Et une attaque, une

On ne sait pas d’où ça vient, mais en tout cas, une attaque a bloqué Planète sans visa. Mon si cher Alban, webmaster de combat, en est venu à bout. Je l’embrasse, et je reviens vous voir.

37 réflexions au sujet de « Et une attaque, une »

  1. Cher Collègue,

    J’ai écouté avec grand intérêt votre intervention sur France culture de ce matin 11 septembre.
    La revue « Cosmopolis » publierait volontiers un article reprenant vos conceptions de l’écologie et de sees illusions. Il pourrait s’agir d’un texte disponible, ou d’un écrit original.
    La revue est axée sur toutes les dimensions de ce que les philosophes nomment « cosmopolitique », non plus comme utopie mais comme urgence absolue, dans la convergence ou la divergence de ce que peuvent en dire la science, le droit, la géopolitique, la philosophie ou toute discipline concernée par la question.
    Vous trouverez sa présentation sur le site indiqué ci-dessous.
    Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien accorder à cette invitation.

    Paul GHILS
    Editor/Rédacteur
    Cosmopolis. A Journal of Cosmopolitics/Revue de cosmopolitique
    Former Editor, Transnational Associations/Associations transnationales
    Observatoire européen du plurilinguisme (OEP)

  2. Bonjour Monsieur Nicolino. J’ai très apprécié vos propos ce matin 11.9 sur France Culture. Je voudrais vous proposer une initiative pour faire connaitre et supporter vos actions contre les pesticides, et votre livre Nous voulons des coquelicots. Svp pourriez vous me contacter par courriel? Merci – Marco Morosini – marcomorosini.eu

  3. Bonjour,
    Très chouette émission ce matin sur france culture.
    Par contre il est certain que vos propos ne doivent pas faire l’unanimité
    et donc l’envie de se prendre à votre site doit être forte pour certains
    groupes ou personnes.
    En tout cas merci de continuer vôtre, notre, combat.

    PS : Juste un dernier truc, l’adresse de connexion à vôtre site ne devrait pas
    être accessible depuis le site : Accès Privé >> Connexion et aussi depuis
    son URL dans le navigateur

  4. Merci Alban. C´était peut-être une courte traversée des quarantièmes rugyssants !

    Toujours au sujet de l´évacuation (du nettoyage en règle devrait-on plutôt dire) de la ZAD de Kolbsheim (résistance contre le projet d´autoroute) :
    https://reporterre.net/La-deputee-ecologiste-Karima-Delli-gazee-par-les-gendarmes-sur-le-GCO
    Les gendarmes, toujours fidèles à eux-mêmes, ont copieusement arrosé les manifestants de gaz lacrymogènes.
    Un exemple de plus du fameux « Gewaltmonopol », la violence étatique légitime. Ou décrétée légitime par l´Etat pour défendre les intérêts de ceux qui le servent.

  5. Bonjour,
    Je vous lisais avec intérêt dans Charlie.
    Je vous ai entendu ce matin sur France Culture.
    J’aime beaucoup votre idée des coquelicots ! c’est simple, c’est clair, ça concerne tout le monde, on devrait tous être d’accord, et cela nous rend actif !
    Je suis un brin.
    Continuez ! Courage et optimisme !

  6. Bonjour,
    Je vous ai écouté ce matin et vos paroles trouvent un écho profondément ancré en moi depuis fort longtemps.Je lis vos écrits avec délectation.
    Vous parlez d’une asso , laquelle et comment adhérer ? enfin une réunion de défenseurs du vivant non écolo-tartuffe.
    Merci de donner un souffle nouveau et de rassembler les énergies qui désespèrent.
    Cordialement

  7. Bonjour.
    Auteur et illustratrice, je suis en train d’écrire une histoire pour les enfants (et les plus grands) qui s’appelle » Coquelicot » et qui parle exactement de ce dont vous parlez. (Du moins il me semble.)
    Je suis en recherche d’éditeur, peut-être qu’il y a quelque chose à faire ensemble?
    Voudriez vous lire mon manuscrit? Je vous l’enverrai avec plaisir.
    Merci pour tout.
    Aude

  8. Dans votre déclaration d’intention, vous écrivez : « Ce site parlera donc de la crise écologique […] sans vain respect pour les hommes et les institutions. » Pour moi, il n’y a pas de vain respect pour les hommes. On peut dénoncer sans concession les institutions, les organisations humaines lourdes et archaïques dans lesquelles se fourvoient les individus, mais chaque personne mérite le respect, et la compassion quand elle se vouvoie.
    Je vous ai entendu ce matin. Je soutiendrai votre appel « Nous voulons des coquelicots », mais je soutiens aussi Pierre Larrouturou et son Pacte Finance Climat, et Benoît Hamon, et Nicolas Hulot… et tous ceux qui se disent décidés à faire de la lutte contre le dérèglement climatique et l’extinction de la biodiversité leur priorité absolue.
    Si il s’agit d’une priorité absolue, comment est-il encore acceptable, pour nous autres humains et non humains, que vous, les quelques meneurs qui prétendent organiser le combat et les troupes, vous vous dénigriez les uns des autres, vous vous étripiez à coup de bons mots, vous éparpilliez les militants en refusant de légitimer un chef de file, et finalement vous retardiez indéfiniment le moment (et le risque ?) du passage aux actes. Parfois, devant ces combats de coq (et d’égo), j’en viens à me demander si vous croyez vraiment à la gravité de la situation que vous décrivez. À moins que vous, les leaders, n’ayez tout simplement la trouille d’aller au feu ? Y a l’feu ou y a pas l’feu ?!
    Je suis une abeille et je vis à la campagne, où une partie de la population détestent toujours les « écolos » (tous confondus). Et il y a de quoi : depuis le début de l’ère industrielle, les écologistes alertent sur les risques de l’exploitation sans limite des ressources naturelles et sur leur empoisonnement, alors que les gouvernants et les industriels en ont fait la promesse du bonheur universel. Les écologistes ont toujours été des oiseaux de mauvais augure dont on se moquait allègrement… et voilà qu’un siècle et demi après la naissance de l’écologie, on découvre qu’ils avaient raison. C’est insupportable, et beaucoup préfèrent s’enfoncer encore davantage dans l’erreur que de reconnaître leurs torts en amorçant un ralliement et un changement. Alors, est-il vraiment utile d’en rajouter dans cette division, en décrétant qu’il y aurait de bons et des mauvais écolos, en mettant dos à dos les bonnes manières de faire de l’écologie et les mauvaises ? N’est-il pas grand temps d’œuvrer pour une union, même imparfaite, de toutes les bonnes volontés ? Merci.

