Et si c’était lui, sans blague ? (Mélenchon le Messie)

Bon, inutile de m’abreuver d’insultes. Ce sera encore sur lui. Mais je jure solennellement que c’est pour la bonne cause. Tant de gens estimables s’apprêtent à voter Mélenchon que je ne peux me désintéresser d’un homme qui clame à tous les vents que sa « planification écologique » annonce une vraie révolution. Et si c’était vrai ? Je plaisante, sérieusement je plaisante. En tout cas, j’entends consacrer, sans trop d’invectives (ce sera dur), plusieurs articles de suite au chef du Front de gauche. Ce premier se termine sur une question. Si vous êtes saoulé par mes critiques, vous pouvez aller y jeter un regard tout de suite. Et sinon, bienvenue pour une nouvelle virée.

Outre ce papier, j’essaierai de détailler ce que je pense de la « planification écologique », ce que je pense du smic à 1700 euros, ce que je pense d’Hervé Kempf adoubant Mélenchon dans Le Monde. Si je compte bien, cela ferait quatre articles en tout. Je vous en préviens, il n’est pas sûr que je les écrive, car j’ai une vie, faut pas croire.

Pour commencer, je dois reconnaître cette évidence : il plaît. À gauche et visiblement dans une part croissante de l’opinion écologiste. Du coup, c’est intéressant, car je n’oublie pas, malgré certaine apparence, que Planète sans visa, qui entend rendre compte à sa place de l’extraordinaire crise écologique en cours, souhaite ardemment qu’émergent des perspectives. Mais qu’est donc la crise écologique ? Une simple continuation de l’éternelle crise du capitalisme décrite par tant d’auteurs de gauche ? Depuis Marx, depuis même Fourier à son hallucinante manière, depuis Blanqui et ses rêveries guerilleristas, la gauche théorique et parfois pratique ne cesse d’annoncer la crise finale du capital.

Je crois pouvoir dire que cela n’a pas marché. Quand les bolcheviques ont eu pris le pouvoir dans ce qui allait devenir l’Union soviétique, ils imaginèrent certes une société nouvelle, mais c’est parce qu’elle était totalitaire. Pour le reste, ils ne firent qu’adapter pour le malheur commun des méthodes industrielles utilisées auparavant en Occident. En plaquant le tout sur cette stratification sociale qui donnait tout le pouvoir à une classe naissante de bureaucrates. Quand je dis « adapter », je veux dire qu’ils prirent le pire – la puissance des machines -, sans nullement s’intéresser aux rares contrepouvoirs ayant permis aux prolétaires de chez nous de seulement survivre. Je veux parler des syndicats, des Bourses, des mutuelles, in fine des partis ouvriers.

Il n’est qu’une matrice à toutes les formes sociales apparues depuis deux siècles, et cette matrice est biface. Sur le plan de l’économie, il s’agit de la machine et de l’organisation rationalisée de la production. Cela donne, jusqu’à la nausée, cette apparence de profusion matérielle, qui n’est jamais qu’appauvrissement continuel. Et sur le plan culturel, au sens anthropologique, une foi démentielle et complète dans l’idée d’un progrès linéaire, menant d’un point A à un point B, forcément plus haut et plus beau. Je me répète, car je veux être compris : une alliance entre une production de biens de plus en plus colossale et une croyance dans l’idée que tout cela mène au mieux.

Ce qu’on a coutume d’appeler la droite, ce qu’il faut appeler les gauches, qui incluent celles qui se disent révolutionnaires, se disputent depuis 1790. Mais sur quoi ? Est-ce à propos du fond, que j’appellerai révolution machinique ? À l’évidence, non. Le mouvement ouvrier quand il était vivant – avant donc son atroce assassinat par le stalinisme -, les divers courants socialistes ou communistes ensuite, n’ont jamais prétendu s’attaquer au principe de la société industrielle. Tous, bien qu’à des degrés divers, ont toujours contesté aux droites – elles ont droit, elles aussi, au pluriel – le mode de répartition des richesses produites. En affirmant qu’elles feraient bien mieux une fois parvenues au pouvoir. Qu’elles distribueraient et répartiraient mieux les richesses produites, qu’il fallait pourtant continuer à augmenter sans fin prévisible. Je le rappelle : l’horizon du communisme, pour ne prendre que ce seul exemple, c’est l’abondance universelle. Le vieux Marx résumait ainsi le jeu dans sa Critique du programme de Gotha, livre paru en 1875 : « Jeder nach seinen Fähigkeiten, jedem nach seinen Bedürfnissen ! ». Ce qui veut dire imprudemment : « De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins ».

Vous pensez bien que je n’ai rien contre la satisfaction des besoins de chacun. Seulement, qu’est-ce que le besoin ? Jusqu’à quels excès démesurés ne risque-t-il pas de conduire ? Dans la société de Marx, la perspective était alléchante. Nul ne voyait la limite, les limites. La crise écologique n’existait pas. Les plus cultivés pensaient avec une touchante naïveté que jamais les mers ne pourraient se dépeupler, tant les poissons étaient nombreux. Alexandre Dumas, dans son somptueux Grand dictionnaire de cuisine (1873, deux ans avant le texte de Marx) écrivait : « On a calculé que si aucun accident ne perturbait la ponte des œufs, et si chaque œuf atteignait sa maturité, cela ne prendrait que trois ans pour remplir la mer à tel point qu’on pourrait traverser l’Atlantique à pied sec sur le dos des morues ».

À gauche, vu des gauches, le programme était alors simple. On utiliserait la science et la technique pour augmenter la puissance commune, guérir les maladies et peut-être la condition humaine, rendre heureux l’humanité par la possession de biens jusqu’ici réservés aux bourgeois. Le rêve a perduré, intact, jusqu’aux immondes tranchées de 1915-1918, avant de se transformer, sans jamais disparaître. Question sans malice : Jean-Luc Mélenchon est-il, oui ou non, l’héritier de cette culture politique-là ? Comme il le crie à chaque intervention ou presque, je vois qu’il n’y a pas de doute : c’est oui.

Mélenchon est héritier en ligne directe de la social-démocratie, à laquelle il a adhéré, excusez du peu, trente-et-un ans. Et par choix et proximité, également du stalinisme, que tant de gens de bonne comme de mauvaise foi, ont intérêt à faire disparaître dans un éclair de magnésium. Non, le stalinisme n’est pas mort. Madame Buffet est entrée au parti communiste en 1969, quand Brejnev régnait sur l’Union Soviétique et les îles de son archipel concentrationnaire. Elle avalisa, jusqu’à la fin du système, d’infâmes événements, comme par exemple la normalisation en Tchécoslovaquie, les tueries de Gdansk et Gdynia et les bouffées délirantes antisémites du Poup, les bouffonneries de Ceaucescu, l’invasion de l’Afghanistan, etc. Et dans cet et cætera, il faut imaginer le reste. Tous ces peuples réveillés à l’heure du laitier par les flics de la dictature. Et remarquez que je ne parle pas de ce que les staliniens ont infligé à la nature. C’est impossible à mesurer.

Je sais que cela emmerde les mélenchonistes, mais les faits ne sont-ils pas têtus ? Leur héros se réclame de Mitterrand, un homme de droite pour qui le pouvoir était le principal euphorisant, et qui ouvrit la voie triomphale à la finance-reine. De Mitterrand et de Marchais, une canaille stalinienne qui insultait « l’anarchiste allemand » Cohn-Bendit dans un court éditorial de son torchon appelé pourtant L’Humanité,  le 3 mai 1968. Et qui, le 11 janvier 1980, applaudissait à l’entrée de l’Armée rouge à Kaboul, dans la nuit du 24 au 25 décembre 1979 (regarder la vidéo ici). J’ajoute que Mélenchon soutient aujourd’hui, de différentes manières il est vrai, la Chine, Cuba et ce merveilleux Venezuela où le non moins merveilleux Chávez applique le merveilleux triptyque : « El jefe, el ejército, el pueblo ». Ce qui veut dire : « Le chef, l’armée, le peuple », vision cauchemardesque, caudilliste et verticaliste du fameux et pseudo socialisme bolivarien

Vous me direz que vous connaissez ma chanson, et c’est sans doute vrai. Mais je veux y ajouter un couplet inédit. Sous la forme d’une série de propositions. D’abord et selon vous, est-il évident que la crise écologique, parce qu’elle est planétaire et qu’elle s’attaque au fondement de la vie, est sans aucun précédent connu ? Pour moi, c’est une évidence. Quelle qu’en soit la raison, il est flagrant qu’une menace globale, effroyable, pèse sur les équilibres écosystémiques les plus élémentaires. Mais vous ? Deuxième proposition : cette menace est-elle – ou non – liée à la manière dont les humains, y compris dans le défunt paradis des travailleurs que fut l’Union soviétique, ont conçu la production et la consommation de biens matériels ? Troisième proposition : Jean-Luc Mélenchon incarne-t-il – ou non – ces traditions de gauche qui n’ont jamais contesté la nécessité de produire et consommer toujours plus ?

Si vous répondez oui à tout, ce que je vous souhaite, il faudra m’expliquer comment vous sortirez de ce guêpier.  Car Mélenchon se noie lui-même dans les promesses de production et de consommation matérielles. Est-il réaliste, est-il sensé d’espérer de quiconque être à la fois le problème (pour une petite part) et l’éventuelle solution ? Je note, tout comme vous, que Mélenchon ne s’attaque absolument pas à l’histoire des idées qui ont conduit au désastre, car sa campagne repose à 80 % sur ce qui reste de l’appareil communiste. Le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas. Mais il ne le veut pas, car sa langue maternelle est celle du productivisme et de la croissance sans but ni frein. Lorsqu’il parle écologiste, ne voyez-vous pas qu’il le fait comme Mitterrand parlait socialiste et même marxiste quand il le fallait ?

En 1979, quand les chars soviétiques se préparaient à l’invasion de l’Afghanistan, le congrès du parti socialiste se tenait à Metz. Mitterrand, qui entendait flinguer toute velléité de la part de Rocard, entré en 1974 seulement au parti socialiste, y avait envoyé en première ligne un chevau-léger du nom de Laurent Fabius. Lequel, déjà sans nul doute social-libéral, avait déclaré du haut de la tribune, pour son suzerain : « Camarades, entre le Plan et le marché, il y a le socialisme ».  Ne riez pas, c’était censé laminer les rocardiens.

Ce cas de molletisme chimiquement pur traverse toutes les aventures politiciennes de Mitterrand, grand héros de Jean-Luc Mélenchon. Et je gage que ce dernier aura retenu la leçon. Dans le rôle de sa vie qu’est devenue la campagne électorale, qu’aurait-il à perdre, dites-moi ? Je ne l’accuse même pas de malhonnêteté. Je crois qu’à ce stade, il faut parler de dédoublement et de vapeurs nées de trop hautes altitudes. Disons qu’il y croit. Mais où seraient sa culture et son engagement réels, qui garantiraient au moins en partie l’avenir ? Nulle part, bien entendu. Sur la crise écologique, au-delà de quelques slogans, il est aussi ignare que le reste de la classe politique. Ses quarante ans de politique active parlent pour lui.

Question : qui lui souffle, d’après vous, les paragraphes sur l’écologie que l’on trouve ici ou là ? Comme un Sarkozy, ânonnant sans rien y comprendre un Discours de Dakar écrit par Henri Guaino, Mélenchon répète des phrases qui ne sont pas les siennes. Demain est un autre jour, et les cocus d’aujourd’hui, cocufiés d’hier et réclamant de l’être encore, découvriront, mais un peu tard, ce qu’est une tirade politicienne. Ce qu’est un programme politicien. À en croire les illusionnistes de service,  un homme qui a passé sa vie à tambouiller la politique dans ce qu’elle a de plus vil – la prise du pouvoir, à Besançon, à Massy, dans l’Essonne, au PS -, avec de tout petits groupes d’apparatchiks, pourrait donc représenter l’espoir d’un peuple. Je n’ai pas très envie de me marrer, même si le spectacle a des aspects follement hilarants. Mélenchon, ou comment sauver le monde avec trois moulinets et un drapeau rouge.

68 réflexions au sujet de « Et si c’était lui, sans blague ? (Mélenchon le Messie) »

  1. Allo,

    Je n’ai lu que le titre.

    Mélanchon le messie.

    Ola! J’ai failli m’étouffer fort!
    Ca vas pas dès fois de faire des frayeurs comme cela?
    Fabrizio, êtes vous certain que vous allez bien?
    Je commence a me faire du souci pour vous.

    Fabrizio, je vous en supplie, enlever la majuscule au mot messie. Merci.

    🙂

  2. non mais bon, les gens sont frustrés… il a compris ce que les coui… euh, les électeurs veulent entendre… et ce qu’ils veulent entendre, c’est les promesses du « front populaire »!

    Les gens sont en colère, alors ils votent pour le plus virulent contre le bouc émissaire banquier, pourriture certes, mais avec leur complicité (le supermarché plutôt que le voisin ou le jardin)…

    Rien n’est cohérent, ça parle d’un côté « écologie », mais ça parle aussi d’alliance avec les « émergeant », ces états qui détruisent les cultures et sociétés vernaculaires et réellement durables, pour industrialiser… l’exemple de la rpchine est extrêmement significatif…

    Ce grand démocrate qui préfère la « loi », la « souveraineté de l’État », à la souveraineté d’un peuple se battant contre le sort qu’il subi… des états qui en Afrique sont né de la colonisation, pour le colonialisme, issu du paradigme colonial, contre les peuples… ce qui me fait penser qu’il est de la tradition des socialistes colonialistes…

    Ainsi est la société moderne: la prime à la débilité, la plus grasse… et ce truc de la prise de la bastille, quelle mise en scène! En oubliant ce que la révolution française et ce qui fut finalement la suite, fut pour les populations des provinces du défunt royaume en matière d’acculturation, de paupérisation et d’exploitation…

    Mais bon, l’électeur est bon à entuber, le militant à enc…

    Enfin, je pense trop, l’école nous a appris à être des bons bigot de l’idéologie et un bon admirateur des institutions…

  3. Fabrice,

    Je suis étonné que vous n’évoquiez pas le soutien que J.-L. Mélenchon vient de recevoir de Paul Ariès. Croyez-vous que ce dernier réclame à être (encore) cocufié ou bien a-t-il analysé un peu plus sérieusement que vous les propositions du Front de Gauche en matière d’écologie ?

  4. Luchapress,

    Et si vous ne vous serviez pas de Paul Ariès comme d’un bouclier humain ?

    Puisque vous insistez, je n’ai cessé de répéter ce que valent les programmes. Comme les promesses politiciennes, ils n’engagent que ceux qui y croient. Autre chose : pensez à la liste interminable de ceux qui se sont trompés du tout au tout. Ces voyageurs de Moscou, dans les années Trente du siècle passé. Sartre, se vautrant de Staline en Mao. Ces maolâtres de 68 qui applaudissaient l’une des pires dictatures de l’histoire, de Serge July à André Glucksmann, en passant par Philippe Sollers, Alain Geismar, Oliver Rolin ou Alain Lipietz. Ces soutiens et soutiers de Castro, incapables de nommer le crime de la police politique et des prisons itou.

    Certes, je m’inclus nécessairement dans la liste de ceux qui peuvent se tromper. Si vous saviez ! Mais cela ne fait que renforcer mon constat. En tout cas, le soutien d’Ariès, qui à mon avis n’est pas un écologiste, ne signifie rien. Rien d’autre que ce que vous voulez y voir.

    Je me permets de vous demander de vous ressaisir, et de formuler votre propre point de vue. Bien à vous, sans arrière-pensée.

    Fabrice Nicolino

  5. Bien bien bien!!!!!!!! mais comment faire comprendre , et accepter par l’immense majorité que la société de consommation doit s’arrêter, donc que nous devons vivre de façon totalement opposée, ou le travail de production d’objets inutiles qui sont sensés nous combler de bonheur, et que nos voyages au bout du monde sont en train de rendre la vie impossible à nos descendants, vous savez, nos enfants et nos petits enfants que nous déclarons aimer plus que tout au monde et que pourtant nous sommes en train de TUER sans remords pour l’instant.
    Ah comme le réveil sera difficile , n’oublions pas que nos enfants, petits enfants et les suivants, nous ont confiés l’endroit ou ils sont sensés vivre, et qu’en quelques années, au nom de notre bonheur, nous aurons pillé, détruit, pollué, irradié et vidé de vie, cet endroit exceptionnel qu’est la terre.
    Du fond du cœur, j’aimerais avoir tort.

  6. Je reprends un texte lu hier là :

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/11/18/97-bien-fait-pour-vous#c8100

    Avec cet extrait : 12. Le vendredi 21 novembre 2008 à 21:49, par Instit

    « Étienne, ce qui s’est passé en 1995 à San Francisco, dans le grand hôtel Fairmont, est très intéressant en ce qui concerne vos idées. Je ne sais pas si vous êtes au courant de la réunion du Fairmont, alors je vous raconte et je vous recopie un extrait de livre.

    Du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, à San Francisco, le grand hôtel Fairmont accueille 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’Etat, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc. Cette réunion du Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev.

    Elle a une grande importance historique. Elle fait intervenir George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, des dizaines d’autres personnalités de tous les continents. Elle a pour thème « l’avenir du travail ».

    « L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».

    Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.

    Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.

    Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour le survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.

    L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »

    (Hans-Peter Martin, Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, édition Solin Actes Sud, page 12) »

    Ce texte peut être complémentaire puisqu’il dépeint une vision futuriste de notre monde d’ « abondance » industrielle, tellement « rationnel ». Et je ne cherche pas à pointer une « élite » (même si pour moi des acteurs particulièrement actifs, voire organisateurs et bien « équipés » actionnent le gouvernail…).

    Cela évoque carrément la Rome antique (du pain, des jeux). Rien de nouveau sous le soleil, désolé donc Brzezinski. Mais on attend les Barbares…

    Parmi mes angoisses, j’ai aussi celle d’une destruction massive plus directe que ce qui peut déjà exister, de tous les « inutiles » (une bonne guerre, un bon virus, autre chose de plus « moderne », genre les à-détruire le feront par eux-mêmes et/ou entre eux-mêmes), avec l’argument écologique en prime (sauver la planète ou simplement pouvoir chasser peinard l’ours blanc dans un décor féerique).

    J’aime bien cet énième article sur Mélenchon, plus explicatif qu’à l’accoutumée, d’autant que cette élection pointe comme jamais pour moi mon impuissance, mes terreurs et mon chagrin croissants.

  7. Ah ! Enfin quelqu’un qui dénonce les crimes soviétiques ! Merci pour cette analyse nouvelle! Et merci de rappeler que Mélenchon a du sang sur les mains, comme tous les communistes français et même tous les militants du Front de Gauche, sûrement? Bon, le Front National l’a déjà fait mais tout le monde n’avait pas entendu… Bien entendu, je ne confond pas le discours du FN avec ce billet. Je ne pourrais jamais faire ce que je condamne : des amalgames infâmes !

  8. Je n’y comprends rien…
    Quand personne ne parle d’écologie, c’est évidemment naze.
    Quand quelqu’un en parle, vous l’allumez ! Il faut savoir ce qu’on veut !

    Melenchon fonde un parti qui – dans ses statuts écrits il y a 4 ans – est anti-productiviste. Depuis la création du PG, il tient la même ligne anti-productiviste et fait même arriver peu à peu cette question au sein du PC.

    Faut-il absolument cracher sur les débuts prometteurs des premiers balbutiements d’une prise de conscience collective ? n’êtes vous heureux que lorsque vos idées restent confidentielles, entre initiés d’une élite qui a tout compris ?

    Personnellement, je ne sais qu’une chose : sincère ou pas, c’est la première fois que j’entends quelqu’un parler d’anti-productivisme devant 120.000 personnes.
    Et j’y vois qqch de positif même si tout n’est pas parfait. Après libre à vous de jeter le bébé avec l’eau du bain…

  9. D’abord et selon vous, est-il évident que la crise écologique, parce qu’elle est planétaire et qu’elle s’attaque au fondement de la vie, est sans aucun précédent connu ?

    Oui.

    Deuxième proposition : cette menace est-elle – ou non – liée à la manière dont les humains, y compris dans le défunt paradis des travailleurs que fut l’Union soviétique, ont conçu la production et la consommation de biens matériels ?

    J’ai bien peur que ta proposition ne parle que de la production industrielle, de son mode, de la science et de la technique, du « principe industriel » et je te répondrai non au grand dam de ma petite personne, bien que ce soit en partie vrai -à mon sens- mais en tant que conséquence.

    C’est plutôt le travail abstrait en tant que principe de synthèse sociale des sociétés capitalistes – la valeur – et ses supports les marchandises auxquels il faudrait s’attaquer.

    -Allez encore un effort!-, une vie structurée par le travail et les marchandises sans ou avec peu d’ industrie serait tout aussi vaine et tronquée, la crise planétaire écologique serait effectivement retardée mais de manière indéfectible, si la valeur reste le travail abstrait, on en reviendra aux machines ! Donc à mon sens ça ne ferait que retarder le compte à rebours.

    Et la conséquence industrielle que je hais autant que toi en tant qu’affinitaire libertaire et luddite, science et technique dans le même package, dont l’importance majeure vient de la concurrence de tous avec tous en tant que simple rouage producteur et consommateur isolé de notre forme de socialisation capitaliste qui a à peine deux trois siècels, n’en est que l’appendice qui disparaîtra en changeant de forme de vie.


    Troisième proposition : Jean-Luc Mélenchon incarne-t-il – ou non – ces traditions de gauche qui n’ont jamais contesté la nécessité de produire et consommer toujours plus ?

    Oui mais surtout ne pas proposer travailler moins et sortir de l’économie.

  10. Coucou,

    Joli, joli, joli, Merci Fabrice.

    Colis express,

    Allégorie de la montagne. Elle ne vaut pas celle de la caverne … mais …

    Belle et haute montagne
    Magnifiques filons a exploiter
    Pelles et pioches en mains
    Lorsqu’ils ne se tapent pas dessus avec
    Ils cherchent, ils cherchent
    Les pierres précieuses
    Pour leurs couronnes
    L’agité du bocal y extrait le rubis
    Couleur rouge, celle de la peur
    Mélanchon s’active et tente le diamant
    Tout en transparence
    Les autres font des mélanges
    Une seule pierre a été oubliée.
    La plus sublime
    Celle de couleur verte
    L’émeraude

    Et la montagne accoucha d’une souris, pas même verte.

    EMERAUDE. En phonétique.

    EME = AIME
    RAUDE = ROAD = ROUTE

    Ils ont tous omis la ROUTE de L’AMOUR. VERTE. ET LE VERT C’EST LA VIE. Ils ont oubliés, au nom de l’argent et du pouvoir.

    PS. Désolée, j’aime la politique, mais ne suis pas assez douée pour commenter plus profond. Et vous en mourriez de rire … Faudrait pas!

    Belle journée,

  11. À tous,

    Je n’ai pas le temps de répondre en détail et en particulier. Je me contenterai de deux généralités qui ont chacune leur valeur.

    1/Je sais qu’il est devenu (presque) impossible de lire un texte dans sa totalité, surtout sur le net. Mais celui que j’ai écrit ci-dessus, et quelle que soit sa valeur, a été pensé, et affirme une cohérence. Je sens chez certains un ras-la-casquette dès le départ, et dans ces conditions, qu’y a-t-il à discuter ? Nul n’est heureusement obligé à venir sur Planète sans visa.

    2/La conception écologiste qui peut avoir, et on finira bien par le voir, quantité de facettes, est différente de toutes les autres. C’est une nouveauté complète dans l’histoire des idées, et en ce sens, ceux qui s’usent à se demander pourquoi je critique les politiques qui – comme Mélenchon – ânonnent en effet quelques mantras écologistes, se trompent singulièrement. Car la question n’est plus d’ajouter trois phrases à un discours si ancien qu’il a perdu toute vraie signification autre qu’idéelle, mais bien de changer radicalement de vue.

    Fabrice Nicolino

  12. moi j’ai un truc très particulier pour voir que l’ecologisme de meluche est un bluff: son adhésion frénétique à l’universalisme républicain et progressiste, passionnée jusqu’au mépris pour LES cultures du monde… moi, je vomis la façon dont ce crypto-xénophobe hais la culture de mes grands parents, et des grands parents de tout ces gens « issus de l’immigration »…

    Il tiens dur comme fer à la si moderne « Etat-Nation », alors qu’elle semble un barrage à toute possibilité écologique (c’est dans ses gènes)… l’écologie est une villageoise dans un monde de villages, il me semble… l’état-nation n’étant qu’un enchevêtrement d’institutions faussements démocratiques: nous donnons des mandats à des gens dont finalement nous ne savons rien, qui ne savent rien sur nous, mais qui dinent avec les anciens camarades de classe, patrons, banquiers, élites et pollueurs en tout genre… la démocratie? Dans une autre époque…

    Sinon, pour monsieur Aries, rien ne m’étonne, participer à l’émission de frédéric taddéi, ça aide à être idiot…

    Bref, un écolo dont la vision des humanité est l’opposée de celle d’un Levi Strauss, c’est un tartuffe…

    Fabrice, cher ami, dites vous juste que la période de festival électorale se prête à l’ivresse et que tout le monde veux participer au rituel… il faut danser le jerk sur la scène, à défaut de savoir danser…

  13. Parle t-on encore de Arnaud de Montebourg?
    Aussi, au sujet de Mélenchon, je ne vois pas l’intérêt de faire dans la grandiloquence, que se soit contre lui ou en sa faveur. Après le 22 avril, il fera probablement comme le premier que j’ai cité, aller à la soupe.
    Toutefois, voter front de gauche présente un intérêt, s’il passe devant le fn, se sera de voir la tronche des lepen le soir du 22 avril, c’est une motivation qui peut me suffire vu le peu d’intérêt que suscite ces 10 candidats.

  14. « Je sais que cela emmerde les mélenchonistes, mais les faits ne sont-ils pas têtus ? »

    Sans aucun doute que les faits sont têtus, mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre. Aujourd’hui il est impossible de dire à un mélenchoniste que son idole est un pur produit du pire de la miterrandie et qu’il n’y a rien à attendre de lui sans que les groupies éructent. Pour ma part je leur donne rendez-vous entre les deux tours, puis pour les législatives pour qu’ils voient comment leur icône va vendre leurs votes au PS.

  15. @ Fabrice,

    1 – Ne jamais perdre de vue la cause des causes : l’accaparement de la monnaie par la classe des riches et ses conséquences sur la planète Terre.
    2 – Dans la perspective proche d’une économie de transition – fin des énergies bon marché, déplétion des ressources et bouleversement climatique – nous ne pourrons pas travailler sans réunir autour de ce projet une grande majorité de l’humanité. Nous sommes pour la plupart d’entre nous en chemin depuis plus ou moins longtemps. Nous devons converger vers le même but. L’heure est venue d’entraîner tout le monde en se gardant des anathèmes et des excommunications.

  16. juste un truc pour rajouter… peut-être excès de pessimisme, mais… l’ingénierie anthropologique de ce dernier siècle a fait tant de ravage dans les esprits, que, les « homo-modernicus » ne veulent surtout pas qu’on les dérangent dans leurs conforts et certitudes, qu’il ne s’agit plus de sauver quoi que ce soit, mais de se demander « comment survivre quand la Terre ne sera plus vivable »…

  17. Peska,

    je comprends et respecte votre point de vue.Eh oui ! s’il suffisait de rassembler tout le monde, ce serait mieux. Mais à mon sens en tout cas, ce n’est pas possible sans l’exercice plein, entier et douloureux de la critique sociale et politique. Il fut un temps, qui n’était pas d’âge d’or, où ceux qui entendaient changer le monde comprenaient spontanément le rôle essentiel et salvateur de la critique. Qui cherche une voie doit accepter non seulement son existence, mais sa virulence. C’est mon avis, et comme il se doit, je le partage d’enthousiasme.

    Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  18. Fabrice,
    Loin de moi l’idée de me servir d’Ariès comme d’un bouclier et encore moins de ne pas penser par moi-même, mais, je le confesse, n’étant pas omniscient, j’ai parfois besoin de l’aide d’esprits comme le sien pour éclairer ma lanterne. D’ailleurs, vous même « convoquez » certains d’entre eux (Victor Serge, Aldo Leopold, Soljenitsyne, etc.) pour étayer vos raisonnements. Mieux, Ariès vous a servi de caution dans votre billet du 18 mai 2011 – « Paul Ariès lui-même prend parti, et j’en suis fort content. » – quand vous avez été outrageusement attaqué par Vincent Cheney. Ariès aurait-il fait preuve de discernement dans la défense de votre cas et d’aveuglement total dans son soutien (critique) à J.-L. Mélenchon ?
    Soyons clairs, je constate avec dégoût l’impact mortifère de l’activité des hommes sur le Vivant. Passionné par la faune depuis 30 ans, j’en juge chaque jour, même à une échelle très locale, au grès de mes pérégrinations naturalistes. Et si je suis un de vos lecteurs assidus, c’est parce qu’il y a chez vous la flamme de Morel – la naïveté en moins –, le personnage du bouquin de Gary, Les Racines du Ciel. Sans flagornerie, vous m’êtes autant nécessaire que Paul Ariès, puisque nous en parlions, et d’autres. Mais désormais, j’aimerais que cet idéalisme éthéré se traduise politiquement, car je fais mienne l’affirmation de l’intellectuel camerounais Ruben Um Nyobé « La politique touche à tout et tout touche à la politique. Dire que l’on ne fait pas de politique, c’est avouer que l’on a pas le désir de vivre. » Je ne sais pas si le Front de Gauche est aujourd’hui à même de cristalliser ces aspirations (vous me traiteriez, au mieux, de grand naïf si je l’affirmais !), mais au moins fait-il des propositions. Et si l’on peut éventuellement les considérer sans commune mesure avec les véritables enjeux environnementaux, vos critiques ne portent pas sur ces propositions même. D’où ma circonspection, car c’est aussi pour nourrir ma réflexion que je vous lis. Et là, très franchement, je reste sur ma faim…
    Amitiés.
    PS : je suis journaliste indépendant aux Antilles et suis dernièrement allé en reportage en Haïti. Sur place, la plupart des médecins sont Cubains (ceux qui s’occupent du peuple, pas de la bourgeoisie), mis à disposition par le « vieux caudillo » Castro. Très clairement, le peuple haïtien ne partage pas du tout votre point de vue manichéen sur le personnage. Évidemment, il faudrait demander son avis au peuple cubain. Mais une chose est certaine, le jour où Cuba intégrera le concert des nations du « monde libre », vous pourrez vous satisfaire de cette victoire sur la dictature. Les Haïtiens, eux, auront tout le temps de réfléchir aux bénéfices de la démocratie à la sauce occidentale…

  19. Bien sûr, certains trouveront que Mélenchon a un vrai discours et un vrai challenge pour l’écologie.
    Sauf que ceux qui sont sur les marchés à distribuer les tracts du Front de gauche, je les connais bien. Ils sont élus à Tours ou à St Pierre Des Corps, je les ai déjà rencontré lors de grandes luttes écologiques urbaines (la pollution de l’A10, la politique vélo, la remise en cause de la voiture), ils étaient sourds, très sourds. En fait, ils en ont rien à battre de l’écologie. Leur valeurs, à eux, c’est le social dans la sens de l’éducation populaire communiste, en d’autres termes, aider les pauvres à penser « comme il faut » en leur donnant du pain.. euh, plutôt des voitures, des portables, des grosses télés, et si possibles les mêmes que ceux des riches (vous savez, les salauds de droite…).

    Mélenchon, c’est bien joué, mais c’est du spectacle. Finalement, comme bien des politiques, il est très bon acteur.

  20. Bonsoir,

    Vous allez me détester … tant pis, c’est ainsi.

    « 1/Je sais qu’il est devenu (presque) impossible de lire un texte dans sa totalité, surtout sur le net. Mais celui que j’ai écrit ci-dessus, et quelle que soit sa valeur, a été pensé, et affirme une cohérence. Je sens chez certains un ras-la-casquette dès le départ, et dans ces conditions, qu’y a-t-il à discuter ? Nul n’est heureusement obligé à venir sur Planète sans visa. »

    Ai tout lu.
    Pas de raz la casquette.
    Mais ne vois pas de quoi discuter.
    En tout cas, pas d’un type, quoi qu’il fasse, qui ne m’interresse pas et que je ne voterais jamais.

    Bonne soirée,

  21. Kazakhstan: des dizaines de phoques retrouvés morts

    Le ministère de l’Agriculture du Kazakhstan et des écologistes se sont alarmés mardi du fort déclin de la population de phoques en mer Caspienne. Le 25 mars, 35 de ces mammifères ont été retrouvés morts sur le rivage près de la ville de Baoutino.

    « La population (de phoques) dans la mer Caspienne a récemment chuté. Cette baisse est due à des facteurs humains et des changements des conditions environnementales de l’habitat des phoques dans la Caspienne », a indiqué le ministère.

    Les phoques de la Caspienne sont une espèce en danger. La population a chuté de plus de 90% depuis 1930, passant d’un million à environ 110’000, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature.

    Braconnage et forages pétroliers

    La population de ces mammifères est vulnérable en raison de la destruction de l’habitat dans cette mer d’Asie centrale fermée et à l’écosystème fragile.

    L’hiver, les phoques migrent vers le Nord de la Caspienne pour mettre bas sur la glace peu épaisse de la mer, où ils sont menacés par des braconniers et des pêcheurs, ainsi que le développement des activités de forage pétrolier.

  22. Tous les candidats à cette élection sont des acteurs!
    Bons ou mauvais c’est surtout leur spectacle qui est nul!
    Il existe de très mauvais acteurs qui ont réussi.
    Le tout est d’avoir le bon public……..Messie, mais si!

  23. Fabrice, merci pour ton travail. La démocratie ce n’est pas seulement prendre des décisions mais savoir pourquoi. Les débats sont des exercices de clarification. Tes textes sont clairs et précis, et nécessaires.

  24. @Peska

    Personnellement, j’ai peur que beaucoup de gens espèrent cette « économie de transition » comme une solution aux problèmes écologiques, à la manière d’une « bonne guerre ». Non, la solution ne viendra pas miraculeusement de « moins de pétrole, moins de ressources ». Nous serons morts bien avant. L’énergie est de moins en moins chère (un smic de 2009 permettait de s’offrir trois fois plus d’essence qu’un smic de 1978 juste après le deuxième choc pétrolier), pas de plus en plus chère. Il ne sert à rien d’attendre un bouleversement général comme une sorte de déluge salvateur. Il y a plein de charbon à récupérer dans le sous-sol, plein de pétrole et de gaz de schiste, plein d’or, de fer, etc. A chaque fois qu’un écologiste dit qu’il va y avoir une catastrophe énergétique, il se décrédibilise et l’écologie avec lui, car cette catastrophe ne se produit tout bonnement pas, et ne se produira pas. L’exploitation du pétrole de l’Arctique est déjà une réalité, celle de l’Antarctique suivra dans moins de dix ans. Les prix à la pompe ne changeront pas beaucoup, et de toute façon les gens économiseront sur les études du troisième plutôt que de moins rouler.
    Sinon, je suis d’accord, il faut essayer de rassembler, mais sur des faits, pas sur des extrapolations douteuses. La crise écologique peut se montrer et se démontrer sans agiter d’épouvantails en forme de projections. Comme je l’ai déjà écrit ici, il n’y aura pas d’essence a 5 euros, des stations aux cuves pleines et des gens à vélo qui passent devant. Si l’essence est à 5 euros, il y aura un tout petit moins de voitures sur les routes, peut-être.

  25. J’ai compris récemment, en écoutant et en regardant Jean-Luc Mélenchon sur une vidéo signalée par Ananda (qui a fait des observations qui m’ont interpellé, dans le fil de « L’élection, l’acidité, de Gaulle, Hollande, Sarkozy et Mélenchon », et a laquelle j’ai répondu), pourquoi tes articles sur ce politicien ne relèvent ni d’une obsession ni d’un acharnement, mais d’une nécessité. Je trouve les commentaires de Winston Mc Clellan et d’Alain extrêmement intéressants. La question c’est, qu’est-ce que la politique, et comment faire de la politique honnêtement ?

  26. Pour moi, l’essentiel est là (réponse de Fabrice à une internaute qui a laissé un commentaire ici) :
    « s’il suffisait de rassembler tout le monde, ce serait mieux. Mais à mon sens en tout cas, ce n’est pas possible sans l’exercice plein, entier et douloureux de la critique sociale et politique. »
    J’ajouterai, la critique philosophique, épistémologique et anthropologique de notre civilisation pour… en changer !
    Comment peut-on croire qu’il suffit de rassembler sur une plateforme extrêmement SUPERFICIELLE pour initier (restons-en à la phase initiale…) les changements PROFONDS nécessaires pour simplement… sauver ce qui nous reste d’Humanité ?
    La révoluition française qui a mis à terre l’ancien régime n’a eu lieu qu’après des décennies voire des siècles de réflexion (la philosophie des Lumières). On nepourra pas s’affranchir de la critique radicale de notre civilisation et la gauche est entièrement engluée dans cette civilisation (mythe du progrès, du développement… quand ce n’est pas un économisme à tout crin… voire pire côté PS…).
    Et pire : il ne suffira pas de critiquer mais de proposer autre chose et d’avoire su le construire de façon solide. Si on ne sait pas où on va (sans entrer dans le détail bien entendu, on ne sait jamais exactement où on va), si on ne sait pas dans quelle direction se rassembler, comment peut-on croire qu’une main invisible puisse venir apporter la solution ? Vous imaginez la gueule de 1789 sans les Lumières AVANT ?
    Or, le changement à opérer aujourd’hui, il est autrement plus énorme que de passer « simplement » de l’Ancien Régime à la République !!! Fabrice, merci de le l’expliquer si bien : la crise écologique colossale que nous avons créé nous pousse à des changements inédits probablement dans toute l’Histoire de l’Humanité. Ce n’est pas une alternance Hollandienne ou Mélanchonne qui nous tirera de cet enfer, au contraire… voilà deux illusionnistes ou deux avugles plutôt (face à des bandits mais… ils sont pas mal eux aussi dans ce registre…).
    Cela dit, pas question d’accepter le retour de Sarkozy donc ces élections restent malgré tout importantes … mais il y a tant à faire au-delà de ce dérisoire rendez-vous hélas…
    Je ne voterai pas Mélenchon, c’est certain. Comme l’autre collègue, je les connais trop ces militants « de gauche » éternellement aveugles à la crise écologique. Désolé, je ne peux plus car d’eux je n’attends RIEN face aux enjeux majeurs qui nous mettent au pied du mur.

  27. Désolé Fabrice, mais ce n’est pas convaincant.

    Oui, Mélenchon est issu d’une histoire politique qui méprisait l’écologie.

    Oui, Mélenchon a un lourd passé productiviste, pronucléaire, bétonneur, etc.

    Oui, le PCF a été un vaste rassemblement de staliniens et a cautionné les pires horreurs.

    Oui son héritage mitterrandien est problématique.

    Oui, aux milles autres choses encore.

    OUI. Et OUI.

    Tout ceci est juste.

    MAIS…

    L’entendre dire comme ce soir à Lille devant des dizaines de MILLIERS de personnes : « si tout le monde vivait comme vivent les Français, il faudrait 2 planètes et demi, et nous ne les avons pas » (qui d’autre dit cela dans cette campagne?)…

    Entendre qu’il rencontre des syndicalistes et des ouvriers comme ce matin pour leur parler, non pas de « pouvoir d’achat » mais de reconversion écologique ou transformation « durable » de la production… (même si c’est souvent bien insuffisant : qui d’autre fait cela dans cette campagne?)…

    Entendre que c’est le probablement le seul candidat qui n’a PAS sans cesse les mots CROISSANCE et POUVOIR D’ACHAT à la bouche…

    Entendre que dès qu’il parle de « relance de l’activité », dit systématiquement qu’il faut que celle-ci soit selon des critères écologiques…

    Alors oui, on peut lui trouver mille défauts (on pourrait parler de l’armée, des ventes de Rafale à l’Inde, de son côté cocardier, de mille autres choses encore), mais merde, le type qui est entrain d’entraîner des millions de personnes dans une dynamique incroyable, le fait en propageant un discours qui, aussi imparfait qu’il soit, va quand même dans le bon sens.

    Le bon sens? Oui, car il rompt (de manière encore embryonnaire et totalement imparfaite) avec cette foutue opposition entre le monde des travailleurs et le discours sur la sauvegarde de la planète.

    Cela n’a encore JAMAIS été fait. JAMAIS ! En tout cas pas à cette échelle.

    Et ça, même si c’est insuffisant, même si ça ne se concrétise pas, c’est déjà bien. Car tu sais comme moi qu’on aura besoin, si on veut avoir le moindre espoir, la moindre chance de renverser la marche ce système fou, tu sais qu’il nous faudra la masse des travailleurs, des ouvriers et des exploités de notre côté! Ne crois-tu pas?

    Je reviendrai quand même pour les prochains épisodes.

    Amitiés de Genève.

  28. Bonjour,

    Pour ma part, je ne trouve pas ces articles clairs, précis et nécessaire, mais pleins de fiels contre le moindre élu politique qui fait de l’écologie. Aucune critique constructive, que de la vomissure sur qui que ce soit. Du cynisme… Seriez-vous le fils d’une société fondamentalement épuisée ? Non, décidément, M. NICOLINO, vous n’êtes pas crédible.

  29. Winston 🙂

    Mais critique pas les Cubains ! Ils ont de très bons médecins, de très bons agriculteurs (tous bio) et de très bons architectes (y compris un de mes meilleurs profs)

    Ils n’ont pas osé finir la plus chouette école d’Art du monde parcequ’elle était trop belle pour être honnêtement communiste, mais au moins ils ne l’ont pas démolie, et maintenant ils la réparent :

    http://en.wikipedia.org/wiki/National_Art_Schools_(Cuba)

    Alors que chez nous en France, que reste-il de l’Art Nouveau ? On a déjà démoli plus de la moitié de l’oeuvre de Hector Guimard !

    Il faut se méfier de ceux qui n’aiment pas la beauté…

  30. L’ouvrier, cet inconnu? Voir le film de Gilles Perret « De mémoires d’ouvriers » qui passe actuellement dans les salles accueillantes aux documentaires.

  31. Hello,

    C’est le nombre de commentaires qui a fait tilt!
    33.

    Ne voulais pas en parler, parce que jugeriez que ce n’est pas important.

    Dans mon joli petit « bordel », section entassement de journaux, un en a le titre de:

    Elysée 2012. Francs-Maçons. Comment ils manipulent les candidats. C’est dans l’Express.

    Manipuler. Le mot qui tue! Ce faire manipuler dénote une grande faiblesse de caractère.
    Maintenant que quelqu’un de réfléchi m’explique comment on peut faire confiance a des candidats manipulés?

    Dans leur cour, conseillers, suggérateurs, inspirateurs, souffleurs, soumetteurs …

    L’intégrité ou est elle? Si l’on écoute pas son propre coeur?

    Mamdy, bonjour,

     » Seriez-vous le fils d’une société fondamentalement épuisée ? Non, décidément, M. NICOLINO, vous n’êtes pas crédible. »

    Cette socièté a aussi une fille. Léa. Et tant d’autres encore.

    Si lui n’est pas crédible, plus personne ne l’est.

    Amen,

    Ciao, bella giornata a tuttttti,

  32. La première couche est sèche?

    « Mélenchon n’a jamais passé le permis et n’aime pas les bagnoles (http://youtu.be/QxEqOBAjbz4).

    Qui d’autre dans cette campagne peut en dire autant? »

    Oui et alors?

    Mr Mélanchon utilise une voiture de service, qui dort dans un local de service, avec un chauffeur de service, qui lui même crèche dans appart de service, pour rendre service a Mr Mélanchon. Sauf erreur de ma part, méa culpa, si cela n’est pas le cas aujourd’hui, il le sera demain s’il est élu.

    Service qui est payé par des impôts. Impôts si bien utilisés. Alors que d’autres se meurent, en pleine rue …

    Ciao,

  33. Laurent… je suis désolé!!!

    Bon, vive le castrisme et la revolucion!!! Une vieille batisse est en cour de reconstruction, n’est-ce pas formidable ça!!! Je suis très impressionné… rendez-vous compte, c’est tellement cool, c’est au delà des mots »…

    Heureux?

    ps
    Je me demande vraiment, combien de gens dans ce pays (la france) sont sortit de l’adolescence… trop de gens physiologiquement adulte, ne cherchent en fait, qu’à jouer au « plus anti-conformiste que moi tu meurt », mais ce sont des anti-conformisme conditionnées, de séries… à croire que ça marche pour serrer des nanas…

    Bref, cher laurent

  34. Dans une situation post-capitaliste, il nous faut inventer une société neuve, ouvrir l’univers des possibles, ouvrir les consciences; concevoir le monde dans sa globalité, dans la totalité du vivant; associer le poétique au politique.
    « il faut se méfier de ceux qui n’aiment pas la beauté » c’est si juste.
    le « donner à vivre » d’E. Morin et non le « vivre pour vivre »

  35. Voir les votes de notre Melenchouille national a Bruxelles ,édifiant,il a voté toutes les lois ultraliberales ,et en convient ,il dit ja’i pas lu ce que je signais ,because charabia anglo techno language ,en voila un argument de choc,sio on comprend pas on vote niet,et pas ecolo du tout,alors les vieux réacs rougoieyants de la gauche,pitié,nous on parle d’une autre vision,des alternatives a tout ces vieux laius ,ras le bol,ce n’est pas une crise qu’on traverse,c’est un bouleversement total et radical du vivant dont nous sommes,alors on préfere Joly qui malgré les cheftons verdâtres qui lui barrent la route continue a dire la vérité,il ne s’agit pas de relever ces erreurs,mais de tenir compte de son parcours,et de sa collaboration a la constitution Islandaise et Finlandaise qui pour et ce qu’il y a de plus alternatif dans le monde civilisé,alors Melenchon ca fait vieux franchouillard un peu usé qui essaye de moderniser son look et ses com’s,mais le fond est techno-post industrialo-nucleocrate,un peu obsolète cette non vision de ce qui se passe dans la vraie vie du Vivant!

  36. Oui mais tu sais surement Winston, l’anti-conformisme, c’est seulement dans les yeux des autres.

    Un grand architecte, Bruce Goff, passait pour un anti-conformiste. A un journaliste qui lui demandait comment il se positionnait par rapport au « courant principal » (mainstream) il a répondu,

    « le courant principal ? Mais j’y suis en plein milieu ! Seulement, a plus long terme… 1000, 2000 ans peut-être ! »

  37. Salut Fabrice,

    MERCI!Ouais, merci beaucoup!
    Ça me rend dingue cette Mélanchomania ridicule.
    Rien que le nom: FRONT de gauche. Pour « tenir » tête au FRONT national…Mais au secours, putain!
    Et quand j’entend des adeptes de bonne foi, fauchés comme les blés, faire l’éloge de ce type qui s’enfile 36 000 €uros par mois pour leur balancer, le temps d’une élection, exactement ce qu’ils veulent entendre, je suis mal à l’aise d’assister à une telle couillonnade.
    Alors? Qui lui souffle la bonne verte parole, à ce Mélanchon ?

  38. Jean-Luc Mélenchon a trouvé un nouveau truc : « appel pour une politique de l’enfance bienveillante et émancipatrice ». Oh, qu’il est généreux !!! Et puis, qui oserait le contredire ? Faudrait être salaud !

    Sauf que, un gouvernement qui voudrait « émanciper » mes gosses ça me fait carrément peur, infiniment plus peur qu’un gouvernement qui avouerait simplement, platement, vouloir les contrôler ! (Qu’est-ce qu’un gouvernement sait faire d’autre ? peut même vouloir d’autre ?)

    Demain, il appellera a la création d’un « ministère de l’amour », d’un « ministère de la vérité »… Et on trouvera des gens ébahi qui diront, ne regardez pas que le coté négatif, c’est la première fois qu’un candidat a l’élection présidentielle demande devant 120.000 personnes la formation d’un ministère de l’amour, c’est pas formidable ça ?

    S’il vous plait, M. Mélenchon, n’essayez pas, même avec l’aide de tous les « spécialistes et militants » que vous trouverez, d’émanciper nos enfants ! Ils le feront tellement mieux sans vous.

  39. Au milieu des années 70, peu nombreux étaient ceux qui penaient que l’objectif du « plein emploi » était hors d’atteinte. Puis, les années et les décennies passant,le chômage n’a cessé d’augmenter pour atteindre des niveaux impensables il y a trente ans.
    J’avais eu connaissance il y a quelques années de la rencontre de l’hôtel Fairmont de San Francisco que relate Florence. Il faut bien admettre que nous prenons peu à peu le chemin des 80/20. Et il est peu probable que cela conduise à un changement de société qui prenne la juste mesure de la cris écologique. Dans l’état actuel des choses,on peut plutôt s’attendre à une compétition acharnée pour faire partie des 20%, »élus »de la production et de la consommation. Quant aux 80% d’exclus, ils auront beaucoup de préoccupations et le réchauffement climatique, les atteintes à l’environnement etautres seront le cadet de leurs soucis.
    Difficile dès lors d’affirmer comme Gramsci »Je suis pessimiste par l’intelligence mais optimiste par la volonté. »

  40. Que de verbiage politico-écolo-bobo-anarcho-machin chose, où l’on mêle si élégamment les réminiscences savantes, les références historiques au « vieux Marx » et les mots qui font peuple, juste pour le frisson, pour le style…
    Moi, je suis un esprit simple, j’ai pas tout compris… Je vois juste ma voisine qui profite honteusement du RSA et se goinfre aux restos. Je lui proposerai bien de faire un tour par ici, ça devrait la passionner.
    Maintenant, il y a une élection présidentielle, des programmes qui valent… ce qu’ils valent, l’opportunité de voter pour le ferroutage, pour une baisse des loyer, pour la retraite à 60 ans, pour le smic à 1700 (brut, oui, je sais, brut pour commencer…)
    Bon alors, on fait quoi ? On tortille du croupion, on dénonce l’imposture, on va voter Hollande (pour la retraite à 60 ans… avec 41,5 annuités…), ou bien Eva… Elle est pas mal Eva, ou mieux encore, tiens, on se révolte et on dit :  » Nan « , et on va pas voter, rien que pour tous les embêter. Parce que, à moi, on ne la fait pas. Je les vois venir les imposteurs, les écolos de la dernière heure… Alors je préfère encore rester pur, à l’écart des compromissions… Je suis comme ça, moi.

  41. discours politicard pour gogos, bobos, croyants, bien pensants politiquement ignares; truffé d’erreurs, d’approximations, d’amalgames et,c… je n’ai pas tout relevé il y en a trop, comme cette citation:
    « De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins » de pierre kropotkine et attribuée à marx.
    erreur ou falsification?

    le reste est à l’avenant ainsi que l’ensemble de l’analyse écologiste et du même acabit que l’analyse politique et historique.
    bref! « écolos »= autoritaires comme les autres, il n’y a que la subterfuge qui diffère.
    ni éva, ni mélanchon, ni sarko, ni hollande, ni fn et,c…
    AUTOGESTION!

    aller! juste pour rigoler:
    « qui contrôle le passé contrôle le futur, qui contrôle le présent contrôle le passé »

  42. Doc Tutut et Ouais bof,

    Vous me laissez sans argument. Pour la raison que vous ne connaissez pas le travail de Marx – et je vous jure que je m’en fous -, il faudrait que, moi, je ne le connaisse pas non plus ? Si le vieux Marx vous ennuie, passez donc à autre chose. Si vous ne connaissez ni le travail de ce dernier, ni celui de Kropotkine, est-ce encore de ma faute ?

    Portez-vous au mieux, mais pas forcément ici.

    Fabrice Nicolino

  43. On s’en fiche pas mal au fond de Mélenchon. On ne croit pas que lui seul pourra incarner le changement. On sait bien que les communistes comptent sur lui pour sauver leurs sièges à l’Assemblée. Que son parti est certainement rempli d’opportunistes. Que son discours se perd dans ses nombreuses contradictions. Forcément…
    Mais peu importe. Ce qui compte, c’est de profiter de l’envie qu’il suscite. Bien sûr que l’histoire se répète, dans ses longs faux-plats et dans ses moments de rupture aussi.
    Souhaitons ensemble que ce temps-là soit venu. Et si Mélenchon peut déclencher un petit quelque chose, tant mieux pour nous et pour nos enfants. Il a au moins raison sur un point: c’est au peuple de se prendre en mains… J’y crois. Je n’ai pas d’autre choix.
    Merci à vous de susciter le débat.

  44. Mélenchon se rêve en Chavez qui a pris lui, de vrais risques pour son pays et son peuple: nationaliser le pétrole, virer monsanto et se frotter aux puissances et à tout le système US! tout en maintenant encore des radios , une presse libre; Hélas, avec tout le respect que je lui dois, Mélenchon est un révolutionnaire en pantoufle…il n’est pas mis au ban comme Chavez de presque toute la communauté ! et pourquoi précisèment je ne le sais pas ! c’est mon avis, pas très autorisé, certes, et j’entends que l’on ne me colle pas une étiquette, merci.moi à priori çà me plait de lire ceci : je sais que Fabrice n’aime pas du tout.
    Depuis élection, Hugo Chávez :
    Une redistribution partielle des terres a été lancée : dans un pays où l’économie est principalement fondée sur l’exploitation du pétrole et où la question de la terre n’est pas considérée par certains comme un problème économique depuis les années 1960 [réf. nécessaire] -ce qui rend d’autant plus important le développement du secteur non pétrolier- Hugo Chávez décide de nationaliser les latifundios, grands domaines de terre cultivable peu exploitée et dont la légalité de l’acquisition est questionnée (certains riches propriétaires ne sont pas en mesure de justifier d’un titre de propriété). Il les redistribue alors à des coopératives d’agriculteurs, sous le régime de la propriété communale [réf. nécessaire]. Selon le journal International Herald Tribune, les résultats n’en ont pas été concluants et de nombreux économistes néolibéraux craignaient en 2007 que la politique menée par M. Chávez ne rende le Venezuela encore plus dépendant des importations alimentaires qu’auparavant55. Ce pronostic reste à confirmer.

    Des systèmes de microcrédits d’initiative publique sont mis en place afin de faciliter le développement des petites entreprises parmi les franges les plus pauvres de la population n’ayant pas accès au crédit bancaire, faute de garanties suffisantes. À la différence du microcrédit commun, issu d’initiatives privées, celui mis en place ici est encouragé par l’État mais également par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour les initiatives visant les réfugiés colombiens56.

    La culture des OGM est interdite. Un système de banque de semences est mis en place. Son but officiel est de préserver la diversité des plantes.

    La pêche intensive est interdite dans les eaux territoriales vénézuéliennes, afin de préserver la biodiversité maritime et de favoriser les petits pêcheurs. La pêche au chalut est ainsi interdite dans les zones côtières [réf. nécessaire].

    La nationalisation de pans entiers de l’économie du pays — généralement contrôlés par des monopoles ou des oligopoles privés — s’est accélérée depuis 2006 : En 2007 le gouvernement requalifie les concessions sur les gigantesques réserves de la « ceinture de l’Orénoque » en entreprises mixtes, où l’État devient actionnaire majoritaire (l’industrie pétrolière vénézuélienne a été nationalisée en 1976, lors de la création de PDVSA). Deux des six multinationales du pétrole présentes se retirent. » etc etc..
    Les résultats de sa politique sociale sont fortement mis en doute par l’économiste Francisco Rodriguez, diplômé de Harvard ayant occupé le poste de conseiller économique auprès de l’Assemblée Nationale entre 2000 et 200471, qui écrit que « ni les statistiques officielles ni les calculs indépendants ne prouvent que Chávez mène une politique qui améliore véritablement le sort des pauvres72 ». Ces affirmations expriment son opinion personnelle, comportent des faits matériellement inexacts et ne correspondent à aucune des statistiques publiées par les Nations Unies.

    En réalité, les taux de pauvreté et de pauvreté extrême ont considérablement baissé ces dernières années73,64. Le rapport du Center for Economic and Policy Research sur l’évolution des indicateurs socio-économiques au cours des dix premières années de l’administration Chávez indique que:

    Le taux de pauvreté a été diminué de moitié, de 54 % des ménages (2003) à 26 % (2008). La pauvreté extrême a diminué de 72 %74.
    L’accès à la nourriture a été amélioré de manière significative. La consommation calorique moyenne est passée de 91 % des apports recommandés (1998) à 106 % (2007). Les décès liés à la malnutrition ont chuté de 50 % (de 4,9 à 3,2 décès par 100 000 habitants) entre 1998 et 2006, notamment grâce au Programme Alimentaire Scolaire (petit-déjeuner, déjeuner et collation gratuits dans les écoles publiques) et au réseau MERCAL de nourriture subventionnée.
    Les inégalités, mesurées par l’indice de Gini, ont diminué de 48.1 en 2003 à 40.99 fin 2008 (l’égalité maximale étant représentée par un score de 0). Le journal The Economist fait remarquer qu’alors que cet indicateur diminuait dans les principaux pays d’Amérique du Sud, au Venezuela il augmentait75, ce qui ne changeait pas le fait qu’il demeurait selon l’indice Gini le pays le moins inégalitaire d’Amérique du Sud [13].
    Les allocations sociales, notamment vieillesse et handicap, ont plus que doublé leur couverture, passant de 1.7 millions (1998) à 4.4 millions de bénéficiaires (2008),
    Source Wikipédia

    Mélenchon à côté…qu’a-til fait exactement? et que craint-il? à part une déculottée électorale qui n’est pas d’actualité en ce moment? il finira avec une médaille de la légion d’honneur, bon notable de la république démocratique française.et tout finira en chanson sur le mode « embrassons nous Folle ville! »

  45. Doc tutut j’ai lu (un seul chapitre, il y a longtemps) de La Géographie Universelle, je me souviens de textes riches, clairs et précis. Les arguments de Fabrice aussi sont clairs et précis, et la plupart des commentaires aussi. Mais je donnerais le premier prix a vos quelques phrases, au concours des commentaires les plus arrogants et ésotériques !

  46. Sans grand rapport… un article honteux vantant dans un charabia informe « la haute valeur » de Alain Juppé et la « moralité » des guerres néo-coloniales de la France. Je regrette 2003, quand Jacques Chirac et Dominique de Villepin s’opposaient clairement et avec détermination a la guerre d’Irak. Peu de choses, mais ils avaient au moins empêché que la guerre des néo-conservateurs Anglo-Américains ne reçoive l’aval de la légalité des Nations-Unies. Ca compte. J’étais pas peu fier d’être Français, un pays qui semblait être prêt a protéger les valeurs des lumières, mais qui maintenant semble s’etre résigné a céder au tribalisme du « choc des civilisations » préparé par les néo-conservateurs Anglo-Saxons.

    Souvenons-nous que les guerres qui ont pulvérisé l’ancienne Yougoslavie ont été préparées dans l’opinion pendant des années, avant de passer de la plume aux fusils. Un article comme celui plus bas indique que les guerres récentes ne sont qu’un début, et qu’il manque encore un peu de conditionnement pour préparer les populations a accepter un programme plus vaste.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/03/31/alain-juppe-et-le-rearmement-moral-de-la-diplomatie_1678394_3214.html

  47. Je suis désolé, je n’aurais pas du honorer les actions de la France et de l’Angleterre en Libye du nom de guerre. Ce furent des actions terroristes : Parvenir a des fins politiques en exerçant une violence envers les civils d’un niveau tel qu’elle détruit en profondeur le tissu social. Le fait que ces actes terroristes furent massifs (plusieurs dizaines de milliers de morts) ne leur donne pas le statut plus noble de « guerre ».

  48. l’homme, cet animal présomptueux!

    ça va ça?… pas trop arrogant?…pas trop hors sujet?

    devinette, pour le fun:
    « Méfiez-vous de tout le monde et en particulier de ceux qui conseillent de vous méfier. »

  49. aller! je n’y résiste pas .

     » Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. »

  50. « aller! je n’y résiste pas »

    aller où ? dans le mythe autogestionnaire ?
    Qui en cherchant à incarner son énième cadavre n’a jamais rompu avec le marxisme traditionnel ne s’opposant qu’à une vision autoritaire de ce marxisme traditionnel.

    Dans le mythe autogestionnaire travail est toujours sanctifié comme déjà chez Pierre-Joseph Proudhon, car il reste bel et bien l’essence de la société autogérée qui n’a finalement rien d’alternatif.

    Demander l’autogestion de la forme de vie présente -forme de socialisation capitaliste marchande-, c’est-à-dire l’autogestion de ses usines et entreprises, sans les mettre en cause en tant que telles avec le travail, la valeur, la marchandise, le temps abstrait et l’argent qui forment le monde, ne changent en rien les fétichismes du travail et de la marchandise qui sont les abstractions réelles qui structurent la vie capitaliste.

    Allez !

  51. salut,
    il me semble que ta vision de l’autogestion ne se résume qu’à la gestion du « bac à copeaux »
    l’alternative, c’est ça, mais c’est pas demain la veille

    intro: http://www.youtube.com/watch?v=WSEpESmR9qU

    je vous le recommande cet an 01. au contraire de toutes ces conneries, télévisuelles, apocalyptiques, millénaristes, distillées savamment par les mégalos qui nous gouvernent.

    l’écologie va de paire avec l’économie de subsistance et l’auto-gestion de la société par et pour les individus qui la compose. à défaut elle ne restera qu’une coquille vide, avec ou sans ses gourous, tartuffes, idiots utiles.
    rassure-toi, je ne vote pas méluche, n’ai jamais voté et ce n’est pas demain la veille que je cautionnerais « la démocratie »* telle qu’elle est organisée, conceptualisée et nous est imposée. d’ailleurs, il est à remarquer que cette organisation du politique ne concerne que 15-16% des citoyens, cela de tous temps et depuis l’origine athénienne.

    quant à proudhon, relis bien quand-même! ça n’a rien à voir avec marx et une quelconque société productiviste! il a proposé une organisation sociale dont la base est l’individu, sa liberté et son bien-être et non pas le travail. le fédéralisme c’est lui, la libre association c’est lui, le coopératisme c’est encore lui, et bien d’autres choses encore comme « la propriété c’est le vol ».

    pour l’anecdote:
    je suis là à cause d’une amie écolo-autoritaire-viandarde-votarde qui me gonfle gentiment ordinairement avec toutes ces conneries. d’ailleurs, ce soir, elle va écouter les billevesées de jm pelt à aurillac….. spectacle quand tu nous tiens!

    * « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. »

    une autre furieusement d’actualité et toujours du même:
    « …les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent plus on leur baille, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts et plus frais pour détruire tout »

  52. L’an 01… Extraordinaire ! Je n’avais jamais vu le film, quelle bonne idée au milieu de cette triste campagne, merci Tutut pour le lien.

  53. Ca me fait penser… Les archives scannées du journal Survivre et Vivre, un moment mises hors ligne, sont a nouveau disponibles ici :

    http://www.grothendieckcircle.org/

    (en bas de la page)

    … Comme les gens de Survivre disaient, « reproduction et diffusion vivement recommandée » ! Alors téléchargez et lisez sans remords.

  54. doc Ttutut :
    « le fédéralisme c’est [Proudhon], la libre association c’est lui, le coopératisme c’est encore lui, et bien d’autres choses encore comme “la propriété c’est le vol”

    Ce morceau de chef d’œuvre antisémite aussi c’est lui ! :

    « « Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l’abolition de ce culte. Ce n’est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer… Par le fer ou par le feu, ou par l’expulsion, il faut que le juif disparaisse… Tolérer les vieillards qui n’engendrent plus. Travail à faire. Ce que les peuples du Moyen Age haïssaient d’instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement. La haine du juif comme de l’Anglais doit être notre premier article de foi politique. »

    Et non, désolé Proudhon ne s’en prenait pas au travail en tant que tel sous le capitalisme, mais bien à l’argent qu’il confondait avec capitalisme, ce qui l’a amené à haït les juifs.

    « Proudhon, qui dans cette perspective peut être considéré comme l’un des précurseurs de l’antisémitisme moderne, pensait donc que l’abolition de l’argent — de la médiation phénoménale — suffirait à abolir les rapports capitalistes.
    Mais le capitalisme se caractérise par des rapports sociaux médiatisés, objectivés dans des formes catégorielles dont l’argent est l’une des expressions et non la cause.
    En d’autres termes, Proudhon a confondu la forme phénoménale du capitalisme — l’argent en tant qu’objectivation de l’abstrait — avec l’essence du capitalisme.(*)

    source : « Antisémitisme et national-socialisme », par Moishe Postone. : http://palim-psao.over-blog.fr/article-31273595.html

    (*) : le travail abstrait et les marchandises.

  55. autant pour moi!
    j’ai négligé d’évoquer l’antisémitisme de proudhon, de même que sa vision méprisante des femmes dans la société et, en cela rejoignant le judaïsme.
    cela ne disqualifie pas le reste ou alors il faut le démontrer autrement qu’avec des concepts métaphysiques.

    Godwin, tu connais?

  56. ps: maintenant, proudhon, loin de moi de le déifier et de sacrifier à tout prosélytisme; mais force est de reconnaitre sa pensée dans ce quelle a d’immanence et de rationnelle, tout comme la boëtie and Co d’ailleurs.

  57. « cela ne disqualifie pas le reste ou alors il faut le démontrer autrement qu’avec des concepts métaphysiques. »

    C’est ce que j’ai fait en m’attaquant à la cible de Proudhon -l’argent et donc les très riches- et en mettant en évidence que ce n’était pas la racine du capitalisme, tout comme son auto gestion.
    Il ne s’en prend nullement à la forme de cohésion sociale structurée par le double caractère du travail et des marchandises sous le capitalisme mais à sa forme phénoménale -l’argent-.

    Tout comme je ne suis pas d’accord avec votre vision duale des tyrans/victimes, contradictoire d’ailleurs avec la servitude volontaire de La Boëtie.

    Pour moi et d’autres marxiens -et surtout pas marxistes- nous sommes aussi les tyrans et le forme de domination qui nous habite est impersonnelle et indirecte.
    Elle est le résultat de nos milliards d’actions collectives quand nous sommes tout à tour producteurs hyperspécialisé et consommateur, et elle se retourne contre nous en se constituant dans notre dos et se présente à nous comme une puissance étrangère, nous amenant à désigner des boucs émissaires (les très riches, les Bilderberg, La société du Mt Pellerin, Monsanto, le Nouvel Ordre Mondial etc.).

  58. salut,
    je sens venir la discussion stérile en forme d’enculage de mouches dogmatiques façon guérin, ellul et consorts
    la grille marxiste n’est qu’une grille de lecture comme les autres, ni plus ni moins, elle est à mettre en perspective avec toutes les autres.
    à tout prendre, proudhon semble préférable malgré son antisémitisme, sa phallocratie mais avec son anti-autoritarisme, à marx avec ce qu’il a engendré, ses désirs hégémoniques dissimulés, ses pratiques calomniatrices, que tu sembles perpétuer allègrement en évoquant l’argent comme tu le fais: réduire les écrits de proudhon à cette exclusive procède du fallacieux.
    le mot « tyran » n’est pas de moi mais de la boëtie himself et il ne semble pas qu’il utilise la dualité que tu évoques. accessoirement il est intéressant de remarquer une complémentarité chez la boëtie par rapport à proudhon. l’un énonce un manifeste et une critique de la sujétion du plus grand nombre à une minorité, l’autre une tentative d’organisation sociale et économique pour s’exonérer de cette sujétion.
    quant à propos des « marxiens », domination, collectivisme, producteur, consommateurs, boucs émissaires, je ne comprends pas bien; à moins qu’il ne s’agisse que de ne justifier les inégalités économiques.

    aller une petite citation, pour le plaisir
    « toute autorité est avilissante pour celui qui l’exerce et pour celui qui la subit « 

  59. « Une citation sans références est à peu près aussi utile qu’une horloge sans aiguilles. » Paul Desalmand

    Nous pouvons quant à présent clore cette discussion entomologique.

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