Alain Badiou, Michel Houellebecq, Philippe Val

Laissons de côté, pour une fois, mes menus problèmes de santé. J’ai la jambe droite tout entortillée d’un plâtre blanc, ce qui rend les déambulations très hasardeuses. Mais brisons-là, car je souhaite vous inviter une nouvelle fois au Café du commerce, où l’on raconte un peu n’importe quoi. Vous m’excuserez d’autant plus que je ne dispose pas de mes moyens habituels, dont mes livres. Je sais que c’est vache, mais pour comprendre mon propos, il faut lire jusqu’au bout, où apparaîtra en beauté et majesté une solide sentence. À moins qu’il ne s’agisse d’un apophtegme ? En tout cas, l’écologie y trouvera sa place. On commence.

Ces si braves combattants khmers rouges

Une partie semble-t-il importante de la gauche dite radicale tient Alain Badiou pour un maître de la pensée. Son impayable livre intitulé De quoi Sarkozy est-il le nom ? aurait dépassé les 60 000 exemplaires vendus, ce qui est simplement colossal pour un essai. Je l’ai parcouru au moment de sa sortie, en 2007 je crois. Une pure et simple dégueulasserie dans laquelle le philosophe Badiou présente Sarkozy comme étant « l’homme aux rats » et ses électeurs, fort logiquement, comme des rats eux-mêmes. Or dans l’imagerie d’extrême-gauche, les fascistes ont souvent été croqués sous l’apparence de rattus norvegicus, le fameux rat brun. C’est aisément compréhensible, car Badiou estimait dans son livre que le sarkozysme est un pétainisme.

Mais qui est Badiou ? Un ancien maoïste, nullement repenti, qui a régné après mai 1968 sur un groupuscule – puis ses décombres – appelé Union des communistes de France marxiste-léniniste (UCF-ml). Des témoignages de première main montrent avec clarté comment Badiou, grand chef incontesté, aimait à dominer les autres. À les humilier. À les exclure du groupe, menace suprême (ici). Est-ce bien étonnant de la part d’un amoureux déclaré de Staline, Mao et même Pol Pot, l’exterminateur cambodgien ?

En janvier 1979, Badiou signe une tribune innommable dans le journal Le Monde. L’armée vietnamienne vient d’entrer au Cambodge pour y renverser les Khmers rouges, auteurs d’un génocide contre leur propre peuple. Badiou le penseur, du haut de sa haute chaire de philosophie écrit : « L’acquiescement, ou même la seule protestation réticente, devant cet acte de barbarie militariste franc et ouvert [l’opération vietnamienne], reproduirait la logique munichoise, qui croit différer le péril sur soi en livrant et trahissant les autres, Autrichiens ou Tchèques hier, Khmers aujourd’hui ».

Charlie Hebdo et les contrôles policiers

Pour notre immortel penseur, les Khmers rouges sont victimes d’un lynchage médiatique mondial pour la raison qu’ils entendent demeurer des révolutionnaires, opposés à la fois à l’Union soviétique et aux États-Unis. Les deux millions de morts ne comptent pas. Pas davantage que les dizaines de millions de morts chinois sous la dictature de son si cher Mao Zedong. En cette année 2015, Badiou soutient encore et les Khmers rouges, et Mao et leur politique de terreur, cette dernière étant selon lui une « condition de la liberté ».

En bref, un admirateur du pire. Un pauvre imbécile savant de plus, qui jouit d’évidence, et sans retenue, d’une notoriété aussi récente qu’inattendue. Mais en  ce cas, pourquoi diable en parler ? Parce qu’il a pignon sur rue, pardi ! Parce que, malgré tant de critiques du personnage, Badiou continue de parader, y compris dans les colonnes du Monde, journal qui a de la suite dans les idées. Je lis dans une tribune signée Alain Badiou, parue le 27 janvier dernier : « Charlie Hebdo, en un sens, ne faisait qu’aboyer avec ces mœurs policières [ les contrôles au faciès des jeunes Arabes ou Noirs ] dans le style « amusant » des blagues à connotation sexuelle ». Je lis dans Le Monde du 14 avril cette critique du dernier livre de Badiou (Quel communisme ?) : « Le soutien au communisme implique une défense étayée de l’existence de l’absolu et de la vérité en politique, contre les tendances relativistes, voire fatalistes ». Je ne pense pas exagérer en écrivant que l’on sent une gentille sympathie de l’auteur de l’article pour Badiou. La messe est donc dite, même si l’hostie donne envie de vomir : on peut défendre d’innombrables crimes contre l’humanité, et garder son rond de serviette à la cantine du grand « quotidien de référence ».

Un improbable géant de la littérature

Crotte : je me rends compte que je suis affreusement long. Passons à Houellebecq. Il y a vingt ans, bien avant qu’il ne soit célèbre, j’ai lu son Extension du domaine de la lutte. C’est un livre que j’avais alors aimé. Pas au point de me relever la nuit, mais enfin, il m’avait semblé bon. Je crois avoir lu Les Particules élémentaires, et parcouru Plateforme. Et puis plus rien. Si cet homme est un grand écrivain, alors je suis un exécrable lecteur. Cela demeure possible, j’en conviens sans hésitation. Mais en tout cas, mon sentiment est que Houellecq est seulement assez bon, ce qui n’est pas rien.

Ce qui fait son immense succès, selon moi, c’est que ses livres – mauvais signe – deviennent, chaque fois un peu plus, une vulgate politique. Soumission, le dernier, et que je n’ai pas lu, permet aux éclopés de la pensée qui règnent en France d’assumer leur pure et simple trouille de l’avenir. Je rappelle le thème central : en 2022, un président musulman est élu au second tour de la présidentielle. La gauche comme la droite l’ont soutenu contre le Front National. Commence une lente habituation, notamment des intellectuels, aux règles d’un islam « modéré ». On ne pourra pas dire que Houellebecq manque de flair. Les près de 400 000 exemplaires vendus en France montrent mieux que les discours ce qui domine le débat intellectuel et moral.