  9. Bonsoir et bravo pour votre intervention.

    Je n’arrive pas à aller au-delà de la photo du coquelicot – très belle au demeurant – sur le site. Pas de clic possible ?
    Merci

  10. Cher Fabrice
    Merci de tout coeur pour ton action
    Je te lis régulièrement dans Charlie et t’ai entendu cet après midi chez Charline.
    Je ne te connais pas autrement mais je te serre fort dans mes bras.
    Bises

    Un petit maraîcher du Var qui se bat pour faire des légumes de qualité

  11. Quel bonheur de vous entendre ce matin sur France Culture! Je piaffe d’impatience de voir surgir tout ces coquelicots. Que nous soyons des millions à colorer les rues.
    Merci Fabrice.

  12. Bravo et merci pour cette nouvelle montée « au front » Fabrice.. ! Quelle santé !
    Une toute petite et modeste idée pour soutenir votre appel, je vais faire mettre la cocarde et ce cri de ralliement sur le site de mon entreprise (charpente et construction bois), sur les camions et véhicules et exhorter confrères, clients et autres à faire de même..
    Ça ne suffira certainement pas mais c’est un début..
    Merci encore pour votre bel appel, il est enthousiasmant malgré sa gravité et dans les ténèbreuses années que nous préparent ces criminels quoi de plus beau que de se lever pour un coquelicot ?

  13. Bonjour et bravo pour votre intervention sur France culture. Connaissez-vous le produit du breton Jacques Le Verger, Osmobio, alternative naturelle au glyphosate ? Toujours en attente d’autorisation… https://www.osmobio.com/osmobio-alternative-glyphosate/ Et aussi cette initiative (que je crois unique en France), créée par les basques : une chambre d’agriculture alternative, Euskal Herriko Laborantza Ganbara. Coqueliquement vôtre, Tugdual Ruellan.

  14. Desolé mais je trouve votre réponse sur France Culture concernant l’article du monde diplomatique (…sur le système Pierre Rabhi) un peu affligeante : évoquer des « méthodes staliniennes  » a ce propos vous exonère d’argumenter sur le fond… c’est un peu court et facile !!  » personnellement j’ai trouvé cet article extrêmement pertinent, eclairant et courageux en ces temps de consensus mou sur les questions d écologie.

    1. Je crois surtout que vous ne m’avez pas lu, juste survolé, ce qui est une maladie culturelle fort répandue. Car sinon, pour sûr, vous n’auriez pas osé dire que je n’argumente pas sur le fond. Je vous suggère de rester tranquillement dans vos certitudes.

      Fabrice Nicolino

  15. Heureusement qu´il y a les podcasts, sans cela j´aurais tout bonnement raté votre belle intervention, cher Fabrice. J´espère que vous aurez été entendu par tout plein de personnes de bonne volonté.

  16. Soyons tous un coquelicot!
    Insouciant, determine, intransigeant, clair… beaux. Soyons beaux. Assez de compromis, de calculs, de strategies mediocres! On va gagner, cette fois-ci. Non, pas nous. La vie va gagner. Et nous avec, dans la mesure, et dans la mesure seulement ou nous le sommes encore, vivants! Ou nous savons encore etre un coquelicot. Il n’y a pas de place sur cette terre pour les pesticides et nous a la fois. L’un doit disparaitre.
    Mais le site ne semble pas encore completement operationnel. Comment rajoute-t-on son nom aux 100 premiers signataires?

  17. J’habite une maison dans un village où je me suis installé il y a quarante ans. À l’époque, à la belle saison, j’étais réveillé par un concert de gazouillements : grives, bouvreuils, rouges-gorges, mésanges, chardonnerets, hirondelles, moineaux, etc. saluaient l’aube avec un enthousiasme communicatif. Aujourd’hui, silence absolu. Même les merles, qui avaient tenu bon jusque voilà deux ou trois ans, ne sifflent plus. Quelques pies viennent parfois jacasser sous ma fenêtre…

    C’est vous dire que je suis d’accord à 200% avec tout ce que vous dites.

    « En même temps » (sic) :

    On arrête les pesticides tel jour à telle heure. Le lendemain, on fait quoi ?

    Vous savez comme moi que, pour gérer un tel bouleversement, il faudra des années. La plupart des terres agricoles, en France et plus généralement en Europe (c’est pire en zone tropicale), sont mortes ou en phase terminale. Dans un premier temps, les prédateurs naturels des ravageurs mettront des années à revenir et ramener cet équilibre qui permet à la flore forestière de prospérer sans engrais, sans pesticides, sans irrigation, sans labour, sans rien. Pourquoi la forêt, dont personne ne s’occupe, permet-elle de produire des arbres de trente mètres de haut alors que les agriculteurs ont bien du mal à faire pousser du blé en travaillant soixante heures par semaine avec tous les moyens de la prétendue science moderne ?

