle de 4 000 – logements inoccupés à Montreuil ? Pourquoi ne dit-on jamais la vérité sur l’état de dévastation énergétique et écologique de tant de cités populaires de la ville ? N’y a-t-il pas là de magnifiques chantiers de restauration de la vie collective, susceptibles de redonner confiance aux citoyens dans l’action politique ? Je prétends que la priorité des priorités, dans le domaine du logement, est de s’attaquer à l’amélioration de ce qui existe. Et je défie quiconque de me prouver le contraire dans une réunion publique contradictoire. Construire 3 000 logements neufs, dans ces conditions, s’appelle une fuite en avant, dans tous les domaines. Et un gaspillage monstrueux de matières premières de plus en plus précieuses. Cessons de rigoler ! Cessons de parler d’écologie du haut des tribunes avant que de recommencer les erreurs du passé. Dans le monde malade qui est le nôtre, sur cette planète surexploitée, épuisée par les activités humaines, lancer un chantier de cette taille est une très mauvaise action. Une sorte de manifeste de l’anti-écologie.

Ah ! la piscine sera « écolo » ? Ah ! les parkings seront à l’entrée du quartier ? Ah ! la collecte des déchets se fera par aspiration souterraine ? Franchement, lecteurs de bonne foi, ne voyez-vous pas qu’on vous mène en bateau ? Sous le label passe-partout d’écoquartier, qui sera bientôt aussi dévalué que celui de « développement durable », on se livre à une vulgaire manipulation des esprits. Les vrais écoquartiers, très exigeants, sont connus. C’est le cas par exemple dans la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau. Mais cela n’a rien à voir avec ce qui est aujourd’hui annoncé, qui n’est que poudre aux yeux. À Fribourg, madame Voynet, il s’agit de changer la vie quotidienne par une politique audacieuse des transports, une réduction des volumes de déchets, un usage généralisé de formes d’énergie renouvelable. À Montreuil, misère ! on cherche à nous « vendre » un système souterrain pour qu’on ne voit plus en surface nos ordures. Au fait, ce système nouveau, Veolia ou Suez ? Vous vous doutez bien qu’un investissement pareil ne saurait se faire sans l’appui de grands groupes immobiliers, aussi de gestion de l’eau et des déchets. C’est inévitable. Mais ce n’est pas en 2020 que nous avons besoin de l’ouverture franche, directe et totale du dossier, car ce sera alors trop tard. Non, c’est maintenant. Je gage que de très mauvaises surprises nous attendent au tournant. On parie ?

Le Poivron était trop vert

Reste, avant ma conclusion, la redoutable et dévastratrice – pour madame Voynet – question de la démocratie. Comment une femme écologiste ose-t-elle lancer des travaux de cette dimension sans en appeler avant tout au débat public ? Oui, comment ose-t-elle ? Quand on prétend changer le cours de l’histoire locale sans seulement consulter la population, mérite-t-on encore sa confiance ? Un projet d’une ampleur pareille ne saurait partir d’un autre point que l’examen contradictoire des besoins sociaux, culturels, écologiques de la cité. Cela n’a pas été fait. Ce qui a été fait, ce qui se fait sous nos yeux, c’est une tentative de passage en force. Comme aurait fait Jean-Pierre Brard naguère. Comme ont fait des milliers de maires dans le passé. Comme le font tous ceux qui ne croient pas à la démocratie, mais au pouvoir.

J’ai sous les yeux des articles du journal montreuillois Le Poivron, jadis animé par Patrick Petitjean, aujourd’hui maire-adjoint. Je lis dans le numéro 73, de septembre 2005, sous la plume de Petijean, et à propos de projets municipaux de bétonnage des Murs à pêche, ceci : « Les mêmes interrogations se sont fait jour au conseil municipal le 30 juin : Pourquoi, brusquement, une telle précipitation ? Pourquoi court-circuiter le débat en cours sur le Plan Local d’Urbanisme ? Pourquoi cette absence de plan global, au contraire des exigences de la procédure de classement partiel ? ». Je pourrais citer la collection complète du Poivron, qui rend hommage, au passage, à l’association dont je suis membre, MAP, présentée comme celle qui a permis le classement, in extremis, de 8 hectares des Murs. Je pourrais continuer, ad nauseam. Autres temps, autres moeurs. Comme il est simple, facile et confortable d’oublier ses promesses, n’est-ce pas ?

Au pays de la grosse tête

J’en arrive à ma conclusion. Que cherche donc madame Voynet ? Je n’en sais rien, car je ne suis pas dans sa tête. Mais je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec le défunt président François Mitterrand. On s’en souvient, ce dernier avait, tel un roi républicain, voulu marquer de son empreinte le sol de cette ville éternelle qu’est Paris. D’où cette politique ruineuse de grands travaux, dont le fleuron le plus affreux est sans conteste la Très Grande Bibliothèque des quais de Seine. J’ai le pressentiment que Dominique Voynet est atteint du même syndrome mégalomaniaque, classique, ô combien !, chez nos politiques de tout bord. Elle entend décider seule, éventuellement contre tous, de l’avenir d’une ville qui nous appartient, à nous et à nos enfants. Je souhaite ardemment que Montreuil tout entière se lève pour dire NON ! Cette ville populaire, cette ville volontiers rebelle doit retrouver la fougue passée, et donner de la voix. Si les élus actuels ont oublié d’où vient leur provisoire légitimité, je pense qu’il est grand temps de le leur rappeler.

Rien n’est encore perdu. Tout peut être modifié, sauvé, changé, à la condition d’unir, loin de toute considération électoraliste. Nous verrons bien, je ne suis pas devin. Mais il serait accablant que madame Voynet reproduise, à son échelle, ce que tente Christian Blanc, le secrétaire d’État de Sarkozy, avec le Grand Paris. C’est-à-dire un projet délirant, du passé, dépassé, de métro géant – la « double rocade » -, qui ruinerait les ressources publiques de l’Île-de-France pour des dizaines d’années. Ce que nous refusons à l’un, nous devons évidemment le contester à l’autre. Nous voulons, je veux en tout cas de la discussion, de l’ouverture,  de la démocratie. Et pas un lamentable simulacre. L’urgence est de remettre tout le dossier à plat. Pour l’heure, souvenez-vous en, rien n’est fait. Et tout est possible. Même le meilleur.

Fabrice Nicolino, le 30 mars 2010

25 réflexions au sujet de « La déroute de madame Voynet »

  1. Le problème n°1 de Voynet c’est qu’elle est tout simplement… de gauche ! En rien écologiste pour moi. (et en plus, autoritariste et tout ce que tu décris parfaitement Fabrice…).
    Je l’ai vu arriver chez les Verts succédant à Waechter (après des manipulations sans nom avec la complicité de « Politis » entre autre… un autre naufrage d’ailleurs… à venir), j’ai tout vu de l’intérieur à partir d’un groupe local, départemental et régional des Verts. Vraiment pas réjouissant. J’ai tout quitté grâce à elle quand j’ai compris qu’il n’y avait plus rien à attendre de ce parti… Un naufrage, vraiment ! Et là, ça fait même presque pitié… c’est en tout cas pitoyable.
    Qu’on se le dise : l’écologie politique est morte dans ce pays, pour un sacré bout de temps à mon avis, hélas ! Hélas car on a besoin de l’écologie politique, plus que jamais…

  2. Dans le piémont la province a refusé l’implantation d’un mega IKEA pour la preservation d’excellentes terres fertiles…du coup le géant suédois claque la porte du Piémont au grand dam d’un curé du coin qui avait demandé à ses paroissiens de prier pour que cette implantation se réalise (emplois) http://www.lastampa.it/2013/11/27/cronaca/no-al-nuovo-megastore-ikea-e-lazienda-sbatte-la-porta-piemonte-addio-mbltrsfU9pJqKHtaVyMsHJ/pagina.html

  3. Salut à toutes et tous,

    Plus grave que les états d’âmes de Mme Voynet, le projet de loi inique que viennent d’adopter les sénateurs le 20 novembre après un incroyable retournement de veste.

    En effet, 5 groupes sur 6 avaient déposé un amendement excluant les semences de cette loi sur la propriété intellectuelle. Mais comme par enchantement, la majorité des sénateurs a subitement décidé de le supprimer juste avant le vote…

    Si cette loi était adoptée, les paysans ou jardiniers qui ressèment leur récolte, comme cela ce fait depuis des siècles, deviendront des délinquants.

    Plus de détails dans l’excellent article de Sophie Chapelle sur le site de Bastamag.

    http://www.bastamag.net/article3548.html

  4. Dominique VOYNET est en effet un symbole éclatant du renoncement politique.
    C’est elle qui m’a conduit à quitter les verts en 1998, après avoir signé en tant que ministre de l’environnement , le décret autorisant le laboratoire d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (meuse)
    Mais ce n’est pas tout, elle a également cautionné de sa présence au gouvernement voire de sa signature, en vrac : l’extension du mox à marcoule, l’introduction pour la 1ère fois du maïs OGM, et quelques tronçons d’autoroute.
    J’en oublie sans doute.
    Opposant à Bure, je l’avais interrogée à l’époque sur ces volte face (elle manifestait à nos côtés quelques mois plus tôt).
    Elle avait reconnu ne rien obtenir ou pas grand chose en échange de sa soumission à Jospin et aux lobbies.
    Pourquoi ne démissionnes tu pas alors ? lui avais je ingénument demandé.
    J’ai gardé sa réponse comme un morceau d’anthologie: « En restant, je crédibilise l’écologie politique dans l’inconscient populaire collectif ».
    C’était beau comme du Rousseau.
    Que cette habile tactique de crédibilisation se soit soldée dans les décennies qui ont suivi, par des reculs écologiques sans précédent, n’a nullement questionné Madame Voynet qui a continué son parcours au service de l’inconscient populaire collectif en devenant une très respectable sénatrice maire et en encourageant son parti à enchainer les renoncements
    Désormais pour moi, il n’y a plus qu’une seule écologie politique : c’est celle de la rue et du rapport de force. Comme à NDDL. D.Voynet m’aura au moins enseigné cela.

  5. E-E-L-V tombe dans l’oubli le plus total.
    Après le départ de Yves Paccalet du Groupe E-E-L-V de Rhône alpes, mais reste conseillé a la Région R-A, et peut être futur maire de Bozel?.
    Fabrice, ont pourrai aussi faire le bilan des associations de protections, qui tourne le dos aux combats de terrain.
    Amitié un ami

  6. @Marie
    Je ne vois pas où il est dit dans l’article que le NYT va rétablir sa rubrique environnement.
    «Une erreur [la suppression de la rubrique] qui devrait être corrigée dès que possible », est le souhait exprimé par David Sassoon, fondateur de « InsideClimate News», pas une information.

  7. Gaz de schiste: la chimie va évaluer les conséquences de la position française

    PARIS – L’Union des industries chimiques (UIC) a annoncé jeudi le lancement d’une étude pour évaluer les conséquences sur l’emploi et la production en France de la décision du gouvernement d’interdire l’exploration du gaz de schiste.

    L’UIC souhaite évaluer de façon constructive et objective les conséquences industrielles du statisme de la France et être force de propositions dans le cadre de la loi de programmation sur la transition énergétique, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

    Cette étude analysera les impacts en termes de production, d’emploi et de balance commerciale du différentiel du prix des hydrocarbures entre la France et les Etats-Unis, où l’exploitation des hydrocarbures non-conventionnels a permis à l’industrie chimique de se doter d’un avantage compétitif majeur, souligne l’UIC.

    L’industrie chimique française est convaincue que l’absence de stratégie sur la compétitivité et la sécurité d’approvisionnement de la France en hydrocarbures porte aujourd’hui un préjudice majeur à l’industrie.

    Avec cette étude, l’UIC a l’intention d’appeler à une stratégie compétitive en matière d’approvisionnement en hydrocarbures et intégrant les enjeux du changement climatique grâce à un portefeuille de propositions à court et à long terme.

  8. Ce n’est pas la seule maire dite écolo qui continue la folie d’artificialisation des sols. On peut trouver d’autres exemples. Les édiles de tout bord vont encore garder longtemps cette idée dingo d’augmenter sans cesse la population de leur ville.
    Fabrice l’a dit, ce qui les intéresse, c’est le pouvoir.

  9. J’ai eu l’occasion d’être à la direction nationale des Verts (Collège Exécutif) quand Dominique Voynet en était la Secrétaire Nationale… (2000-2001)

    Je la connais même très bien et comme l’évoque Fabrice, je devrais donc faire partie de ceux « qui rient -à gorge déployée-« . Je n’ai même pas cette satisfaction…

    Car la politique « Du passé faisons table rase » qu’ a menée Voynet à Montreuil m’attriste profondément, même si elle ne m’étonne guère… (Voir, entre autres, la destruction du site des Murs à pêches)

    Comme l’évoque très bien Fabrice Nicolino, DV n’est, hélas, que le reflet de ce que sont devenus les Verts (aujourd’hui EELV), un parti d’apparatchicks au service de petites ambitions personnelles dont la priorité n’est absolument plus la défense de l’écologie. Et cela depuis bien longtemps déjà

    De plus, l’écologie -qu’on le veuille ou non- doit intégrer une dimension, une vision « conservatrice » de la société -dans le sens conservation du patrimoine- approche que les Verts dans leur immense majorité rejettent totalement depuis de nombreuses années. Et on en voit le résultat ici et avec la politique gouvernementale..

    En total désaccord avec les dérives de ce mouvement -aussi bien idéologiques que comportementales-, j’ai décidé de le quitter en 2008…

    J’ai depuis abandonné la politique et milite pour une association de défense de l’environnement. Et je ne regrette absolument pas mon choix. C’est même une délivrance !

    SP

  10. Je n’ai jamais connu un seul cas ou le choix entre reparer ou bien de demolir-reconstruire un batiment s’est fait sur la base de la qualite du batiment. Ce fut toujours une question de qui y habite, qui va y habiter (une demolition permet de virer plus facilement les habitants, qu’une reparation), ou bien parfois, qui y habitait dans le passe. Ou encore, si la reparation permet de conserver une surface de plancher qui ne serait pas legale pour un nouveau batiment. Bref, selon la decision prise a priori, on envoie un ingenieur qui n’est pas a l’aise avec les techniques anciennes, pour faire un rapport « a charge », ou au contraire, un qui aime les vieilles pierres, pour faire un rapport « positif ». Parfois au sein du meme bureau d’etudes!

    Alors, si la question materielle de l’etat du bati, « sous nos yeux » s’il en est une, est tant ignoree, on imagine bien que la question plus distante du gaspillage ecologique, est malheureusement a des annees-lumieres des considerations. Tout juste, parfois, une justification a posteriori lorsque la decision est deja prise, pour faire joli sur le papier…

  11. Bonjour Fabrice,
    je te rejoins sur ce que tu écris sur DV, mais peut-être faudrait-il aussi insister sur le fait qu’elle a eu d’entrée et pendant 6 ans un appareil municipal contre elle; c’était aussi indémerdable à cause de cela, malheureusement… même si je te rejoins sur ton avis.
    N

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