Et maintenant, Philippe Val, que j’ai un tout petit peu connu. Comme on le sait, il a dirigé jusqu’au début de 2009 Charlie-Hebdo, avant que son ami Nicolas Sarkozy ne le propulse à la tête de France-Inter. J’ai commencé à travailler pour Charlie à l’automne 2009, et je dois dire que je n’y serais pas allé si Val avait été encore aux commandes. Bien au-delà de la pénible affaire Siné – plus compliquée qu’il n’y paraît parfois -, je crois pouvoir dire que j’ai détesté le ton de plus en plus néoconservateur de ses éditos, de moins en moins contrebalancés par les dessins et articles des autres. Cela ne m’a pas empêché – je crois que ce fut notre dernier échange téléphonique – de tomber d’accord avec lui sur l’insupportable dictature des frères Castro à Cuba.

La mécanique mène droit à l’antisémitisme

Val se pense philosophe et dans un pays qui encense Badiou, en effet, pourquoi pas ? Il faudrait compter le nombre de fois où il a pu citer Montesquieu et Voltaire depuis vingt ans, cela amuserait. Grâce à ce qu’il faut bien appeler le reniement de ses cinquante premières années – le rire dévastateur, l’insulte publique des puissants, un constant propos d’extrême-gauche -, Val a pu se reconvertir au mieux. Évidemment, il est désormais de droite, et grand bien lui fasse. On ne le verra pas – en tout cas, on ne l’a pas vu – s’en prendre à des Balkany, ou à l’incroyable pouvoir des transnationales – dont François Pinault ou Bernard Arnault chez nous -, ou encore alerter sur la renversante crise écologique que nous connaissons.

Mais chut, Philippe Val pense, que tout le monde se taise un peu. Il est en ce moment un peu partout dans les médias, pour assurer la promotion de son dernier livre, Malaise dans l’inculture (Grasset). Non, je n’ai pas lu. Mais, oui, j’ai regardé de près deux de ses interventions. D’abord sur Inter (ici), ensuite sur France 5, chez Anne-Marie Lapix. Je ne souhaite pas attaquer ad hominem Val – je ne sais d’ailleurs rien de sa personne -, mais ses propos sont d’une indigence rare. En résumé brutal, une gauche « totalitaire molle » – et d’abord sa famille politique d’antan – verse dans le « sociologisme ». Cette maladie mentale – y a-t-il un autre mot ? – conduit ses nombreuses victimes à toujours accuser le système – la société – de maux qui seraient le fait d’individus, pleinement responsables. Notez, je n’entre pas dans la discussion. Emporté par son élan philosophique, Val exprime enfin le fond de sa pensée : « Accuser le système, la mécanique intellectuelle qui consiste à dire c’est la faute au système, ensuite c’est la faute à la société, ensuite c’est la faute à un bouc émissaire forcément, ensuite la faute aux riches, et ensuite d’avatar en avatar, on arrive toujours à la faute aux juifs. »

Trois parmi des dizaines d’autres

Vous avez bien lu. Nous sommes face à une mécanique indifférente par nature – qui conduit la critique du système tout droit à l’antisémitisme. C’est évidemment indigne – et un tantinet ridicule -, mais ni Patrick Cohen, qui interroge Val sur Inter, ni Anne-Sophie Lapix ne s’en émeuvent le moins du monde. De nouveau, voilà où est en est – fort bas, assurément – le débat public en France, sanctifié par des journalistes de premier plan, dont la réputation professionnelle est grande.

Badiou, Houellebecq, Val : trois faces d’une dérisoire mise en scène du vide. Si je n’ai retenu que ces trois-là, c’est parce qu’ils s’agitent ces temps-ci. J’aurais pu, à d’autres moments, y adjoindre bien d’autres, à commencer par Bernard Henri-Lévy – sa grande fortune vient de la déforestation massive de l’Afrique de l’Ouest -, Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, des dizaines de clones. S’il est un fil qui relie au fond ces gens en apparence dissemblables, c’est bien l’indifférence totale au sort du monde réel, menacé désormais d’effondrement. De l’indifférence à la vie et à ses diversités, à l’épuisement des sols et des océans, à la sidérante et sidérale crise climatique en cours. Trente siècles de pensée critique, dans notre petit Occident gréco-latin, pour en arriver là ! Des nains de jardin agitant leur bonnet de nuit au milieu du feu planétaire.

Le miracle d’un splendide journal anglais

Mais il ne sera pas dit que j’en resterai à ce constat si noir. La bonne nouvelle nous vient d’Angleterre. Disons-le, elle est même excellente. Je n’en connais pas tous les détails, mais je vous livre ce que je sais. Alan Rusbridger est un grand journaliste britannique, né en 1953. Il a été pendant vingt ans le rédacteur-en-chef du quotidien The Guardian, poste qu’il lâchera à l’été. On lui doit notamment une décision magnifique : celle d’avoir détruit les disques durs où se trouvaient consignés les documents d’Edward Snowden sur l’espionnage mondial orchestré par la NSA américaine. Le gouvernement anglais voulait récupérer ces données, réclamées par le fidèle allié américain, mais Rusbridger a préféré répondre, sans doute d’une autre manière : « Fuck Off ! ».

Encore salarié du Guardian, Rusbridger a publié en mars un éditorial que je n’hésite pas à qualifier de sensationnel (ici). Il écrit notamment qu’il a très peu de regrets professionnels :  « Very few regrets, I thought, except this one: that we had not done justice to this huge, overshadowing, overwhelming issue of how climate change will probably, within the lifetime of our children, cause untold havoc and stress to our species ». Très peu, excepté un : ne pas avoir accordé assez de place à cette bouleversante crise climatique, dont les ravages seront incalculables. Encore un vieux con qui se donne bonne conscience ? Peut-être un peu, mais pas seulement, et de loin.

Pour le coup admirable, Rusbridger écrit noir sur blanc ce qui devrait être notre étendard commun : le dérèglement climatique EST L’ÉVÉNEMENT MAJEUR. Selon lui, deux points sont décisifs, qui sont des questions. Un, que peuvent faire les gouvernements ? Deux, comment empêcher les États et les transnationales de piocher en sous-sol ce qui reste des combustibles fossiles, ce carburant du réchauffement ?