    Je dis « prétendue », car la vraie science moderne, celle qui permet de se passer de chimie sans retomber dans les pratiques ancestrales, peu efficaces (mais moins dangereuses), c’est celle qui explique le fonctionnement des sols (que nos aïeux ignoraient complètement). Souvent, on nous dit que, sans la chimie, on avait autrefois des rendements jusqu’à dix fois inférieurs et que, étant donné la croissance démographique, on ne pourrait pas s’en contenter aujourd’hui. En fait, ce n’est pas faute de chimie que les rendements agricoles étaient modestes, mais à cause de pratiques culturales aberrantes. Je pense au labour (entre autres), aussi pernicieux aujourd’hui qu’autrefois.

    Bien des agriculteurs ont renoncé à la fois à ces pratiques et à la chimie et obtiennent des rendements comparables à l’agriculture industrielle. Il suffit d’aller leur demander comment ils font (attention ! ce n’est pas aussi simple que le prétendent certains écolos aussi incultes que déterminés, mais c’est faisable et cela se fait).

    En fait, ce n’est pas l’interdiction des pesticides à partir de telle date, qu’il faut obtenir, mais l’élaboration d’un calendrier d’au moins cinq ans susceptible d’aboutir à cette interdiction, actuellement impossible. Surtout, une fois ce calendrier établi, on commence tout de suite. La décision qui vient d’être prise d’interdire le glyphosate dans trois ans est absurde à deux points de vue :

         1 – il sera immédiatement remplacé par d’autres pesticides tout aussi dangereux. Ceux qui parlent d’insecticides « naturels » me font rire : quoi de plus naturel que l’amanite phallloïde ?… Les pires ennemis de la cause écologique sont ceux qui pensent que « naturel=bon ». La Nature n’est ni bonne ni mauvaise par elle-même ; nous autres hommes, sommes-nous autre chose qu’un point de passage dans les cycles du carbone et de l’azote ? Notre cerveau nous a permis de survivre malgré notre vulnérabilité congénitale, un point c’est tout. Pour prendre conscience de ce qu’est réellement la Nature, rien de mieux que de regarder les documentaires animaux sur France 5 en début d’après-midi : un universel jeu de massacre dans lequel chacun cherche qui dévorer, même les herbivores, dont chaque goulée coûte la vie à des dizaines d’insectes, dont, de leur côté, les oiseaux, les gentils petits oiseaux, font leurs délices. Âmes sensibles, s’abstenir !…

         2 – les coûts de production de l’agriculture moderne (je veux dire celle qui tient compte de notre connaissance du fonctionnement des sols) étant beaucoup plus élevés que ceux de l’agriculture industrielle (qui, elle, est archaïque), les agriculteurs seront ruinés par la concurrence des produits moins chers importés de pays n’ayant pas prononcé d’interdiction. Où l’on voit que le libéralisme est incompatible avec l’écologie. J’attire l’attention du lecteur qui m’aura lu jusqu’ici : je n’exprime là aucune opinion, mais un simple constat.

    Il faut y aller doucement (mais fermement) et, au moins pendant le temps de la transition, assurer un revenu décent aux agriculteurs au fur et à mesure de leur entrée dans le processus (ce qui, je le répète n’est pas permis par l’Europe libérale). Cette entreprise visant l’intérêt général, il semble juste que l’argent public (c’est-à-dire celui des « contribuables », que je préfère, surtout dans ce contexte, appeler les « citoyens ») serve à en compenser les charges, qui ne peuvent manquer de mettre les personnes concernées dans des situations financières ingérables (c’est déjà le cas en ce moment puisqu’on constate que le taux de suicides chez les agriculteurs bat des records historiques).

    Il serait donc utile, pour que tout le monde comprenne bien les enjeux, de ne pas se contenter d’exprimer une nostalgie (du reste parfaitement légitime et que, comme on l’a compris, je partage totalement) d’un monde en train de disparaître, et d’expliquer en détail (ce que je me sens incapable de faire) ce que devra faire un agriculteur pour gagner sa vie sans chimie… et produire de quoi nous nourrir tous à un prix abordable, contrairement aux actuels agriculteurs bio dont la production beaucoup plus coûteuse est hors de portée de la majorité. Si les gens achètent les pommes qui ont subi trente à quarante traitements, ce n’est pas par masochisme, mais parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement…

    Encore que…

    Il est possible de mettre une nourriture saine à portée de beaucoup de monde en apprenant (quand se décidera-t-on à l’enseigner à l’éccole) à gérer un budget.

    Par exemple, la plupart des gens chez qui il m’arrive de me trouver se chauffent l’hiver à 22° dans toutes les pièces, même celles où il ne vont que très peu, voire jamais. Je sais par expérience qu’on peut vivre sans souffrir et sans attraper le rhume (malgré mes quatre-vingt-quatre ans) en chauffant son séjour à 17° et les autres pièces à 14°, 12° par temps sec (au-dessous, on peut déplorer de la condensation, susceptible d’entraîner des moisissures dans certaines parties peu ventilées, notamment les armoires à linge et les bibliothèques). Vous n’imaginez pas l’économie que cela représente. Il suffit de retrouver l’usage d’un objet apparemment oublié : le pull. Tous ces gens en bras de chemise dans leurs appartements alors qu’il fait au-dessous de zéro dehors !…

    Autre exemple : depuis que je fais mon pain bio (sans pétrissage, pas de panique !… Si on a inventé l’autolyse, ce n’est pas pour les chiens…), j’ai économisé plus de 200€ par an. Envers de la médaille : d’une part, ces 200€ n’ont pas contribué au PIB ; d’autre part, la farine bio étant fabriquée avec des blés importés (de Pologne, notamment), j’ai contribué à la dégradation de notre balance commerciale, déficitaire depuis 2009…

    Dernière remarque allant dans le même sens : au risque de choquer les végans, je mange de la viande. Je n’ai aucune raison de m’en priver, l’Homme étant carnivore par nature (la preuve en est notre dépendance à la vitamine B12, abente du règne végétal ; on ne gagne jamais rien en agissant contre la Nature. C’est ce que font ceux qui tuent les sols avec des engrais et des pesticides. Ce n’est pas un exemple à suivre). En revanche, la biologie moderne m’apprend qu’il suffit d’en manger 500g par semaine (à condition de consommer aussi des laitages et des œufs car, surtout si on ne digère pas les légumineuses, 500g de viande ne peuvent couvrir les besoins en lysine). Je ne vois pas, dès lors, pourquoi en manger deux fois par jour. Du coup, l’économie que cela implique permet largement de manger de la viande bio. On peut donc manger bio sans alourdir son budget alimentation, mais cela ne peut se faire qu’en remettant à plat son régime alimentaire… en évitant de tout changer du jour au lendemain, car il semble que changer de régime alimentaire soit une des choses les plus difficiles (cf l’inefficacité des régimes amaigrissants). Il faut donc prévoir une transition d’assez long terme, ce qui implique un calendrier de plusieurs semaines, voire plusieurs mois…

    Mon comportement est donc récessif (donc destructeur d’emplois). J’en ai conscience, mais l’écologie (la vraie) n’est pas compatible avec la croissance économique, obsession de tous nos gouvernements, dont la survie politique tient au maintien du pouvoir d’achat. Le beurre et l’argent du beurre, sinon je vote RN ! Combien de personnes dans la rue pour protester contre la démission de Nicolas Hulot, et, plus encore, contre son remplacement par François de Rugy ?… Sans le peuple, le ministre ne peut rien. M. Hulot l’a rappelé à juste titre. Étant donné les circonstances, on comprend que le gouvernement soit peu motivé. On nous dit que 70% des Français sont mécontents de la politique actuelle de M. Macron. Que font-ils pour qu’il en change ?…

    Ceux qui parlent de croissance verte me font rire (jaune) car, depuis des millénaires, on n’a jamais su produire que proportionnellement à l’énergie disponible. Au départ, on n’avait guère que l’énergie musculaire, puis sont apparus les animaux de trait, les moulins à eau, les moulins à vent et, enfin, huit siècles après l’apparition de ces derniers en Occident (au cours desquels la croissance par habitant a été nulle), la machine à vapeur, le moteur à explosion et le moteur électrique. Chacun de nous dispose, en moyenne, aujourd’hui en France d’une énergie six cents fois supérieure à celle d’un homme, ce qui signifie deux choses :

    – d’une part renoncer à cette énergie ne peut que créer des emplois, car, pour remplacer une machine de cinquante chevaux-vapeur – un moteur de petite voiture – il faut au moins six cents hommes (un homme peut produire environ un demi kWh en huit heures de travail, ce qui correspond à une puissance de 60w. Un cheval-vapeur valant 736w, un moteur de 50HP produit une puissance de 36800w, soit 613 fois 60w). Mais attention ! un moteur de petite voiture coûte à peu près 6€/h (quatre litres d’essence)  ; six cents hommes payés au SMIC coûtent (charges comprises) environ 1 100 000 €. Je ne saurais trop encourager les optimistes à méditer ces chiffres…

    – d’autre part, ceux qui prétendent qu’on peut vivre aussi bien qu’aujourd’hui sans pétrole ou sans énergie nucléaire sont des comiques. La preuve est dans le paragraphe précédent.

    En revanche, vivre bien (mais autrement) avec beaucoup moins de ressources qu’on n’en consomme actuellement, mais avec infiniment plus de connaissances et de savoir-faire qu’au Moyen-Âge, c’est probablement possible, mais pas si on considère que le bonheur n’est compatible qu’avec l’i-phone 10… et encore : provisoirement !… (mon Nokia a vingt-cinq ans ; il marche comme au premier jour et je n’ai changé la batterie qu’une fois. Voilà ce que j’appelle un appareil moderne).

    On voit que, à certaines conditions, on peut manger mieux pour moins cher sans toucher à son niveau de vie. Il faut des connaissances, du savoir-faire et de la détermination. Le plus dur est d’avoir assez de diplomatie pour convaincre son entourage, mais avec de la patience et, surtout, de la progressivité (pas tout le même jour !…), on avance…

    Tout cela n’est malheureusement pas près de ramener les bouvreuils… ni les coquelicots (sauf, peut-être, en Pologne…).

  18. ATTENTION !

    J’ai laissé passer une erreur grossière dans mon ci-dessus commentaire.

    Le coût horaire de 600 hommes payés au SMIC n’est pas 1 100 000 € (qui est leur coût MENSUEL), mais 700 €…

    J’espère que cette correction n’aura pas pour conséquence de rassurer le lecteur. Le bon chiffre suffit, malgré sa relative modestie, à montrer la raison pour laquelle on remplace les hommes par des machines : cela coûte cent fois moins cher… à condition de les amortir évidemment.

    Quoi qu’il en soit, sans énergie, donc sans machines, les salaires ne peuvent absolument pas être maintenus. Je rappelle que, en 1950, époque où le travail à la chaine n’avait pas été remplacé par des robots, le salaire minimum était, en monnaie constante (c’est-à-dire en pouvoir d’achat), égal au RSA d’aujourd’hui. Certes, en recourant moins aux machines, la transition écologique va créer des emplois, mais pas payés aux tarifs actuels. Nos auto-proclamés écologistes se gardent bien d’évoquer cette redoutable réalité (à supposer qu’ils en aient conscience)…

    À votre avis, pourquoi a-t-on aboli l’esclavage en 1848 ?…

  19. L’attaque informatique la plus carabinee de l’histoire de Planete sans Visa, ici un commentaire de 3 km de long, parseme de professions de foi, de chiffres et figures de style, pour nous convaincre qu’il ne faudrait « pas trop » interdire les pesticides, et qu’en plus « ca ne ramenera pas les bouvreuils », et sur un autre billet, un commentaire qui nous explique l’urgence absolue, le vrai danger, celui dont le verbe funeste a convaincu notre jeunesse d’aller en Syrie pour y egorger les gens et s’y faire pulveriser sous les bombes russes, et les cadres de Lafarge de vendre 3 millions de m3 de ciment a l’etat islamique, c’etait nul autre que Tariq Ramadan 🙂 🙂 🙂

    Apres les commentaires gratines du « Monde », ici aussi ca « trolle » dur, serait-ce panique a bord? Sur le site des coquelicots, les signatures ne ralentissent pas!

  20. Réponse à Laurent Fournier

    Temps de lecture : quatre minutes.
    Longueur du texte : environ 1,10 mètres

    Je me suis senti visé par l’allusion à un « commentaire de 3km de long » (en fait 2,27 mètres. Un simple mètre de couturière vous aurait évité une aussi grossière approximation…). Que voulez-vous : expliquer un point de vue sur une question aussi délicate que celle des pesticides – qui, en plus, fait système avec beaucoup d’autres – en 140 signes, je ne sais pas faire. D’autre part, je suis le seul à avoir évoqué les bouvreuils.

    En revanche je me suis pris à douter lorsque j’ai lu que vous vous étiez offusqué de ce texte « parseme de professions de foi, de chiffres et figures de style, pour nous convaincre qu’il ne faudrait “pas trop” interdire les pesticides ».

    Je me suis relu. Je n’ai repéré aucune « profession de foi ». En bon français, une profession de foi est la déclaration publique (du latin « profiteor, professus sum », qui signie « parler en public » – c’est ce que fait un « professeur ») d’une croyance. Quelle croyance ai-je affirmée dans mon commentaire ?

    Les « chiffres » ! oui… je sais, cela gêne les interlocuteurs, car un chiffre, cela démontre. Or, le caractère très désagréable des démonstrations, c’est qu’elle ont tendance à clore le débat, ce qui est très frustrant. « deux et deux sont quatre, Sganarelle, et … quatre et quatre sont huit » (Molière, Dom Juan ou le Festin de Pierre, III ,1). Si vous essayez de prouver le contraire, c’est la dépression assurée. La seule chose qu’on soit en droit de reprocher à un chiffre, c’est d’être faux où d’être invoqué abusivement… Or, je vous avais laissé une chance (bien involontairement) : un de mes « chiffres » était faux (je l’ai corrigé dans le commentaire suivant car, sur ce fil, on ne peut pas corriger les textes publiés). Heureusement, cela ne nuisait en rien à ma démonstration. Vous vous êtes bien gardé de vérifier. Non. Ce qui vous dérange, ce sont les chiffres, pas les erreurs. Vous auriez dû nous expliquer, sans utiliser de chiffres, comment on peut remplacer un litre d’essence par vingt journées de travail en les payant au SMIC bien que j’aie la prétention d’avoir prouvé le contraire… grâce aux chiffres !…

    Quant aux « figures de style », permettez-moi de reprendre votre première phrase :

    « L’attaque (hyperbole) informatique (métaphore) la plus carabinee (métaphore) de l’histoire de Planete sans Visa (antonomase), ici un commentaire de 3 km (hyperbole) de long, parseme (métaphore) de professions de foi, de chiffres et figures de style, pour nous convaincre qu’il ne faudrait “pas trop” (litote) interdire les pesticides, et qu’en plus “ca ne ramenera pas les bouvrreuils” (citation apocryphe) ».

    Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de continuer, sinon pour vous rappeler qu’une tradition orthographique bien établie depuis plusieurs siècles chez les usagers les plus autorisés de la langue française est d’utiliser des signes diacritiques comme les accents, graves, circonflexes et aigus, ainsi que les cédilles. Notamment, je n’aurais certainement pas écrit « ca ne ramenera pas les bouvreuils », mais « ça ne ramènera pas les bouvreuils ». De toute façon, je n’ai jamais écrit cela ; il s’agit d’une citation apocryphe (ce qui, sans être à proprement parler une figure de style, est un procédé réthorique particulièrement vicieux).

    Entendons-nous bien : ce que je critique ici, ce ne sont pas les fautes d’orthographe (j’en fais plus souvent qu’à mon tour), mais le caractère systématique de votre refus des signes diacritiques. Au nom de quoi ?… Si vous avez un clavier anglo-saxon, vous pouvez très bien utiliser les caractères unicodes. C’est ce que je fais avec mon clavier français qui les ignore, pour les majuscules À É È Ù Ç, pour « œ » et « Œ » et pour les guillements français «». Pour le reste, je me suis fait un fichier de « bloc-note » de tous les signes qu’il m’arrive d’utiliser, avec, notamment, les indices et les exposants (₀₁₂₃₄₅₆₇₈₉⁰¹²³⁴⁵⁶⁷⁸⁹), très utiles lorsqu’on veut parler de CO₂, par exemple, ou de m³… On connaît vite par cœur les plus usités (récemment, j’ai appris le point médian « · » (0183) mis récemment à la mode par les lobbies féministes – je ne considère pas le mot « lobby » comme péjoratif – Je croyais avoir tout vu, mais là, j’avoue que je n’en suis toujours pas revenu. Surtout, je n’arrive pas à savoir comment cela se prononce, alors que jusque là l’écriture était censée transcrire la parole, sauf dans les systèmes qui utilisent les idéogrammes, comme le chinois ou le japonais), mais pour les trous de mémoire, il y a, tout au moins sur Windows, la « table de caractères » (qu’on trouve dans « accessoires windows »)… qui donne les codes.

    J’ai remarqué que les internautes méprisent la forme. Malheureusement, les journalistes et les publicitaires, e·ux·lles, s’en gardent bien : c’est leur gagne-pain. Il·elle·s n’ont cure, sur leurs blogs, d’en donner les moyens aux auteur·e·s de commentaires. (C’est sans doute la raison pour laquelle les éditeurs de ces sites sont si élémentaires : ici, on n’a même pas accès à l’italique, alors qu’il était déjà disponible dans WordStar, il y a trente-cinq ans !…). Raison pour laquelle il·elle·s ont tant d’influence, alors que les internautes n’en ont guère. Twitter dont les 140 caractères permettent d’affirmer, mais non d’expliquer, et FaceBook dont la plupart des interventions sont masquées (qui a le courage de cliquer sur « voir plus » ou « voir les réponses », etc. ?…), veillent au grain.

    Pareil pour le « pas trop », qui ne figure nulle part dans mon commentaire, outre que j’ai clairement expliqué que l’usage des pesticides – particulièrement du glyphosate – mais aussi plus généralement les pratiques culturales actuellement majoritaires (notamment les engrais et le labour) étaient dangereu·x·ses pour les sols et, probablement pour les ho·fe·mmes (Pour les ho·fe·mmes, le danger est pour l’instant considéré comme « très probable », mais, à ma connaissance, le risque n’a pas été mesuré. Desendre un escalier est dangereux, mais le risque est faible – plusieurs centaines de mort·e·s par an, tout de même, mais cela donne un peu d’air aux caisses de retraite, car il s’agit généralement de « personnes âgées » – je ne sais pas quel est le masculin de « personne ». Quelqu’un peut-il m’aider ?… –, autrement dit des vie·ux·illes) ce n’est pas une croyance, mais une hypothèse scientifique jamais encore réfutée (nulle « profession de foi » dans cette affirmation), même si j’ai ajouté qu’il ne serait pas simple de s’en passer et que cela impliquait par ailleurs pas mal de mesures annexes (on en parle peu, ce qui justifie mon propos). Les idéologues détestent les nuances : c’est à cela qu’on les reconnaît. Et pas seulement les idéologues, d’ailleurs…

    1. Kenique Vergal, on va faire court:
      1. Vous ecrivez, « on interdit les pesticides, tel jour a telle heure. Le lendemain on fait quoi!? »

      C’est exactement ce que disait l’industrie de l’amiante jusqu’en 1995. En 1996, l’amiante etait interdit, et avant meme la mise en application de l’interdiction, les produits de substitution etaient prets. Il n’y a meme pas eu de rupture de stock! L’industrie bluffait a fond, en fait elle etait prete depuis longtemps. Elle savait que l’ interdiction n’etait qu’une question de temps.

      2. C’etait aussi exactement ce que disait l’administration coloniale a Victor Schoelcher: « et apres l’interdiction de l’esclavage, on fait quoi? Comment gere-t-on la production, comment gere-t-on la main d’ oeuvre, comment maintien-t-on l’ordre dans les colonies? Abolir, ce serait l’ideal, on est bien tous d’accord, mais le faire maintenant serait premature.  »

      Vous parliez d’esclavage dans votre commentaire. Les pesticides seront abolis, comme l’amiante, comme l’esclavage, lorsque des gens courageux decideront qu’on ne peut plus attendre encore. En etes-vous?

    2. « une fois interdits les pesticides, qu’est-ce-qu’on fait? »

      Nous demande Kenique Vergal.

      Simple:
      1. On commence a se poser les vraies questions (qui, c’est vrai, sont moins simples, et infiniment plus passionantes, que d’ouvrir une boite de pesticides)

      2. On commence enfin a vivre (une autre maniere de dire la meme chose que 2.)

      3., Vous verrez, meme vous y prendrez plaisir! Et vous respirerez mieux, et votre eau sera plus propte, et meme les bouvreuils, qui vous dit qu’ils ne reviendront pas?

  21. Réponse à Laurent Fournier

    temps de lecture : six minutes

    J’ai vraiment du mal à vous suivre. Vous avez lu mes 3km de commentaire sans vous apercevoir que nous étions d’accord. Vous pensez qu’il faut interdire les pesticides ? moi aussi. Tout ce que je dis, c’est que ce n’est pas simple. Alors que, si je vous ai bien compris, yaka…

    L’exemple de l’amiante n’est absolument pas pertinent. Son interdiction n’a ni arrêté ni ralenti la production. Simplement, on a fait sans. De plus, et c’est très important, les emplois détruits ont été largement compensés par ceux qu’il a fallu créer pour désamianter. Raison pour laquelle les économistes appellent « création de richesse » le fait de réparer les dégâts : croissance soutenue grâce au désamiantage !… Je comprends qu’il y ait des gens qui ne comprennent pas. Juste un exemple : pendant les dix prochaines années, le désamiantage des HLM (qui ne constituent que 10% du « gisement ») va coûter 2,5 milliards par an. Où va-t-on trouver cet argent ?

    La vérité, c’est que les marchands d’amiante n’ont pas eu de chance : le tabac fait beaucoup plus de morts que l’amiante ; on n’a pas interdit le tabac. L’alcool fait beaucoup plus de morts que l’amiante ; on n’a pas interdit l’alcool. Les chutes dans les escaliers font beaucoup plus de morts que l’amiante ; on n’a pas interdit les escaliers. On prétend réduire la mortalité sur les route en limitant la vitesse à 80km/h (alors que, en fait, cette mesure est faite pour compenser la remontée des cours du pétrole), mais qui se préoccupe des 25 000 morts dus, chaque année aux accidents domestiques ? En avez-vous seulement entendu parler ? Moi pas.

    En revanche, la comparaison avec l’abolition de l’esclavage est plus intéressante, car, effectivement, la rentabilité des plantations risquait d’en souffrir. Les riches ont mis longtemps à comprendre qu’enrichir les pauvres (soit en les payant cher, soit en leur vendant bon marché) allait dans le sens de leur intérêt. Les fondateurs d’Aldi et de Lidl, les géants du low-coast, sont multimilliardaires. Les pauvres sont nombreux ; même en prenant très peu à chacun, on peut gagner énormément d’argent. Pour devenir milliardaire, il suffit de prendre cinquante centimes à deux milliards de personnes. N’est-ce pas sur ce principe que se sont constituées les plus grandes fortunes actuelles, celles des patrons de Microsoft, FaceBook, Amazon, etc. ?

    L’abolition de l’esclavage n’est pas due à la bonté des élites, mais à la machine à vapeur. D’ailleurs, est-il bien sûr qu’on l’ait aboli ? Renseignez-vous sur les conditions de vie des enfants dans les mines de charbon des années après la prétendue abolition (en relisant « Germinal », vous pourrez même joindre l’utile à l’agréable…).Une des premières lois sociales, sous le Second Empire a interdit de faire travailler les enfants de moins de dix ans… plus de huit heures par jour (on n’arrête pas le progrès !…)
    Aujourd’hui même, quel nom doit-t-on donner à la condition des personnes qui fabriquent nos chaussures de sport pour deux dollars par jour ? Dans plusieurs pays d’Afrique, l’esclavage « à l’ancienne » a été rétabli, mais quand Carlos Ghosn fait fabriquer ses voitures en Roumanie ou les salaires sont trois ou quatre fois inférieurs aux salaires français, cela s’appelle comment, à votre avis ? 

    Vous prétendez qu’il faut poser les vraies questions, mais qu’attendez-vous pour les poser ? Moi, je pose une vraie question, que vous avez notée, apparemment sans la comprendre : « on interdit les pesticides, tel jour a telle heure. Le lendemain on fait quoi ? ».

    Que croyez-vous qu’il va se passer si nous interdisons les pesticides en France en acceptant à l’importation des céréales produites par l’agro-chimie étrangère ?

    Car il est évident que, dans un premier temps, les rendements vont s’effondrer et qu’on sera obligé d’acheter notre nourriture ailleurs. Des hommes très engagés dans le bio disent bien eux-mêmes qu’il faut des années pour régénérer un sol mort. Même si on admet que, en général, il faut cinq ans, Il y en a qui traînent depuis trente ans. Alors je répète ma (bonne) question : « on fait quoi ? »

    Une solution (et à vrai dire, je n’en vois pas d’autre ; je compte sur vous pour me rassurer) serait de taxer les produits importés de manière progressive, un peu plus chaque année, jusqu’à la dissuasion lorsque nous serions prêts. Vous savez bien que les accords européens s’y opposent formellement. Nous (je veux dire l’Union Européenne) venons même de signer des accords avec le Canada, qui, lui, n’a toujours pas interdit l’amiante (tout au moins le chrysotile, si j’ai bien compris) !!!…

    Je crains que vous n’apparteniez à l’espèce très répandue des déterministes. En biologie, c’est une position intenable. En matière de pédologie (science des sols), on peut anticiper ce qui « peut » se passer, mais pas ce qui « va » se passer. Car un sol, c’est (normalement) un biotope, c’est-à-dire un lieu de vie pour un certain nombre d’espèces vivantes dont chacune joue un rôle précis, avec pour résultat un sol de nature déterminé. Certains sols nous intéressent ; d’autres pas.

    Si les collemboles consomment la partie tendre des feuilles mortes, c’est juste pour survivre. Le fait que leurs crottes (et celles des autres espèces de la faune épigée) sont la matière dont est fait l’humus leur est complètement indifférent. C’est nous que cela intéresse. Mais, pour que cet humus nous soit utile, il faut qu’il soit mélangé (plus exactement « combiné ») à l’argile, ce que font très bien, sans penser un instant à nous faire plaisir, les vers de terre. Encore faut-il qu’il y ait de l’argile, mais la fabriquer à partir de la roche mère est le travail de la faune endogée, qui nous ignore superbement.

    Malheureusement, tout cela ne fonctionne vraiment bien que dans les sols forestiers. Or les terres agricoles, en France, ont été gagnées sur la forêt par défrichage. Dès qu’il n’y a plus d’arbres, cela ne fonctionne plus. Nous vivons donc sur le produit de terres qui se sont constituées au long des 12 000 ans qui nous séparent de la dernière glaciation. Depuis qu’elles sont cultivées, elles s’appauvrissent, inéluctablement, pour deux raisons principales : d’une part, non seulement l’absence d’arbres a réduit la faune épigée à la portion congrue, mais le labour a retourné la terre en enfouissant une faune aérobie que cette pratique a asphyxiée et en mettant en surface une faune anaérobie que l’oxygène de l’air a éliminée ; d’autre part, les pesticides ont définitivement nettoyé le terrain en ne laissant aucune chance aux survivants. Résultat des courses : sans engrais, les terres ne produisent plus rien. Tout cela ne s’est pas fait par hasard. En fait, on a drogué les sols. Sans leur came, il sont stériles.

    C’est donc un programme de désintoxication qu’il faut entreprendre. Croire que ce sera simple est complètement illusoire. On a mis des années à se passer de l’amiante ; on ne sait toujours pas se passer de l’esclavage (on a réussi à se passer du mot, mais pas de la chose…) ; ce n’est pas demain que tous les agriculteurs français feront du bio. Je le déplore. Je rêve d’un monde sans amiante, sans esclaves, sans pesticides, mais c’est un rêve. Une consolation, tout de même, qui, j’en suis sûr, vous fera chaud au cœur : un jour il n’y aura plus de pétrole, ni de gaz. Or c’est avec cela qu’on fait des pesticides et des engrais. Donc, un jour, il n’y aura plus de perticides ni d’engrais.

    Une étude rendue publique récemment (mais j’ai perdu la référence) montre que, en 2100, contrairement à ce que pensent la plupart des démographes, il n’y aura pas onze milliards d’humains mais un milliard et demi. Logique…

    1. Je n’ai pas le temps de vous répondre au fond, mais un point mérite d’être éclairé. Vous paraissez fixé sur la question : « on interdit les pesticides, tel jour a telle heure. Le lendemain on fait quoi ? ». Eh bien, je crains que vous n’ayez pas suivi de près le débat réel mené en France et dans le monde – et pas par des écologistes, Dieu sait – sur les effets des pesticides et les apports de l’agriculture biologique. Tout montre qu’un basculement technique est possible en une poignée d’années. Certes, les résistances psychologiques et politiques sont immenses, mais l’Appel des coquelicots est précisément là pour créer un mouvement de nature tectonique dans la société. Sans cette secousse, tout effort serait vain. Avec, cela devient possible. Seulement possible, ce qui est énorme. Bien à vous,

      Fabrice Nicolino

  22. Kenique Vergal, vous aimez tant le discours paradoxal que vous le faites en continu!

    Vous me signalez que l’esclavage existe encore. Merci. Et qu’en concluez-vous? Qu’il ne fallait pas l’interdire? Les armes chimiques existent encore (Utilisées exclusivement contre les populations civiles d’Asie Occidentale, mais les machines pour les produire sont toutes fabriquées en Europe Occidentale…) et il y a même des meurtres et des viols un peu partout… Est-ce à dire qu’il ne faut rien faire?

    Je crois que vous sous-estimez l’intelligence et la finesse de notre société. Travers trop répandu. « J’ai tout compris, moi je suis contre les pesticides, l’amiante etc. mais la société étant ce qu’elle est, moi génie isolé je suis trop seul pour agir et je ne peux rien faire ».

    Pariez donc sur l’intelligence de vos concitoyens! Ils ne sont pas plus bêtes que vous. Nous avons, nous aussi des chercheurs de pointe et ils ne sont pas plus bêtes que nous, ils demandent simplement à ce qu’on soit aussi exigeants envers eux que le sérieux de la situation le demande.

    Vous me posez une question personnelle. Vous me demandez ce que je ferais moi, le lendemain de l’interdiction des pesticides. Vous voyez, j’ai interdit les pesticides dans mon activité professionnelle depuis 2006 (la première année où la question s’est posée). Je travaillais dans une grande agence d’archi et j’ai lutté contre tout le monde, du patron aux prescripteurs et aux clients, en passant par les ingénieurs, pour se passer de Chloropyrifos, et qu’à la place on mette en œuvre des mesures anti-termites non-toxiques, qui sont très nombreuses, et demandent juste un peu de jus de cerveau. Mon succès a été mitigé, limité aux seuls projets dont j’avais la charge exclusive, et pas plus longtemps que je fus en charge, mais au moins, comme dit Fabrice (et Soljenitsyne), « le mensonge n’est pas passé par moi ». Je n’ai pas empoisonné l’eau des enfants de mes voisins. C’est un plaisir durable, vous savez. La vie est trop courte pour avoir honte de ce qu’on fait, non?

    Si vous êtes intéressé, lisez « The Best Control » de Steve Tvedten. Libre d’accès.
    Maintenant j’élimine tous les produits toxiques, même les peintures (j’utilise de l’acier galvanisé, et mes fenêtres sont galvanisées après fabrication, pour couvrir les soudures). Le fer et le zinc ne sont pas toxiques, et réparables. Je traite le bambou avec des sels de bore, et je peint les murs avec de la chaux et de la bouse de vache.

    (Tiens, deux « pesticides », selon le bon Dr. Ames 🙂 🙂

    Mes clients, qui ont plus de bon sens que le Dr. Ames, sont heureux de ne pas etre obligés d’empecher leurs petits enfants de toucher les bambous ni de lécher les murs!

    Il n’y a pas de réponse générale pour éviter les poisons. Chaque réponse doit être hyper-spécifique, et elle doit être efficace, bon marché, et donner des effets immédiats. C’est possible, puisque c’est toujours comme cela que toutes les innovations ont fonctionné. Mais il faut que chacun en fasse son affaire personnelle. On va y arriver, et on sera contents de nous, et fiers devant nos enfants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *