40 ans mais plus toutes ses dents

 (N’oubliez pas mon post-scriptum)

L’autre jour, assemblée générale d’une association de journalistes dont je suis membre, les Journalistes pour la nature et l’écologie (JNE). Pour l’essentiel, j’y ai fait le pitre avec l’un de mes compères, Marc Giraud, auteur de plusieurs livres très plaisants, dont Le Kama-Sutra des demoiselles et Calme plat chez les soles (les deux chez Robert Laffont). Ce sont des livres qui racontent des histoires étonnantes sur la sexualité des bêtes. Eh oui, quoi.

À un moment de l’assemblée, j’ai entrepris Thierry Jaccaud, lui aussi JNE et par ailleurs rédacteur-en-chef de la revue L’Écologiste. Sur quel sujet ? Celui-là même que je vais vous exposer. En un mot, le mouvement écologiste et de protection de la nature, en France, est dans une situation de faillite.

De quand date ce mouvement ? De 1969. Avant cette date, le discours sur la nature et sa protection était la propriété privée des vieilles barbes et des sociétés savantes. Depuis la fin du 19ème siècle jusqu’à l’après 68 en effet, il y a eu monopole. Seuls les scientifiques, les naturalistes – et quelques poètes déjà chevelus – ont pu, ont su évoquer le sort de la planète et de ses équilibres naturels. Il n’y a pas l’ombre d’un reproche. Le reste de la société était occupé ailleurs.

Survient mai 1968. Survient du coup une génération en rupture avec ses aînés. L’écologie, très présente dans la culture underground des États-Unis tout au long des années soixante, devient chez nous une force intellectuelle et bientôt sociale. Cette même année 1968 se crée la Fédération française des sociétés de protection de la nature (FFSPN), qui deviendra en 1990 France Nature Environnement (FNE). Les professeurs y font toujours la loi, mais cela ne va pas durer.

Cela ne dure pas, car le réel se manifeste enfin. Décrété en 1963, notre premier parc national, celui de la Vanoise, est menacé en 1969 d’une amputation sauvage, pour faire plaisir aux promoteurs d’une station de ski. Tel est le point de départ, le point zéro. Des centaines de milliers de personnes signent une pétition portée par une partie notable du tout jeune mouvement de mai. Et les bagarreurs gagnent, contre l’État.

Le combat pour la Vanoise dope toute une série de grandes associations régionales, à commencer par la Frapna, mais aussi Bretagne Vivante (alors Sepnb) ou Alsace nature. À cette époque, la plupart des militants sont de jeunes enthousiastes, antinucléaires et, osons le gros mot, anticapitalistes. Presque tous, au fil des ans, feront le choix de la longue marche dans les institutions.

Je ne juge pas, je vous le jure. Confrontées à une menace qu’elles analysaient mal, les associations ont tout misé sur la concertation, la discussion et le rapprochement, dût-il parfois être difficile. Ils ont cru de bonne foi que la France était le cadre nécessaire et suffisant, que la création du ministère de l’Environnement en 1971 était une bonne nouvelle, que leurs partenaires locaux finiraient par jouer le jeu dès lors qu’ils auraient suffisamment été informés. Mais ils se sont lourdement trompés.

Pendant des décennies, et jusqu’à aujourd’hui, des milliers, des dizaines de milliers de bénévoles ont investi les structures officielles les plus abstruses : les commissions départementales d’hygiène, des sites, des déchets, des carrières, que sais-je ? Ils se sont engloutis, la machine les a intégralement digérés. Parallèlement, par un processus inévitable, et qui ne met pas en cause les personnes, les associations se sont institutionnalisées. Elles ont réclamé des subsides publics, les ont obtenus, et se sont progressivement enchaînées elles-mêmes.

Aujourd’hui, FNE fédère officiellement 3 000 associations locales, thématiques ou régionales. C’est un réseau impressionnant, mais le drame est qu’il ne sert à rien. J’entends déjà les cris, y compris d’amis, et qu’on me pardonne, mais je persiste : à rien. Je sais la quantité d’efforts consentie, ou plutôt, je l’imagine (mal). Des centaines de milliers de soirées ont été offertes en cadeau à la société, mais allons de suite au résultat, cela m’évitera d’être méchant.

En 1969, par aveuglement, nul ne comprenait. L’affaire de la Vanoise est d’ailleurs symptomatique. Le mouvement naissant croyait qu’il fallait, qu’il suffisait d’aligner des victoires locales pour inverser le courant général. On gagnerait dans la montagne, puis dans la plaine, puis sur la mer, etc. La pédagogie ferait le reste. Nul ne voyait la nature des forces en présence, et le caractère connecté, écosystémique, global des menaces sur la vie.

Ce mouvement s’est alors engagé dans une impasse totale, en traitant chaque jour avec des acteurs inconscients, mais imposants, de la destruction du monde. Et ces derniers ont gagné, car ils étaient la force, tandis que le mouvement s’est enlisé, épuisé, avant de s’arrêter au bas d’une côte qu’il ne montera jamais.

Qui oserait me dire que la situation générale est meilleure qu’en 1969 ? Qui ? Nous sommes passés d’une situation inquiétante à un état du monde angoissant. Tous les grands équilibres – de la planète, pas de notre minuscule pays – sont proches d’un point de rupture qui peut nous mener au chaos général. Et FNE continue de siéger, impavide, dans toutes les structures que l’État, son financier principal, lui désigne. Je viens de lire une « lettre » de FNE à notre président Sarkozy sur les biocarburants, que je juge déshonorante pour nous tous (ici). Usant de tournures alambiquées, ce texte, qui aborde la question de la faim de manière incidente, ne réclame même pas l’arrêt des subventions françaises à cette industrie criminelle. Nous en sommes là ! Pas question de mordre la main qui vous nourrit.

Bien entendu, ce bilan calamiteux ne se limite pas à FNE. Un jour peut-être, la véritable histoire du WWF sera écrite. Et ce jour-là, la surprise sera au programme, croyez-moi. Car cette association internationale financée par l’industrie n’aura cessé de chercher et de trouver des accommodements avec les pires transnationales. Par exemple en osant « vendre » à la société l’idée d’un usage soutenable du bois tropical. Ou du soja. Ou des biocarburants. Cette politique-là est simplement scandaleuse, et tout le monde se tait. Mais pas moi.

Disant cela, je n’oublie pas que d’authentiques écologistes, dont certains sont des amis, travaillent pour le WWF. Je ne les cite pas, car je ne veux pas les mettre dans l’embarras. Et je ne souhaite pas même qu’ils quittent l’association, car ils y font malgré tout un travail utile. Mais enfin, regardons les choses en face : le WWF accompagne la marche à l’abîme des sociétés humaines et du vivant.

Greenpeace ? J’ai été membre du Conseil statutaire de ce groupe pendant des années. Ne me demandez pas ce que c’est, car je l’ignore. Pour moi, cela signifiait participer à des réunions inutiles, une à deux fois par an. Ce qui me reste de Greenpeace, c’est que j’y compte des proches, à commencer par ma chère Katia Kanas, présidente actuelle en France. Et alors ? Et alors, Greenpeace a suivi une pente redoutable, et peut-être inévitable. Les sociologues qui étudient l’histoire des associations parlent classiquement de deux phases. La première, dite « charismatique », est celle des fondateurs et de l’exaltation. La suivante est celle de « l’institutionnalisation ». Nous y sommes.

Pour ce que j’ai pu voir, Greenpeace n’est plus. Les cinglés de 1971 voguaient à bord du Phyllis Cormack en direction de l’Alaska, pour y occuper le site des essais nucléaires américains. Ceux d’aujourd’hui gèrent la manne du fundraising, méthode éprouvée pour récolter du fric auprès de millions de donateurs. Certes, et ce n’est pas rien, Greenpeace ne dépend ni de l’État ni de l’industrie. Mais ses cadres supérieurs, souvent recrutés par petite annonce hors du mouvement écologiste, sont des cadres supérieurs. Et Greenpeace-France est une PME de l’écologie, tristement incapable, par exemple, de mener la bagarre pourtant essentielle contre les biocaburants. Dieu sait pourtant que je les y ai invités !

Toutes les tendances de cette écologie officielle, plus quelques autres que je n’ai pas le temps de citer, se sont retrouvés à la table de Borloo et Kosciuko-Morizet l’automne dernier. Je veux parler du Grenelle de l’Environnement, bien sûr. À cette occasion, le mouvement a montré où il en était, c’est-à-dire au même point qu’en 1969. C’est-à-dire bien plus bas en réalité. Car c’est une chose de croire au Père Noël quand on est un gosse qui découvre le monde. Et une autre quand on approche des quarante ans.

Ce mouvement aura bientôt quarante ans, en effet, et c’est le mien. Ma famille. Je ne suis pas partisan de la table rase, qui n’est que fantasme. Mais d’évidence, il est temps de faire un bilan. Selon moi, il est limpide : nous avons échoué, tous, à empêcher l’emballement de la machine à détruire la vie. Il est donc certain que les moyens utilisés ne sont pas adaptés au seul objectif qui vaille. Je ne crois pas, en effet, qu’on puisse se contenter de risettes de Borloo, de bises de Kosciucko et de passages à la télé. À moins que je sois le roi des imbéciles, et que personne ne m’ait prévenu du changement de programme ?

Nous avons échoué, soyons sérieux. Il faut le dire, il faut l’écrire, il faut même le proclamer. Sur cette base-là, essentielle, il s’agira de reconstruire un mouvement différent, plus fort, plus conquérant, partant avec ceux qui le voudront à l’assaut du ciel, pour la restauration du monde vivant. Je vous lance donc, je me lance aussi, bien sûr, un appel au sursaut. Arrêtons la dégringolade. Ouvrons les yeux, fermons la télé, et osons dire cette évidence que le roi écologiste est nu. Pour commencer.

PS : Exceptionnellement, je vous demande de diffuser ce qui est bel et bien un appel à tous les réseaux de votre connaissance. Je ne prétends pas avoir raison, mais je suis certain que nous avons besoin d’un grand débat. Et donc, je vous en prie, faites circuler. Merci.

54 réflexions au sujet de « 40 ans mais plus toutes ses dents »

  1. Je partage ton triste mais lucide constat, Fabrice. J’ajouterai que les questions de l’écologie ne doivent plus et ne peuvent plus être abordées puis traitées sous le seul angle de l’écologie. Pas plus que sous le seul angle économique et financier. Il faudra faire appel à des vertus plus cardinales. Notre civilisation va devoir, volens nolens, faire des choix salutaires et courageux ou des non-choix suicidaires.
    Cela peut commencer par un débat afin de structurer une prise de conscience profitable à tous.
    Je vais donc copier et coller ton texte afin de le relayer autour de moi.

  2. Un copain a développé, il y a quelques années, une idée intéressante : la 3ème génération de Droits et de Libertés. Chaque société produit ses propres formes d’aliénation et d’oppression et a un conflit central autour duquel s’articulent tous les autres.

    Fin du XVIIIème siècle le conflit central dans la société s’articulait autour du droit des paysans. La Révolution française a donné les Droits de l’Homme.

    Un siècle plus tard, le conflit central s’était déplacé du monde paysan, au monde ouvrier avec la révolution industrielle et s’articulait autour des droits des ouvriers. Le mouvement ouvrier s’est battu pour obtenir les Droits syndicaux.

    Un siècle plus tard, fin du XXème, le conflit central se situe entre le droit des citoyens de décider du monde qu’ils veulent et de l’autre côté, une coalition d’intérêts financiers et industriels, technico-scientifiques et politiques.

    Cette sphère courcircuite tout débat démocratique – on ne peut pas faire autrement – et choisit toujours les solutions techniques qui renforcent le contrôle des techniciens sur la société, qui rapportent le plus aux financiers et industriels, et les politiques sont là pour mettre en place les cadres constitutionnels et juridiques. Leur tâche est d’autant plus facilitée qu’il n’y a pas à discuter. Nucléaire, pesticides, autoroute, nanotechnologies, biotechnologies, informatique, »C’est le progrès! »…

    Gérard résumait ça par « Démocratie contre Technocratie ».

    C’est une idée qu’on a jamais vraiment creusée. Nous ne sommes pas des théoriciens mais elle m’a souvent aidé à y voir plus clair.

    Elle m’a empêché de devenir un « expert » comme tu les aimes, mais poussé à essayer de voir dans une problématique où est le conflit central, qui tire les ficelles, et comme disait Dear Old Agatha, à qui profite le crime.

    La connaissance technique (nucléaire, OGM, nano, agrocarb) ne sert qu’à trouver où est le conflit politique. Mais une fois qu’on l’a trouvé comment organiser la riposte ?

    Je ne sais pas.

    Amitiés

    MH

  3. Les mouvements « écologistes » (pour simplifier) n’ont pas servis à rien: ils ont fait de l’information, donné un angle d’approche, une façon de voir. Ils n’ont certes pas arrêté « la machine à détruire la vie », mais comment s’en étonner? Le comportement humain n’est pas basé sur du rationnel mais sur du rêve (cf « l’ensorcellement du monde » de Boris Cyrulnik). Le rêve d’abondance est plus fort que le rêve d’harmonie écologique. Tant que nous ne pourrons pas faire autrement que de changer de rêve nous continuerons sur cette lancée. Autrement dit: tant que la misère ne sera pas assez forte pour nous détourner les yeux du rêve actuel, rien ne changera.
    Peut-être voyons-nous aujourd’hui les prémices de ce détournement dans les interrogations qui s’expriment un peu partout pourvu qu’on ose en parler. Le débat est déjà là, même si teinté d’un lancinant sentiment d’impuissance. Pour ce qui me concerne j’ai envoyé mes interrogations par courriel à une centaine de personnes (que je connais autrement que par internet). Un tiers m’ont répondu, en profondeur, avec beaucoup de sincérité. On me remercie même d’en parler, on espère continuer la réflexion, sans doute par un blog ou un forum (à suivre).
    De cet échange se dégage essentiellement la piste des actions de proximité, dans une optique de décroissance. A celles et ceux qui mettent en doute l’utilité d’une démarche individuelle de décroissance, je réponds que c’est une pratique qui ouvre des pistes collectives. Oui, ça donne des idées! C’est excellent pour l’imagination! Le monde changera de paradigme quand assez d’individus l’auront fait. Mais pour cela faut y être acculé; je pense qu’on y vient…

  4. d’accord avec l’analyse de françois . Galilée avait beau affirmer que la terre est ronde, puisqu’il était le seul à le penser…
    l’échec est global et de taille . Néamoins, grennpeace a encore sauver des centaines de baleines cette année . Une simple goutte d’eau inutile ? si tous les acteurs, de l’écologie, comme Lucienne dans le Morvan, n’avait pas chacun, à bout de bras, à force d’énergie, sauver un hectare, une tribue, une famille paysanne, une espèce de navets en voie d’extinction, où en serions nous ?
    Nous allons être en effet bientôt acculés, et pour vous dire la vérité, je ne crois pas à un changement vers la sagesse de la part de l’humanité, mais sans toutes ces actions, malgré la situation globale alarmante , ce serai tellement pire .
    par contre, l’écologie doit être redéfinie et évoluer très vite vers un mouvement global de taille et de poid suffisants pour la lutte .

  5. Monsieur Fabrice, vous avez besoin d’un petit remontant.

    Un extrait (traduction par ma pomme): « […] Mais le fait est que même ceux qui s’engagent dans l’action s’enlisent de temps à autres dans la peur, le ressentiment, et une sensation de désarroi, ou bien souffrent de lassitude d’avoir œuvré trop longtemps ou trop intensément pour de si maigres résultats. Je l’ai suffisamment constaté récemment pour conclure qu’une forme éclairée de harangue d’encouragement pourrait avoir son utilité. »

    La suite est destinée à toi et tous ces autres « nains Atlas » qui portent sur leurs épaules un fardeau bien lourd.

    Oui, la première génération du mouvement écolo, celle née de Rachel Carson et de Mai 68 est moribonde, mais il y a une relève, que j’ose croire plus profonde et plus vaste. Le roi écologiste n’est pas nu. La preuve : ce blog.

  6. bravo Kristen . en fait, le prob, c’est qu’au moment où l’écologie est née, des espèces étaient menacées, comme le rinocéros blanc, par ex, il fallait y parer , ce qui a été fait dans des cas avec succès .
    Aujourd’hui, c’est l’ensemble du vivant qui est menacé (réchaffement,déforestation, pcb, plastiques, la liste est longue!), donc effectivement, il est tant de nébuliser et globaliser nos efforts vite .

  7. d’accord avec Benedicte,dans son intervention d’hier: il y a l’action collective, à grande échelle, décevante, et l’action individuelle, dans de petites associations locales et à but précis, ou dans son propre jardin et celui de ses voisins, ou dans sa commune. Et peut être, en préservant çà et là une petite population d’amphibiens, d’orchidées, une grotte à chauves souris, un milieu humide etc, en leur donnant un sursis, on fait peut être gagner un temps précieux à la terre
    En tous cas, je n’ai pas l’impression d’avoir d’autre choix pour l’instant!

  8. Je continue mon monologue.

    Dans nos pays occidentaux, nous avons souvent l’impression que les Droits Humains, les Droits syndicaux et le combat contre la Technocratie sont trois choses différentes, parce apparus séparés dans le temps.

    Combien de fois n’a-t-on pas entendu par des gens de gauche de bonne foi, « L’écologie, c’est bien, mais le social c’est prioritaire », L’écologie, c’est un truc de pays riche », « S’il y a une crise sociale, tout le monde oubliera l’écologie », etc, etc…

    Par contre nos collègues du Sud, ne font absolument pas cette différence et pour eux, leur lutte est un TOUT, ces trois générations de Droits sont inséparables.

    Le paysan philippin qui s’oppose à la libéralisation de la pêche à l’OMC, lutte contre la Technocratie, mais aussi pour ses Droits de Travailleur et pour ses Droits Humains, car sans pêche il perd tout moyen de subsistance.

    Nous sommes bien sûr plus près des gens qui luttent pour les Droits Humains et les Droits syndicaux que de ceux qui les violent . Mais malheureusement, souvent ces milieux – disons de gauche – n’ont pas compris que notre lutte était le prolongement, le complément de leur lutte et ils nous ignorent, ou pire, nous combattent car nous sommes « contre les travailleurs ».

    Mais les choses changent plus vite qu’on ne croit. De l’autre côté de l’échiquier politique aussi, des gens commencent à réaliser où nous mène la « libre entreprise » et se posent des questions sur l’emprise toujours plus grande de la technoscience sur notre quotidien.

    C’est une course de vitesse maintenant, entre notre prise de conscience rampante, la destruction galoppante de notre planète et l’ambition clairement affichée de la Technocratie de « CONTRÔLER TOUTE L’ÉCOSPHÈRE ».

    Décroissants individuels y compris…

    Amitiés

    MH

  9. A propos de votre intéressant monologue, Mathieu Hangue : l’illusion religieuse (j’y reviens, pardonnez-moi – je désigne par là les religions trop humaines) que l’on pourra tout contrôler, en effet, et donc l’impunité de nos comportements d’Occidentaux gavés. Regardez par exemple toutes ces pseudo-solutions au réchauffement climatique pour éviter de changer (= régresser pour les marchands… et la plupart de leurs clients): le nucléaire, l’envoi de produits chimiques dans l’atmosphère pour lutter contre l’effet de serre, le stockage du CO2, etc. Moi, ça me fait penser à certaines pubs pour Noël : puisque faire la fête (chrétienne !!) = nécessairement s’empiffrer = problèmes digestifs, au lieu de manger avec modération, prévoyez Rennie !

  10. Merci Matthieu, c’est exactement ce que je ressens et que j’essaye de transmettre. Le défi est d’actionner tous ces leviers conjointement, globalement,c’est sûr, comme beaucoup le font localement. Le Sud, je crois aussi a quelques longueurs d’avance.

  11. Fabrice,

    Je ne sais comment dire cela … mais je trouve cet appel difficile à diffuser en l’état.
    Je partage le fond, j’aime beaucoup la façon dont tu écris*, mais, sorti du contexte du blog, je ne reçois pas, en tant que lectrice, ce texte comme un appel.
    Je suis très ennuyée pour trouver les mots pour te le dire. J’ai cherché depuis hier soir, un courriel personnel pour te le dire, au lieu de cette diffusion publique …
    En quelques mots puis-je te demander, sans que cela paraisse prétentieux de ma part, et par souci de coopération, de réécrire ce texte pour diffusion ? Je prends le risque que tu ne sois pas d’accord avec moi : la liberté de parole que tu nous donnes sur ce blog et les réponses que tu y fais parfois, montrent à quel point tu respectes les avis divergents.
    Mais voilà j’avais besoin de dire ce que je ressens et qui provient de l’interrogation qui a été la mienne lorsque je me suis demandée comment et à qui diffuser ce texte.

    AnneMarie Pons

    * La façon dont tu écris a été une révélation pour moi : enfin quelqu’un qui ne parle pas la langue de bois, qui ne me voile pas la face et qui dit des choses terribles et vérifiées avec un style qui me fait oublier que je devrais aller me taper la tête contre les murs après les avoir lues, qui me donne le gnac pour grignoter des parcelles de vie sur des espaces convoités par les croque-morts !

  12. Chère Anne-Marie,

    Je comprends très bien ton point de vue, et peut-être après tout est-il juste, qu’en sais-je ? Mais je ne vais pas écrire autre chose pour autant, et pour une raison très simple : nous avons besoin de changer à un point tel que nul – selon moi – ne sait plus aujourd’hui à quoi devrait ressembler un appel. IL est évident que ce n’est pas un appel comme tant d’autres le sont. Mais justement, je suis fatigué de tout ce que je connais. ET je me lance donc. Si je me ramasse, ce qui est de loin le plus probable, quelle importance ? Bien à toi,

    Fabrice Nicolino

  13. Je diffuse la dernière partie en demandant de venir lire la totalité sur ton blog, parce que je considère que chaque page ici est un appel en soit. Je ne lis rien d’autre en ce moment qui me paraisse aussi déterminé et juste et qui n’exclut pas une certaine fragilité, preuve à mon avis de sincérité.
    Je suis de tout coeur avec ce qui se dit ici.

    PS: je suis dans la lecture de Pesticides…un choc aussi fort pour moi, que le dossier du nucléaire.

    Pour les paragraphes à propos de Greenpeace, je suis également d’accord, pour y conserver de bons amis, je n’en suis pas dupe sur le fonctionnment que décrit avec justesse Fabrice

  14. Texte clair,bien verrouillé.Pas de commentaire.Sauf: envoyer le père Fouettard au Roi trop « vert »…… » pourquoi-pas ? « . Si le « Baron gris « ,comme a son habitude , vient me voir tout à l’heure , je lui glisserai l’histoire du Roi Ecologiste nu ,qui date du tout début XXIème ,ainsi qu’à mon pote le Renard qui continue à vider les poubelles du village. Pas évident d’éduquer!.

  15. Réflexions induites de « la part sauvage »
    de René-André Lombard : Sage Poète Ciotaden et Valet de cœur.
    Par Alain Matesi

    La bestialité maîtrisée ou de « civilisation »
    Souvent, humain civilisé pointe du doigt le prêcheur isolé qui souffre en silence et qui d’une bestialité maîtrisée s’arroge le pouvoir qu’offre la discrimination sociétale, pour narguer de son arrogance de réussite, la critique sauvage, inquisitrice et formatée de l’humain civilisé.

    Tout faiseur est critiqué, par ses pairs, ses congénères, ses adversaires et l’immense majorité des contemplatifs. Le catalyseur de bonnes volontés, lui, agit par floculation énergivore, il s’inscrit dans une démarche d’initiatives fédératrices à coup de concepts novateurs. Sans hésiter, il est le passeur d’une certaine idée, d’idées certaines, décidées, qu’il s’approprie, qu’il broie, qu’il tord, qu’il écrase et qu’il fait vivre dans une nébuleuse de voix délectées en résonances avec le succès.

    Une fonction clé qui le remplit, qui le transforme et qui donne de l’existence à l’ego et de l’écho dans la prise en compte de la précarité planétaire. Qui donne de la reconnaissance et ce sentiment d’exister en totale conformité avec la nostalgie humaniste, dérive positive du lyrisme existentialiste.

    Et in Arcadia Ego
    C’est bien un mort qui nous parle et non pas une abstraction. Il se confronte en un seul mot d’une concision poignante entre ce qu’il fut, et ce qu’il est, contradiction entre le paradis perdu et l’enfer annonciateur, paradoxe issu d’une certaine pensée Scholastique et d’une mémoire génétique retrouvée.
    On s’identifie, on se reconnaît, on se réincarne en harmonie avec la Nature, avec l’amour réinventé.
    Cette rencontre est un rendez-vous avec son moi. Ce double que l’on oublie pour mieux posséder et se faire posséder est celui qui nous joue des tours dans les moments les plus difficiles, les plus sensibles.

    Forcer l’admiration est un art majeur, un don, une conjonction de paramètres magiques…qui se désincarne, se dématérialise au profit d’une forme fantasmagorique, inconsciente et personnelle. Toutes les techniques, toutes les connaissances, les expériences, n’y peuvent absolument rien comparées au nombre d’or, à la proportion divine.

    Doit-on accorder plus d’importance à la forme ou au fond ?
    Théâtraliser ou pas, a-t-on encore le choix ?
    Consacrer le théâtre désacralisé par des cons sacrés, élus du peuple, pour divertir ou convaincre ?
    Ou tout simplement pour soigner les maux par les mots et les actes par un pacte, afin d’être le plus fidèle possible à sa structure fondamentale. Fierté d’un ego surdimensionné impliquant la culture du résultat, l’approbation du peuple et la visualisation du changement collectif de comportement.

    Paraître ou disparaître, être ou ne plus être, le caractère intemporel de la mission du passeur d’idée donne de la résonance lorsque l’humanité est en péril.
    Cette course-poursuite inutile qui, nous avilie, nous épuise, nous démontre ses limites, nous mène droit dans ce mur que nous devinons par ses formes. Pourquoi cette surenchère, cet excès d’énergie motrice, il suffirait de ralentir pour bénéficier de cette formidable inertie pour entrer dans l’ère de la décroissance positive.
    De l’air de l’air, donnez-moi de l’air. Cours Forest, cours !!!

    N’y aurait-il de salut que dans la solution d’une société productiviste, cette société de consommation qui nous consume à petit feu, qui nous fait tourner la tête avec des rêves de pacotilles, qui nous automatise à notre insu, et qui nous rend chaque jour plus dépendant.

    Bousculer les dogmes et les croyances surfaites pour nous entraîner dans le « Mieux consommer pour vivre mieux » pour basculer dans une société de l’être au détriment de l’avoir serait sans doute plus salutaire. À cela en réponse, on nous propose des réformes, des rapports toujours d’un cran plus productiviste avec des concepts vieillissants et sans apport, pour atteindre cette fameuse croissance, qui accroît les inégalités, à laquelle plus personne ne croît.

    La posture de l’imposteur nous envoie des messages. Ces messages de l’histoire qui hantent nos esprits. Parmi nous certaines descendances torturées recherchent dans la gravité, le salut aiguisé d’un formatage aigu.
    L’homme est une partie du monde, ou alors il est conscience constituante du monde, entre rêve et réalité, entre individualisme et collectivisme.
    Rien de satisfaisant dans l’une ou l’autre de ces deux parties.
    Il faut lui reconnaître une manière d’être très particulière, l’être intentionnel, qui consiste à viser toutes choses, et à ne demeurer en aucune. Mais si l’on voulait conclure de là que, par notre fond, nous sommes esprit absolu, on rendrait incompréhensibles nos attaches corporelles et sociales, notre insertion dans le monde, on renoncerait à penser la condition humaine.
    Le désir de mieux est l’ennemi du bien…

  16. Une théorie du physicien Fritjof Capra : la terre aurait  » une mentation  » et elle ferai disparaître une espèce lorsque celle ci devient trop prolifique et de ce fait menace son équilibre.
    En fait notre destinée est probablement subordonnée
    à cette théorie.

  17. C’est dur, c’est très dur de lire et relire encore ce texte. Je reçois en plein visage des vérités que j’aurais voulu ignorer, concernant notamment le WWF. Si je vous comprend bien (corrigez-moi si je me trompe), vous ne doutez pas de l’intégrité des gens de terrain ni de l’efficacité ponctuelle des combats menés. Encore une fois, si je vous comprends bien, vous constatez simplement que sur le fond, rien n’a changé, que l’être humain continue de considérer que l’environnement dans lequel il évolue et toute autre forme de vie n’existent que pour le servir. Vous dites également que pour « jouer » dans la cour des grands, certains défenseurs de l’environnement ont choisi le compromis ou pire, adoptant ainsi le comportement et les moyens employés de ceux qu’ils « combattaient ». Je suis d’accord avec cela mais je crois que votre texte, en l’état, n’est pas à mettre entre toutes les mains. Je le crois réservé à des convaincus qui savent que, même s’il faut imaginer de manière urgente d’autres moyens de pression, il ne faut en aucun cas baisser les bras ni décourager les consciences qui s’éveillent. Quant aux autres (ceux qui hésitent, doutent ou nient la gravité de la situation), je pense que ce texte ne ferait qu’apporter de l’eau à leur moulin. Je pense notamment à un de mes récents interlocuteurs qui mettait en doute la méthode et donc les résultats du rapport WWF-ZSL Planète Vivante 2006. Merci pour vos « éclairages ».

  18. Chaperon rouge,

    Vous m’avez très bien compris, pas de doute ! Je ne crois pas qu’il faille réserver quoi que ce soit à qui que ce soit, mais c’est une autre histoire. Merci, et bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  19. c’est terrible et c’est tellement vrai . Militante de terrain je témoigne que les associations comme FNE sont souvent complices de décisions contre nature en ce qui concerne l’écologie. pendant que les associations de terrain rament , tout ce beau monde se réuni pour dialoguer , et pendant ce temps les destructions continuent. Il est vrai que la politique de la chaise vide n’est pas toujours positive, c’est bien là les difficultés d’une association , comment ne pas être alibi à l’environnement? ne pas demander de subventions tenir tant que possible sans perdre ce pour quoi on se bat. Oui, cherchons une autre voie pour l’écologie, mais vite , il est déjà trop tard

  20. J’ai lu (rapidement) les commentaires.. Je suis surpris que plusieurs personnes pensent que ce texte n’est pas diffusable tel quel… Bien sûr, c’est du Nicolino, c’est donc un peu hargneux, mais sur le fond, rien à dire.. Pourquoi ces réflexions et questions devraient-elles rester enfouies ?

    Je crois au contraire que taire les difficultés dans lesquelles se débattent les grands mouvements de défense de la nature ou de l’environnement, FNE, WWF et autres ne sert pas la cause militante…

    Ce que Fabrice décrit : l’institutionnalisation des associations, de leurs militants, et donc leur emprisonnement progressif dans un système qui les paralyse, les achète ou les dénature est un fait incontestable que tous ceux qui ont un peu de bouteille ont vécu. Le dernier épisode en date étant la spectaculaire pantomine du  » Grenelle « .

    En 1968, les accords de Grenelle ont eu lieu pour mettre fin à une grande bagarre entre le monde salarié et le patronat Le rapport de forces était alors en faveur du monde du travail et a donc permis certaines avancées sociales. Le Grenelle de l’environnement d’aujourd’hui n’a pas été bâti sur un tel rapport de forces – pas de grande bagarre préalable à part quelques escarmouches vite étouffées – mais sur une opération de communication-séduction du pouvoir politique, il ne fallait donc pas s’attendre à des miracles.

    Y aller, il le fallait, mais se laisser piéger à ce point n’était pas indispensable.. Quand je lis certains communiqués associatifs sur les suites positives (?) du « Grenelle », j’ai l’impression de lire des textes en provenance directe de l’UMP..

    Il va bien falloir qu’un jour, les membres « de base » des assos s’en aperçoivent, le disent clairement à leurs responsables et agissent en conséquence .. Non ?

    Jacques Baillon

  21. oui! Ce sont les vérités qui font mal qui peuvent porter, toucher les authentiques combattants là où ça fait mal : aujourd’hui, les intentions, les théories, les discours, ont les a déjà entendu. Ils sont justes, mais n’ont pas assez de prises sur le réel. Reste le plus difficile, aborder les choses autremet, radicalement autrement, donc accepter d’affronter ces échecs, de se déprendre d’un certain type d’actions, et inventer autre chose.

  22. Fabrice,
    Je partage le constat d’échec que tu dresses. Il concerne le mouvement écologiste mais on pourrait dresser un constat semblable sur les libertés, sur la santé, sur la colonisation des esprits… Tout se passe comme si la fureur de notre système économique emballé dévorait tout sur son passage, digérant et recrachant tout le reste selon ses propres critères.

    « On ne résout pas un problème avec la pensée qui l’a engendré » (A Einstein). Voilà notre défi d’aujourd’hui : accéder à de nouveaux modes de pensée.

    A côté du constat que tu dresses, on peut aussi repérer que nous sommes dans une époque de Révélation : toutes sortes de choses cachées sortent au grand jour (et tes livres y participent). Ces révélations nourrissent de nouvelles façons de voir mais elles ne suffisent pas. Il faut en plus que nos mentalités anciennes se transforment. Il faut à mon avis cesser de lutter les uns contre les autres car ce à quoi on s’oppose se renforce.

    Devenons porteurs d’un projet pour le monde de demain. Pour moi, ce projet doit s’appuyer sur trois pieds : l’écologie, l’économie et le spirituel (au sens large bien sûr). Or jusqu’à présent on trouve des personnes engagées dans l’un voire deux de ces domaines mais rarement dans les trois. Or c’est lié.

    Histoire de faire avancer le schmilblick, je vous livre les points qui me paraissent aujourd’hui les plus importants dans chacun de ces domaines :
    – sur le plan économique : 1- rendre la création monétaire publique et sans intérêt (le mode de création monétaire actuel est la clé de voûte de la folie du système économique actuel, regardez à ce sujet le petit film « Money as debt », avec sous-titres en français sur : http://www.lacausepremiere.net/accueil/index.html ) ; 2 – créer un revenu d’existence et partager le travail (il y en aura beaucoup moins à faire puisqu’on arrêtera de créer ce qui nous détruit)
    – sur le plan écologique : évaluer les activité humaines en fonction de leur impact sur le vivant ; viser le respect et le bien-être de tous les êtres
    – sur le plan spirituel : reconnaître que l’homme fait partie de la nature et que sur un certain plan, tous les êtres vivants sont UN.

  23. Ca rassure de lire qu’il y a des consciences en éveil, mais ça inquiète d’en savoir la micro proportion parmi les humains… L’écologie mai 68 certes, pourtant dès 1956 le prix goncourt explosait la confidentialité de l’urgence (voir « Les racines du ciel »). Ce livre de Romain Gary est une leçon d’existence : les menaces sur les écosystèmes, les espèces et la planète en général sont du même ordre que les fascismes et nécessitent d’organiser des résistances. Toutes sortes de résistances : de la plus intimes où chacun doit nourrir de culture son imagination et ouvrir sans répit ses conceptions philosophiques, à l’engagement quasi politique (bien que le mot dérange particulièrement vu les modèles du temps présent). Cela passe par une résistance pour chaque pouce de terrain menacé par les inconscients égocentriques les lobbies et tout ce qui forme le cortège de cette nouvelle « peste brune » qui, pour se moquer de la nature, menace notre liberté et les prognostics vitaux mêmes de la vie sur Terre. La synergie doit se mettre en place (la noosphère de Teilhard ?..) qui relaiera et unira les « nains Atlas » (cf interventions ci-dessus) à l’insu de tous les ignares dictateurs…

  24. Ben voilà…si rien ne va sur cette planète,c’est la faute aux écologistes de base,qui ne se rendent compte de rien…suffisait d’y penser !

  25. Ben oui, Stan : que les « écologistes de base » se réveillent et demandent des comptes à leurs dirigeants !

    Le rôle des assos est-il de faire la courte-échelle au pouvoir ? Parce que c’est quand même à cela qu’on assiste, non ?

    PS : merci de ne pas voir d’allusion malicieuse quant à l’emploi du terme courte-échelle.

  26. A Jacques Baillon: Soyez sympa…juste enlever  » de base « . Autrement ,d’accord pour le PS .( mais j’ai l’impression de me faire avoir en écrivant cela).Pour l’autre question,je rêve d’un vaste mouvement apolitique,dans la rue.Mais parallèlement, j’ai ,en vision de cauchemard,le pouvoir politique enfin donné aux écologistes dès lors que tout sera fichu. Je vois très bien un: eh bien ! depuis le temps ! montrez nous ce que vous savez faire !.

  27. Bonjour,

    Ce texte alerte à juste raison sur l’échec, hélas indiscutable, du mouvement écologiste en France (et pas seulement en France, d’ailleurs : il serait intéressant de connaître la structure et les actions des associations écolo dans d’autres pays, je ne suis pas sûr qu’elles soient très différentes).

    Il est dangereux de croire que la participation aux institutions et aux négociations « suffit » à faire avancer la question environnementale. Croire cela, c’est une forme de renoncement. Vous le dénoncez avec justesse.

    Mais attention. Il est tout aussi dangereux de croire que la participation aux institutions et aux négociations « ne sert à rien ». Non seulement c’est injuste sur le fond (il y a eu des avancées qui n’auraient pas été possibles autrement), non seulement ce pourrait être injuste sur les gens (mais vous prenez bien garde à dissocier votre critique de la démarche et votre respect des humains qui s’y trompent, je vous en remercie), mais cela conduirait facilement à une forme de fatalisme ou de violence (« tout est fichu, j’arrête tout » ou à l’inverse « eco-warriors fanatiques »).

    Oui, c’est vrai, l’action institutionnalisée des associations est totalement insuffisante pour peser et pour porter des changements radicaux. Mais il n’est pas moins vrai que ces associations font tout simplement « ce qu’elles peuvent avec les forces dont elles disposent » – et que, même insuffisant, ce qu’elles peuvent est toujours un grain de sable de plus dans la bonne balance.

    Car la vraie question, qui découle de votre texte d’alerte, est : pourquoi les associations n’ont-elles pas agit plus radicalement ? Or le problème est bien celui du manque de forces humaines, du manque d’audience politique (au sens noble de l’audience et de la politique). Si la défense de l’environnement était un mouvement de masse, il serait possible de tenter des rapport de force et des conflits intransigeants. Je souhaite évidemment qu’on y parvienne. Mais dans l’état actuel de « non-mobilisation » des gens, voire d’indifférence, et bien … ceux qui s’impliquent le font comme ils peuvent, et essaient de pousser leurs pions le plus loin possible. Sincèrement.

    La plupart du temps ils ne « renoncent » pas, ils ne sont pas dupes non plus, mais plutôt que de désespérer ils font … tout simplement la seule chose qu’ils puissent faire, convaincus que c’est mieux que rien (je ne parle pas là de Greenpeace ou WWF, qui sont plus des « bureaux d’étude environnementaux » d’experts ou de cadres, sans véritable base militante, et dont l’évolution me préoccupe davantage).

    Je regrette aussi qu’ils ne puissent pas adopter une autre stratégie. Mais je ne suis, hélas, pas sûr qu’ils puissent faire autrement dans l’état actuel des choses. Et dans ce cas, ce qu’ils ont fait et font encore est, tout de même, mieux que rien. Chaque geste compte. Chaque ligne d’un texte de loi compte. Chaque indignation compte. Tout cela ne s’oppose pas mais se complète.

    Pour reprendre ma double remarque initiale : ce que font les associations en se compromettant avec les institutions n’est pas suffisant et de très loin … mais ce n’est pas contradictoire avec la construction d’autres actions plus efficaces. C’est complémentaire. Ou ça devrait l’être … si la prise de conscience écologique était réelle et permettait de mettre enfin en oeuvre d’autres actions par ailleurs. Car la grande interrogation est là : que faire ?

    Cordialement,

    Jacques

  28. Ca fait du bien de lire cette analyse lucide. Merci. Pour ajouter une goutte d’eau de la taille d’une calotte polaire en train de nous fondre sur la figure, j’ajouterai que je me suis confrontée à cette institutionalisation des mouvements écologiques en en interpellant plus d’un déjà nommé par F Nicolino, sur la question des modifications climatiques délibérément orchestrées depuis 50 ans sous couvert de secret militaire : projet HAARP véritable cause de la fonte de la calotte polaire et traînées chimiques -chemtrails- d’avions évoluant dans les couloirs militaires, véritable secret de polichinelle, qui révèle la dramatique coupure des êtres humains d’avec leur terre : ils les confondent avec des traînées d’avions normales ou font, comme dans les années 40 avec les trains de la mort : c’est trop impensable, trop horrible, on ne peut pas voir ça.
    Aucun mouvement « écologiste » ne répond, c’est le mutisme absolu, ce n’est pas faute de les avoir sollicités.
    Et vous ? vous autorisez vous à observer, comparer, analyser et rechercher quand quelque chose vous parait bizzare ou vous contentez vous de paroles fatalistes (rassurantes ou déviant l’inquiétude) émises par des notoriétés?
    Pourtant, si chaque être humain considérait le fait d’être en vie comme la valeur première et strictement nécessaire au développement de toutes ses autres valeurs, nous ne pourrions que clamer d’une voix unanime l’interruption immédiate de toutes ces manipulations. Il ne resterait plus que nos pollutions industrielles, lesquelles, si horribles qu’elles soient ne sont que la partie visible de ce monstrueux iceberg dont sont complices tous ceux qui préfèrent se rassurer avec quelques mensonges bien pensants que d’affronter la réalité, le plus tôt possible pour franhir au mieux l’obstacle.
    Pour ce qui est du grand débat, je jette donc un gros pavé dans la mare…
    ACEIPICA: Association Citoyenne pour le Suivi, l’Etude et l’Information sur les Programmes d’Interventions Climatiques et Atmosphériques, une association non encore déclarée.
    Pas encore de site.

  29. S’il ne reste qu’un chicot, ce sera celui de Nicolino….car tu as la dent dure, Fabrice….
    Tu m’agaces Fabrice. Tu me fais doublement enrager. Parce que tu écris bien et parce que tu as raison, enfin de l’exterieur du mouvement. Ce mouvement-là est le mien, également. Si ce n’est que j’y suis dedans, à fond dedans, car la Frapna m’a offert mon premier salaire, à l’âge de 22 ans, ma première expérience professionnelle, associative, militante. J’y suis encore, au CA cette fois. Alors bien sûr tu me vexes….
    Mais tu aurais dû aussi assister aux 40 ans de la Frapna, le lendemain de l’AG des JNE où nous étions ensemble. Tu aurais dû assister à cette rétrospective sur 40 ans d’actions, pour réaliser tout ce qui avait aussi été évité. J’en conviens c’est peu. Tu aurais vu aussi la déception le désarroi des salariés, qui comme moi avant , se battent au quotidien pour faire avancer des petites choses millimètre par millimètre, devant une salle presque vide.
    Mais tu aurais aussi vu comme moi, mes amis, mes mentors, qui ont appris à une jeunette à gérer une association, à réfléchir, à parler aux élus, à divaguer dans la nature, à regarder, bref à bâtir ma vie, à l’inspirer, à laisser mon esprit se forger aux idées du mouvement associatif. Ces amis là, mes pères, ont aujourd’hui entre 70 et 80 ans. Ils n’ont pas changé, pas une ride, rien. Ils font trente ans à peine, la tête haute, le regard clair, car ils n’ont rien à se reprocher, et tant ils sont gorgés de passion, d’obstination, de motivations et sans doute comme moi de naïveté. Et ils ne lâcheront pas.
    Alors s’il te plaît Fabrice, ce n’est pas le moment de leur enfoncer un couteau dans le dos, à la manière de tous les journalistes, nos confrères, qui passent leur temps à les critiquer, alors que membres d’une association amie « Les JNE », ils auraient dû conserver leur énergie à les aider, les soutenir et à être leur porte-parole.

    C’est le moment de les aider, les soutenir, car oui, bien sûr qu’ils réfléchissent , et qu’à grands coups de réunions et de soirées, de week-end, encore, ils pensent à un « changement de programme », à de nouveaux paradigmes…

    Le mouvement écologiste et de protection de la nature n’a pas servi à rien, il a au moins servi à donner un sens à la vie,de milliers qui, comme moi, ont préféré mouiller la chemise, agir, sans doute mal, plutôt que de s’enfermer dans l’immobilisme, ou les pinces-fesses parisiens, à ragoter sur les écolos.

    Ils savent bien sûr leurs espoirs vains, leurs sacrifices, le pire qui n’est pas encore là mais bientôt, la frustration, la déception. Ils savent bien sûr. Mais ils aiemerainet bien entendre qu’il y a aussi des gens pour les accompagner dans le changement de programme.

    J’ai entendu que tu en étais.

  30. « Pourtant, si chaque être humain considérait le fait d’être en vie comme la valeur première et strictement nécessaire au développement de toutes ses autres valeurs, nous ne pourrions que clamer d’une voix unanime l’interruption immédiate de toutes ces manipulations. »
    je me bats depuis quatre jours sur un nouveau terrain : ce que vaut la vie des humains entre les voitures (j’en avais pas assez sans doute) et là je découvre tout : la connerie absolue (pas d’autre terme) , la fierté d’avoir un fils tombé sur le bitume et se relever avec des croutes: c’est enfin un homme , comme papa motard, les assurances valorisant ceux qui payent le plus de cotisations et non ceux qui savent conduire, l’horreur des vies hachées par la route(mais ça, j’avais déjà vu en bossant en atelier avec de jeunes handicapés) et surtout, cet indécrottable, indéniable, infracassable déni de la réalité qui est le lot de ma génération, qui se faufile dans tous les domaines et qui, s’il ne me fait pas baisser les bras, me fait beaucoup soupirer .
    va parler des ours, des requins ou des tortues ! il parait que la moyenne française en nombre d’écrans par foyer, c’est six . je veux bien le croire !
    Contente de vous lire quand même , et bonjour Lulu et valérie !

  31. Bonjour,
    Je partage ce sentiment concernant les grandes associations de protection de l’environnement. Etant moi même militante au sein de l’une d’elles je ne peux que confirmer cette tendance à l’institutionnalisation qui neutralise et paralyse progressivement l’action.
    Je pense cependant qu’elles ont encore une utilité, mais je ne sais pas jusqu’à quand. Et je redoute le jour où non seulement elles ne serviront plus les causes qu’elles prétendent défendre mais elles les déserviront. Je ne sais pas si c’est déjà le cas mais j’ai le sentiment que nous n’en sommes pas loin.
    Je suis cependant persuadée que ceux qui conduisent ces associations dans cette impasse le font avec les meilleures intentions du monde (en tous cas je l’espère). Ils sont convaincus d’avoir choisi le bon chemin et qu’il n’y a pas d’autres possibilités ou en tous cas ils font tout pour s’en convaincre.
    Je ne sais pas si c’est le vraiment le sujet de ces échanges, mais je constate que de nombreuses initiatives de convergence des luttes émergent ces derniers temps, un peu comme si les associations existentes ne répondant plus aux désirs des militants il fallait les réinventer en les fédérant. J’ai essayé d’y participer pour comprendre comment pouvait se matérialiser cette volonté. Eh bien pour le moment elle ne se matérialise pas vraiment et les tentatives locales sont plutôt des échecs.
    Mais j’ai l’espoir que tout ça évoluera par la bonne volonté des hommes ou par la force des choses. Je ne sais pas si nous serons là pour voir ce changement mais j’aurais le sentiment d’y avoir contribuer à mon petit niveau de militante locale.
    Quoi qu’il en soit merci pour ces réflexions qui me permettent de me sentir un peu moins seule dans ce monde de militantisme écologiste fait, certes de militants sincères et engagés, mais qui ressemble parfois étrangement à ces sociétés contre lesquelles on se bat …
    A bientôt peut être.

  32. Juste quelques petites questions :
    Si vous pensez, comme moi, que l’écologie peut encore inverser les tendances actuelles à la dégradation de notre monde, pourquoi, lors des échéances électorales, ne pas faire confiance à l’original plutôt qu’à la copie ? Pourquoi dans l’isoloir, le doute vous pousse-t-il au vote « utile » (le plus souvent inutile!)? Si vous voulez que les associations qui travaillent à la protection de l’environnement retrouvent toute leur efficacité et leur intégrité, vous pouvez, grace aux élections, leur permettre d’avoir en face d’eux des gens sincères, qui veulent oeuvrer à des politiques allant dans le sens du bien commun : tous écosystèmes confondus.
    Qu’on se le dise …

  33. « Le rêve d’abondance est plus fort que le rêve d’harmonie écologique » (françois, 3ème com):

    Justement, je crois que ça commence à s’inverser. Et que tout ce qui se dit depuis cinquante ans peut-être commence à germer dans des esprits de plus en plus nombreux.

    Pas assez vite? je suis d’accord, c’est une course de vitesse qui s’est engagée entre ceux qui détruisent notre monde et ceux qui essaient de les empêcher.

    Les institutions sont comme les êtres vivants, elle naissent, elles grandissent, elles se sclérosent et meurent. Mais le vieux tilleul du voisin, c’est à lui que je dois les dizaines de petits tilleuls qui surgissent chez moi. Alors?

    Ces institutions sclérosées, de plus en plus souvent appelées à pérorer à la télé justement du fait de leur sclérose, elles laissent tomber quelques graines dans quelques oreilles.

    Je crois que tu as raison, l’écologie a échoué si on s’en tient à ses résultats matériels. Mais nous ne savons pas encore ce qu’il en est des graines jetées ici ou là.

    J’ai fait beaucoup de pub, à sa parution, pour ton livre sur les pesticides. Je le considère comme un modèle, une enquête solide, historique, technique, écomomique, j’en oublie, je veux dire que c’est quelque chose de global qui n’oublie aucun aspect de la réalité et qui fait l’économie (merci) des anathèmes et leçons de morale dont on nous abreuve souvent.

    On y comprend parfaitement comment s’est enclenché cet engouement qui a fait de nous tous et d’abord des paysans d’ardents propagandistes de la diffusion des poisons. Et comprendre n’a rien a voir avec accepter. Comprendre dans quel trous et comment sont tombés nos prédécesseurs peut au contraire nous éviter de tomber dans d’autres trous.

    Donc j’ai diffusé les références de ton bouquin, et je continue à l’occasion. Par contre je diffuserai avec plus de parcimonie ton appel. Je trouve que tous nos amis écolos, militants de ci ou de ça, ont petite mine en ce moment. Pas envie de les accabler davantage. Les héros sont fatigués? C’est peut-être le moment pour une autre génération de héros de prendre la relève?

    En résumé, je suis (modérément) optimiste. Optimiste parce que l’antidote monte avec le poison. Modérément, parce que, pour l’instant il monte beaucoup moins vite que le poison. Mais demain?

  34. Merci de cette très bonne analyse.
    Mais faire un constat d’échec ne doit pas nous démoraliser. D’abord l’échec n’est pas complet, car la prise de conscience de l’importance de l’environnement se développe massivement.
    Ensuite, il est dans la logique que des organisations comme Greenpeace, qui se développent dans un contexte idéologique général de course au profit (et plus généralement de capitalisme) sans vouloir remettre en cause le système lui-même, en arrivent à gérer une image de marque et des fonds.
    Je viens hier soir d’être exclu (ou de démissionner, je ne sais pas bien) du groupe local Chevreuse de Greenpeace, après 2 ans de militantisme, et de nombreuses années passées comme simple adhérent. Un temps « référent énergie » dans ce groupe, je suis en désaccord avec leurs choix et leurs discours, qui en reviennent toujours à culpabiliser les pauvres, sans jamais toucher aux privilèges des riches. Je me sens plus proche de l’auteur du livre « Comment les riches détruisent la planète » que de Greenpeace.
    Construisons ensemble un véritable mouvement, basé sur l’intelligence et non le respect de doctrines, en particulier celles imprégnées de judéo-christianisme dans lesquelles on culpabilise toujours la victime, et on répond toujours par une mauvaise réponse à une bonne question.
    Le chemin nous parait long et difficile parce que nous nous étions trop habitués à avoir des réponses toutes faites, et que maintenant il faut réfléchir.
    J’ai plutôt un bon moral, quand je vois que le système capitaliste devient de moins en moins crédible. A nous de construire une alternative enthousiasmante qui serait une combinaison de décroissance, de progrès dans les conditions de vie et de reconstruction de l’environnement.

  35. Continuons le débat!
    Les militants « anti »-ogm ne sont pas restés les bras croisés, loin de là! Mais la loi scélérate est tout de même passée, contre l’avis d’une large majorité populaire. La question de base est encore et toujours: que faire maintenant?
    Pour débroussailler:
    – l’information est capitale, sous toutes ses formes (médias divers mais aussi autour de soi); ne pas oublier que la grande révolution de 89 a été précédée par un vaste brassage d’idées.
    – multiplier les actions qui tissent des liens, au choix, selon les circonstances (et là, y’a vraiment de quoi faire!)
    – ne pas oublier que pour qu’un pouvoir bascule il faut un jour ou l’autre le pousser dehors
    – mais ne pas oublier non plus que le pouvoir actuel est si important que seule une crise économique majeure pourrait inciter les foules à y mettre fin
    – se méfier comme de la peste des guides, maîtres et autres détenteurs-de-vérité (autoproclamés!)
    – l’émergence d’un autre système (changeant et l’économie et la pratique démocratique) sera liée aux tentatives actuelles, si modestes soient-elles, de fonctionner autrement.
    … Bon… c’est comme ça que je vois les choses.

    Continuons le débat! (et pas que…)
    :o)

  36. Avez vous lu ? les transhumanismes ont LA solution , décrite dans l’ouvrage d’hervé juvin « produire le monde » . et oui, puisque tout est voué à disparaitre, parachevons vite vite la destruction et créons le ciel au-dessus de nos têtes, l’enfant de nos rêve, une nature artificielle totalement maitrisable, bien entendu . c’est si bête qu’il fallait y penser, et c’est d’ailleurs pourquoi france inter à présenter le livre à une heure de grande écoute . Youkaidi !
    sinon, le bouquin commence par la même analyse que celle de Fabrice, et celle du mouvement décroissance d’ailleurs . C’est après que les avis, curieusement, divergent . Allez, je vais aller planter des choux (pour de vrai!) à la ferme, et désherber en prenant le temps de contempler les fleurs de chardon, la véronique et la camomille , le vol des perdrix…

  37. Bah pour les politiques aussi c’est dur de lire ça.

    Militant vert et co-signataire du rassemblement des écologistes (www.rassemblerlesecologistes.eu)j’ai diffusé votre texte en portant aussi un regard triste sur nos propres échecs politiques. Ce texte me rappelle aussi la phrase de Nicolas Hulot sur « sa juste place ». Il semble que nous soyons plus nombreux que cela à la chercher… Amitiés

  38. Ya plus qu’à légaliser quelques processus minimaux de légitimation de nos désirs-envies naturels, et on fera le tri sélectif des ordures édiliques.

    A la différence des transhumanistes, ce n’est pas LA solution, mais le faisceau de solutions ds lequel il faut s’engager.

  39. « le pouvoir est si important »…il est aussi si immatériel, situé où? Avant: la Bastille.Aujourdhui Quoi? Où?

    je dis les médias proteiformes! allez cassez cette bastille-là! IL FAUT PLUTÖT la pénétrer, la noyauter. Mais actuellement, les noyauteurs, car il y en a, se fichent pas mal des petits poissons et des papillons…
    C’est vrai que créer des réseaux en dehors semble être une solution, mais là on se heurte à l’atomisation de la société dont parlait Bernard Lavilliers dans une vieille chanson dont je ne souviens plus le nom…Division à tous les étages!et individulisme, que faire contre cela?

  40. Atomisés, sans famille, ni tribu, effectivement, c’est la méga cata. Mais retournons le truc et atomisons nous dans nos ressources : produisons localement pour consommer localement au lieu de chercher UNE seule solution énergétique pour tous; on ne manque pas de ressources. Pensons à tous ces innombrables brevets qui ont été rachetés par les multinationales, la liasse de billets dans une main, le flingue dans l’autre… Moralité, si vous faites une invention géniale, surtout ne la brevetez pas. Ofrfrez là!
    Ouvrons les yeux et réveillons votre bon sens. à propos des traînées d’avions, documentez vous sur http://www.chemtrails-france.com
    La bête immonde perdure parce qu’on dépend d’elle; or en fait on dépend de la Terre et socialement on peut s’organiser autrement… C’est un sacré combat que celui de notre époque, assez chevaleresque, n’est il pas ?
    bon pied, bon oeil,
    bons cieux, bons yeux…

  41. Un bel appel au secours !
    Un historique très intéressant pour toute la nouvelle génération d’écologiste (dont je fais partis)
    merci.

    D’accord pour dire que le combat est difficile, peut-être vain, mais comme l’on déjà dit certain INCONTOURNABLE pour tous ceux qui regarde et comprenne l’évolution de notre monde.

    Néanmoins, pour moi deux points positifs :

    1°- L’information et la sensibilisation des citoyens (on a jamais autant parler d’environnement que ces deux dernières années – du fait sans doute d’une situation qui empire, mais du fait aussi de tout le travail réalisé par ces nouvelles (et petites) associations environnementales, souvent locales)

    2° – la force du réseau associatif, et des écologistes. En quelques jours cet appel a déjà bien tourné au sein des réseaux. Espérons qu’ils grandissent et qu’ils se concrétisent en une révolte de nos combats.

    Merci en tout cas pour ce débat. Et bon courage à tout ceux qui continuent à combattre l’incombtatable.

  42. A Jacques Beauzamy: J’ai depuis hier soir  » GREENPEACE le vrai visage des guerriers verts « que je n’ai pas encore ouvert,faute de temps (recherche de busards cendrés ).A lire absolument ? .

  43. Stan à Bénédicte. On ne connaît plus ses classiques ?….Racines !…..le 4 juin était un jour racines…et toi tu repiques des choux qui sont des légumes feuilles !!!!Si je suis un peu taquin c’est juste pour te remonter le moral.Profite bien de la faune;perdrix,lièvres,bergeronnettes..J’en vois pas mal en ce moment.

  44. A stan,
    L’inspiration, stan, c’est essentiel pour la respiration; quant aux classiques ne pas oublier que « le charme d’à dents c’est d’hêtre à poils ».

  45. @ Stan, en tout cas j’ai vu une corneille et un fieffé de la tribue lièvre, agé peut-être d’à peine deux mois, mais qui faisait déjà rager les maraichers ! Merci pour l’info , j’ai semé ce que l’on m’a demandé . c’est un peu la panique avec le mildiou et l’oïdium entre autre . je suis contente d’avoir remis les mains dans la terre, j’avais besoin d’elle . ceux qui fantasment un monde à la Barjavel ,d’hommes et de femmes parfaits nourris aux gelules sont-ils conscients de cela ? caresses au greffier s’il apprécie .
    @ Geneviève, ton témoignage me touche et j’aime déjà tes comparses !

  46. Bonjour Fabrice,
    J’ai transmis votre article sur mes blogs et je vous rapporte ici quelques commentaires qui vous reviennent de droit ainsi que les sites ou les mails à contacter si vous le souhaitez.
    Merci beaucoup pour ce travail d’éveil que vous effectuez, les consciences ont besoin d’être secouées pour obtenir des réactions positives et utiles. Je vous lis avec beaucoup d’intérêt, merci encore.

    http://www.lepost.fr/article/2008/06/03/1201904_bilan-de-40-annees-d-ecologie_0_269501.html#reaction_269501

    pas de pseudo le 05/06 à 23h15
    “ L’association que je préside, dans les Ardennes, n’a pu survivre financièrement que parce que je lui ai octroyé quasi tout mon patrimoine familial.
    Nous avons obtenu en cassation la « mise en danger d’autrui » fin 2007; il aura fallu dix années de luttes, et nous étions quasi seuls : pas de soutien officiel, à part celui des Amis de la tTerre, au début de l’affaire. Nous étions seuls, certains d’entre nous déjà gravement atteints par des métaux-lourds. Le maire-médecin du village, les préfets successifs, toutes les instances: le député de Revin compris, les salariés, tous, nous honnissaient, nous menaçaient, et finalement nous avons été violemment agressés, quand une juge d’instruction voulut fermer cette usine de mort, en 1999, le PDG a passé outre cette sentence, et L’usine tourne toujours.
    Il y aurait tant à dire, sur des lanceurs d’alerte comme ceux de Bourg-Fidèle ; plusieurs livres racontent cette épopée ultime, dans un chapître entier, ou une partie de chapître.
    Le mensonge fait force de loi, la France est dépourvue de toxicologues industriels, et surtout, tout le système est verouillé, à propos des expertises, lesquelles ne sont en général qu’un leurre, comme deux sur trois de nos expertises judiciaires. Nous avons dû chercher à l’étranger des éléments médicaux majeurs. Même la médecine nous a abandonnés, et les lésions inhérentes aux métaux-lourds peuvent être irréversibles, fatales, et atteindre l’intégrité mentale de la personne.
    Les journalistes ne se sont manifestés que lors du procès, mais la vérité ne fait que poindre, il faut parler des métaux-lourds, une affaire aussi meurtrière que celle d el’amiante.
    Ce sont les victimes de plus en plus nombreuses qui devront balayer les structures poussiéreuses de FNE, qui cause du tort, ou celles de WWF, qui n’a jamais répondu à nos appels à l’aide.
    nous sommes à votre disposition. Denise schneider, mail denise.schneider@skynet.be

    L’ARAPEDE le 04/06 à 09h42
    “ Bravo, on est phase L’ARAPEDE que je préside met l’article sur son blog
    http://larapede.over-blog.com

    Jachri le 05/06 à 23h02
    “ Merci, Jany, de diffuser ce texte en forme de bilan, de remise en question profonde et d’appel. Je comprends ce désenchantement, vivant aussi « l’institutionnalisation » des grandes associations… Les petites mains du terrain n’ont plus rien à voir avec les technocrates dirigeants qui, pourtant, en tiennent les volants – pour aller dans le mur !

  47. En parlant du WWF, je traduis en ce moment des articles du collectif No a Pascua Lama qui s’oppose au projet de mine d’or au Chili, projet porté par la société canadienne Barrick Gold. Le collectif a écrit récemment un article révélant quels étaient les liens un peu troubles qui unissaient Peter Munk, le président de Barrick Gold au WWF qui siège à l’Institut International de gestion du Cyanure dont, je cite « Le Code international de gestion du cyanure pour la production, le transport et l’utilisation du cyanure dans l’extraction aurifère (Code) est un programme industriel volontaire pour les sociétés d’extraction de l’or développé par un comité directeur constitué par plusieurs parties prenantes sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et de l’organisme connu alors comme étant le Conseil international des métaux et de l’environnement (ICME). Le Code est géré par le l’Institut international de gestion du cyanure (IIGC), une organisation à but non lucratif basée à Washington, D.C. »

    Une recherche sur le web anglo-saxon confirme les liens entre entre le WWF international et certaines multinationales comme Barrick Gold à travers le 1001 club, comité de personnalités diverses et variées, essentiellement issues du monde de la politique et des finances, qui financent des programmes de conservation pour le WWF.

    Ce n’est pas la première fois que ce type de rumeurs circule sur le WWF…

  48. 100% d’accord…et pas seulement pour l’écologie! Par exemple les droits du travail etc etc
    bon, mais après?
    seul un improbable grand toilettage institutionnel mondial?
    exemple interdire les paradis fiscaux et les institutions de blanchiment comme Clearstream;
    limiter les flux de capitaux (cf taxe Tobin)
    interdire les commissions parlementaires aux représentants des entreprises privées;
    financer sur fonds publics exclusivement 50% de chercheurs au moins; interdire les investissements (cf la Société Générale) et garanties (cf les subprimes) sans assise financière effective; interdire les parachutes dorés contractuels et exiger à la place des rémunérations en rapport avec les résultats;
    interdire les subventions à l’exportation (surtout des produits agricoles); traduire les chefs d’état aggressifs et criminels devant un tribunal international (ex G Bush); organiser un véritable 4ième pouvoir médiatique avec financement public;
    etc etc
    bon! sinon,…la révolution?

  49. Je place ci-dessous un commentaire de David Rosane, qui a eu du mal avec les systèmes de filtre. Si c’est votre cas, faites-moi signe.

    Fabrice Nicolino

    a propos du mvt ecolo et l’echec:
    Fabrice, je peux me tromper, mais j’ai l’impression que c’est un peu l’analyse de ce fada de Zizek (http://www.democracynow.org/2008/5/12/world_renowned_philosopher_slavoj_zizek_on )- et je ne sous-entends pas par la que tu es fou toi aussi, juste un peu zinzin peut-être, façon pie ou écureuil, mais venant de moi c’est plutôt un compliment, façon Lakota — et la zoologie totémique.

    Slavoj Zizek, donc, pour qui les grands mouvements contemporains de « gauche », altermondialistes, pacifiques, écolos, etc., sont des mouvements énormes et mondialisés et connectés certes, mais creux, éviscérés, tristement sans efficacité aucune dans le concret, des pouvoirs SANS pouvoir, pour finir. Tout DANS l’opinion, mais après ???, rien, de l’apparence, de l’image. Il prend en exemple le fait que le monde entier a crié « non » à la guerre en Iraq, que jamais un mouvement pacifiste ne s’était à ce point mondialisé. Et pourtant la guerre en Irak a eu lieu. Comme jamais. La guerre et son opposition, complices. Car tous ces mouvements d’opposition seraient donc devenus, eux-aussi, des sortes de « marques », ou des images de marque– à la No Logo, totalement déconnectés du réel, parce que exagérés, au nom de la dite COMmunication. Du moins, phagocytés par le même processus, totalitaire, du paraitre.

    Merde alors.

    Je suis d’accord, en bon halluciné que je suis (mon totem, c’est le bec en ciseaux), d’ailleurs ce qui arrive aux mouvements écolos et autres, c’est pour moi une tendance au virtuel partagée par tout et par tous, ce qui du coup devient super flippant genre roman sci-fi à la Philip Dick. Je m’explique : la tendance au paraitre est systémique et planétaire, elle appartient je le disais à tous les secteurs, y compris ET SURTOUT à celui du pouvoir actuel, celui de la vente, de la pub, de l’annonce ; bref à celui du spectacle (je rappelle que les architectes de la guerre en Iraq ont fait venir des sets designers de la Disney pour la déco et mise en scène des premières conférences de presse militaires). J’ai lu que cette transformation du monde en image pure, holographique et sans moelle, se déploie surtout, on l’a noté ici dans ces pages, dans la numérisation, of course , et grâce aux technologies de l’informatique, de la nature- fide les écrits de Roy, ou encore de Klein, voire même le dernier pamphlet de feu Baudrillard « pourquoi tout n’a-t-il pas encore disparu? », qui va encore plus loin, pour qui le réel, dans son ensemble, ne cesse de se dissoudre dans le concept, et le subjectif dans l’objectif, et la nature dans le cyber, le monde physique, dans son intégralité, évaporé en un monde désincarné, hors sol, hors nature, et ce depuis l’avènement même de la parole, première technologie, permettant de faire disparaitre une chose dès lors qu’on la nomme. Exemple : l’inconscient. C’est à lire.

    Et bien je suis d’accord, je crois (un jour sur deux, pour rester honnête, les autres jours je reste comme Paul Hawken, optimiste) : je pense que la biosphère toute entière se transmute dans le virtuel, l’original partout se fait remplacer tous azimuts par son double en code binaire, non seulement les « choses » biologiques, de l’animal à la plante, mais les actes et les actions qui s’en émanaient jusqu’alors, y compris les nôtres (J’imagine que quelques philosophes grecs roulent certainement dans leur tombe, de bonheur, a l’idée d’un monde fait QUE d’idées).

    Prenez donc des photos, genre de belles fleurs des prairies alpines. Mettez-les en ligne. Supprimer l’original. Comme dirait Auda abu Tayi, « je vous l’avais dit, c’était écrit !».

    Pour revenir donc à cette idée justement, qu’est la protection de la nature ; elle n’aura finalement servit qu’a s’amplifier elle-même, sans rien pouvoir changer. Juste pour devenir une SUPER idée, sans plus. Quelle ironie. On râle, on réfléchit, on écrit des blogs, on a la conscience élevée, on jardine, on arrive à faire protéger une réserve ou deux, de la taille de timbre poste, qu’on protège avec du barbelé, acte désespéré, futile, on descend dans la rue aussi, pour finalement remonter, s’institutionnaliser, on devient prof, on enseigne l’écologie, la thermodynamique, on sait qu’on a raison, on laisse deviner à ses étudiants l’absurdité du progrès, le non-sens mathématique et donc l’impossibilité physique de la croissance, la stupidité donc de la machine, on laisse entrevoir l’idée de la révolte qui sous-tend ces évidences, mais pouf, rien, comme tu dis, échec. Pourtant l’idée, elle, n’aura jamais autant vécue.

    Aujourd’hui, j’ai envie d’ajouter « échec et mat ». Car le pire, c’est que je viens du coup de relire ce maudit pamphlet de Baudrillard pour te répondre, et ca me fait remémorer le fait que cette extinction du réel est depuis devenue une idéologie de la droite libertaire américaine, au pouvoir à Wall Street ; pour eux cette extinction dont parlait Baudrillard est un souhait inespéré, et ils ont un argument économique et philosophique à l’appui, et je précise que cette dite orthodoxie n’a aucune connexion causale avec les fameux mouvements ultra-intégristes évangélistes tels la « Rapture » qui eux, s’imaginent un paradis induit par l’apocalypse. Non, les libertaires de droite c’est une autre folie, plus hallucinante encore, une sorte de fascisme ultra-radical, un fantasme de propreté absolu, j’oserai même le psychanalytique « anally retentive ». Pour longue preuve, Je laisse ici le lien a l’article dans la Guardian sur le phénomène Facebook et son investisseur principal Thiel, pour qui, en résumé, la nature vraie, cruelle, sale, imparfaite, doit à tout prix disparaitre, pour être remplacée par la fausse, celle de la machine cyber pure, et de la transaction marchande et capitaliste ad lib, façon Mr Propre, entre êtres bioniques devenus eux-mêmes espaces pubs annonçant leur propre production/consommation, un peu à la Matrix. Un peu beaucoup, même : http://www.guardian.co.uk/technology/2008/jan/14/facebook

    Comme dit le peuple Achuar du Pérou : « you get the world you dream of » Vous obtenez le monde dont vous rêvez. Moi, je rêve parfois d’astéroïdes géants venant gifler la terre histoire d’en finir avec l’anthropo-scène, justement. Histoire de laisser surgir et évoluer, à nouveau, quelques bactéries anaérobiques des sulfureuses entrailles de LEUR belle planète. Question à dix balles : évolueront-elles pour devenir des « o » et des « 1 » ?

    Téléologiquement,

    Le washing raccoon

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