Rusbridger pourrait s’arrêter là, estimant que ces mots sont un testament. Mais tout au contraire, il vient de lancer, avec ses journalistes, une révolution. Elle prend la forme de « la plus grande histoire du monde », et occupe une place enfin une place considérable dans ce grand journal, avec ce que nous appelons dans notre jargon un Appel de une. Chaque jour, un bandeau renvoie à un merveilleux travail de journalistes lucides, conscients de leur responsabilité sociale (ici).

Sommes-nous loin de la France ? Le Monde, Libération, Le Figaro, L’Obs, Le Point, Marianne, L’Express seraient-ils capables de se hisser à cette hauteur ? Non. On se croirait aux antipodes, dans quelque contrée mystérieuse, oubliée des marchands et des truands du climatoscepticisme. Autant le dire sans détour : notre petit pays, qui s’est posé en conscience du monde, est durablement atteint par le provincialisme de la pensée. Badiou, Houellebecq, Val et tous autres : le symptôme d’un mal des profondeurs.

Sur ce, je reprends mon plâtre sous le bras, et je vais me coucher.

75 réflexions au sujet de « Alain Badiou, Michel Houellebecq, Philippe Val »

  1. Bonjour Fabrice,

    Il est évident par ces lignes que vous retrouvez une superbe gnaque… C’est bon signe !
    M.B.

  2. bravo pour cet article, le reflet de l’hypocrisie généralisée de ces derniers temps.
    certes, les 3 sus cités ne sont que des exemples parmi d’autre, mais des exemples tellement justes.
    un des grands maux de cette société est le nombrilisme et qu’il s’agisse d’auteurs, penseurs, media, ils en sont tous sévèrement atteint…et pendant ce temps là notre environnement est en pleine déliquescence ( ce qui d’ailleurs serait un moindre mal étant donné que l’eau se raréfie…) sans que personne n’en prenne sérieusement conscience.
    Ceci étant dit, je crois que petit à petit une prise de conscience individuelle est entrain de se faire et souhaitons que le dicton ait raison : ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières

    bon retablissement

  3. et pour compléter mon commentaire précédent ( désolé mais je suis tombée sur cette vidéo après avoir envoyé mon commentaire), à regarder sans modération. un très beau film pour sensibiliser à la prise de conscience que notre futur est entre nos mains et que le scénario n’est pas encore écrit !
    https://www.youtube.com/watch?v=ipe6CMvW0Dg

  4. ça fait bien plaisir de vous lire avec
    votre vivacité de retour; merci.
    J’ai parcouru les articles sur les liens que vous signalez. Pas facile de tout saisir pour moi
    J’espère que courrier international traduira.
    bonne continuation dans votre remise en chemin FABRICE et merci encore à Alban, aussi.

  5. Ravi de retrouver vos mots tellement clairvoyants !
    Comme dit Hélène, comptons nous et faisons gonfler la rivière. Il va bien falloir que notre avenir sur cette planète devienne le sujet majeur de nos décideurs.
    Je vous souhaite un prompt rétablissement.

  6. Merci Fabrice ! And many thanks for the link to this remarkable editorial.
    Désespérant de voir la nullité de certaines « élites intellectuelles » françaises, un peu réconfortant de voir une pareille mobilisation du Guardian.
    Bon courage pour supporter le plâtre et l’immobilité forcée. Mille pensées amicales.

  7. 🙂

    Merci Fabrice. Suis contente que tu ai repris du poil de la bête.

    Le sujet est trop pointu pour moi, donc pas de commentaire.

    Juste un truc. Puisque tu as repris du poil, permet moi de ne pas le caresser dans le bon sens. Cuba, dictature. Il se pourrait, si ce n’est déja, ( chacun pense ce qu’il veut, merci ) vu le programme du libre échange, lois sorties toutes fraîches, (surveillances) que nos dirigeants n’ont pas aucunes leçons a donner a certains autres pays.

    Bonne soirée, prenez soin de vous toustes,

  8. Grumpf,

    Que nos dirigeants n’ont pas a foutre le bordel ailleurs, et aucunes leçons a donner a certains autres pays.

  9. Il se passe quelque chose.

    Comme une envie de pleurer de soulagement devant vos vérités.

    Vite vite partageons !

    Monsieur Nicolino, avec vous,plus que jamais.

    Enorme bisou à toutes et tous qui aiment son article.

  10. Bien! La tête n’est pas touchée !

    Les ABJECTS sont à dénoncer et l’emplâtre que vous leur balancez est d’un talent mordant qui doit faire des jaloux !

    Mais moi je pense que le problème majeur de nos sociétés, partout dans le monde déréglé climatiquement, est la MÂLE-ATTITUDE…dont tous les périls sont conséquents.

    LAISSEZ PARLER VOTRE FEMINITE, faites-nous un développement aussi inspiré, sur ces bases là,… svp . SVP ! :)))))

  11. Bravo ,
    Je suis comme Siné dés que je lis des propos sur Val cet imposteur je suis contente .
    merci pour cet article
    Bon courage
    Annie D.

  12. « Des nains de jardin agitant leur bonnet de nuit au milieu du feu planétaire. »

    Le jaguar est revenu ! Enfin une belle journée en 2015 !
    merci Fabrice.

    Jean-Gabriel

    PS j’ai l’impression que de nouveaux média (Reporterre par exemple) vont remplacer tous ces médias d’un autre temps, non ?

  13. Merci Fabrice

    à propos de ces pseudo-intellectuels et de leurs thuriféraires, je n’aurai qu’une sentence : pendons-les par les c…..(façon de parler bien sûr)

    A quand le grand soir pour casser ce modèle médiatique ?
    Peut-être une idée ici :
    http://delairafranceinter.ouvaton.org/

    Continue de nous éclairer

  14. Le « Grand Aveuglement » (un terme à adopter ? Il concerne ceux qui ne voient pas la crise écologique double qui nous secoue : climat et extinction massive de la biodiversité).

    Mais avant tout, Fabrice,
    Merci pour ces analyses pleines d’une fabuleuse énergie avant de repartir au lit 😉 Courage !
    Et puis, continuons à marteler partout : le changement climatique et la VIème extinction massive sont les deux priorités à venir de notre époque et, hélas, des siècles à venir tant on mettre longtemps à en sortir.
    Merci à toi, Fabrice, d’avoir creusé ce sillon et de nous le rappeler si souvent.
    Le reste… il a son importance mais il n’est pas à ce point PRIORITAIRE…
    Un bon livre pour ceux qui ont envie (on doit tous la prendre cette envie !) de répandre la « bonne » parole :
    « L’événement anthropocène » de Christophe Bonneuil.
    Où l’on voit que le changement climatique remet en question tous les clivages tellement artificiels qui n’ont cessé de tronçonner et saucissonner jusqu’à l’aveuglement actuel (appelons le « Le Grand Aveuglement », Fabrice !) la réflexion occidentale sur le monde (donc sur la nature bien sûr… au point, à mon avis, d’en arriver au suicide de l’imbécile heureux : les « pensées » de Houelbecq et autres Zemmour, BHL, Badiou, Finkelkraut, Val…)

  15. Bonjour
    Ravie de voir que si la jambe est dans le plâtre, la tête ne l’est pas…en tout cas merci pour cet article…En fait je le trouve même un peu court…donc passionnant.
    On vit dans un drôle de monde, l’autre jour sur Libé, je suis tombé sur une pub qui menait à un endroit pour sauver les abeilles….(via outbrain le moteur intelligent? avec lequel Libé et TF1 travaille…..grrrrrrrrrrrr).
    Figurez vous que je suis tombée sur le site verdoyant de Monsanto…J’ai halluciné devant ce déballage de mensonges, comme d’habitude….
    Et après enquête. Outbrain est sensé nous envoyer sur l’écran des pubs en relation avec ce qui nous intéresse….Je vois, je passe du temps sur les sites écolos, sur Greenpeace, ici, sur Reporterre et bien d’autres et on m’envoie une pub de Monsanto…Alors la vidéo publiée par Hélène et que je viens de visionner prend tout son sens…Merci beaucoup.
    Et effectivement la plus grande crise actuelle est la crise écologique…le reste…
    bon repos et courage pour la suite, le printemps est là, les fleurs aussi. Bon printemps à vous

  16. Bon, malgré plâtres et autres désagréments (le mot me parait faible, mais je n’en ai pas d’autres sous la main pour le moment), le cerveau travaille à plein!
    Merci pour cette mise en perspective et bon courage!

  17. Deux oublis :
    1 – j’avais oublié d’où ce « pauvre » BHL tenait sa fortune : du pillage de la grande forêt d’Afrique de l’Ouest… la nausée…
    2 – Merci pour la formule, elle est cinglante et amusante à la fois, ça me fera plaisir de la reprendre : « Trente siècles de pensée critique, dans notre petit Occident gréco-latin, pour en arriver là ! Des nains de jardin agitant leur bonnet de nuit au milieu du feu planétaire. »
    3 – Merci de nous éclaire sur la « révolution » motivante en cours au journal « The Guardian » (je lis peu l’anglais même si j’ai fait des progrès 😉
    En effet, comme nos hebdos torchons de salle d’attente de dentiste en sont loin : l’express, le nouvel obs,Marianne, Le point…
    Et on sait pourquoi tu as quitté Politis (avec tout mon soutien 😉
    Comment imaginer une seconde Le Figaro ou même Le Monde, Libération et d’autres, tellement empêtrés qu’ils sont, culs et chemise avec tous les lobbys, suivre un tel modèle que celui du Guardian qui est pourtant celui du bon sens ?
    Le départ de Kempf du Monde est aussi un modèle du genre…
    Notre pays est en-dessous du dessous de tout en matière d’écologie…

  18. PS : pour continuer sur la lignée de P.P, le travail des sociologues des Sciences Techniques et Société (STS) permet un formidable retour discursif et un changement de regard sur ce qui fait notre engouement pour la technologie et le progrès aujourd’hui. Dans la lignée des travaux de Fressoz et Bonneuil, j’encourage tous ceux que ça intéresse à lire l’ouvrage didactique, très facile d’approche et court du même Bonneuil et de Pierre-Benoit Joly, « Sciences techniques et société » où ils exposent leurs recherches. Dans le même esprit, le livre de François Jarrige « Technocritique » adopte le point de vue des perdants de la modernité et de l’impérialisme des technosciences. Roboratif. Bonnes lectures.

  19. Je trouve bien que vous ayez épargné Soral, Renaud Camus et Millet, qui sont à tout prendre moins c..s que ceux que vous avez cités (moi j’aurais retranché de votre liste ce brave Houellebecq et j’y aurais ajouté le vitupérant Jérôme Leroy-qui pourtant parfois en dépit de certaines abjections -cf. son article sur Simon Leys- a des fulgurances surprenantes…)

  20. Salut Fabrice,
    Juste avant de lire ton article j’écoutais Paul Jorion sur son blog, évoquer les travaux de deux profs américains qui ont constaté que les politiques conduites dans les démocraties le sont toujours au profit des gens qui possèdent. Pour être rapide, au profit des riches et de ceux qui grouillent autour, sorte de nomenklatura transie d’amour pour la ploutocratie. ( Ça fait plaisir de s’approprier ces termes d’une autre époque.)Jamais donc, pour eux, les décisions ne sont prises au nom de la majorité des citoyens. Alors, dans cette perspective Badiou, Val et leurs semblables ne seraient que les commensaux de leurs idoles dorées aspirant à la reconnaissance des puissants et à l’occasion œuvrant à leur fortune. En écoutant Jorion et par la suite en te lisant, je me suis dit qu’il convenait de relier ce constat à cette tentation récurrente depuis quelques temps de nous obliger à voter et comprendre que cela ne vise qu’à dissimuler ce qui se voit de plus en plus : la détestation du système et son refus par le plus grande nombre. L’obligation de voter n’est rien d’autre, au fond, que la mise en place d’une police de la pensée. Police à laquelle on donne des moyens considérables de contrôle et de surveillance. Voir débat en cours sur le projet de loi présenté par le ministre de l’intérieur. Le jour est proche où ces moyens de police seront privatisé et mis au service exclusif des riches.
    Ce serait une erreur de croire que ceux-ci ainsi que leurs laquais et bouffons intellectuels ignorent tout de la tragédie dans laquelle nous vivons et de la menace d’extinction qui pèse sur notre espèce. Mais ils ont la conviction que les fortunes qu’ils ont accumulées ou accumulent les mettront quoi qu’il arrive à l’abri des drames. Ils pensent qu’ils pourront toujours s’offrir des climatisations, de l’eau et de l’air pur, des organes de substitution, une nourriture saine, qu’ils échapperont à la montée des océans et que leurs résidences seront assez protégées des ouragans etc… Les supermarchés de nos grandes villes contiennent moins d’une semaine de nourriture, des coupures d’électricité de quelques jours auraient des conséquences incalculables sur nos approvisionnement en eau et sur le fonctionnement de tant de systèmes… Etc etc… Qui peut croire que ce la emmerdera les puissants ? Notre monde est d’une telle complexité qu’un collapsus nous guette à chaque instant. Des menaces d’origines variées peuvent sans qu’on l’ait vu venir cristalliser en une vague gigantesque emportant nos sociétés. Oui nous en sommes là mais les gens qui décident en notre nom sont convaincus qu’ils survivront.
    Il faut s’adresser à ces gens et les mettre devant leurs responsabilités. je ne vois plus d’autre solutions. Hélas…

