Frédéric Wolff dans le rôle d’une ancienne petiote

Frédéric Wolff ne pouvait pas me faire davantage plaisir. Vous verrez plus bas de quoi il s’agit, mais pour ceux qui n’auraient pas suivi,  un mot. Je n’ai jamais rencontré Frédéric, que je tiens pour un véritable ami pourtant. Comme il écrit constamment bien, et que ses mots rendent simplement heureux, je lui laisse à l’occasion ma place, qui est aussi la sienne. Mais dans le courrier ci-dessous, je crois que la dimension personnelle aura joué un rôle majeur. Frédéric, merci.

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Bonjour Fabrice,
Je viens de lire votre Lettre à la petiote [sur l’abominable histoire de la bouffe industrielle]. Cette industrie de la malbouffe est une abomination de la pire espèce, hélas. On a beau le savoir, il semble qu’on n’en finisse jamais de découvrir un nouveau scandale, une horreur exhumée des pages sombres de l’histoire.

L’énumération pourrait tourner à la litanie et s’avérer désespérante. Ce n’est pas ce qui m’est apparu à la lecture de votre propos, au contraire. Je ne sais rien de plus déprimant que la grande romance positive, jamais très loin du déni. Et surtout, peut-être, la figure d’une « poussinette de juste trois ans », porte en elle des forces inouïes. Au fil des pages, elle est devenue à mes yeux l’incarnation émouvante des êtres faisant leurs premiers pas dans un monde au bord de sombrer. Celles à qui nous laissons le pire, ceux à qui bientôt nous passerons la main nous donnent une raison de plus de ne pas renoncer.

Cette petiote – elle ou un(e) autre –, j’ai imaginé qu’elle vous répondait. Il est toujours délicat de se projeter ainsi, et ce qui va suivre n’a aucune prétention à prophétiser le chemin à la place de l’autre, évidemment. N’y voyez qu’une rêverie toute personnelle écrite un jour d’octobre hésitant entre la tempête et les éclaircies. Si le gris n’emporte pas tout, l’automne promet d’être flamboyant.
Cette réponse, la voici, donc. Avec mon amitié et mes salutations fraternelles à toutes et à tous,
Frédéric

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Fabrice, mon cher Fabrice,
Vingt ans se sont écoulés depuis ta lettre « sur l’abominable histoire de la bouffe industrielle ». Vingt ans, c’est long alors qu’un à un, les écosystèmes s’effondrent à un rythme effrayant. Et c’est bien court à l’échelle des idées et de leur diffusion.

Depuis cet automne de l’année 2017, tout s’est exacerbé. Des régions entières du monde sont devenues inhabitables. Par dizaines de millions, des réfugiés cherchent une terre où vivre, et partout, les frontières se ferment. Les océans deviennent des cimetières. Les guerres se multiplient pour le contrôle des ressources au seuil de l’épuisement. Jamais le monde n’a compté autant d’émeutes de la faim. Quant aux industriels de la malbouffe – pardon pour le pléonasme –, plus que jamais, ils se surpassent.

Traçabilité, transparence, contrôles sanitaires, normes qualité, tout est bon pour étendre leur empire. Ce qui n’est pas labellisé par les multinationales est couvert d’infamie. C’est désormais officiel : « Manger tue », excepté la délicieuse tambouille industrielle auto-certifiée conforme. Plus la ficelle est grosse, plus les dealers tirent dessus. Rien de bien nouveau, tu me diras.

Ce qui l’est, en revanche, c’est la fronde grandissante. Des individus, des collectifs cultivent leurs légumes et leurs céréales, produisent leurs graines, éduquent leurs enfants, désertent la civilisation industrielle, font sécession. Chaque semaine qui passe voit leur nombre augmenter à une telle vitesse qu’on ne peut les compter. Pour beaucoup, l’emblème est la clé à molette, je sais que tu comprendras le sens de ce symbole. Qu’il s’agisse de la construction d’une route, d’un aéroport, d’un barrage, d’un projet minier, d’un parc de loisirs, d’activité ou de recherche techno-scientifique, l’opposition gagne du terrain.

Occupations, réquisitions, blocage du trafic et des communications, neutralisation des grands chantiers nuisibles, des avions, des chalutiers industriels… chaque situation donne lieu à une action pour préserver ce qui reste de terre cultivable et de vie sauvage. Des salariés cessent le travail pour danger grave et imminent à la santé et à nature, des luddites appellent à « briser les machines et à sauver les mots », des opposants de tous bords célèbrent la vie qui vaut mieux que l’emploi, les écrans et la tyrannie technologique.
Les ministres et de grandes Ong en avalent leurs petits-fours de travers, alors que le mouvement gagne en puissance et en légitimité, progresse sans violence, sans modèle d’aucune sorte, mène un travail d’enquête, de dévoilement. L’heure est à reconquérir nos autonomies et nos symbioses à l’échelle de nos territoires.

A l’heure où je t’écris, le ciel commence à prendre les couleurs du levant. J’aime cette heure des commencements, quand tout peut advenir. Une longue journée m’attend. La récolte de pommes s’annonce fameuse, inversement proportionnelle à l’IFT (l’indice de fréquence de traitement par pesticides) réduit à zéro, tu t’en doutes bien. Il reste de la terre à préparer pour accueillir les blés anciens et le seigle de pays. Cette année, nous allons expérimenter une parcelle de céréales binées par traction animale et une autre sans travail du sol simplement recouvert d’un paillage végétal. Si tu voyais cette vie grouiller juste dans une poignée de terre, alors qu’elle avait quasiment disparu !

J’ai encore en mémoire les épis de l’été dernier. Je revois leurs lumières danser dans le ciel, à deux mètres de haut. Des rouges, des blonds, des bruns, certains barbus, d’autres imberbes plus hauts que moi. C’est un éblouissement. Je manque de mots devant tant de beauté. Zéro traitement, zéro raccourcisseurs de paille, zéro tétrachlorure de carbone… Et ce pain, si tu goûtais ce pain, si tu respirais ses arômes. Plusieurs personnes intolérantes au gluten des blés modernes le digèrent parfaitement.

Dire que nous avons failli perdre tout ça, à commencer par ce trésor de diversité que sont les semences paysannes, tu sais, celles que l’on peut ressemer chaque année. Enfin, de plus en plus de maraîchers bios délaissent les hybrides F1 – des « Terminator » qui n’en ont pas le nom – pour les variétés traditionnelles ; des champs accueillent des graines vivantes, ni stables ni homogènes, contrairement à ce qu’imposent le catalogue officiel et sa fameuse DHS (Distinction-Homogénéité-Stabilité). Tu vois, le peuple Karen nous inspire d’une certaine façon, tout comme Nicolaï Vavilov et Vandana Shiva.

Tes livres figurent en bonne place sur l’étagère. Ils côtoient Edward Abbey, Beaudoin de Bodinat, Bernard Charbonneau, Jacques Ellul, Ivan Illich, l’encyclique du Pape François, Pièces et main d’œuvre, Vandana Shiva, Paul Watson…

A quoi tient le « soulèvement des âmes » que tu as si souvent appelé de tes vœux ? A des idées, donc à des mots. A des éveilleurs de conscience. A des rencontres. Est-ce que l’heure est venue ? Je l’espère de toutes mes forces. Nous l’espérons et, plus encore, nous le vivons dans nos cœurs.
Est-ce qu’il y aura des lendemains de fête ? Est-ce que notre cause est perdue ? Je ne sais pas répondre à ces questions. L’avenir le dira. Nous faisons ce que nous avons à faire, c’est tout. Notre chemin est celui des bleuets et des coquelicots, des sources et des arbres sacrés. Notre drapeau n’est d’aucun pays, d’aucun règne, mais de tous à la fois ; nous habitons la même terre, le même ciel. Nul ne peut rien contre une parole juste quand elle est incarnée, parce qu’elle est incarnée, devrais-je écrire. C’est elle que nous cherchons dans la plénitude de chaque jour. Et c’est une source de joie.

J’entends que l’on m’appelle. La journée va commencer. Je t’envoie mes pensées d’affection les plus tendres et toute ma gratitude.

Ta grande petiote

17 réflexions au sujet de « Frédéric Wolff dans le rôle d’une ancienne petiote »

  1. Magnifique. Et beaucoup de trouvailles, comme la formule « manger tue ». Tout cela resonne avec d’autres idees que je trouve eclairantes dans mon metier, comme la dualite entre d’une part nos « smart » telephones et leurs « apps » qui comme dit brillament Evgeny Morozov, « repoussent les limites de la dequalification » (c’est plus clair en anglais: « extend the scope of deskilling », c’est plutot la competence que la qualification qui est visee) et d’autre part les idees de « concretude » et de « resonnance » selon Gilbert Simondon, qui montre comment le processus d’invention technique, loin d’etre un assemblage de codes, est un processus createur d’evenements inattendus, imprevisibles. Cet sphere de creativite est maintenue a l’ecart par une education elitiste qui fait croire que tout depend de l’aprentissage des codes, afin de reserver la construction/destruction des codes a une elite soigneusement formatee. Se re-approprier les mots et les semences -non standardisees – , sont deux aspects complementaires du meme combat.

    Et bravo pour l’histoire de la petiote. Merci.

  2. Et encore tu n’as rien vu!

    Petiot, il était déja le chouchou de la classe. Premier rang, cahier toujours ouvert, stylo en attente. Toute une palette de couleurs attendait fébrilement que ses doigts les extirpent de son cartable. Ses doigts. Ah ses doigts! Toujours levés pour répondre aux questions. Même qu’une fois, ne voyant pas la maîtresse derrière lui, son index a atterri dans une de ses narines. Pleurs de rire et mouchoirs de joie dans toute la classe. D’où l’expression « les doigts dans le nez ».

    Martine second rang, ongles abimés a force de gratter le vernis de son pupitre, afin de trouver l’essence dans laquelle il a été conçu. Rien ne lui échappait. Tous les crayons passaient à la loupe! Y compris la baguette punition, entre deux aie!

    PP, souvent regard au-dehors. Attentif, mais aurait préféré que les leçons se fassent à l’air plein poumons.

    Laurent, amoureux des lignes, contours, plans. Toujours à dessiner, dans l’intention de trouver le pratique, le simple qui ne nuit pas à mère nature. Cela fait des décennies qu’il planche sur un modèle de toilettes sèches.

    Stan, chef cocottes en papier. Petits avions, à faire virevolter au plafond.

    Chaleur étouffante. Ouverture des fenêtres. Le vent s’y engouffre aussitôt, faisant voler toutes les feuilles déjà libres, et ressort aussi vite qu’il est venu.

    https://i.pinimg.com/236x/2b/61/52/2b6152a793b19a2e40dcb3c6be63a68c.jpg?noindex=1

  3. @ Le Vent,
    Bien vu ! :-))
    La baguette punition, les coups de règles sur le bout des doigts, les longues heures de colle, voilà ce dont je me souviens. Et avec cela, un perpétuel sentiment d´injustice et de révolte, la conscience profondément chevillée au corps de ne pas être « comme tout le monde » ! Les sévices corporels en usage dans ces temps lointains ont disparu, et c´est tant mieux. Mais je m´interroge toujours sur le bien-fondé des systèmes éducatifs dans nos sociétés industrialisées. En Allemagne, en tous les cas, il sert à bourrer les crânes de matières parfaitement inutiles et passe complètement à côté de l´essentiel. L´éveil au respect de valeurs fondamentales n´y joue aucun rôle. Il s´agit plutôt de niveler par le bas et de former des esprits dociles qui se conformeront aux diktats du système en place.

    Pour ceux ou celles qui peut-être n´ont pas encore lu les articles de Fabrice à ce sujet et qui soutiennent le WWF, une petite piqure de rappel :
    https://www.survivalinternational.fr/actu/11681

  4. Bonjour, Fabrice
    Je lis , il m’accompagne pendant mes balades en montagne , quand je fais des poses pour observé la faune sauvages.
    Depuis quelques temps je prends un livre dans le sac à dos, et mon carnet d’observation où je notent mes balades. Cela donne un peu plus de poids au sac (8kg). Pas grave. Dans mon sac j’ai mon matos et surtout les jumelle de quoi mangé, boire…etc. Et de gros dénivelé en moyenne 1500-2000 m, et un départ à 5h00.
    Comme hier avec les pieds dans les premières neige qui est tombé ils y a plusieurs jours, mais qui a fondu avec la douceur de l’automne. Alors lire en montagne dans le calme se sont des moments que j’aime.

    Encore bravo pour l’article dans Charlie-H sur la pollution des cours d’eau par le milieu agricole.
    Porte toi bien Fabrice

  5. Bonjour,
    Je n’ai pas encore lu votre livre, mais je le lirai.
    Mais moi aussi j’ai quelque chose à écrire, si vous me le permettez.
    Hier mon frère et moi sommes allés creuser un trou dans un champ où des féveroles sortaient tout juste de terre. Résultat: pas un seul animal, la terre était d’une homogénéité affolante avec pas mal de cailloux, comme si la roche-mère n’était plus très loin. Ensuite on a été dans mon jardin, un tout petit carré que je guette amoureusement, à une dizaine de mètres du champ, et où je cultive quelques tomates, haricots, betteraves,… sans réel soucis de rendement, plus dans un intérêt de retrouver une forme d’équilibre là où jadis mes grands-parents avait une vigne. Depuis quelques années déjà je le nourris de bois mort, de brindilles et de feuilles mortes. Hier, donc, à peine ai-je soulevé un bout de bois du sol que j’ai pu contempler des vers de terre mais aussi des cloportes, glomeris, myriapodes, des champignons… Quel beau spectacle. Même les limaces je les trouvais belles. Après avoir vu un sol d’une pâle couleur sans odeur sans vie, sans âme, un sol à l’allure de poussière, tout sec, je retrouvai la vie. Ma terre à moi bouillonnait. Des racines s’entrecroisaient, des araignées guettaient leurs proies, des fourmis s’agitaient. De temps à autre, un petit lézard intrépide sortait de sa cachette… puis, voyant que je l’avais vu, repartait précipitamment. J’ai hûmé mon sol, il sentait cette bonne odeur de sous-bois, il était humide, il sentait le champignon et la menthe que j’avais jetée là quelques semaines plus tôt et qui se décomposait, lentement mais sûrement. Je ne suis pas restée très longtemps, je craignais de le déranger.
    Le champ mort appartient à mes oncles. Dans quelques années ils seront à la retraite, personne pour l’instant ne veut prendre leur suite. Moi j’ai 20 ans, je fais actuellement un DUT option Agronomie pour je sais pas encore quoi faire plus tard. Mon frère m’a demandé si jamais je reprenais ce champ ce que j’en ferais. Je crois que je le couvrirais en urgence d’une couverture de survie: du bois mort et des débris de végétaux. Des branches issues de haies que j’aurais replantées, et des bois environnants. J’arrêterais, comme le font actuellement ma mère et ma grand-mère, de vouloir à tout prix brûler les restes de taille d’herbe/arbustes/arbres. Je les réutiliserais pour protéger ma terre et nourrir ses petits habitants. Ensuite j’observerais mon sol, je l’écouterais. Dans la mesure du possible, je ne le laisserais jamais plus à nu de nouveau. Je cultiverais mes plantes en mélange, en fonction de leurs types racinaires et de leurs affinités. J’ai eu il y a quelques semaines un cours sur la rhizosphère, c’était assez passionnant. Les plantes appellent, en sécrétant des molécules via leurs racines, les champignons qui les intéressent dans le sol pour former avec eux des symbioses et ainsi optimiser leur croissance. Et ce sans l’intervention de l’autre grand con. L’humain. Qui se croit malin à balancer des engrais mais qui en faisant ça perturbe ce puissant équilibre fragile et détruit ces symbioses. Dans ce cours on a même vu que les symbioses plantes/champignons seraient en réalité antérieures à l’apparition des racines chez les végétaux. Ainsi les racines auraient pour premier but de favoriser de tels échanges plantes/champignons, et non pas de puiser directement dans le sol les éléments dont la plante à besoin. Ce qui remettrait en question toute l’agriculture et l’agronomie actuelles où le sol n’est perçu que comme un vulgaire substrat que l’on a l’orgueil de prétendre pouvoir nourrir à coup d’engrais dont l’azote est ensuite lessivé, système dont on sait pertinemment qu’il n’est pas durable.
    Enfin bref, voilà. J’avais envie de partager ça avec vous. Mais j’ai beau être assez pessimiste de nature, je crois qu’un espoir demeure. En tant qu’étudiante en agronomie, je vois autour de moi, parmi ceux qui feront vraisemblablement l’agronomie de demain, un certain rejet des pesticides, une réelle méfiance vis-à-vis des multinationales, un attrait pour la permaculture, l’agroforesterie et pour des systèmes agricoles sans travail du sol. Il reste bien sûr encore des dubitatifs et des réticents à un changement de système agricole, notamment parmi ceux issus de familles agricoles, mais en réalité je les comprends, et moi-même j’ai du mal à en vouloir à mes oncles qui utilisent encore les biens nommés « produits phytosanitaires », que mon papi -que j’ai pas vraiment connu car mort d’un cancer du poumon, sans jamais n’avoir fumé (…se pourrait-il qu’il y est un quelconque lien ? il était aussi maçon… donc un petit peu d’amiante en plus ? … ) – utilisé avant eux.
    Je pourrais déblatérer encore longtemps mais non, stop. Je m’arrête.
    Au plaisir, cher Fabrice, de vous lire ici, dans vos livres ou chaque semaine dans Charlie,
    Mes amitiés à celles et ceux qui auraient pris le temps de lire ce que je viens d’écrire,

    Lisa

      1. Cher Fabrice,
        J’avoue avoir douter un peu de la pertinence de mon propos. Mais apparemment il vous a plu et ça, ça me fait énormément plaisir.
        Merci à vous.

        Lisa

  6. Lisa,
    vous avez vingt ans et vous portez un magnifique espoir. Vous me redonnez la confiance dans la jeunesse d´aujourd´hui, une confiance que je perdais peu à peu.
    Continuez sur votre belle lancée, semez vos idées partout où vous le pourrez. Je vous souhaite beaucoup de bonheur à construire de vos mains un monde dans lequel la mansuétude aura pris le pas sur l´indifférence.

    1. Martine,
      N’ayez pas beaucoup d’espoir sur ma piètre personne, je ne changerai hélas pas le monde. Ceci dit ne soyez pas trop sévère vis-à-vis de la jeunesse actuelle, très souvent caricaturée et réduite à de jeunes écervelés qui ne voient le monde qu’à travers leur smartphone. Déjà que c’est pas hyper facile d’être jeune aujourd’hui, si en plus nos aîné.e.s ne nous font pas confiance… Ne finit-on pas par devenir la personne que les autres nous renvoient de nous-même ?
      Merci pour vos encouragements.
      Du bonheur pour vous aussi,

      Lisa

      1. Lisa,
        il ne s´agit pas de changer le monde mais, en partant de soi, de le faire évoluer, d´apporter la désormais célèbre « part du colibri » à un éveil des consciences, rien de plus. Je ne suis pas sévère envers la jeunesse actuelle, elle n´est ni pire ni meilleure que celles des générations passées. Elle répète seulement les mêmes erreurs, comment lui en vouloir ? Ne vivant pas en France, je ne peux évidemment pas parler de la jeunesse francaise. Mais ici, en Allemagne, je vois les jeunes tomber comme des oiseaux tout chauds dans les innombrables pièges de la consommation à outrance, victimes d´un matraquage publicitaire forcené et d´un endoctrinement qui les atteint même jusque dans le milieu scolaire (présentation de tablettes et de smartphones à des écoliers de 8 ou 10 ans). Et je regrette souvent que la communication passe mal, ou pas du tout, quand on aborde le thème de l´écologie, de la destruction systématique de la planète et de la nécessité de remettre notre mode de vie en question.

        Et, pour terminer, je ne suis pas certaine que l´on devienne automatiquement « la personne que les autres nous renvoient de nous-même ». Je pense au contraire qu´il faut soigneusement éviter ce genre d´écueils et se construire dans la plus grande autonomie possible. Ce n´est pas une tâche aisée, parfois la vie n´y suffit pas mais s´y essayer en vaut drôlement la peine.

        PS Je viens de recevoir un livre merveilleux (Fabrice en a parlé dans Charlie Hebdo). Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, il s´agit de « Les graines du
        monde, l´Institut Vavilov » de Mario del Curto, aux Editions Acte Sud.
        Un ouvrage superbe. Un très beau cadeau à faire, en hommage à Vavilov, une victime parmi tant d´autres de la folie des hommes.

  7. Je n’ai que des mercis à offrir
    A Fabrice pour nous enchanter en partageant la prose de Frédéric Wolff
    A Frédéric Wolff pour nous donner le sourire
    A Lisa pour cette vie qu’elle commence si bien, que je lui souhaite longue et heureuse en prenant soin de cette terre que nous lui laissons

  8. J’ai l’impression d’arriver un peu après la bataille, mais j’ai une excuse : je viens juste de finir la « lettre à une petiote » de Fabrice.
    Alors, oui, merci et bravo à tous les trois, Fabrice, Frédéric Wolff (qu’il ne faut surtout pas confondre avec son homonyme Francis Wolff, philosophe (sic) et défenseur acharné de la corrida) pour ce texte magnifique, et aussi Lisa qui prouve que rien n’est jamais perdu tant qu’on refuse de baisser les bras.

    Et, concernant la petiote qui complète parfaitement le précédent « lettre à un paysan », juste une petite précision sur Vavilov qui fut la plus illustre victime de Lyssenko, cet illuminé, véritable Raspoutine du stalinisme, qui a ruiné l’agriculture soviétique car il ne croyait pas à la génétique.

    Amitiés à tous et n’oublions jamais que « pour que le mal triomphe, il suffit que les braves gens ne fassent rien » (Edmund Burke).

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