  21. « C’est pourquoi, lorsque j’envisage et j’observe les républiques aujourd’hui les plus florissantes, je n’y vois, Dieu me pardonne ! qu’une certaine conspiration des riches faisant au mieux leurs affaires sous le nom et le titre fastueux de république. Les conjurés cherchent par toutes les ruses et par tous les moyens possibles à atteindre ce double but : Premièrement, s’assurer la possession certaine et indéfinie d’une fortune plus ou moins mal acquise ; secondement, abuser de la misère des pauvres, abuser de leurs personnes, et acheter au plus bas prix possible leur industrie et leurs labeurs. Et ces machinations décrétées par les riches au nom de l’État, et par conséquent au nom même des pauvres, sont devenues des lois. »

    Saint Thomas MORE, avocat de la City, chancelier d’Henry VIII, décapité par privilège royal le 6 juillet 1535.

  22. Votre talent est intact Fabrice ! Merci, et revenez-nous vite et en bonne santé. Courage (je sais que vous en avez).

  23. http://www.franceculture.fr/emission-la-marche-des-sciences-aline-raynal-rocques-la-fine-fleur-de-la-botanique-2015-04-16
    Une botaniste naturaliste « optimiste » :même si l’homme disparaissait, les plantes trouveraient des solutions originales pour assurer la vie sur terre:elle a bien connu Théodore Monod et a fait sa thése avec Francis Hallé; elle a travaillé sur des plantes de Guyane. Depuis son enfance, elle admire la beauté de la nature; je suis sûr que Fabrice pourra trouver une heure pour l’écouter pour conserver son moral et continuer à nous écrire comme il vient de le faire. Merci.

  24. Bonsoir Fabrice .J ai croisé Luce qui m’a indiqué que je pouvais vous écrire . Je vous envoie ce soir plein d énergie par la pensée du moins j essaie ;-). Vous écrivez des choses très intéressantes.Contente d être venue les lire sur votre blogspot nez soin de vous.Isabelle.

  25. Muy bien, muy bien.
    Allez, dans le prochain billet, plutôt qu’une liste de personnages à honnir, une liste des gens à mettre en lumière.

  26. Merci pour cet article.
    J’ai lu cette semaine « Saison Brune » la BD de Squarzoni (par erreur en fait, je pensais qu’il s’agisasit d’une BD sur le FN,probablement à cause de « matin brun »!!)et j’ai bien pensé à vous.
    Bon courage pour la suite et contente de vous avoir retrouvée toutes les semaines dans Charlie.

  27. Badiou a ecrit une connerie en 1975, sur le Cambodge, il l’a reconnu, ce qui n’est pas si frequent, et si certains estiment que cela doit les tenir a l’ecart de « St Paul, la fondation de l’universalisme » ou de « etre et evenement » ou tenir pour suspect son article « racisme d’etat, racisme intellectuel », ma foi… tant pis pour eux.

    C’est assez bizarre de voir mettre ensemble Badiou, Finkielkraut (avec qui on n’est pas oblige d’etre d’accord mais qui n’est ni menteur ni superficiel) et Philippe Val… surtout aujourd’hui! Surtout aujourd’hui!

    D’accord, Val « n’est pas Hitler », comme tu l’as ecrit, mais il donne un visage bavard aux « neo-cons de gauche », il se pose en fer de lance du racisme d’etat, qui apres avoir longuement muri, a finalement trouve en Philippe Val et ses clones (qui n’ont pas tous le meme bagout, c’est vrai) un representant plus credible que le vieux Le Pen.

    Je me souviens de plusieurs excellents reportages, ecrits par Val et dessines par Cabu, dans Charlie Hebdo vers la fin des annees 1990…

    Je prefere ne me souvenir que de cela.

  28. Un evenement tres derangeant:

    http://rt.com/news/250493-eu-gmo-rules-products/

    Le plus derangeant, ce n’est pas que l’UE autorise 17 nouveaux OGM (elle en importe deja 58 des Etats-Unis).

    Non le plus grave c’est cela:

    Les etats-membres ont encore une possibilite de refus au niveau national, « a condition que ce refus ne soit pas base sur des etudes scientifiques ». Oui.

    On a le droit de refuser les OGM a condition que le refus soit « societal » mais pas s’il pretend etre « scientifique ».

    C’est ce qu’a decide la Commission Europeenne.

    Le seul media qui en rend compte pour le moment c’est RT. Est-ce une des raisons pour laquelle les neo-cons accusent RT de pratiquer « l’information militarisee »?

  29. encore sur RT:

    La banque mondiale est le premier destructeur des modes de vie ecologiques au monde.

    4 millions de refugies! Et combien de morts, de familles detruites, de vies sacrifiees…

    D’immenses regions devastees et desertifiees pour des decennies voire des siecles!

    Sivens puissance mille, partout!

    http://rt.com/news/250449-world-bank-projects-evictions/

    le climat change, oui, mais si on arretait un peu de detruire, pour commencer?

  30. Cher Laurent Fournier,

    Je me doutais que mes mots sur Badiou te déplairaient fortement. Je les maintiens pourtant, ô combien. Et je te dis avec amitié que son texte de 1979, loin d’être une erreur, expriment une continuité. Une sinistre continuité.

    Fabrice Nicolino

  31. salut fabrice

    je t’écris de sous le dôme, ce petit coin de la planète qui étouffe littéralement sous la pollution. la Chine crève à l’étouffée, elle qui couvre son territoire de villes immenses (250 millions de paysans doivent être « urbanisés » en moins de quinze ans), qui détruit ses terres arables à coup de chimie (un autre cadeau de Mao, ça, après 4000 ans de culture ininterrompue des mêmes terres), et qui continue de fabriquer les produits que les armées multinationales et disciplinées de consommateurs s’acharnent à accumuler.

    le documentaire le Dôme, vu par quelques centaines de millions de Chinois avant d’être effacé des serveurs en deux coups les gros sur ordre du gouvernement, pointe du doigt les rois du brûlage de charbon, qui nous gratifient d’une bonne couche d’air irrespirable. le-dit documentaire met en revanche la pédale douce sur les conséquences de la circulation automobile, qui ne cesse de croître.

    ici, à Chengdu, nous vivons dans la douce euphorie de l’économie qui accélère vers sa perte. parmi les anecdotes croustillantes de ces derniers mois : les nouvelles limitations de vitesse intra-urbaines. là où l’on se traînait à 40 c’est désormais 60 ; l’ancien panneau 60 a muté en 70 ; et sur le troisième périphérique, on roule désormais à 100 au lieu de 80.

    nous qui sommes venus dans cette ville, cette province, ce pays, pour promouvoir la permaculture, l’agriculture organique, les Amap et autres plaisanteries pour locavores, nous en restons comme deux ronds de flan.

    nous soutenons évidemment l’initiative de Rusbriger ; ce serait un bonheur que le Wellcome Trust et la fondation Gates désinvestissent. un beau symbole, même. mais un symbole seulement, quand on voit le rôle tenu par les investisseurs chinois dans l’industrie minière mondiale. et pour convaincre ceux-là de mettre leur argent ailleurs, il faudra quelque chose d’une autre ampleur que la magnifique campagne menée par l’équipe du Guardian.

    fraternellement
    michaël

  32. Au sujet du requin à la Réunion, ces paroles d’APN qui relèvent du bon sens et montrent là aussi un Etat populiste voire criminel du fait de sa démagogie et de son obscurantism. Mêmes méthodes que pour le loup, on tire dans le tas même si on sait très bien que ça ne sert à rien d’autre qu’à calmer les hurleurs… en l’occurrence, à La Réunion, ça a abouti à une nouvelle victime dans des conditions épouvantables:
    https://sauvegardedesrequins.wordpress.com/2015/04/16/ile-de-la-reunion-communique-de-presse-du-16-avril-2015/

    Je ne sais pas vous, mais moi, je découvre avec stupeur, donc, qu’il y a des lignes « appâtées » (des « smart-drumlines » comme ils disent…) à proximité des zones de baignades et de surf pour mieux tuer du requin.
    Encadré sous le communiqué mis en lien ci-dessus :
    https://sauvegardedesrequins.files.wordpress.com/2015/03/capture-d_c3a9cran-2015-04-16-c3a0-06-16-02.png

    Il vient pas à l’esprit de ces grands décideurs que ça attire les requins près des humains ? Les appâts sont retirés « avant 6h30 » du matin… et donc, les requins veulent continuer de manger… alors ils cherchent… et ils croquent du surfeur ! CQFD. Le gamin de 13 ans a été dévoré en fin de matinée si je ne me trompes pas. On donne trop de pouvoir à l’Etat en matière de « gestion » de la faune sauvage dans ce pays ! Ca aboutit à des drames inommables…

    A diffuser bien entendu 😉

  33. @ vu de Sirius : retrancher de la liste ce brave Houellebecq ? Oui …mais non . Autant j’ai dévoré Tenessee avec sa horde de personnages fracassés , j’ai été fascinée par le terrible Roberto Zucco de Koltès , chez Houellebecq, désolée, je m’ennuie . Au détour d’une page, On croit découvrir un brin de début de vérité , de beauté , de frisson à cause d’une belle tournure,d’ une fulgurance , mais ça retombe aussi sec en ressassant sans fin . J’ai jeté l’éponge au troisième bouquin . Il n’y a pas de dialogue homme femme, cette dernière y étant décervelée . Et puis …chacun y va de sa théorie nombriliste sur ce qui semble encore être l’essentiel : NOUS qui le valons tellement bien ! Cette société est d’un ennui .PFF !
    Quand a Vall …. Rousseau père des théories antisémites , bah voyons !Non mais quel étalage général de conneries ! et pendant ce temps ….. et …pendant ce temps ….pourquoi encore s’intéresser à ceux là quand il y a tant à voir , à contempler, à reconstruire ailleurs ?

  34. Fabrice, je suis heureux de voir que malgré ces horreurs, ta verve n’a pas été atteinte.

    Par contre, en parcourant les commentaires, je ne peux m’empêcher de m’arrêter sur celui de « Vu de Sirius » :

    « Je trouve bien que vous ayez épargné Soral, Renaud Camus et Millet, qui sont à tout prendre moins c..s que ceux que vous avez cités »

    Euh, c’est ironique j’espère ?

  35. François,

    Je n’avais pas vu. Je n’ai bien sûr pas le moindre rapport avec les crapules évoquées. Merci, je dois être plus vigilant.

    Fabrice Nicolino

  36. Monsieur Nicolino,

    Je trouve scandaleux, je le dis comme je le pense, que vous attaquiez de manière si perfide des hommes de qualité comme Monsieur Badiou, qui n’a rien à voir avec une maladie cryptogamique comme vous devez naïvement le croire, ou Monsieur Oùestlebec, qui n’est pas apparenté à un volatile dont on ne reconnaîtrait pas l’avant de l’arrière. Au rythme auquel vous avancez, vous n’allez pas tarder à sulfater notre philosophe de combat tout terrain, BHL, qui a risqué sa vie pour sauver la démocratie en Ukraine, voire Monsieur Minc ou Monsieur Attali. Vous devriez plutôt être fier de votre pays et vous feriez
    mieux de soutenir nos entreprises, nos intellectuels et nos dirigeants, qui se dévouent quotidiennement pour les Français.
    Je ne vous félicite pas et ne vous salue pas, Monsieur.

  37. Et bien, quelle énergie dans les convictions! Les mots sont toujours aussi percutants. »Des nains de jardin agitant leur bonnet de nuit au milieu du feu planétaire », j’avoue, j’ai ri, même si la situation climatique ne nous invite pas à nous fendre la poire. Débarrassez-vous de ce plâtre au plus vite;)!

  38. @ François, en répondant à Vu de Sirius et en m’arrêtant sur des aspects plus littéraires, je suis également passée à côté de cette énormité et j’en suis désolée .

  39. @ P.P merci de relayer ces infos concernant la faune sauvage . Chaque accident en lien avec elle a toujours fait office de justification de massacres .

  40. Merci pour votre talent à dénoncer les crapul(e)s, vous êtes la preuve qu’on peut faire pousser qq chose sur du plâtre.

    N’oubliez pas de recycler celui-ci, qui peut servir d’amendement ds les champs trop acides.

    ;)))

  41. Bénedicte, « les forêts précèdent les hommes » 😉
    Et les massacres de la faune ont toujours précédé ou accompagné ceux des hommes.
    Les victimes des horreurs humaines (camps, guerres, massacres, tortures etc..) témoignent très souvent de cela.

    Marrant : pendant que j’écris fenêtre ouverte, concert d’oiseaux et son de la rivière, avec par dessus, nettement, le pic épeiche qui martelle son arbre. Vraiment un très joli son, amusant même ! Il vient de le faire 8 fois… et il continue…
    Je me demande si ça ferait le même bruit sur du plâtre 😉

  42. Bonjour Monsieur Nicolino

    Joie de vous lire. Je pense, si vous en avez le temps, que vous devriez lire le livre de Houellebecq que vous avez l’honnêteté de reconnaître n’avoir pas lu. Je crois que vous seriez surpris (en bien ou en mal) du décalage entre ce que tout le monde en relate (preuve que peu de gens l’ont finalement lu) et sa réalité. Son parti pris est assez habile et je n’y ai pas ressenti de sa part une aversion particulière de l’Islam. Il va au bout de sa logique (qu’on peut aimer ou non) avec un certain talent et sans Islamophobie particulière, selon moi. Après, il peut sans doute être critiquable sur le fait de base son roman sur l’idée que les musulmans seront les plus nombreux en France et pourraient, en théorie, prendre le pouvoir. Je pense que le lecteur intelligent conserve sa distance et j’ai pris un certain plaisir à lire ce livre qui est « assez bon » de la même manière que lorsque j’ai lu Lolita de Nabokov, je ne suis pas devenu un adepte de la Pédophilie et que la lecture d’Ernst Junger n’a pas fait de moi un adepte du 3ème Reich. Le soleil brille sur les montagnes Vosgiennes et je vous en envoie quelques rayons. Bien Cordialement. Laurent

  43. @ un français,
    Je n´ai pas envie de polémiquer avec vous, mais permettez-moi de vous dire quand même que vos propos m´ont plutôt estomaquée. BHL risquant sa vie pour sauver la démocratie en Ukraine?!!!
    Voilà bien de l´humour au soixante-dix-neuvième degré! Car en fait, BHL, le champion mondial de l´entartage, ce sont trente ans de poudre aux yeux, de show égotique, de malhonnêteté et de charlatanisme intellectuel !
    Bon, cela suffit, je passe aux choses sérieuses, à ce que je voulais en fait écrire ici aujourd´hui.

    Fabrice,
    Comme l´un de vos lecteurs, j´aimerais vous envoyer un livre. Je le poste aussi à l´adresse de Charlie. Il s´agit du « Voyage Immobile » de Matthieu Ricard avec ses très belles photos de l´Himalaya. Qu´elles vous apportent un peu de réconfort.
    Je vous souhaite à nouveau bon courage pour ces longues semaines d´immobilité forcée.

  44. Martine,

    Merci, merci beaucoup. Sur la note signée Un Français, je crois – je suis sûr – qu’il s’agit d’humour. Un humour qui m’a fait rire. Par exemple ce Oùestlebec.

    Fabrice Nicolino

  45. D´accord Fabrice.
    J´avais lu trop vite le commentaire de Un Français et pas vu l´orthographe. Merci de me l´avoir fait remarquer. C´est vrai, c´est très drôle.
    Pardon à l´auteur de ces lignes 🙂 !

  46. yououhhh!Eh ben Fabrice, c’est pas un plâtre qui te rendra raplapla!
    En avant comme avant, je t’embrasse!!

  47. 🙂

    ça fait plaisir de vous lire!

    j’espère que cette opération est la dernière

    portez-vous chaque jour un peu mieux’

  48. @P.P …et les déserts les suivent « , ou cela a toujours été , bien avant que les espagnoles transforment leurs forêts en or et n’en déplaise à Chateaubriand , comme en témoigne ces hommes de la préhistoire retrouvés avec le crâne fracassé ou des marques de flèche dans le dos . Pourquoi cette richesse qu’est la conscience est-elle si mal partagée ?
    Pas mal de pic épeiches de ce côté aussi , et les martins pêcheurs s’en donnent à coeur joie .

  49. Mais dites, Fabrice, vous semblez en forme ! Ce mélange de colère, d’indignation et de pensée acérée, avec une pointe d’humour ravageur… Si vous saviez combien ça fait plaisir de vous retrouver comme ça, vous en rougiriez d’émotion et de confusion – ah, vous le savez ? Et bien, rougissez : vos lecteurs et lectrices vous aiment et comptent sur vous.

    Sinon, je ne suis pas certain d’être d’accord avec la totalité de cet article, loin de là… Mais on n’est pas obligé d’être d’accord avec tout ce qu’on lit et les divergences d’opinion font partie de la vie : elles sont la vie elle-même, qui toujours se désire. Restez vivant, Fabrice, comme nous le sommes nous-mêmes, remplis d’espoir et de combats pour la vie.

  50. j’avoue que les toutes dernières lignes de votre article m’ont fait bien rire :-)) Plume toujours aussi aiguisée ! génial!!

  51. Comme les camarades ci-dessus, je pense qu’il n’y a pas que le plâtre qui gratte notre cher Fabrice et tant mieux !

  52. Oui, l’article de Badiou est de 1979 pas 1975, puisqu’il denoncait l’invasion Vietnamienne au Cambodge. Erreur de jugement d’autant plus regrettable que l’invasion Vietnamienne au Cambodge et l’invasion Indienne au Pakistan Oriental en 1971, sont les deux seuls exemples que je connaisse de « guerre humanitaire » ou de « d’invasion juste » de 1945 a nos jours. C’est d’autant plus troublant que Badiou ait ecrit cela, car dans les deux cas le Vietnam et l’Inde ont ete menaces par les USA afin de tenter de les dissuader d’intervenir contre les Khmers Rouges qu’ils armaient et contre l’armee Pakistanaise qu’ils armaient aussi, et seul le soutien des Russes (y compris de leurs sous-marins au large du Pakistan Oriental) a dissuade, dans les deux cas, les USA d’attaquer les armees d’invasion. Invasions qui dans les deux cas furent de courte duree, ont arrete net un genocide en cours, et ont laisse en place des democraties plutot titubantes certes mais avec une alternance et en tout cas moins dictatoriales que les regimes precedents.

    N’est-ce pas etrange que l’on ignore autant, a l’epoque de « l’ingerence humanitaire », les deux seuls exemples contemporains connus, susceptibles de credibiliser un peu le concept?

    Mais je soupconne qu’aux yeux des promoteurs du concept ce soient plutot des contre-exemples.

    Sinon… que Badiou soit, en 2015, le dernier communiste vivant sur notre planete, c’est plutot sympathique!

  53. Le grand retour de la bombe atomique.

    (version avec les liens)

    La plupart des gens pensent que la bombe atomique n’a ete utilisee militairement que deux fois, a Hiroshima et Nagasaki en 1945.

    Dans les annees 1980 en France, un debat avait lieu dans les journaux sur les bombes atomiques “tactiques”, moins puissantes que les bombes “strategiques”. Et puis le debat s’est eteint.

    Les “bombes sales” a uranium appauvri ont ete massivement utilisees en Irak et au Liban, mais peu de gens ont enquete sur les effets a long-terme sur les generations futures, a part Chris Busby.

    Le 2 mars 2012, Michel Rocard dans un entretien a Liberation, donne une information qui curieusement n’est pas relevee par le journaliste et ne suscite aucun debat (sur la tentation Israelienne d’attaquer l’Iran):

    “C’est une affaire à millions de morts, l’hypothèse étant que ça commence nucléaire”

    http://www.liberation.fr/politiques/2012/03/02/michel-rocard-on-est-dans-l-imbecillite-politique-collective_799992

    L’explication de cette indication sybiline de Rocard est donnee par Veterans Today: Les usines atomiques Iraniennes sont si profondement enterrees que les avions Israeliens ne peuvent pas transporter de bombes non nucleaires capables de les detruires, mais peuvent par contre transporter des bombes atomiques tactiques, plus legeres, qui elles peuvent percer la montagne. Donc, si comme on le pressent en 2012, les Americains ne sont pas prets a preter leurs gros avions pour une attaque contre l’Iran, les bombes ne peuvent etre que nucleaires. CQFD.

    La seule personne qui semble partager l’inquietude de Michel Rocard est Pascal Boniface, mais encore plus discretement:

    http://www.liberation.fr/monde/2012/07/09/les-vraies-questions-sur-l-arme-nucleaire_832161

    Cependant un an plus tard, le 5 mai 2013, l’armee Israelienne teste en vraie grandeur sa bombe atomique tactique “bunker buster” contre un centre militaire souterrain en Syrie.

    En autres “signatures” de la bombe atomique, les eclairs surgissant spontanement dans l’atmosphere un peu apres l’explosion, en l’absence d’orage, dus a l’ionisation de l’air causee par l’explosion atomique.

    http://www.veteranstoday.com/2013/05/11/was-syria-nuked/

    http://www.johnkettler.com/nuclear-strikes-israel-hit-syria-thrice/

    La semaine derniere, un nouvel essai “en vraie grandeur” a eu lieu au Yemen contre un centre de commandement de l’armee Yemenite:

    http://www.presstv.ir/Detail/2015/04/23/407697/Yemen-Saudi-Arabia-Houthi-Aggression

    Les bombes premiere generation ont ete testees sur des Japonais, les bombes seconde generation sont testees sur des Arabes.

    Ca continue.

    La plupart des pays de l’OTAN ont des bombes atomiques “en depot”, sous controle des Americains mais destinees a etre lancees depuis les territoire de ces pays, les rendant vulnerables a une represaille nucleaire elle aussi. Maniere particulierement stupide, pour ne pas dire masochiste, de decredibiliser toute retorique sur la dissuasion et la “force de frappe”, qui ne semble plus etre qu’a usage du grand public.

    La banalisation de la bombe atomique est accomplie, et nous ne nous sommes rendus compte de rien.

  54. que penser de E. Todd ?
    sa conclusion sur France Inter l’aut’ jour fleurait bon le « La mécanique mène droit à l’antisémitisme ».
    ça me dépasse un peu tout ça

  55. Toutes les idéologies sont des croyances. Toutes les croyances sont des saloperies inventées par la Vie pour bloquer la raison.

    Notre cerveau fabrique la beauté d’un beau paysage. C’est-à-dire que le cerveau est le fabricant de cette beauté grâce aux signaux provenant du « paysage ». La beauté n’est pas dans le paysage, mais dans notre cerveau. Pourtant notre cerveau s’exclame par la bouche qu’il maitrise « Qu’est-ce que c’est beau? » Notre cerveau est tellement stupide qu’il n’est même pas capable de s’apercevoir que c’est lui qui est l’auteur, le peintre de ce beau spectacle.

    Le rationaliste, qui ne sait pas comment fonctionne sa pensée, a un cerveau incompétent qui a été très mal programmé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *